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  • il y a 20 minutes
Regardez le débat avec Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P) et Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière (FO).
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 27 octobre 2026.

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Transcription
00:01RTL Soir, c'est avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Comment redonner du pouvoir d'achat aux salariés ?
00:09En augmentant le salaire.
00:10Seules les entreprises peuvent décider de le faire, sauf pour le SMIC.
00:14C'est l'État qui décide d'augmenter le salaire minimum.
00:16Il le fait tous les 6 mois au rythme de l'inflation,
00:18mais cette fois il pourrait faire mieux, plus, donner un coup de pouce.
00:23Est-ce une bonne idée ? Faut-il augmenter le SMIC ?
00:25On en débat dans les grands esprits se rencontre
00:27avec Michel Picon, président de l'Union des entreprises de proximité.
00:31Bonsoir.
00:32Et avec Frédéric Souyo, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière.
00:35Bonsoir.
00:36Bonsoir.
00:36Alors, Michel Picon, je crois que vous l'avez vu hier soir.
00:39Qu'est-ce que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, vous a dit ?
00:41Quelle est la hausse du SMIC envisagée ?
00:45La hausse, elle est mécanique par rapport aux critères d'inflation.
00:50On devrait 0,8 aujourd'hui.
00:52On devrait finir en fin d'année à 1, autour de 1.
00:55Et ce que souhaite faire le gouvernement, c'est ce qu'on appelle le coup de pouce.
01:01Je crois que le dernier coup de pouce que l'on a connu, c'était sous Hollande.
01:05François Hollande, en 2012.
01:07Alors, si on reproduit les choses, c'était 0,6 à l'époque.
01:11Et ça pourrait être 0,6.
01:12Donc, si on finit à 0,8 plus 0,6, ça fera un 4.
01:15Si on finit à 1, ça peut faire un 6.
01:18Bon, nous, on a essayé de faire nos calculs sur un 5,
01:21savoir ce qui pouvait se passer pour les entreprises,
01:24si on avait une revalorisation du SMIC.
01:27Alors, après, au 1er décembre, au 1er novembre, ça me paraît.
01:30Oui, parce qu'en plus, il veut avancer cette revalorisation et ce coup de pouce, en fait.
01:35C'est-à-dire qu'au lieu de la faire au 1er janvier, on le ferait au 1er décembre, c
01:39'est ça ?
01:40Bien sûr.
01:42Et le calcul, ça fait combien de hausse ?
01:442 milliards et demi.
01:452 milliards et demi, ça c'est le coup pour les entreprises.
01:48Alors, je veux dire, c'est difficile de dire les chiffres comme ça,
01:53parce que ça voudrait dire qu'on n'est pas d'accord.
01:55Moi, je pense qu'il faut revaloriser les salaires.
01:57Frédéric Souillot, vous avez eu les mêmes informations ?
02:00Moi, c'était vendredi matin, dès 8h.
02:03J'étais le premier, je crois.
02:05Et je suis un lefto.
02:06Eh bien, c'était la même information.
02:08Mais nous, on a poussé pour un coup de pouce au SMIC, comme à chaque fois.
02:11La revalorisation automatique du SMIC liée à l'inflation,
02:15pendant des années, personne n'a connu ça parce qu'on n'avait pas l'inflation.
02:20Mais nous, on maintient, parce que les experts du groupe SMIC nous expliquent tout un tas de choses,
02:25on maintient que le salaire minimum est le coup de pouce,
02:28aussi pour répondre à la question de pouvoir d'achat,
02:31qu'on entend aujourd'hui dans les discussions et dans les mobilisations.
02:35Maintenant, un coup de pouce au SMIC, alors ?
02:37Vous, vous le voulez à combien, ce coup de pouce ?
02:40Alors, nous, on a une revendication à FO, on dit 80% du salaire médian,
02:44c'est-à-dire entre 120 et 150 euros.
02:48De plus, oui.
02:49Sachant que la CFDT réclame 100 euros net, ça fait 7%,
02:52la CGT réclame 10% de hausse.
02:56Donc, voilà, vous n'êtes pas...
02:57Mais on est tous pas très loin, les uns et les autres.
02:58Vous voulez tous, voilà, entre 120 et 150 euros.
03:03Pour vous, Michel Picon, c'est impossible ?
03:07Ah oui, je pense que...
03:08Bon, c'est une demande...
03:13Extravagante, c'est quoi ?
03:14Oui, mais extravagante, quand on parle de la vie des gens,
03:16moi, c'est des mots que je fais attention,
03:19parce que je pense aux gens qui nous écoutent et qui ont des difficultés,
03:23ça peut les mettre en colère et c'est pas l'objectif.
03:26Mais c'est la conséquence de ça.
03:28Ce niveau de revalorisation du SMIC entraînerait des milliers,
03:32des milliers et des milliers de fermetures de petites entreprises,
03:35notamment celles...
03:36Alors, moi...
03:37Parce qu'elles ne répercuteraient pas, cette hausse sur leur prix ?
