- il y a 17 heures
Bien que la France ait été reléguée au 23ᵉ rang européen, avec 2 709 enfants qui perdent la vie avant leur premier anniversaire, le ministère de la Santé refuse de rendre public un rapport éclairant de l’Igas qui contredit les politiques menées depuis plus de vingt ans.
Décryptage avec Anthony Cortes, journaliste à l'Humanité et auteur de « 4,1. Le scandale des accouchements en France », et Émilio Meslet, grand reporter au service politique de l'Humanité.
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NewsTranscription
00:01Protège-t-on assez les nouveaux-nés ? Non, selon l'inspection générale des affaires sociales, l'IGAS, dans un
00:07rapport sur la mortalité infantile,
00:08un rapport qui lui est resté dans les tiroirs du gouvernement pendant plus de 7 mois, alors que la France
00:13fait partie des pays ayant le plus fort taux de mortalité au sein de l'Union Européenne.
00:17Avec nous pour en parler, Anthony Cortez. Salut Anthony.
00:19Salut.
00:19Alors tu es journaliste à l'Humanité, mais également co-auteur, avec le journaliste Sébastien Lerquin, d'un livre-enquête,
00:274,1, le scandale des accouchements en France, paru l'an passé chez Boucher-Chastel.
00:32Alors Anthony, première question, pourquoi ce rapport a-t-il pris la poussière et surtout, qu'est-ce qu'on
00:38y trouve ?
00:38Alors ce rapport, il a pris la poussière d'abord parce qu'il est un petit peu dérangeant pour le
00:42gouvernement.
00:43D'abord, il tacle très largement les politiques qui ont pu être menées depuis une vingtaine d'années.
00:49Et en particulier, les deux mandats d'Emmanuel Macron.
00:53En gros, ce rapport pointe une absence absolue de gouvernance et une absence de prise de conscience aussi de l
00:59'urgence et de l'importance justement d'apporter une réponse à la hauteur.
01:05Et puis ensuite, il est aussi dérangeant pour le gouvernement parce qu'il va à rebours des dogmes que défend
01:12la Macronie en général.
01:13La Macronie est son allié, ses alliés de droite parce qu'il explique notamment que la question de la mortalité
01:23infantile ne s'explique pas seulement par l'absence, disons, d'une politique pour concentrer l'offre de maternité dans
01:31les grandes structures,
01:31comme ça peut être le cas en Suède.
01:34Et il explique justement qu'on observe des disparités territoriales avec des départements très fournis en maternité de type 2
01:43et 3,
01:43c'est-à-dire qu'elles sont pourvues pour répondre aux cas les plus critiques, les plus urgents.
01:49Et pourtant, il y a un fort taux de mortalité infantile dans ces départements.
01:53Il y a un gros travail de data qui est fourni dans ce rapport, un rapport qu'on s'est
01:58procuré.
01:59Il est là et il explique notamment, voilà, qu'il y a tout un ensemble de raisons.
02:05Il y a d'abord celles qu'on connaît, c'est-à-dire des raisons plutôt individuelles.
02:10Il explique qu'il y a l'élévation de l'âge moyen des femmes enceintes qui est problématique.
02:15Il est passé de 29 ans en 2010 à près de 31 ans en 2019.
02:21Ensuite, il explique qu'il y a beaucoup plus de grossesses multiples aussi ces dernières années,
02:27ce qui amène davantage de risques.
02:30Beaucoup de prévalences de pathologies maternelles, de plus en plus.
02:33Et surtout, il y a le poids de la précarité, notamment.
02:38Alors ça, on le savait un petit peu parce que c'était déjà mis en avant par le gouvernement,
02:41par les différentes autorités médicales.
02:45Mais ce qu'il explique ensuite, c'est que sur la question des fermetures,
02:51là, je l'ai déjà expliqué.
02:53Mais ensuite, il explique qu'il y a un gros problème de prévention.
02:57Et ça, on l'entend beaucoup moins dans le débat public.
03:00On en parlera peut-être un peu plus en longueur tout à l'heure.
03:02Mais voilà, il explique que de ce côté-là, il y a une absence d'action et qu'elle est
03:06urgente.
03:07Et est-ce que ce rapport de Ligas, déjà, recoupe le travail d'enquête que vous aviez fait avec Sébastien
03:12?
03:12Est-ce qu'il dit la même chose que vous ?
03:14Vous convergez ? Est-ce que vous êtes les seuls à converger, seuls contre tous ? Comment ça se passe
03:18?
03:18En fait, oui, on converge complètement avec les données et les conclusions de Ligas.
03:23Et quelque part, on ne va pas se mentir, ça fait du bien.
03:25Parce que notre enquête, elle était bien accueillie par les sages-femmes,
03:31notamment différentes organisations représentatives du secteur de la maternité et de la prévention.
