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Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle, était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:008h13, la grande interview CNews Europe 1 avec Jérôme Gage ce matin. Bonjour Jérôme Gage.
00:05Bonjour.
00:06Député socialiste de la sixième circonscription de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle.
00:11Merci d'être là, on va balayer toute l'actualité évidemment.
00:14Je voulais qu'on commence par ce qui s'est passé au Parti Socialiste hier soir.
00:18Le patron du PS, Olivier Faure, a été désavoué, les militants PS ont voté pour le mode de désignation des
00:23candidats à la présidentielle
00:25et ce que proposait Olivier Faure a été rejeté.
00:28Déjà, est-ce qu'Olivier Faure peut rester numéro un du PS ?
00:31Franchement, il fait ce qu'il veut, c'est en conscience qu'on prend ce genre de décision.
00:35Je constate que la proposition qui a été faite par le premier secrétaire du Parti Socialiste n'a pas été
00:40soutenue très largement
00:42par les militants du Parti Socialiste qui ont refusé très clairement la proposition qu'ils défendaient depuis des mois
00:51qui consiste en gros, parce que tout ça est affreusement compliqué pour ceux qui ne sont pas à l'intérieur
00:56de la machine socialiste,
00:57mais qui consistait en gros à dire qu'il fallait s'allier dans le cadre d'une primaire très ouverte
01:04avec la gauche écologiste, Marine Tondelier, avec Clémentine Autain, avec François Ruffin ou d'autres
01:12et qu'il y a l'affirmation plutôt de la nécessité d'avoir un candidat issu de ce que moi
01:19je défends,
01:20à savoir la gauche républicaine et qui est capable de défendre ses idées,
01:25de construire des partenariats avec les autres forces de gauche,
01:28mais qui, d'une certaine manière, auront toute forme d'ambiguïté dans la relation avec la gauche radicale,
01:34avec la France insoumise.
01:35Or, ceux avec lesquels Olivier Faure envisageait de se frotter, si j'ose dire,
01:40pour partie d'entre eux viennent de cet espace politique,
01:42même s'ils ont rompu courageusement Clémentine Autain ou François Ruffin,
01:47ou d'autres continuent à entretenir la possibilité ambigüe, implicite,
01:52d'une relation avec la France insoumise.
01:54On voit les débats qui traversent les verts en ce moment,
01:57où il y a une partie des verts qui très clairement disent qu'il faut aller faire la candidature.
02:00Voilà, donc moi, le vote d'hier, il est extrêmement clair.
02:04Il faut un candidat de cette gauche républicaine
02:07qui affirme des positions distinctes, à la fois du macronisme déliquescent
02:13et évidemment de la fuite en avant qu'incarne la France insoumise.
02:18Il n'y en a pas 50 des candidats, ça c'est Raphaël Glucksmann.
02:20Il y a d'abord celui qui est face à vous,
02:24qui a incarné depuis des mois et des mois la rupture claire avec la France insoumise.
02:30Moi, j'ai refusé d'être candidat dans le cadre du nouveau Front populaire en 2024
02:34qui défend une gauche universaliste, laïque, attachée à la question sociale
02:39parce qu'il faut répondre aux souffrances, aux colères, aux espérances de nos concitoyens.
02:45Donc marcher sur les deux jambes, la question sociale, la question républicaine,
02:48dans la clarté, dans la crédibilité et la dignité.
02:51Je pense que nos concitoyens attendent une gauche crédible et une gauche digne.
02:56Ce n'est pas toujours le cas aujourd'hui dans ceux qui parlent le plus fort.
02:59Le PS s'est perdu ces dernières années à cause d'Olivier Ford qui s'est rapproché de la France
03:03insoumise.
03:04En tous les cas, on a perdu beaucoup de temps.
03:06C'est quand même assez anormal qu'il faille attendre le 9 juillet
03:10pour décider de la manière avec laquelle on va désigner notre candidat à l'élection présidentielle.
03:15Il y a eu un congrès du PS, c'était en juin 2025, tout le monde l'a oublié.
03:19Dès le lendemain, on aurait dû se mettre d'accord, ce qui était prévu,
03:22sur justement le processus pour créer une dynamique.
