00:01La Grande Matinale sur France Inter
00:05C'est l'édito politique. Patrick Cohen, au moins deux candidats à l'élection présidentielle n'ont toujours pas trouvé
00:10comment financer leur campagne.
00:12Bruno Retailleau et Marine Le Pen, que les banques ultra frileuses jugent soit insolvable, soit infréquentable.
00:19Le candidat LR se voit opposer le risque de ne pas aller au bout ou de ne pas faire mieux
00:23que Valérie Pécresse qui avait échoué en 2022 à passer la barre des 5% des voix, le seuil de
00:28remboursement par l'État.
00:29Pour Marine Le Pen, c'est autre chose. Le risque de faire fuir une partie de la clientèle.
00:34Si vous prêtez au RN, je ferme mon compte et je change de banque.
00:38Plusieurs établissements ont reçu des centaines de messages de ce genre.
00:41A chaque fois que l'idée d'un crédit était évoquée, les banquiers évoquent aussi un risque de conformité qui
00:47tient au casier judiciaire du parti et de sa candidate condamnée.
00:51Un parti qui a emprunté à une banque russe en 2014, à une banque Emirati en 2017, ce que la
00:57loi interdit depuis.
00:57Pas de financement hors Union Européenne.
01:00A une banque hongroise en 2022.
01:02Rien de nouveau, mais c'est la première fois que le mouvement donné en tête de tous les sondages est
01:06traité par le système bancaire français comme un emprunteur à risque.
01:10Ce qui pose un réel problème démocratique.
01:12Emmanuel Macron qui ne partait pas favori en 2017, il n'avait pas eu des problèmes de financement ?
01:16Si, si, le futur président n'avait pu emprunter les 8 millions d'euros de sa campagne qu'en faisant
01:20assurer par une prime à plus de 200 000 euros le risque de ne pas atteindre les 5% et
01:27de ne pas pouvoir rembourser la banque.
01:29Entre temps, François Bayrou avait fait de la création d'une banque de la démocratie l'une des conditions de
01:34son ralliement à Emmanuel Macron.
01:36Mais l'idée avait ensuite été retoquée par le Conseil d'État.
01:38Alors aujourd'hui c'est le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui tente de trouver une solution.
01:43Il a appuyé en juillet la création d'un pool bancaire qui partagerait les risques financiers.
01:47Mais en retour, les banques ont exigé un filet de sécurité, une garantie d'État.
01:52Ce qui poserait une question d'égalité.
01:53Si Marine Le Pen bénéficie d'une garantie de financement, qu'est-ce qui empêcherait tous les autres candidats de
01:59la réclamer et l'État de le refuser ?
02:01Objection qui a conduit le gouvernement à renoncer.
02:04Rien n'est inscrit aujourd'hui dans le projet de loi de finances.
02:07Mais peut-être le dispositif reviendra-t-il par le vote d'un amendement ?
02:10Alors faute de loi, comment Marine Le Pen va-t-elle pouvoir se financer ?
02:14Par des prêts de particuliers, c'est légal, très encadré.
02:17C'est devenu au RN une pratique massive.
02:20Militants ou sympathisants prêtent au parti et le parti prête à la candidate à condition de rembourser ensuite.
02:26Sinon c'est un don déguisé.
02:28Or c'est déjà un terrain miné.
02:30Le RN est justement dans le viseur des juges pour des soupçons de financement illicite sur la campagne de 2022
02:36de Marine Le Pen à propos d'une vingtaine de très gros prêts pour plus de 2 millions d'euros.
02:41Conclusion Patrick ?
02:42Ben j'en ai pas.
02:43Le financement présidentiel est aujourd'hui un problème sans solution évidente.
02:48Avant le cornu, Bayrou avait bien tenté de relancer son idée de banque de la démocratie dans son discours de
02:53politique générale
02:54pour que le financement de la vie politique ne dépende pas de banque privée, disait-il.
02:59Huit mois plus tard, il était renversé par le RN.
03:02Merci Patrick Cohen, à demain.