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00:00:03...
00:00:13Nous avons quatre cibles ce matin.
00:00:17On en est à 1500 arrestations par jour.
00:00:21Hey ! On the ground !
00:00:26Donc nous avons des vols d'expulsion quotidiens.
00:00:34Des fois, quand je rentre de l'école, je suis inquiète parce que je ne sais pas si ma mère
00:00:38sera là.
00:00:41Les méchants gâchent la vie des autres et on n'aime pas ça.
00:01:04C'est la voiture noire, là, sur la route.
00:01:14Avant, j'allais au parc.
00:01:20Mais maintenant, je ne sais pas où elle est.
00:01:22Je suis coincée à la maison.
00:01:26À mesure que la police de l'immigration, ICE, déploie ses opérations, deux Amériques se font face.
00:01:33L'une traque, l'autre se taire et retient son souffle.
00:01:41Nous voulons chasser ces gens de nos rues et de nos quartiers, les renvoyer dans leur pays, pour que nos
00:01:46citoyens vivent en sécurité.
00:01:49Police !
00:01:56Depuis janvier 2025, Donald Trump mène une offensive historique contre l'immigration,
00:02:03avec pour objectif un million d'expulsions par an.
00:02:12Idéologiquement, il faut croire en notre mission.
00:02:14C'est un super boulot, c'est bien payé, c'est stimulant et différent chaque jour.
00:02:18Aucun cas ne se ressemble.
00:02:22J'ai rêvé qu'il tuait ma mère avec un pistolet.
00:02:26C'était ça, mon rêve.
00:02:35Qui peut se croire encore à l'abri, quand des civils meurent, victimes de cette guerre contre l'immigration.
00:02:44L'affrontement n'est plus à venir, et avec lui, c'est la démocratie américaine qui vacille.
00:02:50L'affrontement n'est plus à venir, c'est la démocratie qui vacille.
00:03:20Nous ne devons pas être invadés, nous ne devons pas être occupés.
00:03:26Nous allons commencer le processus de retourner millions et millions de aliens criminaux
00:03:31à la place de qui ils sont arrivés.
00:03:35L'affrontement n'est plus à venir.
00:03:56L'affrontement n'est plus à venir.
00:04:10Je m'appelle Miles Taylor. J'étais le chef de cabinet du département de la sécurité intérieure pendant la première
00:04:19administration Trump.
00:04:32Régulièrement, des gens que je ne connais pas me contactent des quatre coins du pays et me menacent violemment.
00:04:55Ce n'est pas seulement un problème pour moi, ça l'est aussi pour ma femme et ma fille.
00:05:01Nous avons dû acheter des armes.
00:05:05Où que l'on soit dans la maison, il ne nous faut pas plus de cinq secondes pour avoir une
00:05:09arme chargée en main.
00:05:13Ça vous donne une idée de la gravité des menaces.
00:05:16Pourquoi ces menaces ? Parce que j'ai pris la parole.
00:05:20Pour dénoncer la présidence de Donald Trump.
00:05:36Critiquer, ce n'est plus toléré dans ce pays.
00:06:03Avant de devenir l'ennemi numéro un de Donald Trump,
00:06:06Miles Taylor sert son administration.
00:06:10En 2017, il entre au ministère de la sécurité intérieure, le DHS, dont dépend ICE.
00:06:18Deux ans plus tard, il en devient le chef de cabinet.
00:06:22Je suis entré dans l'administration Trump, en républicain convaincu, avec la volonté de voir le président réussir.
00:06:29Je ne me faisais aucune illusion sur ce qu'il était, mais je pensais que la fonction présidentielle allait là
00:06:35s'agir.
00:06:36Ça n'a pas été le cas.
00:06:37Ça n'a pas été le cas.
00:06:38Hey, I'm president !
00:06:40Can you believe it, right ?
00:06:42I don't know.
00:06:44Une seule chose comptait pour lui, immigration, immigration, immigration, immigration.
00:06:49Nous avions des réunions dans le bureau Oval pour parler des pays dont il voulait bloquer les ressortissants.
00:06:56Il disait, je ne veux aucun migrant d'Ethiopie.
00:07:00Je ne veux aucun migrant de Somalie.
00:07:03Aucun migrant d'Haïti.
00:07:07Les seuls migrants qu'il trouvait grâce à ses yeux, c'était ceux qui venaient de pays comme le Danemark,
00:07:13la Finlande, l'Islande, la Norvège et la Suède.
00:07:19Les migrants pauvres, noirs ou métisses n'étaient pas les bienvenus.
00:07:22Les migrants, selon lui, beaux et blancs, avaient le feu vert.
00:07:28En janvier 2017, cinq jours après son investiture, Donald Trump active une agence fédérale méconnue du grand public.
00:07:38Trois lettres, ICE, pour Immigration and Customs Enforcement.
00:07:44La police de l'immigration.
00:07:47Il lui assigne une mission, verrouiller la frontière sud, principale porte d'entrée pour les migrants d'Amérique latine.
00:07:54Le président des Etats-Unis voulait que nous envisagions de tirer sur des gens à la frontière mexicaine.
00:08:04Nous lui avons répondu, monsieur le président, tirer sur des civils non armés serait un crime.
00:08:09Il a répondu, alors ne les tuez pas, tirez-leur dans les jambes.
00:08:19C'est à ce moment-là que j'ai su avec certitude que je devais quitter l'administration Trump.
00:08:30Aujourd'hui, sans personne pour lui dire la vérité et l'empêcher de violer la loi,
00:08:35nous avons un président engagé dans une véritable fuite en avant.
00:08:44Dans ce second mandat, Donald Trump est passé à la mise en œuvre de politiques publiques impulsives,
00:08:51dangereuses et souvent illégales.
00:08:58Quelques semaines après sa réélection, en 2025,
00:09:02Donald Trump donne les pleins pouvoirs à ICE.
00:09:08Dès lors, ce n'est plus la frontière qu'il faut tenir,
00:09:11c'est le pays entier qu'il faut purger.
00:09:19Je m'appelle Todd Lyons, je suis directeur de ICE,
00:09:22l'agence fédérale chargée de l'immigration et des douanes.
00:09:25Nous aimons dire que le président nous a donné les coups des franches.
00:09:29Depuis le début de l'année, le département de la sécurité intérieure,
00:09:32qui englobe ICE, les douanes et la protection des frontières,
00:09:35a procédé à l'éloignement de plus de 713 000 immigrés en situation irrégulière.
00:09:47ICE et le département de la sécurité intérieure ont été créés à la suite des attentats du 11 septembre.
00:09:52De nombreuses défaillances sont apparues au grand jour.
00:09:56Certains terroristes avaient dépassé la durée autorisée de leur visa.
00:09:59Ils se trouvaient illégalement sur le territoire et nous étions passés à côté.
00:10:03Les différentes agences ne communiquaient pas réellement entre elles.
00:10:21En une génération, le département de la sécurité intérieure a glissé d'un ennemi à un autre.
00:10:29Hier, les réseaux djihadistes, aujourd'hui, les migrants.
00:10:36Toujours, au nom de la sécurité nationale.
00:10:41Si l'occasion se présente d'en attraper, on en attrape.
00:10:46Moi, j'aime ce genre d'opération, alors je serai avec vous, les gars.
00:10:49Soyez prudents.
00:10:51Vous avez des caméras, assurez-vous qu'elles soient bien allumées.
00:10:55Allez, au travail.
00:10:56Allons faire de bonnes arrestations.
00:11:01En un an, le budget d'ICE a triplé.
00:11:0675 milliards de dollars.
00:11:09C'est la plus grosse somme jamais accordée à une police américaine.
00:11:12Six fois plus que le FBI et la DEA réunies.
00:11:19On est à combien de temps de la cible ?
00:11:2125 minutes.
00:11:22Encore.
00:11:26Le président Trump nous a offert une loi.
00:11:28Elle s'appelle la Grande et Belle Loi.
00:11:31Grâce au financement qu'elle a débloqué, nous avons recruté plus de 10 000 agents chargés des expulsions.
00:11:36On sera bientôt l'une des plus grandes agences de maintien de l'ordre du pays.
