- il y a 35 minutes
Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Et on va suivre ça, justement, attentivement.
00:03On voulait revenir aussi, évidemment, sur l'autre grande actualité de la journée,
00:08sur cette attaque terroriste dans les Yvelines.
00:11Le périple meurtrier d'un homme qui a tiré en rafale depuis une voiture attrapée à la verrière.
00:16Une personne est morte, quatre sont blessés, dont une enfant de 12 ans.
00:21Le parquet national antiterroriste s'est rapidement saisi, des faits.
00:24Le mobile reste à déterminer, mais il pourrait être d'ordre raciste.
00:28Quatre blessés, je le disais, dont une enfant de 12 ans.
00:31Je voulais qu'on écoute le témoignage de cette jeune femme
00:34qui est venue en aide à cette petite fille de 12 ans, donc, touchée 8 fois.
00:40On l'écoute.
00:42J'ai hurlé.
00:42À l'aide, à l'aide, j'ai mal.
00:45Elle a mal, elle nous dit, j'ai mal.
00:48On voyait une plaque de sang.
00:49C'est ça, elle était en sang.
00:51Et après, mon conjoint a demandé, mais tu as mal où ?
00:55C'est là qu'elle a pu préciser vraiment la douleur, c'était au niveau de son ventre.
00:59Et qu'est-ce que vous faites ? Un point de compression ?
01:01Non, du tout, on n'y touche pas.
01:02On n'y touche pas.
01:03Moi, la seule chose, c'est que j'ai dit à ma fille, ramène-moi une couverture pour la couvrir,
01:07ce qui fait très, très froid actuellement.
01:09Donc, c'était vraiment, principalement, c'était de la couvrir,
01:11parce que généralement, on sait très bien que si on la déplace ou quoi que ce soit,
01:15vous imaginez, on ne sait pas réellement ce qu'elle a.
01:17Et à ce moment-là, on ne s'imaginait même pas qu'elle avait reçu des balles.
01:21Elle ne savait pas ce qui s'est passé.
01:24Elle ne se savait pas.
01:27Elle ne savait pas.
01:28C'est horrible.
01:29C'est très, très dur.
01:32Mais c'est une petite fille qui a été très courageuse.
01:35Parce que franchement, comme elle a su contenir vraiment sa douleur,
01:39la seule fois où elle a hurlé, c'est quand j'ai ouvert la fenêtre, moi.
01:43Je l'ai entendue hurler Q à ce moment-là, à l'aide, j'ai mal.
01:47Et quand on s'est approchée d'elle, elle parlait tout doucement, j'ai mal.
01:51Elle ne hurlait pas.
01:51Elle aurait pu hurler de douleur, parce qu'on sait très bien.
01:54Mais même pas.
01:55Elle contenait sa douleur.
01:57Et je sais, franchement, elle a été très, très, très courageuse.
02:02Mélanie Vecchio, est-ce qu'on a des nouvelles de cette petite fille ?
02:05On sait que cette petite fille, elle est à l'hôpital.
02:08Elle est en urgence absolue.
02:11Cette petite fille, elle est âgée de 12 ans.
02:13Elle a été touchée à la verrière, donc sur le parcours et le périple meurtrier de cet homme.
02:17On n'a pas de nouvelles à cette heure plus précise de cette petite fille.
02:22Mais on sait que son état a été jugé tout à l'heure grave.
02:26Et à l'instant, on apprend qu'Emmanuel Macron se rend à trappe.
02:31Et parle, je cite, d'un attentat terroriste raciste.
02:35Donc, les mots, Antoine Oberdorf, sont posés.
02:38Oui, on a vu comment, dès la conférence de presse qu'a tenue Laurent Nouniez en présence d'Aurore Berger,
02:45ministre en charge des discriminations, ça avait du sens qu'elle soit là,
02:49et également le maire génération de trappe à l'Irabé,
02:52tout de suite, la qualification de ce qui s'était passé, de cette attaque, a beaucoup compté.
02:58Certains reprochant, y compris à Laurent Nouniez, de ne pas prendre dans son discours, dans un premier temps,
03:04la caractérisation raciste.
03:06Certains voulaient même qu'il caractérise les choses comme au relevant d'une islamophobie.
03:12Ce qu'évidemment, à ce stade de l'instruction, un ministre de l'Intérieur ne peut pas se permettre de
03:16faire.
