00:02De quoi nous parlez-vous, chers garçons, à deux jours des nouvelles manifs ?
00:06Un reportage qui a mis le feu aux poudres. Vous en êtes fier de ce lancement-là ?
00:10C'est le rédacteur en chef qui l'a écrit, c'est pas moi.
00:11Ah ok, d'accord.
00:12Bref, nous sommes dimanche soir, le JT de France 2 de 20h est un édition spécial,
00:16la France sous le choc, quand Laurent Delahousse lance un dernier reportage sur les événements de la veille.
00:21Le document de ce dimanche maintenant.
00:23Une de nos équipes était hier en immersion au cœur de cette journée du 17 octobre.
00:27Voilà, assisté à cette bascule, dans cette violence désinhibée.
00:31Au cœur de la capitale, récit signé des équipes de 13h15, des successions, regardez.
00:36Vont s'en suivre près de 13 minutes d'images brutes, de violences urbaines et d'interventions policières quasiment sans
00:43commentaire.
00:44Un ovni, disait hier Valéry Lerouge, le président de la société des journalistes de France Télé.
00:48Beaucoup s'en sont émus au sein de la rédaction, c'est ce qu'on m'a dit.
00:51Et la CGT de France Télé a même demandé la démission de l'équipe du 20h du week-end.
00:55Alors le médiateur de France Télé a interrogé Philippe Corbet, le directeur de l'information,
01:00qui a reconnu un manque de contexte et de précision.
01:02Il faut dire que ce reportage, normalement, était destiné à la série documentaire Succession,
01:07un documentaire sur l'élection présidentielle,
01:09et qu'il a été diffusé dans l'urgence à la place du 20h30 le dimanche, consacré à Angèle,
01:13et qu'il était loin, très loin, des codes habituels dans le JT.
01:16Alors on lui reproche quoi à ce reportage ?
01:17Alors pour résumer, d'abord le fait d'avoir juxtaposé principalement des images de poubelles qui crament,
01:22sans évoquer les actions pacifiques.
01:24C'est ce que le quotidien britannique The Guardian appelle le « protest paradigme ».
01:28C'est quand un média parle abondamment d'une manif et des violences qui en découlent,
01:32et marginalise ainsi les revendications qui ont provoqué cette manifestation.
01:36Dimanche soir encore, on est allé plus loin dans le « protest paradigme ».
01:40C'était sur CNews qu'il a sorti la grosse artillerie avec cette journaliste du journal du dimanche.
01:45C'est une information particulièrement inquiétante, Thierry,
01:48qui nous a été donnée par la DGSI,
01:51comme quoi des kalachnikovs et des pistolets mitrailleurs scorpions
01:55ont été retrouvés dans les mains des meutiers,
01:58présentés comme proches de la mouvance islamiste.
02:02Voilà, on passe des manifs au terrorisme islamiste,
02:05l'info a depuis été démentie par la DGSI.
02:07Et enfin...
02:08Non mais ça ferait rire si ce n'était pas aussi grave, en fait.
02:11Ah oui, au début on rigole, puis après on se rend compte
02:12qu'en fait ça va très très loin dans la désinformation.
02:15C'est fou de voir ça.
02:15Et au-delà de ça, dimanche soir, il a été, en toujours dimanche soir,
02:18il a été reproché à BFM, LCI et CNews,
02:21le choix de leur invité politique, le même sur les trois chaînes.
02:24Je crois que ce que nous avons vu hier,
02:26c'est le véritable visage du grand remplacement.
02:29Il a une apparence des hordes de barbares maghrébins et africains
02:34qui rentrent dans les villes.
02:37Voilà, je vous rappelle qu'on parle quand même de manif lycéenne,
02:40un nouveau dérapage raciste de la part de Zemmour,
02:42ici sur LCI, qui a donné lieu à une nouvelle saisie de l'ARCOM.
02:45Alors tout ça, ça arrive parce qu'on cherche de l'image et du parler cache.
02:49Et l'émergence sur les plateaux télé d'une jeune militante RN
02:52que vous avez dû voir, Louise Montangon,
02:54a né l'un des symptômes.
02:55D'ailleurs, à nous, elle adore, je pense que c'est un signe.
02:58La star du jour, c'est Louise Montangon.
03:01Je suis fan absolu.
03:02Elle s'est faite remarquer hier soir sur le plateau de LCI.
03:05Elle est arrivée, elle a atomisé tout le monde.
03:07Moi, je la veux sur le plateau.
03:08Si elle veut, je l'engage tout de suite.
03:11Voilà.
03:12Non mais elle te met de ses roustes.
03:13Oh mon gars, oh putain.
03:15J'ai envie de l'avoir en face de Gilles Verdez.
03:17Elle lui mettraient une rousse.
03:18Elle lui mettraient une fessée sans talc.
03:21Une fessée sans talc.
03:23La jeune femme a décliné la fessée sans talc.
03:25Mais on la retrouvera dans le journal du dimanche
03:27dont elle fait la une avec Philippe De Villiers.
03:29On fait la différence, juste, il faut la faire vraiment
03:32entre la désinformation, raconter n'importe quoi
03:35et avoir des opinions opposées et contradictoires.
03:38Ça n'est pas du tout la même chose.
03:39Et tout ça explique la défiance envers les médias
03:42qui est maximale maintenant.
03:42Et oui, car de tels événements et de tels traitements
03:45ça attire du monde sur les chaînes d'info
03:47quasiment deux fois plus que d'habitude.
03:49Mais ça attire aussi des problèmes
03:50puisque samedi dernier, au petit matin,
03:52les locaux d'Européens et de CNews ont été pris pour cible
03:55et sur le terrain, ce sont plusieurs équipes de journalistes
03:57qui ont été prises à partie de BFM à la Provence.
04:00Et pendant ce temps, les réseaux sociaux explosent.
04:03Des réseaux sociaux qui ne se contentent plus de documenter la manifestation,
04:07ils la génèrent et la mettent en scène.
04:09Vous savez peut-être que c'est un TikToker appelé V2
04:11qui a été le premier à proposer de manifester le 17 octobre.
04:14On était alors le 7 septembre
04:16et il dénonçait l'envolée des prix de l'essence.
04:19Et vous avez vu comme moi, depuis des centaines de vidéos de manifs
04:21sur les réseaux, d'abord festives
04:23et puis les images de violences urbaines qui ont pris le dessus.
04:26Toujours avec le même but, faire des vues, des likes
04:28et générer des abonnements.
04:30On a même vu des jeunes pillards inconscients
04:32qui se filmaient à visage découvert.
04:33Images dont se sert évidemment la justice.
04:35Du coup, certains veulent couper les réseaux ?
04:37Oui, c'est ce qu'a demandé Gabriel Attal
04:38qui a appelé à, je cite,
04:39un blocage temporaire et ciblé de certaines plateformes
04:42pour stopper l'effet de meute
04:44comme cela avait été fait en 2024 en Nouvelle-Calédonie
04:46par un certain Gabriel Attal.
04:49La décision a été depuis jugée illégale par le Conseil d'État.
04:54Ce mardi, le gouvernement avait réuni Snapchat, TikTok, Google et Meta
04:57mais le blocage n'est pas une piste envisagée.
05:00Bref, prochain épisode dès samedi.
05:02Merci beaucoup Christophe.
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