00:11:49Maintenant, quand on part sur une cible, on peut se déployer dans un quartier avec des effectifs très importants.
00:12:10L'administration a fixé de nouvelles cibles.
00:12:13Les sans-papiers, parfois installés depuis longtemps.
00:12:16Les demandeurs d'asile en attente ou certains visas temporaires, révoqués par Donald Trump.
00:12:27Marie ?
00:12:28Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:12:30Ils m'ont attrapé.
00:12:33Ah, ils se t'ont attrapé ? Mais pourquoi tu n'as pas couru ?
00:12:36Je n'ai pas pu, ils étaient déjà sur moi.
00:12:39Je vais regarder sur notre compte si on a encore de l'argent pour payer l'avocat.
00:12:44Qui est cet enfant ? C'est son fils ?
00:12:46Comment s'appelle-t-il ?
00:12:48Santos.
00:12:49Il va à l'école ?
00:12:50Oui.
00:12:52Quel âge a-t-il ?
00:12:5314 ans.
00:12:58Nous avons attrapé une cible collatérale.
00:13:02On l'emmène.
00:13:04Quand vous séjournez illégalement aux Etats-Unis, chaque jour passé sur le territoire constitue un crime.
00:13:18Je m'appelle Jonathan Blitzer.
00:13:22Je travaille pour le New Yorker, où je couvre les questions d'immigration américaine et ICE depuis plus de 10
00:13:29ans.
00:13:32Le système d'immigration relève du droit civil.
00:13:35Les crimes, eux, relèvent de la justice pénale.
00:13:40Pourtant, l'administration entretient cyniquement la confusion entre les deux.
00:13:50Faire croire, par exemple, qu'une personne entrée aux Etats-Unis pour demander l'asile, mais dont la demande n
00:13:56'a pas encore été examinée, est un criminel et faux.
00:14:00C'est un mensonge.
00:14:07Tout régime qui veut s'en prendre à la démocratie commence par s'attaquer à l'immigration.
00:14:13C'est là où les gouvernements testent jusqu'où ils peuvent aller et amorcent leur bascule autoritaire.
00:14:23Et pour moi, c'est totalement inédit.
00:14:31L'administration républicaine envoie les contingents d'ICE dans les grandes villes américaines en priorité des bastions démocrates.
00:14:39Après Los Angeles, Chicago, la Nouvelle-Orléans, en décembre 2025, c'est une ville progressiste au nord du pays qui
00:14:48se retrouve dans le viseur.
00:14:583 000 agents fédéraux fondent sur Minneapolis.
00:15:02C'est le plus grand déploiement anti-immigration de l'histoire du pays.
00:15:24Je regarde si mes voisins savent pourquoi il y a un hélicoptère.
00:15:28On a un groupe WhatsApp du quartier.
00:15:34Non, personne ne semble savoir pourquoi il y a un hélicoptère.
00:15:55La peur est palpable.
00:15:57On regarde constamment par-dessus notre épaule.
00:16:01Et je dis ça en tant que personne blanche.
00:16:04Je regarde par-dessus mon épaule parce que je veux pouvoir alerter les autres si je vois des agents d
00:16:09'ICE.
00:16:20Ma vie personnelle a été bouleversée.
00:16:23Ça a commencé en décembre dernier,
00:16:26quand une mère de l'école de mes enfants m'a contactée pour la première fois
00:16:31pour me demander si je pouvais déposer ces enfants à l'école
00:16:33parce qu'elles ne se sentaient pas à l'aise de sortir et de les accompagner.
00:16:42« Passe une bonne journée ! »
00:16:47« Bye ! »
00:16:49« Ready ! »
00:16:52Et je me suis dit,
00:16:53cette mère considère que sa meilleure option
00:16:56est de confier ses enfants à une inconnue,
00:16:59tellement elle est terrorisée.
00:17:02« Passe une merveilleuse journée, je t'aime ! »
00:17:06« Je t'aime. »
00:17:08« Et maintenant,
00:17:14nous accompagnons plus de 300 élèves à l'école chaque jour.
00:17:19Je ne connais personne dans mon quartier qui ne se rende pas utile. »
00:17:30L'assaut sur Minneapolis porte un nom.
00:17:33Opération « Metro Surge » en référence directe à l'offensive américaine de 2007 en Irak.
00:17:40Ces mots sous-entendent un objectif.
00:17:43Pacifier une population civile par une saturation militaire.
00:17:49« Je n'en reviens toujours pas. »
00:17:54« Si vous m'aviez dit, il y a six mois,
00:17:56des agents masqués, armés, sans uniforme,
00:18:01dans des véhicules banalisés, vont envahir les rues,
00:18:04se poster devant les maisons,
00:18:06aux arrêts de bus, devant les écoles,
00:18:10je vous aurais répondu,
00:18:12« C'est impossible ! »
00:18:13« Quels siècles vous me parlez ? »
00:18:15« Hey ! Stop me with the face ! »
00:18:18« C'est son face ! »
00:18:19« Nous sommes dans une sorte de réalité dystopique. »
00:18:26« Je suis Jacob Frey. »
00:18:33« J'ai le grand honneur d'être le maire de Minneapolis. »
00:18:38« Jamais je n'aurais imaginé que le gouvernement fédéral
00:18:42envahirait la ville que j'aime,
00:18:44en laissant ICE opérer en bande,
00:18:47sillonner les rues et procéder à des arrestations arbitraires.
00:18:50Avec un seul critère,
00:18:51l'origine ethnique des personnes,
00:18:53latino-américaines, somaliennes, asiatiques,
00:18:57et avec un seul objectif,
00:18:59les embarquer et les arracher à leur famille.
00:19:03Autrement dit,
00:19:04ces agents font la loi dans nos rues
00:19:05et ciblent des personnes à la peau noire.
00:19:09Mais ces gens sont nos amis.
00:19:11Ce sont des habitants que nous aimons
00:19:12et qui ont contribué à faire de Minneapolis
00:19:14un endroit où il fait bon vivre.
00:19:16Et maintenant,
00:19:17ils ont peur de faire leurs courses.
00:19:21« Cela ne devrait pas arriver en Amérique. »
00:19:26Officiellement,
00:19:28ICE traque en priorité les migrants illégaux
00:19:30et ceux en cours de régularisation
00:19:33ayant commis un crime.
00:19:35Mais près de 70% des personnes arrêtées
00:19:38n'ont aucune condamnation pénale.
00:19:46La famille Cepeda est installée
00:19:48à Minneapolis depuis 20 ans.
00:19:51Les parents ont une demande
00:19:52de naturalisation en cours.
00:19:54Aucun casier judiciaire
00:19:56et trois enfants nés américains.
00:20:06Ingrid est mon amie.
00:20:13Son mari a été expulsé du pays l'an dernier
00:20:16et il n'a pratiquement aucune chance
00:20:20de pouvoir revenir aux Etats-Unis.
00:20:26Et depuis,
00:20:28sa vie est comme suspendue.
00:20:32« J'étais enceinte de 4 mois.
00:20:35La veille de son arrestation,
00:20:38à l'échographie,
00:20:39on a vu que c'était une petite princesse.
00:20:42On était fous de joie.
00:20:46Le lendemain,
00:20:47mon mari est parti au travail
00:20:48comme tous les jours.
00:20:49Il était 8h du matin.
00:20:52Et à deux rues d'ici,
00:20:55ils l'ont attrapée.
00:20:58C'est dur ce qu'il s'est passé.
00:21:00Mais c'est bien d'en parler,
00:21:02mon chéri, tu sais.
00:21:13Ça va aller, mon chéri.
00:21:19Pour Hamza et moi,
00:21:21qui sommes très sensibles,
00:21:22ça a été un enfer.
00:21:25Et c'est d'autant plus dur pour Hamza
00:21:27que son papa était un papa poule.
00:21:31Il les amenait aux activités.
00:21:34Il avait sa propre société.
00:21:39Et il organisait tout son temps
00:21:40pour être auprès de ses enfants.
00:21:44La seule chose à laquelle je pense,
00:21:48c'est de retrouver mon papa.