03:36Mais on se heurtait bien souvent à l'opposition de l'Académie de médecine.
03:40Parce que l'Académie de médecine, elle a une obsession, c'est de vouloir fermer le plus de maternités,
03:44le plus de petites maternités possibles.
03:46Elle a un plan, notamment, c'est fermer les maternités qui font moins de 1000 accouchements.
03:50Ce qui créerait...
03:51Par an.
03:51Par an.
03:52Voilà, oui, bien sûr, par an.
03:53Ce qui provoquerait la fermeture de 111 maternités en France.
03:58Et donc, ce qui augmenterait, évidemment, les déserts médicaux, alors que c'est déjà largement un problème.
04:03Et en fait, oui, on converge et on se retrouve.
04:06Parce qu'il y a évidemment le fait de poser un constat clair sur la situation économique et sociale, évidemment,
04:13du pays.
04:14Évidemment que ça a des raisons, la question de pathologie.
04:16Mais il y a aussi la question des conditions d'accueil et des conditions d'accouchement aussi.
04:22Et il explique que si les petites maternités ne sont pas en reste, évidemment, sur les difficultés,
04:27beaucoup de petites maternités présentent de grandes difficultés, ont du mal à recruter et donc présentent certains risques.
04:32Les grandes ne sont pas en reste.
04:36Et en fait, il pointe complètement qu'il y a des difficultés dans tout le secteur
04:41et que le problème est structurel et pas uniquement individuel.
04:44Et ça, c'est quelque chose que le gouvernement ne voulait pas totalement assumer ces derniers temps.
04:48Il y a un chiffre que je suis allé chercher dans un rapport du Sénat qui est très facilement accessible.
04:52C'est très compréhensible aussi.
04:53En 25 ans, la France a perdu un tiers de ses maternités.
04:58Quelles conséquences ça a et comment on en est arrivé là, en fait ?
05:02Alors d'abord, je vais commencer par ta deuxième question.
05:04Comment on en est arrivé là ?
05:05Parce que c'est important de dézoomer, disons, pour essayer de comprendre où on en est.
05:09En 50 ans, 75% des maternités ont fermé.
05:12Alors, on peut voir ça comme une saignée, mais à l'origine, c'est compréhensible.
05:17C'est-à-dire qu'en fait, il fallait rehausser les standards de sécurité.
05:20On est passé de 1369 maternités en 75 à 457 maternités aujourd'hui.
05:26Mais plus grosses, j'imagine.
05:27Mais plus grosses, évidemment plus grosses.
05:29Oui, parce qu'à l'époque, c'était parfois des maternités avec une sage-femme uniquement.
05:33Et en fait, voilà, ce mouvement de fermeture, c'est aussi accompagné de réformes aussi
05:39pour structurer l'accompagnement, pour mettre en place des quotas de soignants aussi,
05:44de spécialités obligatoires, ce qu'on appelle la triple permanence des soins notamment.
05:49Donc, c'était une politique qui a été menée dans les années 70 et qui était une bonne politique à
05:53l'origine.
05:53Le problème, c'est à la fin des années 90, où en fait, on a voulu accompagner,
05:58voire même accélérer cette politique-là, mais sans penser à l'équilibre territorial.
06:02Et donc, ça a créé des déséquilibres, ça a créé des départements avec une seule maternité.
06:08Des départements même pourraient se retrouver, si on suit les plans de l'Académie de médecine,
06:11avec aucune maternité.
06:13Je pense notamment au Lot, je pense notamment à la Lozère.
06:17Et ça, l'IGAS le dénonce très largement.
06:21Ce qui fait qu'en fait, aujourd'hui, on a un nombre très important de femmes
06:26qui habitent à plus de 45 minutes d'une maternité.
06:28Et d'ailleurs, entre 2000 et aujourd'hui, le taux de femmes qui habitent à plus de 45 minutes d
06:32'une maternité a bondi de 40%.
06:34Donc, ce qui dit, ce qui explique à quel point, en fait, on a voulu fermer pour des bonnes raisons
06:39à l'origine,
06:40mais sans planification, on s'est laissé complètement déborder par ce plan.
06:44Et à la fin, c'est les femmes qui en paient le prix et leur bébé.
06:48Tout à l'heure, tu parlais aussi d'un problème de prévention.
06:52Pourquoi il y a un problème de prévention, selon toi ?
06:54Alors, il y a un problème de prévention, d'abord, parce que la prévention, c'était un de nos fleurons.
07:00Enfin, vraiment, c'était une fierté française, dans le sens où...
07:02Ça consiste en quoi, déjà ?
07:03Alors, en fait, c'est au carrefour du sanitaire et du social.
07:07Aujourd'hui, c'est sous l'autorité des départements.
