- il y a 8 minutes
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie et auteur de "Il faut sauver nos enfants", était invité sur le plateau de BFMTV, ce jeudi 22 octobre. Il est revenu notamment sur les mesures prises par le gouvernement pour les manifestations du samedi 24 octobre.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Et vous l'avez donc compris, c'est donc Alain Bauer qui est avec nous. Merci d'être là. Bonsoir
00:04à vous Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservateur national des arts et métiers.
00:09Vous êtes également l'auteur du livre « Il faut sauver nos enfants » aux éditions First. Je voudrais qu
00:15'on démarre par ce que l'on vient d'apprendre sur la ville de Marseille.
00:20C'est peut-être l'un des cas inédits, vous nous le direz, du haut de votre expérience. Marseille avec
00:26un couvre-feu qui va être prolongé, avec une forme de confinement,
00:32puisque les transports publics marseillais vont être suspendus et avec une interdiction de manifester, quel que soit le motif de
00:42la manifestation. Comment vous appelez ça, M. Bauer ?
00:44Alors, en général, on appelle ça fermer la porte de l'écurie une fois que le cheval s'est sauvé.
00:49Mais c'est le côté caustique du sujet.
00:53Alors, on apprend toujours de ces erreurs, des événements qui vous échappent, de ce que vous avez vu, mais insuffisamment
01:00mesuré, puisque, que ce soit à Marseille ou ailleurs,
01:03contrairement à ce qui se répand, les renseignements n'ont pas totalement ignoré la réalité, ils ont juste sous-estimé
01:10l'ampleur de la masse de manifestants,
01:13qui est la masse de manœuvres qui permet tout le reste. Quand on en prévoit 200 000 et qu'on
01:17en a 600 ou 800 000, évidemment, ce n'est pas la même chose.
01:21Quand on a 5 à 10 fois plus de casseurs que ce qui est imaginé du fait de la mobilisation
01:27en France et des apports venus du reste de l'Union européenne par le transit des frontières,
01:33ce qui est une habitude. Quand ils ne sont pas à Paris ou à Marseille, ils sont à Bologne ou
01:37à Milan ou ailleurs.
01:40Quand vous n'intégrez pas la dimension de ce qu'est la réalité des petites mains du narcotrafic désœuvré une
01:47partie de la journée et qui se venge,
01:49exclut du système scolaire et qui se venge. Et que vous ne pouvez pas anticiper le pillage qui n'est
01:54possible que par la conjonction des événements précédents,
01:57vous êtes face à une difficulté majeure.
01:59Et vous arrivez à des décisions comme à Marseille.
02:01Et donc, a posteriori, une fois qu'on a tout regardé, on se prépare à gagner la guerre qu'on
02:05a perdue la fois précédente en espérant que les protagonistes feront la même chose,
02:10ce qui arrive assez rarement. En fait, tous ces événements durent 3 jours, 2 nuits ou 2 jours, 3 nuits
02:16quand il s'agit d'une violence urbaine liée à un événement spécifique et particulier,
02:20ou 10 jours. C'est comme ça. Il se trouve que c'est l'histoire de notre pays.
02:24Alors, c'est mille ans de jacquerie, je vous l'ai déjà raconté, mais c'est surtout un cumul d
02:28'événements auxquels on porte assez peu attention.
02:31Les gilets jaunes, ça a été des semaines quand même, parfois.
02:34Oui, mais l'événement essentiel, c'est décembre.
02:36Oui, effectivement. Paroxystiquement.
02:38On voit bien la montée, paroxysme, une petite redescente puis une remontée encore plus forte,
02:44changement de doctrine du maintien de l'ordre, arrivée du préfet l'allemand, on va au contact...
02:48Diminution des blessés ?
02:49Massive. C'est pas moi qui le dis, c'est les hôpitaux.
02:52Et donc, on change de doctrine, comme on l'a fait en 86, après l'affaire Malik Ousekine,
02:56comme on l'a fait en 68, avec le préfet Grimaud.
02:58C'est assez traditionnel et même répétitif.
03:01Là, on est dans une phase où, simplement, il faut prendre en considération l'ampleur de la casse.
03:07Donc, vous parlez autant à l'opinion, vous essayez d'expliquer que vous n'avez pas trop merdé dans l
03:12'épisode...
03:13Pardon de dire ça, mais je n'ai pas trouvé d'autres...
03:15C'est dans le dictionnaire de l'Académie française.
03:18Voilà. Et puis, vous vous dites, cette fois-ci, je vais empêcher que ça se passe.
03:21Sauf que je pense que c'est pas le moment...
03:24C'est le moment où on peut réaffirmer que l'État,
03:27contrairement à ce qu'on me reproche d'avoir dit l'autre jour,
03:30en disant qu'il était en phase d'effondrement, en risque d'effondrement,
03:33et que la démonstration qui avait été faite,
03:35était quand même que quand on est dépassé à ce point-là sur tout le territoire.
03:38Mais ce qui s'est produit, c'est que vous avez une phase de gilet jaune maintenue dans leur tête,
03:42mais surtout une générationnelle, dont plus personne ne parle,
03:45comme si les dix jours de casse et d'émeute de 2023 avaient disparu de nos mémoires.
03:51Mais je dis ça, pas à vous, puisqu'on a parlé...
03:53Et on retrouve tout ça samedi ?
03:54Oui, on a retrouvé tout ça le 17.
03:56La question, c'est est-ce qu'on retrouvera ça le 24 ?
03:58Je ne le crois pas.
03:59Attendez, vous allez nous dire pourquoi.
04:00Mais j'ai une question quand même, parce que c'est vrai,
04:02vous avez dit en phase d'effondrement.
04:04Moi, M. Beauvoir, je n'ai jamais, jamais lu,
04:07vous allez me dire, avec votre expérience si vous avez lu,
04:10une telle réaction de la préfecture de police de Paris ?
04:13Jamais, enfin de Paris, où c'est...
04:14Vous voulez dire sur la lettre du préfet ?
04:16D'appeler les commerçants à recourir à des agents privés,
04:20si je devais analyser ça de manière objective à froid,
04:23je dis, est-ce que l'État n'a pas démissionné de sa mission prioritaire ?
04:27D'abord, il se trouve que malheureusement, c'est une histoire beaucoup plus longue.
04:30J'ai été le président du Conseil national des activités privées de sécurité,
04:33l'organisme qui régule la sécurité privée.
04:35Les agents de sécurité privée sont passés de un agent privé
04:39pour deux agents publics à égalité.
04:41Ça fait 20 ans qu'il y a une augmentation massive des agents de sécurité publique
04:45parce que l'État s'est retiré de toute une série de ses missions,
04:48dont certaines sont proprement régaliennes.
04:51Le contrôle des ports et des aéroports, c'est 1990,
04:54gouvernement d'Union de la gauche.
04:56Je signale quand même.
04:57Un ministre communiste des Transports.
04:59Mais l'État lui-même ou la préfecture de police
05:00qui appelle à recourir à des agents privés ?
05:02Je rappelle que l'État est un ordinateur de missions de sécurité privée.
05:07Vous en avez dans les gares, vous en avez dans les aéroports,
05:09vous en avez dans le transport public,
05:11avec des unités soit spécialisées et semi-publiques,
05:15le groupe de sécurité des réseaux, la sûreté générale pour les transports.
05:19Donc c'est une pratique générale.
05:21Et d'ailleurs, dans les pays anglo-saxons,
05:22où il y a un État différent d'une autre,
05:25il y a deux agents privés pour un agent public.
05:27Nous, on a fait l'inverse, égalité,
05:29et c'est un processus inexorable.
05:31La vraie question, c'est que pendant longtemps et jusqu'à présent,
05:34l'État considérait que la sécurité publique devait rester publique.
05:40Et que là, on est dans une phase où le faible nombre d'unités disponibles,
05:44le point de concentration qui va être celui d'Orléans,
05:47dont vous avez parlé tout à l'heure,
05:49et le risque qui existe d'un retour de flamme
05:53parce qu'on est le week-end entre les deux,
05:56le 17 et le 5 novembre,
05:58est tel qu'il se dit « bon, je vais concentrer un maximum de forces,
06:02de toutes les forces, le RAID, le GIGN,
06:05là c'est police secours,
06:07tout ce qui traîne, pardon de dire ça comme ça,
06:10parce que, un, je dois regarnir les rangs de tous les blessés,
06:12un millier quand même,
06:13et on ne va pas les remettre sur pied dans la seconde,
06:15et deux, je dois démontrer que j'ai repris le contrôle.
