00:00A demain !
00:03Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir
00:07Notre grand invité RTL Soir est Laurent Ruquier, bonsoir Laurent !
00:11Bonsoir !
00:12Vous venez nous parler de votre nouvelle pièce aux allures de comédie musicale,
00:16ou de pièce musicale, je ne sais pas comment il faut la définir,
00:19avec le ténor Vincent Niclot, Chante et tais-toi, c'est le titre, c'est à la Comédie des Champs
00:23-Elysées.
00:24Et vous êtes Gabrielle, en couple avec un chanteur, un crooneur,
00:28en mode latin lover, qui chante l'amour avec les femmes,
00:32et ça vous vexe un peu en tant que compagnon !
00:34C'est ça, vous avez très bien résumé, pitché la pièce,
00:37c'est vrai que c'est une pièce de théâtre, mais il y a des chansons dedans,
00:40puisque ça raconte l'histoire d'un chanteur, effectivement,
00:43un chanteur qui n'est pas en adéquation totale avec ce qu'il chante et son public,
00:48et sa vie privée, et c'est moi qui vais un peu être, on va dire, le poil à gratter
00:52dans tout ça.
00:53Parce que ce chanteur, il veut un public le plus large possible,
00:56des femmes de 20 ans à 70 ans, sans exclutif, exactement.
01:01C'est ce qu'on raconte dans la pièce, c'est aussi l'évolution de ce genre de statut
01:06à travers les époques, et aussi montrer que ce n'est pas si évident que ça encore.
01:10On croit, Muriel Robard en a parlé il n'y a pas si longtemps,
01:13on croit que c'est facile, mais ce n'est pas si facile encore dans certains métiers,
01:17des métiers où c'est encore plus compliqué que dans les métiers artistiques,
01:19mais au cinéma et dans la chanson, il y a encore des difficultés parfois à avouer,
01:24pas chez les jeunes chanteurs, les jeunes chanteurs n'ont aucun problème avec ça,
01:27puisque évidemment ils font des chansons sur le coming out, sur leur homosexualité,
01:31je pense à Eddie Depretto, Pierre Demare et d'autres qui sont cités d'ailleurs dans la pièce,
01:35mais il y en a d'autres qui ont, on va dire, démarré en ayant un public large,
01:39et en camouflant leur vie privée, et là c'est très difficile de revenir en arrière.
01:44Voilà, et c'est le cas de votre personnage, oui, c'est une comédie sur le coming out,
01:50vous dites qu'il faut se libérer d'une clandestinité pesante,
01:55enfin c'est ce que votre personnage dit à son compagnon,
01:58parce que c'est pesant la clandestinité, cette clandestinité-là.
02:02Absolument, moi je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau que le jour où je l'ai
02:04dit,
02:05je l'ai dit sur scène d'ailleurs à l'époque, c'était dans les années 90,
02:08on m'avait même reproché de le faire d'ailleurs certains journalistes,
02:11elle m'avait dit, mais qu'est-ce que ça vient faire là, il n'y a pas besoin de
02:13raconter sa vie sur scène,
02:15donc ça perçoit qu'aujourd'hui c'est un peu l'inverse,
02:17mais en tout cas, ça m'a permis d'être mieux dans mes baskets,
02:22et c'est les conseils que je donne à mon partenaire sur scène,
02:25avant tout évidemment on essaie de faire rire, je crois qu'on y arrive d'ailleurs.
02:28Oui, pas mal.
02:29Ça fait beaucoup beaucoup rire, la pièce marche très bien,
02:33parce qu'on est même applaudi pendant les...
02:35C'est assez rare de voir ça, je suis trop content,
02:37parce que quand on écrit quelque chose, on n'a jamais de résultat immédiat évidemment,
02:41et savoir qu'on est interrompu par les applaudissements et les rires
02:43pendant le cours de la pièce, c'est assez rare pour être heureux et le vivre.
02:47Et c'est pas étonnant, il y a énormément de jeux de mots,
02:49et vous jouez aussi sur l'accent et les erreurs d'expression espagnole du personnage,
02:56je vous donne quelques exemples, comme sur des boulettes, une cage à latin,
03:00ou encore, j'aime bien te farcir, pour te faire une farce, effectivement,
03:03c'est pas exactement la même chose, et c'est vrai que ça s'y prête énormément.
03:06Oui, il y a des situations, et puis aussi de l'émotion.
03:08Le public qui vient en tout cas me dit souvent, on ne va pas tout dévoiler,
03:13parce que j'ai envie que le public, évidemment, ait des surprises encore en venant,
03:16à la comédie des Champs-Elysées, mais oui, il y a des moments aussi d'émotion,
03:21qu'on lit peut-être moins comme ça, mais quand on vient voir la pièce,
03:24je vous jure qu'il y a un moment où plusieurs personnes me disent,
03:28et c'est agréable pour moi à la fin de la représentation,
03:31ça compte pour nous, cette pièce, parce que ça nous aide.
