- il y a 16 heures
Se dirige-t-on vers un état où un policier pourra blesser ou tuer un citoyen sans être inquiété et même bénéficier de la présomption de légitime défense ? C'est en tout cas ce que veulent éviter des associations et collectifs qui appellent à manifester ce dimanche 20 septembre. En cause la loi présomption de légitime défense portée par la droite et le bloc central qui devrait bientôt arriver au Sénat alors qu'elle a été adoptée le 7 juillet dernier à l'Assemblée nationale.
Discussion avec :
- Elsa Faucillon : députée PCF des Hauts-de-Seine,
- Louis : militant du collectif S.A.V.E, Stop aux Violences d'État,
- Nathalie Tehio : présidente de la LDH,
- Margaux Poulliez : avocate pénaliste, spécialiste des violences policières.
Animé par Lisa Guillemin, journaliste à l'Humanité.
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00:00 La proposition de loi sur la présomption de légitime défense
00:02:40 Le parcours législatif à l'Assemblée nationale
00:07:52 Pourquoi parle-t-on de « permis de tuer » ?
00:15:02 La réalité des violences policières
00:19:57 La pression des syndicats policiers
00:27:50 La rupture du lien police-population
00:33:49 Faire reculer le texte au Sénat et appel à la mobilisation
Discussion avec :
- Elsa Faucillon : députée PCF des Hauts-de-Seine,
- Louis : militant du collectif S.A.V.E, Stop aux Violences d'État,
- Nathalie Tehio : présidente de la LDH,
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00:07:52 Pourquoi parle-t-on de « permis de tuer » ?
00:15:02 La réalité des violences policières
00:19:57 La pression des syndicats policiers
00:27:50 La rupture du lien police-population
00:33:49 Faire reculer le texte au Sénat et appel à la mobilisation
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00:01Se dirige-t-on vers un État où un policier pourra blesser ou tuer un citoyen sans être inquiété et
00:06même bénéficier de la présomption de légitime défense ?
00:09C'est en tout cas ce que veulent éviter des associations et collectifs qui appellent à manifester ce dimanche 20
00:14septembre en cause la loi présomption de légitime défense portée par la droite et le bloc central qui devrait bientôt
00:21arriver au Sénat alors qu'elle a été adoptée le 7 juillet dernier à l'Assemblée Nationale.
00:25Pour en discuter aujourd'hui nous recevons plusieurs invités à commencer par vous Elsa Fossillon, vous êtes députée PCF des
00:32Hauts-de-Seine, Louis vous êtes militant du collectif SAV pour Stop aux violences d'État, vous avez lancé une
00:39pétition qui a recueilli plus de 700 000 signatures de la part de citoyens et puis nous avons avec nous
00:44également Nathalie Théiot, bonjour, présidente de la LDH Ligue des droits de l'homme et Margot Pouliès, vous êtes avocate
00:51pénaliste spécialiste des questions de violences policières.
00:55Pour commencer notre débat d'abord il faudrait comprendre de quoi on parle quand on parle de présomption de légitime
01:02défense, c'est exactement ce que dit ce texte, qu'est-ce que ça recouvre, est-ce que ça voudra
01:06dire qu'un policier pourra effectivement user de son arme et puis ne pas avoir à justifier de son acte
01:13?
01:13Pour répondre à cette question peut-être Nathalie Théiot, vous voulez commencer ?
01:17Alors le titre de cette proposition de loi c'est bien celui-ci, pour autant maintenant qu'on travaille sur
01:24l'amendement de Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, en réalité c'est une modification de l'article L435-1
01:31du code de la sécurité intérieure
01:33et on ne modifie pas en réalité les conditions de tir, puisqu'il faut toujours l'absolue nécessité et la
01:40stricte proportionnalité, c'est une exigence du droit international de toute façon,
01:44donc on ne modifie pas cela, mais on ne modifie pas non plus la possibilité pour le parquet d'ouvrir
01:49une enquête, puisque ça c'est le principe de l'indépendance judiciaire,
01:54donc de ce fait on ne peut pas interdire d'ouvrir une enquête, ce qui est modifié c'est le
02:00fait qu'il soit présumé que les conditions d'absolue nécessité et de stricte proportionnalité,
02:05que ces conditions elles seront présumées être remplies, et elles seront présumées être remplies dans un certain nombre d'hypothèses,
02:12puisque dans cet article il y a par exemple le cas du refus d'entempérer,
02:16qui cause le plus grand nombre de tués, et c'est bien pour cela qu'on se mobilise, parce qu
02:21'on pense qu'il va y avoir à nouveau plus de risques de tués,
02:26dans la mesure où les policiers vont entendre ce texte comme finalement un relâchement possible, puisqu'il n'y aurait
02:32plus d'enquête.
02:33Parce que si c'est présumé être légal, pourquoi est-ce qu'on ouvrirait une enquête ?
02:40Alors justement, il faut comprendre qu'on est passé, comme vous dites, d'une présomption de légitime défense à une
02:44présomption de l'usage légitime de l'arme.
02:48Il y a eu un renversement, et pour cela il faut comprendre le parcours législatif de la loi.
02:53Au départ on parlait d'une loi déposée par la droite républicaine et le député David Pogé, qui a été
02:59finalement rejetée en commission en janvier dernier,
03:02et puis le gouvernement s'en est réemparé pour introduire un amendement.
03:05Peut-être Elsa Faucillon, vous pouvez nous dire ce qui s'est passé à l'Assemblée.
03:09D'abord, c'est une vieille exigence de l'extrême droite et de la droite, une revendication de l'extrême
03:15droite dans ses programmes présidentiels depuis Jean-Marie Le Pen.
03:19Ça a été aussi une proposition du candidat Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, peut-être celle de 2012, à
03:27vérifier.
03:27En tout cas, c'est une vieille demande de la droite et une exigence y compris de syndicats policiers de
03:33manière extrêmement répétée.
03:36Et effectivement, dans la dernière période, il y a eu une accélération, puisqu'il y a une proposition de loi
03:43qui a été présentée par le député Pogé, donc DLR,
03:46dans le cadre d'une niche parlementaire, donc la journée d'initiative parlementaire du groupe LR.
03:52Et il y avait eu un refus obstiné de la part des groupes de gauche qui avait permis que cette
03:58proposition de loi n'aboutisse pas.
04:01Et à ce moment-là, le ministre de l'Intérieur avait déjà dit « nous reprendrons ce texte ».
04:05Et il a tenu parole, puisque en juin ou juillet, en tout cas, de cette année, le gouvernement a certes
04:12modifié, mais repris l'esprit du texte,
04:16l'exigence qui était portée par la droite et l'extrême droite, pour en faire une mesure gouvernementale.
04:22Et donc, porter ce texte, on a fait tous les efforts possibles de nouveau pour empêcher l'adoption.
04:29Mais malheureusement, le texte a été adopté. Il est donc maintenant transmis au Sénat, sans date pour le moment d
04:36'examen.
04:37En plus, il y a les élections sénatorielles qui vont arriver, puis le budget.
04:41Donc, on ne sait pas encore quand arrivera ce texte au Sénat.
04:46En tout cas, il faut prendre toutes les dispositions pour empêcher que ça arrive,
04:50ou que si ça devait arriver, eh bien, il y ait la plus forte mobilisation possible.