00:21:52Quand je pense à tout ça,
00:21:55je ne sais pas quel sera mon futur.
00:21:57Qu'est-ce qui va se passer
00:21:58si je dois partir ?
00:22:04Hamza n'est pas seule.
00:22:13À travers le pays,
00:22:14145 000 enfants américains
00:22:16ont vu comme lui
00:22:17un parent arrêté par ICE.
00:22:28Ramon, le mari d'Ingrid,
00:22:30a été expulsé au Mexique.
00:22:33Comme lui,
00:22:34certains retrouvent
00:22:34leur pays d'origine.
00:22:36D'autres sont déportés
00:22:38vers des États lointains,
00:22:39au gré d'accords
00:22:40conclus par Donald Trump.
00:22:43J'aimerais trop la toucher,
00:22:45croquer ses grosses joues.
00:22:46J'espère que tu pourras
00:22:47bientôt connaître ta fille.
00:22:49Et qu'on sera vite
00:22:50une famille de nouveau.
00:22:51Ils nous ont brisés.
00:22:53Ils nous ont coupés en deux.
00:22:54Mais on reste une famille unie.
00:22:56Et on se retrouvera
00:22:57quand Dieu le voudra.
00:22:59Où que ce soit.
00:23:02C'est du nettoyage ethnique ?
00:23:04Je déteste cette expression.
00:23:07Ça semble archaïque et barbare.
00:23:09Mais c'est bien ça.
00:23:23En quelques semaines,
00:23:25ICE arrête 4000 personnes.
00:23:27L'opération Métro Surge
00:23:28tourne à l'affrontement
00:23:30avec la population locale.
00:23:33D'un côté,
00:23:35l'État fédéral
00:23:35et de l'autre,
00:23:37Minneapolis.
00:23:40Fief démocrate
00:23:41ou six ans plus tôt,
00:23:42un homme noir
00:23:43est mort sous le genou
00:23:44d'un policier.
00:23:51Une ville
00:23:52qui, depuis l'assassinat
00:23:54de George Floyd,
00:23:55a appris à résister.
00:23:59Minneapolis est visée.
00:24:02On a l'impression
00:24:03que c'est une punition
00:24:04infligée par Trump,
00:24:06par le gouvernement.
00:24:10Ils ont voulu faire
00:24:11de Minneapolis un exemple.
00:24:13Ce n'était pas une question
00:24:14de sécurité
00:24:14ni même une question
00:24:15d'immigration.
00:24:19C'était une décision politique.
00:24:23Il s'agissait d'exercer
00:24:25des représailles
00:24:26contre une ville démocrate
00:24:27et un État démocrate
00:24:29et d'envoyer un message.
00:24:36Ils pensent que la force
00:24:38fait le droit,
00:24:39que si vous avez
00:24:40le pouvoir et la force,
00:24:42alors vous êtes
00:24:43dans votre bon droit.
00:24:49Ils se trompent.
00:24:50Cela viole
00:24:51les principes fondamentaux
00:24:52de notre République
00:24:53et nous avons tous
00:24:54le devoir de nous y opposer.
00:25:04Nous n'avons jamais opéré
00:25:05dans un environnement
00:25:06aussi hostile
00:25:08où nos agents
00:25:09ont systématiquement
00:25:10fait face à une résistance
00:25:11alors qu'ils appliquaient
00:25:12la loi.
00:25:13Tu n'es pas un还有,
00:25:14tu n'es pas un intelligent,
00:25:15tu n'es pas un intelligent.
00:25:16Tu n'es pas un intelligent.
00:25:18Si vous n'avez pas un gun
00:25:19ou un bat,
00:25:20je me suis dans le robot.
00:25:21Votre.
00:25:22Votre.
00:25:23Votre.
00:25:23Votre.
00:25:25Tu n'es pas uniatre d'avenir.
00:25:27Tu n'as pas un truc.
00:25:45« Maman est lent et Castor en colère au rapport. On commence notre patrouille. On arrive dans le secteur de
00:25:51Roseville. On peut aller où vous voulez. »
00:25:57À Minneapolis, ils sont près de 5000 à être entrés en résistance. Des mères de famille, des voisins, de simples
00:26:04citoyens. On les appelle les « legal observers », les « observateurs légaux ». Une tradition née des luttes de
00:26:131968, contre la guerre du Vietnam et pour les droits civiques.
00:26:20« On reste vigilants. Et si on voit des agents sortir d'un véhicule ou harceler quelqu'un, on alerte
00:26:26rapidement les autres. »
00:26:29« Leur action reste légale tant qu'ils n'entravent pas les opérations DICE. Ils les suivent, les films et
00:26:39documentent les abus. Car l'agence avance parfois à couvert, avec des voitures banalisées et des agents civils. »
00:26:50« Je cherche des véhicules qui semblent suspects, comme celui qui arrive derrière nous et qui n'a pas de
00:26:58plaques à l'avant. »
00:27:05« On est sur un parking où des agents viennent parfois stationner pour cibler des supermarchés du secteur. On est
00:27:17déjà tombés sur des agents qui planquent ici. Tu vois un truc ? »
00:27:22« Il y a une voiture là. »
00:27:28« Celle-ci ? »
00:27:35« Je ne sais pas quoi penser de cette voiture. »
00:27:38« Ici, maman est lent. Tu peux vérifier une plaque ? »
00:27:42« Lima Moose 72 03. »
00:27:46« C'est pas dans le système. »
00:27:48« Merci. »
00:27:50« Quand on identifie un nouveau véhicule, on ajoute la plaque à notre base de données. »
00:28:02« C'est une Ford derrière nous ? »
00:28:05« Pas de plaque avant. Je vais aller tout droit et voir s'il nous dépasse. »
00:28:12« Je vais ralentir. »
00:28:16« Est-ce que tu peux baisser ta caméra ? »
00:28:19« Il prend la sortie. »
00:28:21« On va le perdre. »
00:28:25« Merde ! »
00:28:26« On ne pourra jamais le rattraper. Il est parti. »
00:28:33« C'est bien ça. C'est bien le véhicule qu'on a vu. »
00:28:42« C'est la même plaque et la même description. »
00:28:46« C'est un véhicule qui a déjà été signalé 11 fois. »
00:28:51« Une grande partie de ce qu'on essaye de faire avec les Legal Observers, c'est de compliquer le
00:28:57travail des agents de ICE. »
00:29:02« Traquer les agents ICE au risque d'être pris pour cible. »
00:29:09« Il y a quelques semaines, une camionnette devant nous s'est arrêtée au milieu de la rue. »
00:29:17« Des agents sont sortis de la camionnette et d'une voiture derrière nous et ils étaient tous armés. »
00:29:35« C'est le moment où je me suis sentie le plus en danger. »
00:29:42« J'ai levé les mains et j'ai dit... »
00:29:48« J'ai immédiatement pensé à Renée, qui s'était retrouvée dans la même situation. »
00:29:55« Renée, une mère qui me ressemble, sur qui on a tiré et qui a été tuée parce qu'elle
00:30:00faisait la même chose que moi. »
00:30:02« J'ai commencé à voir des messages arriver sur notre groupe d'alerte. »
00:30:18« Quelqu'un disait qu'un Legal Observer avait reçu une balle. »
00:30:22« C'était si près de chez moi que forcément mes amis ont eu peur que ce soit moi. »
00:30:27« On s'est précipité dehors. »
00:30:29« On est restés trois heures dans la rue pendant qu'ils installaient un périmètre autour de ce qui était
00:30:33en fait une scène de crime. »
00:30:35« Beaucoup de voisins sont sortis de chez eux. »
00:30:41« Tout le monde criait, ça hurlait de partout. »
00:31:10« Trois balles à travers le pare-brise tue sur le coup Renée Nicole Goode, 37 ans, poétesse et mère
00:31:17de trois enfants. »
00:31:20« Son nom devient une ligne de fracture entre deux Amériques irréconciliables. »
00:31:50« Ce que j'ai vu, moi, c'est une femme qui cherchait juste à se sortir de là. »
00:32:07« Elle dit même à l'agent qu'elle n'est pas en colère. »
00:32:12« Elle ne cherchait pas à blesser quelqu'un, et encore moins à écraser l'agent. »
00:32:19« J'ai un message pour l'agent. »
00:32:22« Fais la merde de Minneapolis. »
00:32:25« Nous ne t'avons pas ici. »
00:32:28« Maintenant, quelqu'un est mort. »
00:32:32« C'est sur toi. »
00:32:35« Une enquête est en cours. »
00:32:38« Nous ne pouvons donc rien dire pour le moment. »
00:32:41« La seule chose qui m'empêche de dormir la nuit, c'est la peur de perdre un agent dans
00:32:44l'exercice de ses fonctions. »
00:32:48« Au fond, ce qui compte le plus pour moi, c'est la sécurité des hommes et des femmes de
00:32:52ICE. »
00:32:56L'administration refuse de rendre publiques les conclusions de son enquête.