03:25Donc, on a perdu beaucoup de temps, on s'est égaré.
03:29En effet, c'était le cas notamment au moment des élections municipales
03:32où le PS avait pris une position extrêmement claire de refus de toute alliance avec la France insoumise.
03:36Et puis, au gré des circonstances, finalement, a fermé les yeux sur celles qui ont pu se déployer à certains
03:44endroits.
03:44En tous les cas, je combats très clairement cette position.
03:47Je pense qu'il y a besoin d'une gauche debout, je vous l'ai dit, une gauche digne et
03:50une gauche crédible.
03:51Ce n'est pas une gauche molle.
03:52Voilà, moi, mes convictions de gauche, elles sont connues.
03:54J'ai plaisir à venir les exprimer sur ce plateau parce que je m'adresse à tous les Français.
03:58Et moi, dans la période, je n'ai pas envie de m'enfermer dans un périmètre étroit.
04:03Je veux m'adresser à l'ensemble des Français et pouvoir leur dire
04:07qu'il y a une alternative à ce qui apparaît inéluctable.
04:10Dans les rangs du PS, il y a également Karim Bouamran, qui est maire de Saint-Ouen,
04:13qui est venu répondre aux questions de Laurence Ferrari, s'est déclaré candidat.
04:17C'est un adversaire que vous craignez, Karim Bouamran ?
04:19Non, enfin, d'abord, Karim est un ami.
04:23On défend ensemble des positions qui sont extrêmement convergentes.
04:27Et c'est pour ça qu'à la fin du processus, je rassure ceux qui pourraient être inquiets,
04:32il n'y aura qu'un seul candidat de cet espace politique.
04:35Il faut qu'on puisse le désigner dans de bonnes conditions,
04:38mais surtout qu'on ne perd pas de temps à, justement, tout ce qui peut apparaître comme de la tambouille,
04:43mais qu'on mette sur la table les propositions alternatives
04:45parce que les Français, ils ont besoin d'un projet contre projet.
04:48On a maintenant une candidate du Rassemblement national.
04:50Elle est clairement en place.
04:52On en reparlera si vous le souhaitez.
04:55Mais moi, je veux la confrontation avec le programme du RN.
04:59Parfois, je ne comprends pas exactement ce qu'il dit sur le SMIC, sur les retraites,
05:03sur la vision de l'économie, sur ses propositions en matière d'écologie.
05:06Et moi, je veux démystifier toutes les ambiguïtés, toutes les contradictions qui existent,
05:11et dire qu'il y a, en effet, une gauche qui est capable d'être entendue par le spectre politique
05:18large.
05:18Vous savez, dans ce pays, il y a beaucoup de Français qui vivent dans des villes,
05:21vous parliez de Karim Bouamran, qui a été très brillamment réélu à Saint-Ouen.
05:26D'abord, en faisant face, principalement, lui, à la France insoumise, qui ne l'a pas ménagée.
05:31Et les Français qui vivent dans des villes dirigées par la gauche, des grandes ou des petites,
05:35ils voient qu'il y a cette gauche du réel, il y a cette gauche des solutions,
05:39qui est capable d'avoir des convictions pour la gratuité des transports à certains endroits,
05:43comme Michael Delafosse à Montpellier,
05:45pour une lutte indéfectible contre les insécurités du quotidien,
05:49que ce soit Karim ou Michael Delafosse, ou d'autres, la lutte contre le narcotrafic.
05:53Donc, on sait être pragmatique, et on tord le coup à l'image angélique qui est parfois donnée.
05:58On l'avait oublié avec les alliances avec la France insoumise dont on a parlé.
06:01C'est la raison pour laquelle ça abîme.
06:03Voilà, ça abîme parce qu'à côté, il y a des gens qui ont une stratégie,
06:06elle leur appartient, je la combats, qui est celle de la brutalisation,
06:09de la conflictualisation permanente du débat public,
06:11et surtout de l'impuissance à la fin.
06:13Parce que vous savez, dans une élection présidentielle,
06:15on vient avec ses convictions, mais il faut s'adresser à l'ensemble des Français.
06:18Voilà, il faut être capable de rassembler.
06:20Il y a suffisamment de difficultés dans le pays.
