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Ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:008h13, la grande interview, c'est News Europe 1 avec ce matin Vincent Jambrun.
00:04Bonjour Vincent Jambrun.
00:05Bonjour.
00:06Ministre de la Ville et du Logement, on va balayer évidemment toutes les actualités
00:11et on va commencer par la journée de demain, journée du 17 octobre.
00:16La police redoute des dégradations et des agressions demain 17 octobre
00:20parce qu'il y a des appels à la violence qui circulent sur les réseaux sociaux.
00:23Certains gilets jaunes historiques rêvent de bloquer à nouveau le pays.
00:27Quelle doit être la réponse du gouvernement demain ?
00:30Face aux violences, elles doivent être extrêmement fermes.
00:33Nous sommes dans un grand pays, le droit de manifester est garanti
00:36et exprimer ses accords, ses désaccords, ses revendications, c'est parfaitement légitime.
00:41Et d'ailleurs, quand on le fait en respectant les règles de droit,
00:45la police est là pour protéger les manifestants, ceux qui ont des revendications, c'est logique.
00:49En revanche, comme on l'a vu dans le parasitage des manifestations lycéennes,
00:53avec ces casseurs, ces violents qui venaient provoquer de véritables violences urbaines,
00:58ceux-là, il faut effectivement que la réponse soit extrêmement ferme.
01:01C'est important parce qu'à la fois, c'est pour protéger nos concitoyens et les manifestants eux-mêmes.
01:06On le voit, moi je l'ai vu devant un des lycées de ma circonscription,
01:10les élèves qui ont été blessés l'ont été par d'autres jeunes violents,
01:15cagoulés avec du mortier, enfin des tirs de mortier qui ont blessé leurs petits camarades.
01:19Et je voudrais d'ailleurs avoir une pensée pour l'ensemble de celles et ceux qui ont été victimes de
01:25ces violences urbaines
01:26en parallèle des manifestations lycéennes, à commencer par les policiers.
01:29On a quasiment 1000 policiers blessés dans notre pays avec des situations extrêmement graves,
01:34certains qui sont passés au bloc opératoire.
01:35Je veux vraiment leur adresser ma solidarité et leur souhaiter bon courage pour les manifestations de demain.
01:39Et je pense également aux professeurs, tout particulièrement en cette journée,
01:42où on a une pensée pour Samuel Paty et Dominique Bernard.
01:44C'est l'anniversaire de la mort de Samuel Paty aujourd'hui, ça devrait aussi nous faire réfléchir
01:48et apporter tout notre soutien à tous les professeurs qui essayent,
01:52dans des conditions pas faciles, d'élever nos enfants et d'en faire de vrais citoyens.
01:56Des lycéens et des étudiants qui bloquent des établissements scolaires depuis plus de trois semaines,
02:00parmi eux donc certains brûlent et cassent.
02:02À quoi est-ce qu'on assiste en ce moment ?
02:04Qu'est-ce que vous voyez dans le pays ?
02:06Vous voyez des jeunes inquiets pour leur avenir ou des casseurs ?
02:10Je crois que tout le monde dans ce pays aujourd'hui est inquiet.
02:13Jeunes, pas jeunes, âgés, seniors.
02:16Le contexte international, le climat qui est bouleversé,
02:18une situation économique dramatique, peu d'espoir pour la suite.
02:22Il faut se dire les choses, tout le monde est inquiet.
02:24La question, c'est cette inquiétude.
02:26À qui la faute ?
02:29Globalement, on affronte beaucoup de crises.
02:30On n'est pas aussi inquiet dans tous les pays du monde.
02:33Objectivement, si on est un peu objectif, la crise sur le détroit d'Hormuz,
02:36elle touche tous les pays.
02:37La canicule hors du commun qu'on a vécu cet été, etc.
02:40Mais mon propos est de dire, cette inquiétude, il faut aussi l'entendre,
02:42il faut essayer de trouver comment on y répond.
02:45Et à côté de ça, vous avez des personnes qui vont s'amuser de ce climat,
02:49de cette inquiétude, de ces colères, et notamment qui vont essayer...
02:52S'en amuser ou en profiter ?
02:54D'en profiter pour faire une véritable révolution.
02:57On a dans notre pays aujourd'hui une force politique, la France insoumise,
03:00qui s'amuse à ses universités d'été,
03:02à dessiner avec un spectacle de drones le portrait de Robespierre dans le ciel.
