- il y a 9 heures
Sans aucun levier sur la question territoriale et les garanties de sécurité, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à l’Élysée, ce 1er décembre. Il entend imposer un statut juridique aux territoires revendiqués par Moscou, des compensations financières et des poursuites judiciaires. Le point sur la situation avec Lina Sankari, Vadim Kamenka et Théo Bourrieau.
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NewsTranscription
00:00Est-ce que c'est la fin de la guerre entre la Russie et l'Ukraine ?
00:03Hier, Volodymyr Zelensky était reçu à l'Elysée par Emmanuel Macron.
00:06Le président ukrainien t'entend tant bien que mal de rester à la table des négociations qui concernent l'avenir
00:10de son pays.
00:11Parce que oui, le plan russo-états-unien avance sans vraiment prendre en considération les volontés ukrainiennes.
00:18Pendant ce temps, l'Europe, le territoire où se déroule la guerre quand même, essaye d'exister diplomatiquement.
00:22De son côté, la Finlande, pays avec la plus longue frontière avec la Russie, c'est un truc que j
00:26'ai appris en lisant ton papier,
00:27qui est membre de l'Union européenne, mais qui est surtout membre de l'OTAN depuis 2023,
00:31se transforme en poste avancé de l'Alliance atlantique.
00:35Et donc on fait le point, je vous représente, avec Vadim Kamenka, responsable du service Monde de l'Humanité,
00:40spécialiste notamment de la Russie et de l'Europe de l'Est, et Lina Sankari, spécialiste de l'Europe.
00:45Et je le disais, tu reviens tout juste de reportage en Finlande.
00:48Alors avant qu'on parle un petit peu de l'OTAN, de la Finlande, etc.,
00:50il va falloir qu'on fasse un peu le point sur ce qui s'est passé ces derniers jours et
00:53sur ce qui est en train de se passer
00:55en France, en Europe et aux États-Unis.
00:58Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron se sont vus hier pendant plusieurs heures.
01:03Est-ce que vous pouvez nous faire un petit point sur ce qu'ils se sont dit et sur ce
01:07qui est ressorti de cet échange ?
01:09Vadim.
01:12Je vais commencer, puis c'est surtout Lina, puisque c'est Lina qui a suivi la compte de presse hier
01:15pour le journal,
01:16parce qu'on s'est réparti les rôles.
01:19Pour le coup, moi j'étais sur Christophe Gley, justement sur le PP, dont on terminera la revue de presse
01:23inter dessus,
01:24notamment avec un entretien avec la Fédération internationale des journalistes.
01:28Non, mais pour revenir, en fait, la visite de Zelensky hier en France, elle intervient après, on va dire,
01:33une semaine de navettes diplomatiques, puisqu'on en avait parlé la semaine dernière,
01:38mais il y a eu cette divulgation du plan en 28 points pour un accord de paix qui a été,
01:43on va dire,
01:44négocié entre Américains et Russes, à l'initiative de Sivitkov et de Kirill Dimitriev pour le volet russe.
01:52Il y a eu au même moment, puisque Zelensky était déjà à Paris la semaine dernière,
01:56quand il est rentré à Kiev, il a vu les émissaires américains qui étaient présents sur place,
02:01avec qui ils ont eu un premier échange sur le plan de paix, puisque même s'ils en avaient eu
02:05la teneur,
02:06en tout cas c'est là qu'ils l'ont formellement reçu.
02:09Et à partir de là, une première négociation a débuté sur la question, bien sûr, des territoires,
02:15sur la question des garanties de sécurité, sur la question économique de la reconstruction,
02:22et sur la question de la neutralité, l'adhésion à l'OTAN, etc.
02:26En gros, on l'avait déjà dit, mais il y avait quatre grands chapitres, en gros, dans ces 28 points.
02:31Ils seraient redescendus à 19, je dis à chaque fois, c'est du conditionnel,
02:34parce qu'en gros, on n'a que des bribes. Aujourd'hui, si le cas des 28 points avait été
02:38pas mal royaleur dans la presse,
02:39aujourd'hui, sur les négociations, maintenant, depuis une semaine, c'est assez flou, en tout cas.
