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  • il y a 15 heures
Question migratoire et politiques européennes, stratégie de la gauche pour 2027, avenir du Parti socialiste, nouvelles idées à gauche… Entretien avec Benoît Hamon, ancien ministre de François Hollande, candidat du PS à la présidentielle de 2017 où il recueille 6,4 % des voix. Fondateur de Génération.s, il a depuis pris du recul avec la vie politique et occupe le poste de directeur général de l'ONG Singa.

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00:00 Introduction et parcours de Benoît Hamon
03:50 L’Europe face aux nationalismes
14:50 Racisme et montée de l’extrême droite
17:50 Printemps républicain et déchéance de nationalité
23:20 Antiracisme et « Nouvelle France »
26:00 Union de la gauche, PS et François Hollande
40:00 Revenu universel : retour sur la proposition
49:30 Revenu universel ou salaire à vie ?
55:00 IA, taxe robot et capitalisme numérique
58:30 L’économie sociale et solidaire
01:05:40 Conclusion, comment se positionnera Hamont pour 2027

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Transcription
00:00:01Bonjour, Benoît Hamon déjà, vous êtes le premier ex-ministre que nous recevons dans Saïra,
00:00:06Sassarose, enfin ministre de François Hollande.
00:00:08On va peut-être laisser le champagne au frais pour le moment,
00:00:10vous nous direz si votre ennemi c'est la finance d'ailleurs.
00:00:12Peut-être que ça l'est, puisqu'après un passage à l'économie sociale et solidaire,
00:00:15puis à l'éducation nationale, vous aviez quitté le gouvernement en 2014
00:00:19en désaccord avec la ligne économique sociale libérale de la paire Valls-Hollande,
00:00:23devenu frondeur, vous devenez ensuite le candidat à la présidentielle de 2017 pour l'EPS,
00:00:27où vous réalisez 6,4% des voix, un score historiquement élevé pour l'EPS si on prend les 10
00:00:32dernières années.
00:00:33Aujourd'hui, on se dit qu'au PS, en crise permanente, s'ils faisaient 6,4%, ça leur ferait plaisir.
00:00:38Je pourrais poser la question à votre ancien colocataire, de vos années étudiante, un certain Olivier Faure.
00:00:42Je ne savais pas vous caser l'anecdote, donc je l'ai mis là.
00:00:45Après la présidentielle, vous avez fondé le parti Génération, toujours en 2017,
00:00:48avant de vous mettre 4 ans plus tard en retrait de la vie politique.
00:00:52Bon, sans complètement larguer les amars, à en juger par certains de vous coups de gueule sur Instagram,
00:00:55on va y revenir. Vous conservez également un mandat de conseiller régional,
00:00:59mais l'essentiel de votre activité est ailleurs, dans l'associatif, président de ESS France depuis 2024,
00:01:04mais aussi directeur général de l'ONG, Singa, qui vient en aide aux exilés.
00:01:09Et bien justement, on voulait commencer par ça, cet entretien, par un sujet d'actualité lié à la question migratoire.
00:01:13On va écouter un magnéto.
00:01:20Le vote est fermé.
00:01:46Voilà, c'était des images le 1er juin au Parlement européen, quand ils ont adopté une nouvelle réglementation
00:01:50qui durcit fortement les politiques migratoires, qui ouvrent la voie des délocalisations de centres de rétention
00:01:56dans des pays hors des frontières de l'Union européenne.
00:01:58Un vote dont s'est réjoui le gouvernement français, une partie des députés macronistes,
00:02:02et évidemment la droite et l'extrême droite.
00:02:04Comment vous réagissez à ces images et à ce vote ?
00:02:08Je pense que c'est beaucoup plus grave qu'on ne le pense.
00:02:11Ce qui est en jeu, ce n'est pas simplement, même si c'est déjà en soi un peu vertigineux,
00:02:17ce n'est pas seulement le sort des demandeurs d'asile, des nouveaux arrivants,
00:02:21des personnes qui vont être jugées illégales, quand bien même elles demandent l'asile,
00:02:26parce qu'on n'oublie pas, même en application de la Convention de Genève,
00:02:30ceux qui vont demander l'asile entrent la plupart du temps de manière illégale sur le territoire européen.
00:02:34Donc c'est évidemment leur sort qui va se jouer, celui de leur famille, de leurs enfants,
00:02:38puisqu'on va, on accepte désormais, vous dites délocaliser,
00:02:43mais c'est un mot encore faible par rapport à ce qui va se passer.
00:02:47On va acheter la prestation de pays tiers pour qu'ils retiennent des étrangers
00:02:56qui seront exclus ou expulsés du territoire européen.
00:03:01Peu importe d'ailleurs leur nationalité, on pourra imaginer des Nigériens ou des Soudanais
00:03:06retenus dans un pays tiers qui accepteraient de les détenir.
00:03:10Et ce qui se passe, c'est que l'Europe qui avait été pensée comme le continent du droit
00:03:17ne permet pas à ceux qui viennent sur le territoire européen de faire l'expérience du droit,
00:03:22et notamment l'expérience des droits fondamentaux.
00:03:24Et c'est ça qui est très grave, parce que derrière, ça veut dire que le projet européen pensé
00:03:29comme le continent du droit est en train d'être démoli.
00:03:34Alors on peut juger les politiques européennes être pour ou contre,
00:03:37mais le fait que le projet européen ait été cette idée incroyable de la coopération
00:03:42de pays qui se sont fait la guerre autour du droit,
00:03:45c'est cette idée-là qui est en train de s'effondrer.
00:03:52Justement, quand vous voyez ces images, est-ce que vous croyez toujours au projet européen, à l'Union européenne,
00:03:57quand vous voyez quelle majorité, quel sens ça prend ?
00:03:59Plus que jamais, je crois au projet européen.
00:04:02Je crois même qu'il faut renforcer le projet européen,
00:04:03peut-être pas sous la forme qu'on imagine, telle qu'on vit l'Europe aujourd'hui,
00:04:08parce qu'elle est décevante dans plein d'aspects.
00:04:11Mais observons quand même, si on resitue le moment dans lequel nous sommes.
00:04:16Nous sommes dans le moment du retour des empires.
00:04:20Et dans un autre moment qui est probablement la fin de l'hégémonie occidentale sur les affaires du monde.
00:04:24Ce qui n'est pas la fin de la puissance occidentale, mais la fin de l'hégémonie occidentale.
00:04:29Dans ce moment qui prépare le choc des empires, nous avons quand même quelque chose à dire.
00:04:36C'est un peu impérialiste vu comme ça, justement.
00:04:39Il y a des projets impérialistes, clairement.
00:04:41Mais je pense que nous, nous avons à mettre sur la table la possibilité de la coopération entre les États.
00:04:46C'est-à-dire la coopération de pair à pair, telle que nous l'avons expérimentée entre Européens.
00:04:51Et qui est quand même quelque chose, quand on y repense, d'assez incroyable.
00:04:55Pour dire justement que nous ne voulons pas de ce choc des empires,
00:04:58que l'Europe n'est pas un nouvel impérialisme parmi d'autres.
00:05:01Mais qu'elle propose, à partir de l'expérience qui est la sienne,
00:05:04du fait d'avoir dépassé les nationalismes, du fait d'avoir dépassé, d'ailleurs,
00:05:08l'idée même de la nation pour penser une citoyenneté commune,
00:05:11que nous proposons à d'autres, et qui le souhaitent,
00:05:14un autre chemin qui serait de la coopération de pair à pair.
00:05:17Mais vu le rapport de force européen, c'est pas un peu naïf de penser
00:05:20qu'on sera les seuls bons élèves du droit international,
00:05:22alors que tout le monde est en train de se...
00:05:24Et qui le ont ?
00:05:25Ont les Européens.
00:05:26C'est-à-dire que quand on voit que, précisément,
00:05:28les majorités qui sont au pouvoir en Europe
00:05:30sont quand même plutôt du côté de ceux qui s'assoient sur le droit international
00:05:33et sur la question de la coopération.
00:05:35Si nous, Français, héritiers de la Révolution,
00:05:40porteurs de la Déclaration universelle du citoyen, des droits de l'homme,
00:05:46ne pensons pas, ou ne voyons pas au-delà de nos frontières,
00:05:50dans un idéal de coopération entre les peuples
00:05:54qui peut partir de l'Europe, mais qui peut être pensé différemment,
00:05:57si on reprend pas ce chemin, il n'y a rien de naïf à cela, au contraire.
00:06:00Ou alors, heureusement qu'il y avait des grands naïfs en 1789.
00:06:05Mais je pense qu'il faut, dans le moment que nous vivons,
00:06:10mettre très vite sur la table autre chose
00:06:13qu'une participation au choc des impérialismes
00:06:17tel qu'il se déroule d'ores et déjà.
00:06:20Avec quand même beaucoup d'extrême droite, justement.
00:06:22De plus en plus d'extrême droite.
00:06:23Et donc, du coup, ce serait possible peut-être une cohabitation
00:06:25plutôt avec d'autres pays qui seraient plus alliés,
00:06:28et qui ne feraient pas partie, justement, de ces empires.
00:06:33Détricoter pour que je comprenne.
00:06:35C'est avec qui vous pensez ?
00:06:36Vous parliez aussi tout à l'heure, par exemple,
00:06:38d'être, de faire peut-être sans frontières.
00:06:40C'est des choses auxquelles vous réfléchissez, par exemple ?
00:06:43Moi, je ne sais pas...
00:06:47Je pense que les frontières, elles existent.
00:06:49On ne les dépassera pas comme ça.
00:06:50On les a un peu dépassées.
00:06:51Est-ce que je peux vous partager juste une petite expérience
00:06:54que j'ai saisie comme ça, de manière un peu impromptue,
00:07:00mais que je trouve très parlante ?
00:07:03Depuis que je dirige une ONG, je fais des conférences
00:07:05dans des universités, dans des publics extrêmement différents,
00:07:08sur la question migratoire.
00:07:09Et souvent, je reviens sur un certain nombre de préjugés qu'on a,
00:07:13d'ailleurs, ou qui que ce soit.
00:07:15D'ailleurs, les nouveaux arrivants à l'égard des sociétés d'accueil,
00:07:17comme les sociétés d'accueil à l'égard des nouveaux arrivants.
00:07:19Et je reviens sur les grands couloirs migratoires internationaux.
00:07:23Et je dis souvent à l'assistant, je pose des questions,
00:07:26je fais des sortes de quiz, et je leur dis, à votre avis,
00:07:27quel est le premier couloir migratoire international ?
00:07:31Et à quelle place se situe celui dont on parle beaucoup,
00:07:34la télévision que vous avez cité tout à l'heure,
00:07:36c'est-à-dire le couloir migratoire d'Afrique subsaharienne,
00:07:40du Maghreb vers l'Europe ?
00:07:42Très vite, on se rend compte que ce couloir migratoire-là
00:07:45est très très bas dans le classement international,
00:07:47et que le premier couloir migratoire international,
00:07:50en fait, il est entre les Européens.
00:07:53Un Portugais qui s'installe en France, c'est une migration.
00:07:56Un Allemand qui s'installe en Roumanie, c'est une migration, etc.
00:07:58Et là, invariablement, je vous assure que c'est vrai,
00:08:01on me dit ou quelqu'un me dit quelque chose dans l'assistance,
00:08:04mais oui, mais là, vous trichez un peu,
00:08:05parce que ça, c'est pas des vraies migrations,
00:08:07c'est pas des vrais migrants.
00:08:07Alors c'est la question du racisme, du coup.
00:08:09Oui, mais attendez, ce qui est très intéressant,
00:08:12au-delà de la question des personnes racisées,
00:08:14au-delà de ça, moi, vous disiez à ma grand-mère,
00:08:18qui était agricultrice à Plugastel Daoulas, en Bretagne,
00:08:23vous lui disiez, à l'époque où j'étais jeune,
00:08:27qu'un Allemand qui s'installait à côté
00:08:29n'était pas un vrai étranger,
00:08:30alors attention, là,
00:08:32il n'était pas un vrai immigré,
00:08:35c'est pas du tout comme ça qu'elle aurait vu les choses.
00:08:37Oui, mais on sait bien que ça ne se passe pas comme ça,
00:08:39donc là, il y a un racisme,
00:08:41des politiques racistes qui sont entretenues, etc.
00:08:44C'est aussi, vous l'aurez même,
00:08:44le nombre de morts en Méditerranée a doublé cette année.
00:08:46Mais je suis d'accord avec vous,
00:08:47mais ce que je veux simplement vous dire,
00:08:49c'est justement le chemin qu'on a parcouru.
00:08:50C'est incroyable qu'en deux générations,
00:08:53vous, vous diriez pas,
00:08:54le réflexe qu'on a tous, c'est de dire,
00:08:56oui, mais attendez, les Européens,
00:08:57c'est pas tout à fait pareil.
00:08:58C'est pas tout à fait pareil,
00:09:00il y a deux générations de ça,
00:09:02c'était l'étranger honi, haï,
00:09:04mais justement, le niveau de la violence a augmenté,
00:09:07ça a créé l'étranger.
00:09:08Non, ça veut dire que la citoyenneté commune
00:09:10et la coopération entre les peuples,
00:09:12ça change nos représentations.
00:09:13Les imaginaires que l'on peut associer
00:09:16à, hier, des peuples qu'on jugeait,
00:09:18mais haïssables,
00:09:20ont été transformés par la coopération
00:09:23entre ces peuples.
00:09:23Ceci dit, ça ne marche pas trop sur le Brexit
00:09:25où la figure du travailleur détaché, polonais, etc.
00:09:28était beaucoup évoquée.
00:09:28Justement, parce que le Brexit joue l'effet inverse.
00:09:31D'abord, un, le Brexit, ça n'a pas marché du tout
00:09:33par rapport à la promesse du Brexit,
00:09:34parce que, rappelez-vous, le Brexit,
00:09:35il sort en disant, on ne veut plus d'immigration,
00:09:38fois deux.
00:09:38Ce que je veux dire, c'est que la figure de l'étranger européen,
00:09:40elle fonctionnait au moment du Brexit.
00:09:41Il n'y avait pas de tolérance à l'étranger européen.
00:09:43Oui, mais il y avait l'idée que,
00:09:44pardon, mais il y avait l'idée
00:09:46qu'il y avait des frontières qui étaient tombées,
00:09:49quand bien même le Réunion n'était pas en Schengen,
00:09:55aujourd'hui, le Brexit se construit d'abord
00:09:58sur une détestation de l'Europe
00:09:59et de l'Europe comme accélérateur
00:10:01des migrations internationales.
00:10:03Et la réalité, c'est ça qui...
00:10:04Bon, je ne sais pas si c'est amusant ou pas,
00:10:06mais depuis le Brexit,
00:10:08les migrations extra-européennes, fois deux.
00:10:10Donc ça ne marche pas.
00:10:12Tous ces projets politiques
00:10:13qui veulent construire des formes d'autarcie
00:10:16où on ferme les portes aux migrations,
00:10:19ça ne marche pas.
00:10:20L'Italie de Mélonie,
00:10:22observez que Mélonie va distribuer d'ici 2027
00:10:26450 000 permis de travail à des étrangers,
00:10:29alors dans une démarche très utilitariste,
00:10:30à la demande du patronat italien,
00:10:32mais là encore, Mélonie arrive au pouvoir
00:10:34sur la fin de l'immigration internationale,
00:10:35ça ne marche pas.
00:10:37Donc ça, c'est quand même intéressant
00:10:38à mettre sur la table,
00:10:39le fait que tous ces projets politiques
00:10:42ne fonctionnent pas.
00:10:43Et je vous donne...
00:10:44Pardon de...
