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  • il y a 1 semaine
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et fondateur de "La France Humaniste", est l'invité exceptionnel du Face à BFM ce jeudi 22 octobre présenté par Maxime Switek. Il répondra aux questions des journalistes de la rédaction, notamment sur la colère sociale.

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Transcription
00:00Je suis ravie de débattre avec vous parce que, pour moi, d'une certaine manière, vous vivez sur une sorte
00:04de rande d'image.
00:05Une rande d'image qui a 23 ans maintenant, ce fameux discours de l'ONU à 2023, d'ailleurs cette
00:10image d'une France que nous avons aimée, il faut bien le dire,
00:12mais qui donne, me semble-t-il, une image biaisée de l'homme politique que vous êtes.
00:17Parce qu'il donne une image de solidité, où là, pour moi, vous êtes l'une des nombreuses incarnations, en
00:23réalité, de l'impuissance d'État
00:25et de la soumission, à la fois à l'extrême-gauche et au racaille de cités.
00:29Et j'en veux pour preuve, à l'époque où vous étiez Premier ministre, la manière dont vous avez répondu
00:33aux premières grandes émeutes qui ont frappé notre pays, en 2005.
00:37Vous avez fait un grand discours à l'Assemblée nationale.
00:40Et à l'occasion de ce discours, votre réponse à la casse, aux pillages, aux agressions, aux incendies, ont été
00:47des centaines de millions d'euros supplémentaires de plans banlieue,
00:50ont été des logements sociaux supplémentaires, entre autres choses, ont été la création de préfets à l'égalité des chances.
00:57Bref, vous avez été pour moi l'initiateur, avant tout vos successeurs, d'une sorte de mécanique infernale,
01:04qui a consisté chaque fois à « plus la racaille casse, plus l'État s'excuse, plus les Français payent
01:09».
01:10Donc vraiment l'incarnation d'une forme de culture d'excuses de l'État,
01:15et d'une tentation d'achat de la paix sociale par l'argent.
01:18Et le résultat de cela des décennies après, c'est le 17 octobre.
01:21Donc moi j'ai lu avec attention, j'ai écouté plutôt avec attention votre vidéo, j'en finis par là,
01:25avant-hier.
01:26Vous présentez comme l'homme, le candidat de la paix civile.
01:30Alors moi j'aimerais savoir comment vous voulez mettre en place cette paix civile,
01:33alors que vous êtes pour moi l'un des grands-pères du 17 octobre finalement.
01:38Merci.
01:39Je ne sais pas si c'est si drôle, mais vous allez…
01:41– Je me permettrais d'abord de vous dire pourquoi j'ai accepté de débattre avec vous.
01:47En d'autres temps, j'étais à côté de Jacques Chirac en 2002,
01:50quand Jacques Chirac a refusé de débattre avec votre grand-père.
01:55– Oui, en toute lâcheté d'ailleurs.
01:58Probablement parce que Jean-Marie Le Pen l'aurait écrasé.
01:59– Jacques Chirac, qui portait l'héritage gaulliste,
02:04estimait qu'il ne devait pas débattre avec un homme qui portait un autre héritage,
02:12un héritage poutchiste, xénophobe, raciste, antisémite.
02:19Aujourd'hui, j'estime qu'il est de mon devoir de débattre, de débattre avec vous.
02:26– Je vous en remercie.
02:30– D'abord parce que je pense que vous avez gagné la bataille du récit dans notre pays jusqu'à
02:39ce jour
02:40et que vous êtes, vous et le parti que vous soutenez, aux portes de l'Élysée
02:44et qu'il faut aujourd'hui se convaincre que c'est vous qui allez gouverner la France
02:52dans les cinq prochaines années s'il n'y a pas un immense sursaut.
02:57républicain de notre pays.
03:00Et je ne ferai certainement pas le procès d'intention à vous, à Jordan Bardella ou à Marine Le Pen
03:08d'être, en tant que tel, des incarnations des qualificatifs que Jacques Chirac portait à l'époque à la figure
03:19de votre grand-père.
03:20Mais j'estime que le système, j'estime que l'idéologie qui est celle du Rassemblement national comporte aujourd'hui
03:30des risques majeurs pour la République,
03:33à commencer par la tentation de détourner nos institutions.
03:40L'article 11, que Marine Le Pen veut utiliser pour réviser la Constitution,
03:48le bouclier européen, et vous connaissez bien l'Europe puisque vous êtes député européen,
03:53qui placera l'ensemble des traités européens sous l'égide du système juridique national,
04:03la priorité nationale, qui changera profondément, balayera même notre République.
04:12Tout cela, c'est une France qui n'a rien à voir avec celle dans laquelle j'ai vécu.
04:18Et quel que soit mon grand âge, je suis attaché à une France des droits de l'homme,
04:24de l'universel et de l'intérêt général.
04:26Sous-titrage Société Radio-Canada

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