06:18Et pour reprendre le contrôle,
06:20il faut avoir beaucoup de force
06:22et une démonstration de force nécessite
06:24de réduire au maximum
06:26les unités statiques qui sont juste là
06:28pour protéger des établissements
06:31qui ne sont pas essentiels.
06:32– Donc c'est une question de priorité,
06:33c'est-à-dire que c'est fondamental
06:34de défendre le cœur des institutions de la République,
06:36mais les commerçants, débrouillez-vous !
06:38– Ah oui, bah oui.
06:39– Il y a une hiérarchie dans la protection de certains lieux.
06:42– Mais ça a toujours été le cas.
06:43– Oui, d'accord.
06:44– Je rappelle que la protection des personnes et des biens
06:46était le dernier élément du régalien.
06:48Le régalien, c'était la protection des institutions,
06:51ce qui fonctionne plus ou moins,
06:52enfin, pas à Limoges et pas à Bordeaux,
06:54mais ailleurs.
06:56Deuxièmement, la protection de la monnaie,
06:58nous avons sous-traité.
06:59La protection des frontières,
07:00nous avons sous-traité.
07:01Et la protection des personnes et des biens,
07:02c'est depuis le lieutenant général de police
07:04au XVIIIe siècle.
07:06Avant, il y a le XVIIe siècle à Paris,
07:08puis Lyon et enfin Marseille.
07:09Donc il ne faut pas oublier
07:11comment se constitue ce pays,
07:13parce qu'on a toujours l'impression
07:14de redécouvrir des éléments de notre histoire
07:16qu'on n'apprend plus
07:17ou qu'on n'apprend pas bien
07:18dans le système scolaire
07:19ou qu'on a oublié
07:20parce qu'on est très amnésique.
07:21Là, l'enjeu pour le préfet de police,
07:23c'est de préserver au maximum
07:25tout ce qu'il peut d'essentiel et de symbolique
07:27et de dire...
07:28Alors d'abord, les pillages ont déjà eu
07:30beaucoup eu lieu,
07:31donc il n'y a plus grand-chose à piller.
07:32Alors qu'est-ce qu'on va se dire,
07:33nous, simples citoyens ?
07:34Qu'on protège l'Elysée,
07:35qu'on protège...
07:36C'est bien, hein, les mairies,
07:38mais qu'on ne nous protège pas ?
07:39Le problème, c'est...
07:40C'est terrible.
07:41C'est ni le préfet de police
07:42ni les citoyens
07:42qui choisissent l'objectif des casseurs.
07:44Quand ils disent
07:45marchons vers l'Elysée,
07:46ce qui était aussi le cas
07:47quand il y a eu le pillage
07:48de l'Arc de Triomphe,
07:49on sent bien que la police
07:50à ce moment-là a été dépassée.
07:52D'abord parce qu'on dit
07:52qu'il ne faut pas aller au contact.
07:53Ensuite, parce qu'elle n'est pas mobile,
07:55nous sommes le seul pays
07:56où, à l'exception du préfet Lallemand
07:58ou de l'ancien directeur central
07:59des CRS, Philippe Cléman,
08:00on a des forces mobiles statiques.
08:03Et on leur dit
08:03vous ne bougez pas.
08:04Et donc qui ont fait bouger ?
08:05Ceux qui ne sont pas des forces mobiles,
08:07donc ceux qui ne sont pas préparés
08:08au maintien de l'ordre,
08:09à qui ont dit
08:09prenez tout sur la figure,
08:11ce n'est pas très grave,
08:12ça passera.
08:13Et en fait, on se rend bien compte
08:14que tout a changé
08:15dans des objectifs
08:17dont une partie des opérateurs
08:18sont soit effectivement
08:20de l'effet d'aubaine
08:21pour les pilleurs,
08:22soit des gens qui veulent
08:22aujourd'hui tuer du flic
08:24et pas seulement
08:25s'affronter aux institutions.
08:26Il y a un changement
08:27très important
08:29dans la nature
08:30de l'affrontement
08:31avec la police.
08:31Et ça, c'est ce que j'explique
08:32tout à l'heure,
08:33la génération Naël.
08:34Et est-ce qu'en face,
08:35nous, enfin nous,
08:36si je puis dire,
08:36oui, j'allais dire,
08:38nous, les citoyens,
08:39mais surtout l'État,
08:40l'objectif, c'est toujours
08:41pas de blessés, pas de tués.
08:43Ah ben bien sûr.
08:44J'entends beaucoup de choses
08:45absolument fascinantes
08:46sur oui, mais l'armée
08:48qui ne sait pas faire
08:49le maintien de l'ordre
08:49et heureusement,
08:50ou les autres,
08:51mais moi, je suis prêt
08:52à entendre
08:53celui qui vient dire
08:54qu'il faut tirer dans le tas
08:55assume le lendemain.
08:57Non, mais il y en a.
08:58Il y en a.
08:59Oui, certainement,
09:00mais...
09:01J'écoute, j'entends.
09:02Il y a des gens
09:03qui me parlent dans la rue
09:04parce que je m'y promène encore.
09:05Je vois des gens
09:06tous les samedis
09:07en conférence publique.
09:08Là, je serai à Valence.
09:09Je vais voir comment ça se passe.
09:10La semaine dernière,
09:11j'étais à Angoulême.
09:11Il y avait 4000 personnes
09:12qui manifestaient.
09:13Certains vous disent
09:13qu'il faut arrêter
09:14de prendre des pincettes,
09:15il faut y aller.
09:15Oui, bien sûr.
09:16On a une discussion
09:17parce que je ne les renvoie pas
09:20dans leur but.
09:21Moi, mon problème,
09:22c'est de faire en sorte
09:23qu'ils comprennent
09:24le pourquoi du comment
09:25et pourquoi, à la fin,
09:26ça a un effet inverse
09:28à celui recherché
09:29qui est le retour à l'ordre.
09:30Le retour à l'ordre,
09:31il faut être plusieurs.
09:32On ne peut pas l'imposer
09:33par une décision autoritaire
09:35et les décisions autoritaires
09:36ne remplacent pas
09:37le débat
09:38sur la revendication sociale.
09:39S'il n'y avait pas eu
09:40600 à 800 000 personnes
09:43en masse de manœuvres,
09:44il n'y aurait pas eu
09:45tout le reste.
09:46Et donc,
09:46l'arbre de la casse
09:48ne peut pas faire ignorer
09:49la forêt amazonienne
09:51de la revendication sociale.
09:52Et pourtant,
09:53quand on interdit
09:53les manifestations,
09:54notamment en Marseille,
09:55qu'elles soient déclarées ou pas,
09:56on dirait que
09:57la forêt amazonienne,
09:58on a décidé de ne pas la voir
09:59et de voir que l'arbre...
10:00Ça veut dire
10:00qu'elle se fera entendre
10:04une autre fois
10:05ou par des manifestations sauvages
10:07ou par des regroupements.
10:08Et on voit bien d'ailleurs
10:09sur les cartographies
10:10qui existent sur Internet
10:12des gilets jaunes,
10:13acte 2,
10:15révolution acte 2,
10:1617 octobre acte 2,
10:17il y a tout ce que vous voulez.
10:18Mais en fait,
10:19d'abord,
10:19il y a beaucoup d'annonces
10:21qui sont de l'enfumage
10:23pour la police,
10:23c'est-à-dire pour les mobiliser
10:24à d'endroits
10:25où il ne se passera
10:26probablement rien.
10:26Et d'autres,
10:27où on dit
10:27non, non,
10:27mais nous,
10:28on y va envers
10:28et malgré tout,
10:29on veut défendre nos droits
10:32et autorisés
10:32ou pas autorisés,
10:33on y va.
10:33Et donc,
10:34vous avez ce risque permanent,
10:35ce qui explique
10:36la posture
10:36du préfet de police.
10:38Alors moi,
10:39paradoxalement,
10:40je le trouve plutôt honnête,
10:42lucide,
10:43honnête, lucide
10:44et qui ne se cache pas
10:45derrière son petit dent
10:46en disant
10:46je protégerai tout le monde.
10:47Cet homme ne ment pas.
10:49C'est vertigineux aussi
10:51de se dire.
10:51C'est-à-dire,
10:52c'est une forme de renoncement
10:53de l'État,
10:54pas de lui-même.
10:54C'est une forme de pragmatisme.
10:56Bien.
10:56Mais très honnêtement,
10:57comment...
10:57Cet homme dit ce qu'il sait faire
10:58avec les moyens qu'il a.
10:59C'est-à-dire ?
