- il y a 3 heures
La décision des socialistes de ne pas censurer le gouvernement Bayrou provoque l’ire des insoumis, qui ne les voient plus comme des « partenaires ». La coalition risque l’implosion, malgré les tentatives d’apaisement des communistes et des écologistes. On en parle avec Emilio Meslet, journaliste politique et coanimateur de notre revue de presse hebdomadaire, la Grasse Matinale.
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NewsTranscription
00:00On va parler d'un autre sujet, un sujet français, on va parler du bordel au sein du nouveau front
00:05populaire.
00:06Pour ça, il faut que je vous fasse un petit récap de là où on en est sur la situation
00:12française.
00:13Petit récap donc, mi-novembre, le gouvernement de Michel Barnier était censuré et dans la foulée,
00:18Emmanuel Macron a décidé non pas de respecter le résultat des urnes aux élections législatives,
00:22mais de nommer en remplacement un certain François Bayrou, qui était un de ses soutiens de la première heure.
00:31Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
00:33Après la censure de Barnier, donc la nomination de Bayrou, c'est que des discussions se sont engagées entre le
00:37gouvernement d'un côté,
00:39les socialistes, les écologistes et les communistes, pour essayer de trouver un pacte de non-censure,
00:44en tout cas faire en sorte que la France puisse bénéficier d'un gouvernement,
00:47et par contre, en échange de cette non-censure, d'obtenir des mesures pour les Français.
00:51Alors, résultat des courses, François Bayrou a fait sa déclaration de politique générale le 14 janvier devant l'Assemblée nationale,
00:58comme il est de coutume, et le 16, puisqu'il n'avait pas sollicité la confiance de l'Assemblée nationale,
01:06et voilà, la France insoumise, qui agitait la menace depuis quelques semaines déjà,
01:13a déposé avec des députés écologistes et communistes une motion de censure,
01:18et donc les insoumis, les communistes et les écologistes l'ont voté,
01:21mais pas la majorité des socialistes, il n'y a que 8 députés socialistes qui ont voté cette censure,
01:26et depuis, ça se dispute par médias interposés,
01:28et là, moment égotripe, je vous ai mis un de mes papiers,
01:32et on va décortiquer ensemble l'état de santé de la gauche.
01:36Voilà, donc, un papier intitulé
01:39« Après le refus des socialistes de censurer le gouvernement,
01:42le nouveau Front populaire va-t-il imploser ? »
01:45En tout cas, c'est le risque, puisque la décision des socialistes de ne pas censurer le gouvernement Bayrou
01:49provoque lire des insoumis qui ne voient plus les socialistes comme des partenaires.
01:54La coalition risque l'implosion malgré les tentatives d'apaisement des communistes et des écologistes.
01:58Alors, on commence cet article avec Cyrielle Châtelain.
02:05Et qui est Cyrielle Châtelain ?
02:06C'est la présidente du groupe écologiste à l'Assemblée.
02:08Cyrielle Châtelain, pendant les vacances de Noël, qu'est-ce qu'elle a fait ?
02:11Elle a fait du tri à la maison jusqu'à tomber sur une pile de vieux journaux,
02:15dont certains ont bien 20 ans,
02:17et qu'est-ce qu'elle a constaté en se replongeant dedans ?
02:19Eh bien, que ça fait 20 ans que la gauche n'a pas bougé,
02:21et qu'elle a toujours les mêmes débats.
02:23À savoir, faut-il refuser tout en torse à son programme pour éviter des compromissions ?
02:27Ou est-ce qu'il faut essayer d'arracher au libéralisme et à ses représentants au gouvernement
02:32quelques petites victoires pour ceux qui n'ont pas le luxe d'attendre les lendemains qui chantent ?
02:39Voilà, en tout cas, la gauche est tiraillée.
02:41Et donc, c'est toujours en ces termes que les discussions à gauche se font.
02:44Et comment se fait-elle ?
02:46Eh bien, elle se fait depuis le 16 janvier,
02:49avec les insultes, mais pas loin, entre les insoumis et les socialistes.
02:55Jean-Luc Mélenchon, donc, dit que le Parti socialiste, à l'évidence, n'est plus un partenaire.
03:00C'est un allié, et encore, de circonstances.
03:02Et pour qu'il le prouve, il faudra, selon lui, qu'il ne vote pas le budget,
03:06qu'il vote la censure au moment du 49-3 qui aura lieu, a priori, sur le budget.
03:13Et donc, s'ils ne le font pas, Mélenchon dit, on pourra dire que les socialistes ont rempu l'union.