06:22Voilà, on vit une crise internationale, on en parlera peut-être,
06:25c'est quand même extrêmement préoccupant.
06:27On vit une crise climatique, franchement, les incendies, la canicule,
06:30tout ça, ça nécessite des réponses politiques, économiques, sociales,
06:36et on ne peut pas repousser.
06:37On vit une crise démocratique, il y a une insatisfaction à l'ensemble de nos concitoyens
06:41qui ont l'impression que le pouvoir politique n'est plus capable d'avoir pris sur leur quotidien.
06:45C'est le sentiment de relégation, de déclassement, de mépris
06:49que vivent une partie de nos concitoyens,
06:51ceux qui vivent dans les villes, dans les sous-préfectures,
06:53dans les territoires parfois relégués,
06:55qui ont l'impression que quand le service public ne fonctionne pas,
06:57quand je n'arrive pas à avoir un rendez-vous chez le médecin,
06:59quand la fiche de paye ne permet pas de faire le plein d'essence,
07:02il y a un sentiment de mépris.
07:04Le RN prospère sur cette colère-là.
07:07Moi, je ne conteste pas la colère,
07:09je veux apporter des réponses alternatives
07:10qui sont celles que les Français ont chevillées au corps.
07:13Ils sont capables d'être solidaires,
07:14ils ne sont capables d'être pas repliés dans le chacun pour soi,
07:17mais il leur faut de l'efficacité.
07:19Moi, je veux être le candidat de l'efficacité des réponses de la politique publique
07:22plutôt qu'à un discours de l'impuissance
07:24ou du yaka-faucon
07:25et de la promesse d'un grand soir irréalisable.
07:27Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne
07:29et candidat à la présidentielle
07:30et l'invité de la grande interview CNews Europe 1 ce matin.
07:33Jean-Luc Mélenchon veut apparaître comme le candidat de la vraie gauche.
07:35Il dit « la gauche, c'est moi ».
07:37Il est le candidat de quoi, selon vous ?
07:40Vous savez, je n'ai pas envie de passer mes journées
07:42à commenter Jean-Luc Mélenchon.
07:44On me reproche d'ailleurs souvent de dire
07:45qu'il ne met sur la table que l'inquiétude
07:48par rapport à Jean-Luc Mélenchon.
07:49Non, aujourd'hui, mon constat,
07:50il est que c'est le plus mauvais candidat
07:53pour un deuxième tour d'élection présidentielle.
07:56Il suffit de voir les sondages du niveau de rejet
07:58et il a tout fait pour être rejeté à ce point.
08:01Il s'est éloigné par un moment des rives de la gauche
08:04par des positions qui sont contraires
08:06à l'identité, à l'ADN de ce parti.
08:08Par exemple, il y a des blagues sur les noms de personnes.
08:11Évidemment qu'à gauche,
08:13il n'y a pas un gramme de complaisance,
08:16de connivence, d'alimentation volontaire ou involontaire
08:19de propos jugés antisémites.
08:22Moi-même, je les ai dénoncés.
08:24Et là, on ne peut pas mégoter.
08:26J'entendais votre édito plus tôt sur Europe 1
08:28sur le 120e anniversaire
08:31de la réhabilitation du capitaine Dreyfus
08:33dans l'identité de la gauche.
08:35La synthèse que fait Jean Jaurès,
08:37c'est d'être capable de défendre les mineurs de Carmo,
08:41l'indignité de leurs conditions de travail
08:43et le petit capitaine juif Dreyfus
08:46parce que pour lui, il considère que c'est le même combat.
08:48Un combat universaliste pour la justice.
08:50Il ne peut pas y avoir de justice sociale
08:52s'il n'y a pas de justice tout court.
08:54Et donc, ce combat contre l'antisémitisme,
08:56c'est l'ADN de la gauche.
08:57Et quand je vois, en effet, certains
09:00regarder ailleurs, voire alimentés
09:01par leurs mauvaises blagues
09:03ou leurs écrits des positions,
09:06je dis qu'il y a un énorme problème.
09:07Et là, ce n'est plus un problème gauche-droite.
09:08C'est un problème d'appartenance
09:10à une certaine identité républicaine du pays.
09:12On va parler de la laïcité.
