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  • il y a 11 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00On va parler évidemment de ces Français en colère, ils sont nombreux, mais juste avant,
00:05je voudrais qu'on revienne, puisque Marine Le Pen, la candidate du RN à l'élection présidentielle,
00:09ainsi que Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, demandent la démission de Richard Ferrand
00:13et celle également d'Emmanuel Moulin.
00:15Bref, ils visent à la fois le Conseil constitutionnel et la Banque de France. Écoutez-les.
00:21Il devrait quitter la présidence du Conseil constitutionnel,
00:24parce qu'en ayant prononcé ses propos, il a rompu avec l'obligation qui est la sienne
00:29de neutralité et avec l'interdiction qui est dans les textes de se prononcer sur une affaire
00:36qui n'a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel.
00:39Monsieur Moulin a franchi la ligne rouge et Monsieur Ferrand a franchi la ligne rouge.
00:43Donc vous dites qu'Emmanuel Moulin doit quitter la tête de la Banque de France ?
00:45Oui, comme Monsieur Ferrand. Quand vous êtes à la tête de la Banque de France,
00:49quand vous êtes à la tête du Conseil constitutionnel, vous devez être parfaitement neutre.
00:52Vous ne devez pas faire de politique.
00:54Alors, je rappelle qu'Emmanuel Moulin avait également été la cible de propos de Jean-Luc Mélenchon,
01:00qui s'en était pris à lui et qui, pareil, l'avait un peu remis à sa place.
01:03Mais une question plus générale, Jean-Michel Salvatore,
01:05ces deux institutions ont-elles le droit d'intervenir dans le débat ?
01:09Alors, il y a un droit de réserve, évidemment, un devoir de réserve même,
01:12une obligation, mais elles peuvent quand même rappeler certaines règles ?
01:17Non, moi, ça ne me choque pas qu'il parle. Je pense qu'Emmanuel Moulin parle comme François Villeroy de
01:22Gallo parlait avant.
01:24Ça ne me choque pas. Richard Ferrand non plus.
01:26Ce que je trouve plus choquant, en revanche, c'est le contenu des propos.
01:29Et là, Richard Ferrand, il est quasiment en service commandé.
01:33C'est-à-dire qu'il annonce que si Marine Le Pen était élue présidente de la République,
01:40il serait là pour s'opposer à la politique pour laquelle elle aura été élue.
01:44Donc, c'est vrai que ça pose un problème, parce qu'il n'a pas à s'immiscer dans la
01:49vie politique française.
01:51Il a un rôle de censure lorsque des textes ne sont pas conformes à la Constitution,
01:56mais il n'a pas à se prononcer d'une façon aussi claire, aussi transparente,
02:01parce qu'évidemment que c'est Marine Le Pen qu'il a dans son viseur.
02:05Et c'est vrai que sur le débat constitutionnel entre l'article 11 et l'article 89,
02:09qui est un sujet qui fait les délices des étudiants en droit constitutionnel.
02:14Moi, je me souviens que, quand j'étais en droit, c'était vraiment un sujet qui était énormément traité.
02:20Alors, on pourra un petit peu, un petit élément de contexte, quand même,
02:22pour ceux, justement, qui n'ont pas fait autant de droits constitutionnels que vous.
02:25L'article 11 et l'article 89 qui régissent comment on peut réviser cette Constitution.
02:30En fait, l'article 11, c'est l'article qui permet de faire un référendum très simplement.
02:34Il suffit de le décider, on fait le référendum.
02:36L'article 89, il faut que le texte qui est soumis à référendum soit soumis à l'Assemblée et au
02:43Sénat,
02:43et ensuite qu'il soit voté par les trois cinquièmes du Congrès.
02:47Et qui englobe tous les textes, contrairement à l'article 11,
02:50qui englobe des textes plus restreints sur les sujets économiques, les sujets sociaux et les pouvoirs publics.
02:56Ça, c'est voilà pour le point juridique.
02:58Et donc, moi, je trouve que là, la prise de position de Ferrand est incroyable,
03:02parce que le général de Gaulle a modifié la Constitution en 1962
03:08pour qu'on passe à l'élection du Président de la République au suffrage universel,
03:11avec cet article 11.
03:13Donc, à partir du moment où il y a cette jurisprudence de Gaulle,
03:16il me semble que Richard Ferrand va être un peu léger lorsqu'il voudra imposer ses vues
03:21face à une éventuelle Marine Le Pen élue Président de la République.
03:24Jules Torres.
03:24Moi, je trouve gravissime les propos de Richard Ferrand, sur le fond comme sur la forme.
03:29Sur la forme, c'est extrêmement choquant que quelqu'un nous dise que,
03:33quand le général de Gaulle l'a fait en 1962...
03:35Et vous l'a fait en 1969 aussi, d'ailleurs.
03:37Absolument, et bien sûr, le Conseil constitutionnel était un bébé.
