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  • il y a 11 heures
La guerre civile frappe à la porte » a déclaré Dominique de Villepin après les violences du 17 octobre. L'ancien Premier ministre propose aux candidats à la présidentielle de s'entendre sur des mesures communes pour sortir de la crise. Un appel lancé avant l'attentat terroriste raciste de Trappes qui a fait un mort et cinq blessés vendredi dernier. Alors comment apaiser le pays ? Et à moins de six mois du scrutin, va-t-il enfin déclarer sa candidature ? Dominique de Villepin est l'invité de Marc-Olivier Fogiel, lundi 26 octobre à 8h15 dans RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 26 octobre 2026.

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Transcription
00:00RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, un attentat terroriste raciste.
00:11Vendredi dans les Yvelines, une nouvelle journée de mobilisation ce samedi.
00:14A moins de 6 mois de la présidentielle, la France est sous tension.
00:17Comment sortir de cette crise ?
00:19Ce matin, Marc-Olivier, vous recevez l'ancien Premier ministre et fondateur de la France humaniste, Dominique de Villepin.
00:25Bonjour Dominique de Villepin.
00:26Bonjour.
00:27Céline dit la France sous tension, vous vous dites au bord de la guerre civile.
00:31Vous maintenez ce matin, vous n'avez pas l'impression que ça attise les tensions finalement, ce terme guerre civile
00:36carrément ?
00:37Non, il ne s'agit pas de dire que nous sommes dans une guerre civile.
00:41Vous dites frappe à la porte.
00:42Oui, ce que je dis surtout c'est qu'il y a une mécanique de la guerre civile.
00:45Et je le dis parce que je l'ai observé dans beaucoup de pays à travers le monde.
00:49Et de ce point de vue-là, la France n'est pas une exception.
00:51Il y a des paroles qui tuent, il y a des actes qui tuent bien sûr.
00:56Mais il y a des abandons qui tuent.
00:58Quand la République n'est plus là, eh bien c'est le désespoir, c'est la solitude.
01:04Et à partir de là, il n'y a plus de garde-fous.
01:07Donc cette mécanique, elle se met en place, c'est une mécanique de l'intolérance, c'est une mécanique de
01:11la polarisation.
01:12Oui, je suis inquiet parce qu'à chaque fois l'essentialisation, l'assignation à la couleur d'une peau, à
01:21une religion, eh bien elle conduit au drame.
01:24Donc soyons conscients, les mots tuent.
01:26Précisément, les mots tuent, vous le disiez, les paroles tuent.
01:30Pour le maire de Trappes, donc là où s'est déroulé vendredi ce terrible attentat raciste, il y a des
01:36discours qui arment idéologiquement.
01:39Ils visent clairement Éric Zemmour, peut-être Jordan Bardella.
01:43Pour vous, ce sont eux les coupables ?
01:44Je ne désignerai certainement pas.
01:46Il faudrait, pourquoi ?
01:47Non, il y a des responsables de la mise en place de cette mécanique de la haine.
01:58La haine, elle n'est pas anodine.
02:01On comprend bien, mais pourquoi vous ne désignez pas des coupables ?
02:03Quand Éric Zemmour dit ce que nous avons vu hier, c'est le véritable visage du grand remplacement,
02:07il évoque une horde de barbares maghrébins et africains qui rentrent dans les villes.
02:11Quand Jordan Bardella parle de Trappes comme d'une république islamique en miniature,
02:15pourquoi Dominique de Villepin dit ce matin, vous décrivez une situation, mais vous ne décrivez pas des responsables ?
02:19Parce que je ne parle pas comme le Rassemblement National.
02:22Le Rassemblement National a constitué toute sa doctrine, toute sa philosophie sur la recherche de boucs émissaires.
02:28Moi, je suis un républicain, et donc je n'essentialise pas l'autre.
02:32Par contre, je dis attention, halte au feu.
02:35Halte au feu dans la rue, quand on laisse déraper des manifestations.
02:39Halte au feu dans les esprits, quand on enflamme les esprits à longueur de journée,
02:44à coups de grands remplacements, à coups de désignations de responsables dans l'immigration.