03:17Et c'est une façon, pour Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise,
03:21aussi de cadrer la façon dont on reçoit la décision des socialistes
03:26de, pour l'instant, faire en sorte que le gouvernement de François Bayrou reste en vie,
03:29parce qu'ils estiment avoir arraché quelques victoires,
03:33à savoir la rediscussion de la réforme des retraites,
03:36d'avoir empêché la suppression de 4 000 postes d'enseignants dans l'Education nationale,
03:43d'avoir eu une augmentation du budget de l'ONDAM,
03:46d'avoir obtenu la suspension des trois jours de carence dans le public,
03:54et encore plein d'autres choses.
03:57Mais en tout cas, les insoumis ne l'entendent pas de la même oreille,
04:00et le reste de la gauche non plus, d'ailleurs.
04:02Voilà, mais en tout cas, Mélenchon donne son cadrage.
04:04Lui, il dit, s'il ne pas votez la censure, c'est qu'on n'est pas dans l'opposition.
04:10Alors qu'en réalité, c'est parfois un peu plus compliqué.
04:11Ne pas voter les textes peut suffire aussi à dire qu'on n'est pas dans la majorité,
04:15et donc dans l'opposition.
04:16Mais en tout cas, la France insoumise décide que le cadrage, c'est ça,
04:19puisque Mélenchon le dit, la censure, c'est ce qui distingue la majorité de l'opposition.
04:23Et donc, ne pas avoir voté la censure, ça signifierait s'exclure de la coalition.
04:28Et d'autant que Manuel Bompard, le numéro 1 de la France insoumise,
04:33dit que le PS n'a obtenu aucun infléchissement et aucune modification.
04:37C'est pour lui le retour de la gauche du reniement qui abandonne ses engagements devant le peuple.
04:41Là, c'est une référence à, notamment, au quinquennat de François Hollande,
04:46dont on va parler juste après.
04:48Je vois dans le chat qu'on dit ne pas voter le budget, surtout, oui, ne pas voter le budget,
04:51c'est ce qui définit dans n'importe quel exécutif local, par exemple,
04:55situé dans la majorité ou dans l'opposition.
04:57Pour l'instant, le Parti Socialiste ne s'apprête pas, a priori, à voter le budget en l'État,
05:02qui est actuellement en discussion au Sénat, d'ailleurs.
05:06Et donc, qu'est-ce que répond le PS ?
05:09Olivier Faure, le numéro 1 du PS, dit à la dépêche du midi
05:12que si à chaque désaccord, Jean-Luc Mélenchon organise une purge,
05:14il finira tout seul, et que le NFP, ce n'est pas un parti unique, mais une coalition,
05:18et que la liberté des socialistes, c'est donc de se définir eux-mêmes.
05:23Alors, il y a les désaccords au sein du Parti Socialiste,
05:24ils n'étaient pas tous d'accord pour ne pas censurer le gouvernement,
05:27puisque je vous l'ai dit, d'ailleurs, il y a huit députés,
05:30dont la présidente de la Commission des affaires culturelles et éducation nationale,
05:36Fathia Kelwa-Hachi, qui d'ailleurs sera l'invité de Baxit,
05:39j'en profite pour saluer les copains de Baxit ce jeudi,
05:43elle a voté la censure, par exemple.
05:46Donc les socialistes ne sont pas d'accord,
05:48et notamment, un certain François Hollande, lui, il a poussé très très fort
05:51pour ne pas censurer le gouvernement de François Bayrou.
05:54Il estime aujourd'hui que les socialistes constituent un pôle central à l'Assemblée nationale,
05:58c'est ce qu'il a dit à la tribune du dimanche,
05:59qui, comme son nom l'indiquait, a été publié dimanche dernier.
06:03« S'en est fini de la position respectueuse et arrogante de la France insoumise au sein du NFP,
06:07tacle-t-il, l'alliance électorale a été précieuse en juin dernier,
06:10mais elle ne peut pas être instrumentalisée au service d'une seule personne
06:13et d'une seule famille politique. »
06:15Il juge notamment le fait qu'en 2027, il y aura deux offres à gauche,
06:23quand il dit deux offres, il parle de la présidentielle,
06:26parce qu'en fait, en réalité, on le verra juste après,
06:29le nouveau Front populaire est un peu pris en sandwich,
06:32entre d'un côté François Hollande qui a fait son grand retour en tant que député de nouveau Front populaire,
06:40d'un côté qui, lui, a des ambitions présidentielles, qui veut revenir aux affaires,
06:45et de l'autre, Jean-Luc Mélenchon qui, lui, n'a pas abandonné l'idée d'être le candidat des
06:49insoumis,
06:49et peut-être plus de la gauche, à la prochaine présidentielle.
06:52Il veut même une présidentielle très vite, une présidentielle anticipée.
06:55C'est pour ça qu'il demande la démission d'Emmanuel Macron, vu le contexte politique.