00:10:45Mais comme on est...
00:10:46On a le temps, on a le temps.
00:10:48Dans un média où les questions de science
00:10:53ou d'arguments rationnels pèsent,
00:10:56c'est quand même intéressant de mettre en parallèle
00:10:58le fait que depuis 30 ans,
00:11:00les migrations internationales,
00:11:02là, les sources,
00:11:03c'est la chère migration du Collège de France,
00:11:05François Héran,
00:11:07bon, bref, c'est du lourd, quoi.
00:11:08Mais elles ont augmenté quand même de 60%.
00:11:10On ne peut pas nier ça.
00:11:11Et il y a des explications à ça.
00:11:13La misère économique,
00:11:15les guerres...
00:11:15Le réchauffement climatique.
00:11:17Pas encore.
00:11:18Ça démarre, mais c'est pas encore...
00:11:20Mais bon, peu importe.
00:11:21Ça s'ajoutera à toutes les autres raisons
00:11:23qui font que vous décidez à un moment...
00:11:25Est-ce que c'est un problème,
00:11:26la libre circulation des personnes,
00:11:28justement, ce truc-là ?
00:11:29Est-ce que les migrations sont un problème en soi ?
00:11:31Moi, je pense qu'elles ont toujours existé.
00:11:33Le sujet, ce n'est pas l'immigration,
00:11:34c'est l'inclusion ou pas.
00:11:35C'est est-ce qu'on se donne les moyens d'inclure ou pas.
00:11:38Et donc, je veux juste terminer,
00:11:40elles augmentent de 60%.
00:11:41Et dans les 30 mêmes années,
00:11:43les États ont construit,
00:11:45c'est une ONG qui a fait ce travail,
00:11:46merci à eux,
00:11:47l'équivalent de 40 000 km de murs.
00:11:49Mais des murs en vrai,
00:11:51avec du ciment, des barbelés,
00:11:52de la technologie.
00:11:54Ça n'a pas empêché les 60% d'augmentation.
00:11:56Ce qui veut donc dire que la stratégie
00:11:58qui consiste à fermer les frontières
00:12:01ne stoppe pas les migrations.
00:12:03En réalité, elle arbitre entre deux choses.
00:12:05Ou j'organise des migrations légales.
00:12:08Je connais les gens qui rentrent,
00:12:10je leur donne une chance
00:12:11de pouvoir prendre leur place dans la société,
00:12:13mais je crée même les conditions
00:12:14pour qu'ils puissent prendre leur place.
00:12:16Ou je choisis de fermer les frontières,
00:12:18mais les gens rentrent quand même,
00:12:19mais là, de manière illégale.
00:12:21Et en charriant toutes les difficultés
00:12:23que posait une société
00:12:24des personnes qui sont condamnées
00:12:26à être dans la clandestinité,
00:12:28beaucoup plus facilement
00:12:29la proie au trafic,
00:12:30à l'économie parallèle,
00:12:31du coup, au crime, etc.
00:12:33Donc vous êtes pour ouvrir les frontières ?
00:12:35Moi, je suis pour l'immigration légale.
00:12:37Je suis pour la régularisation des sans-papiers.
00:12:39Je suis pour qu'on permette à des gens
00:12:41de venir s'installer ici
00:12:42au titre du travail,
00:12:43parce qu'ils veulent y travailler,
00:12:44au titre du regroupement familial,
00:12:46pour y faire des études,
00:12:47sans faire des quotas,
00:12:49en disant,
00:12:49dans quel métier on prend, etc.
00:12:51Mais quand même un petit contrôle,
00:12:52quand même, à la frontière.
00:12:53On ne fait pas libre circulation des personnes.
00:12:56Non, mais la libre circulation,
00:12:57ça veut dire quoi ?
00:12:57C'est que quiconque veut
00:12:58s'installe où il veut.
00:13:00Mais il y a des frontières.
00:13:01De toute façon,
00:13:01vous êtes obligés de présenter
00:13:02des papiers aux frontières.
00:13:04Non, je ne suis pas un no-border
00:13:06en disant qu'il n'y a plus de frontières
00:13:07dans le monde.
00:13:07Je pense que, par contre,
00:13:09il faut avoir une politique
00:13:10qui est une politique
00:13:11qui conçoit que notre pays
00:13:13est un pays dans lequel
00:13:14il y a des diasporas,
00:13:15des emplois disponibles,
00:13:17et donc que ça justifie
00:13:18des migrations,
00:13:18que personne n'arrête pas.
00:13:19Il y a des gens qui meurent,
00:13:20encore une fois.
00:13:21Oui, mais moi,
00:13:22je ne suis pas pour qu'on prenne
00:13:23un Zodiac pour venir chez nous.
00:13:24Je suis pour qu'on migre légalement.
00:13:26C'est-à-dire qu'on prend un avion,
00:13:26un billet,
00:13:27et on arrive,
00:13:28et on a un titre de séjour.
00:13:29Voilà de ce dont je vous parle.
00:13:30Je suis même favorable
00:13:31à ce que nos ambassades
00:13:33et nos consulats
00:13:33puissent permettre cela
00:13:35de façon à éviter
00:13:36la situation à laquelle
00:13:37on condamne des familles
00:13:38ou des personnes
00:13:38qui est aujourd'hui
00:13:40de courir un risque
00:13:42pour migrer.
00:13:43Et qu'il me soit permis,
00:13:44puisque vous alliez être sensible
00:13:46à l'humain,
00:13:47de rappeler une chose,
00:13:48c'est qu'un des grands arguments
00:13:50des gens hostiles aux migrations,
00:13:52notamment en France,
00:13:53c'est de dire
00:13:55franchement, aujourd'hui,
00:13:55on a une sécurité sociale,
00:13:58ça crée un appel
00:13:59d'air,
00:13:59c'est-à-dire la formule,
00:14:00c'est un aspirateur
00:14:01à personnes migrantes.
00:14:03Les gens viennent
00:14:04parce qu'ils veulent être
00:14:06protégés par la sécurité sociale.
00:14:07Si c'était vrai,
00:14:09si c'était vrai,
00:14:11expliquez-moi
00:14:12pourquoi des gens
00:14:14partent de France,
00:14:15pays avec une sécurité sociale
00:14:17très protectrice,
00:14:19mourir dans la Manche
00:14:20pour rejoindre l'Angleterre
00:14:21où il n'y a pas
00:14:21de sécurité sociale.
00:14:24La vérité,
00:14:24c'est que vous allez
00:14:26dans un pays,
00:14:26pour les deux raisons
00:14:27que j'ai données tout à l'heure,
00:14:28et ça, c'est encore
00:14:29documenté par la science,
00:14:30parce qu'il y a
00:14:31des emplois disponibles,
00:14:32la perspective d'avoir un emploi,
00:14:33et parce qu'il y a
00:14:34une diaspora
00:14:34par laquelle vous allez
00:14:36espérer pouvoir
00:14:37accélérer votre inclusion
00:14:38parce que vous y trouverez
00:14:39des gens qui parlent
00:14:40votre langue,
00:14:41un peu de réseau
00:14:42de capital social,
00:14:43en quelque sorte.
00:14:44Donc, cet argument
00:14:44de la sécurité sociale
00:14:45est une invention.
00:14:48Personne ne fait un benchmark
00:14:50des pays
00:14:51où il va atterrir
00:14:52en fonction du prix
00:14:52du doliprane.
00:14:53Ça n'existe pas.
00:14:54Vous avez abordé aussi,
00:14:57c'est le sujet du racisme.
00:14:59On l'a vu
00:14:59dans les images
00:15:00du Parlement européen,
00:15:00il y a des affects racistes
00:15:01qui se libèrent,
00:15:02qui s'expriment
00:15:03dans l'hémicycle.
00:15:04Est-ce que la gauche,
00:15:05elle n'a pas sous-estimé ça
00:15:06longtemps,
00:15:07c'est-à-dire la montée du racisme
00:15:08et surtout son rôle
00:15:09structurant
00:15:09dans le vote d'extrême droite ?
00:15:13Est-ce que la gauche
00:15:13a sous-estimé
00:15:15la montée du racisme ?
00:15:17En tout cas,
00:15:17oui, la montée
00:15:18et à quel point
00:15:18c'est ça le fondement
00:15:19du vote d'extrême droite
00:15:20et à quel point
00:15:21c'est partie de ça ?
00:15:22Typiquement,
00:15:22les images là
00:15:23sont assez parlantes,
00:15:23je pense.
00:15:25Écoutez, moi,
00:15:26je pense que oui,
00:15:28la réalité du vote,
00:15:29en tout cas à l'extrême droite,
00:15:30c'est une hostilité radicale
00:15:32à l'immigration
00:15:33derrière des représentations racistes,
00:15:36des imaginaires xénophobes
00:15:38à tout le moins.
00:15:40Tout ça,
00:15:40c'est une donnée
00:15:41et la réalité,
00:15:42c'est surtout
00:15:43que les digues
00:15:44qui faisaient
00:15:45de ces comportements
00:15:46des comportements immoraux,
00:15:47au sens où la morale
00:15:48c'est par le bien
00:15:48et le mal,
00:15:49ces digues-là
00:15:49sont maintenant tombées
00:15:53massivement.
00:15:54Le dernier épisode
00:15:55qu'on voit
00:15:56sur les réseaux sociaux
00:15:57avec des jeunes
00:15:58à Rodez
00:15:59et à Anonnet
00:15:59qui se lâchent
00:16:02complètement
00:16:03dans des comportements
00:16:04racistes
00:16:05dont on voit bien
00:16:05qu'ils font écho
00:16:06à des comportements racistes,
00:16:08y compris dans leurs propres
00:16:09établissements scolaires.
00:16:11Tout ça,
00:16:12il y a un cancer
00:16:13aujourd'hui raciste
00:16:15qui ronge
00:16:17la société française
00:16:18qui a été,
00:16:19alors lui,
00:16:20largement sous-estimé
00:16:21depuis dix ans.
00:16:22Personne ne dit,
00:16:23par exemple,
00:16:24j'étais très frappé,
00:16:24je lisais hier,
00:16:26je crois,
00:16:27un éditorial
00:16:28dans Le Monde
00:16:28de Françoise Fresseauze
00:16:30qui évoquait
00:16:31la question
00:16:31de l'échec
00:16:32de Macron
00:16:32sur la question
00:16:33de la dette,
00:16:34du chômage
00:16:34qui remonte un peu
00:16:35et il y avait
00:16:35un troisième argument,
00:16:37je ne sais plus
00:16:38ce que c'était,
00:16:39mais il n'y avait
00:16:41absolument pas
00:16:43l'explosion
00:16:44xénophobe
00:16:45et raciste
00:16:45dans la société française,
00:16:47les menaces
00:16:48maintenant très concrètes
00:16:49sur l'état de droit
00:16:50et la démocratie,
00:16:50c'est-à-dire la dégradation
00:16:51vraiment
00:16:52de la qualité
00:16:53de vie démocratique
00:16:54et on pourrait y rajouter
00:16:55ce qui est,
00:16:56à mon avis,
00:16:57l'échec numéro un
00:16:59de Macron,
00:17:00mais qui serait
00:17:00l'échec numéro un
00:17:01de quiconque gouvernerait
00:17:02et devrait avoir
00:17:03à faire face,
00:17:05à regarder la nation
00:17:06dans les yeux
00:17:06et dire
00:17:07oui,
00:17:07en France,
00:17:08aujourd'hui,
00:17:09il y a 27,6%
00:17:11d'enfants
00:17:11qui vivent
00:17:12sous le seuil
00:17:12de pauvreté
00:17:13et en deux mandats
00:17:14disant
00:17:16ce ratio
00:17:16a augmenté
00:17:17de cinq points,
00:17:18c'est ça
00:17:19l'échec fondamental
00:17:21des politiques publiques
00:17:22qui ont été menées.
00:17:23Et donc,
00:17:23ce que je veux dire,
00:17:23c'est que oui,
00:17:24il y a un cancer raciste
00:17:26et la gauche,
00:17:26non,
00:17:27je pense qu'il ne faut pas
00:17:28se gourer,
00:17:28quoi.
00:17:30l'accélérateur du racisme
00:17:31en ce pays,
00:17:32ce n'est pas la gauche,
00:17:32quoi.
00:17:32Non, mais je suis...
00:17:34C'est pour ça qu'on visait
00:17:35la question
00:17:37par rapport à la gauche
00:17:38parce que justement,
00:17:38on a parlé avant
00:17:39de l'extrême droite,
00:17:39etc.
00:17:40Donc c'est pour ça
00:17:40que spécifiquement,
00:17:41est-ce que la gauche
00:17:42n'a pas justement
00:17:42cette responsabilité aussi
00:17:43de ne pas avoir vu
00:17:45ou voulu voir
00:17:46justement l'importance
00:17:47du racisme
00:17:47à la fois dans le vote
00:17:48d'extrême droite
00:17:48et en même temps,
00:17:49enfin voilà,
00:17:50tout ce qu'on...
00:17:50me précisez.
00:17:51On prend un exemple
00:17:52qu'on avait en tête,
00:17:53c'était...
00:17:53Le Prato-Républicain.
00:17:54Le Prato-Républicain,
00:17:55mais...
00:17:55Non, mais là,
00:17:56si vous me prenez
00:17:58un truc qui n'est pas
00:17:59de gauche...
00:17:59Non, mais en fait,
00:18:00il y a des gens...
00:18:00Non, mais ça,
00:18:01c'est pas...
00:18:01Alors ça,
00:18:02vraiment,
00:18:03merci de dire ça.
00:18:04Si vous voulez que je vous dise,
00:18:06l'avantage d'Emmanuel Macron,
00:18:09s'il y en a un,
00:18:09il est en 2017,
00:18:11au moment où il fait campagne,
00:18:14il révèle une chose,
00:18:15c'est que la frontière,
00:18:18là, pour le coup,
00:18:19entre la droite et la gauche,
00:18:20elle n'était pas entre le PS
00:18:23et le centre-droit,
00:18:24elle était au milieu du PS.
00:18:26C'est ça qui l'a révélé.
00:18:28C'est qu'on a vu que sur des principes
00:18:29ou des politiques publiques
00:18:31qui touchaient aux questions économiques,
00:18:32à la question sociale,
00:18:33à la question identitaire,
00:18:35en fait,
00:18:37ce qui séparait la gauche et la droite,
00:18:39ce qui est un problème,
00:18:40ça voulait dire qu'électoralement,
00:18:41on perdait un gros bout,
00:18:42quand même,
00:18:42dans la perspective d'un jour
00:18:43de gagner les élections.
00:18:45Dans la Ve République,
00:18:46c'est un vrai sujet,
00:18:48mais ils montrent ça.
00:18:50Et donc,
00:18:50si vous me dites,
00:18:51le printemps républicain,
00:18:52il faut...
00:18:53Oui, mais comme il y a plein de gens
00:18:54qui ont commencé à gauche
00:18:56et qui ont fini à droite,
00:18:56voire même à l'extrême droite,
00:18:57donc aujourd'hui,
00:18:59regardons où ils sont,
00:19:00c'est pas où ils ont été,
00:19:01mais où ils sont,
00:19:01ils sont à droite.
00:19:02Il y a eu quand même eu un...
00:19:04D'ailleurs,
00:19:04beaucoup de socialistes
00:19:05m'ont convenu,
00:19:06il y a eu une rupture
00:19:06au moment de la déchéance
00:19:07de nationalité,
00:19:08par exemple,
00:19:08juste après les attentats,
00:19:09ça, ça crée une cassure,
00:19:11on voit bien qu'il y avait
00:19:12la tentation à gauche
00:19:13d'accompagner
00:19:13un certain mouvement
00:19:14de la société.
