- il y a 9 minutes
"Dog Star", "Heart of the Beast", "Histoire de la nuit", "L’Odyssée", "Supergirl", "Black Dog", "Good Boy", "Sirat", "Anatomie d’une chute", "Chien de la casse", "Le procès du chien". Dans tous ces films, il y a un chien.
Ce n’est pas toujours le personnage principal mais tout de même, ça fait beaucoup de bêtes à poils.
Alors pourquoi le cinéma aime-t-il autant les chiens ? Pourquoi eux plutôt que les chats ? Et surtout : qu'est-ce qu'un chien permet de raconter qu'un humain ne permet pas ?
Ce n’est pas toujours le personnage principal mais tout de même, ça fait beaucoup de bêtes à poils.
Alors pourquoi le cinéma aime-t-il autant les chiens ? Pourquoi eux plutôt que les chats ? Et surtout : qu'est-ce qu'un chien permet de raconter qu'un humain ne permet pas ?
Catégorie
🦄
Art et designTranscription
00:00Quand j'étais petite, j'avais une obsession.
00:02Beethoven.
00:03Pas le compositeur, mais lui.
00:05D'après mes parents, je regardais en boucle ce gros Saint-Bernard.
00:08Aider à sortir des chiens d'un laboratoire.
00:13Manger des hamburgers.
00:16Détruire une maison.
00:21Cet amour pour les films avec un chien,
00:23j'aurais pu mettre ça sur le compte de mes goûts douteux d'enfants des années 90.
00:26Mais 30 ans plus tard, il y a toujours autant de films avec des chiens.
00:30Et j'aime toujours autant ça.
00:31Dog Star, Earth of the Beast, Histoire de la nuit, L'Odyssée, Supergirl, Black Dog,
00:36Good Boy, Sirat, Anatomie d'une chute, Chien de la casse, Le procès du chien, Les feuilles mortes.
00:41Ce n'est pas toujours le personnage principal.
00:44Mais tout de même, ça fait beaucoup de bête à poil ces dernières années.
00:47Alors pourquoi le cinéma aime autant les chiens ?
00:49Pourquoi eux et pas plutôt les chats ?
00:52Et surtout, qu'est-ce qu'un chien raconte mieux qu'un humain au cinéma ?
00:55Pour comprendre, il faut retourner un siècle en arrière.
00:57Nous sommes dans les années 20, le cinéma est encore muet
01:00et les premières grandes stars à quatre pattes commencent à apparaître.
01:03Le contexte compte, on sort de la Première Guerre mondiale
01:05où les chiens ont été messagers, sentinelles et même compagnons de soldats.
01:09Et on est aussi à une période où le chien prend de plus en plus de place dans les familles
01:13américaines.
01:14Et Hollywood va très vite comprendre ce potentiel.
01:16Le succès d'une vie de chien de Charlie Chaplin, sorti en 1918,
01:19et qui suit Charlot et son chien Muth dans de drôles d'aventures, ouvre une brèche au cinéma.
01:25Brèche dans laquelle s'insère Rintintin et Strong Heurt,
01:28deux bergers allemands dépeints comme des chiens héros dans des dizaines de films.
01:32Rintintin devient une superstar.
01:34Il est beau, fort, court partout et sauve les humains de n'importe quelle situation critique.
01:38Les dresseurs existent déjà, alors on lui apprend à plisser les yeux, pencher la tête,
01:43sauter dans le vide ou encore tomber sur commande.
01:52Et puis contrairement aux acteurs, les chiens ça ne parle pas.
01:55Désolée de vous l'apprendre.
01:56Mais du coup, c'est beaucoup plus facile de les idolâtrer.
01:58Car ils ne peuvent pas dire de bêtises en pleine antenne
02:01ou encore se retrouver dans des tabloïds alors qu'ils ont trompé leur femme.
02:04La combinaison de toutes ces choses fait que Rintintin devient une star.
02:07Quand je dis une star, c'est vraiment une star.
02:10On raconte sa vie privée dans des magazines,
02:12il participe à des événements, reçoit du courrier de fans.
02:14Ses films rapportent tellement d'argent qu'ils contribuent même à sauver Warner Bros. de ses difficultés financières.
02:19La légende raconte même qu'il gagnait jusqu'à 6 000 dollars par mois,
02:22qu'il avait un collier de diamants et qu'il a failli gagner l'Oscar du meilleur acteur en 1929.
