00:04RTL matin 7h41, langue éco avec François Langlais.
00:09Et si dix ans après avoir claqué la porte de l'Union Européenne, les Anglais revenaient ?
00:13Ce week-end, le Premier ministre Andy Burnham a remis le sujet d'une réintégration sur la table.
00:18Oui, vous le disiez, ça fait dix ans qu'il y a eu lieu ce fameux référendum en juin 2016,
00:22où les Anglais ont décidé de quitter l'Europe.
00:25Et aujourd'hui, alors que la majorité est désormais à gauche, un nouveau mot apparaît,
00:31British return, et c'est ce qu'a confirmé Andy Burnham en effet hier le Premier ministre
00:36dans une interview donnée au Sunday Times.
00:39Sacré changement de cap pour le Royaume-Uni, un rapprochement à venir avec l'Europe.
00:44Donc ça veut dire que le Brexit a été un échec ?
00:46Écoutez, une déception à tout le moins, parce qu'il a été conduit par une bande d'incapables, cyniques.
00:53Le Premier ministre Boris Johnson au Premier chef.
00:56Selon certains calculs, pour parler économie, le PIB britannique serait aujourd'hui inférieur de 6 à 8%
01:02par rapport à ce qu'il aurait été dans l'Union.
01:05Bon, ce sont des calculs un peu douteux, puis entre-temps il y a eu la crise énergétique qui a
01:08brouillé un peu les choses.
01:10Le fait est quand même que ça a compliqué la vie des entreprises britanniques exportatrices en Europe.
01:15Les petites en particulier, à cause des formalités douanières, administratives,
01:19alors que l'Europe accueille toujours, peu ou prou, 40% des exportations britanniques, comme avant.
01:26Quant à la stratégie de Singapour sur Tamise,
01:29vous savez, c'était l'idée de faire de l'île le réceptacle des investissements asiatiques américains.
01:35Bon, ben ça a échoué.
01:36Ça a échoué.
01:37La City, elle, elle s'est maintenue, plutôt bien.
01:41Reste la Sécurité sociale, le fameux NHS, qui était censé bénéficier de l'argent qui était envoyé à Bruxelles.
01:47C'était la campagne des partisans du Brexit.
01:50Bon, le NHS, il est toujours aussi mal en point, avec des listes d'attente pour les opérations qui peuvent
01:55atteindre des années.
01:56Mais si, le Brexit n'a rien changé, François. Pourquoi revenir en arrière ?
02:00A cause des questions d'immigration, nous dit Burnham.
02:02Avant le Brexit, il y avait une immigration européenne importante qui s'est tarie, certes,
02:07mais au profit d'une immigration extra-européenne, beaucoup plus difficile à intégrer.
02:12L'idée, ça serait donc de créer un accord de libre circulation entre Royaume-Uni et Europe
02:17pour simplifier les passages de frontières, voire retrouver le marché unique.
02:23Mais tout en s'excluant, bien sûr, de bon nombre de politiques communes
02:26et des accords de Schengen qui réglementent aussi les frontières extérieures.
02:30Donc, ça veut dire que les Britanniques ne seraient pas vraiment dans l'Europe ?
02:33Vous savez, en fait, l'appartenance à l'Europe, ce n'est pas oui ou non.
02:36Il y a une graduation, il y a des degrés.
02:39Par exemple, le Danemark, il appartient à l'Europe, mais il n'est pas membre de Schengen, il n'est
02:43pas membre de l'euro.
02:44La Suisse, elle n'est pas dans l'Europe et pourtant, elle participe au marché unique.
02:48Bon, on va trouver un compromis de ce genre.
02:51Vous savez, je me souviens que, quand on avait demandé à Jean-Louis Bourlange, député,
02:55président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée, ce qu'allait changer le Brexit,
02:59Il avait répondu, avant le Brexit, les Anglais avaient un pied en Europe et l'autre en dehors.
03:04Après le Brexit, ça sera l'inverse.
03:07C'était pas mal vu et on en est toujours là.
03:09Et là, il y a une forme de constance.
03:11François Langlais, merci.
03:12L'anglais...