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  • il y a 12 heures
Le soutien à la militante d'Attac grièvement blessée lors d'une charge de police à Nice, est en train de se transformer en une puissante mobilisation contre les violences et les dérives policières, et pour le droit à manifester en sécurité. Analyse avec Marie-Pierre Vieu, députée européenne (GUE-GVN).

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Transcription
00:05Générique
00:10...
00:11Barry-Piervieux, bonjour.
00:13Vous êtes députée européenne de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:17Vous suivez particulièrement la question des violences policières en France depuis quelques mois.
00:22Une question qui ne concerne pas seulement la France.
00:25C'est pour ça qu'on en parle également dans cette enceinte du Parlement européen,
00:28puisque ça concerne l'Europe.
00:30On en parlera tout à l'heure de cette question-là.
00:31Et au-delà de l'Europe, ça concerne même le monde entier,
00:34puisque l'ONU a aussi son mot à dire sur cette affaire de violence en France.
00:38Toutes ces deux institutions, Conseil de l'Europe et ONU,
00:41ont dénoncé l'usage excessif de la violence en France.
00:44On en dira un mot tout à l'heure.
00:46Ce dont je voudrais qu'on parle aujourd'hui, c'est d'une affaire qui a pris depuis quelques jours
00:49une ampleur considérable à laquelle on ne pouvait pas forcément s'attendre d'ailleurs au départ.
00:53L'affaire de Geneviève Leguay, une femme de 73 ans, militante d'attaque très connue à Nice,
00:59depuis plusieurs décennies, qui a été blessée grièvement samedi dernier,
01:05place Garibaldi, donc la place historique, la plus grande place de Nice,
01:09lors d'une manifestation des Gilets jaunes.
01:10Elle était juste en marge, mais elle était venue.
01:14On va voir pourquoi exactement.
01:15On va reparler de tout ça en détail.
01:17Le résultat, c'est qu'elle a subi plusieurs fractures du crâne.
01:21Elle a des côtes cassées, elle a des hématomes.
01:24Et Geneviève Leguay est devenue en quelques jours un symbole, finalement.
01:29Je le disais, personne ne s'attendait vraiment à ça.
01:31Pourquoi, selon vous, d'un seul coup, cette femme est devenue symbolique en France ?
01:35Pourquoi ? Parce que c'est une image qui choque énormément.
01:40Je crois que c'est un peu...
01:41Si on voulait faire une comparaison, d'ailleurs,
01:43quand on a regardé la violence en Espagne au moment du référendum en Catalogne,
01:47on avait vu des femmes ensanglantées comme ça,
01:49et à un certain moment, il y avait une adhésion spontanée,
01:52parce qu'il y a toujours ceux qui tirent, ceux qui frappent, et puis ceux qui subissent.
01:57Mais pour Geneviève Leguay, le contraste vient aussi du fait qu'à la veille de la 19e journée d'action
02:03des Gilets jaunes,
02:04il y a eu un déploiement de forces, de police et militaires exceptionnel,
02:09avec un système qu'on n'avait pas vu depuis 1947, en tout cas tel que je l'ai eu,
02:13c'est-à-dire un moment de notre histoire nationale,
02:16qui était quasiment un moment d'état de guerre.
02:21Donc on a ça, le vendredi, des discours très durs de la part du gouvernement.
02:26L'interdiction dans certains lieux de manifester, avec des imprécisions, ça a été le cas à Nice.
02:32On a le matin même à Nice des photos où on voit finalement des petits cortèges se mettre en place,
02:38avec des gens tout à fait pacifiques.
02:40Et puis on retrouve cette dame, j'allais dire cette mamie, mais de manière tendre,
02:46parce que ça pourrait être ma mère, qui tout à coup manifeste,
02:51en tout cas porte dans un premier temps son drapeau arc-en-ciel.
02:54– Le drapeau de la paix. – Voilà, tout à fait, le drapeau de la paix,
02:57le drapeau de l'alter-mondialisme, puisque c'est une militante pacifiste,
03:00inter-mondialiste, qui lutte contre les paradis fiscaux.
03:03Et puis on la retrouve à terre, avec du sang et il y a le bouche à oreille.