02:27Bon, pour tout ça, l'épreuve manque un peu.
02:30Avant Lassie, Beethoven ou encore Messi dans Anatomie d'une chute,
02:33le cinéma avait bien compris une chose, un chien peut devenir une vraie célébrité.
02:38Mais il y a quelque chose qui cloche.
02:39Si le cinéma aime les chiens parce qu'ils font partie de nos vies,
02:43partagent des histoires avec nous,
02:44alors pourquoi pas les chats ?
02:46Parce que oui, à l'échelle mondiale, les chats et les chiens sont quasiment au même niveau de présence dans
02:51les foyers.
02:52Alors qu'au cinéma, ils n'occupent pas du tout la même fonction.
02:55Et pour comprendre pourquoi, il faut regarder sur les lieux de tournage.
02:58En fait, un chien, c'est facile avec des ordres d'obtenir des choses.
03:02Et donc, un chien bien dressé, entre guillemets, va accomplir les ordres.
03:07Alors qu'un chat, c'est totalement dans la subtilité, dans le monde subtil des énergies.
03:12Donc, en fait, s'il y a, par exemple, déjà des mauvaises énergies sur un plateau, ça ne marche pas.
03:15On a eu deux mois de préparation avec Raphaël Kenard.
03:17Donc, il venait deux après-midi par semaine en bas de chez moi.
03:22Et on faisait beaucoup de choses dehors, dans une allée où il n'y avait pas de voiture, aussi dans
03:25le parc.
03:25Donc, on a répété énormément les scènes d'attaque, on a réparti toutes les scènes où il le suit.
03:31Surtout, essayer de créer un lien.
03:32Parce que pour moi, le lien avec la nourriture, c'est quelque chose qu'on va utiliser plutôt sur le
03:35plateau pour aller un peu plus vite.
03:37Mais en fait, l'idée, c'est d'avoir un lien affectif avec un animal.
03:39Donc, déjà, il a une confiance en moi.
03:41Donc, après, j'installe la confiance avec le comédien.
03:44Et après, l'idée, c'est que moi, je m'efface pour qu'il ait un lien avec le comédien.
03:47Si c'est son chien dans le film, par exemple, il faut que j'apprenne à m'effacer.
03:50Et dans « Chien de la casse », c'est vraiment ce que j'ai fait.
03:55Je suis derrière la caméra, mais j'essaie de m'effacer au maximum dans ma tête
03:58pour qu'il reste avec Raphaël, qu'il y avait un petit jouet dans la poche.
04:02Donc là, on n'est pas sur la friandise, on est sur le petit jouet.
04:05Donc, ça dépend du caractère de l'animal aussi.
04:08« Balababa » et « Ababar ».
04:09« Balababar » et « Balababa » aussi, on partage.
04:13C'est important de partager.
04:16Voilà. Allez, pas touché, assis.
04:19C'est bien. Tu veux juste t'abonne ?
04:22Pas touché, malabar.
04:25Allez, moi, là-bas.
04:27Allez, écoute-toi.
04:28Tu vas bien la chercher, là ?
04:29Oui, oui, oui.
04:31Allez, chope !
04:34Chope !
04:35Contrairement à ce que j'imaginais, tourner avec un chien,
04:37ce n'est pas simplement lui faire exécuter des ordres.
04:39Et c'est là qu'on trouve une partie de la réponse.
04:41Parce qu'en fait, quand on met un chien devant une caméra,
04:43il se passe quelque chose de différent qui est semblable à du jeu.
04:47Je pense que c'est vraiment comme les gens, c'est des caractères.
04:49C'est-à-dire que ceux qui ont ce caractère-là,
04:50ils ont envie de faire ça parce que ça leur change d'un quotidien,
04:54parce qu'ils sont très intelligents.
04:55Et donc, un quotidien, toujours pareil,
04:57les chiens aiment ça, mais ça ne les stimule pas.
05:01Alors qu'une expérience du cinéma, c'est plein de gens différents,
05:03plein d'odeurs, plein d'actions à réaliser,
05:06être avec son maître, faire des choses.
05:08Et les chiens qui ne sont pas les miens,
05:10c'est un peu mes chiens, parce que là, on fait un transfert,
05:12les maîtres me les confient.