03:06Ça dit tout de leur volonté insurrectionnelle.
03:09Et les filles de faire la révolution, et je veux vous le dire ici...
03:11Et donc, pour rendre le pouvoir de façon non démocratique ?
03:14En tout cas, ils veulent, à travers le saccage qu'ils mettent dans nos rues,
03:19créer un climat de tension tel que ça leur donne une petite chance d'accéder au pouvoir.
03:23Et effectivement, d'une certaine façon, ils jouent sur les peurs, sur les inquiétudes.
03:27Je suis élu dans le département du Val-de-Marne,
03:29où nous avons M. Louis Boyard, qui est également élu.
03:32Avant même qu'on parle sur les chaînes d'info des manifestations lycéennes,
03:36il était déjà en train d'aller mettre le feu, d'une certaine façon,
03:41à travers sa présence et à travers les mots, devant les lycées,
03:45où qu'est-ce qu'on voyait comme schéma ?
03:47Quelques jeunes qui commençaient un blocus, pas très nombreux.
03:50Le parlementaire M. Boyard, député avec son écharpe tricolore, qui arrivait,
03:54qui lançait des slogans, qui essayaient de faire des vidéos pour TikTok.
03:58Et puis derrière, des voitures qui arrivaient avec des casseurs,
04:00cagoulés, mortiers, etc.
04:03Ça a commencé comme ça.
04:04Donc le lien avec la France insoumise, il est indubitable.
04:07Ça n'empêche pas qu'il y a des lycéens, comme d'autres catégories de la population,
04:10qui ont des revendications légitimes.
04:12Mais cette volonté de créer de la violence urbaine
04:14et de finalement hybrider, pardon pour ce mot,
04:18des manifestations légitimes et ces violences urbaines,
04:20on voit bien que la France insoumise en est un acteur majeur.
04:24Et pardon, mais on parle de ces violences,
04:27on vient de rendre hommage à Samuel Paty, à Dominique Bernard,
04:30vous avez la section LFI de Surenne,
04:33qui a fait des tracts, mettant une cible dans le dos du proviseur d'un lycée de Surenne.
04:38Aucune excuse, aucun recul sur cette agression d'un membre du corps enseignant.
04:46C'est inadmissible.
04:47Et le gouvernement, à travers les articles 40,
04:50vous savez, on saisira le procureur à chaque fois que ce sera nécessaire.
04:53Parce qu'encore une fois, on a le droit d'avoir un débat idéologique,
04:56on a le droit d'avoir des partis politiques qui défendent des opinions différentes.
05:00Essayer d'inciter les uns et les autres à enfreindre les règles de droit,
05:03c'est inadmissible.
05:04Vincent Jambrun, est-ce qu'il faut aller au-delà de l'indignation
05:07et réclamer l'interdiction de la France insoumise ?
05:10Bruno Retailleau a posé la question, dit, la question se pose.
05:14Moi, je combats les formations politiques dans le cadre politique.
05:18J'avais, dans ma circonscription, la députée Rachel Kéké.
05:21J'ai pris mes responsabilités, je me suis présenté aux législatives
05:24et les électeurs ont choisi et je l'ai battu dans les urnes.
05:28Donc, je pense que c'est le meilleur moyen de démontrer à nos concitoyens
05:32qu'il y a un autre projet de société
05:34et montrer la supercherie de cette formation politique.
05:38Vous savez, moi, je n'oublierai jamais qu'au moment des émeutes de 2023,
05:41M. Mélenchon s'amusait à tweeter en disant aux jeunes
05:45ce qu'ils avaient le droit de brûler ou pas brûler.
05:47Voilà.
05:47Et comme il avait oublié de dire qu'il ne fallait pas brûler la maison des gens,
05:50vous connaissez la suite de l'histoire.
05:51Je pense que c'est ça dont on parle.
05:54Mme Kéké, lorsqu'elle était dans mon bureau de maire,
05:57elle m'expliquait qu'elle aimerait bien que la police tue mes enfants
05:59pour que je me rende compte de ce que c'était la violence policière.
06:02Ce discours révolutionnaire, elle me l'a dit droit dans les yeux.
06:05Je peux vous le dire ici, c'est extrêmement dangereux.
06:10Mais je comprends la posture de dire qu'on n'a qu'à les interdire.