03:36J'avais pas l'impression, j'avais pas le sentiment que c'était encore possible en 2026,
03:40bientôt 2027, mais oui, c'est encore compliqué parfois.
03:44Je cite pour les acteurs, on a parlé des chanteurs,
03:45mais pour les acteurs, c'est très difficile de citer un acteur
03:50qui a revendiqué le fait d'être homosexuel, dans le cinéma français, par exemple.
03:54Oui, c'est vrai que c'est pas...
03:56Vous ne pourriez pas en citer un ?
03:58Plus que des footeux, quand même, puisque vous en parlez, ça,
04:00dans le foot, ça n'existe pas...
04:03Pas beaucoup plus, la preuve, on est obligé dans la pièce d'aller chercher Jean Marais.
04:06Parce que j'en ai en tête, mais j'oserais pas les citer,
04:08parce que j'ai pas envie d'être stigmatisante.
04:10Mais c'est surtout qu'on n'est pas sûr que le public le sache.
04:12C'est-à-dire que vous, vous le savez, et c'est ce que je raconte dans la pièce.
04:16D'ailleurs, le tout Paris, et c'était vrai aussi pour Jean Marais à l'époque,
04:19Jean Marais et Jean Cocteau, c'était quelque chose de très connu dans tout Paris.
04:22Mais le grand public qui voyait Jean Marais dans Le Capitaine Fracas,
04:25ou autre conte de Monte Cristo, puisqu'il l'a fait aussi,
04:29à cette époque-là, je ne pense pas qu'il le savait.
04:31En fait, non, ça reste...
04:33Une fois qu'on a fait carrière, on le dit.
04:35Mais même des gens comme Jean-Claude Briali, ou Dave comme chanteur,
04:39ils le disent, mais ils le disent une fois qu'ils ont eu du succès.
04:41Pas pendant.
04:42Alors, on pourrait croire que vous avez choisi Vincent Niclot pour jouer votre partenariat,
04:46mais en réalité, vous a précédé dans le casting.
04:48Absolument.
04:48Ce n'était pas vous qui deviez forcément jouer ce rôle ?
04:51Qu'est-ce qui s'est passé, alors ?
04:51Je n'étais pas prévu.
04:53Et comment vous êtes arrivé dans la pièce ?
04:54J'ai été convaincu par Nicole Sonneville, l'attaché de presse de la pièce,
04:58Vincent Niclot lui-même, la metteuse en scène Anne Bourgeois.
05:02Et elles m'ont dit, parce qu'on cherchait, on était partis.
05:04On était même partis, les auditeurs qu'ils connaissent peuvent comme ça se rendre compte,
05:11on était partis sur Sébastien Thoen à un moment donné.
05:13Ah oui ?
05:14Ah oui ?
05:14C'est pas exactement...
05:16Et puis Thoen ne m'avait pas encore rendu sa réponse.
05:19On cherchait toujours.
05:20Il y a quelques comédiens qui nous avaient dit non,
05:22ou qui disaient, on réfléchit, on réfléchit.
05:24Et puis à un moment donné, voilà.
05:25C'est plus critique, finalement.
05:26Tout le monde m'a dit, mais fais-le toi.
05:29Et franchement, pas une seconde, je n'y avais pensé.
05:32D'ailleurs, si j'y avais pensé, j'aurais sûrement pas écrit ce rôle-là pour moi.
05:35Parce qu'il y a des choses, je ne peux pas dire quoi,
05:36mais il y a des choses dans la pièce qui ont été plus compliquées pour moi que pour un autre.
05:40Donc, bon, mais au final, je m'amuse beaucoup.
05:44Je ne regrette pas.
05:45C'est un choix incroyable, parce que j'ai du plaisir sur scène.
05:49Peut-être que je n'en avais pas eu depuis très très longtemps dans ce métier.
05:51C'est vrai ?
05:52Et vous chantez dans la pièce ?
05:53Chut, il ne faut pas le dire.
05:54Non, je ne peux pas le dire.
05:55Vous ne chantez pas, donc, voilà.
05:57C'est comme, il y a beaucoup de chansons,
06:00et c'est une sorte d'hommage à toutes les chansons aussi
06:02qui parlent de la difficulté de cacher son homosexualité.
06:05Oui, bien sûr.
06:06C'est vrai, c'est une manière aussi de rendre hommage à ces chanteurs
06:09qui ne sont pas tous homosexuels et qui ont évoqué cette difficulté-là.
06:13Absolument, parce que ça reste quand même une difficulté.
06:17Comme on dit, ça dépend des milieux, des pays et des époques.
06:21En France, on pourrait croire que c'est simple aujourd'hui,
06:23mais ça ne l'est toujours pas.
06:25Même si, heureusement, c'est beaucoup plus facile qu'avant.
