00:0116h, 18h, Pascal Proulx et vous sur Europe 1.
00:04Des baisses en français, mathématiques, sciences, c'est l'effondrement du niveau scolaire dans notre pays.
00:08Un élève sur trois ne parvient pas à comprendre un texte de 400 mots pour le ministre de l'éducation
00:12nationale,
00:13Edouard Jeffress, et préoccupant, mais ce n'est hélas pas une surprise.
00:17Alors je disais ce matin, c'est une formule qu'on peut adapter sur tous les sujets.
00:20La sécurité, c'est préoccupant, mais ce n'est pas une surprise.
00:22La dette, c'est préoccupant, mais ce n'est pas une surprise.
00:25L'insécurité, c'est préoccupant, mais ce n'est pas une surprise, etc.
00:28Mais avant de parler de la France, cher Joachim Lefloc Imad,
00:33on peut aussi parler de l'Occident, parce que l'Occident a dominé le monde.
00:37Il y a bien longtemps qu'il ne le domine plus d'une certaine manière, en tout cas pas de
00:40la même manière.
00:41Et on s'aperçoit que ceux qui sont en pointe, c'est la Chine, Taïwan, Singapour, etc.
00:48Donc ça dit quelque chose du monde des apprentissages et des petits élèves chinois qui sont meilleurs que nous.
00:54Ça raconte qu'il y a évidemment des causes civilisationnelles et anthropologiques
00:57derrière l'effondrement éducatif qui frappe la France,
01:00mais qui frappe, vous l'avez dit, l'entièreté de l'Europe,
01:04ou plutôt la quasi-entièreté, parce qu'il y a quand même des pays comparables aux nôtres,
01:07avec des trajectoires sociales et sociétales quasi similaires.
01:11Je pense à l'Angleterre, qui ont su corriger le tir après des décennies de délitement éducatif.
01:16Je ne pense pas que les enfants britanniques soient si différents des enfants français.
01:20Ils ont des smartphones comme nous.
01:22Ils sont huitièmes les britanniques.
01:24C'est les premiers européens, ils sont huitièmes, et nous on est vingt-septièmes.
01:28Exactement, ils sont huitièmes en sciences et dixièmes en compréhension de l'écrit et en mathématiques.
01:32Pourquoi ? Parce que depuis les années 2010, alors même qu'ils étaient au plus bas,
01:35ils ont su mettre en œuvre un cap politique courageux qui est détenu dans la durée,
01:39quand bien même nous, on a eu onze ministres qui ont été aux manettes depuis cette période-là.
01:48Pas de vision chez nous ?
01:49Pas de vision, une valse des contre-ordres, une valse des ministres.
01:53Alors même que l'école, c'est par excellence le ministère du temps long.
01:57Nous, on n'a pas de temps long, on a des ministres qui non seulement défilent,
02:01mais qui en plus défilent sur des lignes en tout point antagonistes.
02:04Quelle cohérence y a-t-il, par exemple, à passer de Jean-Michel Blanquer à Papendiaï ?
02:08Absolument aucune.
02:09Donc derrière, il me semble que cette impuissance politique qui est organisée, qui est consentie,
02:16elle favorise le délitement éducatif, qui tient à des raisons beaucoup plus profondes que ça.
02:20Il faudrait approfondir le diagnostic.
02:22Mais moi, ce qui m'alarme, c'est que je constate qu'il n'y a pas au sein de
02:25notre classe dirigeante
02:26le début du commencement d'une autocritique.
02:29J'entendais Édouard Geoffray, par exemple, se défausser, mettre en avant le poids des réseaux sociaux.
02:34Alors évidemment que les réseaux sociaux ont une incidence,
02:37mais encore une fois, les réseaux sociaux, ils existent absolument partout dans le monde,
02:40y compris dans les sociétés asiatiques que vous avez citées.
02:43Donc je crois qu'on a des gens aux manettes qui sont là depuis très longtemps.