03:07Et enfin, dernière étape de tout cela, avec le fait que pendant un certain moment,
03:11on ne sait pas ce qu'elle devient, si quand même, bon voilà,
03:13parce qu'il peut y avoir mort d'hommes et de femmes.
03:16Et puis derrière, cette déclaration fracassante de Macron,
03:20c'est-à-dire qu'il dit en gros, bon, je lui souhaite bon rétablissement,
03:25mais ceci dit, bravo d'âme, vous avez eu ce que vous avez mérité,
03:28parce que vous avez manifesté.
03:29– Il a dit quand même clairement, bon, peut-être une forme de sagesse,
03:33qui était effectivement une manière de dire,
03:35et par ailleurs, et en même temps, selon sa forme de consacrer,
03:38il a dit, quand on est fragile, on ne se rend pas dans les lieux
03:40qui sont définis comme interdits,
03:42et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci.
03:45– Comment est-ce qu'on peut interpréter ces pauvres ?
03:46– C'est-à-dire qu'il lui renvoie la responsabilité, c'est ça.
03:49C'est-à-dire qu'à un certain moment,
03:51soit elle a décidé d'enfreindre l'ordre public,
03:53quelque part donc elle se place,
03:55du côté des terroristes, on va dire ça,
03:57parce qu'on est quand même dans cette rhétorique-là,
04:01soit elle y a été, parce que finalement,
04:03elle serait déficiente de quelque chose,
04:06de conscience politique, si vous voulez,
04:09qu'elle a été abusée, ou qu'elle s'abuse elle-même,
04:11et donc dans les deux cas, il la considère comme une mineure sociale
04:16ou alors comme une déviante sociale.
04:18– C'est ça, et aussi on reprend un peu dans le détail cette question,
04:23parce qu'à mon avis, ça me semble fondamental, cette question-là,
04:26on la juge du point de vue d'une interdiction
04:28qu'on a soi-même dictée,
04:30c'est-à-dire que le gouvernement décide d'une interdiction,
04:33et ce qui ne s'était pas passé jusqu'à maintenant,
04:37on n'avait pas interdit une manifestation en France,
04:39et finalement, tout le monde doit s'aligner,
04:41aligner son comportement sur cette interdiction que j'ai prise
04:44de mon propre droit.
04:46C'est ça aussi qui est très différent.
04:47C'est l'interdiction qui va décider de l'ordre du monde,
04:51du vrai et du faux, du juste et du pas juste.
04:53– Tout à fait, la sémantique est importante,
04:55parce que je égale l'État, l'État égale l'ordre,
04:59et celui ou celle ou ceux, au pluriel,
05:01qui enfreigne l'ordre, eh bien, sont les ennemis de l'État.
05:05Donc, quand même, on passe d'une rhétorique républicaine
05:08à une rhétorique répressive et autoritaire.
05:12Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'il peut y avoir
05:14la réaction internationale qu'il y a,
05:16que ce soit du niveau européen ou du niveau de l'ONU,
05:19parce qu'on se retrouve dans une France, quand même,
05:22qui, quelque part, eh bien, emboîte le pas
05:24à des pays qui, eux, ne sont pas des pays vécus
05:28comme des pays démocratiques.
05:30Il faut ajouter quand même à ça, c'est que, moi,
05:32je trouve que, du point de vue de Macron,
05:35il y a une surenchère politique.
05:37C'est-à-dire que, dans le mouvement social
05:41qu'il y a aujourd'hui, et qui est très dur,
05:44il n'y a pas que les gilets jaunes,
05:45il y a également toutes les luttes sociales,
05:48que ce soit sur les périmètres publics,
05:50droits des femmes, en fait,
05:51toutes les luttes qui peuvent monter,
05:54eh bien, on sent une colère,
05:56une remise en cause du système démocratique
05:58tel qu'il est fait dans notre pays,
06:00qu'il faut quand même entendre,
06:01notamment au travers de ce que disent les gilets jaunes,
06:03qui va très loin,
06:04et puis, également, une exigence
06:06de répondre aux besoins sociaux,
06:08c'est-à-dire de redistribuer différemment
06:09les richesses et de reprendre les politiques
06:12pour qu'elles soient tournées vers les gens.
06:15Et donc, évidemment, Macron,
06:16ce n'est pas le choix qu'il a fait,
06:18y compris dans la consultation qu'il a lancée,
06:20qui devait mettre fin au mouvement des gilets jaunes.
