Passer au playerPasser au contenu principal
Avec Axel Ronde, Président et porte-parole du syndicat de police CFT / Philippe-Henry Honegger, avocat pénaliste


Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4

##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-10-29##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le fait du jour.
00:01Vous êtes bien sûr sûr sûr de Radio, il est 12h15 et nous allons savoir si quand on casse, est
00:07-ce qu'il faut payer ?
00:07Phrase politique très célèbre, quand tu casses tu payes, pourquoi pas la formule, elle est tout à fait acceptable, c
00:13'est même du bon sens.
00:15Mais faut-il faire payer les cassers et comment les faire payer ? Ça c'est une autre affaire.
00:19Je vous reçois, Anissa et moi recevons pour en discuter, Axel Ronde, président et porte-parole du syndicat de la
00:24police CFTC.
00:25Je vous disais en antenne, il y a des chrétiens donc dans la police, des syndicats chrétiens, syndicats CFTC, vieux
00:30syndicats français.
00:31Oui, c'est les valeurs.
00:32Qui n'a jamais été majoritaire mais qui a toujours eu une dialectique, un discours.
00:37C'est ça et puis on est la force de proposition finalement, nous on est vraiment dans les valeurs qui
00:41unissent le pays au final.
00:43On est bien d'accord et on en a bien besoin.
00:45Et puis un juriste, un homme de loi bien entendu, Maître Philippe-Henri Honéguer, très apprécié des amateurs du barreau,
00:52des connaisseurs du barreau,
00:54qui lui nous donnera l'aspect de la légalité.
00:56Est-ce que l'on peut, voilà, on peut toujours faire des lois mais pour l'instant, tu casses, tu
01:01payes, c'est pas évident.
01:03Je commence avec vous, Axel Ronde.
01:06Pourquoi vous estimez, en tant que représentant d'un syndicat policien,
01:09qu'il serait bien à un moment donné que ceux qui cassent, qui piquent, qui saccagent,
01:13aient des comptes à rendre autre qu'un petit blâme ou qu'un avertissement ?
01:16Bien évidemment, je pense que ces personnes savent très bien ce qu'ils font quand ils viennent sur des manifestations
01:22pour, uniquement, comme objectif, c'est de piller, de casser et aussi d'affronter les forces de l'ordre.
01:28Donc oui, effectivement, quand vous interpellez des personnes qui sont sur ces zones-là,
01:32qui ont participé directement à ces attaques en règle contre des commerçants,
01:36oui, il faut qu'ils rendent des comptes et il faut qu'ils payent effectivement.
01:39Vous savez, là, actuellement, il va y avoir aussi des personnes qui n'ont rien fait,
01:44et qui n'ont rien cassé, qui n'ont rien pillé.
01:45Pourtant, ils vont se faire prendre, ils vont prendre une taxe de 0,8% sur leur contrat d'assurance,
01:51justement, une taxe émeute.
01:52Donc ça suffit de faire des punitions collectives pour les honnêtes gens.
01:56Ça, finalement, ça favorise à être dans la délinquance, au final,
02:01puisque, finalement, vous êtes un honnête gens, vous allez quand même payer,
02:04vous allez payer sur vos contrats d'assurance qui sont de plus en plus chers
02:07pour, justement, faire face à des individus qui auront pied cassé.
02:12Donc je pense qu'il faut renverser, encore une fois, les valeurs, la table,
02:15et il faut que ce soit les individus qui étaient présents sur cette zone
02:19qui rendent des comptes clairement et qui doivent rembourser les dégâts qui ont été mis en place.
02:25Ce n'est pas aux citoyens français de le faire,
02:27ce n'est pas aux honnêtes gens de payer à la place de ces casseurs.
02:31Et je pense qu'il va falloir, maintenant, qu'on mette devant leur responsabilité
02:34tous ces individus qui participent à cette violence.
02:37Alors là, vous parlez d'une volonté politique supposée, d'un principe démocratique,
02:42ce qui est dans le sens un peu de l'égalité de l'État de droit.
02:47Maître Neger, il y a le côté juridique.
02:51Est-ce qu'on peut avoir une forme de juridiction qui applique cette sanction ?
02:57Et ensuite, sur le plan législatif, est-ce que ce concept du casseur-payeur, tu casse, tu payes,
03:02est-ce qu'il peut être émis sous forme de loi ?
03:04D'abord, la légalité, et ensuite, l'application dans l'État de droit.
03:07Est-ce qu'on peut l'appliquer aussi ? Est-ce qu'un tribunal peut...
03:09Et de quelle façon on peut appliquer ce tu casse-tu paye ?