00:33:01Aucune poursuite criminelle n'est engagée au niveau fédéral.
00:33:04« L'agent Ross ne sera ni jugé, ni sanctionné. »
00:33:21Pour l'État, le dossier est clos.
00:33:25« À Barcelone, à des milliers de kilomètres de Minneapolis, un cyberactiviste enquête sur ses agents que le système protège.
00:33:39»
00:33:39« Vous savez, dans le cas de Jonathan Ross, on l'a simplement réaffecté ailleurs, pour le mettre à l
00:33:44'abri. »
00:33:45« C'est incroyable. Il a tué une femme et sa récompense, c'est d'être en sécurité. »
00:33:55« Elle, en revanche, elle a eu droit à un enterrement. »
00:34:01« ICE fonctionne un peu comme l'église catholique au XXe siècle. »
00:34:06« Quand quelqu'un fait une connerie, on le mute ailleurs et on continue comme si de rien n'était.
00:34:15»
00:34:22« Je suis le fondateur de la ICE list. Je suis juste un geek. Je suis un gros geek. Plus
00:34:28geek, tu meurs. »
00:34:33« Irlandais, installés à Barcelone, Dominique travaille sous la menace et garde l'anonymat. »
00:34:44« On reçoit des menaces de mort presque tous les jours. »
00:34:49« Une des plus graves a été envoyée à partir d'une adresse mail dominiquemort.com. »
00:34:56« La liste ICE, c'est en fait un site Internet. »
00:35:01« Ça ressemble à Wikipédia. Et ça affiche des informations sur les agents de ICE. »
00:35:07« C'est pour l'avenir. C'est pour les Américains. Ils ont le droit de savoir qui les a
00:35:12trahis. »
00:35:14« C'est pour qu'ils puissent réclamer des comptes quand Trump ne sera plus là. »
00:35:18Sa liste compte plus de 5000 noms.
00:35:21En croisant des fuites gouvernementales, les réseaux sociaux et de la reconnaissance faciale,
00:35:26Dominique dresse le portrait robot de ses agents, recrutés à coups de prime.
00:35:3150 000 dollars à l'embauche.
00:35:32« Je veux mon travail. Merci. »
00:35:35« Vous aimez votre travail ? »
00:35:36« Je ne peux pas croire que j'ai payé pour ça. »
00:35:37« C'est vrai ? »
00:35:39« Je fais ça gratuitement. »
00:35:41« Je vais à l'école. »
00:35:43« Je fais 200 000. »
00:35:45« Ces gars-là sont malheureusement très fiers de ce qu'ils font. »
00:35:50« Tu as un passport ou quelque chose ? »
00:35:51« Il est légal ici. »
00:35:52« Donne-le un second. »
00:35:53« Qu'est-ce que c'est ? »
00:35:54« Ne parlez-moi de ça. »
00:35:55« Je ne parle pas de ça. »
00:35:57« Je ne parle pas de ça. »
00:35:58« Ok, calme-toi. »
00:35:59« Par exemple, ce mec, Jack Ravencamp, il a multiplié les déclarations
00:36:03où il se vantait de kidnapper des gens.
00:36:05Il a une croix gammée tatouée sur la poitrine.
00:36:07C'est ce tatouage qui nous a tout de suite mis sur sa piste.
00:36:15Parce qu'on peut imaginer que porter une croix gammée à visage découvert,
00:36:18c'est être néo-nazi.
00:36:19« Au fil de ses recherches, Dominique voit revenir le même motif. »
00:36:35« Les agents les plus violents sont passés par la Border Patrol,
00:36:38la police de la frontière. »
00:36:43Née en 1924 dans le désert,
00:36:45elle forge ses méthodes au fil d'un siècle de trac.
00:36:48Une école de la violence et de l'impunité.
00:36:53375 personnes sont mortes au contact de ses agents
00:36:56ces 15 dernières années.
00:36:58Aucune poursuite, aucune condamnation.
00:37:03« Lui, c'est un des plus violents.
00:37:05Il s'appelle Timothy Donahue.
00:37:07Je n'aime vraiment pas ce type.
00:37:08C'est le mal incarné, une sale petite ordure.
00:37:11Chaque fois qu'il est sur le terrain, il attaque.
00:37:13« Get the fuck out of here ! »
00:37:15« Get back, I'm shooting ! »
00:37:16« Get back, what ? »
00:37:18« Get back ! »
00:37:19Il brandit son arme face à des manifestants pacifistes.
00:37:22Il blague les gens au sol pour les arrêter.
00:37:28Il fait équipe avec Thomas Parsons.
00:37:35Un vrai duo.
00:37:39Et avant d'effacer son compte Twitter,
00:37:41Donahue y publiait des dizaines de messages racistes.
00:37:46Tous plus ignobles les uns que les autres.
00:37:49Aucune police digne de ce nom ne l'aurait recrutée.
00:37:54Mais ça n'a pas du tout gêné la Border Patrol,
00:37:56qui, elle, l'a recrutée.
00:37:59« Watch out, man ! »
00:38:03Ces agents de la police aux frontières
00:38:05n'ont pas l'habitude qu'on leur rappelle
00:38:07qu'il existe des limites légales.
00:38:09La plupart du temps,
00:38:10ils agissent en marge du système,
00:38:12avec très peu de contrôle et à l'abri des regards.
00:38:15Ils n'ont reçu aucune formation
00:38:17pour être au contact de la population.
00:38:24Ils ne sont pas habitués à intervenir en ville,
00:38:27au milieu des passants et de la circulation.
00:38:33Déployer des agents de la police aux frontières
00:38:35dans les villes américaines,
00:38:36en leur accordant pratiquement tous les pouvoirs,
00:38:40c'est tout simplement une démonstration de force
00:38:42de l'administration Trump.
00:38:54C'est parmi ces hommes
00:38:56que Donald Trump choisit le chef des opérations ICE,
00:39:00notamment à Minneapolis.
00:39:02« Arrestes as many people
00:39:04that touch you as you want to.
00:39:06Those are the general orders
00:39:07all the way to the top. »
00:39:09Grégory Bovino a 30 ans
00:39:11de border patrol derrière lui.
00:39:15La Maison-Blanche
00:39:16invente un titre sur mesure pour lui.
00:39:19« Commander at large. »
00:39:23Désormais, il ne répond qu'à l'exécutif.
00:39:27« On a confié à Bovino le commandement
00:39:31de cette meute d'agent de la police aux frontières
00:39:33fer de lance de l'administration. »
00:39:38« Partout où Bovino et ses hommes sont passés,
00:39:45ils ont semé le chaos,
00:39:48des destructions,
00:39:50ou des blessés,
00:39:52parfois des morts.
00:39:56tout cela aurait pu être évité. »
00:40:05« USA, USA, USA, USA, USA, USA ! »
00:40:18Au printemps 2026,
00:40:20au cœur du durcissement policier,
00:40:23le CEPAC,
00:40:24la grand messe annuelle du mouvement MAGA,
00:40:26déroule le tapis rouge
00:40:27à un invité d'honneur.
00:40:31Les faits d'armes
00:40:32de Grégory Bovino
00:40:33l'ont hissé au rang de héros
00:40:35du clan Trump.
