00:00La pharmacie à Paris, il n'est pas question d'Elia que vous quittiez la place de la République.
00:06Vous restez là où cette pharmacie a été créée, où vous l'aviez reprise.
00:12A priori, moi non, je ne veux pas, je veux rester.
00:15Je suis bien là où je suis, j'adore mes patients, je n'ai pas envie de les lâcher,
00:19je n'ai pas envie de les abandonner.
00:21Franchement, surtout quand je vois le nombre de témoignages de soutien
00:24que j'ai pu recevoir de la part des riverains,
00:26non, j'aimerais juste réouvrir.
00:29En fait, là, me dire que pendant les trois prochains mois,
00:32je ne vois pas mes patients, je ne vais avoir que de la paperasse administrative,
00:36chercher des factures, chercher des bons de livraison,
00:40chercher des bons de commande dans mon bureau qui a brûlé,
00:44et ne pas me battre, parce que vraiment, sur le coup,
00:47s'ils m'entendent chez AXA, je vous en supplie, facilitez-moi la vie,
00:50je veux juste reprendre mon travail,
00:53je veux juste avancer, je veux juste reprendre mon boulot,
00:56je veux juste oublier cette histoire, je veux...
01:00Je comprends, c'est que quand on est tombé de cheval,
01:03on a hâte de remonter tout de suite,
01:05pour oublier le traumatisme,
01:08et c'est cette énergie que vous développez là,
01:10et vraiment, je comprends.
01:11C'est le poème de Richard Kipling,
01:14c'est « Si jamais tu vois l'œuvre de ta vie détruite,
01:17et sans dire un mot, te mettre à reconstruire,
01:19tu seras un homme, mon fils,
01:20et bien là, aujourd'hui, on a envie d'être un homme,
01:22j'ai envie de recommencer, voilà,
01:23voir l'œuvre de ma vie détruite,
01:25et recommencer, me remettre en selle, et réavancer,
01:28et je veux continuer, je veux...
01:33Le sentiment de satisfaction que procure le fait
01:37de s'occuper des gens est trop satisfaisant
01:42et trop agréable pour y renoncer.
01:44« Si tu peux voir détruire l'ouvrage de ta vie,
01:48et sans dire un seul mot, te remettre à rebâtir,
01:50ou perdre en un seul coup le gain de sans partie,
01:53sans un geste et sans un soupir,
01:55si tu peux être amant, sans être fou d'amour,
01:58si tu peux être fort, sans cesser d'être tendre,
02:00et te sentir haï, sans haïr à ton tour,
02:04pour tant lutter, te défendre,
02:06si tu peux supporter d'entendre tes paroles,
02:09travesties par des gueux,
02:11pour exciter des sauts,
02:12et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
02:15sans mentir toi-même d'un mot,
02:18si tu peux rester digne en étant populaire,
02:21si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
02:23si tu peux aimer tous tes amis en frères,
02:27sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi,
02:29si tu sais méditer, observer et connaître,
02:31sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
02:35rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
02:38penser, sans n'être qu'un penseur,
02:40si tu peux être dur,
02:41sans jamais être en rage,
02:43si tu peux être brave et jamais imprudent,
02:46si tu sais être bon,
02:47et si tu sais être sage,
02:48sans être moral ni pédant,
02:50si tu peux rencontrer triomphe après défaite,
02:53et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
02:56si tu peux conserver ton courage et ta tête,
02:58quand tous les autres les perdront,
03:00alors, les rois, les dieux,
03:02la chance et la victoire,
03:03seront à tout jamais tes esclaves soumis,
03:06et ce qui vaut bien que les rois aient la gloire,
03:09qui sera un homme en fils.
03:12C'est le plus beau poème qui existe sur cette planète,
03:15chez nous, il est affiché sur le mur,
03:17et c'est le moteur de mes vies.
03:19Sous-titrage Société Radio-Canada