00:00Et l'on vous retrouve, Françoise Degoy, bonjour !
00:03Coucou, Jacques Cardos, ça va ?
00:05Ça va très bien, drôle d'époque avec vous Françoise Degoy et le triomphe ce matin, il faut bien le
00:10dire, de Raphaël Glucksmann.
00:11Oui, c'est un triomphe, c'est un pléblicite pour le député européen, leader de place publique, avec 66%
00:18des votants, une victoire dès le premier tour,
00:21les votants de cette fameuse primaire fermée, je rappelle, socialiste, place publique et le petit parti d'Emmanuel Morel.
00:29Un score sans appel qui laisse très loin derrière le patron du parti socialiste, Olivier Faure, 14,5%, qui termine
00:35deuxième,
00:36et encore plus loin, Ségolène Royal, Emmanuel Morel et Jérôme Gage, qui sont tous en dessous des 10%.
00:42Un plébiscite de celui qui aura donc fait toute sa campagne sur les accords ou pas avec la France insoumise.
00:48C'était d'ailleurs son unique argument de campagne, la stratégie qu'il s'était choisie,
00:52et elle a été payante puisqu'il est porté vers la victoire par les 80 000 personnes, en gros, extérieures
00:58au PS,
00:59qui se sont inscrites pour voter.
01:00Pour la première fois, Jacques, le parti socialiste n'aura pas de candidat issu de ses rangs à la présidentielle.
01:06Et ça, c'est un coup dur, très dur, pour la vieille maison.
01:09Oui, et c'est même de nature à ébranler ses fondations.
01:11D'abord, Olivier Faure n'a pas pu résister au rouleau compresseur médiatique et politique
01:15qui lui a collé l'étiquette de soumis aux insoumis, en gros.
01:18Il le paye cher dans l'instant, même si son avenir immédiat n'est pas vraiment menacé.
01:23Bien sûr, ses opposants internes, qui ont choisi Raphaël Guzman comme candidat, demanderont sa démission.
01:28Mais son score sur le corps électoral pur du parti reste élevé.
01:32En 2011, Martine Aubry n'avait pas démissionné après sa défaite dans la primaire face à François Hollande.
01:37On ne voit pas pourquoi il démissionnerait, même si, évidemment, sa marge politique de manœuvre est réduite à la peau
01:43de chagrin.
01:43Et l'EPS, bien sûr, qui en fait va jouer les utilités, Jacques.
01:47Bien sûr, plusieurs élus seront dans la campagne de Raphaël Guzman, mais on sait très bien comment ça se passe
01:53en pareil cas.
01:54Ceux qui ont choisi dès le début, ce seront bien sûr ceux qui seront servis les premiers.
02:00C'est la règle.
02:01On sent le parti socialiste, en réalité, qui est devenu une caisse financière et qui va jouer un peu, qui
02:07va regarder passer le train de Guzman.
02:09Mais c'est aussi un coup dur pour le reste de la gauche, dites-vous.
02:12Oui, il suffisait de voir les réactions de Marine Tondelier, la gauche hors Jean-Luc Mélenchon, pour comprendre les difficultés
02:18qui arrivent pour Raphaël Guzman.
02:20Marine Tondelier, dès hier soir, évoque un vote de repli.
02:23On sait que l'électorat écologiste, même si Marine Tondelier en elle-même ne pèse que 3%, s'est radicalisée.
02:31Et c'est vrai que quand on regarde le paysage, le plus dur commence pour le candidat désigné.
02:36Et comment rallier le reste de la gauche qui ne l'aime pas, le reste hors Mélenchon, qui domine de
02:41la tête et des épaules cette campagne,
02:43sans effaroucher l'électorat du centre-gauche que vise justement Raphaël Guzman, c'est-à-dire l'électorat de Gabriel
02:50Attal.
02:50En fait, Raphaël Guzman, il veut refaire Emmanuel Macron en 2017.
02:54Je suis de centre, mais plutôt de gauche.
02:57Et ça, ce sera très compliqué.
02:58Pour le moment, il a réussi son hold-up, c'est vrai, sur le PS, sur le trésor de guerre
03:03du PS, il ne faut pas l'oublier,
03:04et sur toute la logistique pour faire campagne.
03:07Il lui faut maintenant instaurer un duel crédible avec Jean-Luc Mélenchon, car même triomphal, Jacques,
03:12il n'est désigné que par 79 000 personnes et il pointe avec 8 à 9 points de retard sur
03:18le leader insoumis.
03:19Et c'est signé Françoise Degoy dans Drôle d'époque.
03:23J'ajouterais juste qu'il est crédité aujourd'hui à peu près 10% d'attention de vote, c'est
03:27ce que vous venez de nous dire.
03:28Merci Françoise.
03:30Et on vous retrouve bien sûr un peu plus tard pour nos débats, dans la vérité en face, à partir
03:35de 9h.
03:35Et bien sûr, on peut vous podcaster et vous retrouver sur sudradio.fr.
03:40Françoise, à tout à l'heure, à suivre.