02:49Je ne comprends pas pourquoi on ne désigne pas des responsables, ce n'est pas l'essentialisé,
02:52c'est à un moment donné de dire les choses plutôt que d'être dans la généralité.
02:55Dans la République, il est important d'apaiser.
02:57Je vais vous donner trois garde-fous qui nous permettent de sortir de cette spirale accusatoire,
03:01et qui font que désigner une personne nommément...
03:05Ce n'est pas une personne, c'est un parti.
03:07C'est un parti de gens qui se présentent à la présidence.
03:08Mais il est clair que pour moi, le Rassemblement National porte une responsabilité dans la polarisation dans notre pays.
03:18Et il y a donc trois garde-fous.
03:20Le premier, c'est la règle républicaine.
03:22Nous sommes en train de la perdre de vue.
03:24La nationalité, la citoyenneté, le principe d'humanité, ça fait partie de cette règle républicaine.
03:29Deuxièmement, il y a les maires.
03:31Vous avez cité Ali Rabais.
03:32Comme beaucoup d'autres maires, il tient sa ville.
03:35Et il essaye d'être au service de ses habitants.
03:37Et puis il y a un troisième garde-fous qui fait défaut.
03:41C'est l'État.
03:42L'impuissance publique est en grande partie responsable de la dérive que nous voyons dans notre pays.
03:47Et quand on perd la mémoire, et malheureusement c'est ce qui s'est passé quand le chef de l
03:51'État s'est déplacé à Trappes,
03:53quand on perd la mémoire, eh bien on trouble les esprits.
03:56On brouille les repères.
03:57Vous pointez quand même le Rassemblement National.
03:59Est-ce que vous pointez LFI dans une part de responsabilité dans les pillages du 17 octobre ?
04:03De la même façon, j'ai constamment rappelé à quel point les ambiguïtés qui pouvaient être celles de la France
04:11insoumise,
04:12par exemple dans l'utilisation de noms à consonance juives,
04:16par exemple dans la désignation d'un certain nombre de responsables,
04:21me paraît, là encore, tout à fait critiquable.
04:25Donc attention à ne pas faire preuve de responsabilité.
04:28Nous sommes dans un pays qui est à vif.
04:30Dans un pays à vif, on fait attention à ce qu'on dit.
04:32Alors dans un pays à vif qui a manifesté samedi dans des meilleures conditions,
04:37mais à quel prix, ce que disait Céline tout à l'heure à Maude Bréjean,
04:41à quel prix ces couvre-feuilles, mais aussi ces manifestations finalement très encadrées,
04:46très limitées, dont on change le parcours à la dernière minute.
04:48Est-ce qu'il faut interdire des rassemblements, comme l'a fait le gouvernement,
04:50vous qui avez été ministre de l'Intérieur, pour que ça se passe mieux ?
04:53Finalement, oui, retour à l'ordre, mais finalement dans des conditions quand même un peu particulières.
04:59Est-ce que ces conditions vous inquiètent ?
05:00Vous dites à quel prix, vous avez raison, quand on regarde le nombre de policiers blessés,
05:05on voit à quel point les heurts dans ces manifestations sont importants,
05:09et pareil du côté de ceux qui manifestent, et notamment du côté des jeunes.
05:15La responsabilité de l'État, c'est de garantir nos libertés fondamentales.
05:19La liberté de manifester, elle ne se limite pas aux organisations syndicales.
05:23Donc il était curieux d'imaginer qu'on allait interdire toutes les manifestations,
05:27sauf celles des organisations syndicales.
05:30Vous trouvez que nos libertés fondamentales ont été un peu contraintes ce week-end ?
05:34Il y a un risque pour les libertés publiques, et ça ne date pas d'aujourd'hui,
05:37ça date de plusieurs années, donc il faut être attentif à la proportionnalité des réponses
05:43que l'on apporte, éveillé en particulier à ce que la colère puisse exprimer.
05:47La proportionnalité a été respectée samedi dernier,
05:49vous dénoncez finalement une disproportionnalité dans les réponses apportées par l'État.
