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  • il y a 16 heures
Face à Bolloré, et face aux médias qu'il possède et contrôle, que faire ? Quelle stratégie adopter et comment éviter les pièges tendus à la gauche ?

Ayda Hadizadeh, députée PS, débat face à Louis Boyard, député LFI, sur le plateau de l'Humanité. Retrouvez l'entretien en intégralité : https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/face-a-bollore-quelle-strategie-politique-l-boyard-lfi-face-a-a-hadizadeh-ps-lhumatch

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Transcription
00:01Alors, au-delà de présider les monopoles, Aïda Adizadeh a commencé à en parler tout à l'heure.
00:06Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise développent aussi une stratégie qu'on pourrait qualifier de contournement peut-être avec
00:13ce qui a été appelé les nouveaux médias.
00:16D'abord, est-ce que vous pouvez nous dire exactement de quoi on parle, de quoi il s'agit ?
00:21Et surtout, est-ce que, à vos yeux, les médias plus classiques, vous parliez de ceux possédés par les milliardaires,
00:30ce ne sont pas les seuls à exister, les médias privés,
00:32est-ce que les médias indépendants, le service public, est-ce que tout ça a vocation à être mis dans
00:37le même sac finalement ?
00:38Alors, nous, on a fait cette conférence sur les nouveaux médias pour plusieurs raisons.
00:41La première raison, et je pense que beaucoup de gens pourront dire que c'est assez objectif quand on le
00:46dit,
00:46c'est que la France Insoumise est la cible de calomnies, d'insultes et de fake news de la part
00:51de l'officialité médiatique en permanence.
00:53Et donc, nous, on l'a dit, on demande seulement à être...
00:55Les partis ont un peu l'impression d'être...
00:56Non, tous les partis ne sont pas traités comme est traitée la France Insoumise.
01:01Vous regardez par exemple Jean-Luc Mélenchon sur les médias, c'est tout le temps la tête horrible, la grande
01:05bourge ouverte.
01:06Quand vous avez des partis politiques qui font n'importe quoi, tout ça est passé sous silence.
01:11La France Insoumise, il y a le moindre petit écart, et parfois, ce n'est même pas du tout des
01:14écarts.
01:14On se fait directement cibler.
01:15Donc non, nous, ce qu'on dit, c'est que nous sommes la cible de l'oligarchie politique, médiatique et
01:21économique,
01:21parce que nous sommes une menace à ce système.
01:23Donc, on est conscient de qui sont nos adversaires, premièrement.
01:26Deuxièmement, on pense que c'est important de faire la place aux nouveaux médias.
01:29Vous avez une nouvelle manière aujourd'hui de faire de l'information à travers les réseaux sociaux, et on la
01:35respecte.
01:35Et pour le coup, on voit que beaucoup des aides publiques à la presse sont ciblées par des journaux historiques.
01:41Nous, on aimerait aussi que ces aides publiques, elles aillent dans ces nouveaux médias, parce que c'est une nouvelle
01:46manière de faire de l'information, et on veut la soutenir.
01:48Et enfin, troisièmement, moi, quand j'entends des médias se plaindre qu'ils ne soient pas présents à cette conférence
01:53sur les nouveaux médias,
01:54au moment où il y a leur propre conférence de presse, ils n'invitent pas non plus les nouveaux médias.
01:57Donc, si jamais ils veulent véritablement que ce soit ouvert, qu'ils commencent par nous respecter, qu'ils commencent par
02:01respecter les nouveaux médias,
02:02et puis ensuite, on pourra commencer à voir comment est-ce qu'on peut discuter.
02:05– Mais est-ce que ça ne donne pas un peu l'impression qu'un bon média, c'est quand
02:08même un média qui est plutôt proche de soi ?
02:11– Non, pas du tout. Parce que nous, par exemple, dans les nouveaux médias, vous avez des gens qui ne
02:15sont pas d'accord avec nous,
02:16vous avez des gens qui sont libéraux, et ça se respecte.
02:19C'est normal d'avoir une diversité des opinions, mais les nouveaux médias, on leur offre aussi un espace,
02:24et pour le coup, on est les seuls à le faire. Sinon, personne ne calcule ces nouveaux médias.
02:28Et aussi, nous, dans notre manière avec laquelle on mènera les politiques publiques,
02:31on donnera des aides publiques à ces nouveaux médias, parce qu'ils sont d'importance.