03:12La formule tu casse-tu paye, qui est une formule, elle est intéressante.
03:17J'avais un professeur de droit qui disait,
03:19les formules sont à la pensée, parce que les défilés militaires sont à la danse classique.
03:24C'est une formule qui ne veut rien dire.
03:27Je dirais même plus, qui dit exactement le contraire de la réalité.
03:30Il faut préciser les choses pour les gens qui nous écoutent.
03:32La formule tu casse-tu paye, c'est une vérité absolue.
03:35Et d'ailleurs, c'est depuis toujours déjà prévu dans la loi.
03:38Si vous êtes reconnu coupable d'avoir cassé, d'avoir pillé,
03:43que vous êtes condamné par une juridiction,
03:46alors déjà est inscrit dans la loi depuis toujours
03:48que vous avez l'obligation d'indemniser pour les préjudices que vous avez causés.
03:52Si vous êtes un mineur, alors vos parents sont responsables des dommages que vous avez causés.
03:58Donc en fait, il n'y a pas besoin de loi nouvelle pour venir dire tu casse-tu paye.
04:02C'est une vérité absolue, incontestée, non débattue par personne.
04:07La question qui se pose aujourd'hui, qui est celle de la loi,
04:11ce n'est pas de savoir si tu casses, tu payes.
04:14C'est plutôt de savoir si tu n'as pas cassé, est-ce que tu payes ?
04:18Parce que ce que prévoit la loi qui a été passée par le Snedda,
04:20ce n'est pas de faire payer les casseurs.
04:22Ça, c'est déjà prévu.
04:23C'est de faire payer ceux dont on estime qu'ils ont participé à un attroupement,
04:29dont on pense qu'ils ne se sont pas désolidarisés de cet attroupement suffisamment tôt,
04:33ou qu'ils partageaient les objectifs de ceux qui ont cassé,
04:36et donc de faire payer ces gens-là, c'est-à-dire des gens qui n'ont pas cassé.
04:40Donc déjà, si on voulait renommer cette loi,
04:42on devrait plutôt l'appeler la loi « pas casseur, payeur ».
04:45Alors justement, je voudrais qu'Anissa nous fasse le point précis
04:47sur ce que dit la loi aujourd'hui en l'État.
04:50Alors effectivement, Maître Nugger, vous dites que le projet existe,
04:54enfin que la loi existe effectivement, elle existe depuis 2019.
04:58Alors aujourd'hui, le principal changement, c'est jusqu'à 10 000 euros à payer par personne,
05:03même sans avoir soi-même cassé une vitrine, c'est ce que vous disiez, Maître.
05:06L'État peut maintenant explicitement se retourner contre les auteurs des dégâts
05:10pour récupérer l'argent versé aux victimes.
05:12Ce que le projet actuel ajoute, c'est la possibilité de faire payer certains participants,
05:16même sans prouver qu'ils ont eux-mêmes cassé.
05:19Le texte vise deux situations.
05:22D'abord, participer en connaissance de cause à un groupe qui prépare des violences ou des dégradations.
05:27Ensuite, rester volontairement dans un attroupement après les sommations de dispersion,
05:31en sachant que des gens sont en train de casser, de voler ou d'agresser.
05:35Dans ce deuxième cas, on pourrait devoir contribuer à rembourser les dégâts commis après les sommations.
05:40Une exception est prévue pour les personnes qui ont un motif légitime de rester sur place.
05:45C'est 10 000 euros, c'est un plafond pour réparer les dommages, ce n'est pas une amende.
05:49Ce projet actuel ajoute, c'est la possibilité de faire payer certains participants,
05:53même sans prouver qu'ils sont eux-mêmes cassés.
05:54Alors, exactement, mais on peut aussi se demander où est-ce qu'on va aller chercher l'argent.
05:59Et là, le texte permettrait de prélever une partie de certaines aides sociales,
06:04les allocations familiales, les aides au logement,
06:06mais aussi le RSA ou la prime d'activité.
06:09Il faudrait une décision de justice définitive condamnant la personne à indemniser les victimes.
06:14Les prélèvements seraient encadrés et les aides des parents pourraient aussi être concernées
06:19lorsqu'ils sont civilement responsables des dégâts causés par leur enfant.
06:23Alors, l'État pourrait également récupérer plus facilement l'argent qu'il a versé pour indemniser.
06:27Ainsi, les victimes.
06:28Mais attention, tout ça n'est pas encore applicable.
06:29Je vous rappelle que le Sénat a adopté le projet dans la nuit du 27 au 28 octobre.
06:32Il est maintenant transmis à l'Assemblée nationale où les députés peuvent encore le modifier.
06:37Merci Anissa.