05:14Et du coup, ils se disent, ouais, on va faire plein de jeux.
05:17En gros, c'est ça.
05:19Donc, il n'y a pas de contraintes.
05:21C'est là que j'essaie d'expliquer,
05:22bah oui, là, les animaux ne sont pas malheureux.
05:24Ils sont heureux parce que ça correspond à leur caractère.
05:26Par contre, si on prend un chien absolument timide, craintif,
05:28je ne vais pas l'emmener sur un tournage.
05:29Ça n'a aucun sens.
05:30Il sera malheureux.
05:31Pareil pour un chat qui met la queue sous la table.
05:36Si je rentre dans une pièce et que le chat va se mettre sous un canapé,
05:39je sais qu'il ne peut pas faire du cinéma.
05:41C'est un indicateur immédiat.
05:43En janvier dernier, au Astra Awards,
05:45les critiques de cinéma et de la télévision américaine
05:47ont d'ailleurs remis le prix de la meilleure performance
05:50dans un film d'horreur ou un thriller à un chien.
05:53Indy, l'acteur principal du film Good Boy.
05:56Et c'est la première fois que ça arrivait.
05:58On l'a vu, il y a tout un travail pour le chien
06:00sur un plateau de tournage.
06:02Mais qu'en est-il de ses conditions et de son bien-être ?
06:04À Hollywood, le chien est un peu perçu comme un roi.
06:07Et il est très bien pris en charge.
06:09Alors qu'en France, on a mis un peu du temps à s'y mettre.
06:11Il y a quelques années, un dresseur a été épinglé pour maltraitance.
06:15Et peu à peu, le milieu du cinéma a commencé à prendre en considération
06:18le bien-être animal sur les tournages.
06:21Idéalement, ce serait six heures maximum sur un plateau.
06:23Ce n'est pas donc six heures de jeu, mais six heures sur un plateau.
06:25Souvent, c'est plutôt huit.
06:26Parfois, ça a été dix.
06:28Mais donc l'idée, là, c'est qu'on essaie de pénétrer dans une zone
06:30où l'animal va être là dorénavant, dans cette époque qui est quand même là-dessus
06:35un peu plus cadré.
06:37C'est-à-dire d'avoir six heures maximum sur un plateau, parce que ça fatigue.
06:39C'est ce que j'expliquais récemment sur un tournage.
06:41Ce n'est pas parce qu'il a une loge.
06:44Moi, je demande toujours une loge à un endroit fermé pour qu'il ne soit au calme,
06:46pas en interaction avec les autres, qu'il n'est pas fatigué de ne pas être chez lui.
06:51Donc, du coup, moi, j'essaie de faire une demi-heure, 40 minutes de tournage
06:55et ensuite 20 minutes de pause, etc.
06:58Enfin, d'avoir toujours des espaces de liberté pour qu'il allait faire ses besoins,
07:02pour qu'il puisse se détendre, pour qu'il ne soit pas toujours fixé sur un plateau.
07:05Laetitia Doche, réalisatrice du film Le procès du chien,
07:08dans lequel il y a un chien comme personnage principal, nous donne son point de vue.
07:12Ce n'est pas une diva, mais c'est super précis.
07:14Ce n'est pas plus de quatre heures par jour.
07:17C'est sa loge.
07:20Ce n'est pas plus d'une heure et demie par phase de travail.
07:24C'est sur un tribunal.
07:25Donc, moi, j'avais 80 figurants.
07:27Tout le monde, toute l'équipe n'a pas le droit de le toucher
07:29ni de le regarder dans les yeux pour ne pas le distraire, en fait,
07:33pour qu'il reste concentré.
07:35Et il est venu avec tous ses copains chiens, en fait,
07:37avec qui il allait faire des balades toutes les heures.
07:40Il fallait vraiment suivre son rythme.
07:42Mais ce que ça apporte sur un tournage, c'est que c'est quand même une mascotte.
07:45Les gens au tribunal, quand ils faisaient ces trucs,
07:48qu'ils sautaient sur les touches, ils étaient fous.
07:51Ils applaudissaient après chaque prise.
07:53Et c'est là qu'on voit que le chien, c'est un acteur.
07:55Parce que le chien, dès qu'on dit couper ou que les gens applaudissent,
07:59il sort du jeu.
08:00Même quand il est en colère, il se met à bouger la queue, à rigoler.