06:59Donc voilà, en gros, ça c'est l'ambiance à gauche.
07:01Sauf que du coup, il y en a qui ne savent pas du tout cette ambiance à gauche,
07:04et on a un parlementaire, par exemple, qui nous dit que les deux préparent la présidentielle,
07:09et donc ils ont tout intérêt à surligner leurs différences,
07:11à redessiner le scénario des gauches irréconciliables,
07:14ce qui empêcherait la victoire de la gauche, la désignation de la gauche,
07:17ferait que de toute façon, il y aurait une division des voix,
07:19et donc la gauche aurait beaucoup plus de mal à accéder au second tour de l'élection présidentielle.
07:24Voilà, Yann Brossat, par exemple, le communiste,
07:26que vous retrouverez, puisqu'on en est à faire de la pub,
07:30sur la chaîne Twitch de l'Huma, cette fois dans notre grande émission Twitch,
07:34ça ira mercredi prochain, le 29.
07:37Il sera le grand invité politique de notre émission, Yann Brossat.
07:43Et ensuite, en inviticulture, puisqu'on y est,
07:45on aura Mister MV et Jarmou, qui nous parleront du Spidon.
07:49venaient nombreux à assister en ligne sur nos réseaux à cette émission,
07:55qui s'annonce super pour la troisième émission,
07:58après avoir reçu François Ruffin et Marine Tondelier,
08:01après avoir reçu Abou Sangaré, Boris Loeschkine, Thomas Jolie.
08:04Voilà la nouvelle émission.
08:05Et donc, Yann Brossat, qu'on recevra, nous dit que l'union est toujours nécessaire,
08:09parce que la donne politique en France n'a pas fondamentalement changé,
08:13puisque le risque de l'extrême droite existe toujours.
08:17Et aussi, les écolos gueulent,
08:19parce qu'ils en ont marre d'être balottés en permanence entre les uns et les autres.
08:22Il faut que tout le monde redescende.
08:23Les gens en ont marre qu'on s'engueule, qu'on se sépare,
08:25qu'on se retrouve au moins à droite.
08:26Eux, ils savent débattre sans claquer la porte.
08:29Et il se trouve qu'hier, Marine Tondelier,
08:32la secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts,
08:35on ne dit plus Europe Écologie-Les Verts,
08:36on dit les écologistes maintenant, a présenté ses voeux
08:38et elle a demandé à ses partenaires insoumis et socialistes
08:41d'arrêter de vouloir tirer les écologistes et les communistes vers eux,
08:45parce que c'était d'ailleurs la stratégie,
08:47c'est ce que les socialistes et les insoumis disent en off,
08:50chacun, ils veulent isoler leur adversaire du NFP,
08:53donc les insoumis veulent isoler les socialistes
08:54et les socialistes veulent isoler les insoumis,
08:57en essayant de ramener avec eux à chaque fois
08:59les communistes et les écologistes,
09:01sauf que les communistes et les écologistes disent,
09:04en fait, nous on ne prend pas nos décisions en fonction de
09:06est-ce qu'on veut parler avec les insoumis,
09:07est-ce qu'on veut être plus proche des socialistes,
09:08ils prennent des décisions qui pensent être bonnes,
09:10voilà, donc ça c'était le point de rappel
09:13de Marine Tondelier hier,
09:15mais en tout cas, quand on discute avec des députés de gauche,
09:17ils ne sont pas hyper confiants sur l'avenir du NFP,
09:20notamment parce qu'on avait vu en une de Politis,
09:22par exemple, je ne vous l'ai pas mise là mais j'aurais pu,
09:24Manuel Bompard qui avant la censure disait
09:26« tous ceux qui ne voteront pas la censure
09:29s'exclueront du nouveau Front populaire »,
09:30d'ailleurs comme si c'était la France insoumise
09:31qui donnait les cartes d'adhésion qui n'existent pas
09:34du nouveau Front populaire,
09:35mais en tout cas, le débat à gauche fait rage,
09:39il s'y gage,
09:40et c'est ce qui fait que selon RTL,
09:42donc c'est les communistes et les écologistes
09:44qui sont les arbitres, malgré eux,
09:46du match PS et LFI.
09:50On en oublierait presque, nous dit RTL,
09:52qu'ils sont quatre partenaires,
09:53tant en effet,
09:54le théâtre des tensions entre la France insoumise
09:56et le Parti socialiste
09:57ne laisse que très peu de place
09:59aux écologistes et aux communistes
10:01au sein de cette alliance.