06:14Mais ce n'est pas parce qu'on casse le thermomètre qu'il n'y a plus la fièvre.
06:18Il faut aller la combattre.
06:20Il faut qu'on soit le médicament qui fasse baisser la fièvre.
06:22Et pour ça, il faut aller voir les électeurs,
06:24il faut aller voir les citoyens français en leur disant
06:26c'est une illusion, c'est le chaos qu'on vous promet à travers la France insoumise.
06:32Marine Le Pen était hier soir sur CNews et sur Europe 1
06:35et elle a déclaré que des élèves de 16 ans qui cassent dans leur lycée
06:40doivent en être exclus et qu'ils iront se chercher une autre institution pour les éduquer.
06:45Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?
06:46Évidemment qu'un élève qui casse, il doit être sanctionné.
06:49Non, ce n'est pas ce qu'elle a dit.
06:50Ça, ça paraît évident.
06:51Pardon, mais ce n'est pas du tout ce qu'elle a dit.
06:52Elle a dit qu'il doit être exclu.
06:54Mais la vérité, c'est qu'ils sont déjà exclus.
06:55Non.
06:57Dans un lycée, dans un collège.
06:58Mais on leur retrouve un autre établissement.
07:01Effectivement, elle semblait proposer qu'il soit définitivement sorti au niveau...
07:06Je pense qu'il faut distinguer les lycéens et les étudiants.
07:07Donc pour vous, non ? Il faut le laisser dans le système scolaire,
07:10un étudiant, un jeune qui casse à 16 ans ?
07:12Moi, je pense qu'il faut sanctionner avec beaucoup de fermeté.
07:16Et en même temps...
07:17Ils le sont déjà.
07:18Pour l'instant, ça ne fonctionne pas.
07:19Peut-être qu'on peut rajouter un peu de fermeté.
07:21Ça serait très débat.
07:22Mais comme quoi ?
07:23En l'occurrence, je pense que quand on a cassé, il faut réparer.
07:27Et donc, être exclu une semaine, ce qui parfois consiste à aller jouer à la console chez soi
07:32ou à traîner en bas de la tour, c'est une sanction, mais qui n'est pas la plus productive.
07:36Et donc, je pense qu'on pourrait peut-être réfléchir, mais c'est en tant que citoyen
07:40que je ne vous le dis pas en tant que ministre, mais dans le cadre de l'élection présidentielle,
07:43de se dire très clairement qu'est-ce que c'est qu'une sanction pour un élève
07:46qui dégrade, qui casse.
07:48Moi, je considère qu'il doit ensuite faire des travaux d'intérêt général pour pouvoir
07:52réparer ces dégradations.
07:54C'est ce que je défendais en tant que maire.
07:55Je le défends aujourd'hui à votre micro avec autant de convictions.
07:58Ensuite, dire à un jeune, tu exclues définitivement du système scolaire, attention, parce que
08:03derrière, ça finit bien souvent pour alimenter les casseurs qu'on voyait tout à l'heure
08:07à l'écran.
08:08Donc, ça ne veut pas dire qu'il faut être complaisant.
08:09Ça veut dire qu'il faut être extrêmement exigeant, extrêmement ferme et avoir un parcours
08:15réparateur qui fait qu'on en fait quelque chose de ces gamins.
08:18Et notamment à travers le travail d'intérêt général, auquel je crois beaucoup.
08:21Vous, qui êtes un ancien élève de l'école publique, vous ne pensez pas qu'il faudrait
08:24introduire de la sélection en faisant des classes de bons élèves et en excluant
08:27ceux qui, à 16 ans, on est proche de la majorité et qu'on casse.
08:33Ça veut dire qu'on n'en a rien à faire de l'école.
08:35Tant pis, excluons-le.
08:37Je crois beaucoup à la sélection et notamment à l'université.
08:40Je pense qu'il y a une pertinence à avoir une sélection parce que, vous savez, cette
08:44sélection, c'est ce qu'il y a de plus méritocratique.
08:46Et c'est ce qui permet, objectivement, à un gamin des banlieues dont les parents
08:51n'ont pas spécialement de diplôme, par son travail, de s'en sortir et vraiment,
08:57grâce à ça, atteindre les meilleures universités.
08:59Quand on dit « tout se vaut », plus rien n'a de valeur.
09:02Donc, cette sélection-là, pourquoi pas ? Au contraire.