06:38Maître, il faudra quand même concevoir une formule juridique et légale pour...
06:43Je le répète, la formule, elle existe, d'accord ?
06:45Et d'ailleurs, ce que vous dites, c'est que c'est depuis toujours que celui qui est responsable d
06:49'un dommage...
06:50Non, c'est appliqué.
06:51C'est appliqué ?
06:51C'est appliqué, c'est-à-dire que si demain vous êtes condamné pour avoir cassé
06:54et qu'on arrive à évaluer ce que vous avez cassé,
06:56vous êtes responsable et vous allez devoir payer jusqu'à la fin de votre vie les dommages que vous avez
07:01causés.
07:01Ce qu'elle vient rajouter, la loi, là, c'est que quand il y a une sorte de responsabilité collective,
07:07plutôt que de faire peser solidairement à tous l'ensemble d'un dommage...
07:11Imaginons, vous avez brûlé une mairie dans une ville de France.
07:15Ça coûte des millions d'euros.
07:17Au lieu de faire peser sur tous ceux qui ont brûlé cette mairie, peut-être 2, 3, 4, 5 personnes,
07:21l'ensemble de ces millions d'euros, on sait qu'ils ne pourront jamais payer.
07:24On est maintenant venu dire, en fait, on va faire une sorte de forfait maximum,
07:2810 000 euros, que vous supporterez personnellement et que vous allez tous vous partager.
07:32Donc, en fait, c'est plutôt une loi qui limite dans ce sens-là.
07:34Mais ce qu'il faut bien préciser, c'est que déjà, les casseurs, ils ont toujours payé.
07:38D'accord ?
07:38Là, c'est une manière de faire payer ceux qui n'ont pas cassé.
07:40S'ils sont solvables.
07:41S'ils sont solvables.
07:42Vous avez raison.
07:43Et que là, ce qui vient d'être ajouté, et vous allez voir à quel point c'est scandaleux,
07:46mais moi, je pense que c'est scandaleux parce qu'en fait, on se moque des gens.
07:48C'est-à-dire qu'on se moque de vos auditeurs, on se moque des électeurs en votant des lois
07:53comme ça.
07:54Là, ce qu'on est venu dire, c'est qu'on allait faire des prélèvements sur les allocations
07:59ou sur les bénéfices sociaux sur les gens qui seraient condamnés à payer ça.
08:05Réfléchissons une seconde.
08:06Aujourd'hui, il existe une loi depuis toujours en France qui dit que quand on est en dessous
08:10d'un certain montant sur son compte en banque, c'est le montant du RSA, c'est à peu près
08:13650 euros,
08:14il est interdit de venir prélever l'argent dessus.
08:17C'est normal, on ne va pas laisser les gens mourir de faim, même s'ils ont des dettes.
08:20Et là, on vient de vous dire que ces gens-mêmes qui ont des difficultés,
08:24ces gens-mêmes qui ont des allocations, ces gens-mêmes qui touchent le RSA,
08:27ces gens-mêmes qui finissent le mois à zéro, à moins 5, à moins 10,
08:30qui parfois le 5, le 10 du mois sont à 2 euros sur leur compte,
08:33c'est sur ces gens-là qu'on va venir prélever de l'argent sur leur compte pour payer les
08:37indemnisations.
08:38On se moque du monde.
08:39On vient dire qu'on va prendre de l'argent à des gens qui n'en ont pas.
08:42Et on vient dire que ceux qui perdent pas, on va trouver d'autres.
08:44C'est des casseurs quand même, à un moment donné, c'est pas des pauvres gens
08:47qui sont tranquillement en train qu'on est en train de prendre.
08:50C'est-à-dire qu'en fait, si moi je vous dis,
08:52demain tout le monde va rouler en Rolls-Royce en France,
08:54vous allez me dire que vous êtes un imbécile.
08:55Et bien c'est des imbéciles, ils se moquent de vous.
08:58Ils assument leur vie.
09:00Mais bien sûr, on n'en peut pas assumer ce qu'ils...
09:00C'est pas parce qu'on est pauvres qu'on n'a pas assumé des actes.
09:03À un moment donné, je pense que ces personnes doivent clairement payer à la hauteur.
09:09Alors pourquoi pas ?
09:09On peut très bien trouver autre chose.
09:11On peut très bien leur demander de faire des travaux d'intérêt généraux, clairement,
09:15pour réparer ce qu'ils ont cassé.
09:19On peut, effectivement, on n'est pas obligé de prendre que de l'argent.
09:22Mais en tous les cas, il faut que ces personnes assument clairement ce qu'ils ont fait
09:26et qu'ils payent pour cela.