03:16En revanche, la controverse politique, comme souvent, n'attend pas.
03:20D'une part, parce qu'un certain nombre de responsables de gauche, à commencer par Jean-Luc Mélenchon,
03:26ont insisté sur cette dimension raciste, en disant combien le racisme tue,
03:30et combien ce qui s'était passé à trappe en était la manifestation.
03:33Et puis aussi, parce que Alir Abbé, dans un propos à la fois, je dirais, solennel,
03:39mais extrêmement grave, et peut-être même un peu accusateur à certains endroits,
03:44a appelé à la responsabilité les personnalités politiques,
03:47mais également les journalistes sur les propos qu'ils pouvaient tenir
03:49et qu'ils pouvaient inciter à la haine, stigmatiser certaines populations
03:55et éventuellement donner lieu à des drames tels que celui qu'on connaît.
04:00Malheureusement, tous les drames désormais que connaît notre pays,
04:03et ça fait un moment que ça dure, je repensais cet après-midi,
04:06à l'attaque qu'il y avait eue sur la mosquée de Bayonne en 2019.
04:12Je repensais aussi, là, on était dans quelque chose d'islamophobe
04:16venant d'un ancien candidat du Rassemblement national.
04:19Je repensais également au drame de Crépole,
04:22où là, tout de suite, c'est la caractérisation, pour le coup,
04:24de, je cite bien sûr, crime du racisme anti-blanc qui avait agité le débat.
04:30On voit combien la controverse politique, eh bien, se met en branle
04:33et participe de la création d'un récit,
04:35sous réserve, évidemment, que l'instruction nous apporte plus de détails.
04:39Emmanuel Macron qui vient tout juste d'arriver à Trappes.
04:43Guilhem Carayon, l'Élysée, dénonce donc un attentat terroriste raciste.
04:46Comment vous réagissez-vous à ce qui s'est passé ?
04:50C'est une attaque qui est épouvantable.
04:53Quand on s'attaque à une jeune fille de 12 ans,
04:56quand on tue quelqu'un sans aucune raison,
04:58c'est évidemment le fait d'un monstre.
05:00Et donc, moi, je trouve ça abominable.
05:02Je pense aux proches des victimes.
05:04Et j'espère que la justice sera implacable.
05:08Ce gars, il mérite de finir en prison pour le reste de sa vie.
05:11Donc, voilà, c'est le seul commentaire qu'on peut faire.
05:13Mais quand le maire de Trappes, par exemple,
05:15dit que parfois, certaines forces politiques,
05:17en stigmatisant une certaine population...
05:19Qui, par exemple ?
05:20Il parle de l'extrême droite, notamment.
05:22Par exemple précis.
05:23Alors, l'image d'Emmanuel Macron en direct.
05:25Vous le voyez là, donc, Emmanuel Macron en déplacement
05:30à Trappes, donc, après cette attaque terroriste
05:34qui a fait un mort et quatre blessés,
05:37dont une enfant de 12 ans.
05:39On rappelle que le parquet national antiterroriste
05:41s'est rapidement saisi des faits.
05:44Le mobile reste à déterminer,
05:47mais il pourrait être d'ordre raciste.
05:49C'est en tout cas ce que doit déterminer
05:50le parquet national antiterroriste.
05:53Mais l'Elysée dénonce à l'instant un attentat terroriste raciste.
05:57Ce sont les mots, donc, de l'Elysée à l'instant.
06:03Je vous ai coupé la parole, Guillaume Carayon.
06:06Moi, je fais confiance aux autorités
06:08qui ont des éléments qu'on n'a pas.
06:09Et donc, si elles estiment que le mobile est raciste,
06:10il l'est sûrement.
06:12Il faut aussi faire attention aux fausses informations.
06:14Votre confrère, Paul Larouturo,
06:15révélait il y a quelques minutes seulement
06:17que la personne qui a été jetée en pâture
06:19pendant toute la journée,
06:20dont l'image, dont l'identité a été révélée.
06:23Ce n'est pas cette personne qui est le suspect principal
06:25et qui a été placée en garde à vue.
06:26Donc, je pense que les conclusions hâtives
06:28ne doivent pas être tirées tout de suite.
06:30Le parquet national antiterroriste a été saisi
06:32et on verra la qualification qui est retenue par le parquet.