09:05Mais attention, quand on est sur un public jeune, consisté à dire « non, on a qu'à
09:09les dégager », ils ne vont pas disparaître, ils ne vont pas s'évaporer.
09:13Donc, moi, je préfère qu'on les ait à l'œil, qu'ils rentrent dans des parcours
09:16de réinsertion avec du travail, encore une fois, que ce soit quelque chose d'extrêmement
09:22exigeant et qu'ils ne leur fassent pas plaisir.
09:24On ne parle pas, encore une fois, de les envoyer sur le canapé, jouer à la console
09:27quand ils ont fait une bêtise.
09:28Et puis, il y a l'aspect « qu'est-ce qu'on fait d'eux ? » et il
09:31y a « comment on
09:31répare les dégâts ». Et le principe de casseur-payeur, ça devrait devenir un pilier
09:37dans le fonctionnement de notre société.
09:38On le défend avec le gouvernement, vous savez qu'il y a ce texte de loi qui avance au
09:42Parlement et ça doit être partout dans la société.
09:45Tu casses, tu répares et tu payes les réparations.
09:48Vincent Jean Brun, ministre de la Ville et du Logement, invité de la grande interview
09:51CNews Europe 1.
09:52Justement aujourd'hui, quand vous roulez à 58 km heure au lieu de 50, un flash vous
09:55photographie et vous envoie une amende que vous payez dans la majorité des cas parce
09:59que les automobilistes payent dans 75% des cas leur amende.
10:03Mais quand on casse un abribus, quand on brûle une voiture aujourd'hui, quand on brise
10:07une vitrine devant des dizaines de smartphones qui vous filment et il y a également les
10:11caméras de la ville qui vous filment, il ne vous arrive rien.
10:14Pourquoi est-ce que les politiques ne veulent pas faire payer les casseurs ?
10:17Je viens de vous le dire, les politiques veulent faire passer les casseurs.
10:19Pourquoi aujourd'hui, les politiques ne font pas payer les casseurs ? Pourquoi aujourd'hui,
10:24alors qu'Emmanuel Macron est président de la République depuis 9 ans, les politiques
10:29ne veulent pas faire payer les casseurs ?
10:31Moi, je vais vous dire, il y a un texte, ça va être un vrai révélateur, qui s'appelle
10:35« Casseurs payeurs », qui va être présenté au Parlement et qui va nous permettre de voir
10:39quelle formation politique soutient ou pas ce texte. Il y a une difficulté dans notre
10:43droit, c'est que quand vous avez une sorte de dégradation en réunion, c'était toujours
10:47un peu difficile jusqu'ici parce que la loi ne permettait pas de condamner tout ce qui est...
10:52J'ai des dizaines d'exemples avec des jeunes identifiés, sans cagoule, qui cassent des
10:58abribus. Ça coûte plusieurs milliers d'euros, les abribus. Et personne n'est allé les chercher.
11:03Une fois, on est allé en chercher un parce qu'on en avait parlé sur CNews et qu'on avait
11:07montré les images et qu'effectivement, les autorités s'étaient un petit peu réveillées
11:11en se disant « Oui, on va aller le chercher, celui-là ».
11:12Si vous me permettez, moi j'ai un sujet, c'est que quand on dit « personne n'a
11:15été les chercher », ça sous-entend que les policiers n'ont pas fait leur travail.
11:18Non, ça sous-entend que personne n'a demandé aux policiers d'aller les chercher.
11:21Les policiers font très bien leur travail.
11:22Les policiers, ils sont courageux et ils vont justement dans les pires cités chercher.
11:26Ce sont les politiques et peut-être la justice qui ne demandent pas.
11:29Mais en l'occurrence, vous avez raison, il faut qu'il y ait une demande.
11:33Quand, par exemple, Valérie Pécresse a vu les dégradations et les incendies sur les lycées,
11:38immédiatement elle a saisi la justice, ce qui va permettre d'enclencher les procédures.
11:41Toutes les collectivités locales ne le font pas, vous avez raison de le dire,
11:44et ça devrait devenir automatique.
11:46Mais une fois qu'on a dit ça, le vrai sujet, c'est que porter plainte,
11:49si c'est pour qu'au bout du bout, il n'y ait pas de réparation,
11:52il n'y ait pas de parcours de réparation, au fond, on passe à côté de l'objectif.
