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  • il y a 1 jour
Ce sont des scènes qui ont marqué tous les esprits ces 17 et 18 octobre: des commerces pillés, des bâtiments incendiés, des violences débridées, en parallèle de cortèges pacifiques de manifestants venus très nombreux pour exprimer des revendications sociales, quelque 550.000 selon le ministère de l’Interieur, plus de 800.000 selon les organisateurs.

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00:03Pour cette boutique parisienne de bijoux, c'est un réveil presque irréel.
00:11Rien n'a résisté à la violence d'une nuit de pillage que Nadia, la gérante qui souhaite rester anonyme,
00:18a suivi impuissante depuis chez elle.
00:21Je me suis tout de suite connectée sur mon application parce que j'ai des caméras dans la boutique.
00:26Et j'ai constaté en direct le pillage de la boutique.
00:30Donc j'ai vu en direct tout ce qu'ils ont pu prendre, tout ce qu'ils ont pu casser.
00:36Et c'était d'une violence. Je crois que j'ai jamais vu ça de ma vie.
00:42Cet acharnement, le voici.
00:46Filmé par les voisins de Nadia depuis leurs fenêtres.
00:49On y voit des dizaines de casseurs s'en prendre à la porte vitrée de sa bijouterie,
00:53qui ne résiste pas.
00:59Sur d'autres vidéos, certains s'enfuient avec les bijoux.
01:04Un butin pour eux.
01:05Toute une vie pour cette gérante.
01:09Ils ont pris tout mon stock.
01:10Tout mon stock que j'avais commencé à faire pour les...
01:14Parce que c'est bientôt Noël et nous les commerçants ont commencé déjà à préparer Noël.
01:17Ils m'ont tout pris.
01:19Je suis triste de voir ça parce que je suis une indépendante et je peux travailler 7 jours sur 7
01:24pour faire marcher cette boutique et regarder dans quel état elle est ma boutique.
01:31Pour Nadia, l'inquiétude est maintenant de savoir comment reconstruire.
01:36A court terme, son assurance ne peut rien lui promettre.
01:41Tout ça, c'est pour notre poire, quoi.
01:43Est-ce que l'État va nous aider ?
01:46Parce que moi, quand je ne travaille pas aujourd'hui, quand je ne travaille pas demain,
01:48quand je ne travaille pas après demain, je ne peux pas verser un salaire à mes salariés.
01:52Je ne sais pas du tout, je suis perdue.
01:53Franchement, je suis perdue.
01:56Comme cette gérante, ils sont plus de 3000 à avoir vu leur commerce être pillé.
02:03Saccagés et même brûlés au cours d'un week-end qui devait être celui de manifestations pacifiques.
02:15Mais qui s'est transformé en émeuture.
02:23Un peu partout en France, le week-end dernier, les symboles de l'État sont directement visés par les casseurs.
02:30Comme ici, à Lyon, où l'office du tourisme est incendié sous les acclamations de certains manifestants.
02:41Autre ville, autre lieu pris pour cible.
02:45La maison préfectorale de Bordeaux, retrouvée entièrement saccagée.
02:56A Marseille, certains parviennent même à pénétrer à l'intérieur de l'hôtel de ville.
03:07Je ne comprends pas comment toute impunité des personnes ont pu pendant des heures
03:13massacrer ma vie sous les yeux, sous les yeux de personnes qui auraient dû intervenir.
03:19Je veux là aussi avoir la vérité sur ce qui s'est passé.
03:22Une chose est sûre, c'est que la manifestation du 17 octobre avait été identifiée comme une manifestation
03:29qui allait amener beaucoup de personnes appartenant à la mouvance de l'ultra-gauche.
03:33Ils sont environ 5000 à pouvoir agir comme ça en France, après le renseignement territorial.
03:38Et ils ont été présents dans la manifestation de samedi et on sait très bien que les symboles de l
03:43'Etat,
03:44les mairies, parfois les banques, parfois les grandes entreprises sont des cibles privilégiées pour les personnes d'ultra-gauche.