11:00Mais il dit quoi ?
11:01Que l'État n'a plus
11:02les moyens de nous protéger.
11:03L'État n'a pas les moyens
11:05de protéger
11:05quand il y a une telle masse
11:06de revendications
11:07qui permet
11:08une telle masse de casseurs
11:10et une telle opportunité
11:11pour les pilleurs.
11:12Oui, mais alors,
11:13Alain Bauer,
11:13très honnêtement,
11:14comment on fait face...
11:14Je ne dis pas que c'est bien
11:15en temps d'un lieu.
11:16Moi, je suis partisan
11:17comme ça qu'un c'est
11:18un État fort et puissant
11:19qui garantit
11:20sa promesse de protection.
11:22Toutes ses promesses
11:23de protection.
11:24Mais comment peut-il
11:24garantir cette promesse
11:25quand il fait face
11:26à des rages multiples
11:27pour certains,
11:28à une haine de la France aussi,
11:30pour d'autres ?
11:31Il y a des résidus
11:31de tous les mouvements
11:32dont vous venez de me parler,
11:33autrement dit,
11:34la génération Nahel...
11:35Il essaie de considérer
11:36qu'il faut y répondre
11:37de temps en temps
11:38parce que l'idée de l'État,
11:39c'est une fois qu'il ne l'apparaît...
11:40C'est Henri Cueil.
11:41Il n'est pas de problème
11:42qu'une absence de solution
11:43ne puisse résoudre.
11:44C'est un homme politique
11:45du millénaire dernier
11:46pour ceux qui ne sont pas
11:48tout à fait à jour.
11:49Mais la réalité est celle-là.
11:50L'État a pris l'habitude,
11:51un, de ne pas négocier
11:52avant que ça soit sérieux,
11:53donc qu'il y ait de la casse.
11:55Deux, de donner,
11:56au moment où il y a de la casse,
11:57le double de ce qu'il aurait pu
11:59diffuser dans une négociation
12:02correcte.
12:02Que ce soit les retraites,
12:04les salaires,
12:05le pouvoir d'achat,
12:06le point d'indice
12:07des fonctionnaires,
12:07l'état des établissements scolaires,
12:09l'absence de professeurs...
12:11Vous pouvez tout rajouter.
12:12Quel service public
12:13vous connaissez
12:14qui fonctionne bien
12:14en France,
12:15à part la collecte des impôts ?
12:16Moi, je m'étonne avec...
12:17Justement.
12:18Aucun.
12:19Pour l'instant,
12:19il fonctionne très bien.
12:20Oui.
12:21Enfin, non,
12:21parce que le site est tombé
12:23aujourd'hui,
12:24après avoir été hacké
12:25il n'y a qu'un jour.
12:25Ce qui est un indicateur
12:26aussi de l'impuissance
12:28de l'État
12:28à imposer des règles
12:30aux autres,
12:30qu'il n'arrive pas
12:31à se donner
12:32à lui-même.
12:33Et donc,
12:34tout ceci cumulé
12:35amène une convergence,
12:36non pas des luttes,
12:37Donc, l'État ne peut plus tout
12:38du tout.
12:39L'État ne peut plus tout.
12:40Alors, il peut encore un peu,
12:41et c'est ce qu'il va essayer
12:43de démontrer,
12:44le 24,
12:44mais par des mesures,
12:45les dernières mesures
12:47qu'il sait prendre
12:47et qui est une forme
12:49de logique
12:49et de légitimité,
12:51c'est la réponse
12:52autoritaire.
12:53C'est ce qu'il fait.
12:54Ah, vous dites autoritaire,
12:55pas sécuritaire.
12:56Non,
12:57sécuritaire,
12:57et on ne ferait pas appel
12:58à la sécurité privée.
13:00Intéressant.
13:01Comment vous expliquez,
13:02Alain Boer,
13:02il y a quand même
13:02quelque chose là encore
13:03de vertiginé,
13:04que certains
13:05se laissent à ce point
13:06entraîner dans un tel cycle
13:07de la haine et de la rage.
13:09Est-ce qu'il y a une forme
13:10d'embrigadement ?
13:11Non, non.
13:11Il y a la psychologie
13:12de masse des foules.
13:13J'ai écrit la préface
13:15de la réédition
13:15de Gustave Le Bon,
13:17c'est disponible
13:17pour tout le monde
13:18et je raconte une histoire
13:18qui se passe d'ailleurs
13:19en Italie.
13:20Dans les années 70,
13:21il y a un groupe
13:22qui tout d'un coup
13:23déborde la CGT italienne
13:24et le Parti communiste italien
13:26qui s'appelle
13:26Voglio Mi Tutti.
13:27Nous voulons tout
13:28et qui part sur Milan
13:29pour tout casser.
13:30Sur le thème,
13:31il n'y a pas
13:32de revendication.
13:33C'est un mouvement
13:33de rage
13:38très communiste.
13:38Ce n'est pas
13:39des ultra-gauchistes,
13:41ce mot qui ne veut rien dire
13:42mais qui regroupe
13:43des tas de chapelles
13:44différentes.
13:44Non, c'est un mouvement
13:45de rage et de colère
13:47purement social.
13:48Il n'y a pas
13:48d'autre revendication.
13:49Là, on a
13:49toutes les colères,
13:51tous les gens
13:52qui sont en colère
13:53se retrouvent
13:54dans une seule revendication
13:55que l'État
13:56reprenne sa place.
13:57En fait,
13:58ce à quoi nous assistons,
13:59c'est une demande
13:59de retour à l'ordre.
14:00C'est très étonnant.
14:02D'ailleurs,
14:02les pillards,
14:04oui,
14:04sont des ultra-consuméristes.
14:07La quasi-totalité
14:08d'entre eux
14:08font de la revendre.
14:09D'accord.
14:10Ça, c'est pour cela.
14:10Mais il y a
14:11les opérations
14:11très ciblées,
14:12préparées en amont.
14:13On venait de voir
14:14la mairie de Limoges.
14:16Comment vous explique
14:17nos renseignements
14:18pointés du doigt ?
14:20Très honnêtement,
14:20Alain Bauer.
14:21La DGSI
14:23a très bien fait
14:24son travail.
14:25Mais la DGSI
14:25a fait un travail
14:26qualitatif.
14:27Elle a dit
14:27qu'il y a tant de groupes,
14:28ils sont 5 000
14:28ou 3 000.
14:29Il y a des apports
14:30qui viennent de l'étranger.
14:31On les a mis
14:31sous surveillance.
14:32Il y a 20 000 fiches.
14:34Tout ça fonctionne très bien.
14:35Le problème,
14:36c'est de passer
14:36d'une étude qualitative
14:38à une réalité opérationnelle.
14:40Le renseignement criminel français
14:41n'existait pas
14:42il y a encore
14:43quelques années.
14:44Il a fallu
14:45que ce soit un Belge
14:46et un Français
14:46qui écrivent un livre
14:47sur le renseignement criminel,
14:48notamment le directeur actuel
14:49de l'Académie du Renseignement,
14:50M. Guéraud,
14:51pour qu'on se dise
14:51« Ah oui, quand même,
14:52il faudrait en faire ».
14:53C'est-à-dire que notre mode
14:54d'organisation,
14:55il est pyramidal
14:56et il descend vraiment
14:58de l'eau vers le bas.
14:58On veut comprendre
15:00une note des renseignements.
15:01On demande,
15:01l'État,
15:02le chef de l'État,
15:03le ministre de l'Intérieur
15:05et tutti quanti,
15:06si je peux dire,
15:06demande une note
15:07au renseignement.
15:08Sur samedi,
15:10il y a bien marqué
15:10toutes les menaces.
15:11Oui,
15:12mais pas la quantité.
15:13Toutes les menaces y sont,
15:14à part le pillage,
15:15qui est un élément
15:16qui ne peut apparaître.
15:17C'est plus important
15:17la quantité, non ?
15:19Ah ben oui,
15:19mais si vous décidez
15:20que c'est les vacances,
15:21que tout le monde va partir,
15:23qu'on croit aux politiques
15:24et donc qu'on leur fait plaisir
15:25en disant
15:26« Oui, oui,
15:26le mouvement s'essouffle,
15:27M. le ministre,
15:28ou M. le Premier ministre,
15:29ou M. le Président,
15:30dans ce cas précis. »
15:31Donc, il a pu y avoir
15:32des notes éduquées.
15:33Vous savez, une fois,
15:33dans ma vie,
15:34quand j'étais avec
15:35Michel Rocard à Matignon,
15:36un de ses amis
15:37voulait être candidat
15:38dans une cantonale
15:40ingagnable.