02:35Et puis, enfin, il y a quand même autre chose.
02:38Les médias, le rapport au peuple, c'est quelque chose.
02:42Le peuple, comment est-ce qu'il a vécu le traitement médiatique des Gilets jaunes ? On s'en souvient.
02:46Comment est-ce qu'il a vécu le traitement du génocide en Palestine ? On s'en souvient.
02:50Encore aujourd'hui, quand vous allez sur des chaînes d'info en continu,
02:52vous ne pouvez pas utiliser le terme génocide.
02:54Donc, il ne faut pas croire que la majorité des gens ne sont pas d'accord avec ce qu'on
02:58est en train de dire.
02:59Quand on dit que non seulement il y a un problème avec les monopoles,
03:01mais qu'il y a aussi un problème avec la manière dont sont traités un certain nombre de partis politiques
03:06et un certain nombre de sujets qui sont les sujets des opprimés.
03:10On va vous laisser réagir dans quelques minutes.
03:14Juste, vous n'avez pas répondu à la deuxième partie de ma question.
03:17Juste, vraiment, en quelques mots, tous les autres médias, du coup, dans le même sac ?
03:23En fait, c'est compliqué de dire les médias parce que, par exemple, l'Huma est un excellent média,
03:27ce qui n'est pas le cas de Le Monde.
03:28Voilà. Et en plus, dans un média, vous avez différents niveaux.
03:32Vous avez le propriétaire de ce média, puis ensuite, vous avez les rédac-chefs, les stars,
03:36et ensuite, vous avez les pigistes, les gens qui sont dans la rédaction
03:39et qui souvent ressentent un malaise par rapport à ce qui est en train de se passer dans leur profession.
03:44Donc, on ne va pas généraliser tous les médias.
03:46Et dans le média même, vous avez des intérêts qui sont parfois assez conflictuels
03:51et vous en avez qui veulent bien faire leur travail, relater les faits, la vérité ou une opinion réfléchie et
03:56argumentée.
03:56Donc, on ne met pas tout le monde dans le même sac.
03:58Par contre, nous, on veut dire que les nouveaux médias, ça compte dans la politique
04:02et ça compte aussi dans notre société parce qu'il y a beaucoup de gens
04:05qui ne lisent tout simplement plus les médias traditionnels,
04:07qui ne s'informent qu'à travers les nouveaux médias.
04:09Et nous, ça nous intéresse de pouvoir leur parler, alors on le fait à travers les nouveaux médias.
04:13Aïda Adizadeh, il faudrait, vous aussi, aller parler aux nouveaux médias,
04:16comme le fait Jean-Luc Mélenchon. Quel regard vous portez sur cette stratégie-là ?
04:19Il y a quelque chose qui m'interpelle dans ce que vous venez d'expliquer,
04:22c'est que vous venez juste de dire auparavant qu'il fallait partout pour défendre votre programme,
04:27la révolution populaire.
04:29Et dans le même temps, vous avez expliqué que les nouveaux médias
04:34devaient être une cible privilégiée par rapport aux anciens médias
04:37qui relaient le discours dominant.
04:38Moi, ce que je comprends, c'est très intéressant de faire émerger ces nouveaux médias
04:43et de dire on doit aussi s'adresser à eux.
04:45C'est une source de diffusion, ils travaillent autrement,
04:47il ne faut pas les mépriser et il ne faut pas faire la part des choses.
04:50Mais pourquoi, dans le même temps, avoir besoin de taper aussi fort sur des journalistes
04:55qui sont dans des systèmes, peut-être parfois, qui ne facilitent pas une expression,
05:00mais qui essayent de bien faire leur travail, quand bien même.
05:04Et est-ce que ça ne revient pas, quelque part, à alimenter le fait qu'il ne faut plus faire
05:09confiance à certains médias
05:11et que désormais, on va vous indiquer les médias auxquels il faut faire confiance ?
05:13En fait, c'est là où je trouve que c'est un petit peu dangereux de faire émerger ces nouveaux
05:17médias,
05:17de dire c'est des interlocuteurs, on veut les associer.
05:19C'est formidable et souvent, je trouve que la France insoumise est toujours en pointe sur des choses innovantes.