11:55Donc là, avec la loi casseur-payeur, on aura un objectif très clair,
11:59on identifie la personne, on la condamne et elle ou ses parents payent la réparation
12:04et les dégâts pour que ce ne soient plus les Français qui payent mille fois
12:08les mêmes espaces publics.
12:09On verra, on verra.
12:09En tout cas, moi, je me battrai là-dessus.
12:11Vous pouvez être sûr.
12:12Et vous savez, c'est d'autant plus grave que, on parlait tout à l'heure des émeutes de 2023,
12:16vous avez des personnes identifiées qui ont mis le feu à des mairies
12:19en se filmant eux-mêmes avec leur smartphone, dont on attend toujours la condamnation.
12:22Et donc, on voit bien la nécessité de durcir notre droit.
12:26Vincent Jambrun, ministre de la Ville et du Logement, avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1.
12:30Je voulais vous faire écouter ce message de Sébastien Leroy, maire de Mandelieu,
12:34l'anapoule que vous avez certainement entendu sur la loi SRU qui impose des HLM dans les villes.
12:38On l'écoute, on en parle après.
12:39Je reçois un courrier de l'État qui me demande, qui m'ordonne de construire 2345 logements sociaux à Mandelieu
12:46pour remplir les quotas de la loi SRU.
12:50En résumé, on me demande de faire par mois un immeuble de 35 logements.
12:55naturellement, vous aurez compris que même si on était une armée de chinois avec des bétonnières et des brouettes,
12:59on n'y arriverait pas, mais ce n'est pas grave.
13:01Parce que, vous savez, dans cet hommage toujours perpétuel à l'Union soviétique et au grand plan de Brezhnev,
13:07même si c'est débile, on continue à imposer.
13:10Toujours plus, on n'y arrivera pas, mais ce n'est pas grave.
13:13Alors, ça fait très bien dans les documents de com'.
13:15Il a tellement raison.
13:17Qu'est-ce que vous lui dites au maire de Mandelieu et à l'Anna Poul ?
13:19Moi, je reconnais son style un peu humoristique et provoque, mais deux choses d'abord.
13:25Moi, j'ai grandi dans le logement social.
13:28Ma mère d'origine italienne, mon père chauffeur-livreur,
13:31sans la solidarité nationale qui leur ont permis d'avoir un toit sur la tête
13:36et élever leurs deux enfants dans de bonnes conditions,
13:38je ne serai pas devant vous en train de vous parler.
13:40Donc, avoir du logement accessible et abordable dans notre pays,
13:43c'est plutôt une richesse extraordinaire.
13:45Et par ailleurs, quand je regarde les réunions au niveau européen,
13:49ils regardent le modèle français en disant « vous avez pris de l'avance ».
13:52Et il faut distinguer le logement social, qui a beaucoup de vertus,
13:56des quartiers ghettos qu'on a construits à la va-vite après la Seconde Guerre mondiale,
13:59où là, il faut de la rénovation urbaine pour les détruire.
14:02La question, c'est, est-ce qu'il faut encore plus de logement social ?
14:04Est-ce qu'il faut encore plus de HLM ?
14:06En fait, je pense qu'il en faut un peu partout.
14:09Et c'est ça le sujet, avoir du logement social.
14:12Ensuite, aujourd'hui, on a un système qui est très mal vécu par les élus
14:15parce qu'ils les pointent du doigt en disant « vous ne faites pas »,
14:18« vous êtes mauvais », etc.
14:19On parle d'amandes et sérues.
14:20Objectivement, ça, c'est évidemment très désagréable
14:23parce que certains n'ont juste physiquement plus la place.
14:26C'est extrêmement compliqué.
14:28Maintenant, avoir une logique globale du pays qui dit
14:31« il faut du logement social » un peu partout
14:34est mieux diffusé pour justement éviter les ghettos.
14:36Moi, je continue à le défendre.
14:38Et encore une fois, du logement social…
14:40Vous ne craignez pas ainsi de mettre des ghettos dans toutes les villes de France ?
14:44Vous avez dit le mot.
14:44C'est-à-dire que maintenant, malheureusement,
14:46on confond souvent logement social et ghettos.
14:47Mais vous avez des petits immeubles de logements sociaux qui sont merveilleux.
