- il y a 10 heures
Cette rentrée sociale s'annonce mouvementée. Entre le vote de confiance du 8 septembre, les appels citoyens du 10 septembre et la mobilisation syndicale du 18 septembre : c'est un début d'année scolaire chargé pour les syndicats. Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération Générale du Travail (CGT), nous a accordé un entretien de rentrée.
Entretien mené par Naim Sakhi.
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NewsTranscription
00:00Sophie Binet, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02L'intersyndicale a annoncé une journée de mobilisation le 18 septembre prochain.
00:06L'ensemble des centrales dénoncent les sacrifices pour le monde du travail
00:09suite aux 43,8 milliards d'euros de coûts budgétaires prévus par Matignon en 2026.
00:16Cette journée de mobilisation, y compris par la grève, s'inscrit dans un calendrier politique incertain.
00:22Le 8 septembre, le Premier ministre François Béroud se soumet à un vote de confiance
00:25et le 10 des appels citoyens dépassant les organisations syndicales en temps bloqué le pays.
00:31Initiative que la CGT a fini par appuyer en appelant à débattre avec les salariés
00:36et à construire la grève partout où c'est possible.
00:38Alors Sophie Binet, dans ce contexte politique, qu'ont intérêt les travailleurs, chômeurs et privés d'emploi à se mobiliser
00:44?
00:45C'est indispensable.
00:47En fait, l'enjeu, c'est non seulement de reprendre le stylo des mains du gouvernement
00:51pour ne pas des mains de ce gouvernement ou d'un autre,
00:55parce que ça peut changer.
00:56On a bien compris la manœuvre de diversion du Premier ministre et du Président de la République.
01:01Donc nous voulons reprendre le stylo de leurs mains pour écrire nous-mêmes ce projet de budget.
01:06Mais nous voulons aussi prendre le chéquier des mains du patronat.
01:09Parce que là, la stratégie d'Emmanuel Macron et de François Bayrou, c'est quoi ?
01:13C'est une grossière manœuvre de diversion.
01:15La question qui est posée, c'est le budget et c'est la modification de ce budget
01:20qui est à renvoyer aux oubliettes de l'histoire.
01:22Et ils répondent quoi ? Par un vote de confiance sur la personne de François Bayrou.
01:27Mais le vote de confiance, il a déjà été fait.
01:30François Bayrou a gagné la défiance massive des travailleurs et des travailleuses
01:36dès lors qu'il a refusé d'abroger la réforme des retraites.
01:39Les jeux sont faits de ce côté-là.
01:40Maintenant, nous, ce que nous voulons, c'est un tout autre budget.
01:43Il faut renvoyer aux oubliettes de l'histoire ce musée des horreurs.
01:47Et il faut imposer nos exigences sociales.
01:49Pour ça, ce projet de budget doit être construit sous le tempo de la mobilisation.
01:55Le 18 septembre, c'est une première date intersyndicale.
01:59Mais les organisations syndicales ont convenu de se revoir juste après le 18 septembre
02:03ou à tout moment si c'était nécessaire pour que ce projet de budget soit sous la vigilance
02:08et sous la mobilisation permanente des travailleuses et des travailleurs.
02:12Vous assurez aussi que le pouvoir est plus faible qu'en 2023 à la CGT.
02:16Vous appelez à la mobilisation.
02:18Quels sont les objectifs que vous fixez ?
02:20Est-ce que, par exemple, dans ce contexte politique, il est possible d'obtenir le retrait,
02:25la réforme des retraites de 2023 ?
02:27L'objectif, d'abord, c'est d'envoyer aux oubliettes de l'histoire ce projet de budget
02:31qui est un véritable musée des horreurs et qui, s'il était adopté,
02:36conduirait chacune et chacun d'entre nous à perdre des centaines d'euros l'année prochaine.
02:40La CGT a mis à disposition un calculateur sur son site internet, cgt.fr,
02:46qui permet à chacun et chacune de faire les comptes.
02:48Par exemple, pour un fonctionnaire qui gagne 2300 euros par mois et qui va...
02:532300 euros brut par mois et qui va deux fois chez le médecin par an,
02:57eh bien la facture, ça serait 740 euros en moins en 2026.