15:41Ingagnable.
15:41Tout le monde y allait
15:42pour la cause.
15:44Arrive la note
15:45du renseignement général.
15:46À l'époque,
15:47il faisait des notes politiques
15:48pour dire que le candidat
15:49avait une chance
15:49d'être élu.
15:50Michel Rocard,
15:51à qui on ne la fait pas,
15:52dit « Je n'y crois pas
15:54une seconde ».
15:54Et il se trouve,
15:55par un merveilleux hasard,
15:56nous avons pu reconstituer
15:57la note du service local
15:59qui avait fait
16:00la première étude
16:01de proximité,
16:02qui disait
16:02« Il sera battu 55-45 ».
16:05Six notes plus tard
16:06en remontant la hiérarchie
16:07pour faire plaisir
16:07au Premier ministre.
16:08J'allais dire,
16:09à part lui,
16:09ce n'est pas grave,
16:10mais là,
16:10ce qu'on a mis en cause,
16:11c'est des millions de dégâts.
16:13C'est notre intégrité.
16:14C'est la même chose.
16:15C'est-à-dire que
16:16vous sous-estimez
16:18un mouvement social.
16:19Ça arrive à tout le monde.
16:21Vous croyez
16:22qu'il ne se mobilisera pas
16:23parce que c'est les vacances.
16:23Alain Bord,
16:24rassurez-moi,
16:25au plus haut sommet de l'État,
16:26ils ont conscience
16:26de la violentisation
16:27de la société.
16:28Ils sont au courant.
16:30Je n'ai pas les preuves suffisantes
16:32pour vous donner
16:33un avis sur la question.
16:34En général,
16:34je suis toujours surpris,
16:35à la fois par la lucidité
16:37des politiques,
16:38et je vous l'ai déjà dit,
16:38par leur lâcheté opérationnelle
16:40pour dire aux gens des choses.
16:41Mais de temps en temps,
16:43ils sous-estiment
16:44les mouvements.
16:44Mais je l'ai vécu
16:45quand j'étais vice-président
16:46de l'UNEF
16:46et que j'avais face à moi
16:48des dirigeants politiques
16:49qui n'étaient pas
16:49les plus idiots
16:50que j'ai rencontrés,
16:52à part Alain Devaquet
16:52à qui je rends un hommage posthume
16:54parce que lui,
16:54il a bien compris
16:55ce qui était en train de se passer.
16:56Mais autour de Jacques Chirac
16:58et à part Jacques Chirac,
16:59tous les autres expliquent
17:00que tout allait bien.
17:00Le seul homme politique
17:02qui a compris immédiatement
17:03ce qui était en train de se passer
17:04était Charles Pasqua.
17:06Charles Pasqua,
17:07qui dit...
17:07Il aurait dit,
17:08s'il était de ce monde,
17:10il faut terroriser
17:12les pilleurs,
17:13les casseurs.
17:13Non, non.
17:13Lui, il a dit,
17:14on arrête.
17:15Comment vous voulez qu'on fasse ?
17:16À quel moment
17:17on voulait qu'on fasse ?
17:18Est-ce que vous êtes sûr
17:18que ça va s'arrêter ?
17:19Et il a tenu intégralement.
17:21Oui, ce n'est pas un secret.
17:22Qui est notre Charles Pasqua
17:23aujourd'hui ?
17:24Malheureusement,
17:24la production a été arrêtée.
17:27Est-ce qu'on risque
17:28de voir de nouveau
17:29les forces de l'ordre
17:30battre en retraite ce samedi ?
17:31Ça dépend.
17:32Si la relation
17:33forces de l'ordre
17:34est quantité,
17:35il n'y a probablement pas
17:37la même masse de manœuvres.
17:38Il y a les effectifs
17:39et il y a les munitions,
17:40rassurez-moi,
17:41ce samedi.
17:41Ça, j'espère.
17:42Je ne suis pas capable
17:43de vous le dire.
17:43Les munitions,
17:47c'est un nombre de tirs
17:48par rapport aux sous-effectifs
17:49et au fait que certains
17:50disent qu'ils ont renvoyé
17:51les projectiles
17:52qu'ils recevaient,
17:53je cite.
17:55Donc, ça, il faut voir.
17:56Je pense que, oui,
17:56l'effort a été fait
17:57de regarnir les troupes
18:00et une partie des munitions
18:01qui posaient problème,
18:01c'est que comme les affrontements
18:03ont commencé très tôt le matin,
18:04donc beaucoup plus tôt
18:05que d'habitude,
18:06les unités d'approvisionnement
18:07n'ont pas eu le temps
18:08de se positionner
18:08et quand elles étaient positionnées,
18:09elles ont été directement attaquées.
18:11Donc, il ne faut aussi
18:12pas sous-estimer
18:13la capacité tactique
18:14des casseurs
18:15les plus expérimentés,
18:16les plus politisés
18:17et qui savaient très bien
18:18ce qu'ils faisaient.
18:19Les voitures que vous voyez
18:20fuir, je crois,
18:21c'est à Marseille,
18:22sont des voitures vides
18:22avec simplement
18:23un chauffeur dedans
18:25et c'est pour ça, d'ailleurs,
18:26que c'est possible.
18:27Autrement,
18:27elles auraient été protégées.
18:28Vous voyez,
18:28il y a plein d'éléments
18:29qu'il faut prendre en considération.
18:30Eux, ils ont des capacités tactiques
18:32et des mobilités tactiques,
18:34des compétences tactiques
18:35qu'il ne faut jamais
18:36sous-estimer son adversaire.
18:38Ce qui a été fait en quantité
18:39et là aussi en violence.
18:41Le samedi à venir
18:42avec un haut risque aussi
18:44pour le congrès
18:45du Rassemblement national
18:46à Orléans
18:47sous très haute sécurité
18:48alors que l'ultra-gauche,
18:49il y a des organisations
18:51antifas qui menacent.
18:52Est-ce que la campagne
18:53présidentielle
18:53dans un pays comme la France
18:55peut se passer normalement
18:56dans des conditions démocratiques
18:57ou il faut s'inquiéter ?
18:58J'espère.
19:00Antoine Oberthorff
19:00a fait un très bon papier
19:01dans l'opinion
19:02parce qu'on a eu une discussion
19:04sur le troisième tour.
19:06Troisième tour,
19:06quel que soit le candidat
19:08élu au deuxième tour,
19:09si c'est ce auquel on pense,
19:10le troisième tour
19:11va être un peu brutal.
19:12Et il me dit,
19:12en fait,
19:13le troisième tour
19:13a précédé le premier tour.
19:15Et je crois que c'est assez juste.
19:16Ah oui.
19:16Donc là,
19:17c'est un galop d'essai ?
19:18Alors,
19:19c'est un effet du hasard.
19:20Mais il se trouve
19:21qu'il donne,
19:22comme vous le dites très bien,
19:23un climat général
19:24de la manière dont...
19:25Si Marine Le Pen
19:25passe au pouvoir.
19:26Ah non,
19:27de toute la campagne.
19:28Parce que tout le monde,
19:30regardez,
19:30qui peut aller aujourd'hui
19:31dans une manifestation ?
19:33À part Mme Binet
19:34de la CGT
19:36et M. Mélenchon.
19:38sans se faire huer,
19:40bousculer,
19:40etc.
19:41Personne.
19:42Donc c'est une partie
19:42du problème.
19:43D'ailleurs,
19:43je suis intéressé
19:44de voir comment va se passer
19:45la visite de tous
19:46les responsables
19:46de la gauche,
19:47non,
19:48LFI,
19:50à la manifestation.
19:51Parce qu'on annonce
19:52Olivier Faure.
19:53Mais je ne sais pas
19:53si M. Glucksmann
19:54va y aller.
19:55Je veux dire,
19:55ce n'est pas un indicate...
19:56C'est la question
19:59qui se pose
20:00et qui est posée
20:00aujourd'hui
20:01par la réorganisation
20:03du maintien de l'ordre.
20:04ce n'est pas la réorganisation
20:05de la doctrine
20:05de maintien de l'ordre.
20:06C'est une espèce de...
20:08Il faut marquer le coup.
20:09On n'est pas submergé.
20:11On n'est pas effondré.
20:12On agit,
20:12on réagit,
20:13on va au contact.
20:13Nous allons donner tort
20:14aux horreurs
20:15qu'annonce Alain Boer
20:16comme d'habitude.
20:17Mais il y a un sujet.
