00:00Ici Orléo, il est 7h45, le projet de loi de finances 2027 dans le viseur des présidents des départements.
00:06Ils étaient réunis pour leurs heures 6 la semaine dernière et l'État veut demander un nouvel effort budgétaire à
00:11ses collectivités.
00:12Il s'élèverait à 1,8 million d'euros selon le département de France.
00:16On en parle tout de suite avec le président du conseil départemental du Loiret.
00:20Bonjour Marc Godet.
00:21Bonjour.
00:21On va parler du budget 2027 dans un instant, mais d'abord un mot sur la mobilisation du 17 octobre
00:27avec ses heures en fin de journée, notamment le collège Alain Fournier dans le quartier de la Source dégradé par
00:32des casseurs.
00:33L'allocution d'Emmanuel Macron hier soir, est-ce qu'elle vous paraît suffisante par rapport à ce qui s
00:38'est passé ?
00:38Non, consternante, c'est-à-dire qu'il n'y a rien dans son allocution.
00:41Lorsqu'il fait appel aux élus de la République, aux maires, aux départements, aux conseils départementaux
00:47pour l'aider la semaine prochaine, cette semaine, pour essayer de faire la concertation,
00:53la belle affaire, c'est-à-dire qu'il nous ignore depuis 10 ans, il n'est jamais venu à
00:57un congrès des départements de France,
00:58il n'est jamais venu au congrès des sapeurs-pompiers, au congrès national,
01:01et aujourd'hui il fait à nouveau appel aux élus locaux, alors que les élus locaux, il les prend souvent
01:07pour les vaches à lait.
01:08C'est-à-dire que je vois bien le projet de loi de finances qui arrive, là, on en reparlera
01:12tout à l'heure,
01:13là encore les collectivités locales vont être mises à contribution,
01:16donc on ne peut pas ignorer les collectivités locales et venir les chercher quand on a besoin.
01:20Qu'est-ce que vous auriez aimé entendre pendant cette prise de parole ?
01:22Ils prennent des mesures à la hauteur d'un président de la République,
01:25c'est-à-dire qu'ils s'imposent comme le président de la République,
01:27il y a des mesures exceptionnelles peut-être aussi,
01:29mais là après ça c'est pas à moi de lui conseiller, dans ce domaine-là,
01:32je pense que j'imagine De Gaulle ou des chefs d'État à l'époque qui auraient pris des vraies
01:39décisions,
01:39c'est-à-dire que quelque part s'affirmer, ne pas être dans tout répressif, c'est pas la question,
01:44c'est aussi s'interroger pourquoi on est arrivé à cette situation-là,
01:48en tirer les enseignements et puis avancer.
01:51Vous parliez du projet de loi de finances 2027,
01:54avec un nouvel effort demandé aux collectivités locales, dont les départements,
01:57les présidents des départements, est-ce qu'ils sont unanimement contre ce budget 2027 ?
02:03J'avoue avoir lancé la fronde à un département de France, puisque c'est moi qui a demandé à mes
02:07collègues,
02:08en tout cas j'aurais dit que je sortirais si un ministre ou une ministre venait nous faire la morale,
02:13ou nous faire la leçon devant nous tous, réunis ici, sachant que le projet de loi de finances,
02:18il est vraiment mortifère pour les départements en particulier,
02:21donc effectivement, lorsque la ministre est montée sur scène, je suis sorti,
02:25et une très grande majorité des présidents de départements sont sortis,
02:29ainsi que toutes les délégations des départements.
02:31Et donc voilà, ça veut dire qu'on ne peut pas écouter des élus,
02:36enfin des élus, des ministres, pardon, qui viennent nous dire une chose aujourd'hui,
02:40et puis ça sera l'inverse qui se passera le lendemain.
02:43On reçoit un courrier du Premier ministre qui nous dit, je vous ai bien compris,
02:47vous aurez 200 millions d'euros pour l'ESDIS à l'échelle nationale, évidemment.
02:51On va reparler du financement de l'ESDIS.
02:53Le lendemain, c'est 150 millions, on nous donne 300 millions d'euros
02:58par rapport à une fraction de la CSG qui serait prise justement pour donner au département
03:03la contribution sociale généralisée.
03:05Tout à fait, pour pouvoir financer la PAS en particulier, ou la PCH,
03:09et puis de l'autre côté, la CNSA se voit amputée de 300 millions d'euros,
03:13donc finalement, c'est somme nulle.