09:28Que ce soit pécunièrement ou avec...
09:31Axel Rondon, on est bien d'accord.
09:33Le problème juridique et éthique,
09:35et je pense que le Conseil constitutionnel, à un moment donné, interviendra.
09:38Si on prend le flagrant délit, c'est évident,
09:41là, il s'agirait de prendre les gens qui se trouvent à ce moment-là au mauvais moment.
09:44Et comment faire la distinction ?
09:45Il suffit de reprendre la loi anti-casseurs de 1970, au final.
09:49Elle existait, cette loi.
09:50Elle a été abrogée en 1981 par François Mitterrand.
09:54Elle était quand même constitutionnellement contestable,
09:56parce qu'elle était mal construite.
09:57En tout cas, elle a été pendant plus de dix ans.
10:01Oui, bien sûr.
10:01Donc, en tous les cas, à un moment donné, il faut reprendre ces mêmes textes,
10:05reprendre la même recette, finalement,
10:06puisqu'on voit bien que la société n'évolue pas,
10:09parce qu'on pourrait penser, effectivement,
10:10que les gens évolueraient et seraient beaucoup moins violents.
10:13Alors, il y a eu une évolution, là, on est en régression.
10:14On est complètement en régression.
10:16On voit qu'à un moment donné, malheureusement...
10:17On voit des cènes qui ne se voyaient depuis longtemps.
10:18Mais oui, nous, ce qu'on constate sur le terrain,
10:20tous les jours, malheureusement,
10:21on voit que les gens sont de plus en plus violents,
10:24ont une violence terrible,
10:26une haine terrible entre eux.
10:28D'ailleurs, on voit le clivage qu'il y a entre Français.
10:30Nous, ça nous fait très peur.
10:31Vous savez, en tant que fonctionnaire de police,
10:33on n'aime pas spécialement que les Français s'affrontent.
10:36Il y a de la haine.
10:38Il y a de la haine.
10:39La fracture n'est pas que sociale.
10:41Elle est idéologique.
10:42Complètement.
10:42Dans les discours, nous, ça nous fait très, très peur.
10:44Comme avait dit Générard Collomb,
10:45on n'est plus dans le côte-à-côte,
10:47on est dans le face-à-face.
10:47C'est tout à fait.
10:49Malheureusement, la direction,
10:50j'espère qu'on va redresser la barre rapidement,
10:53parce que je n'ai pas envie que notre pays finisse
10:55dans une forme de guerrière civile
10:56ou dans une guerre civile, clairement.
10:59Maître, on vous a bien compris.
11:00L'arsenal législatif existe.
11:01Il n'y a qu'à l'appliquer.
11:02Pour autant, on est confronté à une situation nouvelle.
11:06Est-ce qu'on peut l'élargir en restant dans la loi
11:09où il y aura toujours le danger, comme vous dites,
11:11de faire payer des gens qui n'ont pas à payer
11:12ou qui ne peuvent pas payer ?
11:13Or, il faudra bien résoudre le problème.
11:15Je vais vous donner un exemple très simple
11:16que tous les gens qui ont manifesté ces dernières semaines
11:19ont vécu dans leur chair.
11:20On est en train de dire à des gens,
11:21quand on vous fait des sommations,
11:23si vous n'arrivez pas à partir assez vite,
11:24vous allez devoir payer pour la mairie qui va être brûlée.
11:27Tous les gens qui sont à la manifestation
11:28ces dernières semaines, qu'est-ce qu'ils ont dit ?
11:30Les gens qui ne sont pas venus pour casser,
11:31les gens qui sont venus pour manifester,
11:32ils ont dit quoi ?
11:33On s'est sentis nassés.
11:34On n'arrivait pas à sortir.
11:36Il y a des tonnes de vidéos sur Internet
11:37qui circulent de gens qui vont devant les forces de police
11:39en disant « Laissez-nous sortir ! Laissez-nous sortir ! »
11:41Et on ne les laisse pas sortir.
11:42Et là, on est en train de vous dire
11:44qu'on va faire une loi pour tous ces gens-là
11:50et qu'ils n'avaient pas sur votre compte.
11:51Moi, je comprends.
11:51À la place de la République, les gens pouvaient sortir très bien.
11:53Il n'y avait aucun problème.
11:54On avait un couloir fait exprès pour eux.
11:58Et beaucoup de gens se sont malvenus.
11:59Ils nous ont affrontés pendant des heures.
12:01Donc je pense que c'est plutôt cela qu'on va viser.
12:03Parce qu'il va y avoir aussi du discernement.
12:06On ne va pas prendre...
12:07Mais quel discernement ?