05:54Alors, les manifestations ont été autorisées, est-ce qu'il aurait fallu en accepter davantage ?
06:01C'est au préfet qu'il appartient à chaque fois sous le contrôle du juge de vérifier que c'est
06:08bien le cas.
06:09Et puis, il y a la nature des parcours adoptés et acceptés.
06:14Là aussi, sans doute que certains parcours peuvent être améliorés pour qu'on ne se promène pas sur le périphérique,
06:21en marge complètement des cités.
06:24Parmi les revendications des lycéens, la suppression de parcours sup,
06:30donc ils sont reçus tout à l'heure par Sébastien Lecornu, des réponses apportées,
06:33manifestement que parcours sup ne sera pas totalement supprimé.
06:36Vous, vous voulez la suppression de parcours sup remplacée par quoi en fait ?
06:41Il y a trois besoins imminents et il faut y répondre rapidement.
06:48D'abord, le problème des locaux.
06:49Et ça, c'est un pacte d'État-régie.
06:52Deuxièmement, la question des enseignants, il doit y avoir dans chaque classe le nombre d'enseignants.
06:56Donc, pas supprimer les enseignants comme prévu le budget d'État-régie.
06:59Et donc, c'est un clic sur le plan budgétaire de réduire les diminutions qui ont été faites.
07:02Pourquoi vous le remplacez clairement ?
07:03Et pour parcours sup, d'abord par un service d'orientation.
07:07Parcours sup, c'est une mécanique d'orientation qui ne laisse pas de place à l'humain.
07:12Non, c'est une sélection aussi.
07:13Et bien oui, alors, mettons en place des processus de sélection qui soient non pas cachés,
07:18mais clairs, connus, que chacun puisse connaître et s'y préparer.
07:24Et deuxièmement, mettons en place...
07:26Ce qui était avant était plus efficace ?
07:27Non, je ne dis pas que ce qui était avant était plus efficace.
07:29Je dis qu'il faut tirer les leçons de ce qui n'a pas marché dans Parcours sup
07:32et mettre en place un service d'orientation qui, au moins à travers trois rendez-vous,
07:36permettra à chaque jeune de savoir ce à quoi il vaut se préparer.
07:39Et puis prenons en compte une quatrième dimension importante aujourd'hui,
07:43la souffrance de la jeunesse sur le plan souvent psychologique.
07:46Nous avons besoin de plus de psychologues et de plus de suivis dans les lycées.
07:51Vous demandez toujours ce matin la suppression de Parcours sup ?
07:54Une suppression qui conduise à remettre en place un dispositif
07:57qui répond mieux aux besoins des lycéens
08:00et permettre d'éviter une sélection qui commence dès le collège à un âge
08:05où on sait rarement ce qu'on veut faire dans la vie.
08:07Vous-même, vous avez lancé la semaine dernière une plateforme anti-crise.
08:10Vous appelez tous ceux qui veulent respecter l'état de droit à vous rejoindre
08:14avec, parmi des engagements, la défense de la souveraineté nationale
08:17et des états généraux de la République.
08:19Est-ce que vous avez eu des retours des candidats à la présidentielle
08:21qui sont venus sur cette plateforme ou aucun ?
08:23Il y a un intérêt manifeste pour un certain nombre des propositions
08:27qui sont faites pour cette plateforme.
08:29Et en particulier sur le plan financier,
08:32un engagement de tous les partis politiques qui accepterait...
08:36Ma question, est-ce que depuis mercredi, vous avez des retours de ces partis politiques ?
08:40Une fois de plus, il y a une réflexion, il y a un intérêt.
08:43Manifestement, nous avons été épargnés par Moody's,
08:45mais ça ne devrait pas durer très longtemps.
08:47Donc donner des signaux qui marquent que l'ensemble des responsables politiques
08:51sont unis en particulier pour respecter la règle des 3% de déficit,
08:56faire pareil pour l'Union Européenne,
08:58marquer le respect de l'État de droite.