04:54Et puis, se préparer aussi au cas où ce texte finirait par être voté au Sénat.
04:58Et c'est pour ça que la mobilisation du 20 septembre, elle compte beaucoup.
05:02Je termine juste par dire que le fait que cette demande soit ancienne,
05:05et qu'elle finisse par aboutir dans la période, raconte aussi, évidemment,
05:09quelque chose de la période dans laquelle nous sommes.
05:11On parle souvent, à juste titre, de bascule.
05:14Moi, c'est un mot, en tout cas, dans lequel je me sens assez à l'aise,
05:17parce que franchement, quand on a examiné ce texte porté par le gouvernement pendant l'été,
05:23j'ai vraiment été prise de vertige, quoi, et aussi de peur dans la société dans laquelle ça a nous
05:29entraîné,
05:30et dans laquelle, évidemment, on a déjà glissé depuis un moment, mais on pourra y revenir.
05:34Oui, bien sûr.
05:35Louis, justement, vous êtes un des collectifs qui a initié cette marche.
05:40Vous avez décidé de passer de la pétition à la mobilisation dans la rue.
05:44Pourquoi c'était nécessaire de le faire maintenant ?
05:47Alors, sur pourquoi c'était nécessaire de le faire maintenant, je pense qu'une fois que le texte a été
05:53adopté à l'Assemblée le 7 juillet,
05:57se posait la question de comment on n'a pas réussi à bloquer, malgré la pétition, le vote à l
06:03'Assemblée nationale.
06:04Comment est-ce qu'on fait pour empêcher qu'il aille plus loin ?
06:06Comment est-ce qu'on informe le plus grand nombre de personnes ?
06:10Et comment est-ce qu'on maintient la mobilisation ?
06:12Parce qu'en effet, plus de 730 000 signatures sur une pétition déposée sur le site de l'Assemblée,
06:16donc avec tout un processus de vérification d'identité, c'est quand même assez important.
06:23Et comment est-ce qu'on fait pour maintenir cette mobilisation-là et permettre aux gens d'informer,
06:30d'informer autour d'eux, de marquer l'opposition à ce texte-là ?
06:34Donc du coup, en effet, la question s'est posée de quelle est la suite ?
06:40Et on a donc décidé, avec d'autres organisations, de procéder à une forte mobilisation dans toute la France.
06:50Il y a des villes qui continuent de se déclarer tous les jours, toutes les heures même,
06:55mais actuellement, on serait à 96 villes en France et à l'étranger,
07:01parce qu'on a également Genève et Montréal, aussi à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe,
07:07et donc du coup, 94 en France métropolitaine.
07:11Donc c'est assez conséquent, ce qui montre que la population a bien pris possession,
07:19connaissance de ce dont parlait Elsa, de la bascule et du vertige qu'il peut y avoir face à ce
07:29texte-là.
07:30Et du coup, la marche, elle intervient à la rentrée de 2026,
07:38avant le potentiel passage, le débat au Sénat,
07:43et évidemment avec tout le contexte qu'on connaît,
07:46élection sénatoriale, présidentielle à venir.
07:50Bien sûr.
07:51Et pour comprendre la gravité de ce que porte cette loi,
07:55vous avez intitulé cette marche « Non au permis de tuer ».
07:58Peut-être, Margot Pouliès, est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi,
08:01effectivement, cette nouvelle présomption, en fait, serait un droit effectif à tuer ?
08:07Éventuellement ?
08:10Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que normalement, dans un état de droit,
08:13toute personne, donc nous tous, tous les citoyens qui tuent ou qui mutilent quelqu'un d'autre,
08:18sont d'abord mis en cause et doivent rendre des comptes à la justice.
08:22Ce qui se passe avec les policiers, dans la loi actuelle,
08:27c'est que lorsqu'un policier utilise une arme et qu'il tue ou qu'il mutile,
08:32après avoir utilisé cette arme,
08:34il est, comme tous les autres citoyens, d'abord mis en cause
08:38et ensuite, pour ne pas partir en prison
08:41et pour ne pas être condamné,
08:43il doit démontrer qu'il a été obligé d'utiliser son arme
08:47parce que la personne qu'il avait en face de lui
08:50présentait un danger immédiat.
08:54Très simplement, j'ai tiré parce que j'étais en danger
08:57et que je n'avais pas le choix.
08:58Et donc ça, c'est comme tout citoyen, en état de légitime défense,
09:03il doit démontrer, lui, l'existence de ce danger immédiat.
09:09Là, cette loi, cette proposition de loi,
09:12elle vient créer un cas complètement à part
09:15et organiser l'impunité des policiers
09:18qui tuent et qui mutilent en utilisant leur arme
09:22parce que cette loi, elle vient dire que le policier avait raison,
09:27que la victime est considérée comme étant un danger immédiat.
09:30Donc, on considère que la victime est nécessairement un danger,
09:33donc que la victime est coupable
09:36et le policier n'a plus à démontrer que la victime était en danger.
09:38Donc, on organise l'impunité des policiers.
09:42Donc, pourquoi c'est un permis de tuer ?
09:43Parce qu'on considère...
09:45Bon, alors, ces permis de tuer, c'est un terme générique,
09:48c'est pas un terme juridique,
09:49mais on vient dire que le policier
09:54n'a plus de compte à rendre à ses juges.
09:57Donc, oui, il y aura une enquête d'ouverte,
10:00mais ça ne sera pas une enquête pour meurtre
10:01ni pour violence ayant entraîné la mort.
10:04Donc, c'est une enquête moins spécifique
10:05qui implique des actes d'enquête différents
10:07et qui ne permettront pas à la victime
10:09de rapporter la preuve qu'elle n'était pas coupable.
10:12Oui, parce que, bon, ce que disent les défenseurs du texte,
10:15c'est qu'effectivement, il y a un renversement
10:17de la charge de la preuve,
10:18mais du coup, la personne mise en cause
10:21pourra quand même plaider sa cause
10:24en renversant, en cherchant des preuves
10:26comme quoi, effectivement,
10:28le policier n'a pas respecté
10:32le cadre de cette loi.
10:35Est-ce que vous craignez que,
10:38en fait,
10:41cette loi, elle puisse renverser...
10:43Comme il faut rechercher des preuves désormais,
10:46est-ce que la présomption, cette présomption
10:48peut elle-même peser sur la manière
10:49dont on décide de rechercher
10:51ces preuves ?
10:52Et finalement, est-ce que cela constitue
10:54un affaiblissement du contrôle judiciaire ?
10:58Peut-être, Elsa ?
10:59Oui, je pense qu'on peut tous les quatre
11:02y répondre.
11:03Je dirais que le risque principal,
11:05c'est la disparition des preuves.
11:07Avant même que l'enquête puisse être ouverte,
11:10puisqu'il va falloir du temps,
11:11elle ne sera pas ouverte automatiquement.
11:13C'est la constitution, justement, de ces preuves,
11:15les enregistrements vidéo,
11:17le fait que la personne soit entendue,
11:19que l'auteur du tir puisse être entendu
11:21dans le cadre d'une garde à vue,
11:22dont on précise quand même que,
11:24pour les policiers gardés à vue,
11:27la plupart du temps,
11:27ça se passe dans le bureau du commissariat
11:29et donc il y a un entretien qui se fait,
11:33que les témoins ne soient pas entendus immédiatement.