06:23Il a ouvert un débat qu'il a refermé tout de suite
06:25à partir du moment où l'horizon qu'il donnait,
06:28en termes de réformes,
06:29était la non prise en compte de ses revendications.
06:32Donc, maintenant, ce qu'il veut faire,
06:34c'est, me semble-t-il, radicaliser les conflits,
06:37c'est-à-dire créer les conditions même de la violence,
06:40et ensuite, s'ériger comme gardien du temple,
06:43c'est-à-dire dire « je suis la démocratie »
06:45alors que c'est lui-même qui la met à mal.
06:48Et je pense que là,
06:49il y a quand même une illustration
06:50du mouvement néolibéral
06:51qu'on vit au travers de toute l'Europe
06:54et qui, de plus en plus,
06:56épouse des formes répressives.
06:58Et je crois que, bon,
07:00j'ai tout à l'heure parlé de la Catalogne volontairement,
07:03il y a la France à plus grande échelle,
07:05parce que sur la France,
07:07on est sur une rhétorique sociale,
07:08elle passe sur une rhétorique indépendantiste.
07:11Et je pense que si c'est là
07:12le nouveau modèle européen,
07:14alors il faut s'inquiéter.
07:15Vous le disiez tout à l'heure,
07:17on revient à Geneviève Leguay,
07:18elle portait le drapeau de la paix,
07:20puisque ce qu'elle venait défendre,
07:22elle spécifiquement,
07:22je crois qu'il est important aussi
07:23de le préciser,
07:25pour ceux qui nous écoutent
07:26et qui le savent pour la plupart,
07:28c'est qu'elle venait,
07:28non pas manifester sur des mots d'ordre
07:30directement des Gilets jaunes,
07:32mais elle venait pour manifester,
07:36son envie de défendre
07:37la liberté d'expression,
07:38tout simplement,
07:39et la liberté de manifester,
07:40plus exactement.
07:41Et c'est tout de même ça
07:43qui récemment,
07:46depuis la semaine dernière,
07:47on sentait bien que ça montait
07:48dans un certain nombre d'indices,
07:50mais qui depuis la semaine dernière
07:52est rentrée dans les faits.
07:53Tout à fait.
07:54L'atteinte finalement réelle,
07:55cette liberté de manifester,
07:57puisqu'on a dit sur la place Garibaldi à Nice,
07:59vous n'avez rien à faire ici,
08:01et que c'est dans celui de la charge
08:02dont on a parlé tout à l'heure.
08:03Tout à fait.
08:04Je pense que cette dame a eu un réflexe
08:06que beaucoup d'autres Français ont eu.
08:08Moi-même, la semaine dernière,
08:09pour la première fois,
08:10je suis allée en vis-à-vis
08:12rencontrer des Gilets jaunes.
08:13Pourquoi ?
08:14Parce qu'on a un mouvement
08:15qui depuis le départ
08:16est un mouvement autonome,
08:17qui porte des revendications
08:19qu'on peut partager,
08:20mais qui épouse ses propres formes
08:22et qui avance en défiance
08:24vis-à-vis du politique.
08:25Donc parfois,
08:26il est un peu compliqué
08:27de trouver sa place.
08:28Par contre,
08:29ce mouvement étant maintenant réprimé,
08:31on est à la fois solidaire
08:32des exigences
08:33et on veut protéger
08:34ces hommes et ces femmes
08:35qui manifestent légitimement.
08:37Et c'est ce qu'a fait Geneviève Le Gay.
08:38Et c'est pour ça qu'elle est tombée.
08:40Et c'est peut-être ça aussi
08:41qui fait l'émotion
08:43et la colère
08:44et l'adhésion de solidarité
08:47autour à la fois
08:48de cette personne,
08:49de ses blessures,
08:51de l'état de fragilité
08:52dans lequel elle est,
08:53mais également sur le fait
08:54que maintenant,
08:54on veut justice.
08:56Et ce qui fait réagir également,
08:57vous y allusion tout à l'heure,
08:59en citant,
08:59en reprenant les propos
09:00d'Emmanuel Macron,
09:01c'est que finalement,
09:02ce qu'il dit implicitement,
09:05c'est que passer un certain âge,
09:06vous parliez de mamie,
09:07c'est vrai qu'elle a 73 ans,
09:10manifester,
09:10c'est plus de ce nage.