00:19:15Vous étiez contre
00:19:15l'indéchéance de nationalité,
00:19:16mais voilà,
00:19:17je le précise,
00:19:18mais voilà,
00:19:19c'était quand même
00:19:19le quinquennat.
00:19:20Oui, mais bon,
00:19:22attendez,
00:19:22ce qui est intéressant,
00:19:23c'est que,
00:19:25moi, je m'en souviens,
00:19:27cette affaire,
00:19:28on est quelques-uns
00:19:29à réagir
00:19:31spontanément,
00:19:32très vite.
00:19:33Il y a plein de gens
00:19:33qui ont réfléchi,
00:19:34et pas qu'au PS.
00:19:35Pardon.
00:19:36Dans toute la gauche,
00:19:38après...
00:19:39Oui, mais en l'occurrence,
00:19:39le PS est au pouvoir.
00:19:40Oui, oui,
00:19:41mais ce qui est intéressant,
00:19:41c'est que,
00:19:42sur cette affaire
00:19:42de déchéance de nationalité,
00:19:44dans la sidération
00:19:44qui est celle
00:19:45de la suite des attentats,
00:19:46dans la demande
00:19:47qui est celle
00:19:47de la société,
00:19:48et d'une partie
00:19:49de la société aussi,
00:19:50d'une partie
00:19:52de l'appareil d'État,
00:19:54de règles
00:19:54qui permettent,
00:19:55à l'époque,
00:19:56à la fois de punir
00:19:57ou de mieux lutter
00:19:58contre le terrorisme,
00:19:59c'est toujours comme ça
00:19:59qu'on réduit
00:20:00les libertés publiques,
00:20:01c'est qu'il y a
00:20:01une demande de sécurité,
00:20:02sauf qu'au nom
00:20:03de cette demande de sécurité,
00:20:04on réduit
00:20:04les libertés fondamentales,
00:20:06mais on ne les rétablit pas après,
00:20:07une fois que la menace
00:20:08a disparu,
00:20:09et c'est comme ça
00:20:10que la situation se dégrade.
00:20:11Mais à ce moment-là,
00:20:12moi je m'en souviens très bien,
00:20:13à ce moment-là,
00:20:15quand la mesure est annoncée,
00:20:17on est quelques-uns
00:20:18à commencer à réagir
00:20:19assez rapidement,
00:20:20mais beaucoup réfléchissent,
00:20:22quand même.
00:20:22Beaucoup réfléchissent,
00:20:23et pas qu'OPS,
00:20:24parce que cette question-là,
00:20:26elle a interpellé tout le monde.
00:20:27Le réflexe qui était de dire,
00:20:28mais attendez,
00:20:28on est en train d'introduire
00:20:29donc une inégalité
00:20:30entre les citoyens,
00:20:32parce que ça veut dire
00:20:32que les binationaux,
00:20:33au motif qu'ils sont binationaux,
00:20:34n'auraient pas
00:20:34les mêmes droits,
00:20:36alors qu'ils sont citoyens
00:20:37de la République,
00:20:38que ceux qui n'ont
00:20:39qu'une nationalité.
00:20:41Et donc là,
00:20:42on comprend bien
00:20:43qu'on est en train
00:20:44de tirer un fil
00:20:44qui est un fil
00:20:46qui remet en cause
00:20:47les principes
00:20:49qui sont ceux de la République,
00:20:50donc ceux auxquels
00:20:51on est attachés,
00:20:51et notamment,
00:20:52à mes yeux,
00:20:54en tout cas,
00:20:55je ne hiérarchie pas
00:20:56l'égalité,
00:20:57liberté, égalité,
00:20:58fraternité,
00:20:58mais l'égalité.
00:20:59Oui, mais Benoît-Mont
00:21:01reconnaissait à postériori
00:21:02que ça fait partie
00:21:04des...
00:21:05Le terme n'est même pas
00:21:06échec,
00:21:07mais des grandes traces
00:21:08qu'a laissé
00:21:09le quinquennat
00:21:10de François Hollande,
00:21:11et que dans les esprits,
00:21:13si la gauche...
00:21:14Pourquoi vous croyez
00:21:15que je fais 6,4 ?
00:21:16C'est à cause du revenu universel ?
00:21:17Ou à cause du fait
00:21:18que j'étais candidat du PS ?
00:21:20Eh oui,
00:21:20je pense que j'ai plus,
00:21:22moi,
00:21:22payé les conséquences
00:21:23de la déchéance
00:21:24de la nationalité
00:21:25que ceux qui ont voulu
00:21:25la mettre en œuvre.
00:21:27Et je l'ai entendu
00:21:28avec des gens
00:21:28qui me disaient
00:21:29« On sait, M. Hamon,
00:21:31vraiment,
00:21:32vous y êtes pour rien. »
00:21:33Ben bon,
00:21:33c'est pas possible.
00:21:34Donc,
00:21:35alors il n'y avait pas que ça.
00:21:37Après,
00:21:38une défaite,
00:21:38c'est jamais une seule raison,
00:21:40c'est plus compliqué,
00:21:41ou c'est plus simple,
00:21:42d'ailleurs,
00:21:43que ça.
00:21:44Mais,
00:21:45mais,
00:21:47croyez-en,
00:21:47croyez-moi bien
00:21:48que je mesure
00:21:50ce que vous dites.
00:21:50Et d'ailleurs,
00:21:51moi,
00:21:51je fais partie
00:21:52de ceux qui ont,
00:21:54sur ça
00:21:54et beaucoup d'autres,
00:21:56ils me disent
00:21:56que c'était pas possible,
00:21:57plus possible,
00:21:58mais on est beaucoup venus
00:21:59vous voir
00:21:59et on vous l'a beaucoup dit
00:22:00que la déchéance de nationalité,
00:22:02ça avait marqué.
00:22:02Mais encore maintenant,
00:22:03il y a des gens qui m'en parlent.
00:22:04À la preuve.
00:22:06Non, mais au-delà de vous,
00:22:07il y a des gens qui...
00:22:09Oui, parce que...
00:22:10Et dans des rangs,
00:22:11c'est là,
00:22:11je me souviens
00:22:13d'avoir eu un échange
00:22:13avec les gens
00:22:15de l'entourage
00:22:15du président de la République
00:22:16à l'époque.
00:22:16Je me dis,
00:22:17vous vous rendez pas compte
00:22:18de ce que vous venez de faire.
00:22:19Parce que,
00:22:20y compris dans un électorat modéré
00:22:23sur les questions économiques
00:22:24et les questions sociales,
00:22:26issu de ce qu'on appelle
00:22:26la deuxième gauche,
00:22:29notamment les chrétiens de gauche,
00:22:31même si tous les chrétiens de gauche
00:22:32sont pas si modérés que ça.
00:22:33Mais bon.
00:22:34Mais dans ces milieux-là,
00:22:35je pensais notamment
00:22:35au milieu dont moi je suis issu,
00:22:37la Bretagne, l'Ouest,
00:22:38qui étaient quand même...
00:22:39qui sont les régions
00:22:40qui ont à un moment
00:22:40fait la bascule à gauche
00:22:45et permis à ce que ce pays
00:22:46soit dirigé par la gauche
00:22:48et à l'époque par François Mitterrand.
00:22:50Dans ces milieux-là,
00:22:51la déchéance de nationalité
00:22:52était une déflagration
00:22:54parce qu'ils avaient une approche
00:22:57ou une conviction
00:22:58autour des principes d'égalité
00:23:00qui était une conviction
00:23:02qui était piétinée à leurs yeux.
00:23:06Et quand bien même,
00:23:08on peut être sensible
00:23:09aux arguments sur
00:23:10il faut se doter
00:23:11des instruments
00:23:12pour lutter contre le terrorisme.
00:23:13Mais là, à l'évidence,
00:23:16la mesure ratait sa cible.
00:23:17Pour regarder un petit peu...
00:23:19Attends, vers 2027, cette fois...
00:23:21On va faire beaucoup de politique, là ?
00:23:23Je croyais que je suis dirigeant
00:23:24de l'ONG, je vous rappelle.
00:23:25On va parler aussi,
00:23:26vous inquiétez pas.
00:23:27Mais il y a pas mal de...
00:23:29Il y a certains à gauche
00:23:30qui réfléchissent à faire
00:23:30de l'antiracisme, justement,
00:23:32un marqueur de campagne très clair.
00:23:34On pense évidemment
00:23:34à la Nouvelle France,
00:23:35le concept de Jean-Luc Mélenchon.
00:23:36Vous pensez quoi
00:23:37de cette ligne stratégique, finalement ?
00:23:40Quelle est la ligne stratégique ?
00:23:41De faire de l'antiracisme ?
00:23:42En gros, de la Nouvelle France...
00:23:44Mais moi, je pense que c'est un combat
00:23:44absolument prioritaire.
00:23:45Je trouve que ça devrait être
00:23:46une grande cause.
00:23:48C'est le président de la République
00:23:49qui aurait dû en faire
00:23:51une grande cause,
00:23:51mais un peu plus
00:23:53que l'énergie qu'il a mis
00:23:54dans ses autres grandes causes.
00:23:56Mais dans les faits...
00:23:59On peut pas chanter la République...
00:24:00La question, elle est vraiment
00:24:00sur la Nouvelle France.
00:24:01Oui, mais la Nouvelle France,
00:24:02si vous voulez...
00:24:04J'ai aucun problème
00:24:04avec ce concept de Nouvelle France.
00:24:07En plus, la France,
00:24:08elle est nouvelle tout le temps.
00:24:09Donc, je sais...
00:24:11Donc, ça me pose aucun problème,
00:24:12si vous voulez le savoir.
00:24:13Et j'ai aucun problème
00:24:14à me sentir...
00:24:16Je me sens plus à l'aise
00:24:18dans cette France-là
00:24:19que c'est quoi l'autre ?
00:24:20C'est la vieille ?
00:24:21Ou celle d'avant ?
00:24:22Mais à quelle époque ?
00:24:23Parce que c'est ça qui est bien
00:24:24avec les gens qui disent
00:24:25que c'était mieux avant.
00:24:26Mais quand ?
00:24:26Quand précisément ?
00:24:28Quand c'était en noir et blanc ?
00:24:30Quand le taux d'homicide
00:24:31pour mille personnes
00:24:32était quatre fois supérieur
00:24:34à aujourd'hui ?
00:24:35Quand ?
00:24:36Quand les femmes
00:24:36n'avaient pas le droit de vote ?
00:24:38Donc, avant MeToo ?
00:24:41Donc, c'est intéressant quand même
00:24:42de savoir
00:24:42quand est-ce qu'ils veulent revenir,
00:24:44à quelle date ?
00:24:45Et c'est pour ça que,
00:24:46oui, moi,
00:24:47j'ai aucun problème culturel
00:24:49ni politique
00:24:49avec le concept
00:24:50de Nouvelle France.
00:24:51Je trouve que, d'ailleurs,
00:24:53honnêtement,
00:24:53c'est plus intéressant
00:24:54de se projeter
00:24:56vers l'avenir,
00:24:57tout en étant lucide
00:24:58sur nos expériences passées,
00:25:02en étant riche, d'ailleurs,
00:25:03de ce qui a été accompli
00:25:05par ceux qui nous ont précédés.
00:25:07La Nouvelle France,
00:25:08il me semble que ce n'est pas
00:25:09une rupture
00:25:10avec notre histoire.
00:25:11Au contraire,
00:25:13je préfère les visions optimistes
00:25:15de la France
00:25:16que le mauvais plan
00:25:20rabougri et rétréci
00:25:22de Retailleau,
00:25:23compagnie,
00:25:23et quelques autres.
00:25:25Benoît Hamon,
00:25:26alors, il y a quelques secondes,
00:25:28vous disiez votre inquiétude
00:25:29qu'on parle politique ce soir.
00:25:30Je vous préviens,
00:25:30la séquence qui s'ouvre.
00:25:32C'est pas correct.
00:25:33Moi, j'ai plus d'avis politiques,
00:25:35en plus.
00:25:36On va vous le demander.
00:25:39Non, parce que,
00:25:40face à l'extrême droite,
00:25:42vous avez déclaré
00:25:43plusieurs fois
00:25:43que la gauche
00:25:44n'était pas à la hauteur
00:25:45et puisque vous vous êtes
00:25:46transformé en influenceur
00:25:50en influenceur
00:25:51maintenant sur les réseaux sociaux,
00:25:52on va vous revoir
00:25:54tout de suite.
00:25:55Bon, je vais peut-être pas
00:25:56me faire que des copains
00:25:57avec cette très courte vidéo,
00:25:59mais je vais vous parler
00:26:00en quelques secondes
00:26:01de la gauche.
00:26:03Mélenchon,
00:26:05il parle de la France,
00:26:06de l'Europe,
00:26:07du monde,
00:26:08il met ses propositions
00:26:09sur la table,
00:26:10il désigne la droite
00:26:10et l'extrême droite
00:26:11comme adversaires
00:26:12et il déroule.
00:26:15Le reste de la gauche,
00:26:17quand bien même
00:26:17certains de ses membres
00:26:18ont indiscutablement
00:26:19des idées,
00:26:21ce reste de la gauche,
00:26:22on retient d'elle
00:26:24qu'elle parle d'elle-même
00:26:25beaucoup,
00:26:26qu'elle parle de Mélenchon
00:26:27aussi beaucoup
00:26:29et c'est à peu près tout.
00:26:31Tout ça,
00:26:32vous donne une explication
00:26:33des rapports de force
00:26:34qu'on observe aujourd'hui.
00:26:36Salut !
00:26:38Sur un beau contre-champ !
00:26:40Les insomis
00:26:41y ont vu en soutien,
00:26:42est-ce que c'est le cas ?
00:26:43Il suffit que...
00:26:45Ça part vite quand même
00:26:46dans le...
00:26:47Ouh, c'est horrible !
00:26:48Ouh, c'est génial !
00:26:49Sur les réseaux sociaux !
00:26:53Mais par ailleurs,
00:26:55votre partie génération,
00:26:56ce qu'il avait fondé en tout cas,
00:26:58il est partie probablement
00:26:58de la primaire, lui.
00:26:59Est-ce que vous pensez toujours
00:27:00que c'est le chemin
00:27:02de la culture unitaire
00:27:03est possible
00:27:03et qu'il est souhaitable ?
00:27:04Alors franchement,
00:27:06pour moi, ce n'est pas mon sujet.
00:27:08Au sens où je ne suis pas sûr
00:27:09d'avoir un avis plus original
00:27:10ou plus intéressant
00:27:11que qui que ce soit.
00:27:13Non, je veux revenir
00:27:13sur cette phrase-là.
00:27:15Parce que, vous avez raison,
00:27:16plein de gens m'ont dit
00:27:17« Ah, ça y est,
00:27:17à mon soutien Mélenchon ! »
00:27:19D'autres ont vu aussi
00:27:21ce qui est quand même
00:27:22un petit peu le chemin
00:27:24que j'indique
00:27:24au reste de la gauche.
00:27:25C'est qu'il y a des débats à gauche.
00:27:28Et moi, j'en ai avec Mélenchon
00:27:29comme je peux en avoir
00:27:30avec Fort, Tandelier, Gluckman, etc.
00:27:34Sauf que je note que
00:27:35– et c'est pour ça
00:27:37que l'affaire est pliée
00:27:38dans ces cas-là –
00:27:39que si quelqu'un
00:27:41parle au pays,
00:27:43désigne un adversaire
00:27:43et que les autres
00:27:44qui veulent s'en distinguer
00:27:45ne parlent que de lui,
00:27:46bon, c'est ce premier
00:27:47qui va forcément
00:27:48ramasser la mise.