05:27Vous êtes toujours dans une recherche d'innovation que je trouve très intéressante à observer,
05:30mais pourquoi toujours avoir besoin de taper aussi fort, avec des mots aussi durs,
05:35sur des médias traditionnels ?
05:39Il y a du bon, il y a du mauvais, vous l'avez même dit, l'UMA, c'est un
05:41média plus que traditionnel,
05:43plus que centenaire, qui essaye de se renouer, de bien travailler,
05:46qui peut-être par le passé a connu des crises, mais c'est des organismes en mouvement,
05:50c'est des organismes vivants.
05:51Et vous voyez, on ne peut pas dire d'un côté, je vais sur CNews parce qu'il faut que
05:54ma parole porte partout,
05:55et par contre, les conférences de presse, maintenant désormais, je choisis qui doit venir.
05:58Je trouve qu'il y a une petite contradiction que je n'ai pas tout à fait réussi à comprendre.
06:01On n'a jamais arrêté de parler aux médias de l'oligarchie, donc il n'y a aucune contradiction.
06:05Et pourquoi ne pas faire une conférence de presse commune avec tout le monde en disant,
06:08désormais, vous serez assis à côté des nouveaux médias ?
06:09Parce qu'à longueur de journée, ils ont leur conférence de presse dans laquelle ils sont tout seuls,
06:12et ils n'invitent jamais les nouveaux médias, donc pourquoi est-ce qu'on ne laisserait pas un espace uniquement
06:15pour les nouveaux médias ?
06:16Montrez l'exemple, montrez un nouveau monde, dessinez ce nouveau monde que vous voulez faire advenir par tous vos actes.
06:20Mais sinon, votre nouveau monde, vous désignez des ennemis.
06:22Nous, notre nouveau monde est un nouveau monde débarrassé de l'oligarchie.
06:25Et donc des vieux médias.
06:26Et nous, on assume de dire aujourd'hui que les médias qui sont possédés par l'oligarchie
06:30sont des médias patronaux qui défendent des intérêts de classe,
06:33qui invisibilisent le peuple et qui sont juste là pour défendre leurs intérêts.
06:37Le monde, c'est fini, le lobs, c'est fini.
06:39Non, on n'est pas en train de dire que c'est terminé, on est en train de dire qu
06:41'on va mettre fin au monopole des milliardaires sur ces journaux.
06:44Et que, notamment aussi, on va poser une question sur les écoles de journalisme.
06:47L'ESJ qui est aujourd'hui racheté par Bolloré, Arnaud et compagnie,
06:51dans laquelle vous avez des gens qui ne sont pas journalistes, mais qui sont juste des intervenants.
06:55C'est pas l'ESJ de Lille, c'est une autre école.
06:58Oui, mais c'est encore une autre école.
06:59Mais nous, on a une analyse globale.
07:02Et on sait qu'aujourd'hui, ces médias qui, pour la plupart, ne sont à peine rentables, voire pas du
07:07tout rentables,
07:07sont utilisés pour qu'ils puissent maintenir leurs propres intérêts.
07:10Voilà, nous, c'est ça l'analyse qu'on a de la société.
07:13Et ensuite, oui, ces nouveaux médias qui, à longueur de journée, sont invisibilisés dans l'espace politique et médiatique,
07:18eh bien nous, on leur donne un espace dans lequel c'est eux qui sont sur le pied des stales.
07:22Et pour une fois que quelqu'un le fait, ils en sont plutôt heureux.
07:25Les questions qui y sont posées sont des questions qui, parfois, sont des questions conflictuelles dans le rapport à la
07:30France insoumise.
07:30Et c'est une bonne chose.
07:32C'est qu'on n'a pas regardé les mêmes conférences.
07:34Ah oui, c'est sans doute.
07:35Non, mais, je suis désolé, vous regardez, par exemple, Blast, par exemple, je me rappelle au moment où il y
07:41avait...
07:42Blast, c'est des journalistes.
07:42Oui, Blast, ce sont, bien sûr, Blast, ce sont des journalistes.
07:45Et Blast, ils sont invités à cette conférence sur les nouveaux médias.
07:47Vous aviez aussi des questions sur la loi de 2004.
07:49L'abrogation de la loi de 2004 n'est pas dans le programme de la France insoumise.
07:52Vous en aviez d'autres sur, est-ce que vous pourriez gagner le second tour ou pas ?