11:36Et donc, c'est vraiment la disparition des preuves.
11:38Mais disons-le tout de suite,
11:40déjà aujourd'hui, les choses sont extrêmement compliquées
11:44pour les familles endeuillées
11:46ou pour les victimes de mutilations.
11:48C'est déjà extrêmement difficile.
11:49Et je dirais d'autant plus difficile que,
11:52remarquons quand même,
11:53on abordera peut-être le sujet,
11:55que généralement,
11:57celles et ceux qui sont mutilés
11:59ou tués par la police
12:00viennent de familles populaires.
12:02Je dirais dans une grande, grande majorité des cas.
12:05et que donc, en termes d'accès effectif à la justice,
12:08il y a déjà une inégalité.
12:10En termes financiers,
12:11en termes de connaissances, de réseaux,
12:14toutes ces choses-là affaiblissent déjà
12:15l'accès effectif à la justice.
12:17Donc, ne faisons pas comme si
12:19les choses étaient merveilleuses aujourd'hui
12:22et qu'elles allaient radicalement changer demain.
12:24Ce qui ne veut pas dire
12:25qu'en termes politiques,
12:27en termes de conception de l'État de droit,
12:29on n'est pas effectivement en train d'organiser la bascule.
12:32Mais en tout cas, je dirais que le sujet principal,
12:36disparition de preuves,
12:38perte de temps,
12:38et une conception différente,
12:40puisque, effectivement,
12:41on organise le fait que celui qui a été tué
12:44devient d'office le coupable.
12:47Parce que, très concrètement,
12:50du coup, quand, voilà,
12:51il y aura une, malheureusement,
12:53parce que ça va arriver,
12:55une prochaine affaire
12:56où quelqu'un sera blessé ou tué par la police,
12:59est-ce que, directement, dès qu'il y a une ouverture d'enquête,
13:05directement, la présomption interviendra ?
13:09Ou bien c'est plus tard,
13:10quand, effectivement,
13:12peut-être le parquet se cédira de l'affaire,
13:15que là, la présomption sera...
13:18Peut-être, Margot Pouliézé,
13:19est-ce que vous voulez répondre à la question ?
13:21Je vois que vous rochez la tête.
13:22En fait, ce qu'il faut vraiment comprendre,
13:24c'est que le policier sera considéré comme irresponsable.
13:27Donc, en fait, le principe,
13:29c'est que le policier ne sera pas mis en cause.
13:32À partir du moment où on considère
13:34que le policier ne peut pas être mis en cause,
13:36en tout cas, qu'il n'est pas responsable de ses actes,
13:39donc qu'il avait le droit de tirer,
13:41ou d'utiliser son arme,
13:43parce qu'on parle des armes à feu,
13:44mais on parle aussi des tirs de LBD,
13:47qui ont mutilé beaucoup de personnes
13:52de tous les milieux, quand même.
13:55Plus des milieux populaires.
13:57Modulo, oui.
13:59Évidemment.
14:02Mais voilà, il sera considéré comme irresponsable.
14:06Donc, les actes d'enquête que le procureur va déployer,
14:10parce que les policiers enquêtent sur leurs propres collègues,
14:12ce qui est en soi déjà un problème,
14:15mais les actes d'enquête ne vont pas être les mêmes.
14:17Et l'objectif qui est poursuivi,
14:18l'objectif premier qui est poursuivi par Laurent Nunez,
14:20c'est que le policier ne puisse pas être placé en garde à vue.
14:25Donc, déjà, en pratique, les policiers ne sont pas immédiatement placés en garde à vue après le tir,
14:29mais là, les policiers ne le seront plus du tout,
14:32ce qui signifie que le policier va pouvoir poser sa version
14:38et se concerter avec les témoins,
14:42orienter l'enquête.
14:43Et il y a tout un tas de preuves qui ne pourront pas être apportées,
14:46parce que les caméras de vidéosurveillance ne pourront pas être recueillies à temps.
14:53Les expertises ne seront pas faites à temps non plus,
14:55les autopsies ne seront pas faites à temps.
14:58L'enquête ne va pas être menée de la même manière du tout.
15:02Oui, je comprends.
15:03Et pour revenir sur ce que vous disiez, Elsa,
15:05aujourd'hui, déjà, c'est très compliqué de prouver la responsabilité d'un policier
15:10quand il a une affaire de meurtre, d'assassinat d'un citoyen.
15:15On pense à l'affaire de Soulaï El Khalfaoui,
15:18donc ce jeune qui a été tué par un policier
15:21lors d'un refus d'obtempérer à Marseille.
15:23On sait que l'IGPN n'a pas bien fait son travail,
15:27qu'il y a eu des dissimulations de preuves.
15:29D'ailleurs, le collectif SAV a été fondé par sa tante.
15:34Peut-être, Louis, qu'est-ce que vous pensez de ça ?
15:37Oui, alors, le cas de Swail est assez emblématique,
15:40parce que, comme disait Elsa,
15:44donc Swail, ce n'est pas n'importe qui,
15:46c'est un jeune d'origine maghrébine
15:49qui est abattu dans un des quartiers les plus pauvres d'Europe,
15:53le quartier de la Belle de Mai, à Marseille.
15:55Et, en effet, c'est de ce meurtre-là
15:59que naît l'association SAV, Stop aux violences d'État,
16:03cofondée, du coup, par sa tante,
16:04Samia El Khalfaoui, et son père, Issam.
16:08Le cas de Swail est assez exemplaire à ce niveau-là,
16:11parce que, comme on posait la question de la déperdition des preuves,
16:15en effet, dans les premières heures, premiers jours d'enquête,
16:19il y a un certain nombre d'actes qui sont posés.
16:24Et, par exemple, dans la procédure,
16:26on s'est aperçu que toutes les vidéos de caméras-surveillance
16:29qui ont filmé la scène n'ont pas été demandées,
16:32particulièrement celle qui a filmé toute la scène.
16:35Et, en fait, en effet, ça pose une question,
16:38ça pose un problème au niveau de la collecte des preuves,
16:41mais ce qui est important de comprendre, c'est que ce n'est pas la PPL 691
16:45qui vient créer l'insécurité, l'impunité.
16:49La réalité, c'est qu'elle vient surtout consacrer quelque chose qui existe déjà avant
16:53et qu'on parle de permis de tuer pour la PPL 691.
16:57Et la vérité, c'est que c'est une surenchère dans le permis de tuer
17:00qui existait déjà depuis la loi Cazenov de 2017,
17:03avec l'article L435-1.
17:06Et donc, en effet, sur la question des preuves,
17:11le problème, c'est qu'à partir du moment où on va considérer
17:13que le policier tireur a agi en état de légitime défense,
17:18comme l'expliquait Margot,
17:19pas d'enquête lancée, ou en tout cas un autre type d'enquête.
17:23Et dans les enquêtes préliminaires, déjà,
17:25les avocats ne peuvent pas forcément demander d'actes, etc.