14:51Et quand vous ne les avez pas, vous ne savez pas loger l'infirmière,
14:54vous ne savez pas loger le professeur des écoles,
14:57vous ne savez pas loger la secrétaire de mairie, etc.
14:59Donc, il faut être honnête.
15:00On a aussi besoin de ce logement abordable,
15:02mais il faut le faire dans de bonnes conditions
15:04et ne pas recréer les erreurs de la Seconde Guerre mondiale,
15:06c'est-à-dire faire des gigantesques quartiers
15:08où il n'y a plus de mixité.
15:10En fait, le vrai sujet, c'est le parcours résidentiel,
15:13le logement social, une étape dans la vie qui vous permet de progresser
15:16et la mixité partout où c'est possible.
15:18Ministre du Logement, Vincent Jambrun, avec nous ce matin sur CNews et Europe 1.
15:22Le projet de loi relance du logement.
15:242 millions de logements d'ici 2030.
15:26Comment vous allez y arriver ?
15:27On change les règles du jeu.
15:29Cet objectif, il est impossible à atteindre si on ne change pas les règles du jeu.
15:32C'est très clair.
15:33Cet objectif, on se l'est fixé avec ce que j'appelle l'équipe de France du logement,
15:36c'est-à-dire tous les professionnels de ce secteur, avec une idée simple.
15:40On construit du neuf, on répare de l'ancien et on le fait avec un retour de l'investissement.
15:45Et pour ça, il y a des dispositifs fiscaux généreux qui ont été mis en œuvre,
15:49dans le neuf et bientôt dans l'ancien grâce à ce projet de loi,
15:52avec des petites victoires comme dans le futur budget,
15:55un prêt à taux zéro parentalité pour permettre aux familles
15:58qui ont un enfant à naître d'avoir la possibilité d'acheter plus grand
16:03parce qu'on vit dans un pays et c'est un drame où certaines familles renoncent à avoir un enfant
16:07parce qu'elles se disent que je ne pourrais pas l'accueillir dans de bonnes conditions.
16:11Ça, moi, je ne l'accepte pas en tant que ministre du logement.
16:14Et donc, je le dis, si le budget est voté, on aura un nouveau prêt à taux zéro,
16:17un prêt à taux zéro parentalité dont on pourra bénéficier
16:20dès les six mois de l'enfant et jusqu'à ses trois ans.
16:23Et puis derrière, et c'est vital, un choc de simplification.
16:27On est dans un pays où on touche à l'absurdie.
16:29On a des procédures tellement longues
16:31que maintenant, on a plus de temps de procédure
16:33que de temps de construction du bâtiment.
16:35Et donc, un peu comme on a su faire pour les Jeux olympiques ou Notre-Dame,
16:38c'est ce qu'on met dans le projet de loi,
16:40des outils d'accélération du dispositif
16:42en plus d'accompagnement sur la rénovation
16:45et surtout, très important pour moi, la confiance au maire.
16:47Les investisseurs, et notamment les petits investisseurs,
16:51reculent et désormais hésitent
16:54avant d'acheter un studio, un, deux pièces,
16:57parce qu'il y a trop de contraintes,
16:59notamment des problèmes avec les locataires mauvais payeurs.
17:01Est-ce que vous êtes favorable au listing des locataires mauvais payeurs ?
17:04À titre personnel, moi, je dis qu'il fallait qu'on rétablisse
17:06la confiance entre le propriétaire et le locataire
17:09et de fait, lutter contre deux micro-catégories
17:12qui sont une minorité,
17:13mais qui font beaucoup de mal à tout le monde.
17:14C'est-à-dire, le mauvais propriétaire,
17:16il y en a très peu, mais ça existe, des marchands de sommeil.
17:18Il faut être capable de bien les identifier et de lutter contre.
17:20Et puis, à l'autre bout de la chaîne,
17:21vous avez les professionnels de l'impayé.
17:24Je ne parle pas de la personne qui a un accident de parcours
17:26et qui a une difficulté spécifique à un moment donné.
17:29Il existe beaucoup de moyens pour accompagner les familles en difficulté
17:32et faire en sorte que le locataire comme propriétaire trouve une solution.
17:36Mais vous en avez d'autres qui s'amusent, effectivement,
17:39pendant des années, à accumuler dette locative sur dette locative.
17:42Quand ça devient trop compliqué, ils changent de logement.