10:03Alors oui, on nous dit,
10:03il y a un programme commun du NFP,
10:06oui, oui, tout le monde,
10:06alors effectivement,
10:07il y a un programme du NFP,
10:08les socialistes disent qu'en réalité,
10:09il a été signé très vite,
10:10une partie des socialistes le disent,
10:12et qu'à partir du moment
10:15où le NFP est certes arrivé en tête,
10:17mais qu'ils ne sont loin d'être majoritaires,
10:20il y a de toute façon
10:20des gros compromis à faire sur ce projet.
10:23Et donc, on est dans un moment charnière,
10:27qui est celui de l'examen du budget,
10:29qui est le moment de vérité,
10:32nous dit RTL,
10:33et comment éviter toute implosion
10:35de la coalition électorale déjà fragilisée.
10:38On a le député communiste,
10:39président du groupe GDR à l'Assemblée
10:41où siègent les communistes André Chassène,
10:44qui lui ne prend pas offense
10:45de la décision du PS
10:47de ne pas censurer François Bayrou,
10:48qui peut se permettre de dire
10:49que tel ou tel sort du NFP,
10:51on ne va pas tenir un conclave,
10:52restons rassemblés,
10:54ce n'est que le groupe socialiste lui-même
10:55qui peut décider si oui ou non,
10:57il sort du nouveau front populaire,
11:01à gauche,
11:02il appelle à ne pas offrir un boulevard au RN
11:04en mettant en scène la division de la gauche.
11:08Oui, globalement,
11:09on a The Powerhead qui résume le truc,
11:11on a d'un côté LFI qui tire vers la gauche,
11:12le PS vers le centre,
11:14mais ça c'est habituel,
11:15mais ça tire très fort,
11:16et est-ce que l'élastique va craquer ?
11:18En tout cas,
11:19ce n'est pas le soin ni des communistes,
11:20ni des écologistes.
11:23Voilà, et donc on en parlait juste avant,
11:25donc vous pouvez lire ce papier
11:26qui est accessible de RTL
11:29que je vous ai montré brièvement.
11:30Il y a deux personnes,
11:32deux personnages politiques
11:33qui vampirisent un peu
11:37aujourd'hui le NFP,
11:39c'est François Hollande
11:40et Jean-Luc Mélenchon.
11:44Et il y a un papier assez marrant
11:46de Challenge
11:46qui nous explique d'où vient
11:48l'inimitié entre les deux hommes
11:50qui est ancienne,
11:50que je vous encourage à lire,
11:51il est aussi accessible,
11:54parce que, en fait,
11:55tous deux étaient au PS
11:56jusqu'en 2008,
11:57au moment où Jean-Luc Mélenchon
11:58a décidé de claquer la porte.
12:00Et pendant des années,
12:01Hollande et Mélenchon
12:02se sont affrontés à l'intérieur même
12:04du Parti Socialiste,
12:05et c'est ce qui a fait dire
12:06un trait d'humour
12:07à l'écologiste David Cormand,
12:09qui est un eurodéputé,
12:10au moment où Jean-Luc Mélenchon
12:12était arrivé très largement en tête
12:13à l'élection présidentielle de 2022,
12:15et qu'il avait permis
12:17de créer la NUPES derrière
12:17avec l'ensemble de la gauche,
12:19et à l'époque où le Parti Socialiste
12:20représenté par Anne Hidalgo
12:21avait fait 1,7%,
12:22que Jean-Luc Mélenchon
12:24avait enfin gagné
12:25son congrès du Parti Socialiste.
12:27Parce que, justement,
12:28entre Mélenchon et Hollande,
12:30ça a longtemps été une affaire
12:31de congrès socialiste,
12:33et il continue aujourd'hui
12:34de se taper dessus
12:36par médias interposés,
12:37c'était encore le cas ce week-end.
12:38Jean-Luc Mélenchon sur RTL
12:39et François Hollande
12:40dans la tribune du dimanche,
12:41où il a traité Jean-Luc Mélenchon
12:42de Madame Irma,
12:44en disant que ses prophéties
12:45ne se réalisaient jamais,
12:47ce qui ne l'empêche pas
12:47de les répéter
12:48à intervalles réguliers.
12:49Jean-Luc Mélenchon lui a répondu
12:50que François Hollande
12:51était une machine à tromper,
12:52il a trompé tout le monde en 2012,
12:54il trompe ses proches,
12:55il trompe tout le monde.
12:55Voilà l'ambiance
12:56entre les deux hommes.
12:57Et bien en fait,
12:58pourquoi ça vient ?