12:08Bien évidemment, du discernement des fonctionnaires de police,
12:10tout simplement.
12:11On sait très bien sur une temporalité
12:14qu'on va clairement identifier les individus
12:17qui sont extrêmement violents
12:18ou qui, en tous les cas, sont présents
12:20et encouragent ces violences.
12:21Mais ça n'est pas la loi, monsieur.
12:23Ça n'est pas la loi.
12:24La loi, c'est d'aller chercher ceux qui ne font rien.
12:28Messieurs, je reprends.
12:29Et qui influencent les personnes.
12:31Je reprends la main.
12:32On continue ce débat exaltant et passionnant dans quelques instants.
12:35Alors jusqu'où faut-il aller pour récupérer l'argent ?
12:38Saisir une partie des aides sociales ?
12:40Faire contribuer certains participants ?
12:42Même s'ils n'ont pas eux-mêmes cassé ?
12:44Même s'ils sont simplement présents ?
12:45Eh bien, nous en débattons.
12:46Ici même avec le président et porte-parole de la CFTC,
12:49Axel Ronde et Maître Philippe-Henri Honneguer,
12:51avocat pénaliste.
12:52On veut également vos avis et donner-les au 0826 303.
12:55Bien sûr, ceux de radio, il est 12h30.
12:57Nous sommes en train de discuter de façon assez véhémente
13:00sur l'idée de faire payer les casseurs.
13:03Est-ce que c'est juridiquement possible et applicable légalement ?
13:07Je reçois Axel Ronde, président et porte-parole du syndicat de police CFTC.
13:11Et en face de lui, Philippe-Henri Honneguer, avocat pénaliste,
13:14qui nous explique que c'est quand même un projet hasardeux
13:17parce que difficile à mettre en place sur le plan légal.
13:21Oui, Maître Philippe-Henri Honneguer,
13:24il faut bien à un moment donné quand même que l'on dissuade.
13:26Je peux vous dire, est-ce que cette loi au moins est dissuasive,
13:28même si elle n'est pas applicable ?
13:30Est-ce qu'elle fait peur ?
13:31Et est-ce qu'à un moment donné, est-ce qu'il y a un biais juridique ?
13:33Vous êtes un homme de loi, où on pourrait, en plus de la loi qui existe,
13:37faire en sorte qu'il y ait une forme de dissuasion par rapport aux seuls
13:40qui veulent venir casser, dont on sait aujourd'hui qu'ils sont massifs.
13:43Et on croit comprendre que le calendrier des semaines à venir
13:45ne sera pas un calendrier apaisé.
13:47Alors c'est plus que légalement hasardeux, c'est une escroquerie juridique.
13:51D'accord ? C'est des gens qui gesticulent,
13:52qui vous font croire qu'ils vont faire passer une loi
13:54en sachant parfaitement qu'elle est inapplicable.
13:56inapplicable parce que c'est contraire au principe
13:59de responsabilité individuelle.
14:00Venir chercher la responsabilité de quelqu'un qui n'a rien fait,
14:03je pense que tout le monde comprend que c'est une aberration.
14:05Autrement dit, le simple fait de s'y trouver, voilà.
14:07Vous y êtes, vous n'êtes pas parti assez vite,
14:09vous êtes responsable.
14:10C'est pas le délit de faciès, mais...
14:11Et vous êtes responsable d'une infraction pénale,
14:13pas simplement financièrement pénale.
14:14Vous allez en prison pour ça.
14:15Donc déjà, c'est hallucinant.
14:16C'est une interdiction de manif...
14:17Vous considérez que c'est une interdiction de manif...
14:19Deuxièmement, c'est en réalité contraire
14:21au principe constitutionnel de manifestation.
14:22C'est-à-dire qu'aujourd'hui, oui, ça va être dissuasif,
14:25mais ça ne va pas être dissuasif pour les casseurs.
14:26Ça va être dissuasif pour les gens d'aller manifester.
14:29Moi, demain, je me dis, mais attendez, vous rigolez ou quoi ?
14:30Je vais me retrouver sur une place nassée
14:32et on va dire qu'on va engager ma responsabilité pénale.
14:34Moi, si j'ai une mention à mon casier judiciaire,
14:36j'arrête d'être avocat.
14:37Je n'irai plus jamais manifester de toute ma vie
14:40si jamais cette loi, elle passe.
14:42Donc ça ne marche pas.
14:43Et puis ensuite, c'est une escroquerie
14:44parce qu'en réalité, au lieu de faire ça,
14:46c'est-à-dire ces gesticulations idiotes,
14:48il est très facile aujourd'hui dans la loi,
14:51par décret, il n'y a même pas besoin de faire passer une loi,
14:53de prendre une mesure très simple.