08:03Donc il sait qu'il est dans la fiction, en fait.
08:06Cosmos va être le premier chien à être jugé responsable de ses actes
08:09dans le premier procès de chien depuis le Moyen-Âge.
08:10Écoutez-moi, personnellement, j'adore les chiens.
08:12C'est elle qui défend la femme mordue.
08:13Mais ce chien, il est méchant.
08:15Attention.
08:16Toupie, toupie, toupie.
08:35Les facilités du chien au cinéma ne veulent pas forcément dire
08:38qu'on ne peut pas tourner avec d'autres animaux.
08:40On peut tourner avec des chats, on peut tourner avec des lions, des tigres et même des rats.
08:43Mais des millénaires de cohabitation ont rendu le chien attentif à nos faits et gestes
08:48et à nos sentiments.
08:49Et pour un tournage, c'est extrêmement pratique.
08:52Mais la praticité n'est pas le seul élément de réponse.
08:54Parce que le chien a deux gros atouts cinématographiques.
08:58Il fait des choses devant une caméra et on peut lui faire dire beaucoup de choses devant une caméra.
09:02Je pense que vous avez compris, mais au cinéma, un chien est rarement seulement un chien.
09:06Le fait de passer par un chien, c'est le chien qui symbolise tout ça en fait.
09:12Tout ce qui est autour de lui, qui le menace ou qui le pousse.
09:18Ça permet de toucher les gens, il me semble.
09:21Parce qu'un chien, c'est vraiment le meilleur ami de l'homme.
09:24On est tous amoureux des chiens.
09:25Et ça permet en fait de symboliser, d'incarner plein de messages en vrai.
09:32Les étrangers, les déclassés sociaux, toutes les autres espèces qu'on traite mal.
09:39Transmettre des émotions au public, c'est le point central de la présence du chien au cinéma.
09:43Et il y a tout un imaginaire collectif autour de l'animal.
09:46La loyauté, le courage, l'amitié.
09:49On l'a vu dans les années 20, Rintintin avait un statut de héros.
09:52Son rôle était beaucoup centré autour de l'action.
09:54Et c'était d'ailleurs très souvent des bergers allemands à cette époque.
09:56Lassie, un peu plus tard, a aussi eu ce statut de chien héros.
09:59Puis dans les années 80 et surtout 90, le chien est devenu un membre de la famille.
10:03Comme un marqueur social.
10:05Dans ces films-là, c'était souvent des gros chiens, des labradors, des golden,
10:08qui permettent de véhiculer l'image d'une famille très soudée, qui se veut très proche de nous.
10:12Même si très souvent, c'était une famille américaine blanche et avec les moyens.
10:15Tout ça, c'est exactement ce que je regardais sans le savoir dans Beethoven.
10:19Certes, le chien fout un bordel monstre dans la maison,
10:22mais il sert à ressouder la famille.
10:24Je vous l'accorde, c'est un peu cucu.
10:26À notre époque contemporaine, le chien, c'est davantage un révélateur émotionnel.
10:29Il va nous montrer la vie d'un couple, comme dans Marley et moi,
10:32nous montrer l'amitié et l'entraide, comme dans Je suis une légende,
10:35ou encore être le point central d'une prise de conscience, comme dans Anatomie d'une chute.
10:39Le chien fait souvent donc passer un message, mais il joue aussi sur notre corde sensible.
10:43Sa présence peut nous faire pleurer, stresser et parfois même avoir peur.
10:47Car oui, on n'en a pas encore parlé et on a un peu éludé le sujet,
10:50mais souvent, quand on voit un chien dans un film, on se dit que potentiellement, il peut mourir.
10:55On se pose souvent la question, est-ce que c'est vraiment nécessaire de faire mourir un chien au cinéma
10:59?
10:59Qu'est-ce que ça apporte au propos du film ?
11:01Est-ce que c'est juste un accessoire ou est-ce que ça a un vrai sens ?
11:04Attention, on va complètement spoiler la fin du film, le procès du chien,
11:08parce que oui, le chien meurt.
11:10Et Laetitia Doche, la réalisatrice, nous explique pourquoi elle a pris cette décision.
11:13Nous, on voulait qu'il meure, parce que dans la vraie histoire, il est mort.
11:16Et donc, on a joué sur la corde sensible,
11:20parce qu'on pensait que c'était que ça qui allait créer le plus d'effet de réflexion philosophique, en
11:25fait.