09:15Vous venez de vous voir confier
09:16une mission sur la laïcité.
09:17Je voudrais qu'on évoque un dernier nom
09:20concernant ceux qui se préparent
09:21pour la présidentielle à gauche.
09:23Il y a François Hollande qui semble se préparer.
09:25Vous le souhaitez ?
09:26En tous les cas, un ancien président de la République,
09:30il a forcément des choses à dire
09:31dans une élection présidentielle.
09:33Il a fait le choix de revenir au premier plan.
09:34Il est assis juste derrière moi
09:35dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale.
09:38Et donc, d'une manière ou d'une autre,
09:40savoir sera utile dans le débat.
09:42Mais encore une fois...
09:43Et de quelle manière vous le souhaitez ?
09:45C'est à lui qu'il faut poser la question
09:46de savoir s'il doit être candidat.
09:48J'ai lu il y a plusieurs mois
09:49qu'il disait qu'il se préparait.
09:51Sans se préparer.
09:51Je considère que c'est une préparation
09:53qui doit être une préparation collective.
09:55C'est la bataille des idées,
09:56la bataille du projet
09:57sur la ligne politique
09:58que je vous ai décrite tout à l'heure,
10:00qui est celle de pouvoir incarner,
10:03encore une fois,
10:03ces convictions fermes.
10:05Dans ce pays, vous savez,
10:06moi je vais vous dire,
10:06je suis nostalgique du clivage
10:08entre la droite républicaine
10:10et la gauche républicaine.
10:11Ce clivage a été grand remplacé,
10:14pardonnez-moi le jeu de mots,
10:15par un clivage entre l'extrême droite
10:17et la gauche radicale.
10:21Et ce remplacement a pu s'opérer
10:24parce que et la droite républicaine
10:25et la gauche républicaine,
10:26à un moment donné,
10:27on ne comprenait plus ce qu'elle disait.
10:28Elles n'étaient pas audibles.
10:29Elles n'étaient pas tranchées
10:31dans les positions.
10:32Et surtout, elles ne parvenaient pas.
10:35C'est le problème pour la droite,
10:37c'est le problème pour M. Retailleau,
10:38comme c'est le problème
10:39pour la gauche que j'incarne,
10:41pour certains,
10:42d'être soumis
10:43au candidaton.
10:43À ce jour, elle n'est pas beaucoup plus audible.
10:46Non mais je vous le dis, en effet.
10:48À la petite musique
10:50que d'un côté le RN imprimé
10:52et de l'autre côté la gauche radicale.
10:53Il faut être soi-même dans cette période.
10:54Et être soi-même,
10:55c'est aussi être capable de dire
10:57que dans la période,
10:58personne ne pourra avoir raison tout seul.
10:59Voyez-vous,
11:00moi je suis convaincu
11:01que le prochain président élu,
11:02il n'aura probablement pas de majorité
11:04à l'Assemblée nationale.
11:06Parce que la tripartition,
11:08voire la quadripartition
11:09de la vie politique française,
11:10elle ne va pas disparaître
11:11sur un claquement de doigts
11:12du fait de l'élection présidentielle.
11:14Notamment,
11:15dans l'hypothèse que je souhaite
11:16que Marine Le Pen
11:17ne gagne pas l'élection présidentielle
11:20et que le candidat
11:20qui aura été élu face à elle,
11:22je souhaite que ce soit
11:23un candidat de la gauche républicaine,
11:25l'aura été immanquablement
11:26dans le cadre
11:26de ce qui s'apparentera
11:28à un front républicain.
11:29Et ce candidat-là,
11:30en tous les cas,
11:30moi je prends cet engagement
11:32si je suis élu,
11:33c'est de ne pas reproduire
11:34l'erreur d'Emmanuel Macron
11:36qui, après avoir été élu en 2022,
11:38a dit
11:39j'ai compris le message
11:40que vous m'adressez,
11:41votre vote m'oblige,
11:42mais qui dès le lendemain
11:44a appliqué son programme
11:45comme si de rien n'était
11:46et comme il n'avait pas
11:46de majorité à l'Assemblée,
11:48l'a fait à coup de 49-3.