02:43On sait sur les points sur lesquels ils discutent, mais on ne sait plus exactement le nombre de points,
02:47aujourd'hui, qui restent en suspens. En tout cas, il y a eu une première rencontre à Kiev.
02:51Il y en a eu une deuxième, surtout importante, à Genève, puisque là, les Européens sont venus sur place,
02:56à la demande de Zelensky, puisque les Européens étaient les grands absents, en fait, de cet accord de paix.
03:02Et donc, il y a eu, après, une troisième rencontre à Miami qui a eu lieu ce week-end.
03:07D'ailleurs, on avait du mal, hier, on se questionnait avec l'INA, puisqu'on pensait que c'était sur
03:10nous,
03:10finalement, ils se prolongeaient, en fait, à Miami. Donc, en fait, le 24 heures, ça a duré 48 heures,
03:14ce qui montre qu'il y a énormément, je pense, de discussions.
03:18Un, ça veut dire que l'accord de paix n'est pas pour tout de suite, mais deux, ça veut
03:22dire qu'en même temps,
03:22il y a des vraies négociations, pour le coup. C'est la première fois, en gros, que, on va dire,
03:26l'ensemble des acteurs discutent sur un texte. Donc, il y a quand même des avancées et un progrès d
03:32'un point de vue diplomatique.
03:34Donc, au bout de ces deux jours à Miami, voilà, il y a Zelensky qui était apparaît hier.
03:39Et encore une fois, ça a été sur… En gros, les Européens ne veulent pas être squizés, en gros, de
03:43cet accord de paix,
03:45puisqu'ils vont être directement impliqués, puisque c'est quand même sur le sol européen.
03:47Sur la question de la reconstruction, les Américains veulent avoir, enfin, tirer des profits des fameux avoirs gelés,
03:54aujourd'hui, qui ont été mis par l'Europe. Et forcément, sur les garanties de sécurité et la question de
04:00l'OTAN,
04:01ça, ce sont des questions qui sont liées aussi à la sécurité européenne.
04:04Et notamment, un des points qui est dans l'accord, en tout cas dans les 28 points qui étaient initialement,
04:09c'est sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne, puisque ça, c'est quand même un des
04:14points qui est évoqué.
04:15Et même avant de rentrer dans l'Union européenne, d'intégrer son marché économique.
04:20Et ça, sans l'accord des Européens, je ne vois pas comment ça peut tenir.
04:23Là, tu nous parles de l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne.
04:26Est-ce qu'il y a d'autres points comme ça, des points de ce plan de paix qui posent
04:30particulièrement problème ?
04:31Par exemple, sur les frontières, sur les territoires administrés ou pas par la Russie.
04:36Quels sont les points vraiment de tension sur ce plan, où l'Ukraine dit,
04:39« Non, il faut absolument que ça se soit sauvegardé. »
04:43Et la Russie reste campée sur ses positions.
04:45Quels sont comme ça les points de particulière tension dans ce plan ?
04:48Ce que tu viens de dire, c'est sur la question des territoires.
04:51C'est la question centrale, même avant de les accords.
04:56On savait que ça allait être le plus difficile.
04:58Puisqu'aujourd'hui, de toutes les manières, la Russie, en gros, territorialement,
05:03a conquis 80 à 85 % du don de basse.
05:07On voit qu'aujourd'hui, il multiplie les avancées.
05:09Il y a Pocros qui vient de tomber, a priori.
05:12On voit que maintenant, il n'y a plus que Kramators comme grande ville
05:15qui reste encore aux mains des Ukrainiens, vraiment dans cette partie-là de l'Ukraine.
05:20Donc, on sait que c'est vraiment la question territoriale.
05:22C'est-à-dire que, est-ce que les Ukrainiens seraient prêts à lâcher
05:24ces deux régions ukrainiennes à la Russie ?
05:28Puisque depuis 2014, en gros, ils se considèrent comme des républiques autonomes,
05:33mais pas sur la taille aujourd'hui qui a été conquis par la Russie.
05:38Donc, c'est l'oblaste, enfin les régions de Donetsk et de Lugansk.
05:44Ça, ça fait partie des grands points de friction.
05:47Il y a la question de la Crimée, même s'il y a eu un référendum en 2014.