17:28Donc il y a déjà très peu de contrôle qui est réalisé
17:30pour s'assurer que tous les éléments de preuve ont été collectés.
17:34Encore une fois, dans le cas de Sueil,
17:36quand on lit le dossier, on se rend compte que c'est le procureur
17:39qui a demandé à ce que le policier tueur soit auditionné en dernier.
17:43Il n'a pas été placé en garde à vue directement après le tir.
17:46Et donc, en fait, ce qui est réellement menacé,
17:49et encore une fois, c'est qu'une consécration de ce qui existe déjà en pratique,
17:52c'est la recherche de la vérité.
17:53Et en fait, la recherche de la vérité dans les affaires de violences policières,
17:57c'est un peu le fond du sujet, parce que, comme l'expliquait Marco,
18:00c'est des questions d'opposition, de version contradictoire.
18:03Et en fait, il n'y a même pas réellement de contradictoire,
18:05étant donné que le premier des témoins, la victime, est morte, généralement.
18:09Donc, on se retrouve dans une situation hyper violente,
18:13et en fait tellement violente que, par exemple,
18:15quand on prend le cas du procès Gomez qui a eu lieu il y a quelques mois,
18:19on s'est rendu compte que dans des boucles,
18:22Telegram, WhatsApp, je ne sais plus quels moyens de communication,
18:28les policiers se mettaient d'accord sur une version,
18:32ou en tout cas que le policier de tiroir avait reçu la visite de ses collègues,
18:35et que, comme ce n'était pas nécessairement le couteau le plus aiguisé du tiroir,
18:39il avait laissé la version dans ses notes de téléphone,
18:42que lui avait sommé de réciter son supérieur, ou en tout cas collègue.
18:50Donc, on est face à une corporation qui se protège elle-même,
18:55et juste pour rebondir sur ce qui a été dit plus tôt,
18:58en effet, c'est tout le monde qui est menacé,
19:00parce que bien que, dans un premier temps,
19:02ce soit les personnes issues de quartiers populaires,
19:05majoritairement des hommes, jeunes, précarisés,
19:09arabes, noirs, gitans, gens du voyage,
19:13tout ça, en fait, l'article L435-1,
19:17à la base, il est pris dans un contexte antiterroriste,
19:20et en fait, il va venir mater et tuer les gens des quartiers,
19:25et après, on va voir, comme toute loi sécuritaire,
19:29loi antiterroriste, on va d'abord s'attaquer à ça,
19:33avant de s'attaquer à la vie civile,
19:36et donc du coup, ce qui menace aujourd'hui la jeunesse des quartiers populaires
19:41touchera demain les militants, n'importe quel dissident,
19:44et en fait, il est là, le risque aussi,
19:47parce que c'est tout le monde qui est concerné,
19:48c'est pour ça que c'est tout le monde qui doit venir marcher ce week-end,
19:51parce que fondamentalement, ça concerne tout le monde,
19:54et c'est une réelle atteinte à l'état de droit qui est posée.
19:58Il y a quand même quelque chose que j'aimerais comprendre,
20:00et on sait que, voilà, c'est extrêmement compliqué,
20:03effectivement, de faire porter la responsabilité aux policiers
20:07dans les cas d'affaires de violences policières.
20:10Pourquoi il y a eu ce besoin de la droite républicaine,
20:13à cet instant-là, à ce moment-là, en 2024, fin 2024,
20:16de déposer ce projet de loi,
20:18et pourquoi le Bloc central, en fait, s'est allié pour poursuivre,
20:23persévérer et le permettre d'aboutir ?
20:26Nathalie Théiot, vous qui constatez un recul des libertés individuelles
20:30et de l'état de droit,
20:30comment est-ce que vous lisez cette séquence législative ?
20:35Parce que ce qui a été dit, c'est que la justice, déjà,
20:38a du mal à se saisir de ces questions de violences policières.
20:40Pour autant, il y a désormais eu des procès
20:43où la justice s'est quand même emparée de ça,
20:46et notamment l'affaire Gomez.
20:48Donc, on voit que c'est le danger pour les policiers
20:52de finalement rendre compte de leurs actes.
20:54Il commence à arriver.
20:56Je donnerai un autre exemple.
20:57Le fait que, par exemple, il y ait eu condamnation de policiers
21:01sur des enregistrements dans les cellules de garde à vue,
21:03parce que les enregistrements de vidéos montraient
21:06qu'ils avaient tabassé des personnes qui étaient pourtant prisonnières,
21:10donc particulièrement vulnérables,
21:12et que c'était eux qui les avaient tapés.
21:14Il y a eu des condamnations.
21:16Et juste là, on a la loi Riposte,
21:19qui a prévu que désormais, c'est bizarre,
21:21les enregistrements existeront toujours,
21:24donc on surveillera toujours les cellules de garde à vue,
21:26mais on ne gardera plus les enregistrements.
21:29Donc, il n'y aura plus de preuves.
21:30C'est la même...
21:31On déroule, en fait, des tas de mesures
21:34pour créer de l'impunité.
21:36Et je pense que là,
21:37le fait que la justice commence à s'emparer de ces affaires,
21:41et je pense aussi à d'autres affaires
21:44où on a requalifié en meurtre,
21:46j'imagine que tu pourras en parler,
21:48puisque tu vois à quoi je fais référence,
21:51mais cet effet-là,
21:53ça se conjugue aussi au fait que
21:55le syndicat Alliance est très fort,
21:58et qu'il est proche de l'extrême droite,
22:00et qu'il est en train de menacer aussi de faire grève,
22:05enfin, ils ne peuvent pas faire grève complètement,
22:07mais en tout cas de limiter,
22:09notamment les sorties du commissariat,
22:11et il y a les élections professionnelles qui arrivent,
22:13qui font que le ministre de l'Intérieur est sous tension
22:17par rapport à ça,
22:18et qu'il a tendance à vouloir donner des gages à la police,
22:22et je pense que ça joue aussi au point de vue calendrier.
22:25Et puis peut-être ajoutons aussi le fait que
22:29la lutte contre les violences policières
22:31a très largement émergé dans le pays
22:34sur les 10, 15 dernières années de manière très forte,
22:37en France et dans le monde,
22:39parfois en lien aussi avec d'autres pays,
22:41regardons comment l'affaire George Floyd
22:43a traversé les frontières,
22:45et on voit bien à quel point
22:47les réactionnaires, l'extrême droite,
22:49ont tenté d'effacer
22:51le terme violence policière.
22:53Il y a eu pendant longtemps,
22:54ça continue encore un peu,
22:55mais je trouve que, en tout cas,
22:57les militants, militantes
22:59qui ont lutté contre,
23:00qui continuent de lutter contre les violences policières,
23:02ont fait émerger ce terme,
23:05alors même que beaucoup cherchaient
23:06à le faire disparaître.
23:09Donc on voit bien à chaque fois,
23:11il y a bien ce rapport de force
23:13qui existe dans la société française
23:16et ailleurs.
23:17Et ce qui est vrai,
23:18c'est que je crois que les policiers eux-mêmes,
23:21je parle des mêmes qui sont venus scander
23:22il y a quelques années devant l'Assemblée nationale,
23:24le problème de la police, c'est la justice,
23:26et qui y croient vraiment,
23:28et qui étaient encore hier devant l'Assemblée nationale
23:31en manifestation,
23:32ils ne se trompent pas là où ils viennent à chaque fois,
23:35et bien mettent une pression.
