00:00Une image sidérante ce matin, on se rend compte, Guillaume, de l'impact des dégâts.
00:05Il y a cette question quand même ce matin, est-ce que ça profite à certains partis politiques, par exemple
00:11à Marine Le Pen ?
00:12C'est en tout cas le pari que fait la candidate du Rassemblement National qui veut incarner effectivement une forme
00:16de retour à l'ordre.
00:17Vous avez vu, hier, elle a fait une allocution solennelle, c'était deux heures avant la prise de parole du
00:21chef de l'État.
00:23Elle a fustigé notamment effectivement le pouvoir en place. Écoutez-la.
00:26Nous avons un pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté, qui semble désormais incapable de faire autre chose que
00:35de commenter sa propre impuissance, sa propre déchéance, dirais-je même.
00:39Nous avons un gouvernement qui déplore les événements sans parvenir à les prévenir, à les contrôler ou même à les
00:46gérer.
00:47Un pouvoir minoritaire et disqualifié, dont l'unique préoccupation est moins de gouverner la France que de s'accrocher aux
00:54dernières bribes de son pouvoir finissant.
00:56Ce qui est intéressant dans la stratégie de Marine Le Pen, c'est qu'au-delà de cette prise de
01:00parole, on voit qu'elle a une stratégie qui est de dire, finalement, le chaos, il est actuellement en France.
01:04Et que donc, son rôle qu'elle tente d'incarner, c'est une forme d'union pour demain et d
01:08'essayer de rassembler l'Assemblée des Français.
01:09On va voir que ce n'est pas aussi simple de ça. Elle évoque la dignité, la retenue républicaine.
01:14Ce qui est certain, en tout cas, c'est que ce type d'événement, évidemment, renforce ce qui réclame une
01:18France de l'ordre.
01:19Et comme le soulignent, notamment, plusieurs sondeurs, en particulier Frédéric Dhabi, ça peut solidifier la base électorale de Marine Le
01:26Pen,
01:26qui, on l'a vu ce week-end dans un sondage réalisé par notre partenaire Elab, est déjà crédité de
01:3131 à 33,5% d'intention de vote.
01:34Et puis, ce qui lui profite aussi, c'est qu'elle bénéficie toujours d'un argument qui est difficile à
01:38contrecarrer pour ses rivaux et ses adversaires.
01:41« Moi, on ne m'a pas essayé ».
01:44Voilà. Donc, ça va être compliqué.
01:46Ça va être compliqué, effectivement.
01:47C'est pas gagné d'avance.
01:49Et ce qui n'est pas simple, effectivement, pour Marine Le Pen, c'est que néanmoins, il y a quand
01:52même certaines réserves à cela.
01:53La première des réserves, c'est que certains pointent du doigt une chose.
01:57Certains de ses adversaires disent « Regardez, ce chaos-là, il aura lieu si le Rassemblement National arrive au pouvoir
02:01demain,
02:02et il y aura à nouveau des dérapages, et il y aura à nouveau des émeutes. »
02:06C'est quelque chose qui est mis en avant.
02:07Marine Le Pen, aussi, elle bénéficie d'une perception.
02:10Elle disait « On ne l'a pas essayé », mais « On ne l'a pas essayé », ça
02:12peut aussi faire peur à certains électeurs qui disent
02:14« Est-ce que les propositions qu'elle met sur la table sont très réalistes ? Ce n'est pas
02:17toujours certain. »
02:18Et puis, enfin, on peut voir qu'elle n'est pas la seule sur ce terrain de la fermeté.
02:21Il y a eu Bruno Retailleau, il y a eu Edouard Philippe, on le disait, qui était extrêmement ferme, disant
02:25« Regardez, il faut du commandement, la France mérite d'être commandée,
02:28et peut-être que certains Français peuvent se tourner néanmoins vers certains qui ont déjà eu cette expérience. »
02:32Marine Le Pen qui joue clairement le match avec Emmanuel Macron hier.