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  • il y a 1 jour
Le 5 août, un gigantesque feu s'est déclaré dans le massif des Corbières dans l'Aude, ravageant plus de 16 000 hectares. Un feu attisé par la sécheresse, conséquence directe du réchauffement climatique, mais également facilité par l'arrachage des vignes de la région. On en parle avec Antoine Portoles, journaliste environnement et Olivier Chartrain de la rubrique société, au micro de Théo Bourrieau.

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Transcription
00:0017 000 hectares sont partis en fumée dans l'Aude depuis le 5 août dernier, soit le pire feu depuis
00:0450 ans.
00:05Si l'incendie est maintenant maîtrisé, la canicule qui frappe une partie de la France pourrait contribuer à relancer ou
00:10à déclencher de nouveaux incendies.
00:13Malgré ces événements extrêmes, conséquences du réchauffement climatique, la France rechigne à investir et à s'adapter à ces changements
00:19de température et de conditions.
00:21Donc vous l'avez compris, on va parler de l'incendie qu'il y a eu dans l'Aude il
00:26y a quelques jours.
00:28On va évidemment aussi parler de la canicule qui s'abat sur la France depuis quelques jours et puis globalement
00:33du réchauffement climatique, puisque tout ça est évidemment lié.
00:36Antoine, toi tu t'es rendu dans l'Aude au moment où ça brûlait. Est-ce que tu peux nous
00:40raconter un petit peu ce que tu as vu ?
00:43Ce que j'ai vu c'est de la désolation, en un mot. C'est des terres désolées, des paysages
00:52grisâtres, ravagés par le feu et transformés en cendres.
00:59Ce que je dis toujours depuis que je suis revenu, c'est que quand on voit ce qui se passe
01:05à travers la télé, à travers notre écran, on a tendance à penser que c'est irréel.
01:09C'est tellement énorme que finalement ça relèverait de la fiction.
01:15Et une fois qu'on y va sur place, une fois qu'on voit la chose en vrai, là on
01:18comprend que c'est réel.
01:19Et c'est ça qui est très violent je pense.
01:21C'est de comprendre que...
01:23Alors on ne sait pas encore ce qui s'est passé, une enquête est en cours,
01:27mais peut-être qu'un jet de mégot de cigarette ou un barbecue a provoqué 17 000 hectares de feu.
01:34Voilà, donc c'est très violent.
01:37Sur les habitants du coup, beaucoup de sidération, presque que de la sidération.
01:42En fait les gens quand on leur parlait, ne savaient pas quoi dire.
01:47Ils étaient tellement abasourdis, ils étaient tellement désespérés qu'ils nous disaient
01:52mais on ne sait pas quoi vous dire, on est tristes, on ne réalise pas ce qui s'est passé.
01:57Il faut imaginer qu'on soit quelqu'un qui est chez soi, tranquillement posé,
02:03et en quelques minutes seulement, une alerte des sapeurs-pompiers survient
02:08et vous avez un mur de feu qui débarque dans le jardin
02:11et qui vient s'éclater contre le mur de votre maison.
02:16C'est très violent en fait, ça relève du traumatisme.
02:19Donc les gens étaient complètement sonnés.
02:23Puis il y a une atmosphère qui se crée autour derrière, si tu veux,
02:26après le passage du feu, qui pareil, sonnent les gens, il n'y a plus de bruit,
02:31il y a une espèce de silence de mort qui s'installe.
02:33C'est vraiment une atmosphère.
02:35Tu y étais quand toi exactement ?
02:36Parce qu'on a dit que le feu s'est déclaré le 5 août,
02:38toi tu y étais le lendemain et le surlendemain, c'est ça ?
02:40J'étais donc mercredi, mercredi à Ribot et Saint-Laurent de la Cabrebrisse.
02:46Et jeudi, j'y suis retourné, je suis allé du côté de Talleyrand, plus au sud,
02:52et en fin de journée, A-I-T-A-L-L-E-S.
02:56On va trouver ça.
02:57Il est là.
02:58Et après à Jean-Quiar, un des villages qui a été le plus touché.
03:02Donc si tu nous fais sur la carte, tu nous fais ton petit périple,
03:05que les gens se rendent compte.
03:07Il suffit de zoomer, c'est très petit périmètre.
03:11Ici, voilà.
03:12Donc, le feu s'est déclaré entre la grâce et Ribot.
03:16Ouais.
03:18Il est parti, donc, Tramontane, qui vient du...
03:22Nord-Ouest.
03:23Nord-Ouest, ouais.
03:25Ouest-Nord-Ouest, et qui a descendu comme ça.
03:28Donc, moi, j'étais là ici, mercredi.
03:31Et ensuite, on s'est enfoncé du côté de Saint-Laurent, de la Cabrebrisse.
03:35Donc là, Saint-Laurent, c'est là où les dégâts ont été les plus sévères.
03:39Il y a plusieurs villages, mais Saint-Laurent a beaucoup morflé, pour le coup.
03:44Et je suis revenu le lendemain du côté de Talleyrand, plus au sud,
03:48qui là, en fait, a été miraculeusement épargné.
03:52En fait, c'est tout bête.
03:53C'est la direction du vent qui a fait que.
03:55Qui est passé juste derrière, au niveau des garrigues,
03:58mais qui n'a pas touché le village.
04:00Donc, village épargné.
04:01Et par contre, après, le feu est parti dans cette direction.
04:05Fin de journée, j'ai fini à Jonquière.
04:07Et donc là, à Jonquière, par contre, c'était catastrophique, littéralement.
04:12Et donc, on rappelle, le feu qui est arrivé jusqu'à la mer.
04:16Donc, qui a commencé...
04:18Quasiment.
04:18Qui a commencé, donc, tu disais par là, et qui est arrivé quasiment jusqu'à la mer.
04:21Oui, alors un peu avant.
04:22Jusqu'à la palme, en fait.
04:23Oui, c'est ça.
04:24La palme.
04:25En dessous de Roquefort-de-Courguer.
04:26Ah oui, là, je joue jusqu'à là.
04:28Le tout, hein, donc, on peut plus de 24 heures.
04:32Oui.
04:33Toi, lié, c'est aussi un coin que tu connais, un petit peu ?
04:36Moi, je suis le touriste de service, ouais.
04:38Non, par enchaînement, en fait, il y a 15 ans, truc comme ça, j'ai fait un certain nombre de
04:47reportages dans le coin, et après, j'ai pris l'habitude plusieurs fois d'aller en vacances.
04:53Vas-y, si tu rezoom, à Camplon d'Aude, qui est juste au-dessus de Talleyrand, tu vois, juste au
05:00-dessus de Saint-Laurent-de-la-Cabrerise, voilà, remonte un peu, ribote, voilà, Camplon.
05:03Camplon d'Aude.
05:04Donc, c'est un coin que je connais très bien, moi, tous les noms des bleds qui ont été cités
05:09au fur et à mesure de la propagation de l'incendie, je les connais, en fait.
05:13Donc, ça fait, ouais, moi, je connais l'autre aspect, l'aspect pas brûlé.
05:17C'est un pays magnifique, fantastique, les Corbières, et voir, entendre Antoine raconter ce qu'il a vu, etc., et
05:26voir les images, c'est assez traumatisant.
05:30Tu as aussi discuté avec un maire local, donc Serge Lépine, maire PCF de Camplon d'Aude, justement.
05:35Qu'est-ce que vous vous êtes dit, qu'est-ce qu'il t'a raconté ?
05:39Alors, lui, déjà, Camplon a été épargné aussi grâce au vent, on va dire, donc il s'en tirait plutôt
05:50bien.
05:52Il a mis à disposition la salle polyvalente du village, au cas où il y aurait eu besoin d'accueillir
05:58des gens, visiblement,
06:01enfin, aux dernières nouvelles, ils n'en avaient pas eu besoin.
06:04Mais surtout, ce qu'il explique, comme beaucoup de gens du coin,
06:11un des premiers trucs qu'il m'a dit, c'est de toute façon, ça fait 15 ou 20 ans
06:15qu'on dit qu'un jour,
06:16il y aura un incendie qui ira jusqu'à la mer, et on y est, voilà, on y est.
06:21Et pourquoi ils disent ça ?
06:24Alors, il y a une cause, il y a une explication qui est très liée au réchauffement climatique.
06:31On a beaucoup parlé de la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales,
06:34l'Aude, c'est juste au-dessus, et c'est la même chose.
06:36Ça fait 3 ans ou 4 ans qu'ils n'ont pas plus de 200 à 250 millimètres d'eau
06:42l'hiver, quoi.
06:45C'est un pays qui est à sec.
06:48Serge, il me disait, on n'a jamais vu ça.
06:50Aujourd'hui, c'est un pays de vignes, les Corbières.
06:53D'ailleurs, à Camplon d'Aude, il y a une excellente cave coopérative, je le signale au passage.
06:58Si je vais vous passer en vacances là-bas, comment ça s'appelle cette cave ?
07:01C'est la cave coopérative de Camplon,
07:03qui est une des dernières coopératives,
07:05parce qu'il y a eu aussi beaucoup de regroupements, de rachats, etc.,
07:08qui est une des dernières coopératives indépendantes,
07:10et qui travaille très bien, médaillée, etc.
07:14Mais justement, il me disait,
07:16là, aujourd'hui, maintenant, les vignes, elles meurent de sécheresse.
07:20Ce qui est complètement improbable,
07:23parce que la vigne, c'est par essence une végétation qui est très résistante à la sécheresse.
07:28Aujourd'hui, les vignes, elles meurent.
07:31La cave de Camplon, par exemple,
07:33ils font en moyenne entre 9000 et 12000 hectolitres de vin par an.
07:38Là, ça fait plusieurs années qu'ils sont à 5000.
07:41Même pas la moitié de ce qu'ils ont l'habitude de produire.
07:45À cause de ça, mais aussi à cause d'une politique agricole
07:49qui a multiplié des milliers d'hectares d'arrachage de vignes.
07:56Parce qu'aujourd'hui, c'est des endroits où les vignerons étaient incités,
08:01il y a quelques années, par les grands négociants,
08:06à planter des vignes pour produire, produire,
08:09parce que ça partait partout dans le monde, etc.
08:12Pas forcément sous l'étiquette Corbière, d'ailleurs.
08:15Mais aujourd'hui, ça, ça ne fonctionne plus.
08:17Donc les vignerons, ils se retrouvent avec des vignes qu'ils donnent,
08:20mais on leur propose, les mêmes négociants,
08:22on leur propose gentiment de leur racheter
08:24à une fraction de ce que ça leur coûte à produire.
08:27Donc ils ne s'y retrouvent pas.
08:28Donc ce que la politique européenne leur propose,
08:31c'est d'arracher leurs vignes,
08:32de subventionner les arrachages de vignes.
08:34Il y a eu des milliers d'hectares,
08:36je crois qu'il y a eu encore 5000 hectares l'an dernier
08:37qui ont été arrachés.
08:39Et là-bas, quand on arrache une vigne,
08:41qu'est-ce qui repousse ?
08:43Des ronces, de la broussaille, de la garigue,
08:46avec des essences comme le romarin,
08:48qui sont de parfaits carburants en période de sécheresse
08:50pour les incendies, et des pains,
08:52même chose, des résineux,
08:53qui brûlent très bien et très vite quand tout est sec.
08:56Donc eux, ça fait des années qu'ils alertent
08:58sur cette situation-là, et que tout le monde s'en fout.
09:01C'est vrai que moi, c'est un truc que j'ai appris
09:02en lisant vos papiers, c'est que, effectivement,
09:05on comprend bien l'impact économique
09:07de toutes ces vignes arrachées
09:09ou brûlées, de tout l'impact local.
09:11Mais j'ai appris aussi que c'était un excellent coup de feu,
09:13alors que moi aussi, je viens d'une région viticole,
09:15et ça, j'avoue que je ne savais pas.
09:16Alors, il y a moins de feu dans Lyon que dans le sud.
09:19Pour l'instant.
09:22Mais du coup,
09:22tu disais, c'est un excellent coup de feu,
09:25parce que ça empêche
09:27les herbes, justement, qui prennent feu de pousser.
09:28C'est comme ça que ça fonctionne ?
09:30Oui, enfin, c'est un excellent coup de feu.
09:33Il y a mieux, mais la vigne...
09:35Parce que là, en l'occurrence,
09:37dans cet incendie-là,
09:38il y a beaucoup de vignes qui ont cramé, finalement.
09:41Mais parce qu'elles sont aussi très sèches.
09:43Mais oui, la vigne,
09:44c'est au mieux un bon ralentisseur,
09:46voire un coup de feu.
09:47Oui, c'est...
09:50Mais quand il n'y en a plus,
09:51il n'y a plus.
09:53C'est dérangé, en fait.
09:54Avec de l'espace.
09:56Avec de l'espace.
09:57Donc, automatiquement,
09:58ça fait barrière.
10:00Je l'ai très bien vu à Ribot, mercredi.
10:03En fait, tu as la colline,
10:05champ de vignes,
10:06et des maisons au contrebas.
10:08Sans ces champs de vignes,
10:09le feu serait descendu par le bas
10:12et aurait touché les maisons.
10:13C'est ce champ de vignes,
10:14les habitants nous le disaient en bas,
10:18c'est sans ce champ de vignes,
10:19on ne serait pas là.
10:22Antoine, j'aimerais bien aussi
10:23que tu me parles un peu de...
10:24Tu as rencontré des pompiers, je crois,
10:26pendant tes reportages.
10:29Quelle était la teneur des discussions ?
10:31Est-ce que pour eux aussi,
10:32c'est un feu qu'ils n'ont jamais eu l'habitude de voir ?
10:35En tout cas, l'ampleur du feu
10:36était particulièrement impressionnante,
10:38même pour des pompiers
10:39qui sont quand même confrontés
10:40très régulièrement à des incendies ?
10:41C'est simple.
10:42Tout le monde le dit,
10:43pompiers, habitants,
10:44tout le monde, les élus,
10:45on n'a jamais vu ça.
10:48Donc, pompiers y compris,
10:50qui pourtant, comme tu le dis,
10:51sont habitués,
10:52c'est leur métier,
10:53de gérer ce genre de situation de crise,
10:55ils n'ont jamais vu
10:56un feu d'une telle intensité.
10:59Donc,
10:59les discussions que j'ai eues avec eux,
11:01elles étaient très rapides,
11:02si tu veux...
11:03C'est forcément un coup de temps
11:04à raccorder.
11:05Oui, l'urgence.
11:06Et puis,
11:07je n'avais pas spécialement envie
11:08de les emmerder
11:09avec 40 000 questions.
11:12ce qui m'a frappé,
11:13moi,
11:13c'est la concentration,
11:14en fait.
11:15J'aimerais vraiment
11:19faire un message particulier,
11:20avoir une pensée
11:21pour tous ceux
11:23qui se sont mobilisés,
11:24pour les blessés,
11:24parce qu'il y a aussi
11:25des blessés parmi les pompiers,
11:26dont un qui est toujours
11:28en urgence absolue,
11:29il me semble.
11:31C'est quand même
11:31un métier assez extraordinaire.
11:33Et c'est plus de 2 000 pompiers
11:35qui étaient présents
11:35dans la zone
11:36à partir des mardis.
11:40Sans eux,
11:41on n'en serait pas là.
11:42Donc,
11:43c'est vraiment
11:45des félicités.
11:46Et ça montre là,
11:47ce qui s'est passé,
11:48montre à quel point
11:50leur présence
11:51est essentielle.
11:53Après,
11:53voilà,
11:54comme je te dis,
11:55j'ai discuté avec eux.
11:56Il y a une grosse concentration.
11:57Ils savent
11:58ce qu'ils doivent faire.
11:59Le problème,
12:00c'est que
12:00ça va dans tous les sens.
12:02Ça va très, très vite.
12:03Donc,
12:04c'est vraiment
12:04un balai de camions-citernes
12:07qui défilent.
12:08Bon,
12:08voilà,
12:08tu n'as pas le temps
12:09de discuter
12:10de manière posée
12:11et d'essayer de comprendre.
12:13On les a plutôt
12:14laissés travailler.
12:16Parce que c'est vrai
12:16qu'il y avait
12:17l'ampleur de ce feu
12:18et il y avait la vitesse
12:18à laquelle
12:19il s'est déplacé.
12:21Pourquoi cet incendie,
12:22on le rappelle,
12:23je crois,
12:23le plus important
12:24depuis une cinquantaine
12:25d'années en France ?
12:26C'est en cours
12:27de calcul,
12:28mais effectivement,
12:29on se dirige
12:30vers ce bilan.
12:31Et comment on explique
12:32l'ampleur de ce feu ?
12:33Donc,
12:33à la fois,
12:34la distance
12:35qu'il a parcouru,
12:36la force des flammes,
12:38comment on explique
12:39l'intensité de ce feu ?
12:40Est-ce que vous avez
12:40des éléments de réponse ?
12:42Les causes,
12:43elles sont légions.
12:45Déjà,
12:45tu parlais de la vitesse.
12:48Donc,
12:48ça a été dit souvent
12:50depuis une semaine,
12:515 à 6 km heure.
12:52C'est absolument
12:54fulgurant.
12:55Il y a eu des simulations
12:56qui ont été réalisées
12:57par...
12:57Normalement,
12:57c'est 1 ou 2 km heure.
12:591 à 2 à peu près.
13:00Donc là,
13:00on passe de 5 à 6.
13:015 à 6,
13:02c'est un homme
13:03qui marche
13:03de la nature.
13:04C'est ça.
13:05Des simulations
13:05ont été faites
13:06par certains médias.
13:07Il faut imaginer
13:07quelqu'un qui marche
13:08pendant 10 minutes
13:08sur une distance donnée.
13:10Il faut imaginer
13:11que le feu
13:12parcourt la même distance
13:13au même moment.
13:14C'est absolument hallucinant.
13:17et même des pompiers
13:18sur place
13:18dans certains papiers
13:19de nos confrères
13:20racontaient
13:21qu'ils avaient enregistré
13:22au-dessus de 6 km heure.
13:25Donc,
13:25c'est quelque chose...
13:27Ça rejoint
13:28ce que tout le monde dit.
13:29C'est du jamais vu.
13:30Après,
13:31les causes,
13:31elles sont...
13:34Tout était propice
13:35à ce moment-là,
13:37à cet instant T,
13:38à cet endroit-là
13:38pour que ça pète,
13:40pour que ça finisse comme ça.
13:41La sécheresse,
13:42la végétation,
13:43le vent,
13:43tout ce qu'on a déjà dit,
13:44facteur qui peut aussi
13:45être un peu aggravant,
13:47c'est le relief
13:48dans ce coin-là
13:48qui est très,
13:49très vallonné.
13:50Et un feu,
13:52c'est peut-être
13:53contre-intuitif
13:53de penser ça,
13:54mais quand il est face
13:55à une pente,
13:56il monte plus vite.
13:58Parce que les flammes,
13:59en s'élevant,
14:00elles gagnent les étages
14:00de végétation supérieurs,
14:01donc ça accroît encore
14:03sa vitesse de progression.
14:04D'accord.
14:05Si on veut faire
14:06un schéma assez simple,
14:07c'est la règle des 3,30.
14:09Donc,
14:10un taux d'humidité de l'air
14:11inférieur à 30%,
14:14des températures
14:16au-dessus des 30 degrés,
14:18et enfin,
14:18des vents au-delà
14:20des 30 km heure.
14:21Donc là,
14:22toutes les conditions
14:22étaient réunies.
14:23Ils étaient réunies
14:23et bien au-delà.
14:25On a parlé de la sécheresse,
14:27le manque d'eau
14:28dans les nappes phréatiques.