03:02Pour un salarié du privé, ça serait 346 euros en moins.
03:07C'est considérable.
03:09Et donc, la première priorité, c'est qu'on se débarrasse de ce budget catastrophique.
03:15La deuxième priorité de la mobilisation, c'est d'avoir enfin de l'argent pour nos services publics.
03:21Nos hôpitaux, nos écoles, nos universités, nos organismes de recherche sont asphyxiés.
03:26Il faut des financements pour nos services publics.
03:29Et puis, évidemment, la réforme des retraites, elle a été imposée par un PLFSS,
03:34un projet de loi de financement de la sécurité sociale.
03:36Donc, dans le PLFSS 2026, nous voulons gagner son abrogation.
03:41Nous voulons un gouvernement qui abroge la réforme des retraites.
03:45D'ailleurs, l'ensemble des organisations syndicales, dans la déclaration que nous avons publiée ce matin,
03:50nous rappelons notre opposition aux 64 ans et notre exigence que les 64 ans soient abandonnés.
03:55– Alors, il y a quand même un chiffre qui, depuis deux mois, défrère la chronique,
03:59c'est les 211 milliards d'euros d'aides versées aux entreprises selon un rapport sénatorial.
04:05On sent quand même que du côté du gouvernement et du patronat, c'est pas touche à cette somme.
04:10Vous, vous demandez la conditionnalité de ces aides.
04:13– Oui, ce rapport sénatorial, il est très important.
04:15Ça fait des années et des années que la CGT tire la sonnette d'alarme sur les aides publiques aux
04:20entreprises.
04:21On a été les premiers à évaluer ces aides publiques
04:24et à les chiffrer par un rapport de recherche que nous avions diligenté il y a quelques années.
04:29Et là, c'est très important que le Sénat se soit attaqué à la question
04:34et qu'enfin, il donne un premier chiffrage.
04:37211 milliards, c'est 10 points de PIB.
04:40C'est considérable, c'est 10 fois le budget de l'enseignement supérieur
04:43et de la recherche de toutes nos universités, de tous les organismes de recherche réunis.
04:47Qu'est-ce qu'on pourrait faire si on pouvait remettre la main sur ce magot ?
04:51On pourrait d'abord transformer notre économie pour répondre aux enjeux environnementaux.
04:57On sait que les transformations, elles sont colossales.
04:59On pourrait aider les entreprises qui en ont besoin,
05:02les petites entreprises, celles qui sont exposées à la concurrence,
05:05mais aussi les entreprises qui jouent le jeu
05:07et donc le mettre sous condition, sous contrôle des travailleurs et des travailleuses.
05:12C'est pour ça que nous avons une proposition toute simple,
05:14c'est de mettre un avis conforme des CSE.
05:17Ça veut dire que si les représentants du personnel ne sont pas d'accord
05:20pour que l'entreprise touche des aides publiques,
05:23elle n'aura pas d'aide publique.
05:24Ça, s'il y avait ce dispositif qui était là,
05:27ça nous aurait permis depuis des années de tirer la sonnette d'alarme à Sanofi
05:32et de bloquer les aides publiques dont bénéficie Sanofi,
05:35qui a quand même touché un milliard de crédits impôts recherche en 10 ans,
05:38alors que dans le même temps, ils ont divisé leur nombre de chercheurs par deux.
05:42Ça nous aurait permis de bloquer les centaines de millions d'euros
05:46dont a bénéficié Michelin d'aides publiques pour acheter de nouvelles machines à Cholet,
05:50alors que quelques mois après, ils ont fermé l'usine
05:55et licencié des milliers de travailleurs et de travailleurs.
05:58Ce qui est scandaleux, c'est que non seulement le gouvernement est incapable d'évaluer ses aides,
06:05il a fallu ce rapport sénatorial pour donner un premier chiffre et une première évaluation,
06:10mais évidemment, le gouvernement ne met en place aucune contrepartie
06:14et n'exige jamais le remboursement.
06:16Le cas de Michelin est quand même éclairant.