00:27:51Et moi, je me souviens
00:27:52qu'en 2017,
00:27:53quand on a des débats,
00:27:54par exemple,
00:27:55sur le revenu universel
00:27:55qui était très critiqué
00:27:56à l'époque
00:27:57par la France Assoumise,
00:27:58c'était un débat intéressant.
00:28:00Parce que c'était un débat
00:28:01qui portait sur le travail,
00:28:02qui portait sur le rapport
00:28:02qu'on avait au capitalisme.
00:28:05Ça, c'est la meilleure critique
00:28:06qu'on m'ait faite,
00:28:06c'est quand on m'a dit
00:28:07« Oui, on veut prolonger
00:28:08l'espérance de vie
00:28:09du capitalisme
00:28:09avec le revenu universel. »
00:28:10– On va en parler.
00:28:11– Alors là, je me régale d'avance
00:28:14parce que,
00:28:15on peut dire,
00:28:16300 milliards prélevés,
00:28:18ça réjouit les grands,
00:28:21les détenteurs du capital.
00:28:23Bon, bref,
00:28:23on y en reparlera,
00:28:24si vous voulez,
00:28:24avec plaisir d'ailleurs.
00:28:25Ce que je veux dire,
00:28:26c'est que c'est plus intéressant
00:28:28de parler de cela
00:28:31que l'exercice que j'observe.
00:28:35Alors, ceux qui m'inquiètent,
00:28:36je vais vous dire,
00:28:37ceux qui m'inquiètent,
00:28:37c'est quoi ?
00:28:38Ça, c'est simple.
00:28:40C'est ceux qui disent d'un côté
00:28:42« Mélenchon, jamais, jamais,
00:28:43c'est pas possible,
00:28:45c'est plus la gauche,
00:28:47c'est fini,
00:28:48il est parti,
00:28:48il est ailleurs. »
00:28:49Et ceux qui, en face,
00:28:50disent « Ah, PS, plus jamais,
00:28:52c'est pas possible, etc. »
00:28:54Bon, ben, ça, les amis...
00:28:54C'est pour des raisons différentes,
00:28:55quand même.
00:28:56Ah, mais oui,
00:28:56mais ça fait perdant à chaque fois.
00:28:59Ça fait perdant à chaque fois.
00:29:00Ah oui,
00:29:01ça fait perdant à chaque fois
00:29:02aux élections présidentielles.
00:29:03A fortiori,
00:29:04quand vous avez une tripartition
00:29:05de la vie politique
00:29:06avec un RN,
00:29:07un gros bloc central,
00:29:08c'est fini.
00:29:10Donc, il y a un moment,
00:29:11il faut quand même essayer
00:29:12d'envisager,
00:29:13et je le dis vraiment,
00:29:16aux militants des deux composantes,
00:29:17parce que ceux qui fabriquent cela
00:29:19sont d'ailleurs en rupture
00:29:20avec beaucoup de citoyens
00:29:21qui n'ont pas de tout état d'esprit
00:29:23à prononcer des oucazes
00:29:25et des anathèmes.
00:29:26Si on avait un petit peu
00:29:27le moins le réflexe
00:29:28à l'excommunication réciproque,
00:29:31surtout qu'on y a été capable,
00:29:33si mes souvenirs sont bons,
00:29:34de construire des alliances
00:29:35aux législatives,
00:29:35je pense qu'on se situerait
00:29:37dans une perspective
00:29:38et une mise en mouvement
00:29:39de la société
00:29:43beaucoup plus...
00:29:43Pardon de dire ça,
00:29:44depuis que je suis dans les ONG,
00:29:45c'est un peu plus...
00:29:47Vous l'avez dit tout à l'heure
00:29:49que ce qu'avait révélé Macron,
00:29:51c'était la fracture du PS en deux.
00:29:53La vérité,
00:29:53c'est probablement
00:29:54que les gens qui disent
00:29:55plus jamais PS,
00:29:56c'est à minima
00:29:56la partie la plus droitière,
00:29:58en vérité.
00:29:59Je n'ai pas dit ça,
00:30:00j'étais plus loin
00:30:01que ce que vous dites,
00:30:02la fracture en deux,
00:30:03il y a toujours eu
00:30:04des courants au PS.
00:30:05Comme il y en a sans doute
00:30:06au PC,
00:30:06comme il y en aura sans doute,
00:30:07d'ailleurs,
00:30:07comme Mélenchon ne sera plus là.
00:30:09Parti où on est deux
00:30:10dans un parti,
00:30:11il y a des tendances.
00:30:12On en reparlera
00:30:14pour la France insoumise aussi,
00:30:15mais ce que j'ai dit,
00:30:17c'est que ça va plus loin.
00:30:19Je pense qu'au sein
00:30:21du PS en 2017,
00:30:24il y a des gens qui,
00:30:24quand on écoutait
00:30:25les choix qu'ils mettaient
00:30:27sur la table,
00:30:28pouvaient se dire
00:30:29j'appartiens à un parti de gauche,
00:30:31mais en réalité,
00:30:32avaient partagé des convictions
00:30:34sur la question
00:30:35de la politique de l'offre,
00:30:36sur la question des retraites,
00:30:38sur la question
00:30:39des politiques sécuritaires,
00:30:40sur la question
00:30:41même des politiques éducatives,
00:30:43qu'il est situé plus,
00:30:44mais c'est pas mal en soi,
00:30:46mais plus dans le centre droit
00:30:48ou la droite,
00:30:49qu'à gauche.
00:30:50Et c'est cette clarification
00:30:51qu'a opérée Macron.
00:30:52Tous ceux qui ont dit,
00:30:53au moment où Macron a été élu,
00:30:55on rejoint Macron,
00:30:56et on met en oeuvre
00:30:57toutes les politiques depuis,
00:30:58en se disant de gauche.
00:31:00Alors, dites-moi,
00:31:01le truc de gauche
00:31:03qu'a fait Macron en 10 ans ?
00:31:04Aujourd'hui,
00:31:05l'état du PS,
00:31:06c'est pas non plus très glorieux.
00:31:07Vous en pensez quoi ?
00:31:08Est-ce que vous êtes...
00:31:09Ils sont tous partis
00:31:12et ceux qui restent aujourd'hui,
00:31:14est-ce que vous,
00:31:14ça vous conforte
00:31:15dans votre décision
00:31:15d'avoir quitté ce parti ?
00:31:16Ou est-ce qu'au contraire,
00:31:17vous dites que vous auriez
00:31:18peut-être pu rester
00:31:18pour peser en interne
00:31:19et essayer d'en faire quelque chose ?
00:31:21Bon, là, c'est compliqué.
00:31:26Quand moi, je quitte le PS et que je pense
00:31:27que je ne...
00:31:29Après l'expérience que j'ai eue
00:31:31d'une campagne présidentielle,
00:31:32c'est que la logique,
00:31:35eût été que je reste,
00:31:36c'est que je prenne le parti.
00:31:37Voilà.
00:31:38Ça, c'est ce que...
00:31:39Je prends le parti
00:31:40et je me place en situation
00:31:42de concourir dans les élections après.
00:31:44Voilà.
00:31:44Ça, c'est la logique.
00:31:46Sauf qu'à ce moment-là,
00:31:50ma...
00:31:50Comment dire ?
00:31:52Dans mon équation personnelle,
00:31:54plus intime,
00:31:54je n'ai pas cette énergie-là.
00:31:57Je pense qu'il y a eu
00:32:00trop de violence à l'intérieur du PS
00:32:03sur des choses essentielles
00:32:04pour que le jeu envahille la chandelle.
00:32:07Je considère que, voilà.
00:32:08Mon histoire avec le PS
00:32:10à ce moment-là est terminée.
00:32:11Ce qui ne veut pas dire
00:32:11que je rejette tout ce que j'ai fait avant
00:32:13au Parti Socialiste.
00:32:15Rien d'intérêt de plume.
00:32:17Tous les combats auxquels j'ai participé.
00:32:19J'ai été au cabinet d'Aubry,
00:32:20on a fait les 35 heures.
00:32:22Bon, ben voilà.
00:32:23Qui aura fait eux ?
00:32:24On faisait des trucs.
00:32:25On faisait la loi exclusion.
00:32:27Quand j'ai été ministre,
00:32:28j'ai fait la loi sur l'économie sociale
00:32:29et solidaire.
00:32:30Donc, tout ça, je ne jette pas.
00:32:31Et à ce moment-là,
00:32:32je ne pouvais plus.
00:32:33C'est tout.
00:32:33Mais ce qui ne veut pas dire
00:32:33que ceux qui sont restés ont eu tort.
00:32:35Voilà.
00:32:35Et je respecte ceux qui sont restés.
00:32:37Après, je ne suis pas d'accord avec tous.
00:32:39Voilà.
00:32:39C'est tout.
00:32:39Et alors, quand on imagine,
00:32:41par exemple,
00:32:41que potentiellement,
00:32:42quelqu'un comme François Hollande
00:32:43voudrait revenir,
00:32:44se représenter,
00:32:45vous en pensez quoi ?
00:32:50C'est presque un même.
00:32:54Non, mais qu'est-ce que ça dit,
00:32:55cette volonté à Minima
00:32:56pour lui de revenir ?
00:32:57Ça dit que,
00:32:59à droite comme à gauche,
00:33:00ne vous y trompez pas,
00:33:01le pouvoir est une addiction.
00:33:03À droite comme à gauche,
00:33:04et jusque dans les...
00:33:05Vraiment, il faut être...
00:33:07Je ne vois pas beaucoup de gens
00:33:09qui ont été épargnés par...
00:33:12Les gens que je connais
00:33:13par l'hubris, parfois,
00:33:17ou cette tentation de la démesure
00:33:20où on perd un peu le contrôle
00:33:22lié au pouvoir.
00:33:23Sauf un mec comme Poutou,
00:33:24par exemple,
00:33:25que je pense...
00:33:26Que j'ai toujours...
00:33:28Parce qu'il a eu relativement
00:33:30peu de pouvoir,
00:33:30c'est ça.
00:33:31Non, mais justement,
00:33:31oui, mais qu'il n'y a pas un...
00:33:33Mais même...
00:33:34Qui n'est pas fasciné par cela.
00:33:36Je me semble-t-il.
00:33:38Voilà.
00:33:39Mais après,
00:33:40c'est des degrés.
00:33:40Il y a des gens qui...
00:33:41Dont vous voyez
00:33:44très vite que ça va...
00:33:46Une obsession unique.
00:33:46Ça va vite partir en toupie, quoi.
00:33:49Mais voilà.
00:33:50Et donc,
00:33:50le pouvoir est une addiction.
00:33:52Alors,
00:33:52si vous mettez
00:33:53cet appétit de pouvoir
00:33:55au service de la transformation sociale,
00:33:57si vous avez le souci
00:33:59de la démocratie,
00:34:01si vous avez de l'empathie,
00:34:03si...
00:34:03Bon, voilà.
00:34:04On peut faire des choses
00:34:05formidables.
00:34:07Mais voilà,
00:34:08ça reste une donnée.
00:34:10Donc, c'est surtout
00:34:11une ambition politique,
00:34:11le retour potentiel
00:34:12de François Hollande,
00:34:13alors qu'il avait été
00:34:14le premier président
00:34:15à ne pas vouloir
00:34:16se représenter.
00:34:17Oui, ils en ont toutes et tous
00:34:19et lui,
00:34:19il ne l'a pas perdu,
00:34:20manifestement.
00:34:20Je te dis,
00:34:21si c'est lui,
00:34:21à la fin,
00:34:21qui porte les coureurs du PS,
00:34:22la clarification
00:34:23dont vous parlez
00:34:23avec le macronisme
00:34:24n'aura pas vraiment opéré
00:34:25puisqu'on sera juste
00:34:26sur un retour à 2012
00:34:29et à une des recettes
00:34:30qu'on a déjà...
00:34:31Mélenchon, Hollande,
00:34:32bis.
00:34:32Oui,
00:34:33Mélenchon n'a pas...
00:34:33Il a reçu le pouvoir,
00:34:34c'est la différence.
00:34:35Non, mais si,
00:34:36il était ministre comme moi.
00:34:37C'est vrai,
00:34:38sous la gauche plurielle.
00:34:40Et est-ce que, du coup,
00:34:41le retour de François Hollande
00:34:43dans le jeu,
00:34:44est-ce que ça n'efface pas
00:34:46totalement celle
00:34:47de Raphaël Glucksmann
00:34:48qui, définitivement,
00:34:49il y aura trop de candidats
00:34:51pour ce centre droit ?
00:34:52Gauche.
00:34:53Ou centre gauche,
00:34:54oui,
00:34:54ça dépend pas les places.
00:34:55Si je suis serrère,
00:34:58je ne veux pas aller trop
00:34:59parce que je pense que
00:35:00j'essaye de...
00:35:02Il serait bien qu'on en parle aussi
00:35:03de voir comment on peut
00:35:04s'éviter quand même
00:35:05l'extrême droite.
00:35:06Et voilà,
00:35:07c'est ça mon sujet.
00:35:09Et mieux que ça,
00:35:10comment on met en oeuvre
00:35:10des politiques de justice sociale,
00:35:12comment on met en oeuvre
00:35:13la transition écologique,
00:35:14comment on lutte contre le racisme,
00:35:15comment on recrée un contrat
00:35:16entre l'école et la nation.
00:35:18Il y a plein de trucs.
00:35:19En plus,
00:35:20ce n'est pas des propositions
00:35:21qui manquent.
00:35:21Moi, j'en ai plein.
00:35:22Surtout maintenant que
00:35:22je ne fais plus de politique,
00:35:24on a plus de temps
00:35:24pour réfléchir.
00:35:26Mais si j'étais sévère,
00:35:28c'est que
00:35:29qu'est-ce qui ne fonctionne pas
00:35:30aujourd'hui
00:35:31dans ce reste de la gauche ?
00:35:32C'est que c'est compliqué
00:35:34de dire
00:35:35nous sommes la gauche responsable,
00:35:39parce que nous sommes
00:35:40la gauche du gouvernement.
00:35:43Les autres ne l'étant pas.
00:35:45Et avoir 14 candidats.
00:35:48Alors qu'il y a
00:35:49le dérèglement climatique,
00:35:51il y a le péril raciste,
00:35:53il y a Trump,
00:35:54il y a Ujintao,
00:35:55il y a Poutine.
00:35:57On désigne des menaces
00:35:58qui sont presque existentielles.
00:36:00La menace existentielle
00:36:01du dérèglement climatique
00:36:02sur l'humanité.
00:36:03La gauche,
00:36:04celle qui s'auto-appelle
00:36:05la gauche responsable,
00:36:06c'est finalement
00:36:06la gauche de la bourgeoisie.
00:36:07C'est la gauche
00:36:07qui ne va pas changer grand-chose
00:36:08et qui amène parfois
00:36:09à la macronie, c'est ça ?
00:36:10Oui, c'est militant quand même ici.
00:36:12Non mais je ne savais pas,
00:36:13je vous jure que c'est vrai.
00:36:14Vous en avez fait la regarder, c'est ça ?
00:36:15Non, mais je ne savais pas.
00:36:16Si, je me doutais que c'était militant.
00:36:17Et pourquoi c'était plus militant
00:36:18que sur les plateaux de télévision ?
00:36:19Je trouve que c'est plus militant
00:36:20que dans les vieux plateaux
00:36:22que j'ai fait,
00:36:23c'était pas...
00:36:23Mais moi, je n'ai rien contre.
00:36:25Au contraire, je trouve que c'est bien.