09:11C'est-à-dire la démocratie,
09:12c'est bien,
09:13mais il y a quand même
09:14une date de péremption finalement.
09:15On pourrait à un moment donné,
09:17il faudrait quand même
09:17à un moment donné s'arrêter.
09:19C'est ce qui peut paraître assez grave.
09:21Oui, alors en même temps,
09:22si vous voulez,
09:22quand on regarde
09:23l'âge de la classe politique,
09:25y compris un certain nombre
09:26de candidats
09:27que présente Emmanuel Macron
09:29ou qu'il aime bien chouchouter,
09:31bon, on peut lui retourner
09:32le compliment comme on dit.
09:34Mais au-delà de ça,
09:35moi je trouve qu'il y a
09:36quelque chose de presque vulgaire
09:38dans ses propos.
09:40C'est-à-dire que voilà,
09:42quelqu'un qui n'a pas 45 ans,
09:44qui du haut de son expérience
09:46donne la leçon à suivre
09:48à une dame
09:49qui a toute sa vie derrière elle,
09:51qui n'est pas nantie,
09:52qui continue à soutenir
09:54les petites gens.
09:55Je trouve qu'il y a,
09:57voilà, président des riches,
09:58maintenant ça va au-delà,
10:01président du mépris du peuple.
10:03On le disait tout à l'heure,
10:05l'ONU a condamné
10:06les violences policières en France,
10:07le Conseil de l'Europe
10:08qui se situe à quelques mètres d'ici
10:11a condamné,
10:13la déléguée aux droits de l'homme
10:15a condamné directement
10:16ce qui se passait en France
10:18lors des manifestations
10:19de Gilets jaunes.
10:20Est-ce que vous pensez
10:21qu'on a pris en France
10:22la mesure de ces condamnations
10:24des deux plus grandes
10:26instances internationales
10:27qui s'occupent
10:28des démocraties
10:29et des droits de l'homme
10:29tout simplement ?
10:30Non, je ne crois pas.
10:31Alors, il y a une forme
10:33d'interrogation
10:34dans ma réponse.
10:35Je pense qu'à d'autres périodes
10:38de notre histoire,
10:39en tout cas,
10:39il y a des moments
10:40de durcissement
10:41du mouvement social
10:42auquel on a senti des bascules
10:45où tout l'État
10:45a été convoqué.
10:46Moi, j'ai en tête
10:4886, par exemple,
10:50le moment où moi
10:50je me suis politisé
10:51la mort de Malik Ousekine.
10:53Là, il y avait
10:53une remise en ordre
10:55qui a été faite
10:56par Mitterrand lui-même.
10:57à l'encontre de Chirac.
10:59Mais tout le monde
11:00était sorti très fortement
11:01en disant plus jamais ça,
11:02si vous voulez.
11:03Même lui ?
11:03Oui, tout à fait.
11:04Même Mitterrand.
11:05Après, il y avait eu
11:06d'autres périodes dures
11:07mais à chaque fois,
11:08il y avait une conscience
11:10qui ne faisait pas ça
11:11chez nous.
11:12Maintenant, ce qui est clair,
11:14c'est qu'à force
11:15d'objecter des fins
11:16de non-recevoirs,
11:17et ça ne commence pas
11:18avec Macron,
11:19ça commence avant.
11:21Hollande,
11:21quand il est arrivé au pouvoir,
11:23il a refusé
11:23d'amnistier
11:24les syndicalistes
11:24par rapport
11:25à la période antérieure.
11:26Il y a quand même
11:27un déplacement
11:28qui fait qu'on est en train
11:29de banaliser
11:30une certaine forme
11:31de violence sociale.
11:34Alors, bien sûr,
11:34il y a des gens
11:35qui tirent l'alerte
11:37de toute manière,
11:38et heureusement,
11:39des associations,
11:40la Ligue des droits
11:40de l'homme et autres.
11:41Mais je pense que,
11:43du point de vue populaire,
11:44c'est quelque chose
11:45qu'il faut porter
11:46beaucoup plus fort.