03:51A Marseille, la police est aussi ciblée.
03:55D'abord ce commissariat.
04:00Puis ces véhicules et leurs occupants.
04:06Qui ici, semblent même devoir battre en retraite.
04:18Des violences, des dégradations qui ne reflètent qu'une seule facette de cette journée de mobilisation nationale contre la vie
04:25chère.
04:28Une journée gâchée pour ce manifestant marseillais.
04:32C'est parti totalement avril.
04:33On n'a même pas eu justement le temps de venir et de commencer notre manifestation.
04:36C'était déjà parti dans un chaos.
04:4224 heures plus tard, en plein centre-ville de Paris,
04:46les mêmes scènes, filmées par des riverains sidérés.
04:50Mais regarde-les.
04:53Regarde ça, quoi.
04:55Au pied des immeubles, des dizaines de personnes habillées en noir,
04:59souvent cagoulées et masquées, déambules.
05:02Regarde ça.
05:03Avec des barrières et des barres de fer qu'elles trouvent en chemin,
05:06elles montent des barricades.
05:08Regarde ça.
05:11D'après les sources policières, il y a eu une alliance, je cite,
05:15« inédite » entre d'un côté l'ultra-gauche et l'autre des jeunes de quartier populaire.
05:20Tout au long de la journée, les membres de l'ultra-gauche ont en quelque sorte reçu des renforts des
05:24jeunes de quartier populaire
05:25qui, peut-être voyant derrière leur téléphone ou la télévision qu'il y avait de la casse,
05:30en ont profité par opportunité pour venir aussi casser dans des magasins et voler des marchandises.
05:36Ces groupes, venus de toutes parts, s'emprennent aux magasins qu'ils croisent sur leur route.
05:43Ici, c'est cette boutique de téléphonie mobile qui est prise pour cible.
05:48Là, cette enseigne d'électroménager.
05:52Les pilleurs ont réussi à lever suffisamment le rideau de fer pour s'infiltrer à l'intérieur.
06:11En quelques secondes, les voleurs ressortent avec d'immenses cartons
06:16et n'hésitent pas à se filmer en direct sur les réseaux sociaux.
06:21Troutinette électrique ! Troutinette électrique !
06:24En direct, les gars ! En direct !
06:30Au même moment, dans les rues voisines, les forces de l'ordre se déploient.
06:35Attention, ça va être le fight.
06:39Attention !
06:40Et progressent pas à pas au milieu des feux de poubelle.
06:50Dans le quartier des Halles, entre jets de mortiers et gaz lacrymogènes,
06:58ces compagnies de CRS chargent à plusieurs reprises pour tenter de disperser les pilleurs.
07:05de chasse aux pilleurs qui tentent à chaque fois, toutes les 5-10 minutes, d'entrer dans des commerces.
07:16Des pilleurs quasi insaisissables.
07:21Sur ces images, les voici en train de s'en prendre à un bureau de tabac très connu dans le
07:26quartier République,
07:27la barrique.
07:31Pire encore, les assaillants finissent par mettre le feu au commerce.
07:40Désormais, entièrement calcinés.
07:48Un cauchemar qu'a vécu Alinli.
07:51Là, ils vont attaquer toutes les portes.
07:54En même temps, après, on regarde, c'est pas un assaut ça ?
07:58Mais moi, je ne le voyais pas ça.
07:59Moi, je ne le voyais pas ça.
08:01Deux jours après les faits, la patronne de cette institution peine encore à réaliser.
08:06Ils étaient quoi ? 100, 200, peut-être 300, je n'en ai aucune idée.
08:11On a laissé piller parce qu'on n'a pas le choix, on est monté en haut.
08:15Et on ne savait pas qu'il y avait une incendie.
08:17On s'était réfugié parce qu'on ne pouvait pas sortir.