05:53Ils se sont auto-reconnus par membres de la Fédération de Russie plus tard.
05:58Donc, ça, il y a la question aussi de la Crimée.
06:00Est-ce qu'aujourd'hui, les Ukrainiens seraient prêts à accepter
06:02que la Crimée soit de fait russe ?
06:06Et après, d'autres régions dans lesquelles la Russie est aujourd'hui présente,
06:10c'est-à-dire la région de Kherson, la région de Saporeja, la région de Kharkiv.
06:15Donc, c'est un ensemble de régions.
06:17Aujourd'hui, bien sûr, les Russes n'ont pas la main mise sur ces régions,
06:19mais ça fait partie des négociations, c'est-à-dire quelles lignes et quelles délimitations
06:23ont à faire de ces, entre guillemets, nouvelles frontières entre la Russie et l'Ukraine.
06:27Si le Donbass peut s'avérer possible, il y a plein de tas de questions qui sont soulevées
06:33et c'est le plus difficile parce qu'il y a les négociations en tant que telles,
06:36mais après, il y a aussi comment la réaction de la population ukrainienne
06:41à qui on va devoir quand même présenter cet accord de paix.
06:44Ça fait maintenant quatre ans que la guerre a débuté.
06:47En février, ça fera quatre ans. Et on revient.
06:49Le pire, c'est qu'il y a quand même un certain nombre de diplômes qui disent
06:51que c'est exactement pratiquement le même accord qui avait été négocié en avril 2022,
06:56donc au tout début de la guerre, entre Russes, Ukrainiens et Turcs,
07:01puisque c'était en Turquie que les négociations se déroulaient,
07:04avec bien sûr d'un côté les Américains et les Britanniques qui soutenaient les Ukrainiens.
07:10Mais ça veut dire qu'au bout de quatre ans, faire accepter une population
07:12qui a perdu des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes,
07:15en gros, qu'on est sur les mêmes accords et même bases d'accords qu'en 2022.
07:19Je pense que c'est là où ça va être plus compliqué, en tout cas côté ukrainien.
07:23Mais est-ce que du coup, ça ne veut pas dire justement
07:24qu'au bout de quatre ans, la population ukrainienne est tellement usée,
07:28a été mise à rude épreuve ?
07:30Est-ce que justement, il n'y a pas plus de chances que ça passe,
07:33puisque la population est complètement au bout ?
07:36Si, si. On a publié un premier reportage,
07:41en tout cas qui semble un peu révélateur de l'état et d'esprit de la société ukrainienne,
07:46mais il faudrait davantage aller vraiment dans toutes les régions, je pense, d'Ukraine,
07:50pour avoir un sentiment plus profond.
07:53Mais oui, je pense qu'au bout de quatre ans de guerre,
07:56il y a un vrai ras-le-bol aujourd'hui sur le conflit.
08:00Je veux dire, ils se font bombarder quotidiennement.
08:03Il y a des régions qui sont clairement sur le front de guerre.
08:07Je pense à Kharkiv.
08:08Je pense aujourd'hui même à Adnipropetrovsk,
08:11qui est quand même une des régions maintenant
08:12où les Russes ont envahi une partie du territoire.
08:15Donc, on voit en fait que les lignes continuellement avancent
08:18et dans le mauvais sens, côté ukrainien.
08:20Donc, forcément, les gens se disent,
08:21si on peut stopper, éviter de perdre des territoires et perdre des hommes
08:25et qu'en gros, le deal soit le moins pire possible,
08:28et qu'en même temps, en échange, on ait des vraies garanties de sécurité
08:30et surtout des garanties d'économie,
08:32c'est-à-dire quelle perspective aujourd'hui on va offrir aux Ukrainiens
08:34pour se sortir par le haut de ce conflit-là
08:37et pas non plus accepter que finalement, la loi du plus fort l'emporte.
08:40Ça, c'est vraiment des réponses à apporter.
08:43Mais oui, je pense que l'état d'esprit aujourd'hui de la population est partagé.
08:48Mais il y a, je pense, une majorité qui voudrait bien mettre un terme à la guerre.
08:51Mais à quel prix et à quelles conditions ?