20:18Donc voilà.
20:18Mais moi,
20:19je ne crois pas que demain
20:20est l'épicentre du problème.
20:21Je pense que c'est
20:22le 5 novembre.
20:23Parce que le 5 novembre,
20:26ils manifesteront deux fois plus
20:27avec deux fois plus de rage
20:29pour exprimer leur colère
20:30face à une absence
20:31de la réponse
20:32sur la partie sociale.
20:33Le 5 novembre,
20:34ça peut être pire
20:34que le samedi 17 octobre ?
20:36Je préfère que pas.
20:38Mais quand on ne répond pas
20:39à la masse de manœuvre
20:41qui permet tout le reste,
20:43on a une masse de manœuvre.
20:44Et tout le monde
20:44sort sur la masse de manœuvre,
20:45détourne la revendication
20:47et va à la casse
20:48et au pillage.
20:49Mais alors Alain Boer,
20:51le débat sur l'état d'urgence,
20:53débat qu'on a,
20:54qui s'est tenu aussi en 2005,
20:56Oui, j'y étais à l'époque.
20:58Moi, j'ai poussé
20:59à l'état d'urgence.
21:00Mais alors si le 5 novembre,
21:01ça peut être pire,
21:02qu'est-ce qu'on attend ?
21:04On attendait que le président
21:05dise quelque chose
21:06dimanche soir.
21:07Il aurait pu dire
21:08qu'il fallait qu'il dise
21:09l'état d'urgence ?
21:09Il aurait pu dire
21:10des tas de choses,
21:11la loi de 55.
21:12Mais là, vous voyez,
21:13il annonce tout à l'heure
21:15des mesures très fermes.
21:16Mais il n'en a ni le pouvoir
21:17ni l'autorité
21:17puisqu'il s'en est privé.
21:20Les seuls qui ont ce pouvoir,
21:21c'est les préfets.
21:22C'est l'intérieur
21:23donnant des instructions aux préfets.
21:26Ce qui est le problème
21:27d'Emmanuel Macron
21:28de manière structurelle.
21:30Il est tout le gouvernement
21:30à lui tout seul
21:31et tous les autres
21:32n'existent pas.
21:33Il est le chef du renseignement.
21:34On a bien compris aujourd'hui.
21:35Mais les ordres
21:37sont donnés par les préfets.
21:38Nous sommes jeudi.
21:39D'habitude, les préfets
21:39font ça le vendredi
21:40pour éviter la censure
21:41du tribunal administratif.
21:43Là, on va encore avoir
21:44des décisions
21:44de tribunal administratif
21:45pour savoir si à Marseille,
21:46on peut interdire
21:48tout le temps
21:49et dans le département.
21:51Je n'ai jamais vu
21:52la jurisprudence administrative
21:53aller aussi loin.
21:54Ça ne veut pas dire
21:54qu'ils ne vont pas accepter
21:56des choses
21:57ou une partie des choses.
21:58Mais là,
21:59le gouvernement
22:00a déjà choisi
22:00un jour bizarre.
22:01Jeudi.
22:02Tous les préfets
22:03savent qu'il vaut mieux
22:05attendre vendredi.
22:06Ça permet d'être trop tard.
22:07Vous avez eu,
22:08je ne sais pas,
22:09hier je crois,
22:10ou aujourd'hui,
22:11une manifestation
22:11interfacte.
22:12Oui, aujourd'hui.
22:13Oui,
22:13le tribunal administratif
22:14a annulé l'interdiction.
22:16Oui, effectivement.
22:17Cinq minutes avant
22:17avec des unités de police
22:19qui se demandaient
22:20ce qu'ils devaient faire
22:21et si c'était autorisé
22:22et si c'était interdit.
22:23Par ailleurs,
22:24on interdit
22:24beaucoup de manifestations
22:25qui ont malgré tout lieu.
22:28Manifestations sauvages,
22:29regroupements sauvages.
22:30Ça,
22:30ce n'est pas l'interdiction
22:31qui compte,
22:31c'est la capacité
22:32à faire appliquer
22:33l'interdiction.
22:34Moi,
22:34je crois que demain,
22:35enfin le 24,
22:36sera un jour
22:37où il va y avoir
22:39un effet
22:40d'affirmation
22:41de l'autorité de l'État.
22:43Voilà.
22:43Et donc,
22:43a priori,
22:44mon pari,
22:47et je souhaite
22:48que ça soit pacifique
22:49et tranquille,
22:50c'est que
22:51ce ne sera pas
22:52le jour
22:52où,
22:53à part quelques escarmouches
22:54ici et là,
22:55est un gros problème
22:56à Orléans,
22:56mais ils ont beaucoup
22:57de chance à Orléans,
22:58ils ont Hugues Moutou.
22:59Le préfet Hugues Moutou.
23:00Parce que,
23:00vous avez vu,
23:01c'est la conférence de presse
23:03la plus carrée
23:04que j'ai vue depuis
23:05très très très longtemps.
23:06C'est le droit de manifester,
23:07les limites du droit
23:08de manifester,
23:09on entre là,
23:10mais pas là,
23:11ça dure comme ci,
23:12ça dure comme ça,
23:13et c'est comme ça
23:13que ça va se passer.
23:14D'ailleurs,
23:15ce serait intéressant
23:15d'interroger le préfet Hugues Moutou
23:17pour savoir ce qu'il pense
23:17d'une telle situation.
23:19On verra après,
23:20peut-être.
23:20C'est plus intéressant
23:21de l'avoir le dimanche
23:22que le jeudi ou le vendredi.
23:24Mais je pense que c'est un élément.
23:26Le préfet Lallement
23:27était hier
23:28sur une autre chaîne,
23:29il a aussi recadré
23:30ce qu'était la propre pratique
23:32qui était la sienne
23:32avec la réaffirmation
23:34aussi lui-même
23:35que le préfet était là
23:36pour garantir
23:36la liberté de manifestation,
23:38mais pas la casse
23:38qu'elle est avec.
23:39Mais là,
23:39on ne parle plus
23:40de maintien de l'ordre,
23:40là on parle
23:41de gestion du désordre.
23:42Absolument.
23:43C'est ce qu'ils font tous.
23:44Ben oui.
23:45Le contrôle de l'espace urbain,
23:47c'est une science
23:48qui doit être revue
23:48à chaque fois,
23:49qui doit être adaptée
23:50à chaque fois.
23:5168, 86, 93, 95,
23:53je peux vous faire la liste,
23:54je l'ai fait l'autre jour
23:55dans un papier.
23:56À chaque fois,
23:57on a changé la doctrine.
23:58La dernière fois,
23:58c'était en 2021,
24:00après une censure partielle
24:01du schéma national
24:02de maintien de l'ordre
24:05qui datait de 2020
24:06et la remise en état
24:07du maintien de l'ordre parisien
24:08par le préfet Lallement.
24:10Quand on voit les profils
24:11de certains interpeller
24:12Alain Bauer,
24:13il est dit
24:14qu'il n'y a pas
24:15de casier judiciaire,
24:16il est inconnu
24:17des services de police,
24:18il a un travail,
24:19il est inséré.
24:21C'est vrai qu'il y a
24:22une diversité incroyable.
24:23D'abord,
24:24c'est les premiers interpellés.
24:25Je vous rappelle
24:25que les premiers gardes à vue
24:26dans le début
24:27du mouvement lycéen,
24:28c'était 90%
24:29de jeunes mineurs inconnus
24:31et 10%
24:32d'un peu plus connus.
24:33Là,
24:33on est dans un tiers
24:36de majeurs connus.
24:40On est dans des processus
24:42et hommes
24:43pour l'essentiel.
24:44C'est ce qui court
24:45le moins vite
24:46ou c'est les vrais
24:46profils des durs ?
24:47C'est ce que disait
24:48un procureur alsacien
24:49quand je lui faisais
24:50la même remarque que vous
24:52après un 31 décembre
24:54un peu chaud
24:54et il me disait
24:56oui,
24:56vous avez raison
24:57mais les autres,
24:57ils courent plus vite.
24:59Non,
24:59en fait,
25:00il faut voir
25:00sur la lenteur
25:01puisque une partie
25:03des comparutions immédiates,
25:04il y a eu un report
25:05pour préparer leur défense
25:06et d'autres,
25:07il y a eu une enquête
25:07pour garantir,
25:08notamment pour les faits
25:09les plus graves.
25:10Là,
25:10on est dans le petit voleur
25:12ou celui qui a agressé,
25:14a jeté quelque chose
25:15sur un policier
25:16ou un CRS
25:17et qui s'est fait attraper.