06:34Safia Haït, Ouarabi, militante antiraciste,
06:37au point levé, vous souhaitez réagir ?
06:38Oui, tout à fait.
06:39Déjà, apporter mon soutien aux victimes,
06:42aux proches de la personne qui est décédée,
06:44à cet enfant de 12 ans qui a été touché.
06:46Je pense que pour beaucoup de personnes aujourd'hui,
06:48notamment de militants antiracistes comme moi,
06:50c'est très difficile que ça ne fasse pas écho
06:52à des crimes racistes qui se sont déroulés
06:55ces dernières années.
06:56Vous le disiez, à Boubacar Sissé, dans une mosquée,
06:59Hicham Mirawi, qui a été tué l'année dernière,
07:02ou encore cette année, on a eu des épisodes
07:03de crimes racistes, alors qu'ils, fort heureusement,
07:05n'ont pas débouché sur des drames.
07:06Je pense notamment dans une ville, dans le centre de la France,
07:09où c'était là une personne qui s'était attaquée
07:12et qui avait tiré sur des enfants.
07:14La réalité, c'est que je vous viens d'Aix-en-Provence,
07:17qui n'est pas n'importe quelle ville,
07:18puisqu'il y a 15 jours, il y a eu une ratonnade
07:20qui a eu lieu, où en fait, il y a trois personnes
07:22d'origine maghrébine qui se sont fait,
07:24pardon les termes, défoncer la gueule
07:25par des groupuscules d'extrême droite.
07:27Je pense qu'on n'est pas dans n'importe quel contexte.
07:29Aujourd'hui, il faut prendre la mesure
07:30du contexte politique dans lequel on est.
07:32On a, je pense, dans le mouvement qui est en cours,
07:34une accélération des discours réactionnaires
07:37et d'extrême droite qui s'en prennent avec virulence
07:39aux personnes des quartiers populaires,
07:41aux personnes issues d'immigration.
07:42Ce n'est pas sans conséquence.
07:44Cette semaine, moi, j'ai noté quelques prises de parole
07:46qui m'ont beaucoup choquée.
07:47Je pense à Jordan Pardella qui parlait de hordes,
07:49de sauvages, de banlieues.
07:50Je pense à Éric Zemmour qui parlait aussi
07:52du fait que le mouvement était le résultat
07:56du grand remplacement.
07:58Je voudrais juste dire que toutes les théories suprémacistes
08:00qui circulent depuis des années dans le camp politique
08:03et médiatique, c'est aujourd'hui ça
08:05qui arme des passages à l'acte.
08:07Et je voudrais juste finir sur une note d'espoir.
08:09Aujourd'hui, on est en plein dans le mouvement
08:10d'une jeunesse qui ne cesse de répéter
08:13qu'elle se mobilise en solidarité
08:15avec les lycéens des quartiers populaires,
08:17qui se mobilise contre le racisme,
08:18qui n'arrête pas de chanter des slogans
08:19en disant qu'elle emmerde le Front National.
08:22Et donc, dans ce sens-là,
08:23malgré toute la terreur qu'on peut ressentir,
08:24je pense qu'on peut faire confiance
08:25à la nouvelle génération qui arrive.
08:26Mélanie Vecchio, est-ce qu'on peut faire un point
08:28sur les derniers éléments de l'enquête ?
08:29Que sait-on du suspect ?
08:32On sait que c'est un homme qui a 39 ans,
08:33qui a été interpellé et placé en garde à vue
08:35extrêmement rapidement par la BAC de 50 ans en Yvelines
08:37après son périple meurtrier.
08:39On sait également qu'il est connu de la justice
08:42pour des faits de droit commun.
08:44Des faits de droit commun, ça veut dire
08:45des petits délits, mais il n'était pas fiché,
08:48est-ce pas dans les radars du renseignement ?
08:51L'enquête a été ouverte initialement
08:53par parquet de Versailles, mais vous disiez,
08:55c'est très rapidement le PNAT,
08:57le PNAT, qui s'est saisi de l'enquête
09:01au vu des éléments dont il disposait,
09:04à savoir la gravité des faits,
09:06l'usage de cette arme à feu.
09:07C'est une arme de catégorie A
09:08qui ne peut pas être détenue par des particuliers.
09:12Ce sont ces victimes qui, visiblement,
09:15ont été choisies ou pas de manière aléatoire.
09:18Ça, l'enquête devra le déterminer.