12:59C'est parce qu'il y a eu 30 ans
12:59de vie politique commune
13:01entre les deux hommes
13:01au sein du Parti Socialiste,
13:03et on a par exemple
13:05un proche de François Hollande
13:06qui s'appelle Bernard Poignan,
13:08qui a été le maire de Quimper,
13:09qui raconte qu'à l'époque
13:10où François Hollande
13:11était premier secrétaire
13:13du Parti Socialiste,
13:14il l'a été longtemps,
13:15Jean-Luc Mélenchon
13:15était un de ses opposants,
13:16Mélenchon donnait la parole
13:18et François Hollande
13:19la lui donnait,
13:20mais pendant que Mélenchon parlait,
13:22Hollande était indifférent
13:24à ce qu'il disait.
13:25Et par exemple,
13:25François Hollande
13:26se faisait porter
13:26les dépêches de l'AFP
13:27par son secrétariat
13:28qu'il feuilletait
13:29pendant que Mélenchon parlait.
13:32Et donc Poignan croit savoir
13:34que ça a profondément
13:35blessé Mélenchon
13:38et ce en quoi je ne crois pas,
13:40il dit que Mélenchon
13:40ne cherchait pas forcément
13:41à le blesser.
13:42On sait que ça a été
13:42assez compliqué en interne.
13:44Voilà, il y a eu notamment
13:45la brûlure, nous ditons,
13:46du congrès de Brest
13:47où Jean-Luc Mélenchon,
13:48on sait qu'il y avait
13:49des discussions d'arrière-cours
13:50au sein du Parti Socialiste
13:51et que les votes internes
13:53n'étaient pas hyper,
13:54hyper démocratiques en réalité.
13:56Mais en tout cas,
13:57ce congrès de Brest,
13:57Mélenchon a fait 10%
13:58un congrès que François Hollande
14:00avait gagné.
14:02Et là, c'est la psychologisation
14:03de la vie politique
14:04qu'on n'aime pas trop.
14:05Il nous dit que Mélenchon
14:05ne s'en est jamais remis.
14:07En réalité, ce qu'il y a
14:08derrière tout ça,
14:09parce qu'en fait,
14:09nous, ce qui nous intéresse,
14:10c'est la question politique.
14:11Derrière tout ça,
14:12c'est deux lignes extrêmement
14:13différentes entre
14:13Jean-Luc Mélenchon
14:14et François Hollande.
14:15Ça l'était déjà à l'époque
14:16du Parti Socialiste,
14:17c'est assez accentué aujourd'hui.
14:18C'est la différence entre
14:19ceux qui tirent vers le centre.
14:22Pendant la présence,
14:23entre 2007 et 2012,
14:25François Hollande faisait partie
14:26de ceux qui voulaient
14:26un rapprochement
14:27avec le centre
14:28de François Bayrou,
14:29quand ceux de Jean-Luc Mélenchon,
14:30enfin, Mélenchon, lui,
14:31c'est parti justement
14:31parce qu'il ne voulait pas,
14:33ça, il ne voulait pas
14:34d'un programme d'accommodement
14:35avec le libéralisme
14:37que promettait François Hollande.
14:41Et c'était un débat, oui.
14:42Alors, je vois quelqu'un
14:43dans le chat qui nous dit
14:43que ça fait un peu penser
14:44à ce qui se passe
14:45au sein du Parti démocrate
14:52américain.
14:53Et il se trouve que,
14:54oui, bien,
14:54c'est à un degré moindre,
14:56parce qu'ils sont bien moins
14:58anti-libéraux
14:59au sein du Parti démocrate
15:01qu'au sein de la gauche française.
15:03Mais c'est les mêmes débats
15:03qui traversent en tout cas
15:05le Parti démocrate
15:06entre, d'un côté,
15:07Bernie Sanders
15:08et Olexandria Ocasio-Cortez
15:09et Joe Biden
15:11et Kamala Harris
15:12de l'autre.
15:13Mais en fait,
15:16tout ça,
15:16ils ont tous les deux
15:17l'envie d'avoir envie,
15:19comme on dit,
15:19Jean-Luc Mélenchon
15:20et François Hollande.
15:21C'est ce que je vous disais,
15:22François Hollande estime,
15:25comme le rapport de BFM,
15:26qu'il y aura donc
15:26deux candidatures à gauche.
15:27Et je vois que dans le chat,
15:28certains nous disent
15:28que tout ça,
15:29ça va mener à la défaite.
15:31En tout cas,
15:31c'est le risque
15:31de créer une division
15:32des voix de la gauche
15:33entre deux blocs
15:36qu'en réalité,
15:37au sein de la gauche,
15:37personne n'a envie de soutenir.
15:39Pour l'instant,
15:41il n'y a que la France insoumise
15:42qui souhaite
15:43une candidature
15:44de Jean-Luc Mélenchon
15:45et il n'y a que l'aile droite
15:46du Parti socialiste
15:47qui souhaite une candidature
15:49de François Hollande.