14:54Je l'explique pour vos auditeurs pour que ça soit bien clair.
14:57Aujourd'hui, il existe un fonds de solidarité nationale
14:59qui s'appelle le Fonds de garantie des victimes d'infractions.
15:01En gros, quand quelqu'un est victime d'une infraction,
15:04les infractions graves, les infractions sexuelles,
15:06les meurtres, les violences avec des ITT de plus 30 jours,
15:08les infractions les plus graves,
15:09quand quelqu'un est victime de ça,
15:11si la personne qui est coupable ne peut pas payer,
15:14alors on a le droit d'aller demander d'être indemnisé par l'État.
15:17Donc il y a un fonds de garantie
15:19et ensuite l'État se retourne contre ces personnes
15:22et les font payer ce qu'ils ont à payer jusqu'à la fin de leur vie.
15:25C'est le Trésor public qui va faire ces démarches-là.
15:28Aujourd'hui, en une signature,
15:30le gouvernement augmente la possibilité pour le Fonds de garantie
15:34de venir indemniser les personnes qui sont victimes du pillage, du cassage,
15:38et tous ces gens-là seront indemnisés.
15:39C'est-à-dire que le premier objectif,
15:41faire indemniser les gens, il est réglé.
15:43Et ensuite l'État se chargera de venir récupérer l'argent pour les finances publiques.
15:47J'indique une dernière chose quand même.
15:49Ça veut dire que le contribuable continue à payer ?
15:50Non, ça veut dire que le contribuable avance l'argent
15:53et qu'ensuite on va récupérer l'argent s'il est récupérable
15:56auprès des gens qui sont coupables.
15:58Et puis enfin, je l'indique parce qu'on n'en parle pas assez,
16:00mais dans la loi et depuis longtemps est également inscrit un autre principe
16:04qui est que dans le cadre des violences qui sont commises dans le cadre des manifestations,
16:08si jamais il y a des infractions qui sont commises et qui causent des préjudices,
16:12alors c'est l'État qui est responsable.
16:14Et on peut aller activer la responsabilité de l'État.
16:16Pourquoi ? Parce qu'on paye tous les jours l'État
16:20pour payer des services d'ordre, pour payer des services de police,
16:22pour maintenir l'ordre.
16:23Si l'État n'est pas à la hauteur de cette tâche,
16:25alors c'est lui qui a commis une faute et qui doit être responsable.
16:28Compris. Ça peut être une piste efficace.
16:29Axel Ronde, est-ce qu'il y a quand même le risque dans cette disposition,
16:33dans ce projet, qu'on prenne le risque de faire payer des gens
16:37qui ne doivent pas payer en fait ?
16:38Vous voyez, ils sont là quand même, ils sont manifestants.
16:41C'est limite, c'est la photographie, c'est l'image qui va déterminer
16:43vous vous étiez à 1 mètre, vous vous étiez à 3 mètres,
16:46vous êtes dans les casseurs, vous n'êtes pas dans les casseurs.
16:48Reconnaissez que c'est ténu comme nuance.
16:50Oui, bien évidemment.
16:50Et je pense qu'effectivement la solution qu'a dit l'avocat
16:54me paraît la plus sensée, la plus finalement rapide à mettre en place
16:59puisque ces dispositifs existent déjà et il faut clairement que l'État
17:04reprenne les responsables et responsabilités et aussi redonne du pouvoir
17:08aux fonctionnaires de police pour ramener l'ordre.
17:11Parce qu'au final, le maintien de l'ordre, on sait le faire,
17:13mais c'est le rétablissement de l'ordre qu'on n'a pas su faire.
17:16Vous estimez que quoi ? Que vous ne disposez pas de moyens ?
17:18Ou que vous n'avez pas reçu les ordres suffisants et nécessaires
17:20pour rétablir l'ordre dans certaines situations ?
17:22Je pense qu'il y a un peu de tout cela, mais il y a surtout
17:25que nous n'avons plus d'armes intermédiaires efficaces.
17:27On a traité cela avec du simple gaz lacrymogène.
17:30On en a tiré à peu près 10 000 grenades lacrymogènes
17:33et on a vu que ça n'a pas fonctionné.
17:34Alors là, vous venez sur le terrain technique.
17:35Mais bien évidemment, ça fait des années.
17:37Est-ce que je trouve qu'il y a peu de centaures ?
17:39On me dit s'il y en a, on les a peu vus aux images.
17:41Et pourtant, c'est une arme qui n'est pas létale,
17:43mais qui est quand même, j'allais dire, assez dissuasive.
17:46Mais bien évidemment, mais c'est les images...