09:19C'est ce périple meurtrier.
09:20Bref, tout antiterroriste s'est saisi
09:22de cette enquête.
09:24Elle a été ouverte pour tentative d'assassinat
09:28et que ce mobile raciste a été, pour le moment, retenu.
09:31C'est bien évidemment l'enquête qui devra déterminer
09:33si ce mobile reste retenu
09:36dans ses faits.
09:41Et ce que l'on sait également,
09:42c'est qu'il y a une espèce de préméditation,
09:44une forme de préméditation
09:45qui semble se dessiner
09:47à travers les faits qui se sont déroulés aujourd'hui,
09:51non seulement à travers ce périple meurtrier,
09:53mais aussi parce qu'à l'intérieur du domicile du suspect
09:56ont été retrouvées des bonbonnes de gaz
09:58qui, visiblement, étaient prêtes à exploser.
10:00Donc, des éléments qui vont être ajoutés à l'enquête.
10:05L'homme est toujours en garde à vue.
10:06Sa garde à vue peut durer 96 heures,
10:08donc quatre jours.
10:10Pendant ces quatre jours, il va être interrogé.
10:11Ses proches vont être interrogés.
10:13Son entourage, mais également des perquisitions
10:16qui ont déjà commencé à être menées
10:17vont continuer.
10:20Et puis, toutes les exploitations
10:21de caméras de vidéosurveillance, d'auditions,
10:24tout cela, eh bien, va se dérouler.
10:25Pour essayer de comprendre ses motivations
10:26et s'il y a d'éventuels complices.
10:30Merci beaucoup, Mélanie Vecchio.
10:31Les Français, Julie, je pense,
10:33sont déjà tellement traumatisés par les attentats
10:36que là, maintenant,
10:37ce nouvel attentat est quelque chose
10:40qui nous glace tous
10:41et sur lesquels il faut absolument
10:44qu'on apporte les réponses.
10:46Là, vous savez que les renseignements disent
10:48qu'il y a en France plus de 2000 hommes en armes
10:51des milieux survivalistes, accélérationnistes.
10:54C'est quoi l'accélérationnisme ?
10:55Ce sont ces individus qui pensent
10:57que la France pourra aller à la guerre civile
10:59et qu'il faut l'accélérer.
11:01Donc, vous avez à la fois des gens armés
11:03et qui sont effectivement adossés à un discours politique
11:06qui accuse une partie de la population française
11:09de ne plus finalement être dans cette population.
11:13Et c'est là où se touchent vraiment les discours racistes,
11:17les discours qui visent à associer, par exemple,
11:19délinquance, criminalité et immigration
11:21avec la violence armée.
11:24Et on l'a vu d'ores et déjà depuis cette semaine
11:26que vous avez des partis politiques
11:27qui très clairement, par exemple, indiquent
11:30que les personnes qui ont pillé les magasins
11:32sont en fait les immigrés, les enfants d'immigrés.
11:35Alors que pas du tout, vous voyez,
11:36quand la Sarkozy a été en prison,
11:39personne n'a dit que c'était par l'espèce d'immigrés.
11:42Je voulais qu'on écoute un autre témoignage
11:44d'une habitante de la ville.
11:47Elle ne savait même pas ce qui se passait.
11:50Elle était là tout simplement.
11:52Elle nous disait « j'ai mal, j'ai mal ».
11:54Et j'ai dit à ma fille « va lui chercher une couverture ».
11:59J'ai crié autour de moi, je n'avais pas mon téléphone
12:01pour pouvoir appeler les pompiers et la police.
12:04Elle prenait beaucoup sur elle
12:05parce qu'elle était en sang comme pas possible.
12:08J'ai couru pour aller informer sa maman.
12:13Je suis partie, j'ai expliqué à sa maman
12:15qu'il fallait qu'elle puisse venir
12:16parce qu'il y a eu un souci par rapport à sa fille.
12:21Une petite fille très courageuse de 12 ans.
12:24Et c'est vrai que c'était très remarquable
12:26du fait comment elle a su prendre sur elle.
12:29Elle a tenu.
12:30Et ça, c'est une chose que je retiens.
12:33C'est juste incroyable.
12:35Et c'est vrai que c'est très choquant.
12:37Je me dis, en plus, elle était toute seule.
12:39Mais elle a eu quand même cette force-là
12:41de créer à l'aide.