03:41Bon, je n'ai pas l'impression que les institutions françaises, en 1959, étaient un nourrisson.
03:46Je pense que, d'abord, un Président de Conseil constitutionnel ne devrait pas parler comme ça.
03:50Et ensuite, pardonnez-moi, ordonnance numéro 58 du 7 octobre 1958,
03:56portant sur la loi organique du Conseil constitutionnel.
03:58Je cite.
03:58Un décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Conseil constitutionnel
04:02définit les obligations imposées aux membres du Conseil
04:05afin de garantir l'indépendance et la dignité de leurs fonctions.
04:08Et là, écoutez bien, ces obligations doivent notamment
04:11comprendre l'interdiction pour les membres du Conseil constitutionnel
04:15pendant la durée de leurs fonctions, je cite,
04:17de prendre aucune position publique sur les questions
04:21ayant fait ou susceptible de faire l'objet
04:24de décisions de la part du Conseil
04:26ou de consulter sur les mêmes questions.
04:29Richard Ferrand est donc en inadéquation
04:31avec les principes même de notre constitution,
04:35avec la loi organique.
04:36Donc c'est pour ça que c'est absolument grave ici.
04:38Donc moi, qui ai un débat de constitutionnalisme
04:40sur l'article 11 et l'article 89,
04:42je trouve que c'est extrêmement sain,
04:43parce que je pense en effet que Marine Le Pen,
04:45si elle était au pouvoir, ne pourrait pas faire
04:48comme elle le souhaiterait, ce qu'elle voudrait.
04:50Mais en revanche, ce débat-là,
04:52on l'aura si Marine Le Pen est élue.
04:54Et Richard Ferrand, à ce moment-là,
04:55pourra dire, non, ce n'est pas le cas.
04:57Laurent Fabius l'avait fait en son temps.
04:58Il l'a déjà fait.
04:59On a déjà entendu Laurent Fabius donner certains avis.
05:01Mais Laurent Fabius était déjà, à mon sens,
05:04dans des propos qui étaient gravissimes.
05:05Quand en 2022, il dit notamment,
05:07il sort de son obligation de réserve
05:08et qu'il dit Eric Zemmour,
05:09vous ne pourrez pas faire de référendum sur l'immigration.
05:11Ils n'ont pas le droit.
05:13Ce n'est pas à eux de le dire, en tout cas.
05:14Ce n'est pas à eux de le dire.
05:15Il doit y avoir un débat.
05:16Mais les membres du Conseil constitutionnel,
05:18et encore plus le Président,
05:19n'ont pas le droit.
05:20Jean-Michel Salvatore.
05:22Ça pose aussi un problème politique très grave.
05:24Parce que, imaginons que Marine Le Pen soit élue
05:27et qu'elle soumette à référendum un texte
05:29sur l'immigration au titre de l'article 11.
05:31Si vous avez le Président du Conseil constitutionnel
05:33qui dit, je ne suis pas d'accord,
05:35mais vous allez avoir tout un tas...
05:36Avec un Président élu, donc.
05:37Avec un Président élu.
05:38Vous allez avoir tout un tas de maires de communes
05:41qui vont dire, nous, on est d'accord avec M. Ferrand
05:43parce qu'on est de gauche,
05:44donc on n'organisera pas le référendum dans notre commune.
05:47Et c'est un foutoir absolu,
05:49un foutoir institutionnel et politique absolu.
05:52Donc là, moi je trouve que Richard Ferrand,
05:54il n'a vraiment pas mesuré,
05:55il ne mesure pas le poids de sa fonction.
05:59Richard Ferrand, qui, on le rappelle quand même,
06:01est parvenu à la tête du Conseil constitutionnel
06:03grâce à l'abstention des voix du RN.
06:05Parce qu'il craignait,
06:07parce que le RN à l'époque,
06:08je ne suis pas sûr que ce soit tout à fait vrai,
06:10craignait qu'Emmanuel Macron
06:11nomme Christiane Taubira
06:12ou nomme Éric Dupond-Moretti.
06:14Moi à l'époque,
06:14je n'avais absolument pas acheté à ça.
06:16À cela, je pense qu'au contraire,
06:17il y a des relations qui existent.
06:19Richard Ferrand à l'époque
06:20et Marine Le Pen se parlaient.
06:22Je ne veux pas dire qu'ils entretiennent
06:23de bonnes relations,
06:24mais en tout cas,
06:24ça discute,
06:25et c'est rare quand même
06:26entre le RN et le pouvoir en place
06:27qu'il y ait des discussions
06:28avec des représentants aussi forts que cela.
06:32Juste, je vous trouve assez...
06:34Qu'est-ce qu'il y a, Jules ?
06:35Vous faites ainsi,
06:36vous vouliez entendre
06:37quelque chose en tout cas.
06:38Je vous écoutais.
06:39Religieusement.
06:40Merci, Jules.