00:36:28Et vous avez raison, par ailleurs,
00:36:30je retire ce que j'ai dit.
00:36:31Par ailleurs, vous avez raison
00:36:32de nommer correctement les choses,
00:36:33la bourgeoisie.
00:36:34Parce qu'il y a aujourd'hui,
00:36:38je pense, dans une grande part
00:36:40de la bourgeoisie,
00:36:41une volonté de prolonger
00:36:43l'espérance de vie
00:36:44d'un système qui est un système obsolète.
00:36:46Sur le plan économique,
00:36:47mais aussi sur le pouvoir
00:36:49que ce politique
00:36:50que donne ce pouvoir économique.
00:36:52Et on le retrouve dans
00:36:54la contestation, évidemment,
00:36:56pas du dérèglement climatique,
00:36:58mais du changement
00:36:59de modèle de développement
00:37:00que doit inspirer
00:37:02la lutte contre le dérèglement climatique.
00:37:04On le voit dans le refus,
00:37:06pour certains,
00:37:07d'abandonner un certain nombre
00:37:08de privilèges,
00:37:09le patriarcat.
00:37:11On le voit dans le fait
00:37:12de refuser la domination
00:37:14de l'Occident sur le reste du monde.
00:37:15Donc, il y a clairement aujourd'hui,
00:37:17dans la bourgeoisie,
00:37:19une vraie volonté
00:37:20de prolonger l'espérance de vie
00:37:21d'un modèle
00:37:22dont moi, je pense
00:37:23qu'il est obsolète.
00:37:24Sur quoi débouchera-t-il ?
00:37:25Je n'en sais rien.
00:37:26Vous connaissez la célèbre phrase
00:37:27de Gramsci,
00:37:28on a dû vous la dire
00:37:28cent fois ici.
00:37:30La crise, c'est quand le vieux est mort
00:37:32et que le neuf hésite à naître.
00:37:34Et quand Gramsci dit ça,
00:37:35il dit que le neuf hésite à naître,
00:37:36on est pile dedans.
00:37:37Et il rajoute,
00:37:38et de ce clair-obscur
00:37:39peuvent naître
00:37:41ou peuvent naître les monstres.
00:37:42Les monstres surgissent.
00:37:42Les monstres surgissent les monstres.
00:37:44Et il dit quoi ?
00:37:46En gros,
00:37:46le fascisme peut venir,
00:37:47mais Bardella,
00:37:49Le Pen,
00:37:49que sais-je encore,
00:37:50Trump,
00:37:50et tout.
00:37:51Et on est dans un moment
00:37:52comme celui-là.
00:37:53Et quand on est dans un intervalle
00:37:54comme celui-là,
00:37:55la responsabilité que nous,
00:37:56on a,
00:37:57ce n'est pas de dire
00:37:58nous,
00:37:59on est les responsables
00:38:00et les autres seraient
00:38:00les irresponsables
00:38:02et de se contredire immédiatement
00:38:04dans le fait
00:38:05qu'on n'est pas capable
00:38:06de se mettre d'accord
00:38:07ni sur une méthode
00:38:08ou sur un ou une candidate.
00:38:10Mais,
00:38:11parce que 14...
00:38:13C'était trop.
00:38:15Même à 7,
00:38:17c'était trop.
00:38:17Mais alors,
00:38:18juste avant de passer
00:38:20davantage à des questions
00:38:22de fond.
00:38:22Vous m'avez fait dire des choses.
00:38:24On voulait vous demander
00:38:26quand même le rôle de génération
00:38:27dans tout ça que vous avez créé
00:38:29dans ce marasme-là.
00:38:31je vais vous dire.
00:38:32Moi,
00:38:33quand je passe la main,
00:38:34je la passe.
00:38:35J'ai de l'amitié
00:38:38pour Benjamin Lucas
00:38:39et Génération.
00:38:41Mais alors,
00:38:42je peux vous assurer,
00:38:43mais vous me croyez ou pas,
00:38:45qu'ils ne me demandent rien,
00:38:46qu'ils font leur choix
00:38:48tout seuls.
00:38:49Ils ont mon affection,
00:38:51ma fidélité,
00:38:52pour des milliards de raisons.
00:38:54Mais,
00:38:55il m'arrive de ne pas être d'accord
00:38:56avec tout.
00:38:57Mais je ne suis,
00:38:59voilà,
00:38:59ce n'est plus
00:39:01moi qui m'en occupe.
00:39:02Mais du coup,
00:39:03le coordinateur de génération,
00:39:05c'est Benjamin Lucas.
00:39:05Il est candidat
00:39:05aux élections présidentielles.
00:39:07Et je trouve
00:39:08que son programme,
00:39:10si je dois regarder,
00:39:11en tout cas,
00:39:11ce que j'écoute,
00:39:12me fait beaucoup plus plaisir
00:39:14que ce que j'entends ailleurs.
00:39:15Mais dans le fond...
00:39:16Mais du coup,
00:39:16Sophie Taillé-Poyan,
00:39:17qui est l'ex-coordinatrice
00:39:18et porte-parole
00:39:19de François Ruffin,
00:39:20du coup,
00:39:20de l'extérieur,
00:39:21on n'y comprend pas
00:39:22forcément grand-chose.
00:39:23Est-ce que vous pouvez...
00:39:29Non, mais ça n'a aucun intérêt
00:39:31de tout de parler de ça.
00:39:32En fait,
00:39:32je les aime tous,
00:39:33donc c'est pas de problème.
00:39:34Après,
00:39:35ils font leur choix.
00:39:35Non, mais c'est vrai.
00:39:36Eux, je les aime,
00:39:37eux en particulier.
00:39:38Et qu'est-ce que je voulais
00:39:39que je vous dise ?
00:39:40Bon, manifestement,
00:39:40ils ont un désaccord,
00:39:41sinon ils ne feraient pas ça.
00:39:42Donc, c'est la vie.
00:39:43Et le rôle que peut jouer génération ?
00:39:48Je pense que celui
00:39:49d'apporteur d'idées,
00:39:51de talents,
00:39:51parce qu'il y en a...
00:39:53Voilà au moins des gens
00:39:54qui pensent des trucs,
00:39:55à gauche,
00:39:56et c'est bien d'avoir
00:39:57des gens qui pensent des trucs.
00:39:58Eh bien, justement,
00:39:59on va aller chercher
00:40:00du côté des gens
00:40:01qui pensent des trucs
00:40:03et on va vous passer
00:40:05un extrait
00:40:05pour démarrer cette séquence.
00:40:06Vous ne pouvez pas nous dire
00:40:07ce soir une mesure forte,
00:40:09une croquette sociale
00:40:10que veut réaliser
00:40:10le Parti Socialiste ?
00:40:12Mais je...
00:40:14Honnêtement,
00:40:14c'est pas que je suis...
00:40:15C'est pas que je veuille pas dire,
00:40:16mais c'est simplement...
00:40:17Enfin, il y a un débat
00:40:19qui va avoir lieu
00:40:20dans nos murs.
00:40:21Je peux pas arriver là
00:40:21et faire comme si,
00:40:22tout seul,
00:40:23j'avais décidé de tout.
00:40:24Je vous donne un état d'esprit,
00:40:25j'essaie de vous donner
00:40:25une orientation.
00:40:26Je pourrais vous dire
00:40:27que, par exemple,
00:40:28sur l'héritage,
00:40:29il y a des choses
00:40:30qui ne vont pas aujourd'hui.
00:40:31Voilà.
00:40:32Oui, c'était bien ici.
00:40:33Vous vous diriez que je me disais
00:40:34il y a quelques mois.
00:40:35Non, non, non,
00:40:35je me suis dit...
00:40:37Oui, c'était en décembre,
00:40:38ici même.
00:40:39On sent qu'il galère un peu,
00:40:41Olivier Faure,
00:40:41en passement entière.
00:40:42En fait, on a cherché un peu
00:40:43et il semble que la dernière idée
00:40:45portée par le PS
00:40:46et qui est percée
00:40:46dans le débat public,
00:40:47c'est justement
00:40:48votre revenu universel de 2017
00:40:50et la taxe robot
00:40:51sur laquelle il était assis.
00:40:53Il s'est passé quoi depuis ?
00:40:54Tout à l'heure, vous disiez
00:40:54j'ai plus le temps de réfléchir,
00:40:56mais maintenant,
00:40:56les politiques ne réfléchissent plus ?
00:40:58C'est un peu dramatique
00:40:59comme constat, quand même.
00:41:00Non, non, c'est pas vrai.
00:41:00Les politiques ne réfléchissent plus.
00:41:02Non, si, ils réfléchissent.
00:41:04Heureusement.
00:41:06Je trouve qu'il y a des choses
00:41:09intéressantes partout,
00:41:10même au PS.
00:41:11Le concept de démarchandisation
00:41:13de Boris Vallaud,
00:41:13c'est intéressant.
00:41:14Je peux vous dire,
00:41:15il m'a posé des questions.
00:41:17Moi, je pense, par exemple,
00:41:17je vous mets une proposition
00:41:19sur la table,
00:41:19s'ils veulent,
00:41:20mais moi, je pense que dans le champ,
00:41:22et ça, c'est des propositions
00:41:23que nous, on a faites
00:41:24à partir de la société civile,
00:41:25d'ailleurs, ESS France,
00:41:26dans le champ de la vulnérabilité
00:41:28des personnes,
00:41:28c'est-à-dire les personnes
00:41:29en situation de handicap,
00:41:30les personnes âgées
00:41:31ou les crèches,
00:41:33ces secteurs-là
00:41:34doivent être réservés
00:41:34à des acteurs publics
00:41:35ou des acteurs privés
00:41:36non lucratifs.
00:41:37C'est-à-dire
00:41:37ou de l'ESS
00:41:38ou du public
00:41:39pour qu'on ne se retrouve pas
00:41:40avec des arbitrages
00:41:41comme ça s'est passé
00:41:42chez Orpéa
00:41:42entre dividendes
00:41:43ou dignité des personnes.
00:41:44Ça, c'est des choses
00:41:45qu'on peut parfaitement faire,
00:41:46c'est compatible
00:41:46avec le droit européen
00:41:47et le savez-vous,
00:41:48il y a déjà des départements
00:41:49qui le font,
00:41:49le département des Landes,
00:41:51et je salue,
00:41:52je ne sais pas s'il croit au ciel,
00:41:53mais en tout cas,
00:41:54s'il est quelque part,
00:41:55en tout cas,
00:41:55la mémoire d'Henri Emmanuel Yves,
00:41:57dans les Landes,
00:41:57la gauche,
00:41:58elle a fait quoi ?
00:41:59Elle a fait exactement cela.
00:42:00C'est pour ça que Boris Vallaud,
00:42:01d'ailleurs,
00:42:07oublions cette proposition,
00:42:08mais des réflexions,
00:42:10il y en a.
00:42:12Et chez les Insoumis,
00:42:13il y a des choses
00:42:14hyper intéressantes aussi.
00:42:15Moi, je regarde,
00:42:16j'écoute,
00:42:18et donc,
00:42:20je ne pense pas
00:42:21qu'on manque d'idées.
00:42:23Après, il faut ordonner tout cela,
00:42:25il faut savoir ce qu'on fait
00:42:26les 100 premiers jours,
00:42:27il faut savoir comment on fait
00:42:28avec une administration
00:42:30qui est une administration
00:42:30qui a été abîmée
00:42:31et qui, dans un certain nombre de cas,
00:42:33est très travaillée
00:42:34par des tentations aussi,
00:42:35parfois,
00:42:36de contestation
00:42:37du pouvoir politique.
00:42:38Il faut savoir
00:42:41quelle est la réforme fiscale
00:42:42que l'on fait.
00:42:43Il faut savoir
00:42:44qui on nomme
00:42:44à quelle administration centrale
00:42:46et pas simplement
00:42:46dans quel ministère.
00:42:47Il faut avoir un plan,
00:42:49si pardon de le dire,
00:42:50mais quand on se prépare
00:42:51à une élection présidentielle
00:42:52dans un contexte pacifié,
00:42:55c'est une chose,
00:42:55mais là,
00:42:55on est dans un contexte
00:42:56où il y a presque une moitié
00:42:59de la population
00:43:00qui pourrait voter
00:43:01pour des candidats,
00:43:02je dis presque une moitié
00:43:03parce que je ne crois pas
00:43:03qu'il y a une majorité encore,
00:43:04qui remettent en cause
00:43:05l'état de droit.
00:43:06Donc le principe selon lesquels
00:43:08s'appliquent à l'état
00:43:09les mêmes lois
00:43:09qui s'appliquent aux citoyens.
00:43:11C'est-à-dire que l'état
00:43:12pourrait lui dire
00:43:13la loi ne s'applique pas à moi
00:43:14et donc c'est l'arbitraire
00:43:15qui règne.
00:43:16C'est ça que dit Rotaillot.
00:43:17Et donc,
00:43:18quand on est dans un moment
00:43:19comme celui-là,
00:43:19ça suppose de se préparer
00:43:21à un exercice du pouvoir
00:43:22qui sera intranquille.
00:43:25Intranquille.
00:43:26En raison des menaces extérieures,
00:43:27en raison des menaces extérieures
00:43:29qui génèrent des menaces intérieures,
00:43:31en raison de cette cinquième colonne
00:43:33à l'œuvre
00:43:34que sont les Deuvilliers
00:43:35et compagnie sur CNews,
00:43:36Bolloré,
00:43:37qui organisent quand même
00:43:38la division au cœur du peuple français.
00:43:40On vient de panthéoniser
00:43:41Marc Bloch,
00:43:43L'étrange défaite.
00:43:43Il faut avoir lu ce bouquin une fois quand même.
00:43:46C'est les parallèles
00:43:48qu'on peut faire
00:43:49avec une partie des élites françaises
00:43:51aujourd'hui.
00:43:52Alors, ce n'est pas l'Allemagne
00:43:53dont on parle,
00:43:54mais vis-à-vis de la Russie notamment,
00:43:55sont spectaculaires.
00:43:57Et oui,
00:43:58l'esprit de défaitisme,
00:44:00il est au cœur
00:44:01d'une partie de la bourgeoisie,
00:44:04comme vous disiez madame.
00:44:06Et ça justifie donc.
00:44:08Voilà,
00:44:09on essaye d'ordonner les choses,
00:44:11on se prépare à cet exercice du pouvoir,
00:44:13on met des idées sur la table,
00:44:15et surtout qu'on ait en tête
00:44:17les textes de loi qu'on va passer,
00:44:18pas juste,
00:44:19là je vous ai dit
00:44:21des marchandisations,
00:44:22alors c'est mieux de décliner,
00:44:23je vous ai mis une proposition,
00:44:24mais je ne peux pas vous en faire
00:44:25quatre ou cinq autres,
00:44:26j'en ai plein.
00:44:26Justement,
00:44:27venons-en à la question du revenu universel,
00:44:29puisque c'était ce que vous portiez.
00:44:30Est-ce que pour vous,
00:44:31à l'heure actuelle,
00:44:31ça reste une mesure pertinente
00:44:33à apporter au pot commun de la gauche
00:44:34pour réfléchir ?
00:44:35Mais plus que jamais !
00:44:36Est-ce que c'était un peu,
00:44:37c'était une critique qu'on vous a faite,
00:44:38passer à côté du débat
00:44:39sur le travail émancipé du capital ?
00:44:41Alors attendez,
00:44:43est-ce qu'on peut se rappeler
00:44:44ce que c'est le revenu universel ?
00:44:45Je peux le rappeler, tout à fait.