00:40:39« Avez-vous des regrets
00:40:41par rapport à ce qui s'est passé
00:40:42à Minneapolis ? »
00:40:44« Oui, j'ai d'énormes regrets.
00:40:45Pleins.
00:40:45Je regrette de ne pas avoir envoyé
00:40:47davantage d'agents
00:40:48de la Border Patrol à Minneapolis
00:40:50et de ne pas avoir attrapé
00:40:52dix fois plus de clandestins. »
00:40:55« Merci. »
00:40:56Pendant que les raids menés par ICE
00:40:59divisent le pays,
00:41:01ici, personne ne plaide
00:41:02pour la retenue.
00:41:04La question n'est pas jusqu'où aller,
00:41:06c'est comment aller plus loin.
00:41:12Depuis 2015,
00:41:13la surenchère anti-immigration
00:41:15est l'arme électorale
00:41:17gagnante des MAGA.
00:41:42Notre objectif,
00:41:43c'est de chasser du pays
00:41:44tous les clandestins.
00:41:45Et si on veut régler
00:41:46le problème de l'immigration,
00:41:47c'est par l'expulsion massive
00:41:49que ça passe.
00:41:50Et c'est comme ça
00:41:50que ça va se passer en Europe.
00:41:52On s'y met et on fonce.
00:41:54Lâchez des agents dans les villes
00:41:55qu'ils arrêtent du monde.
00:41:56Rien ne sert mieux
00:41:57cette mission
00:41:58que d'arrêter des clandestins.
00:41:59Alors allez-y, faites-le.
00:42:01C'est pas sorcier.
00:42:02C'est pas sorcier.
00:42:05Alors que le commandeur
00:42:07At-Large
00:42:08est célébré
00:42:09par la sphère MAGA,
00:42:10il devient
00:42:11la bête noire
00:42:11des démocrates.
00:42:26C'est un uniforme
00:42:28de la Border Patrol
00:42:29que j'ai acheté en 1998
00:42:30quand j'étais jeune agent.
00:42:32Je me souviens
00:42:33de mon premier jour
00:42:34à la Border Patrol.
00:42:35Voilà ton arme,
00:42:36voilà ta jeep,
00:42:37voilà ton désert.
00:42:38Allez, va patrouiller.
00:42:39C'est une organisation
00:42:41extraordinaire.
00:42:42Je n'ai jamais travaillé
00:42:44avec des gens
00:42:44aussi professionnels.
00:42:46C'est une maison exigeante.
00:42:48On n'y garde
00:42:49que les meilleurs.
00:43:0517 jours après la mort
00:43:07de René Nicole Good,
00:43:09Alex Prétis est abattu
00:43:10par deux agents
00:43:11de la Border Patrol
00:43:13sous le commandement direct
00:43:14de Grégory Bovino.
00:43:23Deux jours plus tard,
00:43:24la Maison-Blanche
00:43:25le démet de ses fonctions
00:43:26pour tenter
00:43:28d'enterrer l'affaire.
00:43:30Cet agent a eu
00:43:31une fenêtre de 10 secondes
00:43:33pour prendre une décision.
00:43:40Ça s'est passé en un instant.
00:43:41On ne pouvait pas prévoir
00:43:42ce qui allait être arrivé.
00:43:43Tout s'est joué
00:43:44en un instant.
00:43:45Get out of here!
00:43:46Get out of here,
00:43:47you fucking stupid ass, bitch!
00:43:50Pendant un an,
00:43:51nos agents ont été pris
00:43:53à partie violemment.
00:43:55Pourtant,
00:43:55aucun agent
00:43:56de la Border Patrol
00:43:57n'a été tué
00:43:57et très peu de civils
00:43:59ont perdu la vie.
00:44:00Franchement,
00:44:01je trouve que ça s'est mieux
00:44:02passé que ce à quoi
00:44:02je m'attendais.
00:44:17René Nicole Good
00:44:18et Alex Prétis
00:44:19deviennent les martyrs
00:44:21de la résistance.
00:44:23Mais les premières bavures
00:44:24sont survenues
00:44:25six mois plus tôt,
00:44:27loin des caméras,
00:44:29dans les vallées agricoles
00:44:30de Californie,
00:44:31où l'administration Trump
00:44:33lance des raids
00:44:34d'envergure.
00:44:38Tu vois l'usine là-bas?
00:44:40C'est, oui.
00:44:43C'est là
00:44:43que le raid s'est passé.
00:44:45Ah ah.
00:44:47Et qu'un homme est mort.
00:44:52Les agents de Haïs
00:44:54sont débarqués
00:44:54et les ouvriers
00:44:56se sont mis à courir
00:44:56dans les champs.
00:44:58C'est.
00:44:59Lui, il a voulu se réfugier
00:45:01en grimpant sur un arbre.
00:45:03Et quand les agents
00:45:04l'ont vu,
00:45:05ils ont sorti leur taser
00:45:06et ils lui ont tiré dessus.
00:45:13Il est tombé de l'arbre
00:45:14et il est mort.
00:45:15Oh wow.
00:45:16Ce sont ses collègues
00:45:17qui ont dressé ce monument
00:45:19pour se souvenir de lui.
00:45:28reposant en paix, Haïmé.
00:45:33Que l'on se souvienne
00:45:34de ton travail,
00:45:35de ton sacrifice.
00:45:39Personne ne devrait mourir
00:45:40comme ça.
00:45:43Le 10 juillet 2025,
00:45:46alors qu'Haïs encercle
00:45:47une exploitation agricole,
00:45:49319 travailleurs
00:45:51sont arrêtés.
00:45:55Haïmé Alanis Garcia,
00:45:5757 ans,
00:45:58père de famille
00:45:58sans papier,
00:46:00meurt en prenant la fuite.
00:46:09Tout a l'air paisible ici,
00:46:10mais si tu avais vu
00:46:12la bataille que c'était.
00:46:24Ils ont commencé par qui ?
00:46:32Par les plus vulnérables.
00:46:37Nous,
00:46:39les ouvriers agricoles.
00:46:43sans voir
00:46:44qu'ils allaient
00:46:45gravement frapper
00:46:46l'économie américaine.
00:46:52Il y a eu
00:46:52énormément de pertes
00:46:54avec des entreprises
00:46:55qui disaient
00:46:56on n'a plus d'ouvriers,
00:46:57comment on va faire ?
00:47:03La Californie
00:47:04produit à elle seule
00:47:05les trois quarts
00:47:06des fruits du pays.
00:47:08Une puissance agricole
00:47:09qui cache une main d'oeuvre
00:47:11venue d'ailleurs.
00:47:13silencieuse
00:47:13et indispensable.
00:47:17Le travail au champ,
00:47:19c'est un travail très dur.
00:47:21Et quand tu as
00:47:21des chefs d'équipe,
00:47:22des contre-maîtres
00:47:23sur le dos,
00:47:24c'est encore plus rude.
00:47:25Il faut accélérer.
00:47:36Le tracteur avance,
00:47:39les ouvriers doivent suivre,
00:47:41courbés du matin au soir.
00:47:52Les entreprises savent bien
00:47:55que plus de la moitié
00:47:56de ceux qui travaillent la terre
00:47:57n'ont pas de papier,
00:47:59pas de statut légal.
00:48:01Et elles les embauchent quand même.
00:48:04Moi-même,
00:48:05j'ai travaillé au champ.
00:48:07Dès l'âge de 8 ans.
00:48:10Est-ce que ça gênait quelqu'un
00:48:12que j'ai 8 ans
00:48:13et que je sois au champ ?
00:48:14Personne ne disait rien.
00:48:15Jamais.
00:48:17Pour mes frères et soeurs non plus.
00:48:19Personne ne disait rien.
00:48:20Au contraire.
00:48:23Tiens, viens, je t'embauche.
00:48:24Je t'attribue n'importe quel faux numéro
00:48:26de sécurité sociale
00:48:27pour que tu puisses bosser.
00:48:28pas de papier.
00:48:29Peu importe.
00:48:49Les Etats-Unis ont toujours été
00:48:51un pays qui a eu besoin
00:48:52des émigrés
00:48:53et qui, de temps à autre,
00:48:55leur ont fermé la porte.