03:39Elles ne vont pas pouvoir.
03:40Elles ne vont pas pouvoir.
03:41Il s'agit de 150 euros nets par mois.
03:46Par salarié.
03:47Vous multipliez ça par deux.
03:49300 euros, vous le multipliez par 12,
03:52mais vous avez le salaire, la rémunération de l'exploitant.
03:5650% des petites entreprises,
03:58l'exploitant, la coiffeuse, l'esthéticienne,
04:02les petits commerces,
04:04ils ont un revenu qui est à peine autour du SMIC.
04:09Donc, les gens vont licencier et vont fermer leur boîte.
04:14On a déjà 80 000 entreprises,
04:16je pense que c'est le chiffre auquel on va aller en fin d'année
04:18avec tous les mouvements sociaux qu'on connaît aujourd'hui.
04:21Je pense que ça serait une catastrophe.
04:23Maintenant, est-ce que c'est un objectif ?
04:25Oui.
04:26Frédéric Souillot, ça mettra en danger les petites entreprises.
04:29Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
04:30Je réponds qu'on peut regarder sur le sujet du SMIC,
04:36conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises.
04:38Ça, c'est une vraie conditionnalité.
04:40Si les entreprises continuent d'avoir des aides
04:43et que ces aides, elles se transforment en augmentation de salaire pour les salariés.
04:49Voilà.
04:50Parce qu'elles ne jouent pas le jeu, en fait, c'est ce que vous nous dites ?
04:53On se rend compte que certaines entreprises ne jouent pas le jeu.
04:57Les aides publiques sont versées
04:59et ça aide à maintenir le chiffre d'affaires
05:01ou à maintenir l'entreprise à flot.
05:03Un certain nombre,
05:04celles qui versent des dividendes à leurs actionnaires,
05:07n'ont pas besoin d'aides publiques.
05:09Quand le patron de Total dit
05:11« J'ai touché 4 milliards d'eux de CICE et je souhaite les rendre »,
05:15l'État dit
05:16« Ah ben, on sait vous le verser, mais on ne sait pas le récupérer ».
05:19On a quand même un souci politique,
05:22un ordonnancement fiscal sur le sujet.
05:25Et puis,
05:28on a le Président de la République,
05:30après le premier épisode des Gilets jaunes,
05:32avait mis la prime d'activité
05:33pour un SMIC environ autour de 2000 euros de revenus mensuels.
05:37Ça va faire vaste communiquant.
05:39Si le SMIC augmente,
05:40on va baisser le niveau de prime d'activité.
05:43Et peut-être que là,
05:46pour le budget de l'État, c'est la même chose.
05:48Ça fait zéro à la fin.
05:49Comment est-ce qu'on fait une conditionnalité
05:51d'aide publique versée aux entreprises
05:52à partir du moment où il y a le SMIC et un coup de pouce ?
05:55Alors, sur nos revendications,
05:57c'est toujours la même chose quand on revendique.
05:58Et si on nous donnait tout ce qu'on revendiquait,
06:01c'est que nous n'aurions certainement pas réclamé assez.
06:05Voilà, c'est la négociation telle qu'elle est, c'est vrai.
06:08Michel Ficot ?
06:09Non, mais moi, je pense qu'on a atteint un niveau,
06:12aujourd'hui, de mécanique complexe dans la rémunération,
06:17où les entreprises, elles n'y comprennent plus rien,
06:19les salariés, encore moins.
06:21Bon, on a une prime d'activité pour compléter le salaire
06:24parce que les entreprises ne payent pas assez.
06:26parce qu'elles ont une masse...
06:30Oui, non, mais c'est le salarié.
06:32Oui, bien sûr.
06:33C'est nous tous.
06:34Oui, oui, c'est nous tous.
06:35C'est pourquoi elle a été mise en place.
06:36C'est parce que tout le monde m'a bien pris conscience
06:38que l'augmentation des salaires à cette hauteur
06:40n'était pas possible avec la mécanique de prélèvement
06:42qu'il y a sur le travail.
06:44Moi, je suis déjà venu sur votre antenne
06:46pour dire qu'il faut casser ce château de cartes.
06:49Il faut arrêter de faire peser autant, autant,
06:52sur le travail, le financement de notre protection sociale.
06:56Je ne la remets pas en cause, notre protection sociale,
06:59même si, ici ou là, on a peut-être des choses à recadrer.
07:02C'est-à-dire que vous voulez dire qu'il faut baisser les charges,
07:04les cotisations salariales ?
07:06Bien sûr, il faut qu'un certain nombre...
07:07Alors, les cotisations, je sais que pour M. Souillot,
07:11c'est sacré, ce n'est pas touché, tu touches pas à ça,
07:13c'est mon argent, c'est mon super...
07:15Ça s'appelle du salaire différé.
07:16Mais il y a, au bas de la feuille de paye de tout salarié,
07:20il y a 10% qui est prélevé, en gros, 9,7,
07:25CSG, CRDS.