00:44:45Voilà,
00:44:46le revenu universel,
00:44:47c'est,
00:44:48on va décider aujourd'hui
00:44:49d'un montant entre nous,
00:44:50à l'époque je disais 750 euros,
00:44:51qui seraient versés
00:44:53à chacun d'entre vous,
00:44:54payés par quoi ?
00:44:55Par la redistribution,
00:44:56donc par la fiscalité.
00:44:58C'est un impôt négatif ?
00:44:59Non,
00:45:00ça c'est pas un impôt négatif,
00:45:01ça c'est Friedman,
00:45:03l'impôt négatif sur le revenu universel,
00:45:04là on l'occurse,
00:45:05non on donne 750 euros,
00:45:06tout le monde a 750 euros
00:45:08sur son compte en banque,
00:45:09auquel vous rajoutez
00:45:10la totalité des revenus
00:45:11qui sont les vôtres habituellement.
00:45:13Vous êtes un salarié
00:45:14dans l'agroalimentaire,
00:45:15vous y rajoutez
00:45:16les 1 SMIC
00:45:17ou les 1,2 SMIC
00:45:18que vous percevez.
00:45:19Vous êtes un retraité,
00:45:20vous y rajoutez votre retraite,
00:45:21vous êtes un salarié,
00:45:22vous êtes un indépendant,
00:45:23vous y rajoutez vos revenus,
00:45:24etc.
00:45:24Les salaires ?
00:45:27750 euros en base
00:45:29et en plus vous avez
00:45:30tout le reste,
00:45:31tout ce que vous gagnez.
00:45:32Voilà,
00:45:33aujourd'hui j'imagine
00:45:34que vous n'êtes pas bénévole,
00:45:35donc voilà.
00:45:36Des salaires ?
00:45:36Je le souhaite,
00:45:37je le souhaite.
00:45:39Donc,
00:45:39c'est ça le revenu universel.
00:45:41Comment cela se finance-t-il ?
00:45:42Ce n'est pas le budget de l'État.
00:45:43C'est en gros,
00:45:44on organise
00:45:46une redistribution
00:45:47des transferts de richesses
00:45:49pour financer
00:45:49le revenu universel.
00:45:50Ce qui veut dire,
00:45:51quand on m'a dit
00:45:52oui mais vous vous rendez compte,
00:45:54Bernard Arnault
00:45:54va donc toucher
00:45:55le revenu universel.
00:45:56Oui,
00:45:56bon,
00:45:56écoutez,
00:45:57ce n'est quand même pas
00:45:59moi qui ai inventé
00:46:00le fait qu'il y a
00:46:01des prestations universelles.
00:46:02La sécurité sociale,
00:46:04Pinault,
00:46:04Arnault,
00:46:05ils sont remboursés de la grippe
00:46:06de la même manière que vous.
00:46:07Et c'est heureux.
00:46:08Et c'est la gauche
00:46:09qui a pensé
00:46:09des mesures
00:46:11qui étaient universelles
00:46:12pour justement
00:46:12s'assurer du consentement,
00:46:14notamment des plus riches
00:46:15à l'impôt.
00:46:16Donc là,
00:46:16le revenu universel,
00:46:17évidemment,
00:46:18au plus riche,
00:46:18il sera repris mille fois
00:46:20par la fiscalité
00:46:21qui est organisée,
00:46:22d'où le fait qu'on mettait
00:46:23sur la table à l'époque
00:46:24avec Thomas Piketty
00:46:25avec lesquels on avait travaillé
00:46:27une fiscalité progressive
00:46:28du patrimoine,
00:46:29la fameuse taxe sur les robots.
00:46:31D'ailleurs,
00:46:32taxe sur les robots,
00:46:33savez-vous en fait
00:46:34la taxe sur les robots ?
00:46:35D'ailleurs,
00:46:35Mélenchon doit s'en souvenir
00:46:36puisqu'il a dû la voter
00:46:37plusieurs fois lui aussi.
00:46:39C'est juste un,
00:46:40pardon de parler anglais,
00:46:41mais on a rebrandé
00:46:43une mesure qui était
00:46:44le fait d'élargir
00:46:46l'assiette des cotisations patronales
00:46:48à la valeur ajoutée.
00:46:49En gros,
00:46:49on disait vos cotisations patronales
00:46:51quand vous êtes patron,
00:46:52vous ne les paierez plus
00:46:53en fonction du nombre
00:46:54de salariés que vous avez,
00:46:54mais en fonction
00:46:55de la richesse que vous créez.
00:46:57Ce qui évite,
00:46:58c'est pourquoi on l'appelait
00:46:59taxe robot,
00:46:59parce que ça voulait dire
00:47:00que si demain,
00:47:01je faisais un chiffre d'affaires
00:47:03d'un million d'euros
00:47:04avec des salariés
00:47:05et que je remplace mes salariés
00:47:06avec des robots
00:47:06et que je fais toujours
00:47:07un million d'euros,
00:47:08pas de raison
00:47:08que j'arrête de payer
00:47:10des cotisations sociales
00:47:11parce qu'aujourd'hui,
00:47:12vous encouragez du coup
00:47:13la substitution
00:47:15de la machine à l'homme.
00:47:16Et donc,
00:47:17c'était ça la taxe robot.
00:47:18C'est un changement
00:47:19du mode de calcul
00:47:20des cotisations patronales.
00:47:22Et l'idée était évidemment
00:47:23de flécher une partie
00:47:24de cet impôt
00:47:26sur le financement
00:47:26du revenu universel.
00:47:27Mais disons-le
00:47:28de la même manière
00:47:29qu'à l'issue
00:47:32de la Deuxième Guerre mondiale,
00:47:33on crée la sécurité sociale,
00:47:34l'éventail des protections
00:47:35que nous avons,
00:47:36elles ne sont pas faites
00:47:37en un jour.
00:47:37Et le revenu universel,
00:47:38il serait monté en charge
00:47:40progressivement.
00:47:40D'abord,
00:47:41il aurait été
00:47:42dans mon idée maintenant
00:47:43parce que,
00:47:44pour le coup,
00:47:44là aussi,
00:47:45j'ai réfléchi,
00:47:46j'ai un peu fait évoluer
00:47:48mon idée.
00:47:49Mais d'abord,
00:47:50de 0 à 18 ans,
00:47:51puis de 18 à 26 ans.
00:47:53Et ensuite,
00:47:53on élargit.
00:47:540 à 18 ans,
00:47:54c'est quoi ?
00:47:55Vous changez le mécanisme
00:47:56des allocations familiales.
00:47:58Vous décidez que
00:47:59pour la naissance d'un enfant,
00:48:00c'est 300 euros,
00:48:01par exemple.
00:48:02200 euros vont à la famille
00:48:03pour l'éducation,
00:48:04c'est les allocations familiales.
00:48:05100 euros sont bloqués
00:48:06sur un compte
00:48:06qui est disponible
00:48:07pour chaque jeune
00:48:08au moment où il a 18 ans.
00:48:09Capital d'émancipation,
00:48:11en quelque sorte,
00:48:11et vous en faites
00:48:12ce que vous voulez.
00:48:12Puis ensuite,
00:48:13on fait 18-26 ans
00:48:14pour réparer
00:48:15l'aberration qu'il veut
00:48:16qu'aujourd'hui en France,
00:48:17un jeune n'est pas éligible
00:48:18aux minima sociaux,
00:48:19etc.
00:48:20Et on monte en charge.
00:48:21Voilà.
00:48:22Et donc,
00:48:22le financement,
00:48:23il est également progressif.
00:48:24Mais,
00:48:25et je termine sur le travail,
00:48:27justement,
00:48:27parce que,
00:48:27on va dire que
00:48:28je n'ai pas répondu
00:48:29à votre question.
00:48:30Mais allez-vous me dire,
00:48:31c'est là que c'est dingue.
00:48:32Si j'ai 750 euros
00:48:34en plus
00:48:34de mon petit salaire,
00:48:36petit salaire
00:48:39qui assure à peine
00:48:41ma dignité
00:48:42de femme ou d'homme,
00:48:43qu'est-ce que je gagne ?
00:48:45Je gagne,
00:48:46défaite,
00:48:46la capacité
00:48:47du pouvoir
00:48:48de négociation
00:48:49sur mon employeur.
00:48:50Parce que je ne suis plus
00:48:51obligé de garder un job
00:48:53parce que je n'ai que ça
00:48:54pour vivre.
00:48:55Je peux y compris choisir
00:48:56d'aller sur un temps partiel.
00:48:57Je gagne en pouvoir
00:48:59vis-à-vis du capital.
00:49:00Et c'est le revenu universel.
00:49:02Il répond à ceux
00:49:03à quoi ne savent pas répondre.
00:49:05ceux qui veulent organiser
00:49:06le rapport de force
00:49:07capital-travail.
00:49:08C'est comment dans
00:49:08une économie mondialisée,
00:49:09alors que le capital
00:49:11a de plus en plus
00:49:11de pouvoirs sous le travail,
00:49:13comment on rééquilibre
00:49:14ce rapport de force ?
00:49:14Le revenu universel
00:49:15y contribue.
00:49:16Le revenu universel,
00:49:17il n'implique pas du tout
00:49:18la fin de la production capitaliste.
00:49:19Et du coup,
00:49:20moi je voulais vous poser
00:49:20la question,
00:49:21la fameuse question
00:49:22du salaire à vie
00:49:23qui a été théorisé
00:49:24par Réseau Salariat,
00:49:25Bernard Friot,
00:49:26etc.
00:49:26Pour la faire très rapidement
00:49:27pour les personnes
00:49:28qui ne savent pas ce que c'est,
00:49:29en gros c'est le salaire
00:49:30à la qualification personnelle.
00:49:31Donc on reçoit un salaire
00:49:33par sa qualification
00:49:34et non plus sur son poste.
00:49:35Mais du coup,
00:49:36là pour le coup,
00:49:36c'est une forme de socialisation
00:49:37de l'économie.
00:49:38Intégrale.
00:49:39Oui, intégrale.
00:49:40Et qu'est-ce que vous en pensez ?
00:49:40Qu'est-ce que vous pensez ?
00:49:41J'en pense que c'est...
00:49:44Parce que souvent,
00:49:44on lui a demandé à lui
00:49:45ce qu'il pensait du revenu.
00:49:46Oui, mais ça c'est
00:49:48des querelles d'égo.
00:49:49Après Friot,
00:49:50si, si, Friot dit
00:49:50c'est pas le vrai truc,
00:49:51etc.
00:49:53Et d'ailleurs,
00:49:53la France Insoumise
00:49:54à l'époque me disait
00:49:54oui, on préfère Friot,
00:49:56c'est beaucoup mieux.
00:49:56Bon.
00:49:58Ou alors ça m'a échappé.
00:49:59Je n'ai jamais vu
00:50:00le salaire à vie
00:50:00dans le programme
00:50:01de la France Insoumise.
00:50:01Mais ça y est pas.
00:50:02Ça y est pas.
00:50:03Et que c'était l'argument
00:50:05qui était bizarre pour ça.
00:50:06Non, pourquoi pas ?
00:50:07Mais je pense que le revenu universel
00:50:09est une utopie réaliste.
00:50:11C'est-à-dire qu'on peut l'atteindre
00:50:13et qu'on peut le faire.
00:50:14Je pense que le salaire à vie,
00:50:15ça relève du corps théorique
00:50:19autour duquel on peut travailler,
00:50:21réfléchir.
00:50:21Mais je pense que le revenu universel,
00:50:23c'est accessible.
00:50:24C'est la vraie différence
00:50:26entre les deux.
00:50:26Voilà.
00:50:26Et je préfère le revenu.
00:50:27Vous avez un fond politique aussi
00:50:28de reconnaître aussi
00:50:30les travailleurs,
00:50:31reconnaître que tout le monde
00:50:32est producteur de valeurs,
00:50:33etc.
00:50:33Enfin, il y avait ça aussi
00:50:35par rapport au travail
00:50:36justement dans le salaire à vie.
00:50:37Mais ça m'intéresse.
00:50:39Sur le plan,
00:50:39en plus,
00:50:40c'est un débat
00:50:40que je refuse pas du tout
00:50:41et qui m'intéresse beaucoup.
00:50:42Sur le plan intellectuel,
00:50:44ça m'a beaucoup stimulé
00:50:45de voir la proposition de Friot.
00:50:47Mais moi,
00:50:48je ne me situais pas
00:50:48dans le champ
00:50:49de l'abstraction pure,
00:50:51mais j'étais candidat
00:50:52aux élections présidentielles.
00:50:53Pardon, Friot pas.
00:50:55À ma connaissance.
00:50:57Et ceux qui défendaient
00:50:58ces idées ne l'ont pas
00:50:58mis dans leur programme.
00:50:59Donc moi,
00:51:00j'étais candidat
00:51:00à des élections présidentielles.
00:51:01Donc j'étais jugé sur quoi ?
00:51:02Sur des choses
00:51:03que je voulais faire.
00:51:04Et je voulais mettre en oeuvre
00:51:05le revenu universel,
00:51:06c'est-à-dire la possibilité
00:51:07pour des travailleurs
00:51:08qui ne peuvent pas espérer
00:51:10d'augmentation de salaire
00:51:11aujourd'hui
00:51:11et qui n'en auront pas,
00:51:12même avec une sociale démocratie
00:51:14radicalisée,
00:51:15qui dirait
00:51:15« Allez,
00:51:15on va construire
00:51:16un rapport de force
00:51:17avec le capital,
00:51:17entreprise par entreprise,
00:51:18branche par branche.
00:51:19Très bien.
00:51:19On va augmenter les salaires.
00:51:21Comment ?
00:51:21Vous n'avez de rôle
00:51:22de pouvoir que sur le SMIC
00:51:24et sur les salaires
00:51:24des fonctionnaires. »
00:51:25Donc là,
00:51:26le revenu universel,
00:51:27il changeait la donne.
00:51:28Il sortait du cadre.
00:51:29C'est ça aussi.
00:51:29C'est une forme
00:51:30de désobéissance
00:51:31au cadre qui est posé.
00:51:32Et c'est en cela
00:51:33qu'il était intéressant.
00:51:34Et c'est en cela aussi
00:51:35que j'ai perdu
00:51:37aussi le...
00:51:38Comment dire ?
00:51:39Une partie de ceux
00:51:40qui étaient dans mon propre parti
00:51:41ont dit
00:51:41« Waouh, waouh, waouh,
00:51:41il est parti loin, bon ! »
00:51:43Parce que ce n'était pas habituel.
00:51:44Mais...
00:51:44Que ce soit clair,
00:51:44on ne vous reproche pas
00:51:49des propositions
00:51:50comme celles de Raffrio
00:51:51qui permettent
00:51:51de bouger le cadre aussi,
00:51:53d'ouvrir le cadre de la réflexion
00:51:54et de ne pas rester
00:51:54dans le cadre tout le temps
00:51:55du capitalisme,
00:51:57de l'accommodation,
00:51:57du capitalisme, etc.
00:51:58Je suis d'accord avec vous.
00:51:59Sauf qu'il en est sorti quoi
00:52:00de tout ça ?
00:52:01En quoi quelqu'un,
00:52:04aujourd'hui à gauche,
00:52:05FI compris,
00:52:07mais sur la table,
00:52:08une proposition
00:52:09aussi audacieuse
00:52:10que le revenu universel
00:52:10dans ce que ça change
00:52:13sur le pouvoir d'achat,
00:52:15de rapport de force
00:52:16dans l'entreprise
00:52:16pour le salarié
00:52:17qui se retrouve là
00:52:18à ne plus dépendre
00:52:19de son seul salaire
00:52:20et donc de changement
00:52:22du rapport de force
00:52:22capital-travail.
00:52:23Pourquoi croyez-vous que...