00:48:59Les grandes vagues d'immigration
00:49:01commencent au 19e siècle.
00:49:03A l'époque,
00:49:04le pays s'agrandit,
00:49:05se couvre d'usines
00:49:06et il lui faut des bras.
00:49:09Beaucoup de bras.
00:49:11Alors, il fait venir
00:49:12des milliers de Chinois,
00:49:13principalement pour construire
00:49:14les chemins de fer
00:49:15et bâtir la Californie.
00:49:26Et puis, un jour,
00:49:28les Chinois commencent
00:49:28à acheter des terrains.
00:49:30Et là, ils se disent
00:49:30« Oh non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
00:49:33Pas question de laisser
00:49:34les Chinois devenir propriétaires. »
00:49:38En 1882,
00:49:39le gouvernement américain
00:49:41promulgue
00:49:42le « Chinese Exclusion Act ».
00:49:44C'est la première exclusion ethnique de l'histoire américaine.
00:49:48Mais l'agriculture et les chemins de fer continuent d'avoir besoin de bras.
00:49:53On remplace la main-d'œuvre chinoise par des ouvriers mexicains qui arrivent par dizaines de milliers en traversant une
00:49:59frontière toute proche.
00:50:01Jusqu'à la crise de 1929 où le pays referme brutalement ses portes sur ceux qu'il avait lui-même
00:50:06invités.
00:50:09Après la crise, en plein chômage de masse, on se dit que le mieux à faire c'est d'expulser
00:50:15les mexicains par milliers.
00:50:19Conséquence, on enfonce encore un peu plus le pays dans la crise.
00:50:22Car on oublie une chose simple, expulser ces gens c'est aussi expulser des consommateurs et des producteurs.
00:50:29On rafle tout le monde, tous ceux qui ont l'air mexicains.
00:50:40Près d'un million de personnes sont expulsées en 1931.
00:50:47L'immigration a toujours été instrumentalisée à des fins politiques.
00:50:52C'est au gré du climat politique que le pays fait des immigrés les boucs émissaires de tous ces mots.
00:51:04C'est un peu plus le monde, c'est un peu plus le monde, c'est un peu plus le
00:51:06monde, c'est un peu plus le monde.
00:51:18Sonia, on peut y aller ?
00:51:21Les voitures vont commencer à arriver.
00:51:24Il y a huit palettes à distribuer.
00:51:27Depuis que Aïs est entré dans les champs, beaucoup d'ouvriers agricoles n'osent plus sortir par peur des raids.
00:51:34Alors, chaque semaine, Millie et son syndicat nourrissent plus de 400 familles.
00:51:41Lolo, quand ils arrivent, tu leur donnes ça ?
00:51:44J'ai déjà mis des caisses de côté, ce sera plus facile à emporter.
00:51:50Si vous avez des fruits et des légumes chez vous, c'est grâce à nous, les Hispaniques, grâce à ces
00:51:55mains.
00:51:59S'il n'y avait pas de latinos aux Etats-Unis, il n'y aurait pas de restaurant.
00:52:06Qui pourrait te servir ?
00:52:08Dans les foyers qui ont besoin d'employés de maison, tu n'aurais personne pour t'aider.
00:52:16Et dans le bâtiment, la majorité de ceux qui font le travail le plus dur, ce sont aussi les latinos.
00:52:27Il y a énormément de gens qui travaillent ici depuis des années sans papier,
00:52:32qui se sont donnés sans compter, qui ont travaillé dur toute leur vie.
00:52:36Ils méritent un statut, une régularisation, le droit d'obtenir un permis de travail
00:52:40et de vivre ici en toute légalité.
00:52:46Le scénario, imaginé par Millie, n'a rien d'une utopie.
00:52:51Les Etats-Unis l'ont déjà expérimenté en 1986.
00:52:56Le président Ronald Reagan lance la plus vaste régularisation de l'histoire américaine.
00:53:02Près de 3 millions de personnes obtiennent un statut légal.
00:53:18Le résultat a été extraordinairement positif pour les Etats-Unis.
00:53:22Ces travailleurs sont passés de la clandestinité à un statut légal.
00:53:27Très vite, ils ont créé des entreprises, acheté des maisons.
00:53:30Leurs enfants sont entrés à l'université de Californie.
00:53:33Au début des années 90, quand j'ai commencé à enseigner ici,
00:53:37je demandais à mes étudiants « Qui a des parents régularisés par Reagan ? »
00:53:41Et presque tout le monde levait la main.
00:53:48Aujourd'hui, une régularisation rapporterait à l'économie américaine
00:53:52plus de 2500 milliards de dollars.
00:54:00Cette Amérique du melting pot est le contre-modèle de l'administration actuelle
00:54:05et de l'homme qui a pensé sa nouvelle politique migratoire.
00:54:14Un homme peu connu du grand public,
00:54:17qui est né ici, dans le creuset libéral californien.
00:54:23Voici mon album de promo de ma terminale.
00:54:27Classe 2003.
00:54:34Son nom est inscrit en haut, Stephen Miller, suivi de cette citation.
00:54:38« Dans ce pays, l'américanisme ne peut pas être à moitié.
00:54:41Il n'y a de place ici que pour ceux qui sont américains à 100% et rien d'autre.
00:54:46»
00:54:46Signé Theodore Roosevelt.
00:54:49« Et je crois que pour Stephen, cette phrase justifie qu'on se débarrasse de tous ceux
00:54:54qu'il ne juge pas pleinement américains. »
00:54:58« America is for Americans and Americans only ! »
00:55:02Je ne pense pas que ce soit ce que Roosevelt voulait dire.
00:55:06Il y a des tas de photos de lui en costume,
00:55:08avec une cravate, en chapeau de cow-boy,
00:55:10en costume-cravate, devant une limousine.
00:55:15« Il cultive l'image de ce à quoi un américain devrait ressembler. »
00:55:19« Fight, fight, fight to the finish and save this nation, save this country, save this civilization
00:55:24and save this glorious republic. »
00:55:28« Ça fait froid dans le dos. »
00:55:31« Son extrémisme de droite, je crois qu'il est déjà là. »
00:55:36« 20 ans plus tard, l'adolescent en costume est devenu l'un des hommes les plus influents de Washington.
00:55:43»
00:55:44« À 40 ans, Stephen Miller occupe le poste de conseiller adjoint à la Maison-Blanche,
00:55:55chargé des questions de politique intérieure et de sécurité. »
00:56:00« En pratique, c'est lui qui défend les mesures les plus restrictives,
00:56:04lui qui pousse à accélérer les arrestations et les expulsions,
00:56:07et qui plaide pour toujours plus de moyens fédéraux. »
00:56:15« Steve et moi, on s'est rencontrés au collège Lincoln, ici à Santa Monica, en 6e.
00:56:24« On avait donc environ 12-13 ans. »
00:56:28« On déjeunait ensemble, en bande, on s'appelait au téléphone. »
00:56:32« Et puis notre amitié a pris fin. »
00:56:39« Ça devait être l'été entre la 4e et la 3e. »
00:56:43« Il a eu avec moi une conversation très courte et très directe,
00:56:46où il m'a annoncé qu'il ne voulait plus être mon ami. »
00:56:49« Il a invoqué ma taille, il a parlé de mon caractère, de tout un tas de choses. »
00:56:54« Mais l'un des points qu'il a soulignés, ce sont mes origines latino-américaines. »
00:57:11« Il s'est vraiment mis à interpréter un personnage qu'on pourrait qualifier d'anticonformiste. »
00:57:19« Ce qui le mettait particulièrement hors de lui, c'était que les annonces du matin aux parleurs du lycée
00:57:29soient faites en anglais et en espagnol. »
00:57:32« Il s'en prenait aussi aux associations d'élèves, regroupées par origines ethniques,
00:57:37comme l'association des élèves noirs ou celle des élèves latinos. »
00:57:41« Il aimait bien lancer, et pourquoi pas une association d'élèves blancs tant qu'on y est. »
00:57:46« Il s'est présenté à l'élection des délégués. »
00:57:49« Il a fait un discours. »
00:57:51« La provocation, c'est devenu son carburant. »
00:57:53« Am I the only one who is sick and tired of being told to pick up my trash ?