09:00Une fois de plus, vous savez, tout prend du temps et les esprits sont longs
09:03parce que chaque parti politique en général est dans son couloir.
09:06Et c'est là où il faut se rappeler ce que disait Jacques Chirac,
09:09il y a une fragilité de la société française
09:11et il y a une fragilité de la France aujourd'hui,
09:13sans doute encore plus à quelques mois de l'échéance présidentielle.
09:17Exactement, les partis sont dans leur couloir, il faut du temps.
09:19Ça fait fin août, vous disiez qu'il vous fallait quelques semaines
09:21pour annoncer votre candidature.
09:23Vous attendez quoi en fait ?
09:24Parce qu'en fait, vous êtes en campagne, vous êtes là ce matin,
09:25on vous entend, vous avez des propositions.
09:27C'est les sondages qui vous retiennent 1 à 2%.
09:29De quoi parlons-nous, M. Fogel, ce matin ?
09:31Des difficultés et des crises que connaît notre pays.
09:35On ne sait pas à qui on s'adresse en fait.
09:36Parce que si on s'adresse à l'ancien Premier ministre,
09:38c'était il y a plus de 20 ans,
09:39si on s'adresse à un candidat à la présidentielle,
09:41ça devient tout d'un coup plus intéressant.
09:43Oui, la parole reste pertinente, quel que soit le statut.
09:46Plus ou moins, pas besoin toujours de décliner sa carte de visite
09:48pour essayer d'être utile.
09:50Vous voyez, je lisais le papier de Christine Torbira
09:53dans Mediapart ce matin.
09:55Ce qu'elle dit, même si elle n'est pas aux affaires,
09:57a du sens quand elle parle de ce risque
09:59d'un racisme qui monte dans la société française.
10:03En fait, qu'est-ce que vous attendez concrètement ?
10:04Que les circonstances nous permettent d'y voir plus clair.
10:08Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans une bataille présidentielle.
10:11Aujourd'hui, il n'y a pas de campagne présidentielle.
10:14Vous avez entendu Marine Le Pen hier ?
10:15Je l'ai entendu, elle a gagné.
10:18Donc, reprenons d'abord le contrôle des esprits,
10:21montrons qu'il y a un autre chemin,
10:23qu'on peut avoir un État qui est capable
10:25de retrouver son bon sens,
10:27de retrouver la règle républicaine,
10:29et à partir de là, nous pourrons avoir un débat sur l'avenir.
10:31Sachant que le Rassemblement National n'a aucune réponse,
10:34ni en matière de finances publiques,
10:38ni en matière de travail,
10:39dans aucun domaine.
10:41La possibilité de reconstruire une France qui marche
10:44n'est au rendez-vous.
10:46Merci Dominique de Villepin d'être venu.
10:47Merci M. Fougiel.
10:48Dominique de Villepin, j'ai juste une question
10:50de la part d'un auditeur, Philippe Decolomier,
10:52qui la pose via l'appli RTL,
10:54qui visiblement est intéressé par ce que vous proposez,
10:56mais qui s'interroge.
10:57Pourquoi une inscription au parti La France Humaniste,
10:59votre mouvement donc,
11:00reste sans suite concrète, effective ?
11:02Il enregistre l'inscription et ne communique plus,
11:05c'est ce que nous dit Philippe,
11:06qui s'interroge donc, est-ce que ce parti existe vraiment ?
11:09Écoutez, nous sommes avec 80 000 adhérents,
11:13le premier parti de jeunes de France,
11:15donc il peut y avoir une difficulté numérique,
11:19mais il n'empêche que ce parti, il est bien vivant.
11:22Je recevais les cadres du mouvement,
11:24les cadres jeunes de ce mouvement samedi,
11:27et croyez-moi, à la fois l'enthousiasme et la mobilisation,
11:30et bien au rendez-vous.
11:30Vous pouvez rassurer Philippe, il y a des événements à venir ?
11:32Il y a en permanence, toutes les semaines,
11:35il peut d'ailleurs venir au siège du mouvement.
11:38Vous vous annoncerez la candidature donc.
11:41Soyez patient.

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