06:18On a acheté avec l'argent de nos impôts des machines pour une entreprise,
06:23pour une usine qui a immédiatement fermé
06:25et on ne réclame même pas au patron le remboursement,
06:27alors que ce patron, quand il a été auditionné par le Sénat,
06:31il a dit que oui, c'est vrai que ça lui semblerait normal de rembourser
06:34et l'État ne lui demande même pas.
06:35Mais je ne savais pas qu'on avait trop d'argent en fait.
06:37Le gouvernement nous explique matin, midi et soir
06:40qu'on est au bord de la catastrophe budgétaire et de la mise sous tutelle du FMI
06:44et il laisse filer sous nos yeux 211 milliards d'aides publiques.
06:49Il faut arrêter de se moquer du monde.
06:51Alors François Bayrou a déclaré cette semaine
06:53que les Français vont influencer d'ici le 8 septembre leurs représentants
06:57pour savoir s'ils se placent du côté du chaos ou de la responsabilité.
07:01Est-ce que la CGT est du côté du chaos ?
07:04Le chaos, c'est François Bayrou et Emmanuel Macron qui l'organisent
07:07puisque la question qui a été posée à Bayrou,
07:10ce n'est pas celle de son avenir personnel.
07:11En fait, tout le monde s'en fiche.
07:13La question qui est posée au Premier ministre,
07:15c'est celle de son budget qui est une violence sans nom
07:18et inédite d'ailleurs pour les travailleuses et les travailleurs.
07:21Et en fait, ce qu'il fait, c'est que pour ne pas modifier son budget,
07:26il accepte de servir de fusible pour Emmanuel Macron
07:30qui est prêt à sacrifier son Premier ministre pour ne surtout pas changer de politique.
07:34C'est une manœuvre de diversion qui est grossière.
07:36Encore une fois, Emmanuel Macron est prêt à organiser le chaos institutionnel
07:41pour ne pas changer de politique.
07:42On en a assez de ces passages en force.
07:45C'est insupportable.
07:47Et donc là, ce n'est pas la peine de nous faire ce chantage permanent
07:50parce que c'est toujours le même chantage.
07:51Là, on le sait, ils commencent à le faire monter,
07:53les agences de notation, la dette, le chaos institutionnel, etc.
07:58Les choses, ils ont les cartes en main.
08:01Ça fait des mois et des mois que les organisations syndicales nous le martelons.
08:06Il faut que le gouvernement réponde aux exigences sociales.
08:09On a posé des questions toutes simples.
08:111. Augmenter les salaires.
08:12Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Rien.
08:142. Abroger la réforme des retraites.
08:16Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Un conclave qui est devenu une mascarade.
08:193. Donner de l'argent à nos services publics, nos hôpitaux, nos écoles,
08:23nos universités, notre culture, ils les ont asphyxiées en coupant tous les crédits.
08:28Et aujourd'hui, on nous dit que c'est nous les irresponsables.
08:31C'est un scandale.
08:32Est-ce qu'avec cette mobilisation large, unitaire, avec l'ensemble des organisations syndicales,
08:36François Bayrou paie aussi le conclave qu'il a lui-même s'abordé
08:40en refusant de revenir sur les 64 ans ?
08:42Mais c'est une évidence.
08:44C'est pour ça que je le dis.
08:45Pour nous, le vote de confiance, il est déjà fait.
08:49François Bayrou a gagné la défiance des travailleuses et des travailleurs
08:52le jour où il a dit que le sujet, ça n'était pas l'abrogation des 64 ans
08:57et la fin des 64 ans.
08:59Là, la messe était dite.
09:00Je parle un langage que François Bayrou va comprendre, visiblement,
09:04puisqu'il est familier de ce type de vocabulaire.
09:06Et il a signé la fin de son bail à Matignon quand il a prononcé ses mots.
09:14Donc pour nous, ce Premier ministre, c'est du passé.
09:17Mais ce qui nous intéresse, c'est ce budget.
09:20Nous nous méfions.
09:22Emmanuel Macron, c'est quand même le spécialiste.
09:24Sa doctrine, c'est tout changer pour ne rien changer.
09:27Et donc c'est encore ce qu'il essaye de faire le 8 septembre et après,
09:31organiser le chaos institutionnel pour maintenir sa politique.