07:55Non, mais, pardon, mais il faut arrêter de caricaturer parce que ce n'est pas la vérité.
07:58La vérité, c'est que les nouveaux médias, et en fait, je veux aussi rebondir sur ce que vous disiez,
08:03on n'indique pas aux gens quels médias il faut suivre ou quels médias il ne faut pas suivre.
08:06Les gens, ils sont capables de se faire leur propre opinion.
08:09Et il ne faut pas... Non, les gens ne sont pas bêtes.
08:11Les gens sont capables de se faire leur opinion.
08:13Les gens sont capables d'avoir une analyse de la société, d'avoir une analyse de ce qui est en
08:16train de se passer
08:16et de faire leur propre choix, d'être d'accord, pas d'accord, mais les gens, ils sont cultivés
08:20et ils suivent ce qui se passe.
08:22Et deuxièmement, les nouveaux médias, il faut arrêter de croire que ce sont des gens qui,
08:25parce qu'on les invite, perdent tout esprit critique.
08:27Ce n'est pas vrai.
08:28Les nouveaux médias, ce sont des gens qui ont un esprit critique,
08:30ce sont des gens qui savent utiliser les espaces qui sont à leur disposition
08:34et c'est ce qu'ils font avec la conférence sur les nouveaux médias.
08:36Et je terminerai sur un dernier point.
08:38On a mis en place un espace dans lequel l'oligarchie n'a pas sa place
08:40et quelle a été la réponse ?
08:42L'oligarchie s'en est profondément indignée
08:43et a dit que tout ça n'était pas possible, pas possible, pas possible.
08:46Alors que les espaces dans lesquels les minorisés, les opprimés,
08:51ces espaces-là qui n'existent pas pour qu'eux puissent intervenir
08:53dans le système médiatique, alors là, ça ne les indigne jamais
08:57qu'ils n'existent pas.
08:58Donc c'est le deux poids, deux mesures.
08:59On est une analyse de classe et on maintient cette conférence
09:01sur les nouveaux médias.
09:04Du coup, vous, vous partagiez, pas sur le discours de critique,
09:09on voit que vous avez des nuances,
09:13mais vous partagiez cet intérêt pour les nouveaux médias.
09:17Qu'est-ce qui bloque au PS, par exemple, dans votre parti
09:21pour investir ce champ-là ?
09:24Qu'est-ce qui bloque pour investir le champ des nouveaux médias,
09:26c'est-à-dire être plus présents sur ces chaînes-là ?
09:28Je pense que ce qui bloque, c'est peut-être l'intérêt qu'ils ont pour nous.
09:31On est prêts à aller partout.
09:33Pardon de répondre de manière aussi...
09:34Non, je ne sais pas ce qui bloque.
09:36Peut-être que, comment dire, on est un vieux parti.
09:38Comment vous l'expliquez ?
09:39On est un vieux parti, on a parfois des vieux réflexes.
09:42Un vieux parti, c'est quelque chose d'honorable.
09:44Vous êtes un vieux journal, c'est quelque part...
09:45On est un vieux continent, voilà.
09:47C'est pas dans ma bouche, c'est pas dépréciatif.
09:49Et peut-être que parfois, on a du mal...
09:51Et je le dis parce que, moi, je considère que faire preuve
09:54d'esprit critique et d'autocritique,
09:56c'est une forme supérieure d'intelligence.
09:57Donc, j'essaye d'être intelligente et je suis toujours plus critique
10:00vis-à-vis de ma propre famille politique que des autres.
10:03Et vraiment, je pense que je suis assez connue des armées OPS
10:08pour les pousser à évoluer de l'intérieur.
10:10Je pense qu'il faut être davantage en prise avec ce qui se passe,
10:13davantage curieux, davantage...
10:15Voilà, moi, je trouve vraiment...
10:17Enfin, je le dis franchement sans flagornerie,
10:18mais X, j'y vais plus parce que je trouve que c'est devenu vraiment...
10:23Pardon aux gens qui sont sur X, mais trop conflictuel.
10:26J'allais dire l'asile de fous, c'est pas bien ni pour les fous,
10:28ni pour X, mais ce qui se passe sur Insta, par exemple...
10:31Je suis pas encore sur TikTok, j'ai peur du phénomène addictif de TikTok.
10:34Je vous ai dit ma santé mentale, j'y veille.