17:48On parle de l'arrosage avec de l'eau colorée
17:50et une pression de...
17:52Donc là, c'est les engins lanceurs d'eau.
17:54Alors les centaures et les engins de l'eau sur de l'été.
17:56Les centaures, le côté pratique,
17:59c'est qu'ils ont une lame devant pour dégager les barricades.
18:02Ça permet effectivement d'aller sur des barricades incendiées
18:05et de pouvoir manœuvrer rapidement.
18:07Il y en a combien au total ?
18:08C'est les gendarmes qui ont ça.
18:09Je crois qu'il y en a une trentaine en service dans la gendarmerie, il me semble.
18:13Est-ce que c'est suffisant ?
18:13C'est comme les Canadières cet été ?
18:15Encore une fois, il va falloir qu'on ait une nouvelle réponse
18:18parce qu'il y a des nouveaux défis qui nous attendent.
18:19Oui, nous, ça fait des années qu'on dit que ça ne fonctionne plus tout ce maintien de l'ordre,
18:23qu'on nous retire beaucoup d'outils, si vous voulez, au fil de drames.
18:27Tragique, oui.
18:28Parce que quand vous utilisez la force, malheureusement, vous avez des drames.
18:32Et ça, il faut le dire clairement.
18:33Il faut que les personnes qui utilisent la violence
18:37savent qu'ils peuvent malheureusement être blessés aussi.
18:40Et tuer d'autres personnes.
18:41Et il y a eu aussi des policiers.
18:43Mais dans les deux sens, quand je dis ça clairement.
18:45Quand vous utilisez la force, malheureusement, il y a des dégâts.
18:49On préfère ne pas utiliser la force, vous savez.
18:50Mais la force doit rester à la loi.
18:52C'est comme cela.
18:53Et c'est nous qui avons la violence dite légitime par la loi.
18:55Et là, ça a toujours été comme ça.
18:58Nous avons Cédric qui nous appelle de Targon.
19:00Bonjour Cédric.
19:02Vous pensez quoi de ce projet de loi ?
19:04Tu casses, tu payes.
19:06Alors, bonjour tout le monde.
19:09Moi, mon souci, c'est que je vois déjà le comportement de certaines personnes
19:13qui, quand ils se garent et qu'ils ne payent pas les parcs maîtres,
19:17ils s'en fichent parce qu'ils ne sont pas solvables.
19:19Je me dis que tu payes, tu casses.
19:22Mais quoi qu'il en soit, ils ne sont pas solvables.
19:24Donc, ça ne va pas changer le problème, en fait.
19:27Pour ceux qui ne sont pas solvables.
19:28Pour ceux qui ne sont pas solvables.
19:29Pour ceux qui ne sont pas solvables.
19:31Et si, en fait, on commence à retirer les prestations sociales,
19:34quoi qu'il en soit, les associations vont se mettre dessus.
19:37Et comme il y a un minimum de garanties pour que messieurs puissent manger...
19:42Oui, 650 euros.
19:44Exactement.
19:44Donc, quoi qu'il en soit, les associations vont se mettre dessus
19:47et on ne pourra pas non plus prendre les prestations sociales.
19:50Je pense tout simplement que ceux qui ont été identifiés,
19:52et on sait très bien qu'avec les réseaux sociaux,
19:54on a la possibilité de le faire, mais on ne le fait pas.
19:57Les gens qui ont été identifiés, on les met sur les fossés.
20:00Les fossés à recurer avec les forces de l'ordre.
20:03On les met à tondre le gazon.
20:04On les met à nettoyer les véhicules des forces de l'ordre
20:07ou aller chez les pompiers pour passer le balai.
20:09Ou à l'arrivée, on peut faire des choses comme ça.
20:11Ah, donc vous, vous allez sur...
20:12Je vais poser la question à maître Néguer.
20:15Vous vous êtes...
20:16S'il n'y a pas de solvabilité financière,
20:18eh bien, on est dans la sanction,
20:20c'est-à-dire le travail d'utilité publique, quoi.
20:22Qu'on compense par ses bras.
20:25Exactement.
20:25Ça évite à l'État de payer des tracteurs ou des gens pour nettoyer les fossés.
20:30Eh bien, ils nettoient les fossés,
20:32ils enlèvent les arbres qui se sont coupés,
20:35ils font des choses que l'État paierait.
20:39Oui, à la base, c'est eux qui font le travail pour...
20:41Il n'y a pas de finances qui circulent.
20:44C'est juste le rendre économisé.
20:46Et ça peut même avoir une vertu,
20:48je parle prudemment,
20:49une vertu pédagogique pour remettre un petit peu certaines personnes
20:51dans le sens du bien commun.
