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  • il y a 8 minutes
Elle évoque à propos du mouvement de blocage des lycées "des individus qui ont la volonté de commettre des violences", et salue le courage des policiers.

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Transcription
00:00Bonjour Agathe Foucault, vous êtes la porte-parole de la police nationale, est-ce que vous vous attendez vraiment à
00:05un week-end plus calme ?
00:07Alors le week-end devrait être plus calme puisque nombreux des lycéens n'iront pas en cours ce week-end
00:13naturellement
00:14et nous serons mobilisés dès lundi matin naturellement pour assurer des dispositifs de sécurisation et d'intervention en cas de
00:20besoin.
00:21Parce que vous pensez que le mouvement va reprendre dès lundi matin même si l'appel concerne la mobilisation de
00:25mardi pour l'instant ?
00:26Le mouvement dure depuis une semaine, il avait débuté vendredi de la semaine précédente.
00:32Effectivement il y a un appel à mobilisation mardi et donc nous serons présents également lundi matin.
00:36Rien à signaler sur les dernières heures écoulées ?
00:39Alors vous l'avez vu sans doute sur les réseaux sociaux, déjà il y a eu l'incendie d'un
00:43collège à Metz.
00:45L'enquête permettra de déterminer les circonstances.
00:48Cette nuit ?
00:48Il y a eu un incendie cette nuit, oui.
00:50Et bien nous en saurons plus effectivement dans les prochaines heures.
00:53Le ministre, je le disais, parle de 5000 interpellés tout au long de la semaine.
00:5685% sont des mineurs selon lui. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ces profils justement
01:01?
01:02Alors on a des profils effectivement d'individus qui sont mineurs, qui sont extrêmement mobiles
01:06et qui font preuve de grandes violences à la fois dans les dégradations qu'ils commettent.
01:11On l'a vu, des dégradations de collèges, de lycées qui sont incendiés, de véhicules de marins-pompiers.
01:16Mais également dans la violence qu'ils commettent vis-à-vis des personnes, des policiers,
01:19et également des enseignants et des lycéens entre eux, puisqu'on a un certain nombre de blessés parmi les lycéens.
01:26Pour nombre d'entre eux, ils sont blessés par leur action même ou celle d'autres manifestants.
01:30Ce sont majoritairement des lycéens ou plutôt des casseurs qui viennent se greffer sur la mobilisation comme on a pu
01:35en voir ces derniers jours ?
01:36C'est toute la difficulté du dispositif pour nous, c'est qu'on a à la fois des lycéens qui
01:40vont être un peu suiveurs,
01:42qui se rendent sur les mouvements sans volonté particulière de commettre des dégradations ou des violences,
01:47et puis des individus qui viennent, qui se rajoutent, qui sont trouvés porteurs lors des contrôles,
01:51d'objets qui laissent à penser tout naturellement qu'ils viennent pour commettre des dégradations ou des violences.
01:55Quel genre d'objet ?
01:56On l'a diffusé sur les réseaux sociaux de la police nationale, mais ce sont des parties d'échafaudage, des
02:01haches,
02:01des cocktails Molotov constitués dans des bouteilles, donc des objets vraiment qui permettent naturellement de penser
02:08qu'ils vont commettre des infractions et ils s'en servent, nous les interpellons.
02:11C'est ce qui fait notamment dire au gouvernement qu'on est passé au stade désormais des violences urbaines.
02:15Qu'est-ce que ça change dans votre réponse ?
02:18Lorsqu'on intervient en manifestation, la police nationale, on intervient dans un cadre qui est défini,
02:22on accompagne les manifestants, là on est dans un cadre de violences urbaines,
02:26et donc nous intervenons dans un cadre légal, réglementaire qui est différent.
02:29Nous intervenons pour interpeller et pour faire cesser les infractions.
02:33Ça change vos équipements ?
02:35L'équipement, le maintien de l'ordre s'adapte et est gradué nécessairement.
02:38On l'a vu sur les images des derniers jours, effectivement, on a des policiers qui vont s'équiper,
02:43pour certains, qui vont mettre une cagoule parce que lorsqu'on est victime d'objets incendiaires,
02:46nous devons nous protéger pour continuer à intervenir.
02:49Je vous pose la question parce qu'évidemment, vous l'avez entendu,
02:51il y a un débat aujourd'hui sur la façon dont vous répliquez face à cette contestation.
02:55On a vu ces images d'adolescents violentés, blessés par des forces de l'ordre.
02:58Écoutez le député LFI de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel, hier sur France Info.
03:02Est-ce que vous avez vu le décalage entre un lycéen de 16, 17, 18 ans, parfois plus jeune,
03:07d'accord, qui absolument n'est pas protégé, et les policiers qui leur sont envoyés en face ?