00:52:25Alors on me dit,
00:52:26oui,
00:52:27si on va au bout,
00:52:28il y a des gens qui disent
00:52:29oui, mais même Musk le propose.
00:52:30Mais il ne propose pas du tout
00:52:31ce que je propose.
00:52:32Musk, il se fait,
00:52:33donnant leur un salaire
00:52:34pour seul de tout compte
00:52:35parce que tous ces gens-là
00:52:35ne travailleront plus
00:52:36parce que l'IA
00:52:36les aura remplacés.
00:52:38C'est ça leur projet,
00:52:39c'est le projet
00:52:39de la droite libertarienne.
00:52:42Et quand bien même
00:52:43elle le nomme
00:52:43de la même manière que moi,
00:52:45ce n'est pas exactement
00:52:46le projet que je défendais quand même.
00:52:47pas du tout même.
00:52:48D'ailleurs,
00:52:49en parlant d'IA,
00:52:51est-ce que ça vous donne envie
00:52:51de remettre justement
00:52:52cette fameuse taxe robot
00:52:54sur le marché
00:52:55puisque c'était aussi
00:52:57pour travailler
00:53:00sur les revenus du capital
00:53:01obtenus par la mécanisation ?
00:53:03Est-ce que du coup,
00:53:04vous pensez qu'il faut aussi
00:53:05réfléchir à une taxe
00:53:06liée à l'IA ?
00:53:08Et à son utilisation ?
00:53:09Oui, oui, oui, oui, oui, oui.
00:53:13En fait,
00:53:17ce qui est énervant,
00:53:18c'est qu'on a l'impression
00:53:18qu'il y a dix ans,
00:53:20moi je le disais,
00:53:22ce qui est énervant,
00:53:22c'est qu'on me dit
00:53:23« Ah, Benoît Hamon,
00:53:25c'est marrant votre truc
00:53:26il y a dix ans,
00:53:28ben ça arrive. »
00:53:29Ben oui, mais bon,
00:53:30quand même,
00:53:30il faut être...
00:53:33Réveil, merci,
00:53:33on se m'en fout,
00:53:34on me disait
00:53:34« Vous étiez en avance ».
00:53:35Pas du tout,
00:53:35on était déjà en retard.
00:53:36On était déjà en retard
00:53:37et avec le revenu universel
00:53:38et avec la taxe robot
00:53:39et là, maintenant,
00:53:40on est très en retard.
00:53:41Donc, oui,
00:53:42à l'évidence,
00:53:43à partir du moment
00:53:44où il y a une rupture technologique
00:53:45aussi violente
00:53:47et brutale que celle-là,
00:53:48sur laquelle on n'a aucun contrôle
00:53:49parce qu'elle est,
00:53:50cette rupture technologique
00:53:51est entre les mains
00:53:52d'aujourd'hui,
00:53:53d'oligarchie privée
00:53:56et que
00:53:58cette fameuse équation
00:53:59qui était celle
00:54:00auxquelles croient
00:54:00tous les économistes
00:54:01et qu'on me remet en face
00:54:02qui, selon Schumpeter,
00:54:04l'innovation technologique
00:54:05crée plus d'emplois
00:54:06et qu'elles l'ont détruit,
00:54:07là, on voit
00:54:07que la perspective,
00:54:08elle n'est pas certaine
00:54:09mais dans certains métiers,
00:54:10ce ne sera pas le cas
00:54:11et on ne va pas faire
00:54:13de tous les ouvriers
00:54:14ou tous les employés de service
00:54:15des développeurs.
00:54:17Donc,
00:54:18il y a manifestement
00:54:20aujourd'hui
00:54:22sur le fait
00:54:23de réfléchir
00:54:23à notre appareil de formation,
00:54:25le fait de réfléchir
00:54:26à la fiscalité
00:54:26qu'on met sur l'IA,
00:54:27le fait de reprendre
00:54:28le contrôle
00:54:28de ces transformations,
00:54:30le fait de décider
00:54:31là où nous souhaitons
00:54:32que l'IA intervienne
00:54:33est là où nous pensons
00:54:34qu'elle ne doit pas intervenir.
00:54:35Les démocraties doivent
00:54:36s'interroger
00:54:37sur les conséquences
00:54:39de ces ruptures technologiques
00:54:40et surtout
00:54:41la manière
00:54:42dont elles sont décidées
00:54:43sauf que nous n'ayons
00:54:45aucun contrôle
00:54:46sur ces choix
00:54:47et leurs conséquences.
00:54:48d'autant qu'il y a un élément
00:54:49que vous n'avez pas abordé,
00:54:50c'est aussi le coût climatique
00:54:51de l'intelligence artificielle.
00:54:53Absolument.
00:54:54Absolument.
00:54:54Qui ne rentre pas
00:54:54dans les coûts de l'IA
00:54:55et qui s'est pété.
00:54:57Vous avez entièrement raison.
00:54:58Mais est-ce que
00:54:59de mettre en place
00:54:59ce genre de taxes-là,
00:55:02ça ne vient pas
00:55:03à acter la victoire
00:55:04du capitalisme numérique
00:55:05et encore une fois
00:55:07à s'en accommoder
00:55:08plutôt qu'à le combattre ?
00:55:12Oui, mais bon.
00:55:14Là, on est en 2026
00:55:16et 2027, c'est là.
00:55:19Donc, je pense qu'en 2027,
00:55:21Musk sera toujours là.
00:55:23Bezos sera toujours là.
00:55:25Et tatati et tatata.
00:55:26Les Chinois aussi,
00:55:26qui par ailleurs
00:55:27ont des intentions comparables.
00:55:30Donc, ce que je crois aujourd'hui,
00:55:32c'est qu'il faut qu'on reprenne
00:55:34progressivement le contrôle
00:55:35sur ces transformations
00:55:36et leurs conséquences.
00:55:37Et que ça commence
00:55:38par le fait d'avoir,
00:55:40vis-à-vis de la domination américaine
00:55:43sur les outils numériques,
00:55:45reprendre la maîtrise
00:55:47de notre destin.
00:55:48Et la fiscalité
00:55:49est un des instruments
00:55:50par lesquels
00:55:51nous y parviendrons.
00:55:52Et sur quoi,
00:55:53ça dégage de la richesse.
00:55:55Et si on ne voit pas
00:55:56qu'aujourd'hui,
00:55:57on a besoin d'investir
00:55:58massivement
00:55:59dans l'intelligence humaine,
00:56:00parce que ce qui est préoccupant,
00:56:01c'est que les mêmes
00:56:02qui produisent
00:56:02ces ruptures technologiques
00:56:03sont ceux qui sont
00:56:05propriétaires
00:56:05des grands réseaux sociaux
00:56:06à partir desquels
00:56:08ils organisent,
00:56:08alors on va dire
00:56:09qu'il y a un grand complot,
00:56:10je ne suis pas un complotiste,
00:56:11mais ils mettent en œuvre
00:56:12une forme
00:56:14d'abêtissement généralisé
00:56:16de la société.
00:56:16Et vous avez,
00:56:17le risque,
00:56:18c'est qu'il y ait
00:56:18une sorte de phénomène
00:56:19de vase communiquant,
00:56:20c'est que plus il y a
00:56:21d'intelligence artificielle,
00:56:22moins il y a d'intelligence humaine,
00:56:23parce que de surcroît,
00:56:25moins les investissements
00:56:26dans l'intelligence humaine,
00:56:27c'est dans le fait
00:56:27qu'on apprenne,
00:56:28dans le rapport
00:56:29qu'on a à la connaissance,
00:56:30dans le fait
00:56:30qu'on ait le goût
00:56:30d'apprendre,
00:56:31tout ça
00:56:36une priorité absolue
00:56:37à côté de la question
00:56:38climatique
00:56:38et de la justice sociale,
00:56:40évidemment,
00:56:40et de la démocratie.
00:56:41Il y en a plein
00:56:41des priorités,
00:56:42mais bon,
00:56:43s'il fallait dire,
00:56:46et on peut se mettre
00:56:46tous d'accord,
00:56:48éducation,
00:56:50école,
00:56:50école,
00:56:51école,
00:56:51intelligence humaine.
00:56:52Je voudrais qu'au reste,
00:56:54on continue un petit peu
00:56:55sur la question économique.
00:56:57Vous avez remarqué
00:56:57qu'ici,
00:56:58on aime bien un peu savoir
00:56:59où est-ce que les gens
00:56:59se positionnent
00:57:00par rapport au capitalisme
00:57:01et surtout,
00:57:02en fait,
00:57:03trouver des pistes
00:57:03très concrètes
00:57:04pour en sortir.
00:57:05C'est peut-être
00:57:06trop militant,
00:57:06je ne sais pas.
00:57:07Non,
00:57:08mais pardon,
00:57:08je vous ai fait.
00:57:09Non,
00:57:09mais c'est le mot.
00:57:11Non,
00:57:11mais vous avez
00:57:11la première fois
00:57:12déclare que l'économie...
00:57:14Non,
00:57:14pas du tout.
00:57:15Non,
00:57:15mais c'est juste
00:57:15que c'est drôle
00:57:16parce que sur
00:57:16les autres plateaux
00:57:17de télé,
00:57:17partout,
00:57:18c'est rare
00:57:19que ce soit dit
00:57:20comme ça.
00:57:20Mais vous observerez
00:57:21que je ne fais pas
00:57:21souvent la télé
00:57:22quand même.
00:57:24Si vous allez
00:57:24sur BFM,
00:57:25vous leur direz
00:57:25qu'ils sont militants
00:57:26comme ça.
00:57:27J'ai déjà dit,
00:57:29je crois même pire.
00:57:31C'est possible.
00:57:32sur BFM notamment.
00:57:34Donc,
00:57:35voilà,
00:57:35on voudrait trouver
00:57:37certaines pistes
00:57:37d'autres des possibilités.
00:57:39Un militant n'est pas
00:57:39une insulte.
00:57:41C'est vrai.
00:57:42Tout à fait.
00:57:42On s'interrompt,
00:57:44devient gênant.
00:57:44Je m'excuse.
00:57:45C'est pas grave.
00:57:47Et je ne sais plus
00:57:48ce que je vous avais raconté.
00:57:49C'est pas grave,
00:57:49je me reconcentre.
00:57:50Vous avez déclaré
00:57:51plusieurs fois que...
00:57:52Alors là,
00:57:52on passe à l'économie sociale
00:57:54et solidaire.
00:57:54Vous avez déclaré
00:57:55que ça pouvait être une piste.
00:57:56Donc, pour rappel,
00:57:57vous êtes président
00:57:57de SS France.
00:57:58Donc,
00:57:59est-ce que pour vous,
00:57:59c'est les prémices d'une économie
00:58:00non capitaliste,
00:58:02l'ESS ?
00:58:03Elle est déjà
00:58:04pour une partie
00:58:05d'entre elles.
00:58:05C'est-à-dire,
00:58:06tout le champ
00:58:07des associations
00:58:08qui sont dans l'économie,
00:58:10c'est une économie
00:58:12non capitaliste.
00:58:12Ce qui ne veut pas dire...
00:58:13Alors,
00:58:14il faut qu'on s'entende
00:58:14parce qu'il y a quand même
00:58:15des capitaux
00:58:15dans les coopératives.
00:58:16Le principe,
00:58:17c'est juste le fait que...
00:58:19Et c'est ça qui est assez révolutionnaire
00:58:20dans l'économie sociale
00:58:21et solidaire.
00:58:21Il y a deux principes
00:58:22qui sont vraiment révolutionnaires,
00:58:23je le pense,
00:58:24au regard justement
00:58:26de la question du pouvoir
00:58:30dans l'économie capitaliste.
00:58:33C'est qu'on dit,
00:58:34première chose,
00:58:36si j'achète une part
00:58:38d'une entreprise de l'ESS,
00:58:39je le vendrai au même prix
00:58:41que celui auquel je l'ai acheté.
00:58:42Donc,
00:58:42je ne m'enrichirai pas.
00:58:44Le but de l'entrepreneuriat,
00:58:45en l'occurrence,
00:58:46du fait d'acheter une part
00:58:47d'une entreprise,
00:58:47n'est pas de s'enrichir personnellement.
00:58:49Ce qui est un petit peu
00:58:50en décalage
00:58:51avec le discours habituel
00:58:53qu'on entend sur l'entrepreneuriat.
00:58:54Il y a de plus en plus
00:58:54d'entreprises de l'ESS
00:58:55en France.
00:58:56D'ailleurs,
00:58:56la loi que j'ai passée
00:58:58en 2014,
00:59:00cette loi-là
00:59:01est une des lois
00:59:01les plus copiées dans le monde.
00:59:03Qui montre qu'on a quand même,
00:59:04on fait des trucs
00:59:05qui inspirent d'autres.
00:59:07Et la deuxième chose
00:59:08qui est absolument incroyable
00:59:09dans l'ESS,
00:59:10c'est que
00:59:11si nous cinq,
00:59:12on décide de faire
00:59:14une coopérative,
00:59:15admettons,
00:59:16si vous prenez
00:59:17mille parts
00:59:18et vous en prenez deux,
00:59:20vous avez une voie,
00:59:21vous avez une voie.
00:59:22C'est-à-dire que
00:59:23le capital
00:59:24que je mets sur la table
00:59:25ne me donne pas
00:59:26plus de pouvoir
00:59:27si j'en mets
00:59:28dix fois plus
00:59:29que vous.
00:59:30Et donc,
00:59:30ce principe,
00:59:31une personne égale,
00:59:32une voie,
00:59:32oblige à une délibération
00:59:34démocratique.
00:59:35Et c'est
00:59:36l'ESS
00:59:39qui est loin
00:59:40d'être parfaite partout.
00:59:41Mais c'est une tentative
00:59:42de démocratisation
00:59:43de l'économie.
00:59:44Et c'est intéressant
00:59:45d'ailleurs,
00:59:45quand on reprend
00:59:46le fil de cette histoire,
00:59:47de se souvenir
00:59:48que Jaurès
00:59:50dit à la fin du 19ème
00:59:52à la Chambre,
00:59:53il évoque
00:59:54la République
00:59:55qui est restée
00:59:56aux portes de l'atelier.
00:59:57En clair,
00:59:58on a démocratisé
01:00:00la cité,
01:00:00mais pas l'économie.
01:00:02Et il regrette
01:00:03que la République
01:00:03soit restée
01:00:04aux portes de l'atelier.
01:00:05Et il a cette phrase,
01:00:06si mes souvenirs sont bons,
01:00:07mais vous me corrigerez
01:00:07puisque vous êtes
01:00:08très bons en citations.
01:00:09Et il dit
01:00:09qu'on est
01:00:12le citoyen souverain
01:00:13dans la cité
01:00:14et la proie
01:00:15et sert
01:00:16SERF
01:00:17dans l'entreprise
01:00:18ou l'usine
01:00:19et la proie
01:00:20de tous les hasards.
01:00:20En clair,
01:00:21on n'a fait que la moitié
01:00:22du boulot.
01:00:23Et on en est resté là,
01:00:25sauf
01:00:26à travers l'ESS
01:00:27qui tente
01:00:27de prolonger
01:00:29le fait
01:00:30que vous soyez citoyenne
01:00:31ou que vous soyez citoyen
01:00:33dans l'entreprise.
01:00:34Donc,
01:00:35c'est ça
01:00:35qui est intéressant.
01:00:36Alors,
01:00:37d'ailleurs,
01:00:38le mouvement coopératif français
01:00:39qui a inspiré
01:00:40le monde,
01:00:41quand même,
01:00:42se revendiquait
01:00:44comme une économie politique
01:00:45à l'époque.