08:21Après, on a vu la fumée, donc on s'est échappé.
08:24En quittant son bar, cette gérante est agressée physiquement par les casseurs.
08:29Sur son visage, les traces de cette attaque sont encore visibles.
08:34Il y avait des jeunes, des très très jeunes, mais c'est quand même des barbares et des animaux.
08:42Je ne vois pas de sens humain, je ne vois pas de quelqu'un qui soit vraiment humain pour faire
08:47ça et pour détruire comme ça.
08:51Des bars, des magasins dévastés les uns après les autres, en quelques minutes seulement.
09:00En plein cœur du marais, au milieu de la rue Rambuteau à Paris, Cyril fait les 100 pas devant ce
09:06qu'il reste de son magasin.
09:08J'attends la police depuis maintenant 3 heures.
09:10Je les ai eus en ligne, ils m'ont dit « Touchez surtout à rien, on arrive ».
09:14Après 3 heures, j'attends. Il ne se passe rien.
09:17Une patience mise à rude épreuve alors qu'il vient de découvrir l'état de sa boutique d'achat d
09:23'or entièrement vandalisée par les casseurs.
09:26Je ne vous cache pas que j'arrivais par l'hôtel de ville, j'ai vu que tout était nickel
09:29ailleurs et je me suis dit « Bon bah ça va, c'est nickel, dans la rue, il ne se
09:32passe rien, on va s'en être sortis ».
09:34Et en fait, en arrivant de côté, je voyais ça qui pendait et je me suis dit « Aïe, aïe,
09:38aïe ».
09:39Quand je suis arrivé, c'est comme ça.
09:41D'abord, ils ont essayé de casser effectivement les vitrines.
09:44Comme ils n'ont pas pu, après, ils ont voulu rentrer, donc ce qu'ils ont fait, ils ont essayé
09:48de...
09:48Mais c'est débile. Ils ont essayé de s'attaquer au sas.
09:51Ils ont arraché ici, ils ont un peu tordu la porte.
09:54Puis ils ont vu que c'était blindé, donc à la fin, c'est cassé.
09:57Ils ont cassé pour casser.
09:59C'est tout.
10:00C'est même écrit pourtant qu'il y avait des choses qui étaient fausses, mais ils ont cassé pour casser.
10:03C'est bien écrit en gros.
10:05Un sentiment d'incompréhension totale, mêlé à une certaine résignation.
10:11C'est du pillage, c'est du pur pillage.
10:12C'est des gens qui viennent là pour piller, voler, voleurs.
10:15Et de toute façon, ils les attrapent, ils les font sortir.
10:18J'ai vu une vidéo à la télé, ils étaient dans des habitations, dans des couloirs.
10:22Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
10:23Les policiers se sont mis en ligne, sortaient, dégagés.
10:25Tu viens de les attraper. Allez, c'est fini, tu les prends, c'est fini.
10:29Non, les ordres, c'est aller, laissez les filer.
10:31Ça devient du délire.
10:32Donc ils vont recommencer, ils ont raison même.
10:34Allez-y, cassez tout. Allez-y, cassez tout.
10:37La déliquescence d'un État qui est complètement à côté de la plaque aujourd'hui.
10:41Complètement.
10:43Après plusieurs heures d'attente, lassé de rester là sans rien faire,
10:48Cyril décide finalement de prendre les choses en main.
10:51Je suis obligé de prendre des mesures parce que des plaques,
10:53il n'y en a plus tellement de disponibles partout,
10:55elles font un 2,50 m sur un 22.
10:57Donc il faut que je calcule et il faut que je laisse ça d'ouvert pour pas qu'il recasse.
11:00Parce que si je mets du bois, ils vont croire que c'est précieux à l'intérieur si je ferme
11:04tout.
11:04Donc je suis obligé de laisser à moitié ouvert et de me fermer à moitié pour sécuriser que les gens
11:08s'abîment pas.