02:46Édouard Geoffray, il a été successivement directeur général des ressources humaines du ministère.
02:50Il a été dégesco pendant cinq ans, donc c'est le principal directeur d'administration.
02:53Maintenant, il est ministre et il est incapable de poser le bon diagnostic.
02:57Et je pense que sans le bon diagnostic, on ne peut pas apporter le bon remède.
02:59Écoutez ce que disait M. Geoffray ce matin, ministre de l'Éducation nationale.
03:03Il était sur TF1.
03:04Mais on a fabriqué une génération plus bête. Est-ce qu'on peut dire ça ?
03:08Je ne suis pas sûr qu'elle soit plus... Je ne crois pas.
03:09Enfin, je suis même sûr qu'elle n'est pas plus bête. Elle est plus distraite.
03:14En fait, ce qui serait intéressant, c'est de mesurer ce que ferait cette génération
03:17si on la mettait par exemple un mois sans télé.
03:20Est-ce que c'est juste une concentration ? Vous voyez, si elle était un mois sans portable.
03:22Il faut tenter ça, M. le ministre.
03:23Mais je pense que je vais le tenter un mois ou un autre.
03:25De regarder ce qui se passe quand on est vraiment déconnecté.
03:29Est-ce que c'est une génération qui va retrouver très vite ses facultés ?
03:31Ou est-ce que c'est une génération qui a effectivement, en termes de mémorisation,
03:35de capacité de concentration, perdu quelque chose ?
03:37Et M. Geoffray proposera des listes de lecture aux parents.
03:41Les élèves, globalement, partout dans le monde, mais y compris en France,
03:43sont décrochés par rapport à la lecture. Ça, nous, on le voit.
03:45Donc, ils ont décroché par rapport au vocabulaire.
03:48Et donc, par rapport aux différents niveaux de compréhension d'un texte.
03:51Donc, oui, il faut le lire.
03:52Il y a un truc tout bête que je vais faire là, à partir de maintenant.
03:55C'est qu'au début de chaque vacance, enfin, juste avant les vacances, à chaque fois,
03:57toute l'année, Toussaint, Noël, etc.,
03:59on va donner des listes de lecture aux parents recommandées.
04:02Voilà ce que peut dire votre enfant à tous les niveaux.
04:04CE2, CM1, 5e, etc.
04:06Pour déjà remettre le livre au cœur.
04:09Et au-delà de ça, mais ça, on ne pourra pas y arriver tout seul.
04:11Il n'y aura pas d'obligation.
04:13Non, mais déjà, c'est une incitation.
04:15Il faut remettre le livre.
04:16Ils ont une vie envahie d'écran.
04:17Il faut envahir leur vie de livre.
04:19C'est la seule solution.
04:20Oui, alors ça, c'est plus aux parents de le faire, à mon avis,
04:23qu'à Édouard Geffray.
04:24Je vous voyais réagir.
04:26Parce que vous avez été professeur, Géraldine, d'Anglais.
04:29Exactement.
04:29Et je pense que la liste de lecture, alors oui,
04:31c'est déjà fait dans des collèges, dans des...
04:33Ma fille a une liste de lecture pendant les vacances.
04:35Mais s'il n'y a pas de suivi après, ça ne sert à rien.
04:38Comment on va savoir que l'élève a lu le livre ?
04:40Moi, ce qui est bien, je pense, la solution,
04:42c'est qu'après le repas, pour un temps calme,
04:44pour les élèves, il y a des écoles qui le font,
04:46proposer un quart d'heure de lecture en classe,
04:49devant l'enseignant ou devant le professeur.
04:52Enfin voilà, c'est le quart d'heure de lecture,
04:54après la pause déjeuner ou 20 minutes.
04:56Je crois que c'est Daniel Penac,
04:58qui est l'écrivain que vous connaissez,
05:00qui proposait de lire à haute voix dans les classes.