01:00:46Mais bon,
01:00:48la réalité aujourd'hui,
01:00:49c'est que c'est
01:00:49à peu près
01:00:50160 000 entreprises,
01:00:51l'ESS,
01:00:52dont certaines
01:00:56ont pas cédé,
01:00:57ont cédé parfois aussi
01:00:58à une forme de mimétisme
01:01:00avec leurs concurrentes
01:01:02de l'économie capitaliste.
01:01:04et voilà.
01:01:05Mais il faut retenir quand même
01:01:06que,
01:01:07puisqu'on lance une marque ESS,
01:01:08là,
01:01:09c'est l'ESS France lance ça,
01:01:12les boîtes de l'ESS
01:01:12vont pouvoir dire enfin,
01:01:13voilà,
01:01:14je suis ça,
01:01:15mais je suis de l'ESS,
01:01:17ce qui va nous aider
01:01:17à choisir
01:01:18et à aussi faire
01:01:19de la préférence
01:01:19pour l'ESS
01:01:20entre nous
01:01:21parce que c'était,
01:01:22parfois,
01:01:23on ne savait même pas
01:01:23nous-mêmes tous,
01:01:24sauf qu'on était experts
01:01:25de l'ESS,
01:01:26qui en était.
01:01:26Vous n'avez pas forcément
01:01:28que des alliés,
01:01:28notamment au gouvernement,
01:01:29sur la question de l'ESS.
01:01:30Alors,
01:01:30il y a une actualité
01:01:31qui ne vous a évidemment
01:01:32pas échappé,
01:01:33c'est donc le gouvernement
01:01:33qui a renoncé le 23 juin
01:01:34à des coupes erastiques
01:01:36dans les budgets de l'ESS,
01:01:36donc moins de 30%
01:01:37de budget,
01:01:38on disait,
01:01:39et ce sont les acteurs
01:01:40du secteur dont vous,
01:01:41vous vous êtes félicités.
01:01:43Est-ce que le gouvernement...
01:01:43Bon, c'est battu, hein.
01:01:44Oui,
01:01:45ça a été un combat,
01:01:46je le sais bien.
01:01:47Par ailleurs,
01:01:48est-ce que le gouvernement
01:01:48ne traite pas l'ESS
01:01:49un peu comme les services publics ?
01:01:50C'est-à-dire qu'en fait,
01:01:51on sabre
01:01:51et les services publics
01:01:53et l'ESS
01:01:53pour à la fin dire,
01:01:54regardez,
01:01:54ça ne fonctionne pas,
01:01:55et en fait,
01:01:56tout supprimer
01:01:56et privilégier
01:01:57le bon vieux privé lucratif.
01:02:00Mais Macron
01:02:00n'y entend rien
01:02:03comme aux grandes transformations.
01:02:06Je vais vous dire,
01:02:07la semaine prochaine,
01:02:07je suis reçu
01:02:08par Pedro Sanchez,
01:02:11donc Premier ministre espagnol,
01:02:12qui reçoit le président
01:02:12de l'ESS France
01:02:14pour parler économie sociale,
01:02:16pour parler justement
01:02:17du rôle de l'ESS
01:02:19et des modèles de l'ESS
01:02:21dans le fait
01:02:22de faire tomber
01:02:23notre dépendance
01:02:24aux Etats-Unis,
01:02:26à la Chine,
01:02:27le fait d'avancer
01:02:27sur l'économie circulaire,
01:02:28sur des modèles
01:02:29plus tempérants,
01:02:29plus vertueux.
01:02:30Donc,
01:02:30je vais discuter de ça
01:02:31avec le Premier ministre espagnol.
01:02:33On a eu un sommet
01:02:34de l'ESS mondial
01:02:35à Bordeaux,
01:02:36l'ESS du monde entier vient.
01:02:38On a réussi
01:02:38à ne pas donner
01:02:39de visa
01:02:41à des délégations
01:02:42qu'on avait invitées
01:02:43qui venaient de pays africains.
01:02:44On, la France,
01:02:45bravo,
01:02:46remarquable.
01:02:47Et on n'a pas eu
01:02:48le Premier ministre,
01:02:49on n'a pas eu
01:02:49le Président de la République.
01:02:50C'était un événement mondial.
01:02:51La France est leader,
01:02:52un des pays leaders
01:02:53pour l'ESS dans le monde
01:02:54à raison de sa biodiversité
01:02:57entrepreneuriale.
01:02:57Je ne sais pas si je peux parler.
01:02:57Personne n'était du gouvernement ?
01:02:59Si, Serge Papin
01:03:00qui venait d'être nommé
01:03:00le dernier jour,
01:03:01mais on était en train
01:03:02de démonter les stands.
01:03:03La vérité,
01:03:04il est arrivé sur le gong final.
01:03:06Merci à lui d'être passé.
01:03:07Mais ce que je veux dire,
01:03:08c'est que ce n'est pas le sujet.
01:03:10Ça dit quelque chose
01:03:11du fait qu'en fait,
01:03:13il n'y panne rien.
01:03:14Et à l'Elysée,
01:03:17on n'y comprend rien à l'ESS.
01:03:19Mais on n'y comprend rien
01:03:20parce qu'on n'y voit pas
01:03:21un levier pour la France
01:03:23de souveraineté
01:03:24dans les grandes transformations.
01:03:25La vérité,
01:03:26c'est qu'on vous dit
01:03:26des règlements climatiques,
01:03:27ça appelle quoi ?
01:03:27Un changement de modèle
01:03:28de développement ?
01:03:29Donc des modèles économiques
01:03:30qui sont plus tempérants.
01:03:31C'est les modèles de l'ESS.
01:03:33Quand vous dites
01:03:33transition démographique,
01:03:34il y aura davantage
01:03:36de migration internationale
01:03:37et il y aura un vieillissement
01:03:38de la population.
01:03:38Vous avez donc besoin
01:03:39d'entreprises spécialistes
01:03:41du lien et de l'inclusion.
01:03:43Qui ? L'ESS.
01:03:44Quand vous dites
01:03:45révolution digitale,
01:03:46on voit bien qu'on a besoin
01:03:47dans certains secteurs
01:03:48de créer,
01:03:49j'allais dire,
01:03:49des espaces non mixtes
01:03:50entre la technologie
01:03:51et les humains
01:03:52pour justement,
01:03:53notamment ce qu'on appelle
01:03:54l'économie du care,
01:03:55prendre soin des autres.
01:03:56Qui est spécialiste ?
01:03:57L'ESS.
01:03:58Donc on a,
01:03:58nous,
01:03:59en France,
01:04:00attention,
01:04:01on a 2 700 000 emplois quasiment.
01:04:04On génère des innovations
01:04:06incroyables
01:04:06et ce secteur-là,
01:04:10il n'y a pas de plan.
01:04:11Alors on va avoir une stratégie
01:04:12nationale de développement
01:04:13de l'ESS là,
01:04:14qui a été préparée
01:04:14par le gouvernement
01:04:15en lien avec les acteurs.
01:04:16Alors,
01:04:17on va se mettre d'accord
01:04:18parce qu'il y a des améliorations,
01:04:19ce n'est pas le texte
01:04:19qu'on aurait écrit,
01:04:20il est loin dessus,
01:04:21mais on avance un tout petit peu.
01:04:23Mais ce que je veux dire,
01:04:23c'est que,
01:04:24en fait,
01:04:25jamais ils n'ont pensé
01:04:27l'ESS
01:04:27comme un instrument
01:04:28par lequel on pouvait
01:04:32prendre notre place
01:04:33dans des transformations,
01:04:35des métamorphoses
01:04:36qui sont en cours,
01:04:38mais prendre notre place
01:04:39à la clé des bénéfices
01:04:41pour la population.
01:04:43Vous dites qu'il n'y a pas de plan,
01:04:44mais c'est peut-être
01:04:44juste une décision
01:04:45très politique aussi
01:04:46de privilégier
01:04:48l'économie de marché classique.
01:04:49Par exemple,
01:04:51le textile,
01:04:52la fast fashion,
01:04:5475% de la collecte
01:04:56des fringues
01:04:56que vous mettez
01:04:57dans des containers,
01:04:58c'est l'ESS.
01:04:5950% vont être réemployés.
01:05:01Bon,
01:05:01là,
01:05:01il y a un changement
01:05:02du cahier des charges
01:05:03de ce qu'on appelle
01:05:04ces filières-là.
01:05:07On n'a pas été invité.
01:05:08Moi,
01:05:08j'ai appelé,
01:05:08j'aurais dit,
01:05:09vous faites une réforme
01:05:10de l'aéronautique,
01:05:11vous n'allez pas zapper Airbus.
01:05:12Là,
01:05:12on fait 75% du secteur,
01:05:14on n'est même pas invité
01:05:15à discuter de la réforme
01:05:16du cahier des charges
01:05:17de ce qu'on appelle
01:05:18les filières REP,
01:05:19c'est-à-dire
01:05:20le devenir de vos fringues
01:05:21quand est-ce qu'elles vont être
01:05:23incinérées,
01:05:24réemployées,
01:05:24recyclées.
01:05:25Donc,
01:05:26ça dit qu'en fait,
01:05:28cette ESS-là,
01:05:29elle n'est pas dans le radar
01:05:30de ceux qui ne croient
01:05:31que dans l'économie conventionnelle
01:05:32et qui,
01:05:34voilà,
01:05:35dont on compte aujourd'hui
01:05:37les injustices,
01:05:39les prédations
01:05:39sur les écosystèmes,
01:05:40etc.
01:05:41Juste,
01:05:41je précise,
01:05:42parce qu'il y a quelqu'un
01:05:42qui demandait ce que voulait dire ESS,
01:05:44donc c'est évidemment
01:05:45économie sociale et solidaire.
01:05:47Merci beaucoup,
01:05:48Benoît Hamon,
01:05:48pour être venu échanger
01:05:49à notre micro.
01:05:50C'est fini,
01:05:51mais je vous avoue
01:05:51que j'ai une dernière question,
01:05:53parce qu'avec
01:05:54tout ce que vous avez dit,
01:05:55tout ce que vous portez
01:05:56et tout ce que vous incarnez,
01:05:58malgré le fait
01:05:58que vous ayez quitté
01:06:00la vie politique,
01:06:01vous incarnez toujours
01:06:02la gauche du PS
01:06:04et donc,
01:06:05cet endroit et ce moment,
01:06:06on avait encore des idées
01:06:07et du coup,
01:06:08je vous avoue que moi,
01:06:08je me demande,
01:06:10depuis votre position,
01:06:12si ce n'est pas de votre rôle
01:06:14qu'à un moment ou un autre
01:06:15d'appeler publiquement
01:06:16à voter,
01:06:17alors là,
01:06:18vous l'avez dit tout à l'heure,
01:06:19c'était Jean-Luc Mélenchon,
01:06:20mais pas tant pour Jean-Luc Mélenchon,
01:06:23Mais justement,
01:06:24pas tant parce que c'est Jean-Luc Mélenchon,
01:06:26mais parce que ce sera potentiellement,
01:06:28ou en tout cas,
01:06:29c'est à l'heure actuelle
01:06:30le premier,
01:06:31le candidat,
01:06:32on va dire,
01:06:33en tête dans les sondages
01:06:35ou en tout cas,
01:06:35qui paraît le mieux placé à gauche.
01:06:37On voit bien qu'il y a une entreprise
01:06:38de diabolisation
01:06:39qui fonctionne à fond sur LHI.
01:06:41Est-ce que la parole
01:06:42d'une personnalité comme la vôtre
01:06:44qui incarne la gauche du PS,
01:06:47elle ne peut pas permettre
01:06:48justement cette dédiabolisation
01:06:50et à un moment,
01:06:51faire basculer
01:06:52dans cette union de la gauche ?
01:06:54Alors, j'entends ce que vous dites.
01:06:56Alors d'abord,
01:06:56je vais vous dire deux choses.
01:06:58Je ne sais pas combien de temps on a là.
01:06:58On a une minute
01:06:59ou on a 30 secondes ?
01:07:00C'est la réponse importante.
01:07:02J'ai oublié de dire une chose
01:07:02qui est pour moi très importante.
01:07:05Je reviens sur l'ESS
01:07:06et après je vous réponds
01:07:06sur votre question.
01:07:08Sur l'ESS,
01:07:09ESS France,
01:07:10qui regroupe
01:07:11toutes les familles de l'ESS,
01:07:13a adopté une résolution
01:07:14de toute l'ESS
01:07:16contre la préférence nationale
01:07:17inscrite dans la Constitution
01:07:18et les conséquences
01:07:19que cela aurait,
01:07:20alors que vous avez un secteur
01:07:21qui assume aujourd'hui,
01:07:24dans son entièreté,
01:07:25dans son entièreté,
01:07:26à l'unanimité,
01:07:29un engagement
01:07:31contre les conséquences
01:07:32qui seraient celles
01:07:33d'une victoire de l'extrême droite
01:07:34sur les solidarités,
01:07:35sur l'accueil inconditionnel,
01:07:36sur l'inclusion, etc.
01:07:38Ce n'est pas rien
01:07:38parce que ce sont
01:07:39des dizaines de milliers d'entreprises,
01:07:41des millions de bénévoles,
01:07:43des millions de salariés
01:07:44et c'est assez rare
01:07:45que venant de l'économie,
01:07:46il y ait une prise de position
01:07:48à 10 mois des élections présidentielles
01:07:49aussi claires.
01:07:50Si vous voulez,
01:07:51je vous mettrai
01:07:52en lien avec cette résolution
01:07:53dont on va parler.
01:07:54Donc voilà,
01:07:55j'avais oublié de le dire,
01:07:55je voulais vous le dire.
01:07:56La deuxième chose,
01:07:57c'est que,
01:07:57alors là,
01:07:58regardez-moi,
01:07:58je vais faire mon devoir.
01:08:00Je vais faire mon devoir.
01:08:01Je ne manquerai pas à mon devoir.
01:08:03Donc,
01:08:04ce sera en temps d'honneur,
01:08:05mais je ferai mon devoir.
01:08:07C'est très clair.
01:08:08Merci beaucoup,
01:08:09Benoît Hamon.
01:08:09Je ne vous ai pas dit
01:08:10ce que ce serait,
01:08:11mais je ferai mon devoir.
01:08:12Avec tout ce que vous avez dit avant...
01:08:13J'ai dit que j'étais de gauche,
01:08:15donc pardon,
01:08:16c'est bonjour le scoop.
01:08:17Vous n'allez pas
01:08:17à pleurer Tailloux,
01:08:18a priori.
01:08:18A priori, oui.
01:08:20Non, non,
01:08:20mais je,
01:08:20bien sûr,
01:08:21je n'ai devant
01:08:23de grands périls,
01:08:26je ferai mon devoir.
01:08:28Oui,
01:08:28vous êtes conscient
01:08:29de ce que vous incarnez ?
01:08:29Non,
01:08:30je dirai ce que je pense,
01:08:30évidemment,
01:08:31et je serai cohérent
01:08:33avec tout ce que j'ai dit avant.
01:08:35Voilà.
01:08:35Merci beaucoup.
01:08:36Merci beaucoup, Benoît Hamon.
01:08:37Merci,
01:08:37c'était cool,
01:08:38très heureux,
01:08:39merci pour l'invitation.
01:08:40Merci d'être venu.
01:08:41Merci d'être venu
01:08:42et merci d'avoir parlé
01:08:43autant d'économie sociale
01:08:44et solidaire.
01:08:44Oui,
01:08:45c'était merci,
01:08:45il n'y a que vous
01:08:46qui me posez
01:08:46des questions là-dessus.
01:08:48Ce serait dommage
01:08:49de ne pas en parler.
01:08:51Merci en tout cas.

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