25:18Mais là,
25:18il faut attendre
25:19sur la durée,
25:20c'est-à-dire
25:20une quinzaine de jours,
25:23un mois
25:23pour avoir
25:24la cartographie réelle
25:25de qui sont ceux
25:26qui ont été interpellés,
25:27qui ne sont qu'un échantillon
25:29plus ou moins représentatif
25:31de la réalité
25:31de ce qui s'est produit.
25:34Et on apprend à l'instant
25:35qu'à Paris,
25:36le couvre-feu est prolongé
25:37jusqu'à lundi matin.
25:38Bon,
25:39on entend déjà
25:39ceux qui hurlent
25:41aux prises de décision
25:44liberticides,
25:45à l'autoritarisme,
25:46mais est-ce que
25:47le plus inquiétant,
25:48Alain Bauer,
25:49les rages,
25:50toutes ces rages,
25:51est-ce qu'on y répond
25:51par une réponse sécuritaire ?
25:54Jamais.
25:55Ça donne une pause.
25:57Ça permet une pause.
25:58Ça permet à l'État,
25:59en général,
25:59de réfléchir à la réponse sociale.
26:01Et là,
26:01il n'y a rien
26:02qui répond à la demande sociale.
26:03– Mais comment vous l'expliquez ?
26:04Nous avons des forces de l'ordre
26:05qui sont exténuées,
26:06qui sont blessées,
26:08qui sont moralement même
26:10démobilisées pour certains ?
26:11– Oui.
26:11Quand vous avez Mme Kebab,
26:14que je salue,
26:15qui vient dire
26:15« J'espère que tous les collègues
26:17ne se font pas porter pâle
26:18parce que leur sens
26:19de l'État,
26:21de la République,
26:22de leur mission,
26:23c'est un message très… »
26:26C'est un extraordinaire message.
26:27Et vraiment,
26:28je salue derrière la syndicaliste
26:30la policière républicaine.
26:31Mais ça veut aussi dire quelque chose.
26:33C'est un message personnel
26:34adressé à ses collègues,
26:35pas à nous.
26:36– Mais ça veut dire
26:37« Attention,
26:38vous allez tous nous appeler,
26:39mais on ne sera peut-être pas présents ? »
26:41– Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas…
26:42– Déjà, les mille blessés,
26:43ils ne vont pas revenir demain matin.
26:44Et puis ce n'est pas des petites blessures,
26:46ce n'est pas un ongle incarné.
26:47Je veux dire,
26:47il y en a qui sont gravement blessés,
26:49pas grièvement blessés,
26:50mais gravement blessés.
26:51En tout cas,
26:51dans des situations
26:52où ils ne peuvent pas exercer leur métier.
26:55Ce qui explique d'ailleurs
26:55l'extraordinaire rattrapage
26:57de toutes les unités possibles et imaginables
26:59dont la quasi-totalité
27:00ne savent pas faire du maintien de l'ordre.
27:02– Il y a la colère
27:03de la majorité silencieuse,
27:04mais c'est très important
27:04qu'on parle à l'emboueur d'autre chose
27:06parce qu'il y a aussi
27:07ce que le citoyen,
27:08le contribuable,
27:10voit devoir payer.
27:11Est-ce qu'on risque
27:11une forme de rupture
27:12de l'assentiment à l'impôt
27:13qui est aussi une forme de jacquerie,
27:15puisque vous parlez d'un peu de jacquerie,
27:16une forme de jacquerie fiscale ?
27:19Il y a un risque aujourd'hui ?
27:20– C'est-à-dire que
27:22payer plus pour avoir moins
27:23dans tous les services publics
27:26et pour à la fin,
27:27sur la promesse fondamentale,
27:28le contrat qui crée l'État en France,
27:30celui de la sécurité,
27:32avoir ce qui s'est produit
27:33avec des forces envoyées aussi
27:37en pâture aux casseurs
27:38par une incapacité à s'adapter
27:40à des événements en temps réel.
27:43Voilà, on ne peut pas tout prévoir.
27:44Ce n'est pas vrai.
27:45Donc, il n'y a pas besoin
27:46de faire un procès à la prévision.
27:48Mais on peut avoir
27:50une capacité d'adaptation.
27:51Et là, on était dans un défaut général
27:54de sidération devant la masse.
27:57Or, la masse, elle est là.
28:00Moi, je l'entends tous les jours.
28:01Je vois des gens dans la rue,
28:03je les vois tous les samedis
28:03en conférence.
28:05Elle est sensible.
28:06Je veux dire,
28:06il n'y a pas besoin
28:06d'être un génie intergalactique
28:08pour sentir ce qu'est
28:09l'état de rage sourde
28:11qui existe dans ce pays
28:12et pas seulement
28:13depuis les Gilets jaunes.
28:14C'est un effet de rage cumulative.
28:16Cumulative.
28:17Quand on n'a réglé
28:17aucun des problèmes précédents,
28:19il vous arrive
28:20dans la figure groupée.
28:21Ça veut dire que,
28:22pardonnez-moi,
28:23attendez,
28:23que la vraie jonction,
28:24c'est celle des rages aujourd'hui.
28:26Mais alors,
28:26quel est le lien
28:27entre les pilleurs ?
28:29Les pilleurs,
28:30c'est l'opportunité.
28:31C'est volé pour...
28:33La plupart d'entre eux,
28:34c'est volé pour revendre.
28:35Ce sont les éléments
28:37les plus avancés
28:38du capitalisme libéral.
28:39Ils ont tout compris
28:40du mode d'emploi.
28:41Ne rien payer
28:42pour vendre moins cher,
28:44créer un marché,
28:45et d'ailleurs,
28:45ils le font avec détermination.
28:47Ce ne sont pas des militants
28:47de la révolution socialiste.
28:49C'est pour ça que l'idée
28:50de la conjonction
28:51de l'ultra-gauche
28:52supposée de LFI
28:53et des pilleurs des cités
28:55est le truc le plus hilarant
28:57que j'ai entendu
28:58en sciences politiques
28:58depuis très longtemps.
28:59Le gouvernement ne cesse
29:00de nous expliquer ça.
29:01Ce n'est pas parce que
29:01le gouvernement le dit
29:02que c'est vrai
29:02et je n'ai pas vocation.
29:04Quand le gouvernement
29:04dit des choses justes,
29:05je l'ai dit.
29:06Je salue des grands fonctionnaires
29:09et des grands serviteurs
29:09de l'État
29:10qui ont le souci de la République
29:11et qui ne sont pas obligés
29:12de raconter n'importe quoi
29:13tout le temps.
29:14La porte-parole du gouvernement
29:15à votre place.
29:15Ici même,
29:16il y a deux jours,
29:16Maud Bréjon a dit ceci,
29:17sa phrase que je mets
29:18entre guillemets,
29:19ce sont les factieux
29:20et les racailles.
29:21Alors,
29:22les factieux,
29:22je ne sais pas qui c'est.
29:23Les racailles,
29:23ce n'est pas faux.
29:24Je n'utilise pas ce mot-là
29:26pour des tas de raisons diverses
29:27parce que ce n'est pas mon langage.
29:28Les factieux,
29:29oui,
29:30c'est possible.
29:31Les factieux sont des factieux.
29:32Les factieux sont des factions
29:33qui ont comme objectif
29:34de détruire la République.
29:36Et dans les blocs,
29:38les black blocs
29:39et les gilets jaunes
29:41qui sont devenus
29:42des blacks jaunes,
29:43vous savez,
29:44yellow black,
29:45on a tous à raconter.
29:46Qu'est-ce qui se passe
29:47dans un mouvement social ?
29:48Il accouche toujours
29:49d'une génération politique
29:51et d'une avant-garde radicale
29:54qui se dit
29:55si on n'arrive pas
29:56à l'obtenir
29:56par la manœuvre
29:58ou par la négociation
29:59ou par la démocratie,
30:00on va l'obtenir
30:01par la force.
30:02Et la réponse de l'État
30:04dans ces cas-là
30:05est autoritaire.
30:06Alors,
30:06soit elle est autoritaire
30:07surtout,
30:08ce qui est le cas
30:08que nous vivons aujourd'hui,
30:10soit elle essaye
30:11de varier l'autoritaire,
30:12le social,
30:13je te donne 15 milliards
30:13pour réduire
30:15le problème des gilets jaunes,
30:16je fais de l'importation
30:18de diesel pas cher,
30:19ben vrai,
30:20j'essaye d'étouffer le feu.
