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  • il y a 15 heures
L'invité de la matinale : Constant Porcher, Entrepreneurs Loiret (ex CPME)

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Transcription
00:04Bon réveil à tous, avec ici Orléans, il est 8h moins le quart.
00:07Cécile Dacosta, c'est fini, on ne dit plus CPME pour la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises,
00:14maintenant on doit dire les entrepreneurs.
00:16Et c'est un changement pour cette organisation patronale qui veut peser le plus possible,
00:20on s'en doute dans les décisions concernant l'économie.
00:23Et pour en parler ce matin, Cécile, vous recevez le président de, je vais dire du coup, le président de
00:28l'ex-CPME du Loiret.
00:30Bonjour Constant Porchet.
00:31Bonjour.
00:32Vous avez installé le nouveau nom sur vos locaux hier à Orléans, pourquoi ce changement de nom, l'acronyme CPME,
00:39ça ne marchait pas très bien ?
00:40Non, ce n'est pas ça, déjà nouveau nom sur des nouveaux locaux, puisque c'était les deux, en même
00:44temps c'était le déménagement,
00:45les entrepreneurs Loiret, c'était une volonté du national, puisque ça englobe, si vous voulez, nous les entreprises que l
00:51'on représente,
00:52ce sont des entreprises à caractère patrimoniaux, ça veut dire les entreprises dans lesquelles le chef d'entreprise a du
00:56capital investi.
00:58Et donc, PME était un petit peu restrictif, puisqu'on a des très grosses entreprises dans le Loiret,
01:02comme M. Bricolage qui est adhérent et qui ne rentre pas dans la casse PME.
01:07Finalement, les entrepreneurs, ça devient plus large, c'est les hommes et les femmes qui ont du capital investi dans
01:11leur entreprise.
01:13Des hommes et des femmes qui, en ce moment, doivent composer avec un contexte économique très compliqué.
01:18Dans quel état sont les petites et moyennes entreprises du Loiret ?
01:23La forme n'est pas au beau fixe.
01:25Pour être très très franc, c'est l'inquiétude maximum.
01:27Après la dissolution, deux débats budgétaires catastrophiques qui angoissent tout le monde,
01:32et le troisième qui se profile.
01:35Si vous voulez, il y a une personne invisible dans l'économie qui s'appelle la confiance, et elle est
01:38partie.
01:38Et pour la faire revenir, ça ne va pas être simple.
01:40Donc l'ensemble des décisions est bloqué, tout est à peu près gelé.
01:44Associé à ça, une consommation en berne, vous avez tout le monde qui se pose des questions.
01:47Quand vous parlez à des experts comptables, ils vous disent qu'on a 60 à 70% des bilans qui
01:51sortent qui sont négatifs en ce moment.
01:53Ce qui est une inquiétude, sachant que depuis deux ans, on bat des records de défaillance d'entreprises.
01:58Et si on prend les deux premiers trimestres, ne serait-ce qu'au tribunal de commerce d'Orléans ou au
02:02national,
02:03eh bien on est encore dans le record.
02:04Donc c'est une catastrophe.
02:05Ça veut dire que le tissu économique français est en train de vaciller.
02:09Et chaque fois que j'en parle avec mes homologues, c'est la même chose.
02:11Et c'est dû à quoi, tout ça ?
02:12Eh bien c'est ce que je vous ai dit, il y a une notion de confiance.
02:14Il y a une image que j'aime bien, si vous voulez, c'est de dire, imaginez un niveau d
02:20'eau que vous avez devant vous.
02:22Et nous, le niveau d'eau, il était juste sous le nez.
02:24Et avec ce contexte géopolitique, on ne peut pas y faire face.
02:27Ça affecte l'ensemble des paramètres économiques.
02:30Et on passe tout de suite sous le niveau d'eau.
02:31Alors que vous avez d'autres pays où le niveau d'eau était plutôt au niveau du nombril.
02:34Donc quand ils montent, ils montent.
02:35C'est sûr que ce n'est pas confort.
02:36Mais par contre, on ne se noie pas.
02:38C'est le coût de l'énergie qui plombe tout le monde, toutes les entreprises ?
02:41Mais c'est tout.
02:42C'est le poids de l'État sur l'économie, pour faire simple.