20:54Maître Néguer, c'est quelque chose qui est envisageable ?
20:56Le travail d'intérêt général, déjà, ça existe déjà dans la loi.
20:59Ça peut être prononcé.
21:00Il faut recueillir l'accord de la personne.
21:02Mais très souvent, quand on leur propose,
21:04ils sont d'accord.
21:06Alors, ça a un grand intérêt, le travail d'intérêt général.
21:09Déjà, c'est que ça permet d'éviter la prison
21:10pour un certain nombre de gens,
21:12pour qui la prison, ça serait absolument contre-productif.
21:14Pour rappel, je le dis encore à vos auditeurs,
21:16la prison, ça coûte 120 euros par jour et par personne.
21:1940 000 euros par an, par personne,
21:22en frais de fonctionnement.
21:23Je ne parle même pas en frais d'investissement.
21:24C'est-à-dire que vous imaginez ce qu'on peut faire
21:25avec 40 000 euros par an
21:27pour aider quelqu'un à s'insérer ou faire autre chose.
21:30Ce qu'il faut savoir sur le travail d'intérêt général,
21:32qui est une mesure très bonne, qui fonctionne,
21:34qui aide à la réinsertion,
21:35il faut juste savoir,
21:36quand on est dans une discussion qui est celle des coûts,
21:38c'est que ça coûte très cher.
21:40Ça coûte beaucoup plus cher que ça rapporte.
21:42C'est-à-dire qu'on se dit,
21:43il va aller nettoyer les routes,
21:44il va couper du bois, excellente idée.
21:46Mais en réalité, ce qu'il faut derrière,
21:48c'est un système d'organisation,
21:49un système d'encadrement,
21:50un système de réinsertion.
21:52Et tout ça, ça coûte de l'argent.
21:53Mais pour vous rassurer,
21:54ça coûte toujours beaucoup, beaucoup, beaucoup,
21:56beaucoup moins cher que la prison.
21:58Donc, il faudrait mettre un maximum
21:59sur le travail d'intérêt général,
22:00parce qu'effectivement, ça a un coût,
22:02mais ça serait utile pour la société.
22:03Bien sûr, c'est une très bonne idée.
22:06Vous savez, nous, ce qu'on est...
22:07Merci Cédric, vous avez fait remonter le débat.
22:12Ce que nous, on préconise,
22:13c'est même des structures assez souples,
22:16d'ailleurs pour les mineurs,
22:17un des centres de rééducation clairement fermés,
22:20avec un esprit militaire à l'intérieur,
22:21pour réhabiliter ces jeunes,
22:22pour leur donner une perspective,
22:24un avenir, bien évidemment,
22:26pour la société,
22:26pour les réinsérer clairement dans la société.
22:29Je pense que les prisons,
22:30faire des prisonniers qui restent à l'intérieur
22:33et ne font rien du tout,
22:34ça ne donne aucun intérêt à ceux-là.
22:38Vous savez, on a fait faire le service national
22:39à des jeunes qui n'avaient rien fait, au final.
22:42Pourtant, on les a fait empêcher.
22:44Beaucoup ne dormaient pas forcément à heure fixe,
22:47marchaient, faisaient des marches commando,
22:49ne mangeaient pas forcément à leur faim.
22:51Aujourd'hui, vous ferez faire ça à un prisonnier,
22:53vous serez traité par la Cour des droits de l'homme
22:56comme des mauvais traitements.
22:57Vous voyez ?
22:58Donc, à un moment donné,
22:59je pense qu'on peut mettre sur des structures souples
23:03avec, clairement, aller dans la campagne,
23:06débroussailler effectivement les forêts,
23:08où on a vu d'ailleurs que ça permettrait
23:11de prévenir les incendies de forêt,
23:13puisqu'on a vu que, malheureusement,
23:14cet été, il y a eu beaucoup de feux de forêt
23:16parce qu'il n'y a pas eu d'entretien,
23:17clairement, de certaines zones.
23:19Donc, ça permettrait effectivement d'avoir...
23:23Vous savez, on peut mettre des réservistes
23:24de la police nationale,
23:25des réservistes, pourquoi pas, de l'armée.
23:27En tous les cas, il y a des choses à mettre en place.
23:30De toute façon, il faut une réponse.
23:31Là, actuellement, ça ne fonctionne pas.
23:33Vous restez avec nous, vous êtes sur Sud Radio.
23:36Et dans un instant, évidemment,
23:38nous allons retrouver André Bercoff.
23:40Il va revenir sur les différents commentaires politiques
23:42lancés à l'encontre du Rassemblement National.
23:45Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations