00:00On n'est pas sur un principe abstrait de séparation totale de l'activité syndicale et de l'activité politique.
00:05Et il ne faut pas qu'il y ait de lien de subordination de l'un à l'autre, évidemment.
00:09Mais on peut essayer quand même de construire des formes d'interaction entre le mouvement syndical et le mouvement politique.
00:15Moi, j'aspire à ça.
00:16Et d'ailleurs, souvent, on nous oppose dans ce débat une lecture de la charte d'Amiens,
00:20qui, pardon, on est ici à l'humain, je pense que c'est des sujets qui vous intéressent.
00:23Quand vous lisez en détail la charte d'Amiens, les objectifs des syndicats, c'est la grève générale révolutionnaire.
00:28Le texte un peu fondateur du syndicalisme français, en 1906, pose notamment, surtout, l'indépendance des syndicats vis-à-vis
00:34des partis politiques.
00:36Par exemple, vous le savez, je ne vous l'apprends pas, quand vous avez utilisé le terme de grève générale,
00:41il y a des syndicalistes qui vous ont reproché d'avoir empiété sur leurs fonctions.
00:44Je vous le dis sincèrement, et ce n'est pas grave, on peut en débattre, je conteste cette lecture de
00:48la charte d'Amiens.
00:48Je ne pense pas que ce n'est pas une bonne lecture.
00:49La lecture de la charte d'Amiens, c'est évidemment une indépendance, ça c'est vrai.
00:51Une neutralité des syndicats.
00:53Les syndicats n'ont pas à choisir des partis politiques, et les partis politiques n'ont pas à choisir des
00:56syndicats.
00:57Ça, il n'y a pas de difficulté.
00:58Mais, comme je m'attendais à cette question, j'ai relu la charte des statuts de la CGT de 1936.
01:05Il y a une phrase très intéressante qui dit
01:15Donc ça veut dire quoi ?
01:17Ça veut dire qu'évidemment qu'il y a une neutralité, une indépendance.
01:19Mais ça veut dire que quand la situation le nécessite, quand il y a une réforme à gagner,
01:23quand il y a des libertés publiques qui sont menacées,
01:26alors il doit y avoir la possibilité pour le syndicat et le politique d'agir en commun.