17:45Comme on n'a pas l'historique,
17:46vous avez un nouveau propriétaire qui leur loue un bien
17:49et qui se font avoir.
17:50Là-dessus, moi, j'ai posé la question à titre personnel,
17:53mais je pense que ça doit être dans le débat présidentiel
17:55parce que c'est essentiel, au fond, pour notre société.
17:58Quand on vit la pire crise du logement depuis la Seconde Guerre mondiale,
18:01il faut qu'on rétablisse le lien de confiance.
18:03Parce que, vous l'avez dit, au fond,
18:05il y a deux enjeux quand on hésite à investir dans la pierre.
18:08Le premier, c'est la rentabilité.
18:10C'est logique.
18:11Le deuxième, c'est est-ce que je vais pouvoir jouir sereinement de mon bien
18:13ou est-ce que j'aurai des professionnels de l'impayé
18:16qui vont m'empêcher d'en jouir sereinement ?
18:19On sait qu'il y a des Français qui, parfois, investissent à l'étranger
18:21avec tous les risques que ça comporte de gérer les biens à distance
18:24parce qu'ils se disent, si demain, j'ai un squat,
18:27si demain, j'ai des impayés,
18:28en 48 heures, maximum 15 jours, c'est réglé.
18:30Je précise quand même qu'on a fait des grosses avancées depuis un an,
18:33notamment sur la lutte contre les squats,
18:35parce qu'en France, on distinguait, vous vous en souvenez,
18:37les squats de l'impayé.
18:38Et notamment, on a, grâce à la loi Riposte qui a été votée récemment,
18:42mis fin à ce qu'on appelait le squat Airbnb,
18:44c'est-à-dire je rentre légalement dans le bien,
18:46je maintiens plus de 48 heures
18:48et c'est comme si j'avais un contrat de bail en bonne et due forme.
18:51Inacceptable, ça, désormais,
18:54on a corrigé la loi pour que ce ne soit plus possible.
18:57Mais donc, moi, j'ai proposé à titre personnel, j'insiste,
19:00l'idée d'avoir un fichier qui permettrait de savoir
19:03où on en est de la dette locative.
19:05Pas quelque chose qui soit accessible à tout le monde,
19:07mais simplement vous, en tant que potentiel locataire,
19:09vous y avez accès,
19:10un peu comme votre extrait de casier judiciaire.
19:12Vous êtes capable de le fournir et de le présenter.
19:15Personne d'autre n'y a accès,
19:16mais vous dites, voilà, moi, mon état de dette locative,
19:18il est à zéro, il est à 150 euros.
19:20Ça a aussi un avantage,
19:21c'est que si vous avez eu à un moment donné un accident,
19:23vous avez eu une dette importante,
19:24vous l'avez remboursée,
19:26bon, à ce moment-là, vous êtes revenu à zéro
19:28et tout va bien.
19:28On redonne de la confiance.
19:31Vincent Jambrun avec nous ce matin.
19:32J'avais une dernière question un peu plus personnelle à vous poser.
19:35Vous y avez fait référence.
19:36Les émeutes de 2023,
19:38votre femme et vos enfants ont été attaqués
19:40par des voyous pendant ces émeutes.
19:42Est-ce qu'aujourd'hui encore, vous subissez les conséquences psychologiques
19:45de cette attaque, vous et votre famille ?
19:47Ce qui tue pas rend plus fort, donc on est plus fort.
19:50Mais effectivement, ça marque une vie.
19:53La mienne, la nôtre.
19:54Mais je veux le dire,
19:56nous, on a été très médiatisés,
19:57mais il y a énormément d'élus sur le terrain,
19:59énormément,
20:00qui subissent des violences,
20:02qui ne font pas forcément d'ailleurs la une des journaux.
20:04Et j'ai envie d'avoir une pensée pour eux aujourd'hui
20:06et de leur dire, il ne faut pas lâcher.
20:07Parce que ce pays tient debout essentiellement grâce à vous,
20:10grâce à ses élus locaux.
20:12Beaucoup sont bénévoles
20:12et objectivement, ils méritent d'être protégés.
20:16Vincent Jambrun était l'invité de la grande interview
20:18C News Europe 1.
20:19Merci beaucoup d'être venu.
20:20Bonne journée.
20:20A bientôt.
20:20Merci.
20:22Sous-titrage Société Radio-Canada
20:24Sous-titrage Société Radio-Canada

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