00:00Et à quoi ressemblera la voiture de demain ?
00:01On se pose la question ce matin avec l'ouverture au public du 91ème salon de l'auto,
00:06un salon dont RMC est la radio officielle, on en est très fiers.
00:10Bonjour Sébastien Martin.
00:11Bonjour Pauline Béballère.
00:12Merci d'être dans ce studio avec nous, vous êtes le ministre de l'Industrie.
00:14Vous étiez hier aux côtés du Président de la République pour l'inauguration du salon.
00:17Les ventes de voitures électriques, 42% des immatriculations en septembre, c'est un record.
00:24Est-ce que les marques françaises sont dépassées sur l'électrique ou est-ce qu'elles font face ?
00:28Je peux vous donner un chiffre tout simple, c'est que sur les 10 véhicules électriques les plus vendus en
00:33France,
00:347 sont des véhicules français et aucun n'est chinois.
00:37Et si vous prenez les 100 véhicules les plus vendus aujourd'hui en France,
00:41le premier véhicule chinois arrive à la 46ème ou 47ème position avec un véhicule hybride.
00:47Donc sur la technologie électrique, c'est sûr qu'il y a eu un peu de retard à l'allumage,
00:52si je dois prendre une image assez simple, sur l'industrie française par rapport à l'industrie chinoise.
00:56Mais aujourd'hui, on est en train de rattraper, il y a de plus en plus de modèles qui sont
01:01extrêmement sympas.
01:02Derrière vous, la 2 chevaux, j'espère qu'elle sera disponible l'année prochaine et qu'on pourra l'acheter.
01:06C'est un prototip pour l'instant, mais effectivement, elle est assez servisante.
01:12Elle a une bonne gueule, on va dire.
01:14Et vous prenez la Twingo, vous prenez la R5, vous prenez le Scénic, tous ces véhicules marchent bien.
01:19Oui, alors, vous avez raison, la R5 électrique, ça a été un grand modèle de relance, formidable.
01:24Mais enfin, pendant qu'on parle, BYD, la marque chinoise, ouvre des usines en Hongrie.
01:28La marque chinoise Leap Motors est alliée à Stellantis.
01:31Ne dites pas des usines.
01:33Une grande...
01:34D'accord, vous avez raison, vous avez tout à fait raison.
01:36Ouvre une usine.
01:37Et en plus, c'est une usine de batterie.
01:39Bien entendu, oui, oui, d'accord.
01:40Ils n'en pensent qu'ils sont des composants quand même.
01:42Oui, mais si vous voulez, moi je veux bien qu'on fasse peur aux gens toute la journée.
01:45Mais disons la vérité.
01:46Non, non, monsieur le ministre, pas du tout.
01:46Leap Motors est allié à Stellantis pour assembler ses modèles directement en Europe.
01:51Qu'est-ce qu'on fait, nous, en Chine ?
01:52Qu'est-ce qu'on fait, nous, en Chine ?
01:53On installe une usine ?
01:54On y est allé, nous, les Européens, en Chine.
01:56Est-ce que nous, on va leur mettre des usines là-bas ?
01:58On est allé.
01:59Les Européens sont présents en Chine.
02:01Depuis des décennies, les Européens ont implanté des usines en Chine.
02:05Mais le sujet, ce n'est pas celui-là pour moi.
02:07Franchement, parce que, qu'est-ce qui se passe en Chine ?
02:09Vous avez un marché qui est à taux en Chine et des surcapacités industrielles en Chine.
02:14Donc, le vrai sujet pour nous, c'est aussi le marché européen.
02:21Je veux dire, le premier marché du monde, c'est le marché européen.
02:25Est-ce que le vrai sujet, pour vous, c'est le made in France ou le made by France ?
02:29C'est-à-dire, est-ce que, pour vous, ce qui compte, c'est que Renault ou Peugeot fassent des
02:32voitures en Europe et pas en France ?
02:34Ou est-ce que les Chinois viennent construire une usine en France ?