09:34Nous, ce que nous voulons, c'est un changement de politique,
09:37un changement de budget pour répondre enfin aux exigences sociales
09:40des travailleuses et des travailleurs.
09:42Alors dans la foulée de son annonce de se soumettre à un vote de confiance des députés,
09:45le Premier ministre a annoncé vouloir faire confiance aux partenaires sociaux
09:49en leur confiant la gestion de l'assurance chômage et des retraites.
09:53Qu'est-ce que vous, à la CGT, vous répondez à cet appel du pied ?
09:56Ce n'est pas un appel du pied, c'est de la provocation.
09:59Il faut arrêter de faire l'inverse que ce qu'on dit.
10:02Il faut arrêter de prendre les gens pour des abrutis.
10:05Le Premier ministre nous a annoncé une réforme de l'assurance chômage inédite
10:10alors que les acteurs sociaux ont signé un accord sur l'assurance chômage
10:15il y a quelques mois qui n'a même pas été transposé dans la loi,
10:17qui n'est même pas rentré complètement en vigueur.
10:20Et d'ailleurs, à l'époque, le gouvernement l'avait validé.
10:22La CGT, d'ailleurs, ne l'a pas signé, cet accord,
10:24puisqu'il y a déjà des régressions pour les travailleuses et les travailleurs,
10:27notamment pour les seniors qui, avec cet accord, voient leurs droits considérablement baissés.
10:33Eh bien, que fait le Premier ministre ?
10:35Non seulement que fait le Premier ministre,
10:41quelques mois à peine après cet accord,
10:44il veut imposer une réforme bien plus violente d'une violence sans précédent
10:48et il prétend qu'il nous propose le dialogue social.
10:51Mais s'il respectait le soi-disant dialogue social,
10:54il ne nous imposerait pas cette réforme de l'assurance chômage.
10:56Le problème, c'est que le dialogue social, d'après François Bayrou,
11:00c'est le monologue patronal.
11:02Le Premier ministre est devenu le porte-serviettes du patronat.
11:06Il l'a montré pendant le conclave sur les retraites
11:08et il l'a montré là sur les propositions qu'il a faites sur le budget,
11:12puisque, encore une fois, on nous fait les poches à nous.
11:15Et alors là, nos poches, elles commencent à être bien percées.
11:18Et par contre, le patronat est complètement exonéré
11:21et on ne regarde même pas les 211 milliards d'aides publiques
11:24dont il bénéficie chaque année.
11:26Donc, en parallèle des mobilisations qui sont en cours,
11:29des négociations sont prévues à l'appel de l'exécutif
11:33sur la suppression de jours fériés, l'assurance chômage
11:36ou encore le marché du travail.
11:37Est-ce que la CGT participera à ces négociations ?
11:41Franchement, ce n'est plus la question.
11:42On a en face de nous des morts vivants.
11:43Donc, les jours fériés, de toute manière,
11:46il n'y a rien à négocier, c'est clair.
11:48Sur l'assurance chômage, c'est pareil.
11:51Donc, nous allons tout faire pour faire échouer cette réforme.
11:55Nous allons choisir avec les autres organisations syndicales
11:58la meilleure tactique pour empêcher le gouvernement
12:02de reprendre la main et encore une fois de faire la poche
12:04des précaires et des privés d'emploi.
12:07Mais moi, je tiens ici à passer une alerte.
12:10Depuis quelques jours, le gouvernement, pour faire diversion
12:16de la colère sociale qui monte, a annoncé ce vote de confiance
12:20du 8 septembre.
12:20Mais en coulisses, qu'est-ce qui se passe ?
12:23En coulisses, ils continuent à essayer de dérouler
12:26leur réforme régressive en contournant le Parlement.
12:30Ils sont en train d'essayer de passer par décret
12:34le doublement des franchises médicales,
12:36c'est-à-dire le doublement du prix des médicaments
12:37pour chacune et chacun.
12:39Ils l'avaient annoncé dans le projet de budget.
12:41Tout le monde, il y a eu une levée de bouclier unanime.
12:44Et là, au lieu de le faire voter par le Parlement,
12:47ils veulent le faire en coulisses, dans l'opacité,
12:50par un décret qu'ils veulent faire passer le 4 septembre,
12:53comme par hasard, juste avant le 8 septembre,
12:56juste avant d'être censurés par le Parlement.
