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  • il y a 3 minutes
Charlotte d'Ornellas qualifie l'instauration d'un couvre-feu comme la moindre des choses pour les habitants. «L'honnête citoyen est en colère mais surtout épuisé et inquiet de ce qui arrive. Alors il réclame bien légitimement de pouvoir vivre en paix», constate la journaliste du JDD.

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Transcription
00:00Comment appréhender ces interdictions ?
00:02Elles sont compréhensibles autant dans leur mise en place que dans la volonté de les appeler de ses voeux.
00:08Et certaines sont même peut-être, sans doute, je ne suis pas une spécialiste, mais nécessaires dans l'urgence.
00:14Mais il faut quand même voir à quoi se résume notre analyse de la situation, en tout cas chez certains,
00:19depuis quelques jours.
00:20Nous sommes pris en étau entre le procès du renseignement, qui devrait quand même savoir mieux tout ce que nous
00:25nous apprêtons à faire, notamment le samedi,
00:27et l'appel à un tour de vie sécuritaire pour tous, afin de réussir à en contenir quelques-uns.
00:33Parce que c'est ça qu'on nous explique, on nous explique que tout ça est extrêmement minoritaire,
00:37que ce soit l'ultra-gauche, que ce soit les pillards qui sont arrivés à la fin, tout ça est
00:42extrêmement minoritaire.
00:43Mais pour contenir ces quelques personnes, il faudra contenir le tout.
00:51Vous pouvez le laisser par terre, c'est très gênant. Merci.
00:54Entre les deux, donc entre ces deux analyses, on va dire, il y a quelques constats qui sont encore discutés,
01:01on en parle depuis hier, même sur le constat, nous n'arrivons pas à nous entendre,
01:05et des injonctions contradictoires à à peu près tous les étages.
01:08Au milieu, un échec patent, celui d'émeut de sa répétition, dont les prétextes varient pour une raison simple.
01:15On a vu une alliance se faire samedi.
01:18Les uns veulent renverser l'État et le font assez régulièrement.
01:21On a vu des profils, notamment, vous savez, ils attaquent des fourgons, les installations Enedis, des rails de train.
01:29Mais tout le monde s'en fiche.
01:30Moi, ça me fascine absolument.
01:32Il y a des attaques en règle contre des installations qui sont revendiquées à l'ultra-gauche.
01:36Et tout passe, tout passe d'année en année.
01:39Alors là, évidemment, le spectacle est tellement sidérant qu'on s'y intéresse d'un peu plus près.
01:43Et encore, avec quelles conséquences, on ne sait pas encore pour l'instant.
01:47Et les autres, ceux qui sont arrivés des cités, puis dans un nihilisme revendiqué, tenté de vengeance postcoloniale, de haine
01:53diffuse, de revendications parfois religieuses ou de slogans sans réalité.
01:58Mais nous avons d'un côté une revendication politique, de l'autre une volonté de détruire.
02:03Et l'honnête citoyen, vous avez raison, il est dans colère, mais il est surtout épuisé et inquiet de ce
02:08qui arrive.
02:09Alors, il réclame bien légitimement de pouvoir vivre en paix, assez peu soucieux de se priver légalement de quelques libertés
02:16qu'il ne prend plus en raison de la situation.
02:19L'État peut bien nous empêcher de sortir.
02:21De toute façon, on n'ose plus le faire.
02:22Le soir, en l'occurrence, il peut bien nous empêcher de manifester.
02:26On n'osait déjà plus vraiment.
02:27Ce sont ces dizaines, voire ces centaines de milliers de Français qui étaient prêts à aller manifester samedi,
02:32notamment sur la question de la vie chère, cette question des gilets jaunes, la question du carburant,
02:36et qui évidemment ne se sont pas mêlés à cette manifestation.
02:39Il peut bien étendre ses pouvoirs, qu'ils soient administratifs ou judiciaires, pourvu que ça marche.
02:44Mais une question demeure toutefois, est-ce que ça marche vraiment ?

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