23:39Et ils mettent une pression,
23:41mais disons-le,
23:43je crois aussi qu'on a un gouvernement
23:44qui s'est complètement acclimaté
23:47à cette idéologie,
23:48avec l'idée qu'on a pu retrouver
23:51dans des propos de Gérald Darmanin
23:52quand on l'interrogeait
23:53sur des situations de violences policières,
23:55en disant, je croirais toujours d'abord le policier.
23:57Et donc, cette loi,
23:59elle est, je trouve,
24:00à l'image de cette phrase de Gérald Darmanin,
24:03mais il n'est pas le seul, évidemment,
24:04à porter cette parole.
24:08Si je peux juste ajouter un mot
24:10pour rebondir sur ce qu'Elsa Fautillon vient de dire,
24:13quand Gérald Darmanin dit
24:14qu'il croira toujours la parole des policiers,
24:17c'est problématique,
24:19parce qu'on a vu dans les dossiers existants
24:24qui ont été ouverts,
24:25que lorsqu'il y avait une vidéo amateur
24:28qui était réalisée des violences commises,
24:31cette vidéo venait quasiment systématiquement
24:34contredire la version des policiers.
24:37Donc, le policier vient dire systématiquement
24:41que la personne était dangereuse,
24:43qu'elle lui fonçait dessus,
24:45qu'il a dû tirer parce qu'il n'avait pas le choix.
24:48Et on s'aperçoit,
24:49lorsque la vidéo parvient aux enquêteurs,
24:52que ce que dit le policier initialement est faux.
24:55Ce qui permet de présumer que quand il n'y a pas la vidéo,
24:58à même hauteur, à même proportion,
25:00les choses sont identiques.
25:02C'est ce qui s'est passé dans l'affaire
25:04justement de Soleil et El Kalfaoui.
25:06Il me semble, avec justement...
25:08Le problème dans l'affaire Soleil,
25:10c'est qu'on n'a pas de vidéos
25:11qui permettent d'établir la vérité.
25:14Il y a des témoins directs.
25:16Oui, c'est un peu plus compliqué
25:17parce qu'il n'y a personne qui a vu directement la scène,
25:20il y a des gens qui ont entendu les tirs,
25:21qui du coup se sont mis à la fenêtre,
25:23ont commencé à filmer.
25:23En fait, il y a tout un débat qui a lieu
25:25pour établir réellement les circonstances du meurtre.
25:28Maintenant, je pense que plus exemplairement,
25:30on a le cas de Michel Zéclair, Nordine, Naël,
25:35qui permettent justement de rétablir la vérité,
25:40ou en tout cas d'essayer.
25:42Il y a la question de la reconstitution,
25:45de pouvoir visionner,
25:46même au niveau de la salle d'audience du procès,
25:48de pouvoir visionner ces vidéos-là.
25:51Mais ça, Margot, on parlera mieux que moi.
25:55Mais juste, je tenais à apprécier,
25:56parce qu'il y a vraiment la question du débat,
25:59comment dire, de la vérité, des faits.
26:01Et du coup, on prend Alliance,
26:03qui est quand même un syndicat d'extrême droite,
26:07qui est manifeste avec des cercueils
26:10devant l'Assemblée nationale,
26:11et qui en fait va inspirer,
26:14infuser, si ce n'est écrire,
26:15les propositions au projet de loi
26:18qui vont être soumises au Parlement.
26:22Et en fait, ce qui est intéressant,
26:24c'est d'aller lire les rapports,
26:27les propositions de loi,
26:29et de voir quel argumentaire est déployé.
26:31Ce n'est jamais très long,
26:32parce qu'il ne faut pas trop leur en demander.
26:34Au bout d'un moment,
26:35même eux peinent un peu à trouver plus de mensonges.
26:37On entend beaucoup parler,
26:39dans les médias,
26:40d'explosion du nombre de refus tempérés,
26:42comme si aujourd'hui, un policier risquait sa vie
26:46dès qu'il a enfilé son uniforme,
26:47beaucoup plus qu'il y a 30 ans.
26:49Alors qu'en fait,
26:50je ne pense pas qu'on puisse accuser
26:51le ministère de l'Intérieur
26:54d'être des affreux anarchistes.
26:57Mais sur les chiffres de l'insécurité
27:01et de la mise en péril des policiers,
27:04les chiffres ont baissé,
27:07comment dire,
27:08de manière abyssale.
27:09Et qu'aujourd'hui,
27:10il y a un malaise policier,
27:13très certainement,
27:13mais qui tient beaucoup plus de la hiérarchie.
27:16Il y a énormément de morts aussi
27:17qui ont lieu en dehors du travail.
27:21Il y a énormément de suicides également, etc.
27:24Donc en fait,
27:24on joue sur cet imaginaire
27:26comme quoi la jeunesse des quartiers populaires,
27:29les affreux black blocs en manif,
27:32mettrait tous en danger la vie des policiers,
27:35ce qui est faux.
27:37Et donc on se retrouve avec des propositions de loi
27:41qui reposent sur des mensonges
27:43pour faire valider des atteintes fondamentales.
27:49Peut-être, je veux bien ajouter le fait que
27:52je pense qu'évidemment,
27:54le texte dont on parle,
27:55s'il était adopté,
27:56ferait plus de morts dans la société.
28:00Et en particulier,
28:01dans les milieux populaires,
28:03en particulier de personnes supposées,
28:06noires, arabes,
28:07gens du voyage, asiatiques,
28:08enfin voilà.
28:09Ça, c'est une certitude.
28:10Mais regardons aussi à quel point
28:13les réformes successives
28:15de la conception de la sécurité
28:18entraînent des rapports plus violents
28:20de toute façon
28:21entre la police et la population.
28:23Et donc,
28:24ce type de loi
28:25entraîne aussi
28:26de la suspicion vis-à-vis des policiers,
28:29de la peur vis-à-vis des policiers
28:31et donc,
28:32pour une partie de la population,
28:34des réactions plus violentes.
28:35Ce n'est absolument pas
28:36un cadeau fait
28:38à ce que serait une police républicaine,
28:40à ce que devrait être
28:41une police républicaine.
28:42Pour moi,
28:43c'est de la mise en danger aussi
28:45des policiers
28:46que de faire ce type de texte.
28:48Alors évidemment,
28:49ça va protéger leur impunité,
28:50mais en termes concrets,
28:52c'est des rapports plus violents
28:54entre la police et la population.
28:57Et on constate à quel point
28:58l'escalade,
28:59celle qu'on voit comme militant
29:01ou militante
29:02dans le cadre des manifestations,
29:04par exemple,
29:05le fait qu'il y ait
29:07un arsenal maintenant
29:08de policiers
29:10de plus en plus armés,
29:12ceux en moto,
29:14etc.,
29:14dans les manifestations,
29:15tout ça crée plus de blessés
29:17partout.
29:18Donc,
29:20nous,
29:21on parle des escalades,
29:22de rapports nouveaux
29:24entre la police
29:24et la population.
