00:00Charline, à Revin dans les Ardennes, il y a un lieu où tout le monde passe,
00:04ouvriers, cadres, jeunes, chômeurs ou retraités, c'est chez Angèle.
00:08C'est un mini kebab, que viande, maillot, normal ou léger ?
00:15Léger, oui, chez Angèle, c'est une baraque à frites, une institution à Revin.
00:20Avec son mari, Tonio, ça fait 28 ans qu'ils sont installés sur le même parking du centre-ville,
00:2628 ans qu'ils font des frites.
00:27Aujourd'hui, il suffit qu'Angèle regarde une patate en fronçant les sourcils
00:32pour qu'elle s'épluche instantanément toute seule.
00:34Ça fait 28 ans qu'Angèle et Tonio observent l'évolution de leur ville à travers la vitre du food
00:45truck.
00:45Cette évolution, on en a parlé ici cette semaine, c'est la désindustrialisation.
00:49Le problème, c'est l'emploi.
00:51C'est surtout que les gens ont quitté.
00:52Moi, quand je suis arrivé ici, on était 11 000 et des poussières.
00:56Aujourd'hui, on n'est plus 6 000.
00:58Il y a la crise qui s'est installée, comme dans plein de petites villes.
01:01Alors, ils ont vu la plupart de leurs clients perdre leur emploi.
01:04Et ils ont essayé de mettre la baraque à frites de l'autre côté de la rue.
01:07Ça a obligé les gens à traverser.
01:09Je ne dirais pas que c'était un échec, mais...
01:11Ça n'a pas marché.
01:14Angèle et Tonio essayent de trouver les mots qui réconfortent.
01:17La phrase qu'Angèle prononce le plus, c'est...
01:19Il n'y a pas de problème, avec plaisir.
01:21Je voudrais une crêpe kebab, mais sans oignot.
01:23Mais il n'y a pas de problème, avec plaisir.
01:25Avec cette émission, non seulement je perds des heures de sommeil, mais en plus je prends des kilos.
01:28C'est vraiment une belle aventure.
01:30Et puis, plus les usines ferment, plus la friterie a de clients.
01:33Et puis, les restaurants qui ferment, donc les gens reportent qu'il faut bien qu'ils mangent.
01:38Donc, au lieu d'aller au restaurant du coin, ils viennent chez moi.
01:41Et oui, les gens, il faut bien qu'ils mangent.
01:43Ça, c'est l'avis de Tonio, mais pour Emmanuel Macron, c'est quelque chose qui reste à prouver quand
01:47même.
01:47Notre devise, c'est ça.
01:48On doit repartir sans avoir faim.
01:50Donc, les gens, même s'ils n'arrivent pas à le finir, ce n'est pas grave.
01:52Et attends, les frites, parce que moi, je suis belge, attention.
01:54Oui, oh là.
01:55C'est faute à ton mode de cuisson, tout ça.
01:57Je fais de cuisson.
01:58Je pré-cuis et je cuis, tout simplement.
02:02Avec la graisse d'œuf ?
02:03Non, avec l'huile de tournesol.
02:06C'est parce que moi, je suis con, on discute paisiblement des problèmes de la France.
02:10Mais sur les frites, là, il ne faut pas me chercher.
02:12Quant à la devise, ne plus avoir faim en repartant, je ne vois qu'une explication.
02:16Angèle, c'est ma mère.
02:17Alors, pour nous, les Belges, Alix, parce qu'Alix, c'est belge aussi.
02:20L'huile de tournesol.
02:22Je suis en minorité.
02:23L'huile de tournesol pour les frites, c'est l'équivalent de l'ail chez les vampires.
02:28Pourquoi le tournesol ?
02:29Non, parce qu'entre les allergies, entre les végans, entre les musulmans.
02:36Donc, en prenant le tournesol, on touche tout le monde.
02:38Ah, ok.
02:38Donc, le tournesol, ça fédère les gens ?
02:40Je pense, oui.
02:41Parce que moi, je ciole la France pour regarder ce qui rassemble les Françaises et les Français.
02:45L'huile de tournesol.
02:47Allez, voilà.
02:48On a la solution pour rassembler toute la France.
02:50Mais ça sépare la France et la Belgique, manifestement.
02:52Oui, mais au moins, la France est rassemblée.
02:54Donc, moi, je ne sers plus à rien.
02:56Ça s'arrête là.
02:56Je prends ma retraite.
02:58Tonio, c'est pour quand la retraite, d'ailleurs ?
03:00Comme je suis avec une plus jeune que moi, donc je vais faire du rab.
03:04J'aurais dû prendre une vieille.
03:08Angèle, t'es trop jeune.
03:09Allez, allez, allez, prépare le kebab.
03:12T'as entendu ce qu'il vient de dire ?
03:14Non, je n'ai pas entendu.
03:15Il aimerait bien prendre sa retraite, mais il dit que je n'avais qu'une plus jeune.
03:18Il fallait choisir avant.
03:19Il vient de dire, j'aurais dû en prendre une plus vieille.
03:21Je ne voudrais pas capter, mais...
03:23Mais la plus vieille, elle ne l'aurait peut-être pas attendue non plus.
03:26Qu'est-ce que tu réponds à ça ?
03:27Il n'y a plus rien à dire.
03:28C'est dit, c'est tout est dit, tout est fait.
03:31Drops de fricandelles, j'ai l'impression.
03:34Tonio était à deux doigts de se retrouver dans la sauce.
03:36Samouraï.
03:37Maqué avec une femme plus jeune, il doit faire du rab.
03:40On a du bol que Macron soit maqué avec Brigitte.
03:43Alors, à la retraite, il se voura à sa passion.
03:45La restauration de voitures anciennes, son ancien métier.
03:48Il va troquer l'huile de tournesol pour l'huile de vidange et de l'huile de monoeil.
03:51Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
03:53Beaucoup de frites.
03:54Beaucoup de clients.
03:55Angèle, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
03:57La santé.
03:58La santé, c'est le moteur.
04:00Et du boulot.
04:00La santé et du boulot, oui.
04:02Tout le monde.
04:02Du coup, tu mets deux, trois feuilles de salade à côté de la frite, du coup.
04:05Non.
04:05Ah oui.
04:06Salade, tomate, oignon.
04:07Ah voilà, c'est ça la santé.
04:09Oui, salade, tomate, oignon.
04:11C'est ça, vivre d'amour et de frites fraîches.
04:15Charline.
04:16On vous retrouve samedi à 17h dans C'est Loin mais c'est beau, à Revin, avec la chanteuse
04:23ardennaise Flora Fischbach.
04:25Et vous vouliez dire un petit mot pour l'équipe ?
04:27Oui, merci à ceux qui m'ont aidé à préparer ces chroniques et l'émission.
04:29Céline Villegas, Marion Philippe, Christophe Imbert et notre stagiaire, Evan Lebihan.
04:34Voilà, et moi je me demande vraiment ce que c'est qu'une crêpe au kebab.
04:37Enfin, on va creuser.
04:38c'est toujours...
04:38Rendez de la chanteuse.