15:51Et puisqu'on parle du NFP,
15:53on va voir que
15:55sur le plan électoral,
15:56le NFP,
15:56ce n'est pas la folie
15:57non plus en ce moment.
15:58On va regarder d'abord
16:00un papier de l'UMA
16:00de mon collègue Anthony Cortès,
16:02puis une analyse de Mediapart
16:04sur des élections partielles,
16:07des élections législatives partielles.
16:09Et donc,
16:10le premier papier d'Anthony,
16:12« Certaines victoires
16:12sont de grande signification
16:13locale et nationale.
16:14Comment la Macronie jubile
16:15après avoir remporté
16:16deux sièges
16:16aux législatives partielles »
16:17ces dernières semaines ?
16:20Il y a eu deux élections législatives,
16:22l'une dans les Ardennes,
16:23qui était sur une circonscription
16:24qui était tenue jusqu'ici
16:25par le Rassemblement national.
16:27Et ensuite,
16:28il y en a eu une seconde
16:28qui s'est terminée dimanche
16:30dans l'Isère,
16:30qui était tenue par la gauche,
16:31par la France insoumise.
16:35Et la gauche a perdu.
16:37À nouveau,
16:38elle a perdu deux élections.
16:39Et donc là,
16:39c'est un papier qui nous dit
16:40comment le camp présidentiel
16:41interprète
16:46cette victoire
16:47qui allait à l'heure,
16:48alors qu'on les disait
16:49mort politiquement.
16:50Donc, Anthony commençait
16:51son papier en disant
16:52« De la perdition
16:53à la jubilation,
16:54il y a des chemins.
16:54Celui choisi par le camp présidentiel
16:56ne passe pas par l'humilité. »
16:58Après les élections
16:59législatives anticipées,
17:00le groupe Renaissance,
17:01donc ça c'est juste
17:02le groupe Renaissance,
17:03c'est celui
17:05d'Emmanuel Macron.
17:06En gros,
17:06ce n'est pas le modem,
17:07ce n'est pas Horizon,
17:07ce n'est pas l'ensemble du bloc,
17:08c'est celui uniquement
17:09qui est présidé par Gabriel Attal.
17:11Il était passé en juillet
17:12de 172 députés
17:14à 99,
17:14c'est-à-dire une branlée monumentale,
17:16on peut disons les termes.
17:18Entre-temps,
17:18le camp présidentiel
17:19a connu deux gouvernements,
17:20des appels à la démission
17:21d'Emmanuel Macron,
17:22venus de la gauche
17:23comme de la droite,
17:23rappelons-le,
17:24et pourtant,
17:24ça ne les a pas empêchés
17:25de gagner deux législatives
17:26partielles.
17:27Deux victoires
17:28face aux agents du chaos,
17:29a tweeté Gabriel Attal,
17:31« Nos compatriotes
17:32veulent de l'action
17:32et une France en paix.
17:34Les Français ne citeront pas
17:35nos idées
17:35de l'avenir au travail. »
17:37Jubile
17:37l'ancien Premier ministre
17:40et il se trouve
17:41que
17:43la circonscription
17:44qui nous intéresse le plus,
17:45c'est celle
17:46de l'ISER
17:48où était candidat
17:49Liès Loufoque.
17:50Il a été investi
17:51par la France Insoumise
17:52au nom du Nouveau Front Populaire.
17:53Il était d'ailleurs soutenu
17:54par quasiment
17:55tout le Nouveau Front Populaire.
17:56J'ai vu que dans le chat,
17:57on faisait référence
17:59au non-soutien
18:00de Raphaël Glucksmann.
18:02C'est le seul
18:03qui avait signé
18:03le NFP à l'époque,
18:04qui n'a pas soutenu
18:05cette candidature.
18:06Même
18:08une sénatrice socialiste
18:09Laurence Roussignol
18:09qui n'est pas vraiment
18:10fan des Insoumis
18:10est allée soutenir
18:11Liès Loufoque
18:12parce que Liès Loufoque
18:13c'est un défenseur
18:14des droits de l'enfance
18:14dont l'expertise
18:15est reconnue.
18:17Lui-même,
18:17il a un vécu
18:20difficile
18:22dont on a fait état
18:23plusieurs fois
18:24dans l'humanité.
18:25C'était lui
18:25qui représentait
18:26la gauche
18:26dans ce territoire
18:27et il l'a perdu
18:27très largement
18:30parce qu'il avait
18:31très peu
18:31de reports de voix.
18:34C'est-à-dire
18:34qu'il a fait
18:34en gros
18:35c'était 65-35
18:36alors que c'est
18:37selon Mathieu Gallard
18:38de l'Ipsos
18:39la 57ème circonscription
18:41sur la base
18:42des résultats
18:42de l'élection européenne
18:43la plus à gauche
18:44du pays.