12:59C'est quoi ? C'est une provocation ?
13:01C'est quand même un message envoyé pour dire
13:04que la mobilisation à venir ne servira à rien ?
13:06Comment vous l'analysez, ce décret à venir ?
13:09C'est une provocation et ça montre que la stratégie
13:13de ce gouvernement et d'Emmanuel Macron,
13:16c'est encore et toujours les passages en force.
13:18Donc, il faut arrêter de nous parler de démocratie
13:20et de dialogue social.
13:21Donc, ce qu'il faut mettre à l'ordre du jour,
13:23c'est la mobilisation.
13:24Et moi, ce que je souhaite dire ici,
13:26c'est que je sais que beaucoup parmi celles et ceux
13:30qui nous regardent, qui nous écoutent,
13:32ont pu être un peu désespérés ces dernières années
13:36par ces multiples passages en force.
13:39C'est une stratégie, les passages en force.
13:41Pourquoi ? Parce que ça organise le fatalisme
13:43et que ça démobilise.
13:44Mais là, ce qui est très important,
13:46ce dont il faut avoir conscience,
13:48c'est que nous n'avons jamais été autant
13:50en position de force.
13:52Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron n'a plus de majorité
13:55pour faire passer ces réformes régressives ?
13:57Parce que nous avons mené cette mobilisation historique
14:01contre la réforme des retraites,
14:02parce que nous nous sommes mobilisés
14:04lors des élections législatives
14:06et que les listes portées par Emmanuel Macron
14:10ont été sanctionnées.
14:12Il n'a plus de majorité pour faire ces réformes
14:15à tel point qu'il n'en est réduit
14:17à sacrifier son Premier ministre
14:19pour tenter, espérer pouvoir continuer sa politique.
14:23Ça doit nous donner confiance, ça.
14:26Ça doit nous inciter à continuer,
14:28à prendre la main.
14:29Ne laissons pas les choses se faire d'en haut.
14:31À nous de prendre la main et d'écrire notre avenir.
14:34Donc une première date syndicale a été posée
14:37dans cette rentrée sociale au 18 septembre.
14:39Est-ce qu'on peut s'attendre du côté de la CGT
14:41à un mouvement dans la durée ?
14:42Oui, c'est l'objectif,
14:44puisque notre objectif, c'est le budget
14:46et que les discussions sur le budget
14:50peuvent durer jusqu'au mois de novembre-décembre.
14:52Donc ce qu'il faut, c'est se préparer
14:55à une mobilisation dans la durée de haut niveau.
14:59Nous avons validé la mise en place
15:02d'un processus de lutte le plus important possible,
15:04le plus élevé possible.
15:05Et donc nous sommes en train de nous coordonner
15:06avec toutes les professions, de façon à ce qu'il faut
15:09que le 18 soit le plus fort possible,
15:12parce que ça sera un signal très fort.
15:14Donc il faut qu'on soit le plus nombreux et nombreuses
15:16à être en grève et à être dans les rues.
15:19Et puis il faudra être prêt à se mobiliser à nouveau
15:22pour que toutes les discussions sur ce budget
15:25se fassent sous surveillance de la rue,
15:27sous surveillance des travailleurs et des travailleuses,
15:29pour non seulement empêcher ce musée des horreurs,
15:32mais surtout mettre en fin des avancées à l'ordre du jour.
15:35Dans ce budget 2026, nous pouvons gagner, par exemple,
15:38l'abrogation de la réforme des retraites.
15:40Il y a une majorité de députés qui ont voté le 5 juin prochain
15:43l'abrogation de la réforme des retraites.
15:45Donc si enfin le président de la République
15:47laissait l'Assemblée nationale prendre les décisions qu'elle souhaite,
15:50on pourrait abroger la réforme des retraites.
15:53Alors, dans un premier temps, vous avez jugé nébuleux
15:55les appels à bloquer le pays le 10 septembre.
15:58Depuis, votre Confédération s'est prudemment joint à ces appels
16:01en souhaitant que cette journée soit une première étape réussie
16:04qui passe par la grève partout où c'est possible.