08:53Parce que mine de rien, c'est quand même leurs enfants
08:54qui sont partis compatri, ou leur père ou leur mère.
08:57Voilà, c'est extrêmement compliqué pour eux.
08:59Tu parlais de la situation militaire sur le terrain.
09:03Pour les gens qui se demandent un peu ce qui se passe,
09:05il y a, je crois, deux semaines, on a fait un stream ensemble
09:07sur notamment Pokrovsk et pourquoi c'était un lieu très stratégique
09:11et un haut lieu de l'Est ukrainien.
09:13Donc si ça vous intéresse d'en savoir plus précisément là-dessus,
09:16vous pouvez aller voir ce replay.
09:19Vous avez tous les deux dans vos papiers différents,
09:22vous avez noté une déclaration du président du comité militaire de l'OTAN.
09:25C'était lundi, Giuseppe Cavaud-Dragonet.
09:27Je le prononce bien, j'espère.
09:29Nous devons examiner en profondeur comment atteindre la dissuasion
09:33par la riposte ou par des attaques préventives.
09:35C'est quand même une déclaration lourde de sens.
09:38Quand on entend préventive, il y a beaucoup de conflits précédents,
09:42de déclarations précédentes qui gravitent autour.
09:44Ça m'a aussi rappelé les déclarations de Benjamin Netanyahou
09:47concernant l'Iran il y a un an, maintenant.
09:50Non, c'était l'été dernier.
09:51L'été dernier, voilà, qui parlait de guerre préventive.
09:53Alors j'ai regardé, en fait, il n'y a effectivement pas de définition
09:56très claire de ce que c'est qu'une guerre préventive.
09:58L'idée, c'est en fait, nous, on attaque d'abord pour être sûr
10:00que plus tard, on ne se fasse pas attaquer ou on attaque
10:02parce que de toute façon, ça ne va finir pas arriver,
10:05donc on attaque d'abord.
10:05C'est illégal au regard du droit international.
10:08Pourquoi les déclarations de ce Giuseppe Cavaud-Dragonet,
10:12qu'est-ce qu'elles veulent dire sur la situation, Lina ?
10:15C'est sûr qu'on a affaire à un changement de paradigme de l'OTAN
10:19vis-à-vis de la Russie.
10:21C'est la première fois qu'un dirigeant de l'OTAN emploie ses termes.
10:26Lui, il est par ailleurs, alors il est conseiller militaire,
10:29mais il est également un des plus proches conseillers
10:32du secrétaire général de l'OTAN.
10:35Donc il a pas un petit rôle.
10:40Et je pense qu'en fait, il faut retourner la question.
10:42C'est-à-dire qu'il faut se demander peut-être
10:43comment la Russie, elle, entend ce terme d'attaque préventive.
10:48Pour elle, clairement, ça signifie sans doute,
10:51tu me corriges Vadim si je me trompe,
10:52mais je pense qu'elle entend une guerre préventive,
10:54pas simplement une attaque.
10:56Donc on voit qu'il y a une ligne rouge
10:59qui est en train d'être franchie à ce niveau-là.
11:03La guerre préventive, qu'est-ce que c'est ?
11:04Ça efface complètement un principe fondamental
11:07du droit international, puisque par définition,
11:10on n'a pas le droit d'attaquer un pays
11:12tant que, voilà, si ce n'est pour se défendre.
11:15Et donc, la dernière personne à avoir réactivé le concept
11:19dans la période récente, en tout cas,
11:22c'était après le 11 septembre, c'était Bush Junior,
11:24le président des États-Unis.
11:26On a vu ce que ce concept avait donné en Irak,
11:30avec un chaos total qui s'est installé
11:31et qui dure encore jusqu'à aujourd'hui.
11:37Daesh est né d'ailleurs sur ce terreau-là,
11:39et on en a subi de plein fouet les conséquences
11:43ici en Europe, et en France particulièrement.
11:49Il y a eu la Libye, ensuite,
11:51et ça, c'est autant d'opérations qui, effectivement,
11:53ont achevé de discréditer complètement,
11:55alors je ne sais pas comment il faut appeler,
11:57l'Occident, le Nord global, en tout cas,
11:58les puissances occidentales, France compris,
12:03vis-à-vis des pays du Sud.