11:49Moi je suis,
11:50je défends
11:51une forme de nuance
11:52en politique
11:53qui ne nie pas le réel,
11:55qui part des convictions
11:56mais qui essaye
11:56de construire des compromis.
11:58Et dans ce pays,
11:58on va parler dans un instant
11:59de la laïcité,
12:00il y a plusieurs sujets
12:01sur lesquels nous devons
12:02pouvoir être capables
12:03de nous mettre d'accord.
12:04Alors on va me dire
12:05immédiatement
12:06mais Gage,
12:06il veut faire un compromis
12:08par-dessus tout.
12:09Après c'est le principe
12:10de réveiller.
12:10Vous savez,
12:10moi à l'Assemblée nationale,
12:11l'année dernière,
12:12j'ai bataillé pour,
12:13en effet,
12:14pouvoir voter un budget
12:15et ne pas provoquer
12:16une crise institutionnelle,
12:18financière,
12:18budgétaire dans le pays.
12:20Donc moi je prends
12:20mes responsabilités
12:21d'être capable
12:22de discuter avec les gens
12:23avec lesquels je ne suis pas d'accord.
12:25Voilà,
12:25nos concitoyens
12:26ne supportent plus
12:27cette espèce de vision
12:28où chacun dans son couloir
12:29pense avoir raison tout seul
12:31et à la fin,
12:31c'est le discours de l'impuissance,
12:33c'est l'inertie,
12:33on n'apporte pas des réponses
12:34et ça alimente
12:35la machine à frustration.
12:36Qui est le plus dangereux
12:37entre le RN et LFI,
12:38selon vous ?
12:39Moi je combats
12:40de manière irréductible
12:44le Rassemblement national
12:45et c'est parce que
12:46je le combats
12:46de manière irréductible
12:47que je constate
12:47qu'aujourd'hui
12:48la France insoumise
12:50n'est pas un rempart,
12:51au contraire,
12:51ça déroule le tapis rouge.
12:53Et donc pour...
12:53Marine Le Pen,
12:54vous mettez un signe égal
12:56entre Marine Le Pen
12:58qui refuse cette hypothèse
12:59et c'est la raison
13:00pour laquelle je dépose
13:00ma candidature,
13:01c'est la raison pour laquelle
13:02je déploie les arguments
13:04que je fais devant vous
13:04en disant
13:05il faudra organiser
13:07une sorte de coalition
13:09le moment venu
13:09pour pouvoir empêcher
13:11la victoire
13:11du Rassemblement national
13:13et que ça passe,
13:14s'agissant de la gauche,
13:15par contenir
13:15la France insoumise.
13:18Le Premier ministre
13:19Sébastien Lecornu
13:19vient de vous confier,
13:20Jérôme Gued,
13:21une mission temporaire
13:22sur l'application,
13:23la défense
13:23et la promotion
13:24du principe de laïcité.
13:25Vous avez toujours fait
13:26de la défense
13:27de la laïcité
13:28une priorité,
13:29vous étiez même
13:30secrétaire à la laïcité
13:31dans votre parti.
13:32La laïcité,
13:33vous diriez
13:33qu'elle n'est pas respectée
13:35partout sur notre sol
13:36aujourd'hui ?
13:36Mais d'abord,
13:37elle n'est pas bien comprise
13:37par une grande partie
13:38de nos concitoyens.
13:39Il faut rappeler...
13:39C'est une formule pudique
13:42pour dire quoi ?
13:42Non,
13:43beaucoup de gens,
13:44il y a une grande part
13:45des Français
13:46qui sont attachés
13:48à ce qu'elle est.
13:49C'est d'abord
13:49une loi de protection
13:50et une loi
13:51d'émancipation.
13:52Il suffit de voir
13:53les polémiques régulières
13:54qui traversent
13:55le débat public.
13:57C'est une loi de protection.
13:58Vous savez,
13:58il y a une magnifique phrase
13:59d'Aristide Briand
14:01qui était le rapporteur
14:02socialiste à l'époque
14:03de la loi
14:04qui disait
14:04la loi protège
14:06la foi
14:06aussi longtemps
14:08que la foi
14:09ne prétend pas
14:09dire la loi.
14:11Donc,
14:11le principe est clair.
14:12Tout est dit.