30:22Mais quand ça ne marche pas
30:23avec des totems,
30:25Parcoursup est un totem,
30:26le totem,
30:27vous ne pouvez pas y échapper.
30:28L'idée de dire
30:29on ne changera rien
30:31amène mécaniquement
30:31à dire
30:32si tu ne changeras rien,
30:33nous voulons tout.
30:34Ce que je racontais
30:35de ma préface
30:37de Psychologie des foules.
30:39Mais alors,
30:39comment vous faites
30:40aujourd'hui et demain
30:41si véritablement
30:42on continue à avoir
30:43des queues de comètes
30:44ainsi et peut-être pire
30:45le 5 novembre
30:45pour que les commerçants,
30:47M. Bauer,
30:47ne s'organisent pas
30:48eux-mêmes
30:48dans un véritable mouvement
30:50vraiment d'autodéfense
30:51et même de défense légitime
30:53tout simplement.
30:54Comment on fait
30:55pour que des habitants
30:56qui craignent
30:56pour leur famille,
30:57pour leurs habitations,
30:59eh bien eux-mêmes
31:00ne se retournent pas
31:01contre ceux qui vont venir ?
31:02Pour répondre aux casseurs,
31:04aux pilleurs et aux autres,
31:05on commence par régler
31:06le problème de la masse
31:07de manœuvres.
31:07Sans la masse de manœuvres
31:08des 500, 600, 800 000,
31:10tout le reste n'existe pas.
31:13Et l'idée qu'en résolvant
31:15la casse,
31:16on va éviter de répondre
31:18à la demande sociale
31:19n'existe pas.
31:20Car la demande sociale,
31:21elle est partout.
31:22Et d'ailleurs,
31:23tous les responsables politiques
31:24que vous avez sur ce plateau,
31:25parce que je vous écoute
31:26avec beaucoup d'attention,
31:27y compris les débats
31:27parfois un peu,
31:29mais en fait,
31:29il y en a un seul
31:30qui vous a dit
31:30que leur vendication
31:30n'était pas légitime ?
31:31Non.
31:32Ben voilà.
31:33Ça, c'est rare.
31:34Mais pardonnez-moi.
31:35La droite vous dit
31:36que c'est légitime
31:36et qu'il y a des liens méchants.
31:38qui ne l'aurait pas compris ?
31:39Je crois qu'il l'a compris
31:41parce que je ne leur fais pas
31:42le procès en stupidité.
31:44Mais je leur fais le procès
31:46où il n'y a pas d'argent.
31:48Donc, au lieu de sortir
31:49de la crise
31:49parce qu'on fait d'habitude
31:50des États généraux,
31:51un Grenelle,
31:52un grand débat,
31:53comme ils ont usé...
31:53Des bourses assis internes.
31:55Comme ils ont usé...
31:55Ça ne marche plus tout cela ?
31:57Ben non,
31:57puisqu'ils l'ont usé
32:01vous avez vu, vous ?
32:03Quand il y a des conventions citoyennes,
32:04on dit oui, oui, magnifique
32:06et on fait l'inverse.
32:07Donc, attendez,
32:08vous êtes en train de nous dire
32:09qu'on doit s'adresser à vivre
32:10avec beaucoup moins.
32:10Les bourses de démocratisation interne
32:11sont foulées au pied
32:12par l'État central
32:14qui donne ça comme un jouet
32:15mais surtout qui vous le montre.
32:18Et depuis le référendum
32:20sur le traité d'Amsterdam,
32:21l'idée que même le référendum
32:23n'est plus utile est pas là.
32:24Et quand vous avez quelqu'un
32:26qui vous dit,
32:26moi, par exemple,
32:26je suis pour le référendum
32:27pour tout et pour tous.
32:28Je suis gaulliste.
32:29Je suis sur la ligne
32:30article 11 inter 89,
32:32ça n'a aucune espèce d'importance.
32:33Le peuple doit avoir la parole
32:35sur un projet de loi
32:36dans des conditions
32:37où au moins 5 millions
32:38de signatures de 100 départements,
32:40il y a plein de règles.
32:41Mais une fois que c'est là,
32:42on respecte le référendum.
32:43Et tout le monde
32:44respecte le référendum,
32:45y compris le général de Gaulle.
32:47Et quand il est interrogé
32:48sur l'usage de l'article 11,
32:49il dit, c'est moi
32:49qui ai écrit la Constitution,
32:51si vous n'êtes pas content,
32:52allez voir ailleurs.
32:53Comment on peut,
32:53une fois qu'on a entendu
32:54le général de Gaulle,
32:55le rédacteur de la Constitution
32:56et le conseil constitutionnel
32:57de l'époque dire,
32:57dans ce cas précis,
32:59c'est le peuple qui décide,
33:00expliquer que oui, mais non,
33:01ça ne marche pas.
33:03Je trouve que c'est
33:08que vous portez le doigt
33:09sur le vrai nœud démocratique
33:10en réalité.
33:11C'est ça le problème.
33:12On vous interroge très souvent
33:13sur l'aspect sécuritaire.
33:14Elle commence au lendemain
33:16du rejet référendaire
33:18du traité d'Amsterdam
33:19et de la décision.
33:20C'est l'erreur originelle.
33:21Bien sûr, on aurait pu faire
33:22un deuxième référendum.
33:23On paye jusqu'à aujourd'hui.
33:24Bien sûr.
33:24Mais alors dites-nous,
33:24on paye beaucoup de choses là.
33:25Parce que là, c'est la solution
33:26à l'heure d'année de lâcheté,
33:28de renoncement.
33:28Oui, c'est ce que j'explique.
33:30Ce n'est pas un problème
33:30de lucidité,
33:38juste avant d'entrer
33:39dans les petites loges.
33:40Ils vous disent...
33:41Et arrivé chez vous,
33:42ils se transforment.
33:43C'est l'effet Gremlins.
33:44Ça peut arriver, oui.
33:45Ils prennent une goutte d'eau
33:46et on ne sait pas
33:47ce qui arrive.
33:47Et ils disent plus ou moins
33:49l'inverse.
33:49Parce qu'ils ont peur des gens.
33:51Une peur panique.
33:52Ça me stupéfait
33:54de manière systématique.
33:56Rocard, il disait,
33:57il faut parler vrai.
33:58Alors, je parle pour ma boutique.
33:59Puis de toute façon,
34:00je suis une espèce protégée
34:01désormais.
34:02Je suis dans une réserve naturelle.
34:03Il n'y a plus grand monde.
34:03Mais sur le fond,
34:05on peut dire aux gens la vérité
34:06et puis discuter avec eux
34:08de ce qu'ils veulent
34:08avec les effets pervers
34:10et positifs
34:11de toute décision politique.
34:12On peut expliquer aux gens
34:13que, oui,
34:15le diesel, c'est mal
34:16parce que ça rend malade,
34:17que la prévention,
34:17ça coûte moins cher
34:18que la répression.
34:21J'ai écrit un livre
34:22pour dire qu'on peut
34:23protéger les enfants
34:25avant qu'ils soient victimes.
34:28Parce qu'on infantilise
34:29les adultes
34:30en les prenant
34:31pour des enfants
34:31et les enfants,
34:32on les transforme
34:33en mini-adultes.
34:35On est dans une société
34:36qui marche à l'envers
34:36en réalité.
34:37Complètement.
34:37En fait,
34:38vous avez une proposition
34:39unanime,
34:40loin intégrale.
34:41Elle est présentée
34:42à l'Assemblée.
34:42On vous dit magnifique.
34:43En commission,
34:44la première décision
34:45qui est prise,
34:46c'est d'empêcher
34:47la réalisation
34:47de l'entretien initial
34:49dans le scolaire
34:50avec les jeunes enfants
34:51par manque de moyens.
34:53Alors c'est vrai,
34:53il n'y a pas de médecin,
34:54il n'y a pas d'infirmière
34:55et donc on ne va recruter personne,
34:57ce qui revient
34:58aux revendications légitimes
34:59des lycéens
35:00et du personnel scolaire,
35:01vous voyez,
35:01mes collègues.
35:02Et on dit,
35:03non mais on va le transformer
35:04en un petit questionnaire.
35:05Vous imaginez,
35:06enfant de 6 ans,
35:07vous avez des enfants,
35:07vous voyez ce que je veux dire.
35:08Bonjour,
35:09tu as été violé.
35:10Oui,
35:10non,
35:10ne sais pas.
35:11Et on est content de ça.
35:13Alors évidemment,
35:13il y a une révolte
35:13des associations,
35:14vous êtes tous dingues.