12:06Et aujourd'hui, c'est beaucoup plus difficile,
12:08notamment aux Nations Unies,
12:09de faire entendre une voix raisonnable,
12:12parce que ces guerres ont été menées, justement,
12:15à cette époque-là, en tout cas,
12:17au début des années 2000 et au courant des années 2010.
12:21Plus récemment, tu le rappelais,
12:22il y a eu l'Iran, effectivement.
12:24Pour éviter qu'il y ait une attaque nucléaire
12:27ou pour éviter qu'il y ait un développement
12:29de l'arme nucléaire,
12:32on va y attaquer de manière préventive,
12:35donc avec des guillemets.
12:37On n'était pas du tout sûrs que le programme iranien
12:39était avancé à ce stade-là.
12:42En tout cas, la IEA avait l'air de dire
12:44que ce n'était pas du tout le cas à l'époque.
12:48Donc, en fait, on est dans un saut dans l'inconnu, là, clairement.
12:54Est-ce que ce n'est pas aussi une manière
12:55de justifier, finalement, la moindre attaque,
12:58la moindre agression militaire ?
13:00C'est un moyen un peu justifié, un peu facile
13:02de justifier de dire, oui, non, mais je l'ai fait,
13:04j'attaque, mais c'est juste pour me protéger plus tard.
13:06Est-ce que ce n'est pas devenu comme ça une notion
13:07qu'on agite à tort et à travers
13:10pour justifier, finalement, ce qui peut être,
13:12des fois, des crimes de guerre,
13:13des agressions complètement illégitimes ?
13:15Oui, tout à fait.
13:15Et puis, le seul truc dont on est sûr, en fait,
13:17c'est que c'est simplement un instrument
13:19d'expansion de l'influence,
13:21si ce n'est seulement états-unienne,
13:23en tout cas états-unienne dans la dernière période,
13:25que ce soit au Moyen-Orient ou ailleurs.
13:29Vadim, tu voulais réagir, il me semble, non ?
13:30Oui, non, mais sur...
13:32Parce qu'en effet, encore une fois,
13:35le nœud du conflit aussi en Ukraine,
13:37c'est bien sûr l'élargissement de l'OTAN.
13:40Et donc, ce type de déclaration,
13:41comme le disait Lina,
13:43forcément, va passer très très mal côté russe.
13:45En tout cas, on va être encore une fois
13:47dans un engrenage.
13:48Il y a eu des réactions pour l'instant ou pas encore ?
13:50Alors, je n'ai pas eu le temps de regarder
13:52dans la presse russe, mais les connaissants,
13:53je pense que oui, ça fait partie des choses
13:55qu'ils ont dû, bien entendu,
13:58bien comprendre et bien analyser.
14:00Et à mon avis, ils vont réagir
14:01de la même manière.
14:03Mais voilà, l'Ukraine fait partie
14:06exactement de...
14:07En tout cas, parmi les racines du conflit,
14:10même si on peut condamner, bien sûr,
14:12l'invasion, et on a bien raison de le faire
14:13puisque c'est totalement illégal
14:14et d'attaquer un pays souverain.
14:16Mais parmi les raisons, en tout cas,
14:19qui justifient côté russe cette invasion,
14:22c'est la question de l'élargissement de l'OTAN.
14:24Puisque depuis la chute de l'URSS,
14:26cette organisation n'a cessé
14:27de s'étendre à ses frontières.
14:30Et on le voit là,
14:32nous, on a travaillé sur un sujet
14:33qui fera la une du mag jeudi prochain.
14:36Mais on voit qu'il y a un vrai engrenage,
14:39mais aussi côté occidental,
14:42avec cet élargissement continu.
14:44Et forcément, c'est un signal
14:45qui est envoyé aujourd'hui aux Russes
14:47de confrontation directe,
14:48en tout cas d'encerclement.
14:49Et même chose côté chinois,
14:51quand on voit que finalement,
14:52les deux principales menaces,
14:53année après année,
14:54congrès après congrès de l'OTAN,
14:56ça reste la Russie maintenant,
14:58qui est la menace revendiquée comme telle
15:00par l'Alliance,
15:01et la Chine.