07:09Donc, c'est un service public qui est censé apporter à toutes un accompagnement
07:14du premier jour de la grossesse jusqu'au dernier et même après.
07:19C'est-à-dire qu'il y a même un accompagnement après l'accouchement.
07:21Et donc, voilà, c'est pour toutes, mais en particulier pour les femmes qui ont des difficultés à être suivies,
07:29qui présentent certaines pathologies aussi, et le plus souvent, qui présentent aussi des difficultés socio-économiques.
07:35Le problème, c'est que ces PMI, elles sont en grande difficulté.
07:38On en parle régulièrement à l'humanité, avec ces restrictions budgétaires.
07:43Évidemment, elles en paient largement le prix, avec des conséquences.
07:46C'est-à-dire qu'on suit beaucoup moins les mères et on suit beaucoup moins les enfants.
07:49Il y a un rapport de la députée, ex-députée Michel Perron, qui dit, en gros,
07:56qu'en fait, elle quantifie qu'en 1995, 900 000 enfants étaient suivis.
08:01Et en 2016, on est à 550 000, donc on est à moins de 45%.
08:06Et c'est la même chose sur les visites à domicile.
08:09Du côté des mers, on était en 1995 à 264 000.
08:13Et en 2016, on est à 188 000.
08:17Et là, c'était qu'en 2016.
08:18Évidemment, ça s'est largement accéléré depuis.
08:22Et c'est un immense problème, parce qu'en fait, ça nous permettait d'avoir une forme de filet de
08:27sécurité
08:27pour répondre aux besoins les plus critiques.
08:30Et ça permettait aussi, en amont, d'amener une certaine information, d'amener la sensibilisation, de rassurer aussi,
08:38ce qui permet aussi de réduire les cas de dépression postpartum.
08:42Bref, la prévention est un maillage essentiel et on l'a trop délaissé en France.
08:47Et d'où l'alerte de l'IGAS aujourd'hui avec ce rapport.
08:50On aurait peut-être dû commencer par là.
08:52J'ai parlé de ton livre 4,1.
08:54Il correspond à quoi ce chiffre ?
08:56Pourquoi est-ce que c'est le titre du bouquin ?
08:57Alors pourquoi c'est le titre du bouquin ?
08:59Parce que 4,1, c'est le taux de mortalité infantile en France.
09:024,1 décès pour 1 000 naissances vivantes.
09:07En fait, on avait un taux en France de 3,5 pour 1 000 en 2011.
09:12Il est monté à 4,1 en 2024.
09:15Il n'a toujours pas bougé depuis.
09:18Et c'est ce qui fait qu'on est classé à la 23ème place sur 27 au niveau européen.
09:23Donc entre la Pologne et la Bulgarie, on est à égalité avec la Croatie.
09:26Ce qui dit beaucoup de notre décrochage.
09:30Et 4,1 derrière ce chiffre-là, 4,1 pour 1 000,
09:32c'est près de 2700 bébés qui ne peuvent pas naître chaque année en France.
09:37Sachant qu'Emmanuel Macron a posé le défi démographique comme un enjeu central.
09:42Je crois que répondre à la mortalité infantile est un défi particulièrement urgent.
09:47Mortalité infantile, c'est avant la première année, c'est ça ?
09:50C'est ça, exactement.
09:51C'est avant la première année.
09:52Mais 75% des décès ont lieu dans le premier mois.
09:55Donc voilà, c'est vrai que c'est jusqu'à la première année.
10:00Mais sachant que 75% ont lieu dès le premier mois,
10:03ça pose la question de l'accompagnement,
10:04ça pose la question de la maternité, des conditions d'accouchement,
10:06et puis des premiers jours.
10:08Qu'est-ce qu'attendent les acteurs du secteur ?
10:11Alors les acteurs du secteur,
10:12ils ont certaines attentes qui sont très claires.
10:15Alors il y a pas mal de débats évidemment entre les acteurs,
10:17mais il y a des pistes de solutions qui font plutôt l'unanimité.
10:22D'abord, il y a la mise en place d'un registre de naissance.
10:25Alors qu'est-ce qu'un registre de naissance ?
10:27En fait, ce serait une base de données qui recouperait toutes les bases de données existantes en France,
10:32parce qu'il faut savoir qu'en France, il y a une multitude de bases de données,
10:35mais elles ne sont pas regroupées.
10:36Et tout cela, mis bout à bout, rassemblé,
10:40permettrait d'avoir une base de données qui ferait qu'on puisse comprendre
10:43pourquoi on meurt à tel endroit,
10:46pour quelles raisons, dans quel type de maternité, etc.
10:49Bref, d'établir une forme de panorama ou de thermomètre,
10:54comme vous voulez, en temps réel,
10:55ce qui permettrait de guider la politique publique,
10:58c'est-à-dire qu'elle permettrait d'apporter des réponses immédiates,
11:00mais aussi de planifier en fonction de ces résultats.