00:58:00»
00:58:01« And we have plenty of janitors who are paid to do it for us ! »
00:58:08« Il est devenu un espèce de rebelle contre tout ce qui faisait l'essence de Santa Monica. »
00:58:13« Une ville progressiste qui mettait les identités au cœur de tout. »
00:58:21« Pendant longtemps, Santa Monica a tiré une vraie fierté d'être un bastion de gauche. »
00:58:28« Une ville qui célébrait le mélange des cultures. »
00:58:33« Tout ce qu'on appelle la politique de défense des identités. »
00:58:38« A Washington, Miles Taylor, l'ancien chef de cabinet du DHS, devenu paria, a travaillé avec Stephen Miller pendant
00:58:56plus de deux ans. »
00:58:59« Il a vu son obsession personnelle coloniser l'agenda de toute l'administration. »
00:59:05« Dossier après dossier, Stephen Miller impose ses priorités bien au-delà de son rang officiel. »
00:59:15« Il y avait des jours où Stephen m'appelait six, sept, parfois huit fois. »
00:59:22« Je vous parle d'un ministère complètement débordé. »
00:59:25« 250 000 employés, 60 milliards de dollars de budget et une montagne de menaces terroristes. »
00:59:34« On pouvait être en réunion avec les services de renseignement. »
00:59:39« Et là, un collaborateur entrait et disait, Stephen Miller au téléphone, il faut que vous lui parliez vite. »
00:59:45« Ah bon ? Vraiment ? De quoi ? D'une communauté de 3 000 immigrés qu'il veut expulser
00:59:50? »
00:59:50« Où est la menace imminente ? Où est l'urgence ? »
00:59:54« Tout ce que je sais, c'est que Stephen Miller a un penchant pour la cruauté. »
01:00:05« La cruauté est l'objectif. »
01:00:10« Donald Trump et lui semblent vouloir infliger de la souffrance, de la douleur et du chaos aux communautés immigrées
01:00:17aux États-Unis. »
01:00:19« C'est une stratégie, effrayer les gens pour les dissuader de venir dans le pays. »
01:00:28« Pour moi, c'est maléfique. »
01:00:34« Pour appliquer la politique imaginée par Stephen Miller, l'administration investit des fortunes dans la surveillance. »
01:00:44« Derrière la chasse aux sans-papiers, une économie prend forme. »
01:00:55« En l'espace de deux ans, ICE signe 171 millions de dollars de contrat avec une des entreprises les
01:01:09plus secrètes de la tech. »
01:01:11« Une société fondée par Peter Thiel, milliardaire libertarien et proche de Donald Trump. »
01:01:22« Il est un créateur et c'est le temps de reconstruire l'Amérique. »
01:01:28« Ingénieur chez Palantir, Juan Pinto a travaillé au cœur de la machine. »
01:01:35« Aujourd'hui, il brave les représailles pour dénoncer un conflit d'intérêts. »
01:01:39« Car l'architecte de la traque, Stephen Miller, est aussi actionnaire de Palantir. »
01:01:45« Aujourd'hui, celui qui façonne la politique migratoire, Stephen Miller,
01:01:49a investi une partie de son argent dans les actions de Palantir. »
01:01:53« Plus ses réseaux de surveillance s'étendent, plus il s'enrichit, plus Palantir s'enrichit. »
01:01:59« Et plus l'entreprise renforce son emprise sur chacun d'entre nous. »
01:02:06« Les raids de Los Angeles ont été un véritable électrochoc pour moi. »
01:02:10« Des drones MQ-9 survolaient la ville, équipés de systèmes d'imagerie de très haute précision,
01:02:14pour suivre les manifestants à la trace. »
01:02:20« La frontière entre les technologies qu'ils utilisent sur les champs de bataille
01:02:24et celle qu'ils utilisent ici est en train de disparaître. »
01:02:30« La technologie de Palantir a été conçue pour la guerre. »
01:02:34« Après le 11 septembre, ces outils aident les militaires à transformer des millions de données en cibles. »
01:02:42« Les méthodes, aujourd'hui déployées à l'intérieur des États-Unis. »
01:02:46« Ce que vous voyez ici s'appelle une chaîne de frappe. »
01:02:49« Ce schéma montre comment les données sont collectées par des systèmes de surveillance, des drones, des satellites,
01:02:55mais aussi par les dispositifs de surveillance policière classiques et les véhicules armés au sol. »
01:03:01« On tire aide les armées et les forces de l'ordre à tendre ces immenses filets pour collecter un
01:03:05maximum d'informations. »
01:03:10« Aujourd'hui, ICE utilise une plateforme appelée Elite. »
01:03:14« Elle permet aux agents de réaliser une analyse géospatiale de quartiers entiers
01:03:18pour identifier au préalable les personnes les plus susceptibles de se trouver chez elle au moment d'une opération d
01:03:25'interpellation. »
01:03:34« Palantir intègre des outils capables de géolocaliser une photo et de savoir où elle a été prise. »
01:03:40« Palantir utilise des outils qui lui permettent de pirater les téléphones,
01:03:44de se servir des réseaux sociaux pour usurper votre identité et découvrir qui vous connaissez. »
01:03:50« Tous ces outils peuvent servir à retrouver quelqu'un et à le traquer. »
01:03:58« Pour en savoir plus sur la lutte contre ces machines de la tech, les géants du numérique, ICE, ou
01:04:04encore les centres de données, rejoignez-nous. »
01:04:07« En ce moment, on se concentre surtout sur Palantir. »
01:04:11« On a beaucoup d'informations à partager sur ICE, sur les moyens de leur résister, sur la façon de
01:04:17mobiliser votre quartier. »
01:04:19« On a de la lecture pour vous, ainsi que des QR codes pour passer à l'action. »
01:04:23« Notre combat, c'est contre la surveillance de masse et on veut laisser un monde meilleur à nos enfants.