18:45Donc ça questionne
18:47pourquoi la gauche
18:48n'a pas réussi
18:48à garder ce siège
18:49dans cette circonscription
18:51qui je le rappelle
18:51avait été gagnée
18:52par les Insoumis
18:52en juillet dernier
18:58par l'Insoumis
18:59qui s'appelait
19:00alors attendez
19:00j'ai oublié son nom
19:02c'est Hugo Prévost
19:03de mémoire
19:03je vous mets
19:04un autre article
19:04celui qui a été écrit
19:05dimanche
19:06au moment de la défaite
19:07de Liès Loufoque
19:10et voilà
19:10Hugo Prévost
19:11qui a accusé
19:12d'agressions sexuelles
19:13et sexistes
19:13qui avait démissionné
19:14en octobre dernier
19:15et donc
19:16qui avait occasionné
19:17une législative partielle
19:18donc voilà
19:19on se rend compte
19:20qu'il y a vraiment
19:20un très mauvais score
19:22pour la gauche
19:22parce qu'il accusait
19:23notamment Liès Loufoque
19:24en dehors de Grenoble
19:25parce que ça se passait
19:26en partie sur Grenoble
19:279000 voix de retard
19:29dans l'ensemble
19:29des communes
19:30autour de Grenoble
19:31qui étaient concernées
19:32par cette élection
19:34donc c'était vraiment
19:35vraiment très très compliqué
19:36pour lui
19:36et Mediapart
19:38en fait une analyse
19:40c'est leur journaliste
19:42et chercheur
19:44Fabien Escalona
19:45qui le fait
19:46et donc qui explique
19:46pourquoi Liès Loufoque
19:48a subi une lourde défaite
19:50face à Camille Galliard-Mignier
19:52qui était la suppléante
19:53jusqu'ici
19:53de Olivier Véran
19:55lorsqu'il a été
19:56ministre
19:56notamment
19:57de la santé
19:58donc Mediapart
19:59nous dit
19:59que c'est une nouvelle claque
20:00pour le nouveau front populaire
20:03et
20:05essaie de l'expliquer
20:06pourquoi
20:08alors que Camille
20:09Gaillard-Mignier
20:11qui est en réalité
20:11une pure incarnation
20:12du macronisme
20:13elle a essayé
20:13d'afficher des convictions
20:14dites pragmatiques
20:16social-démocrates
20:17c'est-à-dire qu'elle voulait
20:17renier sur la gauche
20:18pour essayer de récupérer
20:19des voix
20:21donc elle
20:21elle retrouve son siège
20:22elle a réalisé
20:23un score assez élevé
20:24dans les communes
20:25bourgeoises
20:26hors du centre-ville
20:27entre 75 et 80%
20:28on a une carte ici
20:29on voit comment
20:30comment se divise le territoire
20:33en gros on a Grenoble
20:34où
20:34Lieslou Foc
20:35est arrivé de très peu en tête
20:37il est arrivé à 50,10% en tête
20:40et par contre
20:41en dehors
20:41plus on s'éloigne
20:43du centre de Grenoble
20:44plus
20:44elle fait des scores
20:45stratosphériques
20:46jusqu'à faire 80%
20:48quasiment dans la commune
20:49de Ber
20:50c'est Bernin
20:51Bernin
20:51Bernin
20:52et donc
20:53que s'est-il passé
20:54la France Insoumise
20:55dit
20:56que c'est lié
20:57au contexte
20:58de force d'abstention
20:59et les reports
21:01massifs de voix
21:02de l'extrême droite
21:02et la responsabilité
21:03de Raphaël Guzman
21:04qui n'a pas soutenu
21:05le candidat
21:05voilà c'est comme ça
21:06qu'on explique
21:07selon la France Insoumise
21:08le résultat
21:10parce qu'en général
21:11lors des élections
21:12législatives partielles
21:13la participation
21:13est beaucoup
21:14beaucoup plus faible
21:15elle était par exemple
21:16de 75%
21:17en juillet
21:18lors de l'élection normale
21:19par contre là
21:20la partielle
21:21elle était très basse
21:22le chiffre est cité
21:24un peu plus loin
21:24dans le papier
21:24mais Mediapart nous dit
21:25que ça ne suffit pas
21:26à expliquer évidemment
21:27cette défaite
21:29un élu de gauche
21:30dit qu'en réalité
21:31c'est une circonscription
21:33structurellement de droite
21:34et qu'elle n'avait été acquise
21:35à la faveur
21:36qu'à la faveur
21:36d'une triangulaire
21:38en 2024
21:40et en fait
21:41la conséquence
21:42d'une faible participation
21:43c'est que
21:43pour atteindre le deuxième tour
21:44il faut non pas
21:45il faut réunir
21:45un certain nombre
21:46d'inscrits
21:47sur la liste électorale
21:48il faut un pourcentage
21:49du nombre d'inscrits
21:49pour pouvoir espérer
21:50atteindre le second tour
21:51ce qui n'est pas le cas
21:52lorsque l'abstention
21:54est très très faible
21:54elle est très forte
21:56et donc on peut constater
21:58que la participation
21:58a été partout supérieure
21:59en dehors de la partie
22:01grenobloise
22:01et donc en effet
22:02la France insoumise
22:03n'a pas réussi
22:03malgré les nombreuses
22:05visites
22:06des cadres de la gauche
22:08beaucoup de députés
22:09de la France insoumise
22:10évidemment
22:10Marine Thondelier
22:11y est allée
22:11Lucie Casté
22:12la première ministrable
22:13du NFP
22:13y est allée
22:14il y a eu la communiste
22:15à les affossillons
22:15je vous l'ai dit
22:16on a eu la socialiste
22:17Laurence Rossignal
22:18etc.