03:11Agathe Foucault, Éric Coquerel parle de décalage.
03:14Est-ce qu'il n'y a pas une difficulté pour les forces de l'ordre face à une foule
03:18d'ados
03:18qui peut être imprévisible parfois ?
03:20Aujourd'hui, on a surtout devant nous des individus, qu'ils soient mineurs ou non,
03:26qui ont des volontés de commettre des violences.
03:28Il est donc évident que...
03:29Pas seulement.
03:30Il y a aussi une foule de lycéens qui vient manifester avec des revendications, sans violence.
03:34Bien sûr.
03:35Notamment, c'est ce qu'on a pu constater au début du mouvement.
03:38Et on l'a vu, les policiers ont fait preuve vraiment de grande résilience,
03:41avec un maintien à distance qui était possible et qui était nécessaire.
03:45On a aujourd'hui des individus qui viennent au contact des policiers, qui commettent des dégradations.
03:50Et notre métier en tant que policier sur le terrain, c'est d'interpeller tant pour ceux qui commettent des
03:55dégradations
03:55que pour les individus qui prennent à partie soit des policiers, soit également des personnels du corps enseignant.
04:00La police des polices enquête déjà sur cinq dossiers depuis deux, trois jours,
04:05dont celui d'un jeune de 16 ans touché à tour par un tir qui pourrait être un tir de
04:08LBD.
04:09Ça reste à confirmer.
04:10Il a perdu son oeil, on l'a appris hier soir.
04:12On parle normalement de réponses proportionnées.
04:15Est-ce que ça s'est proportionné ?
04:17La procureure de la République à tour a précisé que les blessures étaient compatibles
04:22avec l'usage du lanceur de balles de défense.
04:24Ça ne veut absolument pas dire que c'est le cas.
04:25C'est pour ça qu'il y a des enquêtes IGPN.
04:27Cinq enquêtes IGPN sont ouvertes sur 5000 interpellations.
04:32C'est donc un ratio qui est très faible et ça montre vraiment la proportionnalité
04:35dont font preuve les policiers au quotidien aujourd'hui.
04:37Mais il y a aussi ce jeune de 14 ans, blessé à Saint-Ouen-le-Mône,
04:40qui a une double fracture de la mâchoire.
04:42Il a perdu ses dents.
04:43La violence paraît extrême dans ces moments-là.
04:45Le résultat, effectivement, n'est pas satisfaisant.
04:47Lorsqu'on est policier, notre objectif, lorsqu'on intervient,
04:50ce n'est pas de blesser un jeune homme.
04:51Beaucoup de nos policiers sont père et mère de famille.
04:54Ils savent ce que c'est.
04:55En revanche, notre travail, c'est de faire cesser une infraction,
04:57c'est d'empêcher la commission d'une infraction,
04:59c'est d'interpeller.
05:00Et effectivement, le cadre aujourd'hui légal, réglementaire, législatif,
05:04nous permet de faire usage des armes.
05:05Et c'est tout l'objet des enquêtes IGPN
05:07de déterminer si l'usage s'est fait de manière nécessaire et proportionnelle.
05:10Les dérapages, les erreurs de jugement, ça peut arriver ?
05:13Les policiers font vraiment preuve de discernement.
05:15Je pense qu'on le voit, 5 000 interpellations,
05:17vous le dites, 5 enquêtes IGPN.
05:19On a des images qui peuvent interpeller,
05:21mais les policiers font usage de gestes techniques et réglementaires.
05:25Des policiers qui sont aussi victimes de violences,
05:27vous l'avez dit, puisqu'ils sont pris à partie souvent.
05:30Hier, un policier de Belfort a été frappé au sol,
05:32il a perdu connaissance.
05:34Combien d'entre vous sont victimes de violences dans vos rangs aujourd'hui ?
05:37On a plus de 600 policiers qui ont été blessés.
05:40Effectivement, on a des images qui sont extrêmement choquantes.
05:42Cette policière qui est poursuivie à Paris.
05:45Et on salue quand même le courage des policiers.
05:47Ce collègue que vous évoquez, il est retourné sur le terrain
05:50parce que notre travail, c'est d'être dehors pour interpeller
05:54et c'est d'être dans les commissariats pour traiter les gardes à vue.
05:57Et vous l'avez dit, vous le serez de nouveau sur le terrain dès lundi
05:59pour sécuriser ces abords d'établissement et mardi pour les mobilisations.
06:03Nous le serons ce week-end et autant qu'il faudra.
06:05Merci beaucoup Agathe Foucault, porte-parole de la police nationale
06:08d'avoir été avec nous sur France Info ce matin.

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