14:31Le vent qui a été enregistré,
14:33donc la tramontane,
14:34c'était mardi,
14:36au départ du feu,
14:38c'était 60 à 80 km heure.
14:40À cette vitesse,
14:42les flammes
14:44sont couchées
14:45au niveau du sol.
14:46Ah oui.
14:46Donc,
14:47le vent est tellement fort
14:48que ça les propulse
14:49vers le sol,
14:50ce qui amplifie encore
14:53la propagation
14:54et la combustion
14:55de ce qu'il y a au sol,
14:56c'est-à-dire
14:57broussaille,
14:58tout ce qu'on a dit.
14:59La garigue.
15:00Toutes ces petites herbes
15:01aromatiques
15:02qui sont pleines
15:02d'huile essentielle
15:03et qui brûlent très bien.
15:04Les pommes de peines
15:05des arbres,
15:07des peines,
15:08elles ont un effet
15:09incandescent,
15:10un effet grenade,
15:11en fait.
15:11Elles pètent.
15:12Et donc,
15:12elles vont dans
15:13toutes les directions.
15:14Donc, pareil,
15:14il y a, voilà,
15:16il y a mille et une
15:17explications
15:18qui...
15:19Le réchauffement climatique,
15:20bien sûr,
15:20on l'a dit,
15:21et tout était réuni
15:23à ce moment-là.
15:24Justement,
15:24vous voyez un peu
15:25là où je commence à aller.
15:27Comment on explique
15:28l'augmentation
15:29du nombre des incendies,
15:30mais aussi de leur puissance,
15:31de leur vitesse,
15:32de la surface ?
15:33Là,
15:33on parle de l'eau,
15:34c'était exceptionnel,
15:35mais en fait,
15:36ce sera de moins en moins
15:37exceptionnel
15:38si on est un peu pessimiste.
15:44Toi, Antoine,
15:44tu travailles sur l'environnement
15:45et Olivier,
15:46tu travailles depuis longtemps.
15:47On le répète
15:48tous les jours
15:49dans nos papiers,
15:49le réchauffement climatique
15:52aggrave l'intensité
15:53de ces catastrophes
15:55et surtout leur récurrence.
15:57Voilà,
15:57c'est un facteur de risque
15:58qui est démultiplié.
16:00Mais surtout,
16:01pour reprendre
16:02une citation
16:03qui est usée
16:04jusqu'à la corne,
16:05mais le problème,
16:06c'est que notre maison
16:07brûle,
16:07mais qu'on la regarde brûler.
16:10On a déjà
16:12entendu parler
16:13de la question
16:14des moyens de lutte
16:15contre l'incendie.
16:16Ces fameux
16:17canadaires
16:18dont l'achat
16:19était programmé
16:20et qui ont finalement
16:23été retardés
16:24parce que,
16:24n'est-ce pas,
16:25on n'a pas assez d'argent
16:26en France.
16:27C'est bien connu.
16:28On est un pays pauvre,
16:29on n'a pas les moyens
16:29de s'acheter des canadaires
16:31et de programmer tout ça
16:31de manière raisonnable
16:32alors qu'on sait,
16:33c'est là qu'on peut dire
16:35qu'on regarde
16:35notre maison brûlée,
16:36alors qu'on sait
16:37que ces épisodes
16:39d'incendie,
16:39de canicule,
16:40de sécheresse,
16:40etc.
16:41vont se répéter,
16:42se multiplier
16:43dans les années à venir.
16:44Donc là,
16:44il y a une faute grave
16:46du gouvernement,
16:48des gouvernements,
16:49d'ailleurs,
16:49parce que ça fait quand même
16:50longtemps que le problème
16:51est posé.
16:53Notre maison brûle,
16:54on le regarde brûlée
16:55parce que cette question
16:56qu'on a déjà évoquée
16:58de la déprise agricole,
17:00elle ne sort pas de...
17:02C'est pas une catastrophe
17:03naturelle.
17:06C'est des choix politiques
17:07délibérés.
17:09On va en parler là,
17:12faisons notre pub,
17:13demain,
17:14le dossier
17:14qui fait la une de l'humas
17:15et justement
17:16sur les suites
17:16de l'incendie.
17:20L'Aude,
17:21c'est un territoire
17:23de viticulture,
17:24de petites exploitations,
17:26peut-être aussi un peu
17:27d'élevage,
17:28de maraîchage,
17:28de trucs comme ça,
17:29mais c'est des petites exploitations.
17:30À qui vont les aides
17:31de la politique agricole commune ?
17:33Pas à ceux-là.
17:36Il n'y a pas de grandes cultures
17:38là-bas,
17:39il n'y a pas de...
17:39Voilà,
17:40donc on ne les aide pas.
17:42Justement,
17:43on le voit bien
17:43puisqu'on arrache les vignes
17:44alors qu'il y aurait
17:45bien d'autres choses à faire,
17:46y compris de développer
17:48des méthodes agronomiques
17:53encore plus efficaces
17:54et contre les incendies.