11:27Que c'était le plus réel aussi.
11:29Mais ça m'a été beaucoup reprochée de faire mourir le chien.
11:33Donc, pour les spectateurs qui voient l'interview, ils vont voir qu'il est mort, mais ce n'est pas
11:37grave.
11:37Le film, il n'est pas sur ça.
11:41Mais oui, je sais que ça m'a été énormément reprochée de faire mourir le chien,
11:45dans le sens, comme une manipulation du spectateur,
11:50parce que c'est facile, c'est comme si je faisais mourir un enfant, par exemple.
11:54Loin de moi, cette idée.
11:55La mort était importante pour le message à passer,
11:58donc il fallait jouer sur la corde sensible pour le message,
12:00mais comme un film normal, on est manipulé dans un film.
12:03On vous dit que ça va être une fin heureuse, une fin malheureuse.
12:05Pour certaines raisons, c'est choisi.
12:07On accepte à être manipulé quand on est spectateur.
12:09Je pense que la mort de l'animal au cinéma implique cette vision
12:14qu'on élude beaucoup, qu'on ne veut pas affronter.
12:18C'est pour ça que ça fait mal, c'est pour ça que les gens n'aiment pas certains films,
12:21parce que ça va les mettre face à leur propre mort.
12:23Et l'animal, d'ailleurs, quand on perd un animal de compagnie,
12:26c'est une violence absolue, parce que c'est très brut.
12:29Et donc, je pense que ça fait partie de l'émotion au cinéma.
12:35Mais après, il ne faut absolument pas que ça soit utilisé à chaque fois.
12:38C'est assez compliqué.
12:40Moi aussi, ça me fait mal de les voir mourir au cinéma.
12:47On vient d'expliquer plein de choses sur la présence du chien au cinéma,
12:50mais on n'a pas du tout parlé de l'impact du cinéma sur le chien.
12:53Parce que oui, forcément, le cinéma change notre façon de percevoir les chiens.
12:57Une étude américaine a même été jusqu'à faire le lien
12:59entre la sortie de certains films et les demandes d'adoption entre 1930 et 2004.
13:04Et certaines races de chiens ont connu un bon significatif après la sortie d'un film.
13:09C'est le cas des chiens qu'on a appelés les chiens héros,
13:11comme Rintintin, Lassie ou par exemple celui de Je ne suis pas une légende.
13:14Mais étonnamment, ce n'est pas du tout le cas pour les chiens de films d'animation.
13:18C'est des films qui sont beaucoup regardés par des petits-enfants
13:21et ce n'est pas forcément eux qui ont les décisions du foyer familial.
13:24Et c'est aussi des films où il y a souvent une opposition entre les chiens et les humains.
13:28Et ça crée des différences au lieu de créer des liens.
13:30On a l'impression que tout le monde aime les chiens dans les films,
13:33mais il y a quand même quelques reproches qui leur sont donnés.
13:35Certaines personnes trouvent que l'image des chiens est très souvent trop lissée.
13:39Avec ce genre de film, ça peut forcément donner envie d'avoir un chien chez soi.
13:42Sauf qu'en réalité, ça ne montre pas vraiment l'investissement quotidien que ça peut demander.
13:46Bon, on ne réclame pas non plus des films comme Cujo ou comme dans la série Game of Thrones,
13:51mais il y a peut-être parfois un entre-deux à aller chercher.
14:00Alors, si on dresse le bilan, pourquoi il y a autant de chiens au cinéma ?
14:04Parce qu'ils sont faciles à diriger, parce qu'on peut très vite lire leurs gestes,
14:07parce qu'en un seul plan, ils peuvent nous faire comprendre que le personnage est seul,
14:10en détresse ou très heureux.
14:12Et surtout, parce qu'on projette énormément de choses sur eux,
14:14la fidélité, le courage, l'amour inconditionnel, l'amitié.
14:18Le cinéma n'a pas inventé notre amour pour les chiens,
14:21mais depuis Rintintin, il a su exactement comment l'utiliser.
14:24Et moi, 25 ans après avoir regardé Beethoven en boucle,
14:27je comprends enfin pourquoi ce Saint-Bernard me fascinait autant.
14:30Enfin presque.
14:48Merci.
14:48Merci.
Commentaires