02:44Le poids de l'État.
02:45Ça veut dire qu'il ne faut pas se leurrer.
02:47Pour nourrir un budget d'État, il faut une économie très forte.
02:50Et nous, on a une économie qui est à tonne, qui n'a pas de croissance.
02:53Et le poids de l'État, ce n'est pas forcément que le coût de l'énergie.
02:56C'est la taxation du travail.
02:57Donc ça, ça se ressent sur la valeur travail et sur nos travailleurs,
02:59qu'on aimerait bien mieux rémunérer.
03:00Mais c'est la taxation du capital, c'est l'hypernormalisation.
03:03C'est le coût de l'énergie, évidemment, où là, il y a une stratégie
03:06qu'on a vraiment beaucoup de mal à comprendre.
03:08Si vous voulez en parler de la partie diesel,
03:10moi, je ne comprends pas du tout que le budget, il a été fait sur un prix du baril à
03:1466 dollars.
03:15Donc, un niveau de taxe et un niveau de rentrée en face.
03:18Pourquoi ? On ne maintient pas ou on ne fiche pas ça en disant
03:20parce que les conséquences économiques induites d'un ralentissement
03:24vont être bien plus importantes que les 10 à 15 milliards que ça aurait coûté.
03:27Vous parlez d'un manque de confiance, un manque de compréhension.
03:30Qu'est-ce qu'il faudrait pour régler cette crise,
03:32pour en tout cas éviter autant de défaillances d'entreprises ?
03:37Alors, éviter les défaillances, si vous voulez,
03:39ça, c'est quelque chose qui est lancé depuis longtemps.
03:41Pour sortir de l'ornière, ça va être compliqué.
03:43Néanmoins, on peut être un petit peu optimiste
03:44parce que la confiance, c'est quelque chose qui ne se maîtrise pas.
03:47Ça pourrait revenir d'un coup.
03:48On ne sait pas, ça peut revenir d'un coup.
03:51Néanmoins, alléger la taxation et donner un petit peu d'avenir.
03:55Si vous voulez, on a besoin de trois choses
03:56quand on est chef d'entreprise pour diriger son entreprise.
03:59On a besoin de visibilité, de lisibilité et de stabilité.
04:04Stabilité, c'est une évidence qu'un système stable
04:06permet de prendre des décisions.
04:07Lisibilité, c'est un système qui est lisible
04:09avec des règles du jeu assez connues.
04:11Et visibilité sur le business,
04:12évidemment, il faut qu'on sache là où on met les pieds.
04:14À partir de ce moment-là, vous avez des entreprises
04:15qui s'engagent, qui recrutent, qui investissent.
04:19Vous parlez de décision politique.
04:20Constant Porchet, on est à six mois de la présidentielle.
04:23On l'entendait ce matin dans nos journaux
04:24la secrétaire générale des entrepreneurs Loiret dire
04:27qu'on ne parle pas assez des entrepreneurs
04:29dans le débat politique.
04:30Vous partagez ce constat ?
04:32Oui et non, parce que les deux dernières élections présidentielles,
04:35on n'a pas du tout parlé d'économie.
04:36La dernière, pas du tout.
04:37C'était complètement occulté.
04:38Encore, moi, je ne comprends pas parce qu'on devrait se dire
04:41qu'il y a deux sujets importants dans une élection,
04:43c'est l'économie et le régalien.
04:46Et pour cette élection-là, je trouve quand même qu'on en parle beaucoup.
04:49Alors, ce ne sont pas forcément les meilleures idées,
04:51ce n'est pas forcément rassurant ce qu'on entend,
04:53mais au moins, ça en parle.
04:54Nous, notre rôle, c'est de faire de la pédagogie
04:57à chaque niveau, départemental, régional, national.
05:00Donc, on est chacun dans nos strates.
05:02Dans le Loiret, on a plutôt l'écoute de nos parlementaires
05:04et de nos élus.
05:05Ce sont des gens qui comprennent vraiment notre situation.
05:09Donc, il faut continuer et pousser.
05:12Merci beaucoup, Constant Porcher.
05:13Je rappelle que vous êtes le président de l'ex-CPM du Loiret
05:18qui s'appelle désormais les entrepreneurs Loiret.
05:19Les entrepreneurs, c'est ça, oui.

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