07:26C'est 10% de pouvoir d'achat qu'on pourrait rendre tout de suite aux salariés.
07:30Ensuite, après, il faut compenser.
07:32Nous, on a déjà fait des propositions là-dessus.
07:34Et pour nous, tant qu'on ne sortira pas de cette politique
07:39qui, depuis des années, fait peser sur le travail,
07:42le coût du financement, presque exclusivement,
07:44le coût du financement de la protection sociale,
07:46on sera dans des mécaniques où plus personne n'y comprend rien.
07:50Frédéric Souillot, pour revenir au SMIC,
07:52est-ce qu'en augmentant le SMIC,
07:55on ne risque pas de SMICardiser un peu plus les salariés ?
07:59C'est-à-dire qu'on augmente le SMIC,
08:00mais on n'augmente pas les salaires qui sont juste au-dessus.
08:03Donc, on écrase, en fait, ces salaires.
08:05Les grilles.
08:05Voilà, exactement.
08:06Parce que ce n'est pas le risque.
08:06Eh bien, c'est pour ça que la deuxième proposition
08:08qu'on a faite à Jean-Pierre Farandou,
08:10très peu de branches ont réussi à trouver des accords salariales cette année.
08:15Et les branches, si le SMIC réaugmente,
08:18vont être amenées à être autour de la table.
08:19Eh bien, faisons une négociation flash sur les salaires,
08:23dans les branches.
08:24Et cette fois, on parle de tous les coefficients.
08:26Qu'on arrête le tassement des grilles,
08:28parce que ça crée aussi un certain nombre de difficultés
08:33dans les entreprises.
08:34où, moi, ça fait 10 ans que je suis là,
08:36et celui qui vient d'arriver l'est payé le même prix que moi,
08:38parce que les grilles se sont tassées.
08:40Donc, il nous faut aussi une négociation flash sur les salaires.
08:44Et là, ce n'est pas nous, au niveau national interprofessionnel,
08:47qui pouvons le faire, mais c'est les branches.
08:49On peut encourager, évidemment.
08:53Je précise, Michel Picon,
08:54le SMIC, il a augmenté de 17% entre 2021 et 2025.
08:58Et au même moment, les salaires,
08:59c'est-à-dire ceux qui sont les patrons qui décident,
09:02augmentaient de 15%.
09:04Donc, voilà, quand on laisse faire
09:06les chefs d'entreprise,
09:08on augmente moins que quand on décide d'augmenter le SMIC.
09:10Les marges des entreprises se sont effondrées
09:12au cours de la même période.
09:15Plusieurs crises.
09:16Crise énergétique,
09:17crise des matières premières,
09:19le golf,
09:20les trésoreries des entreprises sont en plein.
09:23Et quand vous ne faites pas de profit,
09:25alors, M. Pouyanné, avec Total,
09:27ils ne sont pas adhérents à l'UDP.
09:28Je te rassure.
09:31On ne les a pas.
09:32Oui, c'est sûr, là, on est sur les petites entreprises.
09:35Oui, oui.
09:35C'est pas du tout la même problématique, effectivement.
09:38Exactement.
09:39Mais, voilà,
09:42sur la situation que l'on connaît aujourd'hui,
09:44moi, je pense qu'il faut...
09:46Il y a le SMIC.
09:48Et puis, c'est que 12% des salariés
09:49qui sont au SMIC.
09:50Il y a tous les autres.
09:51Et les autres aussi.
09:52Ils souffrent d'une crise sociale,
09:54d'une augmentation,
09:55d'une baisse de leur pouvoir d'achat.
09:57Donc, il faut...
09:58Il faut trouver une autre réponse ?
09:59Oui, il faut trouver une réponse complémentaire.
10:02Nous, on appelle ça la propagation.
10:03Si tu touches au SMIC, derrière,
10:05par effet domino,
10:06il faut toucher aussi un petit peu.
10:09Là où on a un gros problème aujourd'hui,
10:12c'est que le gouvernement nous prend un étau
10:15d'un côté,
10:17il nous taxe près de 10 milliards
10:20sur la baisse des allégements,
10:22sur l'intégration des intéressements, etc.
10:25Oui, parce qu'il est prévu dans le projet de loi
10:26qu'on baisse les aides...
10:28Pour équilibrer le projet de loi...
10:29Les cotisations patronales sur les bas salaires
10:31ne seront plus exonérées.
10:32Comment répondre aux deux ?
10:34Donc, nous, nous demandons au gouvernement
10:37d'avoir moins d'ambition
10:38sur les prélèvements qu'il fait aux entreprises
10:41pour équilibrer son budget.
10:44et ce qui nous donnera un peu plus de marge
10:46pour satisfaire les revendications salariales.
10:48Merci à tous les deux d'être venus débattre.
10:51On va retrouver Pierre Copplot
10:52qui a sélectionné pour vous le meilleur d'RTL.
10:54C'est juste après la pause.
10:56Tous les jours, toute la journée...
10:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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