11:12Il prend alors la direction d'un magasin de bricolage à proximité.
11:16Nous le retrouvons quelques minutes plus tard, bien équipé avec ses achats.
11:21Un kit visseuse, des embouts, des planches.
11:25Ils les ont coupés à la bonne taille, en tout cas j'espère.
11:28Et on y va.
11:29C'est parti.
11:30Plus de choix.
11:31On s'improvise.
11:34Le système D, faute de mieux.
11:40Cyril recevra-t-il de l'aide dans ses démarches ?
11:43Ses casseurs seront-ils retrouvés et punis ?
11:47Et ceux qui ailleurs s'en sont pris au symbole de la République pourront-ils être identifiés ?
11:53Début de réponse à Limoges.
11:55Samedi après-midi, en marge du cortège des manifestants,
11:59des individus s'introduisent dans la mairie de la ville.
12:02et décident de mettre le feu à l'édifice.
12:05Les flammes gagnent la toiture.
12:08Puis c'est le beffroi qui s'embrase avant de s'effondrer.
12:14C'est tombé !
12:15C'est tombé !
12:20Sa mère !
12:22Sa mère !
12:26Le lendemain matin, les habitants découvrent effaré leur mairie ravagée.
12:33Entièrement calcinés.
12:37J'aime le patrimoine, j'aime la démocratie.
12:39C'est un emblème fondamental de la République.
12:43Et je suis très attristé.
12:44Je me suis marié ici, comme de nombreux limougeaux.
12:47Et je suis très triste, une colère froide.
12:50Ça fait 22 ans que j'habite Limoges.
12:52Ça fait 22 ans que je passe pratiquement tous les jours devant cette mairie.
12:55Et aujourd'hui, c'est désolant de l'avoir dans cet état.
12:57C'est un monument historique.
12:59Je ne m'attendais pas à voir une scène de violence comme ça, ici, dans ma ville, à Limoges.
13:05Une violence inouïe.
13:06Des casseurs ultra déterminés qui ont totalement défiguré les lieux.
13:13À l'intérieur, il ne reste plus rien.
13:16Un champ de ruines que le maire de la ville n'a pas pu éviter.
13:21Les policiers municipaux, vous savez, tout courageux qu'ils sont,
13:25ils n'ont pas les moyens et les équipements pour lutter contre 250, 300, 400 excités
13:30qui ont des mortiers, qui ont un bélier de 200 kilos pour enfoncer la porte,
13:34qui ont des cocktails monotophes.
13:35C'est une scène de guerre urbaine à laquelle on a assisté.
13:37Et d'ailleurs, quand une partie de ces gens sont rentrés dans l'hôtel de ville,
13:42ils ont menacé de mort, les agents qui étaient là.
13:44On dit à l'agent de la loge qui gagne 1 500 euros par mois, on va te crever.
13:47Donc il y avait une volonté de tuer.
13:49Pour certains d'entre eux, il y avait une volonté de tuer.
13:52L'un des suspects de l'incendie a ce mardi été interpellé.
13:55Un homme de 34 ans.
13:58C'est une personne qui est fichée S,
14:01fichée S comme appartenant à la mouvance de l'ultra-gauche,
14:03qui serait déjà connue des services de police pour
14:06violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
14:09C'est l'antenne des policiers du RAID de Bordeaux
14:12qui a été mobilisée pour l'interpeller.
14:13Et généralement, quand on mobilise le RAID,
14:16c'est parce qu'on a des personnes qu'on considère comme dangereuses,
14:18peut être armées, et donc qu'on veut
14:20mettre le maximum de chances de notre côté
14:22pour l'interpeller dans de bonnes conditions.
14:23La sous-direction antiterroriste a été saisie.
14:26Une réponse judiciaire qui s'accélère.
14:29Les premières comparutions immédiates
14:31des pilleurs présumés
14:33débutent cet après-midi.
14:35Sous-titrage Société Radio-Canada
14:36Merci.

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