29:26Moi,
29:26je crois qu'on a des mesures
29:28concrètes
29:29et finançables
29:30pour une police républicaine,
29:32mais évidemment,
29:32ce n'est absolument pas
29:33la voie qui est prise
29:35depuis un certain nombre
29:36d'années.
29:37Et cette loi
29:39de légitime défense,
29:40elle vient quelque part
29:41consacrer,
29:42en tout cas,
29:42cette période d'escalade.
29:44Mais,
29:45comme on doit s'adresser
29:46aux sénateurs centristes,
29:48parce que finalement,
29:48c'est eux qui ont encore
29:50la possibilité
29:51de faire que cette loi
29:52ne passe pas,
29:53je dirais que,
29:54dans la mesure où,
29:55justement,
29:55il y a un certain nombre
29:56de preuves
29:57qui vont disparaître,
29:58c'est ce qui a été dit,
29:59dire les enregistrements
30:01de caméras de surveillance,
30:02parce que c'est effacé
30:03automatiquement
30:04au bout de maximum
30:05de 30 jours,
30:06mais c'est vrai aussi
30:07des caméras piétons
30:08qui sont portées
30:08par les policiers,
30:09mais c'est vrai aussi
30:10des enregistrements radio,
30:12les ordres qui sont donnés
30:14par leur chef,
30:14donc du coup,
30:15ou la retransmission
30:16à leur chef
30:17de ce qui est en train
30:17de se passer.
30:18Et tout ça,
30:18ça va disparaître
30:19parce que ça s'efface
30:20automatiquement.
30:21Donc,
30:22j'ai envie de le dire aussi
30:23que dans cette hypothèse-là,
30:26s'il arrive qu'il y ait
30:27une vidéo qui,
30:28alors on imagine
30:29que la vidéo
30:30contredise le récit policier,
30:32mais imaginons
30:33que cette vidéo,
30:34elle ne soit pas très claire,
30:35mais qu'elle contredise
30:36quand même,
30:37a priori,
30:37parce qu'il y a un angle.
30:39C'est quand même dommage
30:40de s'être privé
30:41d'avoir d'autres vidéos
30:42qui pourraient corroborer,
30:44par exemple,
30:44le discours,
30:45ce n'est pas
30:46notre pratique habituelle,
30:49parce qu'on se dit
30:50c'est plutôt...
30:50Mais il n'empêche
30:51qu'on pourrait aussi dire
30:52au sénateur,
30:53mais méfiez-vous,
30:54parce que finalement,
30:55dès lors qu'il y aura
30:56une preuve qui sera apportée
30:58de façon contraire,
30:59mais tout ce qui pourrait arriver
31:01comme preuve à décharge,
31:03ce sera également...
31:05Elles auront également disparu.
31:06Donc c'est un petit peu
31:08le discours que l'on a,
31:09mais au point de vue
31:10droit de l'homme,
31:10puisque c'est quand même
31:11pour ça que je suis là,
31:12il y a quand même
31:13le principe de redevabilité
31:14de la police
31:15qui est inscrit
31:16dans l'article 15
31:17de la Déclaration des droits
31:18de l'homme et du citoyen
31:181789,
31:19qui ne sera plus effectif,
31:21puisqu'ils ne rendront plus compte
31:23de leurs actes
31:23du fait du manque d'enquête,
31:25mais il y a aussi
31:26le fait que la Cour européenne
31:27des droits de l'homme
31:28sur l'article 2
31:29de la Convention,
31:30c'est-à-dire le droit à la vie,
31:32c'est quand même
31:32le droit principal,
31:34le droit à la vie,
31:35eh bien la Cour européenne
31:36exige une enquête
31:37effective et immédiate,
31:39et impartiale.
31:40Mais tout ça,
31:41c'est bafoué,
31:42parce qu'on sait déjà
31:43à quel point
31:43il n'y a pas de dépaysement,
31:45par exemple,
31:45et donc ce sont les juges
31:47qui côtoient les policiers
31:49de façon habituelle
31:51qui vont traiter l'affaire,
31:53il n'y a pas de dépaysement
31:54territorial,
31:55mais c'est aussi le fait
31:56que le procureur en France
31:58n'est toujours pas indépendant
31:59du garde des Sceaux,
32:00mais il y a un certain nombre
32:01de choses qui sont structurelles,
32:03qui font que l'enquête
32:04immédiate, effective,
32:06c'est déjà compliqué.
32:07Mais alors là,
32:08elle n'aura même plus lieu.
32:10C'est aussi la question,
32:12l'enquête effective immédiate.
32:14C'est pour ça que c'est une bataille
32:15vraiment pour le droit à la vie
32:16dans un premier temps,
32:17mais même de recherche
32:19de la vérité,
32:19et quel est l'idéal ?
32:20Qu'est-ce qu'on attend
32:21d'un système judiciaire ?
32:23Est-ce qu'on attend
32:24une justice d'exception
32:25avec la justice pour les uns,
32:26la justice pour les autres,
32:27ou juste,
32:28une justice juste et équitable
32:30qui tend à la recherche
32:32de la vérité
32:33et qui du coup
32:33sanctionne en conséquence ?
32:35J'ai oublié aussi une chose,
32:36c'est qu'il y a eu
32:37une recherche,
32:38parce que nous avons fait
32:39une journée d'études
32:40à l'Assemblée nationale
32:40avec Amnesty,
32:41le SAF et le SM,
32:42et on a invité
32:44notamment
32:45un des chercheurs
32:46d'une étude,
32:47c'était Sébastien Rocher,
32:49qui a fait l'étude
32:50de ce qui s'est passé
32:51depuis la loi 2017,
32:52puisque c'est cette loi
32:54qui a créé
32:54le fameux article 435.1
32:56dont nous débattons
32:57la modification aujourd'hui.
32:59Et il y a eu
33:00plus de morts depuis,
33:01mais il explique aussi
33:02l'augmentation du nombre
33:04de refus d'obtempérer
33:06par l'augmentation
33:06de contrôles,
33:07et puis on a dit
33:08ce sont plutôt
33:09des contrôles ciblés,
33:10ça on le sait,
33:10la Défenseur des Droits
33:11l'a suffisamment
33:13mis dans ses rapports,
33:15et la Commission nationale
33:16de la Constitutivité
33:17des Droits de l'Homme
33:17également,
33:18mais le fait
33:19qu'il y ait donc
33:20sa cible
33:20certaines personnes,
33:22mais ce qui est intéressant
33:23c'est qu'il démontre
33:24ces chercheurs
33:26dans leur rapport
33:27qu'il y a
33:28la même augmentation
33:29du nombre
33:30de refus d'obtempérer
33:31côté police
33:32et côté gendarmerie,
33:33mais il n'y a pas
33:33le même nombre
33:34de tirs.
33:35Il y a une grande différence.
33:37Donc c'est là
33:38où on se dit
33:38que c'est la réponse
33:39qui n'est pas la même.
33:41Parce que tout le discours
33:42consiste à dire
33:42oui mais c'est lié
33:43au refus,
33:43à l'augmentation
33:44du nombre de refus.
33:45En fait, non,
33:46c'est lié à la réponse
33:47qui est donnée.