22:18beaucoup de gens
22:19ont été mobilisés
22:19mais en tout cas
22:21il y a eu de l'abstention
22:22mais ce n'est pas
22:23le seul critère
22:26alors
22:26si on s'avance
22:27pardon
22:27j'ai perdu l'endroit
22:28que je voulais vous montrer
22:30en fait
22:31ce qui a surtout manqué
22:32aussi
22:32durant la campagne
22:34c'est que
22:36en tout cas
22:37estiment les socialistes
22:38que l'un des leurs
22:39aurait été plus à même
22:40de mener la campagne
22:41pour permettre
22:42un meilleur report des voix
22:43les insoumis
22:44ils analysent ça
22:44les socialistes
22:45ils pensent que c'est le rejet
22:46de LFI
22:47qui a parlé
22:49et donc
22:50les médias partenaires
22:50nous dit que l'hypothèse
22:51est impossible à vérifier
22:52l'ampleur de la défaite
22:53de Lies Loufoque
22:54qui était lui-même
22:55un candidat d'ouverture
22:55parce que lui
22:56il n'est pas
22:56c'est pas un cadre
22:57de la France insoumise
22:58mais lui
22:58il vient en tant que
22:59société civile organisée
23:02pour être candidat
23:03donc ainsi
23:03tu as pensé
23:04que n'importe quelle
23:04sensibilité de gauche
23:05il serait de toute façon
23:06cassé les dents
23:06nous écrit
23:07qui nous écrit
23:08Mediapart
23:09il dit au passage
23:10que Lucie Casté
23:10qui avait été
23:11pressentie pour être
23:12candidate
23:12a postériori
23:14dû se dire
23:15qu'elle a bien fait
23:15de ne pas être venue
23:17y chercher sa légitimité
23:18électorale
23:19il est tout de même
23:19frappant d'observer
23:20qu'entre deux jours
23:21la participation
23:21a davantage augmenté
23:22dans les communes
23:23non grenobloises
23:24hostiles à la gauche
23:25donc a priori
23:27c'est qu'il doit y avoir
23:27quand même
23:28un réflexe anti-gauche
23:29aujourd'hui
23:30un phénomène
23:31de diabolisation
23:32de la gauche
23:33menée de concert
23:34par le camp présidentiel
23:36et le rassemblement national
23:37qui fonctionne
23:39voilà
23:39en tout cas
23:40je vous encourage
23:41à aller lire
23:42cette analyse
23:44de Mediapart
23:46qui montre
23:47que les reports
23:49de voix à gauche
23:49ne se sont pas faits
23:51et que la gauche
23:51n'a pas suffisamment
23:52mobilisé son camp
23:53contrairement
23:54à l'électorat macroniste
23:55qui lui vote davantage
23:56qui est plus âgé
23:57plus bourgeois
23:58et qui lui vote
23:59voilà
24:00voilà
24:00pour
24:02pour la question
24:03de la gauche
24:04évidemment
24:05on va
24:05on va
24:08plus
24:09parler de la gauche
24:10évidemment
24:10à chaque fois
24:12sur ces revues de presse
24:13on va faire en sorte
24:14de continuer
24:15à vous faire
24:16la chronique
24:17des désaccords
24:18mais aussi désaccords
24:19en un et deux mots
24:21de cette gauche
24:23qui continue
24:24de réclamer le pouvoir
24:25de continuer
24:25à se battre
24:26pour faire en sorte
24:27que la France
24:28ne soit pas condamnée
24:29à subir une politique libérale
24:31de récord
24:31de la gauche