11:04Il faut savoir que les meilleurs pays européens,
11:07je pense à la Suède, je pense même à l'Estonie,
11:11ont ce registre de naissance.
11:12Et forcément, on est obligé de faire un lien entre leurs bons résultats
11:16et cette capacité à se doter de cet outil qui est essentiel.
11:21Donc, pourquoi ça n'a pas été mis en place en France pour des questions budgétaires,
11:25là encore, pour des questions budgétaires,
11:27puis après des questions de philosophie aussi,
11:29sur la question des données, du secret des données, etc.
11:31Mais c'est surtout des questions budgétaires,
11:34on a cru à une bonne nouvelle il y a quelques mois,
11:36c'est-à-dire qu'à la fin de l'année dernière,
11:39c'était la ministre de la Santé à l'époque,
11:40je n'ai plus le nom parce qu'elle s'enchaîne très largement,
11:43mais avait annoncé la mise en place d'un registre de naissance,
11:46bon, on l'attend toujours.
11:48Ensuite, comme autre piste pour répondre à tout cela,
11:52il y a évidemment mettre de l'argent dans la prévention,
11:56réimplanter des centres de protection maternelle et infantile,
12:00et puis il y a aussi la question du moratoire sur les petites maternités.
12:03– Ça avait été voté par l'Assemblée nationale il y a à peu près un an ?
12:06– Exactement.
12:06– Sur l'initiative d'un député Liot, c'est ça ?
12:08– C'est ça, exactement, Paul-André Colombani.
12:10Ça avait été voté par à peu près tous les groupes,
12:15sauf, les rangs étaient plutôt clairsommés,
12:17du côté de la Macronie du côté du RN,
12:18mais sinon ça avait été voté à peu près par tous les groupes.
12:20On en est où ?
12:21C'est bloqué à l'entrée du Sénat, en fait,
12:23parce que Paul-André Colombani m'a expliqué
12:24qu'il a du mal d'abord à trouver des relais au Sénat,
12:27et puis ensuite il a fait face à une offensive,
12:30une véritable offensive des lobbies médicaux,
12:32en particulier des gynécologues obstétriciens
12:34qui sont évidemment en campagne pour fermer les petites maternités.
12:39Donc il a eu beaucoup de mal,
12:41et puis aussi il a fait face au manque de volonté du camp gouvernemental,
12:44parce que là aussi, ça contredit la position de la Macronie
12:49et du gouvernement en général de vouloir fermer les petites structures.
12:52– Parce qu'il faut le dire,
12:53c'est le gouvernement qui choisit ce qui est inscrit à l'ordre du jour
12:55des deux chambres parlementaires, de l'Assemblée et du Sénat,
12:58et donc en l'occurrence là,
12:59ils ont fait le choix de ne pas l'inscrire à l'ordre du jour,
13:02ce qui laisse seulement la possibilité aux groupes d'opposition
13:03de l'inscrire dans leur niche parlementaire.
13:05Mais faut-il encore trouver, en l'occurrence là,
13:08des sénateurs pour pouvoir l'inscrire parmi tous les autres sujets ?
13:11Le gouvernement, tu l'as dit, avait promis un plan de prénatalité
13:16avec quelques mesures que tu évoquais.
13:18Pareil, c'en est où ?
13:19– Alors là, un peu de la même façon, c'est un petit peu en jachère,
13:24disons, c'est suspendu, on attendait ce plan-là pour la fin du mois de juin,
13:30on l'attend toujours, tout ce qu'on a eu,
13:31c'est un communiqué du ministère de la Santé en disant qu'il arrivait
13:34et qu'il avait réuni un certain nombre de professionnels
13:37et qu'il les avait entendus,
13:39mais on n'a toujours pas de mise en place effective
13:41au-delà de déclarations d'intention et d'effets de communication.
13:44Donc, d'où je pense l'alerte de l'IGAS.
13:49Alors, ce rapport de l'IGAS, il a été rendu en janvier,
13:52il est resté dans les tiroirs pendant un certain temps,
13:53mais s'il a été fourni aux canards enchaînés,
13:55je ne sais pas par qui, mais ce n'est pas un hasard,
13:57c'est parce qu'on s'impatiente, forcément, il faut une réponse immédiate.
14:01– Merci Anthony.
14:02Je le rappelle, ton livre avec Sébastien Lerquin,
14:054,1, le scandale des accouchements en France,
14:07chez Boucher-Chastel,
14:08qui est trouvable dans toutes les bonnes librairies,
14:10ou sinon, s'il n'y a pas demandé à votre libraire.
14:13Merci à vous d'avoir regardé cette vidéo,
14:15abonnez-vous, faites des dons, on a besoin de vous,
14:17et à bientôt.
14:24– Sous-titrage ST' 501