17:56C'est par exemple
17:56faire de la viticulture élevage,
17:58pas de la polyculture élevage,
18:00mais de la viticulture élevage,
18:01des choses comme ça,
18:02pour remettre
18:03de la matière organique,
18:05c'est-à-dire
18:07basiquement
18:09des déjections animales
18:10dans les sols
18:12parce qu'un sol
18:13qui est plus chargé
18:13en matière organique,
18:14il retient l'humidité.
18:16Donc quand il y a le feu,
18:17ça brûle beaucoup moins bien.
18:18C'est tout un tas
18:19de choses comme ça
18:20qu'on ne développe pas
18:21parce qu'on fait le choix
18:24de faire des lois
18:25qui multiplient
18:27les gros élevages industriels,
18:28qui permettent
18:30d'utiliser des pesticides
18:31et qui font des retenues d'eau
18:33pour des cultures
18:35de maïs hors sol
18:36qui n'ont rien à faire là
18:37et qui ne servent
18:38qu'à l'élevage industriel,
18:39justement.
18:40Donc voilà,
18:40ce sont des choix politiques.
18:42Les gens là-bas,
18:42ils le savent bien,
18:43il y a un gros sentiment
18:44de colère et d'abandon
18:45parce qu'ils voient
18:47leur territoire,
18:48leur terroir,
18:49leur mode de vie,
18:51voire leur culture
18:52se déliter petit à petit,
18:54partir en fumée.
18:56Ce n'est pas une métaphore
18:57pour le coup.
18:59Et les décisions
19:01vont toujours dans le même sens.
19:02C'est sur place,
19:03c'est la principale remarque
19:06qui était faite
19:06sur les causes,
19:07tout ça,
19:07c'était la recherche des vines.
19:09Tout le monde en parlait.
19:11Que ce soit les élus locaux,
19:12dont certains d'ailleurs
19:13sont aussi en même temps
19:16en double casquette vigneron,
19:18viticulteurs,
19:20tout le monde en parlait.
19:21Donc en fait,
19:22les gens sont conscients,
19:23les habitants ne sont pas...
19:24Ils savent ce qui se passe,
19:25ils savent quels sont les problèmes
19:27et il faudrait peut-être
19:28les écouter aussi.
19:29Les élus locaux,
19:30mais aussi les habitants
19:31parce qu'ils ont des choses
19:32à dire.
19:33On va parler après
19:34de la visite de François Bayrou
19:35et du ministre Bruno Retailleau,
19:38mercredi à Saint-Laurent
19:39de la Caboris.
19:42Mais j'aurais aimé
19:43qu'ils restent un peu plus.
19:44Qui ne viennent pas
19:45comme ça en courant d'air,
19:47si j'ose dire,
19:48discuter avec quelques élus,
19:50faire un discours
19:50et repartir.
19:51Il avait une chaîne
19:52de la YouTube à lancer.
19:53Il y avait des priorités.
19:54Apparemment.
19:55J'aimerais revenir
19:55sur quelques trucs.
19:57Déjà, petite précision,
19:58Olivier,
19:58tu parlais de la politique
19:59agricole commune,
20:00donc c'est la PAC,
20:00c'est les subventions
20:02décidées et financées
20:04par l'Europe
20:04données aux agriculteurs
20:05et tu disais que ça,
20:06que le modèle était contestable
20:08puisque encore aujourd'hui,
20:09les critères
20:10pour attribuer cette PAC
20:11sont essentiellement faits
20:12autour de la surface
20:13des exploitations
20:15et du coup,
20:15forcément,
20:15ça avantage
20:16les énormes exploitations.
20:19Plus on a d'exploitation,
20:20plus on a de surface,
20:21d'hectare,
20:21plus on touche de l'argent
20:22et donc les petites exploitations
20:24paysannes,
20:25maraîchères,
20:25etc.,
20:27à l'échelle,
20:28touchent beaucoup moins.
20:29Deuxième chose,
20:30petite information,
20:31tu parlais des lois
20:32qui permettent
20:33ces exploitations gigantesques,
20:35ces retenues d'eau.
20:37Il y a une petite pensée
20:37à Laurent Duplomb,
20:38évidemment,
20:39une petite pensée aussi
20:39à Emmanuel Macron
20:40qui a promulgué aujourd'hui
20:42cette fameuse loi Duplomb.
20:43Alors évidemment,
20:43il n'a pas promulgué
20:44l'aspect sur les pesticides,
20:46l'acétimipride,
20:47mais tout le reste,
20:48donc les retenues d'eau,
20:49les élevages industriels,
20:50etc.,
20:50tout ça s'est passé.
20:52Voilà,
20:53la dernière question,
20:55le truc,
20:55voilà,
20:55tu commençais à parler
20:56des canadaires,
20:57est-ce que tu peux nous faire
20:58un petit rappel
20:58sur le nombre de...
21:01Petite colle.
21:02Le nombre de canadaires
21:03dont la France dispose
21:04et le nombre qui aurait dû
21:05être acheté,
21:06mais tu sais quoi,
21:06on est sur Twitch
21:07et c'est pas très...