06:28Bien sûr, on ne peut pas nier qu'il y a eu un progrès.
06:30Mais attention, au retour en arrière, on sait que ça existe et que c'est possible aussi.
06:33Bon, du coup, je ne peux pas vous demander de chanter.
06:35Vous n'allez pas chanter, en fait.
06:36Non, mais je chantonne dans la pièce.
06:37On s'en aperçoit très vite, mais rien de très important.
06:40Vous écoutez quoi, vous ?
06:41Sinatra, Barbara et Chad Baker, ou plutôt Dalida, Mylène Farmer, Nana Mouskori ?
06:46Ni les uns, ni les autres.
06:48C'est vrai ?
06:48Mais j'écoute Marie Laforêt, ce n'est pas très loin.
06:51D'accord.
06:52Je ne suis pas très jazz.
06:53Je veux bien aller dans un club de jazz avec des amis, comme ça, pour passer une soirée,
06:57mais je n'ai pas de disque de jazz que j'écouterai à la maison.
07:00Et je ne suis pas non plus Mylène Farmer.
07:02Je ne rentre pas dans beaucoup de cases, en fait, pour tout dire.
07:05Je n'aime pas trop le côté communautaire.
07:07Donc, curieusement, parce que cette pièce, on pourrait croire qu'elle l'est,
07:10mais elle n'est pas tant que ça.
07:11C'est une pièce, on va dire, à la fois LGBT++, mais aussi grand public.
07:17Parce que moi, en fait, je ne cherche pas à convaincre les convaincus.
07:21Ça ne sert à rien de convaincre les convaincus, ils le sont déjà.
07:23Je cherche à faire évoluer ceux qui en ont encore besoin.
07:28Comment vous faites pour animer les grosses têtes pendant 2h30 tous les jours,
07:32pour être au théâtre du mercredi au samedi soir et le dimanche après-midi ?
07:36Jamais fatigué, jamais lassé, jamais blasé ?
07:39Peut-être que si la pièce ne fonctionnait pas comme elle fonctionne,
07:42je serais peut-être fatigué à l'idée d'aller au théâtre.
07:44Mais quand ça marche, il n'y a aucun souci.
07:47On est porté par le succès, on est porté par les rires, par les applaudissements,
07:50le public, la géate, à demain soir.
07:52Aujourd'hui, c'est relâche.
07:53Oui, les vardés.
07:55Je fais une exception pour vous.
07:57Merci, c'est moins fatigant de venir me voir.
07:59Même pour les grosses têtes, j'enregistre deux émissions le lundi,
08:03celles du lundi et du mardi.
08:04Ça me permet effectivement d'avoir une journée de relâche.
08:07Parce qu'autrement, le week-end est très très chargé,
08:08puisqu'on fait deux représentations le samedi, une le dimanche.
08:11Donc, je n'aurai aucun jour de repos si je n'avais pas relâche le mardi.
08:14Et le luxe, c'est de ne travailler qu'avec des gens que vous aimez, que vous appréciez ?
08:18Oui, et puis d'être heureux.
08:19Vous qui êtes journaliste, j'ai tenté cette aventure sur BFM pendant trois mois à un moment donné.
08:24Là, j'y allais avec des semelles de brons.
08:26C'était un cauchemar pour moi.
08:28J'ai vécu un cauchemar pendant trois mois.
08:30Et là, on a l'impression qu'on va mourir tellement le travail vous pèse.
08:35Non mais vraiment.
08:37Parce que je faisais autre chose.
08:38Je continuais aussi à faire les grosses têtes et des tas d'autres choses.
08:40Là, pas du tout.
08:41À partir du moment où on est heureux,
08:43le plus compliqué, en fait le plus difficile au théâtre, c'est les répétitions.
08:47Parce que ça prend beaucoup de temps.
08:48On répète pendant plusieurs semaines.
08:49On n'a pas tout de suite le résultat du public.
08:51Mais une fois que ça a commencé et que ça marche, ça n'est que bonheur.
08:54Après, ça roule.
08:55En tout cas, moi, je suis très heureuse de venir travailler à RTL
08:58pour vous inviter et vous entendre parler de cette pièce de table.
09:04Chante et tais-toi.
09:05C'est à la comédie des Champs-Elysées.
09:07Vous restez avec nous ?
09:08Oui, d'accord.
09:09Dans un instant, Pierre Coplot est l'info qu'on a failli manquer.
09:11En plus que votre ami Florian Gazon est parti en vacances.
09:14Ce seront des chiens soldats qu'un milliardaire veut cloner pour l'armée américaine.
09:18Le petit phénomène d'Emma Guessel, c'est la mode des cagoules.
09:21Enfin, Tanguy Pastureau défait l'info sur RTL.
09:23A tout de suite.
09:26Bonne soirée sur RTL.
09:28Autour de nous est ce premier instant de douze jours.
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