15:02Donc ça veut dire que
15:03quand vous êtes directement ciblé,
15:06il y a des répercussions.
15:07C'est-à-dire que les stratégies militaires
15:09aujourd'hui de la Russie sont claires.
15:11L'Occident aussi fait partie,
15:12alors je ne pense pas qu'ils disent menace,
15:14mais en tout cas clairement,
15:15aujourd'hui,
15:16des cibles prioritaires.
15:20En tout cas, on est dans un engrenage
15:21lequel pour eux,
15:22l'Occident est un ennemi à combattre.
15:27Et forcément,
15:27ça amène à ce que
15:29l'engrenage militaire,
15:31les dépenses militaires
15:32continuent d'augmenter.
15:34Et on est dans des zones de tension
15:35et de friction
15:36qui sont de plus en plus importantes.
15:38L'INA revient de Finlande,
15:39mais ça veut dire que
15:39toute la mer Baltique aujourd'hui
15:41est une mer,
15:41ce que disent les Russes,
15:42otanienne.
15:43Donc il n'y a que la Russie,
15:44en fait,
15:44qui est non membre de l'OTAN.
15:46Ça veut dire que
15:46pour sa circulation,
15:48alors que c'est un axe stratégique pour elle,
15:50aussi bien commercial, énergétique,
15:52on a des gazoducs et d'autres
15:53qui passent par là,
15:55ça pose question.
15:56Et donc aujourd'hui,
15:58ce que demandent les Russes,
16:00et c'est ce que d'ailleurs pointe un peu
16:01le plan des 28 points
16:03de l'accord de paix,
16:04c'est d'avoir des vraies négociations
16:06sur les questions de sécurité.
16:08Ça,
16:08les Américains,
16:09a priori,
16:09l'ont mis.
16:10Est-ce que ça va déboucher vraiment
16:11sur des garanties de part et d'autre,
16:13aussi bien pour l'Ukraine,
16:14mais aussi côté russe ?
16:15Mais pour le coup,
16:16les Européens ne peuvent pas être
16:17absents de ces discussions-là,
16:19parce que clairement,
16:20on fait partie du même continent,
16:21donc tant que des négociations,
16:23et elles ont déjà eu lieu par le passé,
16:24même au moment de la guerre froide,
16:26on l'a rappelé,
16:27même après la seconde guerre mondiale,
16:29il y a eu des moments de tension
16:30extrêmement forts,
16:31à chaque fois,
16:32on a été en capacité
16:32d'amener ce dialogue
16:33avec la Russie
16:35où l'Urs fut un temps.
16:36aujourd'hui,
16:38ce type de déclaration
16:39ne fait que monter les enchères
16:43d'un côté et de l'autre,
16:44et on le voit côté russe,
16:45il sort des nouvelles armes
16:46aujourd'hui,
16:49pratiquement une par an,
16:50et qui est quand même
16:52assez inquiétante
16:52d'un point de vue militaire.
16:57On a quelques questions
16:58dans le chat
16:58sur l'accord de paix
17:00de Donald Trump.
17:01Quelqu'un qui nous dit
17:02est-ce qu'on peut vraiment
17:03faire confiance à Donald Trump
17:03pour la paix
17:04quand on voit ce qui se passe
17:05à Gaza
17:06et en Cisjordanie ?
17:06C'est vrai que c'est
17:08la même appellation,
17:09l'accord de paix
17:10à Gaza et en Cisjordanie.
17:12Donc est-ce qu'on peut
17:12vraiment faire confiance
17:13aux négociations
17:14menées par les États-Unis
17:16sur une paix effective
17:17et surtout juste,
17:18finalement ?
17:20Ou est-ce que,
17:21de toute façon,
17:21ce n'est pas avoué à l'échec ?
17:23Alors, paix juste,
17:24non,
17:25enfin, paix juste,
17:26après,
17:26il n'y a pas de,
17:26entre guillemets,
17:27de paix juste,
17:27puisque soit,
17:28dans ces cas-là,
17:28on attend une victoire militaire
17:29de l'un au de l'autre
17:30et ça peut durer
17:31encore longtemps.