14:13Là,
14:14les convictions personnelles,
14:15la foi,
14:16les croyances privées
14:17sont éminemment respectables.
14:19elles doivent rester
14:20dans le champ
14:20de l'intime,
14:21dans le champ
14:22d'une discrétion
14:23dans son expression
14:24et à aucun moment
14:25venir prendre position
14:27dans le débat public
14:28ou organiser
14:30et structurer
14:31ce débat public.
14:32Donc,
14:32toutes celles et ceux
14:33qui pensent que
14:33leur foi religieuse
14:35qui est respectable
14:36justifie leur comportement
14:39comme citoyen,
14:40ça,
14:41ce n'est pas possible.
14:41Aujourd'hui,
14:42pourquoi est-ce qu'on a besoin
14:43de cette mission
14:43sur la laïcité ?
14:45Parce que
14:45tout le monde en parle
14:46mais on ne la met pas en œuvre.
14:48Il nous manque
14:48ce qu'on appelle
14:49une politique publique
14:50de la laïcité.
14:50Comment on forme
14:51les enseignants ?
14:52Comment on forme
14:52les professionnels
14:53du champ médical
14:55qui à l'hôpital
14:56sont confrontés
14:56à des contestations
14:58du principe
15:00de laïcité
15:01quand une personne
15:02refuse
15:02que ce soit
15:03par exemple
15:03un médecin homme
15:04ou un médecin femme
15:05en sens inverse
15:06qui puisse l'accompagner ?
15:07Les médecins cèdent
15:08face à ces demandes.
15:09Non mais c'est la raison
15:10pour laquelle
15:10il faut rappeler
15:14qu'il y a un principe
15:15d'égalité
15:16devant le service public.
15:16Mais ce n'est pas
15:19un supermarché
15:20dans lequel on picore
15:21et dans lequel
15:21par petites touches
15:22on vient imposer
15:23certaines de ses convictions.
15:25Il ne faut pas poser
15:26des principes
15:27pour les faire appliquer.
15:28C'est exactement ça.
15:29Aujourd'hui
15:29il n'y a pas
15:29de politique publique
15:30de la laïcité.
15:31Moi depuis trois ans
15:32je dénonce
15:32Jean Castex en 2021
15:33il avait eu une bonne intuition
15:35quand il était Premier ministre
15:36il avait mis en place
15:37un comité interministériel
15:38de la laïcité.
15:39L'idée que tous les ministres
15:40devaient s'emparer
15:41de ce sujet.
15:41La seule illustration
15:42du fait qu'on a un problème
15:43ce comité ne s'est pas réuni
15:45depuis 2021.
15:46C'est-à-dire que
15:47alors que le sujet
15:48envahit le débat public
15:52le gouvernement
15:53l'administration
15:54ne s'est pas posé
15:55la question
15:55de savoir
15:55comment on y répondait.
15:56Donc moi je veux mettre
15:57à plat
15:57avec ma collègue
15:58Nathalie Delattre
16:00sénatrice
16:00qui travaille aussi
16:01beaucoup sur ces sujets.