21:08Toi, tu sais, Antoine,
21:09et ben voilà.
21:09Moi, j'ai pas révisé.
21:11Pourtant, c'est toi
21:12qui avancez le sujet,
21:13alors moi, je me suis dit,
21:13c'est bon.
21:14Alors, combien on en a
21:16et combien était prévu
21:17qu'on en ait en tout ?
21:18On en a 12.
21:19Ouais.
21:19Flotte de 12.
21:21Il y en avait 9 dans l'Aude.
21:23Un qui,
21:24donc d'après ce que j'ai compris,
21:25avait été accidenté
21:26en début de saison
21:27et le reste,
21:28je présume,
21:29mobilisé ailleurs en France.
21:31Donc 12.
21:33Achat de 2 canadaires
21:34prévu pour une livraison
21:37en 2028.
21:40Voilà,
21:40mais ça, encore une fois,
21:41il l'a dit,
21:42ça a tardé.
21:42Donc on est à 12
21:43et c'est des instruments
21:45dont certains sont
21:46assez vétustes
21:48et demandent
21:49il y a tout un aspect
21:50maintenance derrière
21:51qui prend beaucoup de temps.
21:53Donc là,
21:53la livraison des deux nouveaux,
21:55ce sont des équipements
21:56de nouvelle génération,
21:57donc ça va faire du bien,
21:59si j'ose dire.
22:01Mais est-ce que ça suffit ?
22:03Je ne pense pas.
22:05Antoine,
22:06tu devais m'envoyer
22:06le passage de
22:07Forcentvail Rouge,
22:07je ne l'ai pas reçu.
22:08Il est sur le conducteur.
22:11Nous réglons nos comptes
22:12en direct.
22:12Ah, sur le conducteur,
22:13d'accord.
22:13Mais oui,
22:14il est là.
22:15C'est parfait.
22:16Hop.
22:17Antoine,
22:171.
22:180, 0.
22:20Bien joué,
22:20bien joué.
22:21Et tu m'as même donné
22:22les timecodes.
22:232, 30.
22:24Vous êtes prêts à le chat,
22:25on va écouter François Bayrou.
22:26Petit trigger warning.
22:27Oh non.
22:30Je me suis explosé
22:31les oreilles.
22:32C'est bien 2, 30
22:33ce que tu m'as dit.
22:33Ouais.
22:35Hop.
22:35Il y a quelques bugs,
22:36ça s'accade.
22:36N'hésitez pas,
22:37le chat aime le dire
22:38si le son est connu
22:39parce que j'ai l'impression
22:39qu'il est petit.
22:41Tout le monde voit
22:42ce qui se passe.
22:43On est dans un moment
22:45où le changement climatique
22:49sur, j'allais dire,
22:51toute la planète,
22:52en tout cas l'Europe,
22:53ce changement climatique
22:54se fait sentir
22:55et entraîne
22:56des événements inédits.
22:59Et l'événement aujourd'hui,
23:01c'est un événement
23:03qui est lié
23:04au réchauffement climatique
23:05et lié à la sécheresse.
23:08Et il faut qu'on réfléchisse
23:10avec les élus locaux,
23:12avec les responsables
23:14professionnels,
23:15avec les parlementaires
23:17et les gouvernements,
23:18nous avons à réfléchir
23:20à ce que demain
23:21pourrait être.
23:22Quel type de plantation ?
23:25Quel avenir pour la vie ?
23:26Quelle possibilité
23:28d'imaginer
23:29des essences différentes
23:32qui pourraient être
23:33des essences
23:34de résistance
23:36à la progression du feu ?
23:38Quel type de plantation
23:40pour réaliser des stops ?
23:41Ce qu'on a vu là
23:43et qui est très frappant,
23:45c'est que
23:46partout où il y avait
23:47des vignes,
23:48pour l'essentiel,
23:49le feu a été arrêté.
23:52Et là où il n'y avait
23:53plus de vignes,
23:54là où les Taillis,
23:57les Broussailles
23:58et les Garrigues
23:58avaient pris la place,
24:01et puis on trouve
24:02un accroissement
24:04de la catastrophe,
24:05de la vitesse du feu
24:06et de la catastrophe.
24:09Le son,
24:10ce n'est pas nous,
24:10c'est effectivement
24:11qu'il y a un moteur
24:11qui tourne à côté,
24:12ou je ne sais pas quoi.
24:13En fait,
24:14je crois qu'il y a un hélico
24:14qui passe,
24:15qui s'arrête de parler,
24:16et il reprend,
24:17et il regarde l'hélico.
24:19Des petits réglages de son,
24:20parce que là,
24:21c'était un peu terrible.
24:22C'est surréaliste quand même.
24:23En gros,
24:24il parle du changement climatique,
24:26et bon,
24:28une fois n'est pas coutume,
24:30ce qu'il dit
24:30est assez pertinent.
24:32Je pense que c'est important
24:33de se souvenir.
24:34on est d'accord
24:34avec François Bayrou.
24:35Objection.