17:33Je dirais à la différence
17:34peut-être de Gaza,
17:35c'est qu'au moins,
17:36les Ukrainiens sont autour
17:37de la table,
17:37à la différence des Palestiniens,
17:38quand même,
17:39sur le plan de paix
17:40qui a été imposé par Trump
17:42aux Gazaouis,
17:43aux Palestiniens en général,
17:44ou je veux dire,
17:44même la reconnaissance
17:45d'un État palestinien
17:46est presque absente
17:46du document.
17:47Donc, c'est quand même
17:48déjà une différence notable
17:51et après,
17:52je pense que,
17:53sur la question du plan de paix,
17:55bien sûr qu'il y a
17:55des points à revoir
17:57et bien sûr
17:58que c'est une première ébauche.
17:59Mais c'est la première fois
18:00où l'ensemble des acteurs
18:01sont en train de négocier
18:02sur ce texte-là.
18:04Aussi parce que l'Ukraine
18:05est quand même
18:05dans une position
18:06assez instable.
18:09Un, sur le front militaire,
18:10puisque on voit
18:11que les Russes,
18:11mine de rien,
18:12je crois que c'est le mois
18:14où ils ont le plus progressé
18:14depuis 2024.
18:16Enfin, il y a eu deux records
18:17depuis ces quatre ans
18:19et ça fait partie des mois
18:19où ils ont le plus avancé
18:20sur le volet militaire.
18:22Deux, sur la situation
18:24aussi économique de l'Ukraine.
18:25Alors, la Russie
18:26n'est pas au mieux,
18:27mais quand même,
18:28elle résiste
18:29à un certain nombre
18:31de secteurs économiques.
18:32Enfin, son économie,
18:33on va dire,
18:34ralentit,
18:35mais elle se maintient
18:36raisonnablement.
18:37Or, en Ukraine,
18:38c'est un peu la catastrophe.
18:40J'ai vu que là,
18:40ils ont tenu,
18:41il me semble,
18:41à nouveau près du FMI,
18:43mais c'est toujours
18:44en négociation,
18:44notamment sur les avoirs gelés,
18:45parce qu'ils ont besoin
18:46de liquidités.
18:47Aujourd'hui,
18:47ils ont besoin, je crois,
18:47d'une centaine de milliards
18:49assez rapidement,
18:49sinon ils pourraient
18:50se retrouver en banqueroute.
18:52Et le troisième volet,
18:53on a déjà parlé,
18:54mais c'est sur l'affaire
18:55de corruption,
18:55qui quand même ébranle
18:56tout le cabinet présidentiel
19:00et l'administration présidentielle,
19:01puisque là,
19:01c'est quand même
19:02le bras droit de Zelensky
19:03a été forcé
19:04de démissionner
19:04vendredi dernier.
19:05Donc on voit que quand même
19:06ça remonte
19:06dans les hautes sphères
19:08de Zelensky.
19:10Alors justement,
19:11est-ce que ça peut être
19:12un mal pour un bien ?
19:12C'est-à-dire qu'il va devoir
19:13maintenant,
19:14plutôt que de rester concentré
19:16sur ces quelques piliers
19:18autour de lui,
19:19devoir s'élargir
19:19et confier aussi au Parlement
19:22un rôle plus important
19:23qu'il n'a fait
19:24depuis ces trois ou quatre ans
19:25maintenant qu'il est au pouvoir.
19:27Si vous voulez en savoir plus
19:28sur cette affaire de corruption,
19:29on a pas mal écrit dessus,
19:30on a pas mal écrit
19:31sur l'affaire,
19:31donc des 100 millions,
19:32le scandale des 100 millions
19:34de corruption.
19:35Il y avait le ministre
19:36de l'Énergie,
19:36le ministre de la Justice
19:37qui avait démissionné.
19:38Et donc là,
19:39effectivement,
19:39comme tu dis,
19:39Vadim,
19:40vendredi dernier,
19:40il y a le bras droit,
19:41le chef de cabinet
19:42de Zelensky
19:43qui a aussi démissionné
19:44dans une affaire de corruption.
19:45Ça en dit aussi beaucoup
19:47sur le contexte politique ukrainien
19:51et l'état de confiance
19:52dans lequel peuvent être
19:53la population
19:54et les autres acteurs
19:55impliqués dans cette situation.