16:02On veut balayer
16:03toutes les questions
16:04dans le sport
16:05à l'école
16:05dans les services publics
16:07dans la manière
16:08de sanctionner
16:09les atteintes
16:10à la laïcité
16:10parce qu'on l'oublie
16:11trop souvent
16:11la loi de 1905
16:13elle avait prévu
16:13les atteintes
16:14à la laïcité
16:15et pour que vous compreniez
16:16bien mon propos
16:17et ça va peut-être
16:17faire réagir vos auditeurs
16:19dire
16:20à une jeune femme
16:22prenons ce cas
16:23dans la rue
16:23qui porte le voile
16:24lui dire
16:25pas de ça en France
16:27c'est une atteinte
16:28à la laïcité
16:29puisque la loi
16:30reconnaît
16:31la possibilité
16:32d'exprimer
16:33sa religion
16:34et en sens inverse
16:36une jeune femme
16:37qui ne porte pas
16:38le voile
16:39et qui
16:39dans son entourage
16:40sa famille
16:41ou son quartier
16:42se voit dire
16:43toute la journée
16:43toi
16:44t'es pas une bonne
16:46fidèle
16:47il faut que tu portes
16:48le voile
16:48c'est aussi
16:49une atteinte
16:49à la laïcité
16:50parce que la laïcité
16:51elle sanctionne
16:51toute pression
16:52à croire
16:53ou à ne pas croire
16:54et bien vous voyez
16:55si on réhabilite
16:56rien que ce principe
16:57dans le droit
16:57et qu'on sanctionne
16:59ces différentes
16:59atteintes à la laïcité
17:00alors on va faire taire
17:02les deux instrumentalisations
17:04qui existent
17:04de la laïcité
17:05ceux qui disent
17:06c'est pour une partie
17:07l'extrême droite
17:08ou la droite extrême
17:09qui considèrent
17:10que la laïcité
17:10c'est un bouclier
17:11contre une religion
17:13en l'occurrence
17:14l'islam
17:14ça c'est pas une bonne
17:16manière de voir
17:16les choses
17:17et puis ceux
17:17qui de l'autre côté
17:18disent
17:18c'est totalement contesté
17:19par le RN
17:20ce que vous dites là
17:21il y a des instrumentalisations
17:23incontestables
17:24de toutes celles et ceux
17:24qui disent
17:25il y a une tradition
17:27chrétienne de la France
17:28et la laïcité
17:28protège la tradition
17:29chrétienne de la France
17:30vous savez
17:30la moitié des français
17:31ne revendiquent
17:32aucune appartenance religieuse
17:33et ils ont envie
17:34qu'on leur foute la paix
17:35ce que dit Marie-Le Pen
17:36elle dit
17:36elle défense les français
17:37je dénonçais
17:38l'instrumentalisation
17:39d'un côté
17:40et l'autre instrumentalisation
17:41qui consiste à dire
17:42chacun doit pouvoir
17:43aller au bout
17:44si j'ose dire
17:45de sa foi
17:46et qu'on arrête
17:47d'enquiquiner les gens
17:48avec des interdits
17:49qui ont été mis
17:49et qui sont nécessaires
17:50et je pense notamment
17:51à l'école
17:52je pense qu'une des prochaines
17:53batailles qui viendra
17:54c'est la contestation
17:55de l'application
17:56de la loi de 2004
17:56à l'école
17:57or elle était absolument
17:59nécessaire
17:59parce que c'est le lieu
18:00où se fabriquent les consciences
18:01où se construit
18:02le libre arbitre
18:03des futurs citoyens
18:05et c'est la raison
18:06pour laquelle
18:06cette loi a été mise en oeuvre
18:07et elle a été même
18:08je vais vous dire
18:08appréciée par les uns
18:09et par les autres
18:10parce que dès l'instant
18:11où il y a une règle
18:12et bien voilà
18:13ça protège
18:14si j'ose dire
18:15de prendre une décision individuelle
18:18jugée par son voisin
18:19son proche
18:19ou son membre de la famille
18:21Jérôme Gage
18:21on parle de la dette
18:23l'un des sujets majeurs
18:24de la campagne présidentielle
18:26ou en tout cas
18:26qui devrait l'être
18:273 500 milliards d'euros de dette
18:29un peu plus de 3 500 milliards
18:30vous faites quoi
18:31pour la réduire
18:32comment éviter le crash ?
18:34D'abord en regardant lucidement
18:35que l'état des finances publiques
18:37va nécessiter
18:38des réponses courageuses
18:40voilà
18:40moi je ne suis pas à promettre
18:43comme Edouard Philippe
18:44du sang et des larmes
18:45ou de la sueur
18:45parce que c'est ce qu'il avait prononcé
18:47mais de regarder
18:48lucidement
18:48il y a quelques jours
18:50on a eu par exemple
18:51le comité d'alerte
18:53des finances publiques
18:53qui a dit
18:54il y a un dérapage
18:55des comptes sociaux
18:56avec une augmentation
18:57du déficit
18:58il faut faire
18:59on augmente les impôts ?