16:07Comment la CGT va s'inscrire dans cette journée du 10 ?
16:11Cette journée du 10, c'est une mobilisation citoyenne.
16:15Et donc pour la CGT, il ne faut pas mettre en opposition les mobilisations.
16:19Elle est complémentaire avec la grande journée de manifestation
16:21et de grève intersyndicale du 18.
16:24Et donc nous allons nous inscrire pour permettre sa réussite,
16:28pour que ça serve de tremplin.
16:30Nous allons organiser des actions sur les lieux de travail,
16:32aller au débat avec les travailleuses et les travailleurs,
16:36organiser des assemblées générales
16:38et construire la grève partout où c'est possible,
16:42partout où les travailleuses et les travailleurs
16:44voudront se mettre en grève,
16:46de façon à ce que ça soit une première étape réussie
16:49et à ce que, ensuite, on puisse, toutes et tous ensemble,
16:52converger sur cette grande journée de manifestation et de grève du 18 septembre.
16:58Moi, j'ai envie aujourd'hui de passer un appel très solennel
17:02à toutes celles et ceux qui nous regardent et qui nous écoutent.
17:06On est à un moment de basculement.
17:08On le sent, le pouvoir est en panique.
17:10Il faut qu'on prenne les choses en main.
17:13Partout sur vos lieux de travail,
17:16organisez des assemblées générales.
17:18Partout sur vos lieux de travail, syndiquez-vous.
17:21Partout, pour celles et ceux qui sont déjà syndiqués,
17:25mettez en place des intersyndicales dans toutes les entreprises,
17:29dans toutes les administrations.
17:31Partout, faisons monter la pression,
17:33écrivons des cahiers de revendications,
17:35parce qu'il n'est pas question de laisser le patronat tranquille
17:38dans cette période.
17:40Le but, le 18 septembre, c'est de faire coup double
17:42et donc d'avoir non seulement des revendications,
17:45par exemple pour augmenter les salaires face au patronat,
17:47mais aussi des revendications pour que ce budget soit enterré
17:50et que nous gagnions un autre budget.
17:53Il faut là reprendre les choses en main partout
17:56et donc discuter, débattre dans nos entreprises,
18:01sur nos lieux de vie, avec nos collègues,
18:03avec nos amis, pour mettre la mobilisation
18:06à l'ordre du jour partout.
18:08Chaque recul social fait progresser un peu plus l'extrême droite.
18:13Quand on ferme une usine, quand on ferme un service public,
18:16on fait élire un député du Rassemblement national.
18:19C'est pour ça que nous sommes tellement en colère
18:21contre Emmanuel Macron,
18:23c'est qu'il ne fait que progresser l'extrême droite.
18:26Et on le voit encore aujourd'hui,
18:28il n'y a pas pire ennemi pour les travailleurs
18:30et les travailleuses que l'extrême droite,
18:31parce que l'extrême droite, elle fait diversion des responsabilités.
18:35Qu'est-ce qu'elle fait aujourd'hui ?
18:37Par exemple, elle développe sur les réseaux sociaux
18:39un collectif qui s'appelle « C'est encore Nicolas qui paye »
18:42pour faire croire que le problème de ce budget 2026,
18:46ça serait que les immigrés, les étrangers,
18:50coûteraient trop cher au pays.
18:52Le problème, ce n'est pas ça.
18:53Qui est-ce qui nous coûte cher ?
18:54C'est les rentiers, les actionnaires et les grandes entreprises.
18:57Jamais les milliardaires n'ont été aussi riches en France.
19:00Jamais ils n'ont gagné autant d'argent.
19:02Il leur vient d'où cet argent ?
19:03Pas du ciel.
19:04C'est les richesses que nous créons par notre travail.
19:07Et donc, quand on développe ce type de discours
19:09et de mobilisation, c'est Nicolas qui paye.
19:11Qu'est-ce qu'on fait ?
19:12On fait diversion.
19:13Et pendant ce temps-là, le patronat peut dormir
19:15sur ses deux oreilles.
19:16Il est bien tranquille.
19:17Il a la paix.
19:18C'est pour ça qu'il n'y a pas pire ennemi
19:21pour les travailleurs et les travailleuses
19:22que l'extrême droite.