11:47et il est de notre responsabilité,
11:49je pense particulièrement
11:51les gens de gauche,
11:52les communistes,
11:52mais également
11:53le mouvement syndical,
11:54de ne pas laisser passer.
11:56Ça demanderait d'ailleurs
11:57de ce point de vue,
11:59me semble-t-il,
12:00une réponse unitaire
12:01très haute.
12:01C'est ça.
12:02Sachant que,
12:02pour l'instant,
12:03on a des chemins parallèles,
12:05on voit qu'il y a effectivement,
12:07comme vous le dites,
12:08plein de mouvements
12:08qui vont à peu près
12:09dans le même sens,
12:10mais que, pour l'instant,
12:11on reste un peu parallèles.
12:12Je pense que c'est
12:13ce qui manque.
12:13Je pense que c'est
12:14ce qui manque,
12:15c'est qu'à un certain moment,
12:16si toute la gauche,
12:17et quand je parle de gauche,
12:18je parle de force
12:19de transformation,
12:20quelle qu'elle soit,
12:21se mettent à égalité
12:22et disent
12:22ça, on n'en veut pas,
12:23c'est la limite.
12:24On a le droit de manifester,
12:26on a le droit
12:26de s'exprimer comme on veut,
12:28ce n'est pas nous
12:29les délinquants,
12:29ce n'est pas nous
12:30les terroristes.
12:31Nous, on fait avancer
12:32le débat social,
12:33donc stop,
12:34le pouvoir ne peut plus
12:35faire de la surenchère
12:37à tout crin.
12:37Et Macron,
12:38faites attention.
12:39Qu'est-ce qu'il faut faire,
12:40alors, concrètement,
12:41selon vous, maintenant ?
12:42Vous êtes députée européenne,
12:43mais vous êtes investie
12:46mais par ailleurs,
12:46qu'est-ce qui vous semble
12:47le plus urgent de faire tout ça ?
12:48Moi, je pense
12:49qu'il est urgent
12:50au plan national
12:52de prendre une initiative politique
12:53pour évoquer
12:55ce que je viens de dire.
12:56C'est-à-dire, voilà,
12:57alors évidemment,
12:58comme on est dans une période
12:59préélectorale ou électorale,
13:01il faut se prémunir
13:02que personne n'ait l'impression
13:04d'être récupéré par personne.
13:06Enfin, on n'en est pas là,
13:07si vous voulez.
13:07Là, on est sur
13:08de la citoyenneté dure,
13:10on est sur des libertés publiques.
13:11Donc, je pense
13:12qu'il serait quand même
13:13très important,
13:14comme on l'a fait,
13:14il y a peu de temps,
13:16on a su très bien dire
13:17l'antisémitisme,
13:18on n'en veut pas.
13:19Eh bien, je pense
13:19que dire la violence sociale,
13:21on n'en veut plus
13:22ou on n'en veut pas,
13:24démocratie, c'est là,
13:25ça serait bien
13:26qu'on trouve le moment
13:27de l'exprimer,
13:27alors par peut-être
13:28une lettre au président
13:29de la République,
13:30co-signée par beaucoup de monde,
13:32par une manifestation
13:33publique commune.
13:34Ensuite, au Parlement européen,
13:36je pense qu'il faut mettre
13:36les mêmes garde-fous.
13:38C'est-à-dire qu'on sent bien
13:39quand même
13:40qu'on est sur un moment
13:42de bascule
13:43où il y a un raidissement,
13:45où la pénurie,
13:46l'austérité
13:47concourent à faire grandir
13:48des extrêmes.
13:49Et ce n'est pas un discours
13:51que je vous fais là,
13:52on le voit aussi,
13:53on le voit dans
13:55toutes les démonstrations
13:57racistes,
13:58homophobes,
13:59régressives.
14:00Et que donc,
14:01le débat là aussi
14:02est un débat important,
14:04mais il faut reconstruire
14:06un périmètre de protection
14:07qui soit aussi
14:08un périmètre revendicatif.
14:10Et l'Europe sociale
14:11et écologique,
14:12elle passe par
14:13une Europe démocratique.
14:14Et celle-là,
14:14elle doit être garantie.
14:15Marie-Pierre Vieux,
14:16je vous remercie.
14:17Merci beaucoup.

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