18:59je vais vous dire
19:00je vais vous dire
19:01et il faut avoir ce discours
19:02de vérité
19:02il faut faire des économies
19:04dans tout le champ
19:06des politiques publiques
19:07vous savez moi
19:07j'étais président
19:08de département
19:09même le social
19:09j'ai été président
19:10de département
19:10et tous les matins
19:11je me posais la question
19:12de savoir
19:12département paye le RSA
19:13je me posais la question
19:15si est-ce que chaque euro
19:16est bien utilisé
19:17et est-ce qu'on peut faire
19:18des économies
19:19c'est la question
19:19de l'efficacité
19:20de l'efficience
19:21de la dépense publique
19:21et donc par exemple
19:22sur les dépenses sociales
19:25il y a évidemment
19:27des actes redondants
19:28qui sont prescrits
19:29par des médecins
19:29il y a des doublons
19:30il y a des gaspillages
19:31il y a même parfois
19:33des abus
19:33et moi
19:34vous savez
19:34j'aime trop la sécurité sociale
19:36pour la fragiliser
19:37par une forme de conservatisme
19:39vous voyez par exemple
19:39dans ma campagne
19:40pour la présidentielle
19:41il y a un sujet
19:41que je veux mettre
19:42sur la table
19:42c'est pourquoi
19:43est-ce qu'on n'a pas
19:43la sécurité sociale
19:44qui rembourse
19:45la totalité des dépenses
19:47et qu'à côté
19:47on a des organismes
19:48complémentaires
19:48le fait d'avoir
19:49des organismes complémentaires
19:50les mutuels
19:51ou les assureurs privés
19:52c'est unique dans le monde
19:53d'avoir deux financeurs
19:55pour vous rembourser
19:57vos dépenses de soins
19:57et bien tout ça
19:58ça a un coût
19:59ça coûte
20:01la double administration
20:02ça coûte 8 milliards d'euros
20:04qui seraient plus utilisés
20:05pour mieux rembourser
20:06pour mieux payer
20:07les professionnels de santé
20:09parce que s'il y a
20:09des dépassements d'honoraires
20:10c'est qu'ils estiment
20:11ne pas être assez payés
20:12donc oui il faut faire des économies
20:13il faut qu'elles soient justes
20:14et qu'elles ne pénalisent pas
20:15nos concitoyens
20:16et qu'elles concernent tout le monde
20:17et oui
20:18il y a un sujet de recettes
20:20incontestablement
20:20la crise de la sécurité sociale
20:22je reprends cet exemple
20:23c'est d'abord et avant tout
20:24une insuffisance
20:25des recettes
20:26ou en tous les cas
20:27une injustice
20:27dans la sollicitation
20:29les revenus du capital
20:30ne financent pas assez
20:31la sécurité sociale
20:32les très hauts patrimoines
20:33ne contribuent pas suffisamment
20:35et vous savez
20:35quand j'entends
20:36des millionnaires
20:37ou même des milliardaires
20:38les grands patrons
20:39de la tech
20:39et de l'intelligence artificielle
20:41qui disent que
20:41avec l'intelligence artificielle
20:43il va y avoir
20:43une telle concentration
20:45de richesses
20:45au détriment
20:46et en provoquant
20:48de la destruction d'emplois
20:49et qu'eux-mêmes disent
20:50il faut qu'on fasse contribuer
20:51l'intelligence artificielle
20:52la robotisation
20:53au financement
20:54de notre modèle social
20:55eux-mêmes ont compris
20:56que sinon
20:56on allait dans le mur
20:57donc moi
20:58il faut que toutes les solutions
20:59soient mises sur la table
21:00les revenus du capital
21:01la manière dont
21:02y compris les retraités
21:04contribuent
21:04de manière plus juste
21:05au financement
21:06de la protection sociale
21:07et je suis convaincu
21:08qu'eux-mêmes
21:09peuvent entendre l'argument
21:10parce que ce sont des parents
21:11et des petits-enfants
21:13et qui veulent
21:13que le système
21:15de sécurité sociale
21:15dont ils ont bénéficié
21:17puisse survivre
21:18et puisse continuer
21:19à être un des piliers
21:20comme la laïcité
21:21et les services publics
21:21de notre pacte républicain
21:22Merci Jérôme Guet
21:24d'être venu ce matin
21:25sur CNews et sur Europe
21:26Bonne journée à vous
21:26à bientôt
21:27Sous-titrage Société Radio-Canada
21:30Sous-titrage Société Radio-Canada
21:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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