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  • il y a 5 jours
Transcription
00:00Un flic porté sur la gâchette, une petite ville portuaire à feu et à sang et des aliens transformistes, c
00:05'est le menu de Hope, le quatrième long-métrage du sud-coréen Na Hongjin.
00:25La compétition du festival de Cannes est souvent l'occasion de découvrir des films assez graves, très très très sérieux,
00:32voire trop sérieux.
00:33Quand il y a un film de genre qui arrive à se glisser au milieu des drames sociaux ou géopolitiques,
00:37on est souvent assez content.
00:38Ça a été le cas cette année avec la présentation du quatrième film du coréen Na Hongjin, qui s'appelle
00:44Hope.
00:44Na Hongjin est apparu à la fin des années 2000, plus précisément 2008, avec le film The Chaser, qui était
00:50un polar assez sanglant.
00:51Et ça donnait un petit peu le ton de son œuvre à venir, à savoir un cinéaste qui n'a
00:55pas peur de mélanger les genres.
00:57C'est le cas de beaucoup de cinéastes coréens, mais alors lui, il pousse le vice assez loin à la
01:00matière.
01:01Une grande virtuosité de mise en scène et une certaine violence, même très affirmée, dans les images.
01:10Alors ça me l'a très bien dit, il ne se passe si souvent qu'on se maracane.
01:13Et là, je dois dire que le film a surpris tout le monde en compétition par le caractère ludique du
01:19film,
01:20qui est une sorte de blockbuster absolument gratuit.
01:22C'est-à-dire, c'est effectivement un peu les uns-uns de l'espace, mais c'est une sorte
01:25de space mountain jusqu'au boutiste,
01:29puisque Na Hongjin est quelqu'un qui aime étirer au maximum, faire durer les films, les scènes, et pousser tous
01:36les curseurs au max.
01:37C'est-à-dire que quand il fait une course-poursuite, il veut vous faire l'aller, le retour, le
01:41re-retour,
01:42la vengeance du retour de l'aller qui défonce tout le village.
01:46Et ce qui est assez génial, c'est que comme il le fait en décor naturel,
01:49c'est-à-dire qu'ils sont allés dans un petit village dont ils ont un peu modifié les façades,
01:53etc.,
01:54pour tourner des scènes avec des vraies voitures, des vrais acteurs, etc.
01:57Et ensuite, ils sont allés dans une forêt pour retourner à nouveau des scènes de poursuites, de cascades,
02:03de gens qu'on envoie valdingués à 100 mètres de haut, etc.
02:07Il y a quelque chose d'extrêmement emballant, d'extrêmement réel, très organique finalement dans le film,
02:14même s'il y a des effets spéciaux assez formidables.
02:17Alors, c'est le blockbuster le plus cher jamais tourné en Corée.
02:21On voit bien que ça pourrait peut-être devenir une saga, personnellement je le souhaite,
02:25mais en même temps, si le film reste comme ça, c'est assez parfait en fait,
02:28parce qu'il y a une fin dont on ne dira rien, si ce n'est qu'elle est folle
02:31dingue,
02:32et qu'elle remet tout en perspective.
02:34C'est-à-dire qu'on a suivi un point de vue à peu près tout du long du film,
02:39et tout à coup, le point de vue change complètement, ça réécrit l'histoire,
02:43ça fait revisiter tout ce qu'on vient de contempler pendant deux heures et demie.
02:49Na Hong Jin fait par exemple un truc très inattendu,
02:52il y a très peu de caractérisation des personnages,
02:55c'est-à-dire qu'on est vraiment à l'inverse d'un blockbuster,
02:58où on va vous faire aimer le personnage, on va vous raconter sa vie, sa petite enfance,
03:02et puis chez lui il a une femme, ou une petite mère, ou une petite cousine qui l'attend, etc.
03:05Mais là on ne sait rien, à part que les gens sont dingos, qui disent plein de gros mots,
03:09que parfois ils ont la trouille, ils courent, ils se jettent dans la bagarre,
03:13ils tirent à travers des portes, et donc c'est une sorte comme ça de fête foraine permanente,
03:18qui est assez emballante, je dois dire.
03:19Oui, il y a la fête foraine, il y a le côté jeu de massacre,
03:21et on sent que le réalisateur s'est vraiment beaucoup amusé à concevoir ce décor assez dingue,
03:26un décor naturel qui doit faire plusieurs hectares pour le théâtre de toutes ses courses poursuites,
03:31et surtout après l'avoir construit, le démolir avec une minutie assez impressionnante.
03:34C'est assez fou, on voit rarement ça en fait au cinéma, cette espèce de jubilation à tout casser.
03:39Il y a aussi un humour qui est parfois extrêmement scato,
03:43ça c'est une haute spécialité des cinéastes coréens, de Na Hong-jin en particulier,
03:47et là on y va gaiement.
03:48Et puis il y a une énorme surprise aussi, parce qu'on voit au générique,
03:51il y a quand même deux superstars internationales,
03:53qui sont Michael Fassbender et Alicia Vikander,
03:56on se dit mais quand est-ce qu'ils vont apparaître, quand est-ce qu'ils vont apparaître ?
03:58Ils finissent par apparaître, mais alors vraiment pas du tout,
04:01comment penser les voir apparaître ?
04:02Ça c'est aussi un des grands plaisirs du film.
04:05Effectivement on pourrait penser que le film est un peu trop gratuit,
04:08c'est vrai que par rapport à un cinéaste comme Bong Joon-ho,
04:11qu'il y a toujours un arrière-plan social derrière le fun,
04:15bon là effectivement on n'est que dans du fun,
04:17il n'y a pas grand chose de plus que ça, mais c'est déjà énorme.
04:20Petit bémol aussi sur le film, c'est un peu le péché mignon de Na Hong-jin dans tous ses
04:23films,
04:23mais c'est toujours un peu trop long.
04:24Le film fait 2h40, ça court partout, ça court tout le temps, ça fait beaucoup de bruit,
04:28le film est un peu épuisant au bout d'un moment, et je trouve que moi la dernière course-poursuite,
04:32aussi virtuose soit-elle, un petit peu, au bout d'un moment je commence à en avoir un petit peu
04:36assez.
04:36Il faut quand même noter que c'est extraordinaire, en 2026,
04:40après 722 000 films sur des aliens, d'arriver à étonner encore avec des créatures.
04:47Moi je les trouve sublimes ces créatures, elles sont vraiment, voilà,
04:50elles sont à la fois belles, terribles, changeantes, originales.
04:54Et oui, c'est trop, d'accord c'est trop, mais moi je veux bien qu'ils m'épuisent Na
04:58Hong-jin.
04:59Hope, ça explose dans tous les sens, et c'est bien.
05:01Hope, c'est zinzin, c'est très bien.
05:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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