10:36Sur Insta, je trouve que la création de contenu...
10:40J'ai croisé Vladista en arrivant, j'avoue que j'aime bien ce qu'il fait,
10:43même si des fois, il tape dur sur le PS.
10:44Mais c'est drôle, et il faut être capable de rire de soi-même aussi,
10:47parce que c'est comme ça qu'on se corrige.
10:48Je trouve que cette nouvelle forme de création d'information...
10:51Je vois des contenus sur Insta, il y a des gens qui vulgarisent la politique,
10:54même des concepts scientifiques, des livres, il y a des blogueurs littéraires,
10:58je trouve ça génial, mais il faut être en prise avec tout ça
11:00pour pouvoir juste trouver de l'énergie pour avancer aussi.
11:04Pour avoir un point de vue peut-être un petit peu plus dépréciatif,
11:06le parti socialiste est un vieux parti,
11:08mais est-ce que c'est pas aussi peut-être un parti de vieux ?
11:13Oui, je sais pas. Est-ce que j'ai l'air vieille ? Je sais pas.
11:16Il y a de tout dans le parti.
11:17C'est tout un personnel.
11:18Non, mais peut-être aussi qu'il est temps...
11:20Non, mais voilà, les nouveaux médias, même si c'est réducteur de le dire comme ça,
11:24c'est quand même beaucoup de jeunes.
11:26Oui, c'est vrai.
11:26Le parti socialiste, c'est un parti usager.
11:28Nous, il faut qu'on se dépissière, il faut qu'on continue à faire
11:33la révolution intérieure, pour prendre un terme qui est cher,
11:36de révolution à la France insoumise.
11:38Mais moi, j'appelle à ce qu'on évolue, à ce qu'on se mette à jour,
11:42à ce qu'on sorte de certains vieux réflexes,
11:43à ce qu'on soit beaucoup plus...
11:46Moi, vous savez, je le dis, je l'ai dit d'ailleurs,
11:49c'est pas le premier débat où je le dis,
11:50moi, je n'ai pas de problème avec la radicalité de la France insoumise.
11:52J'ai parfois un problème avec le discours et une posture
11:55qui, pour moi, confine un peu trop à l'autorité, l'autoritarisme.
11:59Moi, dans ma culture personnelle et familiale, j'ai un truc avec ça.
12:02Mais c'est pas... D'ailleurs, on le voit à l'Assemblée,
12:04sauf sur quelques votes, où...
12:06Bon, voilà, mais à 95%, je ne sais pas...
12:08Enfin, voilà, mais l'impression générale, c'est qu'on n'a pas besoin
12:10de faire des réunions de coordination pour savoir ce qu'on vote.
12:13Et...
12:13Sur les censures.
12:15Les censures, voilà.
12:16Mais on fera un débat spécial, l'Uma Match censure.
12:18Alors, à la prochaine censure, on y reviendra.
12:20J'ai eu l'occasion, à l'époque, d'échanger avec Clémence Guettet sur les plateaux.
12:25Et bon, c'est un trop gros dossier à ouvrir.
12:28Ça nous éloigne trop du sujet.
12:29Oui, ça nous éloignira un petit peu.
12:31Mais voilà, en fait, c'est ce que je dis.
12:32Et je pense que ce débat, aujourd'hui, le prouve.
12:34On veut vivre dans le même monde.
12:36Moi, je fais partie de ceux qui pensent qu'à la fin de la journée,
12:39le monde que vous voulez faire advenir est, peu ou prou,
12:41le même que le nôtre.
12:42C'est-à-dire, plus de justice, moins de dureté pour le peuple,
12:47plus de rémunération pour le travail.
12:51Quand on parle à la retraite, on n'est pas cassé par le travail.
12:53On arrête de taper sur les immigrés.
12:55Et puis, on arrête de dire, c'est une chance pour le pays au niveau économique.
12:58Moi, c'est un truc qui me révulse aussi.
13:00Là-dessus, on doit continuer, nous, à évoler.
13:02Mais on veut vivre dans le même monde.
13:03Après, c'est les méthodes pour rêver.
13:05Par exemple, typiquement, et j'en reviens à votre sujet,
13:07la méthode de dire, il y a des nouveaux médias, du coup,
13:09on ne fait qu'avec eux, on exclut les anciens.
13:11Moi, ça me pose un problème.