05:04Mais avant de partir en vacances,
05:05moi j'ai donné une liste de lectures à Olivier Guenec.
05:08Et je sais qu'il a...
05:09Je lui ai donné une liste de livres.
05:11Oui, oui, et la voiture jaune.
05:13J'étais sûr.
05:15Dillois, le cheminot, la comtesse de séduire.
05:17Tous les Tintins.
05:19Ah mais Tintin, moi j'ai jamais lu un Tintin.
05:21J'ai jamais lu une bande dessinée.
05:22Jamais.
05:23Mais c'est vrai que tu rentres aujourd'hui dans un chemin de fer,
05:29personne n'ouvre un livre.
05:30Alors qu'il y a 40 ans,
05:32quand tu faisais un voyage entre Nantes et Paris,
05:36ou entre Paris et Bordeaux, que sais-je,
05:38les gens lisaient aujourd'hui.
05:39Tout le monde est sur son téléphone.
05:41Tout le monde.
05:42Tout le monde.
05:44C'est d'ailleurs sidérant.
05:46Sur la plage, pareil.
05:47Les données du Centre National de Lecture
05:48sont absolument alarmantes sur ce sujet.
05:50On a des adolescents qui lisent en Bréan
05:5212 minutes par jour
05:53et qui passent 5h30 sur les écrans.
05:56Donc évidemment qu'il y a un problème
05:58de surexposition aux écrans.
05:59Évidemment qu'il y a un problème
06:00de dislocation du tissu familial,
06:02de démission parentale.
06:03Ça fait des années que j'ai écrit
06:05et que j'ai l'air là-dessus.
06:06Mais on ne peut pas en rester
06:07à un diagnostic si étroit et si partiel.
06:10Et quand j'entends l'actuel ministre,
06:11j'ai tout de même,
06:12j'ai quasiment le sentiment d'entendre
06:14un commentateur extérieur et impuissant
06:16qui nie l'essentiel des causes
06:20qui contribuent au délit de mort de l'école,
06:23qui sont des causes internes
06:24à notre système éducatif.
06:25Moi ce que j'aimerais,
06:27c'est quand même, chers amis,
06:28ou un jeune élève de 15-16 ans,
06:31je ne sais pas si vous avez prévu
06:32Alexandre Marre et Olivier Guenec
06:35une intervention de ce type,
06:37ce qui serait plutôt logique,
06:39ou un professeur,
06:41mais je trouve que c'est bien
06:42d'avoir un élève,
06:43de lui demander précisément
06:44de radiographier un élève lambda
06:46combien de temps tu lis,
06:48qu'est-ce que tu as lu,
06:49combien de temps d'écran,
06:50Ça compte s'il lit sur le téléphone aussi,
06:51parce qu'il y en a beaucoup
06:52qui lisent sur le téléphone.
06:53Oui, enfin,
06:53des gens qui lisent
06:54le rouge et le noir sur le téléphone,
06:55je n'en connais pas,
06:56ils lisent les conneries,
06:57ils en voilent.
06:58des articles, etc.
06:59C'est le cas,
06:59beaucoup de monde
07:00d'accord,
07:01je m'en ai des articles
07:02de quoi ?
07:02Ça reste de la lecture,
07:03elle a raison.
07:04Oui, de la lecture,
07:05oui, les lectures entre vous,
07:06je ne sais pas,
07:06tu viens à quelle heure,
07:07au bal,
07:07ou n'importe quoi,
07:0916h14,
07:10au bar,
07:11voilà.
07:12Donc,
07:12trouvez-moi un petit jeune,
07:13on va appeler un jeune.
07:14A tout de suite.
07:1516h18,
07:15vous écoutez Pascal Preu et vous
07:16sur Europe 1,
07:17réagissez au 01 80 20 39 21,
07:21le numéro du standard d'Europe 1
07:22et non sur Taxé.
07:23A tout de suite.