03:14Ça voudrait dire quoi de nouvelles économies supplémentaires pour le département du Loiret ?
03:19Ce serait quoi les conséquences ?
03:21Je n'ose pas l'imaginer parce que nous avons fait déjà pratiquement 50 millions d'économies
03:25entre 2024 et 2026.
03:27Nous avons été responsables, nous avons fait des budgets responsables.
03:30Les élus ont voté, et je les en remercie d'ailleurs.
03:32Nous étions à 826 millions d'euros votés en 2024.
03:36Nous sommes passés à 800 millions d'euros en 2025
03:38et 765 millions d'euros en 2026.
03:42Donc l'effort, le département l'a fait.
03:44On a fait des efforts sur tous les postes budgétaires.
03:47Tout a été passé au peigne fin.
03:48Alors c'est vrai que les associations en ont pâti la culture, le sport, l'aide aux communes,
03:53y compris nos ressources humaines.
03:55Nous avons quand même supprimé quelques postes aussi, une centaine de postes sur notre collectivité locale.
04:02Donc nous avons vraiment mis les moyens, nous avons retroussé les manches, nous avons fait des efforts.
04:07En faire encore plus cette année, ça serait vraiment très compliqué.
04:10Est-ce qu'il y a des budgets, des enveloppes que vous souhaitez sanctifier encore pour ce prochain budget,
04:16malgré les demandes d'économie ?
04:17Il est très clair que les politiques sociales, nous n'avons pas le choix.
04:20La protection de l'enfance, c'est une enveloppe qui est sanctuarisée.
04:23Donc là, c'est clair que nous ne toucherons pas la protection de l'enfance.
04:26L'APA, pareil, les personnes âgées, nous ne toucherons pas ces enveloppes-là.
04:29L'APCH, nous n'avons pas le choix, nous ne toucherons pas non plus.
04:33Donc voilà, il nous reste le RSA, sur lequel nous remettons 6 millions d'euros à la fin de l
04:39'année,
04:39donc là, en décision modificative budgétaire.
04:42Donc si nous arrivons à 118 millions d'euros pour le RSA,
04:45je dis que là, les efforts doivent être ici, sur ce poste budgétaire-là.
04:48Vous parliez il y a quelques instants du budget des SDIS, les pompiers, dans le département.
04:53On a beaucoup parlé d'eux, cet été, la multiplication des incendies.
04:56On en parlait d'eux ce matin aussi, avec de nouveaux véhicules arrivés au SDIS.
04:59Ça veut dire qu'il va y avoir des moyens fléchés, maintenus,
05:03pour les pompiers qui sont en grève pour demander plus de moyens ?
05:05Bien sûr. Dans le Loiret, je pense que nous sommes constamment à l'écoute des sapeurs-pompiers.
05:09Moi, j'y passe beaucoup de temps, ils le savent.
05:11Je suis à leur côté depuis pratiquement une quinzaine d'années.
05:15Donc nous avons mis les moyens déjà.
05:17Nous avons recruté une quarantaine de postes déjà il y a quelques années.
05:20Donc en moyens humains, nous sommes, j'irais, nous avons vraiment la ressource humaine qui convient.
05:25En matériel, nous avons aussi beaucoup investi.
05:27Alors c'est vrai qu'il y a des départements où c'est un peu...
05:29Bon, en vrai, ils n'ont pas forcément mis les mêmes choix.
05:32Mais là, pour nous, aujourd'hui, ce qui va se passer,
05:35c'est que si on n'a pas une enveloppe supplémentaire de la part du gouvernement,
05:38enveloppe promise, puisqu'on nous avait annoncé 200 millions d'euros,
05:41transformé en 150 millions d'euros,
05:43donc on pouvait estimer que dans le Loiret, nous toucherions en gros 1,5 million, 1,7 million.
05:48Or, apparemment, ça ne sera pas le cas.
05:50C'est-à-dire que cette somme-là sera destinée, a priori, à financer du matériel,
05:54mais à co-financer.
05:55Une nouvelle fois, si l'État nous aide à 60% de subventions,
05:58on aura 40% de lois financés sur nos fonds propres.
06:01On entend bien que tout ça est encore flou.
06:02On va continuer de suivre le projet de loi de finances 2027.
06:05Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Marc Godet,
06:07président du Conseil départemental du Loiret.
06:09Merci.