35:15On dit,
35:16d'accord,
35:16on va changer,
35:17on va le faire d'ici 2032.
35:18Alors il y a 160 000 victimes
35:20tous les ans
35:20d'une agression
35:22entre l'inceste
35:23et les agressions sexuelles
35:24sur mineurs.
35:24Tous les ans.
35:252032,
35:2627,
35:2628,
35:2729,
35:2730,
35:2831,
35:2832,
35:32qui peut assumer
35:35ce truc ?
35:36Personne.
35:37En même temps,
35:38les lycéens vous disent,
35:39on veut des infirmières scolaires,
35:40on veut des médecins scolaires.
35:41Il y a quelqu'un
35:42qui dit qu'il ne faut pas les mettre.
35:43Mais vers quelle société on va ?
35:45Je voyais aujourd'hui
35:46le hashtag
35:46balance ton pilleur.
35:48Oui.
35:49Est-ce que c'est une forme de délation
35:50ou est-ce qu'au contraire,
35:51c'est une forme de...
35:52C'est même une mission civique.
35:53Il y a beaucoup de magasins
35:54qui mettaient les photos
35:55des voleurs.
35:57Mais il se trouve
35:57qu'on a une difficulté,
35:59c'est que soit l'État
36:00assume son rôle d'État,
36:01policier,
36:01et judiciaire.
36:02Et on en revient à ce qu'on a dit.
36:03Et il n'y a aucune raison
36:04qu'on se fasse justice soi-même,
36:05qu'on tourne les systèmes.
36:07On a délégué ça à l'État.
36:09Bien sûr,
36:09c'est le contrat.
36:10C'est le contrat fondateur
36:12de l'État en France.
36:13Donc,
36:13c'était ma question première.
36:15Donc,
36:15le contrat social
36:16est plus que fragilisé,
36:17il risque d'être déchiré ?
36:19Il est remis en cours.
36:20Il n'est pas déchiré.
36:21C'est-à-dire qu'on dit
36:22mais le contrat,
36:23c'est ça.
36:24Où est votre part ?
36:25Moi,
36:25ma part,
36:25c'est payer l'impôt.
36:26Où est votre part ?
36:29Et le problème de l'État,
36:30c'est qu'aujourd'hui,
36:31il ne sait répondre
36:32qu'en envoyant
36:33beaucoup de policiers
36:34à la boucherie,
36:34parce qu'on va me dire la vérité,
36:36et une incapacité
36:37à répondre sur le social.
36:38Mais il ferait
36:39les États généraux
36:40de l'école
36:40avec tout le monde.
36:41Déjà,
36:42ça...
36:43Non,
36:44il dit,
36:44je ne réponds pas,
36:45on verra fin octobre.
36:46Fin octobre !
36:47Mais d'où vient
36:48cette idée
36:49du pourrissement
36:50comme réponse ?
36:50C'est très étonnant.
36:52En fait,
36:53tu peux discuter
36:53de tout ça tout de suite.
36:55Quand il y avait
36:55les coordinations
36:56d'infirmières
36:56dans les années 90,
36:57la première chose
36:58que Rocarapé
36:58m'a envoyée à la Sorbonne.
37:01C'était le jour
37:01de la première réunion
37:02de la coordination nationale.
37:03Alors,
37:03j'étais président de la Sorbonne,
37:04ça aidait,
37:04mais on a commencé
37:06à discuter immédiatement,
37:07parce que c'était
37:08normal et légitime.
37:09Quand des infirmières
37:10font grève
37:11pour sauver l'hôpital public,
37:13vous ne dites pas,
37:13je verrai ça
37:14l'année prochaine.
37:17Alors,
37:17pardonnez-moi,
37:18parce qu'amateurisme,
37:20cynisme ?
37:21Non,
37:23gestion...
37:23Chaotique ?
37:24Gestion chaotique,
37:25d'un pays
37:27dont le président
37:28n'a pas dissous
37:28l'Assemblée nationale,
37:29mais l'État.
37:30Il a dissous
37:31la Ve République.
37:32Il a créé
37:33les conditions
37:34de cette situation.
37:35Moi,
37:35je rends hommage
37:35au Premier ministre
37:37pour arriver
37:37à gérer
37:38un truc ingérable.
37:40Je veux dire,
37:41alors vraiment,
37:42moi,
37:42je salue
37:43un Premier ministre
37:44de la Ve République
37:45gérant la Ve République.
37:48Emmanuel Macron ?
37:48Il n'y a qu'un seul
37:49responsable
37:49du chaos ambiant.
37:51Et il le fait savoir,
37:52puisqu'il est Jupiter.
37:54C'est lui qui a créé
37:55les conditions
37:55de la Jupiterisation.
37:57Donc,
37:57voilà.
37:57Qu'est-ce qui se passe
37:58une fois qu'on a dissous
37:59la Ve République ?
38:00On est dans l'État
38:01dans lequel on est.
38:03Un instrument
38:03où il n'y a plus
38:04de colonne vertébrale.
38:05Donc,
38:06tout fonctionne
38:07à volo,
38:07tout le monde
38:08attend la fin
38:09de l'histoire.
38:10Et c'est le drame
38:11que nous vivons
38:13aujourd'hui.
38:13Il faut dire
38:14les choses telles qu'elles sont.
38:16Alain Beauvoir,
38:17je vous remercie.
38:18Mais,
38:19il n'y a pas
38:19de note positive
38:20parce que nous sommes
38:21dans une situation
38:21complexe.
38:22Si,
38:22la note positive,
38:23c'est l'insurrection démocratique.
38:24Moi,
38:25je dis aux gens,
38:25ne cassez rien,
38:26votez.
38:27Revenez au bulletin de vote.
38:29Croyez que votre bulletin de vote
38:30en 2027,
38:31il va servir à quelque chose.
38:32Je leur dis tous les samedis.
38:32Pour un peuple si politique
38:34que les Français.
38:35Votez pour qui vous voulez,
38:36mais votez.
38:36Votez à 80%.
38:39Revenez dans les urnes.
38:40Montrez-leur
38:41ce que vous voulez.
38:42Parce qu'on peut beaucoup
38:42critiquer les politiques,
38:43mais c'est nous qui les élisons.
38:45Vous n'en voulez plus,
38:45virez-les tous.
38:46Vous en voulez d'autres,
38:47prenez les autres.
38:48Vous voulez les plus extrêmes,
38:51si ça vous fait plaisir,
38:52c'est vous qui avez le pouvoir.
38:54Donc,
38:54reprenez le pouvoir.
38:55Moi,
38:55je crois au pouvoir citoyen.
38:58Et en fait,
38:58c'est le message
38:59du général de Gaulle.
39:00C'est assez curieux d'ailleurs.
39:02De revenir à la lettre
39:03à la cinquième.
39:04Oui,
39:05exactement.
39:05À la lettre de la cinquième
39:06au moment où il passe
39:08en 1962
39:09à la Constitution,
39:11par l'article 11.
39:12Exactement.
39:12Eh bien,
39:13la boucle est bouclée.
39:14Merci Alain Bauer,
39:15ce fut passionnant
39:16véritablement de vous écouter.
39:17Et je rappelle ce livre,
39:18mais qui résonne
39:20avec tout cela,
39:21même si on est sur
39:21des sujets autres.
39:23Mais malgré tout,
39:24c'est la société
39:25que nous voulons.
39:25Il faut sauver nos enfants
39:27aux éditions First.
39:28Merci pour votre analyse.
39:29Alors,
39:29on va recevoir quelqu'un
39:30que vous connaissez bien,
39:31je suppose,
39:31Frédéric Pechenard.
39:32Oui,
39:33très bien.
39:33Un très grand directeur
39:34de la police nationale
39:35qui avait la chance
39:37d'être lui un policier
39:38qui est devenu préfet
39:40et pas un préfet
39:40qui se fait passer
39:41pour un policier.
39:42Ah,
39:42c'est important comme nuance.
39:44Et on aura le maire de Marseille,
39:45Benoît Payan.
39:45Oui,
39:46bien sûr.
39:46Alors là,
39:46il va nous dire
39:47s'il est d'accord
39:47avec toutes ces mesures.
39:49En tout cas,
39:49je plains beaucoup
39:51ce qui s'est passé à Marseille.
39:52Moi,
39:53je suis lyonnais,
39:53donc on est en concurrence,
39:55mais j'ai un sentiment
39:56vraiment très amical
39:58pour mes amis à Marseille.
39:59j'en ai beaucoup
40:00et de ce qu'ils ont subi.