00:01Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1, je suis toujours avec mes débatteurs,
00:07Georges Fenech, ancien magistrat, et Jules Laurent, journaliste frontière.
00:10Nous accueillons Nicolas Cuoco, journaliste au journal du dimanche, spécialisé défense.
00:14Bonsoir mon cher Nicolas.
00:15Bonsoir Hélène.
00:16Alors contrairement au 17 octobre, l'armée sera mobilisée demain.
00:21À Paris, il y aura des soldats de l'opération Sentinelle.
00:24L'objectif, libérer les policiers et les gendarmes pour les envoyer sur les points chauds.
00:27Nicolas, vous êtes spécialisé défense.
00:30Quel sera le dispositif demain à Paris ?
00:32Alors comme annoncé sur le site du JDD.fr,
00:35l'État-major a activé son premier niveau d'alerte appelé RO12,
00:39pour réserve opérationnelle de 12 heures.
00:42Alors hier encore, l'État-major ne savait pas si le niveau d'alerte supérieur allait être activé,
00:47mais on m'a confirmé avant l'émission que ça n'allait pas être le cas.
00:50Donc au total, c'est 1000 soldats qui sont en alerte,
00:53et seulement 500 seront dans les rues pour patrouiller de manière statique,
00:58mais sur des points assez stratégiques,
01:00comme les ambassades, les lieux de culte,
01:02ou encore d'autres sites sensibles,
01:04qui pourraient être l'arc de triomphe.
01:07À l'heure où on se parle,
01:08des réflexions existent sur la nécessité de poster des soldats sur ce site-là,
01:14parce qu'il y a un risque d'imbrication qui est trop élevé,
01:20selon l'État-major.
01:22Donc la mission principale des hommes de demain,
01:24ça sera de soulager les forces de sécurité intérieure,
01:27pour que ces forces-là puissent aller sur les endroits chauds de la manifestation.
01:31Ok, donc ce sera des forces statiques devant des points chauds,
01:34devant des monuments.
01:35Si je vous dis un cas hypothétique,
01:37parce que c'est évidemment tout l'enjeu quand on dit,
01:39voilà, on envoie l'armée, etc.
01:41C'est un risque absolument énorme,
01:43étant donné que l'armée n'est pas formée au maintien de l'ordre,
01:45et à un moment donné, quand on s'attaque à un soldat,
01:47le soldat y tient en fait.
01:48Donc, cas hypothétique,
01:50demain, un manifestant s'en prend à un soldat de la force sentinelle,
01:53qu'est-ce qui se passe ?
01:55Justement, Hélène, j'en discutais avec un militaire avant l'émission,
01:57et il était inquiet à l'idée que des soldats puissent être confrontés
02:01à des scènes de violence que l'on a vues samedi dernier.
02:03Donc si un militaire se fait agresser,
02:05il pourra faire usage de la force,
02:07mais de manière proportionnée.
02:09Ce qu'il faut savoir avec les militaires de sentinelle,
02:12c'est qu'ils disposent de moyens de défense non laitaux,
02:14comme des moyens lacrymogènes,
02:16des bâtons télescopiques,
02:18ou encore des menottes plastiques à usage rapide.
02:20Comme des policiers, en fait ?
02:21Tout à fait.
02:22Avec ces équipements,
02:23ils pourront maîtriser des individus
02:25et les remettre aux forces de l'ordre.
02:27Et alors, en Italie,
02:28Giorgia Meloni déploie également 500 soldats,
02:30ce sera sur la ville du Milan.
02:31Est-ce que ce sera exactement le même rôle
02:33que nos sentinelles à Paris ?
02:34C'est des post-statiques, du coup ?
02:35Tout à fait.
02:36Les militaires italiens assurent également
02:37des missions de surveillance et de protection des lieux sensibles.
02:41Le ministère de la Défense italien avait envisagé
02:43de leur accorder des prérogatives policières temporaires,
02:47mais cette option n'a pas été validée par le Conseil des ministres.
02:51Conséquence, ils ne pourront pas procéder à des interpellations.
02:53Et alors, ma dernière question,
02:55elle n'est pas sur l'armée,
02:56elle est sur les autres unités d'intervention,
02:59notamment la BRI, le RED, le GIGN.
03:01Laurent Nunez a assuré qu'elles ne feront pas du maintien de l'ordre,
03:04mais alors que feront-elles ?
03:05Non, alors, elles sont formées pour des opérations de contre-terrorisme
03:08et de libération d'otages,
03:10comme ce fut le cas, par exemple, pour la BRI en 2015 avec le Bataclan.
03:14Et par ailleurs, Laurent Nunez a répondu à cette question ce midi
03:17lors de l'annonce du dispositif de sécurité.
03:19Il a été très clair,
03:20ces unités d'élite n'ont pas vocation à faire du maintien de l'ordre.
03:24Donc, tout comme les militaires de la force sentinelle,
03:26elles devraient donc se contenter d'assurer de missions de sécurisation.