02:37Je rappelle quand même, parce qu'on dit, la plus française des voitures, aujourd'hui, étrangères, c'est quand même
02:43la Toyota,
02:43qui est même la plus française des voitures françaises.
02:45Je rappelle qu'un préfet n'a pas le droit d'acheter une Toyota parce que ce n'est pas
02:48considéré comme une voiture française.
02:49Par exemple, une voiture de fonction ne peut pas être une Toyota pour un préfet qui n'est pas considéré
02:53comme une voiture française.
02:54Je trouve que ce n'est pas mal que les représentants de l'État français roulent quand même avec des
02:57marques françaises.
02:58Oui, mais avec des voitures qui sont faites à l'étranger.
03:00Non, mais ce que vous dites est une question très intéressante.
03:03Et ça va plus loin dans ce que l'on essaie de défendre aujourd'hui sur le made in Europe,
03:07la préférence européenne, le contenu local.
03:10C'est quoi ? C'est de dire qu'aujourd'hui, il faut qu'on produise en Europe.
03:14Premier élément.
03:15Donc, avoir des usines étrangères qui viendraient en Europe, pourquoi pas ?
03:18Je veux dire, on a accepté Toyota il y a quelques années en arrière.
03:21Et qu'est-ce qu'on a bien fait d'accepter Toyota ?
03:23Maintenant, qu'est-ce qu'on met ?
03:24On met à l'intérieur des règles de préférence européenne et contenu local.
03:27Ça veut dire quoi ?
03:28Ça veut dire qu'une vraie usine européenne, c'est une usine à l'intérieur desquelles on assemble des pièces
03:32qui sont faites en Europe
03:33par des fournisseurs de pièces qui sont produites en Europe.
03:37Est-ce qu'il faut taxer davantage les véhicules chinois ?
03:39Oui.
03:39Oui ?
03:40Alors attention, parce qu'il y a des auditeurs qui estiment, eux, que ça va à l'encontre du pouvoir
03:43d'achat.
03:44Thierry est avec nous.
03:45Bonjour Thierry.
03:46Bonjour Apolline.
03:47Bonjour Monsieur le Ministre.
03:47Thierry, vous nous appelez de Laroche-Foucault en Charente.
03:50Vous êtes gestionnaire d'un site de e-commerce.
03:52Vous avez entendu ? La taxe sur les véhicules chinois, ça, ça vous rend fou ?
03:57Oui, parce qu'en plus, les chiffres que le ministre annonce, ils sont tronqués de fait.
04:01Parce que le véhicule français ou européen, il bénéficie d'abord d'une aide de l'État.
04:06Et en plus, les véhicules chinois subissent une taxe de plus de 20 voire 30%.
04:11Que sur les électriques ?
04:13Oui, que sur les électriques, oui.
04:14Donc du coup, quand vous dites que 40% des immatriculations avec je ne sais plus combien de véhicules français
04:19en tête,
04:20forcément, les autres, ils ont une taxe de 30%.
04:22C'est comme si on vous fait courir aux 100 mètres, on vous met à 150 mètres.
04:25Vous n'allez pas rattraper le premier.
04:26Oui, mais Thierry, c'est pour...
04:29Mais Thierry, juste une remorange.
04:30Non, non, mais attendez, on pourrait avoir un véhicule chinois super bien équipé à des prix tout à fait corrects.
04:34Donc, les Français qui ont un problème de pouvoir d'achat pourraient s'équiper d'un véhicule électrique à un
04:40prix très correct.
04:41Mais du coup, vous nous en empêchez en mettant une taxe dessus.
04:44Et vous nous obligez à aller acheter des véhicules à 40 000 euros.
04:47Je voudrais que Sébastien Martin, le ministre de l'Industrie, puisse vous répondre.
04:50Non, aujourd'hui, les véhicules français, si vous prenez par exemple une R5 électrique, elle est moins chère qu'une
04:55BYD.
04:56C'est assez clair.
04:57On commence aujourd'hui avec le niveau des soutiens à à peu près 21 000 euros.
05:00Et puis, deuxième élément, vous avez parlé du 100 mètres.