06:41Comme il se doit.
06:43Ça va, n'en rajoutez pas.
06:44Donc on reprend.
06:45Non, ce que je vous trouve,
06:46c'est que là,
06:46vous êtes assez dur contre Richard Ferrand
06:48et Emmanuel Moulin alors ?
06:50Moi, je ne comprends pas.
06:53Je ne comprends pas
06:54l'attaque du RN contre Emmanuel Moulin.
06:56Je ne comprends pas du tout
06:57pourquoi il est dans une sorte
06:59de tempête politique.
06:59Là, pour le coup,
07:00la Constitution n'interdit pas
07:02aux gouverneurs de la Banque de France
07:03de prendre des positions
07:04sur la question des budgets.
07:05En effet, François Villeroy de Gallo,
07:07quand il était à la Banque de France,
07:08prenait des positions.
07:10Ce n'est jamais contre des partis.
07:11Ça peut parfois être
07:12sur des modalités
07:13et sur un budget
07:15qui, objectivement,
07:16suscite des commentaires,
07:17suscite des critiques.
07:18Donc ça ne me choque pas.
07:19Ce qui choque, évidemment,
07:21c'est qu'Emmanuel Moulin
07:22est un proche d'Emmanuel Macron.
07:24Il a été placé là
07:24par Emmanuel Macron.
07:26François Villeroy de Gallo,
07:27rappelons-le quand même,
07:28devait partir de la Banque de France
07:29en 2027.
07:30Il est parti un an avant.
07:31C'est pour cela qu'il y a eu
07:33des commentaires
07:33sur la République des Copains.
07:35Mais bon, après,
07:36on peut critiquer
07:36ce que fait le gouverneur
07:37de la Banque de France.
07:39Il est dans son droit
07:40de parler, pour le coup.
07:41Emmanuel Moulin,
07:42qui a été la cible
07:43donc à la fois du RN
07:45et également de LFI,
07:47est-ce que ça veut dire
07:47quelque chose
07:48que ces deux partis
07:49dits anti-système
07:51ciblent ces institutions,
07:52que ce soit la Banque de France
07:53ou même le Conseil constitutionnel ?
07:55Parce que ce sont deux partis
07:57qui s'opposent
07:58à ce qu'on a appelé
07:59le cercle de la raison
08:00qui est symbolisé
08:01par à la fois Emmanuel Macron
08:03et par tous ses amis
08:05qui en sont exclus
08:05du cercle de la raison.
08:06Qu'il est en train d'ailleurs
08:07de placer un peu partout
08:08parce qu'en fait,
08:10on parle d'Emmanuel Moulin,
08:11on parle de Richard Ferrand
08:12et on pourrait aussi parler
08:13d'Amélie de Montcharnin
08:14parce que ce sont,
08:14en fait,
08:15ce ne sont pas des postes
08:15inamovibles
08:16mais ce sont des postes
08:17qui vont permettre
08:18à leur titulaire
08:19de survivre
08:20très longtemps
08:21au départ
08:22d'Emmanuel Macron.
08:24Et on sait bien
08:26qu'Emmanuel Macron
08:26a quand même la tentation
08:27peut-être de se représenter
08:28en 2032
08:29et on imagine bien
08:31que finalement
08:31ses personnalités
08:32seront pour lui
08:35importantes
08:35dans justement
08:37sa volonté
08:38de revanche
08:39lorsqu'il voudra
08:39se présenter en 1932
08:41s'il a toujours
08:41cette idée-là.
08:42Et puis Emmanuel Moulin
08:43a seulement dit
08:44que le budget
08:45pouvait être adopté
08:46sans le vote du Parlement.
08:47Ce n'est pas quelque chose.
08:48Pour le coup,
08:49l'article 49.3
08:50il est dans la Constitution.
08:51Ou les ordonnances.
08:52Oui, ou les ordonnances.
08:53Non, mais il est dans la Constitution.
08:54C'est pour ça que je n'entends
08:55pas cet argument.
08:56Le 49.3
08:57normalement
08:58était conçu par le général de Gaulle
08:59pour forcer sa propre majorité
09:00et pas pour faire passer
09:01des textes
09:02quand on n'a pas de majorité.
09:03Mais pour le coup,
09:03il est dans la Constitution
09:04et il existe
09:05de la même manière
09:05que les ordonnances.
09:06Le débat avec Jean-Michel Salvatore
09:08et Jules Thorez
09:09sur Europe 1.
09:09On va parler des manifestations lycéennes.
09:12HEC était bloqué ce matin.
09:13Oui.
09:14HEC.
09:15On en parle juste après
09:16le journal permanent.
09:16Il est 13h28.
09:17A tout de suite
09:17avec Lélie Mathias
09:18sur Europe 1.
09:1913h-14h
09:20Europe 1 Info
09:22Europe 1 Info
09:22Europe 1 Info
09:22Europe 1 Info

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