33:50Nathalie Théiot,
33:51vous disiez
33:51que vous en appeliez
33:53au sénateur centriste.
33:55Quand on voit
33:55le décompte
33:56du nombre de voix
33:57à l'Assemblée nationale,
33:59je le rappelle,
34:01à droite,
34:01pour la droite républicaine,
34:02ça a été 48 voix
34:04pour,
34:04donc 48 sur 48,
34:06pour Ensemble
34:07pour la République,
34:08ça a été 55 voix
34:09pour,
34:1012 contre.
34:11Les démocrates,
34:1228 pour,
34:131 contre,
34:14une voix contre
34:14et seulement 5 abstentions.
34:17Horizon,
34:1731 voix pour.
34:19J'ai envie de demander,
34:20Elsa Faucillon,
34:20vous êtes députée
34:21et pas sénatrice,
34:22mais comment espérer
34:23effectivement
34:24que le bloc central
34:26lâche un peu du lest ?
34:28C'est effectivement
34:28une oeuvre compliquée.
34:30C'est pour ça
34:30que j'ai envie de dire
34:31que les 730 000 personnes
34:32qui ont signé la pétition,
34:34si elles peuvent consacrer
34:35deux heures,
34:36aller deux heures et demie dimanche
34:37à venir manifester,
34:38je pense que ça sera utile
34:43et que ça permettra
34:45peut-être en tout cas
34:46d'être une première étape
34:47pour faire reculer
34:48le gouvernement
34:49et les sénateurs,
34:50sénatrices.
34:51Je ne crois pas beaucoup
34:52au fait que les élections
34:54sénatoriales
34:54vont améliorer
34:55le paysage politique
34:56du Sénat,
34:57donc il ne faut pas compter
34:59là-dessus.
35:01regardons quand même
35:02que des mobilisations
35:05d'ampleur
35:06peuvent créer du doute
35:07chez certains.
35:09Donc il ne faut pas
35:10renoncer à ça,
35:11jamais d'ailleurs.
35:12Enfin, en tout cas,
35:13moi comme parlementaire,
35:14évidemment que je continue
35:17de penser que les députés
35:19d'extrême droite,
35:20je ne vais pas les convaincre
35:21sur les questions
35:22de racisme, etc.
35:23Mais je pense que
35:25dans le bloc central,
35:26et d'ailleurs,
35:27on voit à l'Assemblée
35:28qu'il y a 12 députés
35:29du macronisme
35:30qui n'ont pas voté
35:31ce texte,
35:33c'est aussi parce que
35:34certainement,
35:35une sensibilité
35:36ou une circonscription
35:37dans laquelle
35:38des associations,
35:39des habitants
35:40ou des situations
35:41qui sont arrivées
35:42dans leur circonscription
35:43les ont fait réfléchir.
35:44Donc je pense que
35:45ça, il ne faut pas le lâcher.
35:46Il faut continuer
35:47à chercher à convaincre
35:49parce qu'on s'est rendu compte
35:52aussi que certains députés
35:53avaient vraiment cru
35:55aux modifications
35:56qui avaient été apportées
35:57au texte.
35:57Et donc,
35:58les cabinets ministériels
35:59se sont précipités
36:00à l'Assemblée nationale,
36:01expliqués au groupe
36:02« Non, non, mais regardez,
36:03ce n'est plus du tout
36:04de la légitime défense.
36:05Les modifications,
36:07maintenant,
36:07ça n'a plus rien à voir. »
36:08Et je crois que
36:08beaucoup y ont cru.
36:10Donc, moi,
36:11je suis pour qu'on continue
36:12vraiment d'expliquer,
36:14de se mobiliser.
36:15Et puis,
36:16pour le moment,
36:17ce n'est pas inscrit au Sénat.
36:18Donc,
36:19on a quand même,
36:20je dirais,
36:21un peu d'air
36:21pour organiser
36:22la mobilisation
36:23parce qu'il n'y a pas
36:25d'automaticité
36:26à ce que ce soit inscrit
36:28avant les présidentielles.
36:30Donc,
36:31continuons ce qu'on peut
36:32dans la conviction
36:33de ceux
36:34qu'on pense
36:34peut-être pouvoir convaincre,
36:36mais surtout,
36:38organisons les explications,
36:39la mobilisation
36:40la plus large possible.
36:41C'est là-dessus,
36:41à mon avis,
36:42qu'on peut espérer
36:45engranger des étapes
36:46de victoire.
36:46Nathalie Théiot.
36:47Oui,
36:48parce que la LDH
36:49a créé une plateforme
36:50d'interpellation
36:51et j'invite
36:52les autres organisations
36:53à également participer.
36:55Donc,
36:55vous pouvez interpeller
36:56les sénateurs,
36:58vos sénateurs
36:58dans les circonscriptions.
37:00Ça fait partie aussi
37:01du point d'appui
37:02parce que le fait
37:03que localement,
37:04les électeurs,
37:05les électrices disent
37:06nous ne sommes pas d'accord,
37:07ça a quand même
37:08en principe de l'effet.
37:09Et on l'a vu,
37:10nous,
37:10sur la proposition
37:11loi Léadant
37:12où finalement,
37:13le gouvernement a reculé.
37:15Donc,
37:15c'est jamais gagné d'avance.
37:17Il faut continuer
37:19la mobilisation.
37:20Margot Pouliès,
37:21je vous voyais
37:21vous prendre la tête
37:22dans les mains
37:23quand Elsa disait
37:24que, voilà,
37:25une part des députés
37:27centristes
37:27avait effectivement cru
37:28à l'argument
37:29comme quoi
37:29il n'y avait plus
37:30de présomption
37:31de légitime défense.
37:34En fait,
37:35je trouve ça désespérant
37:36parce que c'est une ruse
37:38qui est utilisée
37:39par Laurent Nunez
37:40parce que c'est un débat
37:40qui est très technique.
37:42Donc,
37:42on vient modifier
37:43le code de la sécurité intérieure
37:44et donc tout le monde
37:45se calme en disant
37:46« Ah,
37:46on ne modifie pas
37:47le code pénal ».
37:48Mais il faut vraiment
37:49comprendre,
37:50et là,
37:50ça n'est pas un propos
37:53militant
37:53ni quoi que ce soit,
37:55c'est un propos
37:56purement juridique.
37:57La modification
37:59conduit
38:01aux mêmes conséquences.
38:03Donc,
38:03c'est un régime
38:04qui organise
38:05l'impunité
38:06des forces de l'ordre,
38:07premièrement.
38:08c'est un régime
38:10qui empêche
38:11le recueil
38:12d'un certain
38:13nombre de preuves
38:14indispensables
38:14pour que la vérité
38:17soit établie.
38:18Et rendre justice,
38:20c'est répondre
38:20à une question
38:22fondamentale,
38:23qu'est-ce qu'il s'est passé ?
38:25Cette loi
38:26empêche
38:27de savoir
38:27ce qu'il s'est passé.
38:29Et je crois
38:30qu'il faut que les députés
38:31aient ça en tête.
38:32Nous n'aurons pas
38:33les preuves
38:34qui permettront
38:35de savoir
38:35ce qui s'est passé
38:36ce jour-là.
