00:00Ainsi l'édito politique, Patrick Cohen, vous ouvrez ce matin le dossier Mélenchon.
00:04À six mois de l'élection présidentielle, ils sont deux candidats que rien n'atteint,
00:09qu'aucune polémique ne fait vaciller et qui continuent de galoper en tête des intentions de vote.
00:13Marine Le Pen, que les violences du 17 octobre propulsent à un niveau stratosphérique,
00:18au-delà des 35% d'après la dernière vague de sondage.
00:21Jean-Luc Mélenchon, loin derrière, mais qualifié pour le second tour dans tous les cas de figure.
00:26Mélenchon, Le Pen, le parti de la rue contre celui de l'ordre,
00:29Comme le note Jérôme Fourquet, ces deux-là ne cessent de mettre en scène leur combat et de le souhaiter.
00:35Ils ont aussi la particularité de faire l'unanimité contre eux,
00:38mais plus, plus avec le même degré d'hostilité.
00:41Les critiques sont maintenant bien plus fortes contre Jean-Luc Mélenchon.
00:44Le leader insoumis accusé d'attiser les violences.
00:46Accusé par tout le monde, droite, centre, gouvernement, gauche modérée, extrême droite,
00:50au point que le président du Sénat, Gérard Larcher, après Bruno Retailleau,
00:54parle d'interdire LFI comme on dit sous un groupuscule violent ou raciste.
00:58Pourtant, à y regarder de près, le dossier d'accusation semble bien mince.
01:03Une note de renseignement révélée par le Figaro indique qu'une vingtaine d'élus nationaux LFI
01:08sont allés soutenir des lycéens en grève.
01:11Et alors ? Est-ce que cela fait des insoumis les marionnettistes d'un mouvement dont chacun
01:15admet la légitimité, y compris le président dans son allocution de dimanche ?
01:19En réalité, les adversaires de Mélenchon devraient être jaloux de sa capacité à flairer les colères.
01:25La lecture de son blog nous montre qu'il a saisi très tôt le potentiel politique de la crise lycéenne
01:30et étudiante.
01:31Il faut accompagner cette période de mobilisation et de prise de conscience politique
01:36en lui ouvrant un débouché sur 2027, écrivait-il dès le 3 octobre.
01:41Mais cette implication dans un mouvement de jeunesse, ses appels à la révolte,
01:45ou même les liens de LFI avec le groupe d'Issouge, la Jeune Garde,
01:48ou avec le NPA de Philippe Poutou, suffisent-ils à faire de Mélenchon un complice des désordres ?
01:54Donc pour vous, il n'a pas de responsabilité dans les violences du week-end ?
01:56Il a expliqué dix fois, et encore hier soir, son refus de la violence.
01:59Mais, les mots ont leur importance, il refuse tout autant de la condamner.
02:05La violence aveugle qu'il dénonce est celle de la police, jamais celle des casseurs.
02:10Toutes les sociétés sont en proie à des pulsions, a-t-il minimisé l'autre soir sur LCI.
02:15Les attaques contre les forces de l'ordre, des policiers blessés,
02:18cela fait partie, je cite, des risques du métier.
02:21Jean-Luc Mélenchon est donc le seul à refuser de choisir entre les policiers et les pillards,
02:25ce que lui demandait Sébastien Lecornu.
02:27Il est en vérité le seul à tenir un discours qui peut être entendu,
02:32approuvé par les émeutiers, les violents, les délinquants.
02:36C'est aussi une clientèle électorale.
02:38Et d'autres mots importants pour finir ?
02:40Ce que Mélenchon a posté hier en réaction aux réquisitions du parquet de Paris
02:43contre l'eurodéputé Rima Hassan,
02:46poursuivi pour Apologie du terrorisme,
02:48dis-moi avec sursis, je cite,
02:50la Macronie sombre dans la honte de tous les abus de pouvoir et de la servilité
02:55devant les demandes de Netanyahou.
02:58Si l'on résume, nos gouvernants et nos juges sont aux ordres d'Israël.
03:02Cela aussi est à verser au dossier Mélenchon.
03:04Merci Patrick Cohen.
03:06On passe à l'économie.