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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, fondateur du pôle sécurité, défense, renseignement et auteur de "Il faut sauver nos Enfants" aux éditions First, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Ce matin, dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Alain Bauer.
00:03Bonjour à vous, bienvenue. Vous êtes professeur de criminologie, auteur de ce livre « Il faut sauver nos enfants ».
00:08Chez First, on va en parler dans un instant.
00:10L'actualité, Alain Bauer, c'est cet hommage national qui sera rendu aux victimes de l'attentat raciste de Trappes
00:15qui a fait un mort et sept blessés, dont une petite fille de 12 ans.
00:18Le climat d'hystérie qui a été entretenu immédiatement après, à part la gauche et l'extrême gauche sur ce
00:22sujet,
00:23est-il en train de confisquer le débat sur ce thème majeur de la lutte contre le racisme, Alain Bauer
00:27?
00:28Alors, le problème, c'est que le racisme comme le terrorisme sont des termes non déterminés de manière structurelle.
00:34La race, l'ethnie, la religion, un groupe ou une partie d'un groupe.
00:38Vous savez, ce débat est permanent parce que c'est chaque fois le système judiciaire qui dit ce qui est
00:42et ce qui n'est pas.
00:43Là, très rapidement, le parquet national antiterroriste a dit que c'était du terrorisme à caractère raciste.
00:49Donc, il y a eu deux déterminations, claires et définitives.
00:51Ensuite, il y a eu un débat. Est-ce islamophobe ?
00:53L'apparition de la principale victime, l'homme qui a été tué comme chrétien, a rebattu les cartes sur xénophobe
01:01et raciste.
01:02Au moins, là, on est clair.
01:03Et après, il y a eu le rapprochement entre la première fois que, l'erreur du président de la République.
01:10C'est la première fois que, alors qu'immédiatement après, un certain nombre de mes collègues, y compris de Trappes,
01:16on dit « mais pas du tout, il y a eu toute une série de phénomènes avant ».
01:19Alors, c'est la première fois qu'on a une virée meurtrière qui ressemble à celle de Mohamed Merah à
01:24Toulouse.
01:24Voilà, on a cette problématique.
01:26Après, l'hystérisation du débat, elle vient de deux problématiques.
01:29D'abord, l'idée que tout acteur psychiatriquement identifié comme étant malade mental
01:36soit automatiquement qualifié du point de vue de ses idées politiques.
01:39Or, d'un point de vue de la psychiatrie, ce sujet est secondaire.
01:44C'est un emballage qui parfois suit la mode.
01:47On peut être militant ultra-gauche, devenir militant ultra-droite dans ses paroles ou ses écrits,
01:54mais ça n'enlève rien à la rage qui s'est exprimée.
01:57C'est juste un emballage à la mode.
01:59Il suffit de se connecter à cause de la maladie mentale sur une idée à la mode, d'un côté
02:05ou de l'autre.
02:06Et puis, vous avez le troisième sujet, qui est que la justice a aussi décidé,
02:10contrairement à l'avis d'une partie importante de mes collègues, que le racisme anti-blanc existait.
02:15C'est le cas de l'affaire de Crépole.
02:17Pour qu'il y ait eu un nouveau feu qui s'allume sur est-ce que ça pouvait exister ou
02:22pas.
02:22Et là, on est face à un problème qui est la neutralité académique
02:26et de reconnaître que c'est le système judiciaire qui décide l'incrimination
02:30et le tribunal qui décide de la punition
02:32en décidant si l'auteur est ou n'est pas responsable ou irresponsable ou partiellement irresponsable.
02:39Mais ce n'est pas la politique.
02:40La politique, elle fait de la politique.
02:41Mais justement, ma question, c'était est-ce que la politique, la gauche et l'extrême-gauche,
02:44en mystérisant, en conflictualisant les débats sur ce thème-là,
02:48ne le confisque pas au fond ?
02:49Bruno Retailleau, qui était à votre place hier matin, dit
02:51« On peut demander une politique plus ferme sur l'immigration et la sécurité.
02:54Ce n'est pas appelé à la haine, Alain Bauer. »
02:57Alors, je pense qu'on peut avoir un débat naturel sur l'immigration, la sécurité,
03:03le voile, la place des religions dans l'espace national.
03:08Moi, je suis un militant de laïcité qui respecte les religions
03:12et le droit de l'exercer librement dans le respect de la loi commune.
03:16Donc, je n'ai pas de difficulté avec ça.
03:18Maintenant, les opérateurs politiques font de la politique.
03:21Et donc, s'ils arrivent à en faire de manière aussi conflictualisée,
03:24c'est parce que l'espace a aussi été largement dégagé de part et d'autre.
03:28Le grand problème de la politique aujourd'hui, c'est que s'il n'existe de manière structurelle
03:33que deux opérateurs cohérents, Mme Le Pen d'un côté et ses amis,
03:38M. Mélenchon de l'autre et ses amis,
03:40ce n'est pas le problème de Mme Le Pen et de M. Mélenchon,
03:42c'est le problème de où sont passés les autres.
03:44Donc, c'est pour ça, c'est parce qu'il y a une absence de débat sur ce bloc central,
03:46une absence de conviction, de cohérence, d'expression, de ligne directrice.
03:52Bref, vous les recevez tous ici, je les regarde tous.
03:57Parfois, ils viennent me demander ce que je pense de tel ou tel sujet relevant de ma compétence.
04:02Et moi, je suis un service public, donc je réponds à tout le monde.
04:04Je suis effaré de leur absence.
04:07D'accord.
04:07Pas de la présence de Mme Le Pen ou de la présence de M. Mélenchon.
04:10Encore une fois.
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