01:04:28»
01:04:28« Ça me paraît pas mal. »
01:04:29« Merci. »
01:04:39« Au début, j'avais peur des représailles. »
01:04:59« J'avais peur qu'on s'en prenne à moi, simplement parce que je dénonçais ces technologies. »
01:05:04« Aujourd'hui, on a des centaines de milliers d'Américains à le faire. »
01:05:08« Et on pourrait tous se retrouver dans le viseur d'une enquête pour avoir dit non au fascisme. »
01:05:20« Pour moi, ce n'est ni une guerre civile, ni une guerre idéologique. »
01:05:29« C'est un affrontement entre une poignée de milliardaires au pouvoir, qui concentrent des montagnes de données et d
01:05:34'argent, et tout le reste du pays. »
01:05:40« Les migrants, les voisins, les manifestants, tous ceux qui osent s'opposer. »
01:05:46« Partout, à travers l'Amérique, la contestation enfle. »
01:05:56« C'est devant les centres de rétention qu'elles se cristallisent désormais. »
01:06:02« Si ICE arrête des migrants par centaines de milliers, près de la moitié d'entre eux ne sera pas
01:06:08expulsé. »
01:06:10« Faute d'accord avec leur pays d'origine, ou faute de juges pour traiter leur dossier. »
01:06:16« Conséquence, l'administration de Trump est entrée dans l'ère de l'enfermement de masse. »
01:06:22« C'est appelé « Alligator Alcatraz », ce qui est très approprié. »
01:06:27« D'anciennes prisons rouvrent, des bases militaires se reconvertissent, et des camps de toile sortent du désert montés à
01:06:47la hâte. »
01:06:51« En deux ans, le nombre de détenus a doublé, dépassant les 70 000. »
01:07:00« À travers le pays, on compte désormais plus de 400 centres de détention, confiés pour la plupart à des
01:07:06entreprises privées. »
01:07:13« De ces zones closes remontent des récits de violence, d'abus, d'appels aux secours. »
01:07:20« Frio County 9-1-1, what is your emergency to the Immigration Center, what's going on? »
01:07:25« Oh, it's for sexual assaults. »
01:07:27« Sexual assaults? »
01:07:28« Frio County 9-1-1, I'm going to need an ambulance over here. »
01:07:32« We have a middle-aged woman, pregnant, and she's sneezing. »
01:07:36« Yes, I'm calling from Core Civic in Delhi. »
01:07:38« I'm going to need an ambulance. »
01:07:39« She's a female, she is non-responsive. »
01:07:42« They found her on the ground, but she is breathing. »
01:07:45« Okay, she's breathing already, thank you. »
01:07:47« Ces lieux de non-droit sont devenus l'obsession d'un avocat. »
01:08:00« Je suis très content qu'on ait réussi à se caler cet appel vidéo. »
01:08:35« Il ne faut pas que sa mort ne serve à rien. »
01:08:38« Son client s'appelait Victor Manuel Dias. »
01:08:43« 36 ans, arrêté à Minneapolis et expédie à Campiste Montana, au cœur du désert texan. »
01:08:53« Le plus grand centre de détention du pays, avec plus de 5000 places. »
01:08:59« Il n'est pas ressorti vivant. »
01:09:04« À des milliers de kilomètres au Nicaragua, sa mère Rosario a appris la mort de son fils dans les
01:09:10journaux. »
01:09:11« Je pensais que son téléphone était cassé, car il m'appelait tous les jours. »
01:09:19« Une fois à 9h du matin, et une autre fois à 22h quand il rentrait du travail. »
01:09:25« Je l'ai appelé, je l'ai appelé, mais plus rien. »
01:09:28« Rosario, nous sommes en train de recueillir des informations sur cette affaire. »
01:09:32« Nous vous tiendrons au courant de ce que nous apprenons. »
01:09:34« Et à partir de là, nous déciderons de la marche à suivre. »
01:09:42« Heiss conclut à un suicide. »
01:09:45« Mais un détail retient l'attention de Randall. »
01:09:48« L'autopsie de Victor a été réalisée dans un hôpital militaire, travaillant pour l'agence fédérale. »
01:09:57« En attendant une contre-autopsie indépendante, Randall tente de se rendre sur place. »
01:10:04« Camp East Montana est vraiment l'un des pires endroits qui soit. »
01:10:10« Le paysage est d'une austérité saisissante. »
01:10:17« Mais à l'instant où l'avocat arrive à Camp East Montana, l'administration met le camp sous cloche.
01:10:25»
01:10:28« Ice invoque une épidémie de rougeole. »
01:10:31« Les détenus et le personnel sont placés sous quarantaine. »
01:10:36« Les visites interdites, tout comme les caméras. »
01:10:41« J'ai recueilli des témoignages de gens qui disent n'avoir reçu aucun repas pendant deux jours. »
01:10:48« Et bien souvent c'était de la nourriture périmée ou impropre à la consommation. »
01:10:52« Les soins médicaux sont également insuffisants. »
01:11:05« Le pire, et c'est particulièrement choquant, c'est que les toilettes débordent au point qu'il y a
01:11:11des excréments humains dans les zones où les détenus prennent leur repas. »
01:11:46« Ce fut une conversation très brève. »
01:11:50« Nous étions loin d'imaginer que ce serait la dernière fois que nous entendrions sa voix. »
01:12:02« Et là, c'est la dernière fois qu'on a vu Victor. »
01:12:10« Il est difficile d'obtenir des informations du gouvernement fédéral et de ICE. Qu'attendez-vous de leur part
01:12:22? »
01:12:23« Honnêtement, je n'en attends pas grand-chose. Le gouvernement américain est très opaque. »
01:12:31« Ce qui est suspect, c'est que peu avant la mort de Victor Diaz, un certain M. Campos est
01:12:38décédé au Camp East Montana. »
01:12:40« Il est mort huit jours plus tôt et ICE avait également conclu à un suicide. »
01:12:46« Pourtant, lorsque le médecin légiste a pratiqué l'autopsie, il a bien conclu à un homicide. »
01:12:54« D'après certains témoignages, il s'agirait d'un meurtre commis par des gardiens du centre ICE. »
01:13:02« Un détenu a été témoin du meurtre. »
01:13:13« Pour étouffer l'affaire, ICE l'a expulsé à la hâte vers le Mexique. »
01:13:24« Malgré les risques, Ricardo accepte de nous rencontrer à la frontière. »
01:13:40« Camp East Montana, ce n'est pas un camp de détention. C'est un camp de torture. »
01:13:45« Quand on a commencé à protester pour avoir à manger, alors ils nous ont mis à l'isolement, ce
01:13:49qu'on appelle le trou. »
01:13:53« Un soir, vers 19 ou 20 heures, Géraldo est arrivé. »
01:13:57« Ça faisait dix minutes à peine qu'on l'avait mis dans une cellule à l'isolement. »
01:14:03« Et tout de suite, il a demandé ses médicaments. »
01:14:05« Je veux mes médicaments, je veux mes médicaments. Ça fait deux jours que vous ne me les donnez pas.
01:14:11»
01:14:12« Là, deux gardiens sont entrés dans la cellule et ont commencé à le maîtriser de force. »
01:14:18« On entendait Géraldo crier. Vous m'étouffez ! Vous m'étouffez ! »
01:14:22« Et un des agents qui répétait « Mets tes mains dans le dos ! Mets tes mains dans le
01:14:25dos ! »
01:14:27« Et Géraldo a crié « Je suis asthmatique ! » »
01:14:30« Après ça, on ne l'a plus entendu. »
01:14:35« On entendait juste ses manottes cogner le sol et des coups de pied contre les murs. »
01:14:41« Puis ils sont tous sortis, paniqués, et ils ont appelé une ambulance. »
01:14:46« Le secouriste a essayé de leur animer pendant 20 à 30 minutes. »
01:15:01« On a commencé à crier « Assassin ! Assassin ! »
01:15:08« Géraldo est mort là. Il n'est pas mort sur le chemin de l'hôpital. Il n'est pas
01:15:12mort à l'hôpital. Ils l'ont tué là. »
01:15:14« Géraldo est mort dans la cellule numéro 8. »
01:15:19« Cette fois, le corps est examiné par un médecin légiste indépendant. »
01:15:24« Sa conclusion est sans appel. »
01:15:27« Géraldo Lunas Campos est mort asphyxié. »
01:15:30« Son cou et son thorax ont été comprimés par l'action d'un tiers. »
01:15:38« On était des témoins gênants. On avait tout vu. »
01:15:42« Alors ils se sont dit, ceux-là, on va les sortir FISA. »
01:15:49« Ils sont venus me chercher à 7h du matin, 8 gardiens. »
01:15:55« Et ils m'ont expulsé vers le Mexique sans mes papiers. »
01:16:01« Ricardo veut témoigner dans cette affaire et retrouver sa famille restée aux Etats-Unis. »
01:16:13« De campistes Montana, rares sont ceux qui ressortent libres et rentrent chez eux. »
01:16:21« C'était un lundi. Quelqu'un a dit, Jonathan est libre. Peux-tu aller le chercher à l'aéroport
01:16:30? »
01:16:32« J'ai répondu avec plaisir. »
01:16:38Julie coordonne le retour de voisins et d'amis détenus à tort par ICE.
01:16:44« Bonjour, enchantée, je suis Julie. Je suis si heureuse que vous soyez là. »
01:16:52« Un juge a reconnu que le maintien en détention de ce jeune demandeur d'asile était illégal. »
01:17:02« Jonathan retrouve les siens après six semaines d'enfermement. »
01:17:08« Nous avons eu la chance d'assister à ces retrouvailles extraordinaires. »
01:17:23« C'était comme un rêve. »
01:17:30« J'ai cru ne plus jamais les revoir. J'avais peur de ne jamais rentrer. »
01:17:39« Rien que d'y penser, ça me donne envie de pleurer. »
01:17:44« C'est un miracle. »
01:17:56En un an, 39 détenus sont morts dans les centres de rétention américains.
01:18:10« Que Dieu bénisse les gens de ce pays qui ont essayé de m'aider. »
01:18:15« Merci à eux et à leur famille. »
01:18:20« Sous-titrage Société Radio-Canada »
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