38:37Et si votre fils,
38:38votre frère,
38:38votre père
38:40meurt sous les coups
38:41de la police,
38:43vous aurez envie
38:43de savoir
38:44ce qui s'est passé.
38:45Et je pense
38:47que c'est important
38:47et les associations
38:48le font
38:49de visibiliser
38:52aussi les victimes
38:53et les histoires.
38:55On parle souvent
38:56de très jeunes,
38:57d'enfants,
38:58de parfois majeurs,
38:59jeunes majeurs.
39:03J'avoue que je suis
39:04toujours surprise
39:04et pourtant,
39:05je suis lucide
39:06sur la droite
39:07et l'extrême droite,
39:08mais surprise
39:08qu'il y ait
39:10si peu d'empathie
39:12quand il s'agit
39:13de victimes endeuillées
39:14et que c'est un policier
39:17qui a tiré,
39:17mais en fait,
39:18le résultat,
39:18c'est qu'un enfant
39:19est mort.
39:21Et moi,
39:21j'ai été extrêmement choquée
39:22du traitement
39:23qui a été réservé
39:24aux familles de victimes
39:24au sein de l'Assemblée nationale
39:26au moment du vote.
39:28Non seulement pas d'empathie,
39:29mais insultées,
39:31humiliées,
39:32en les traitant
39:32de familles
39:33de délinquants,
39:34alors qu'on parle
39:35de familles endeuillées
39:36qui ont perdu
39:37un membre
39:38de leur famille
39:40et pour qui
39:41c'est déjà
39:41extrêmement dur
39:42d'obtenir la vérité.
39:44Non seulement
39:45quand quelqu'un
39:46de sa famille,
39:46en particulier
39:47son enfant,
39:48mais c'est vrai
39:48pour d'autres membres
39:49de sa famille,
39:50c'est extrêmement difficile
39:51de faire le deuil.
39:53Parfois,
39:54je dirais impossible
39:54quand il s'agit
39:55de son enfant,
39:55mais en plus,
39:56quand on ne sait pas
39:57ce qui s'est passé,
39:58comment on peut dormir ?
40:01Je pense que c'est important
40:03aussi à raconter
40:05en espérant
40:07que chez certains,
40:08en tout cas,
40:08ça puisse résonner.
40:09Alors vous me direz,
40:10ils ont toujours l'impression
40:11que ça ne va pas arriver
40:11à leurs propres enfants,
40:13là où ils habitent
40:14ou dans le milieu
40:15dans lequel ils évoluent,
40:16mais j'ose espérer
40:18en tout cas
40:19que ce travail sensible,
40:22il puisse conduire
40:23pas massivement,
40:24pas à bouger
40:25de manière systémique
40:27dans le bloc central,
40:28mais peut-être en tout cas
40:29aller chercher
40:30quelques votes différents
40:31de la dernière fois.
40:33Leur rappeler peut-être aussi
40:34que nombre de victimes
40:35sont des passagers
40:36et des passagères.
40:37Et notamment,
40:38il y a eu des enfants
40:39qui sont morts
40:40parce qu'ils étaient
40:40à l'arrière
40:41et le tir les a tués.
40:43Donc c'est-à-dire
40:43des personnes
40:44qui sont de toute façon
40:44incapables de faire
40:45quoi que ce soit
40:47lorsqu'il y a
40:49un conducteur
40:50qui décide
40:50de ne pas
40:52obtempérer justement.
40:54Et donc là aussi,
40:55ça peut peut-être,
40:56enfin j'espère
40:57que ça touche.
40:58Je ne sais plus
40:59ce qui peut toucher.
41:00On ne sait plus
41:00très bien des fois,
41:01oui.
41:02Donc d'où l'importance
41:03que nos téléspectateurs
41:05viennent manifester
41:07dimanche 20 septembre.
41:09Ça dépend de la ville,
41:09en fait.
41:10Ça dépend de la ville,
41:10oui.
41:12Petit instant précision.
41:14Alors, en vérité,
41:15ça commence même
41:16le 18,
41:18parce que
41:18Anne-Mass
41:20fait un premier
41:21rassemblement le 18
41:22et ça s'étend
41:22jusqu'au 21
41:24parce qu'on a
41:25Puy-en-Velay
41:27qui organise
41:28un rassemblement
41:28à 17h le 21.
41:30Mais en effet,
41:31donc vous pouvez
41:32vous rendre
41:32sur le site
41:33de l'association
41:34donc stop-of-violence-d'état.fr
41:36où on a répertorié
41:38toutes les villes
41:39qui sont mobilisées,
41:41certaines le 19,
41:42certaines le 21.
41:43Il y a aussi
41:44des départs
41:44qui se sont organisés,
41:46il y a des plus petites villes
41:47qui se sont co-déclarées,
41:49en gros qui s'organisent
41:50au même endroit.
41:51On a une super carte interactive,
41:53il y a des cartes
41:54sur nos réseaux sociaux,
41:55etc.
41:56Vous trouverez forcément...
41:57On va mettre le lien
41:57en description dans la vidéo.
41:59Franchement, en plus,
42:00j'ai rentré chaque région
42:02sur le site.
42:03Toutes les régions de France
42:04se sont servies.
42:06Donc, il y en aura forcément
42:08une à proximité
42:09de chez vous.
42:10Donc, en effet,
42:12venez marcher
42:12au moins deux heures
42:14parce qu'en fait,
42:15c'est vos vies,
42:16celles de vos enfants,
42:17celles de vos proches
42:18qui sont en jeu.
42:19Et voilà,
42:21c'est un enjeu
42:23démocratique réellement.
42:24On comprend bien,
42:25effectivement,
42:26l'enjeu de bouger dimanche
42:28et de ne pas rester chez soi.
42:30Elsa, vous voulez dire
42:31une dernière chose ?
42:32Le pays a été très ému
42:35et très largement ému
42:36de la mort de George Floyd
42:39alors que c'était loin.
42:41Je pense que
42:42toutes celles et ceux
42:44qui se sont émus
42:45de la mort de George Floyd
42:47devraient aujourd'hui
42:48se mobiliser
42:49parce qu'on ne veut pas
42:50de cette société-là.
42:52On pense effectivement
42:53à nos enfants
42:56et à celles et ceux
42:58qui pourraient mourir
42:59sous les balles.
43:00Mais en fait,
43:00c'est aussi la société
43:02dans laquelle on veut évoluer.
43:04Et franchement,
43:04je pense qu'on est nombreux
43:05et nombreuses
43:05à refuser cette société-là.
43:08Donc, c'est un enjeu important.
43:10Et je ne veux pas faire
43:12du parisianisme.
43:12En plus, je suis banlieue zarde.
43:14Mais à Paris,
43:15ce sera ce dimanche
43:16à République.
43:18Exactement.
43:19Très bien.
43:20Écoutez, merci beaucoup
43:22Nathalie Théiot,
43:24présidente de la LDH,
43:25Margot Pouliès,
43:26avocate pénaliste,
43:28spécialiste
43:29des questions
43:30de violences policières,
43:31Elsa Faucillon,
43:32députée PCFD Hauts-de-Seine
43:33et Louis,
43:34militant du collectif SAV.
43:36Merci beaucoup.
43:37Merci.
43:38Merci.
43:49Merci.