05:03Mais attendez, aujourd'hui, une usine en Chine, elle est subventionnée à 90 %.
05:09Donc, ça s'appelle de la concurrence déloyale.
05:11Ça s'appelle du dumping.
05:12Donc, moi, je veux bien qu'on défende ici sur des plateaux des industries ultra subventionnées en Chine
05:18avec des aides publiques massives, massives pour les outils industriels.
05:23Et ensuite, qu'on vienne dire, ah mais je ne comprends pas, il n'y aurait plus d'usine en
05:26France.
05:26Donc, oui, protéger l'industrie européenne, ça a du sens.
05:29Et les aides que nous faisons sur les véhicules électriques, aujourd'hui, vous pouvez avoir avec du leasing social des
05:34véhicules électriques à moins de 100 euros.
05:36Vous pouvez avoir même sans leasing social des offres, voilà, par mois, extrêmement compétitives avec des véhicules français.
05:41Monsieur le ministre, encore deux questions.
05:43Et je suis ministre de l'Industrie en France.
05:44Je soutiens l'industrie.
05:45Sur ces voitures étrangères électriques, souvent connectées, quand on voit ce qui s'est passé avec les frigos de nos
05:52intermarchés
05:53qui ont pu être éteints à distance par on ne sait quels cyberattaquants,
05:58est-ce que vraiment, il n'y a pas un risque à avoir une voiture chinoise dont, à un moment
06:04ou à un autre, le contrôle peut être pris à distance ?
06:06Et que fait notre autorité nationale ?
06:08Vous avez raison, l'autorité, l'industrie, les productions, c'est de la souveraineté.
06:15Et donc, on n'a plutôt pas intérêt à avoir des véhicules qui peuvent être commandés depuis la Chine, d
06:19'une part.
06:20Et puis, sur les questions de cybersécurité qui font l'actualité, on a un outil qui s'appelle l'ANSI,
06:24l'agence nationale de sécurité informatique.
06:27L'ANSI, aujourd'hui, par exemple, protège très bien sur ce qu'on appelle des attaques dites de haut de
06:32spectre,
06:33c'est-à-dire des États qui vont vouloir mener des cyberattaques sur notre système de défense, sur des choses
06:37extrêmement graves.
06:37Mais nous avons plutôt la Poste, la Sécu et maintenant...
06:40Nos administrations ont subi des cyberattaques, d'ailleurs c'est pour ça aussi que l'ANSI est monté en puissance.
06:45Les grandes administrations sont plutôt bien protégées, mais on a des attaques qui sont plutôt sur des choses qu'on
06:49appelle de bas de spectre,
06:51avec une fuite de mots de passe qui était assez simple et qui attaque des informations pas stratégiques.
06:58Sébastien Martin, le FMI, cette nuit, a fait remonter toutes les prévisions de croissance de l'Europe,
07:02sauf la France. La France a une prévision de croissance, on est en train de devenir les derniers de l
07:06'Union Européenne.
07:07On va passer à 0,4 alors que la moyenne de la zone euro, c'est 1,1 de croissance.
07:12Alors je remarque que le gouvernement avait fait une prévision de croissance qui était plus prudente que celle du FMI,
07:16parce qu'avant le FMI prévoyait 0,6 et là nous on a fait une prévision à 0,5.
07:20Non mais le meilleur moyen, vous savez, pour éviter qu'on ait une croissance qui ralentisse,
07:25c'est peut-être qu'on ait un budget, c'est qu'on ait une forme de stabilité,
07:28et c'est ce qu'a toujours recherché le Premier ministre en la matière,
07:30parce qu'aujourd'hui, les industriels, tous ceux qui investissent, ils n'aiment pas cette instabilité.
07:35L'absence de lisibilité, le débat budgétaire, où hier on commence les examens du débat budgétaire
07:40avec 8 milliards qui sont rajoutés en commission des finances, ça n'aide pas à faire de la croissance.
07:45Merci Sébastien Martin, ministre de l'Industrie, d'avoir répondu à nos questions.
07:51Merci à tous.