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  • il y a 2 semaines
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et fondateur de "La France Humaniste", est l'invité exceptionnel du Face à BFM ce jeudi 22 octobre présenté par Maxime Switek. Il a répondu aux questions des journalistes de la rédaction, notamment sur la colère sociale.

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Transcription
00:00On a évoqué avec Maxime cette crise, cette crise que nous traversons,
00:04mais j'aimerais que l'on remonte un peu le fil, qu'on rembobine l'histoire,
00:08parce que j'ai face à moi un ancien Premier ministre qui, en 2005,
00:12a décrété l'état d'urgence pour faire face à l'époque à trois semaines
00:16de très violentes émeutes urbaines.
00:19A l'époque, c'est une première depuis la guerre d'Algérie.
00:21Il y a quelques mois, j'ai relu avec attention un témoignage
00:25que vous avez tenu à nos confrères du Nouvel Obs,
00:26où vous vous confiez sur cette période très particulière.
00:30Et pour motiver votre décision, vous expliquez, je vous cite,
00:33« À l'époque, j'ai trois préoccupations.
00:35L'ordre public républicain, la défense des habitants des quartiers
00:39où se déroulent les émeutes et la protection des adolescents,
00:42souvent très jeunes, qui agissent en reflet aux émissions nationales
00:46et internationales braquées sur les quartiers embrasés. »
00:49Comme finalement un miroir de ce qu'on est en train de traverser aujourd'hui.
00:54Emmanuel Macron a-t-il eu tort de ne pas décréter l'état d'urgence
00:57qui, vraisemblablement, lui a été mis sur son bureau il y a quelques jours ?
01:02Alors, un miroir très différent.
01:04Très différent, vous le dites ?
01:06Oui, très différent.
01:07À l'époque, il y avait des violences qui étaient circonscrites
01:12et qui n'avaient pas l'ampleur de celles que l'on a vues
01:15et qui atteignent aujourd'hui les centres-villes.
01:18Deuxièmement, ces violences étaient le fait, c'est vrai, de très jeunes.
01:22Et c'est l'inquiétude principale que j'avais, comme Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac,
01:27le risque qu'il y avait, avec des très jeunes enfants dans la rue,
01:31d'incidents, de blessures, ne l'oublions pas, au point de départ de tout,
01:36il y a eu la mort de Zied et Bouna.
01:40Et ces drames, évidemment, pesaient beaucoup sur nous,
01:44comme pesait, à l'époque, très fortement, la politique du maintien de l'ordre
01:50qui, en 1986, avait conduit à la mort de Mani Koussékine.
01:54Donc, nous étions dans une autre époque,
01:56où la politique du maintien de l'ordre se faisait autrement.
02:00Nous n'étions pas aujourd'hui, comme aujourd'hui,
02:02dans une logique de face-à-face et dans une logique de contact,
02:06mais dans une logique qui visait à encadrer les mouvements autant que faire se peut
02:11et à intervenir quand c'était strictement nécessaire.
02:15Donc, vous ne faites aucun parallèle en ce que nous traversons aujourd'hui ?
02:18Ce n'est pas la même nature de difficulté.
02:22Ça n'a pas la même amplitude en termes de violence.
02:27Et je pense que les causes étaient sensiblement différentes.
02:31Aujourd'hui, nous sommes dans un contexte
02:33où il y a, de façon juste à poser, plusieurs jeunesses
02:36plusieurs problématiques différentes.
02:38Il y a, au départ, une problématique sociale lycéenne
02:41qui n'a à peu près rien à voir avec ce qui peut exister dans certains quartiers
02:47ou encore une problématique politique
02:50avec certains militants très politisés
02:53qui s'ajoutent à cela et qui, eux, veulent casser pour casser
02:58dans une logique d'atteinte à la République.
03:00Et on voit bien que les symboles qui sont visés,
03:02on l'a vu à Limoges, on l'a vu à Marseille,
03:05sont des symboles de l'État républicain.
03:07Des mairies à chaque fois.
03:09Ou du capitalisme économique ou financier.

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