13:12Ce n'est pas vrai, parce qu'on continue de parler aux médias de l'oligarchie.
13:15Dans cet espace que vous avez organisé, vous l'avez mis en scène,
13:17vous savez très bien ce que la mise en scène politique comporte comme récit.
13:20Le récit que vous avez dit, c'est qu'il y en a certains
13:22à qui on ne veut désormais plus faire confiance à d'autres.
13:24Les autres, relais à parole, on ne leur fait plus confiance, on ne leur parle plus.
13:26Ce serait d'ailleurs intéressant, peut-être.
13:28On leur parle.
13:29On leur parle plus dans le même cas.
13:30Non, mais à l'Assemblée nationale, par exemple,
13:32les conférences de presse à l'Assemblée nationale,
13:33ce ne sont que les médias de l'oligarchie.
13:35Et ça n'indigne personne.
13:37Donc, quand on le fait avec les nouveaux médias...
13:39C'est vrai que ça, mais...
13:40Non, il n'y a pas que les grands médias
13:42qui sont en conférence de presse à l'Assemblée nationale, mais...
13:45Après, c'est aussi une question de moyens pour ces nouveaux médias
13:47d'être dans ces espaces-là.
13:48Ils ne peuvent pas se démultiplier.
13:50Ils ont des chaînes à faire vivre, du contenu à créer
13:52et être présents à l'Assemblée nationale pour capter le moment qu'il va faire.
13:55Ça demande du temps et de présence.
13:56D'ailleurs, on voit les journalistes qui sont présents.
13:58Ça nous éloigne beaucoup de l'amplière Bolloré, mais on va y revenir.
14:01L'amplière Bolloré, on va y revenir.
14:02Juste avant, vous disiez partager peu ou prou le même rêve
14:06que la France Insoumise à la fin de la journée.
14:08Est-ce que c'est quelque chose que vous partagez à l'égard du PS ?
14:10Je ne sais pas.
14:11Je ne sais pas c'est quoi le programme du Parti Socialiste.
14:14Et pour le coup, je n'en sais rien.
14:17Je n'y comprends rien.
14:19Boris Wallot démissionne la veille.
14:20Il y en a huit qui sont candidats là-dedans.
14:22Un jour, ça dit, on a le programme de la NUPES.
14:25Puis ensuite, il y a le programme du NFP.
14:26Puis finalement, les programmes n'existent plus.
14:28Mais on est opposés au gouvernement.
14:29Mais finalement, on ne les censure pas.
14:30Moi, je vous le dis très honnêtement,
14:32je trouve qu'aujourd'hui, ça donne une image
14:36de ce que la gauche est en capacité de faire pour gouverner,
14:39qui n'est pas bonne.
14:39Donc moi, je mets tout ça à distance.
14:41Nous, on a un candidat, un programme, une équipe.
14:44C'est carré et c'est ça qui m'intéresse.
14:45Alors là, on s'éloigne.
14:46On n'est pas un petit peu intransigeant.
14:48Et je pense que dans une période où on n'a pas la majorité
14:50pour être intransigeant, il faut discuter.
14:52D'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est qu'on avait 190 députés.
14:54On aurait eu un Premier ministre, son Premier ministre,
14:56quel que soit le nom de gauche, issu du NFP.
14:59Il ne tenait pas une semaine sans faire des compromis
15:01au bloc central pour tenir.
15:03Et en fait, le problème, c'est que quand on n'a pas de majorité,
15:05qu'est-ce qu'on fait ?
15:05Est-ce qu'on bloque tout jusqu'à avoir une majorité ?
15:07Et donc, dans l'esprit, ça revient à dire que si on n'est pas
15:10entièrement majoritaire, on ne peut rien faire.
15:11Donc on attend le jour où on est majoritaire
15:13pour pouvoir faire une révolution sociale pour l'être.
15:15J'ai bien compris que c'était votre stratégie.
15:17C'est pour ça que je ne rejoins pas la France nationale,
15:19parce que je considère qu'il faut changer la vie des gens
15:23maintenant avec ce qu'on a et faire avec les gens.
15:25Et parfois, oui, faire des compromis
15:27pour changer la vie des gens maintenant.
15:28Mais ça, c'est le débat qu'on ne va pas refaire sur la censure.
15:31On l'aura sans doute peut-être à un autre moment.

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