24:35Oui,
24:36alors on aura peut-être
24:37un désaccord,
24:38je ne suis pas non plus
24:39en train de l'encenser,
24:41attention,
24:41mais c'est quand même
24:44assez...
24:46Il pose des bonnes questions.
24:48Il pose des bonnes questions.
24:49Le problème,
24:50c'est qu'il a l'air
24:50de découvrir le truc.
24:51C'est ça.
24:52C'est quoi leur boulot ?
24:54Qui aurait pu présider
24:55quelqu'un de dit dans le chat ?
24:56Exactement.
24:57Mais après,
24:58sur le fond,
24:59il aurait pu ne pas en parler.
25:02Il aurait pu passer à côté,
25:03comme d'habitude,
25:04et nous expliquer
25:07toujours le même discours.
25:08Il a évoqué des choses,
25:09il a posé des questions
25:10qui, pour le coup,
25:10étaient pertinentes sur
25:11non pas continuer à faire
25:14ce qu'on fait depuis toujours,
25:15à savoir saupoudrer de mesurettes,
25:19mais remettre en question
25:20tout le système agricole,
25:22tout ce dont on a parlé.
25:24Ça, c'est...
25:26Voilà, pour le coup,
25:26c'est pertinent.
25:27Alors après, effectivement...
25:28Parce que j'en sens que tu...
25:29On a l'impression qu'il arrive...
25:30Je me suis satisfait de pas grand-chose,
25:32mais vaut mieux ça que rien.
25:34J'ai envie de te dire.
25:35Parce que dans la situation actuelle,
25:38il faut savoir se raccrocher
25:39aussi à ce genre de choses.
25:41Après, voilà,
25:41il y a un train de retard
25:42qui est évident.
25:44Il découvre la situation maintenant,
25:45mais Bayrou,
25:47il est en politique depuis...
25:48Oui, plus longtemps
25:49que peut-être notre rénaissance.
25:50Voilà.
25:50J'étais panique,
25:51il était déjà là.
25:52Peut-être pas de la tienne, Olivier.
25:53Il savait très bien.
25:54Et en plus,
25:54il vient de Paule.
25:55Ça suffit,
25:55ses allusions, monsieur.
25:58Non, mais Antoine,
25:59il a raison.
26:00Ce problème, il existe depuis toujours.
26:00Au moins, ça montre
26:01qu'il a compris le truc, Bayrou.
26:03La question qu'on doit leur poser,
26:05c'est...
26:05Moi, si j'étais vigneron
26:06dans les Corbières
26:07et que j'entends cette phrase
26:09où il dit, je cite,
26:10« Quel avenir pour la vigne ? »
26:12Je flipperais.
26:13Parce que,
26:13« Quel avenir pour la vigne ? »
26:16Vu la politique qui est menée
26:17depuis bien des années,
26:20s'il n'y a pas un virage radical
26:21qui est pris,
26:24or, on sait très bien
26:25quelle politique agricole
26:27ces gens-là, ils mènent.
26:28Quel avenir pour la vigne ?
26:29Moi, j'entends.
26:31Est-ce que la vigne
26:32a encore sa place
26:33dans ces régions
26:34où le réchauffement frappe
26:35avec une telle ampleur
26:36que ces essences-là...
26:38Il pose aussi la question, d'ailleurs,
26:40que ces essences-là
26:41ne pourront plus
26:42y être maintenues ?
26:43Ou alors au prix
26:44d'une fuite en avant
26:46type irrigation, etc.,
26:48de la vigne,
26:49ce qui serait...
26:50Enfin, il arrive
26:51que ça se pratique,
26:52notamment en Espagne,
26:53je crois,
26:54mais en France,
26:55pas vraiment.
26:56Je ne sais plus,
26:57je ne veux pas dire de bêtises,
26:58donc je ne dirai pas
26:59si c'est interdit ou pas.
27:00Enfin bon,
27:01ce n'est pas interdit.
27:02Ce n'est pas du tout répandu,
27:02même si ce n'est pas interdit.
27:03Non, non, non,
27:04puis ça ne donne pas
27:05le même vin.
27:06Un vin qui est arrosé,
27:07une vigne qui est arrosée
27:08à la flotte,
27:08elle ne donne pas
27:09le même vin
27:09qu'une vraie vigne,
27:11entre guillemets, quoi.
27:12Enfin bon,
27:12c'est un autre problème.
27:14Voilà, donc c'est ça.
27:15Au moins,
27:16il a compris,
27:17mais ça ne donne pas
27:18de gage
27:19qu'on s'engage
27:20dans la bonne direction
27:21ensuite,
27:21loin de là.
27:22– De précision,
27:23parce que je vois le chat
27:24s'enflammer.
27:26– En même temps,
27:26c'est sûr,
27:26à chaque fois qu'on met Bayou.
27:27– Effectivement,
27:27vous avez raison de le dire.
27:28Sur la question des moyens,
27:29il n'en parle pas.
27:31– Il dit oui,
27:32attention,
27:32ce n'est pas bien,
27:33mais il n'a pas
27:34de plan concret.
27:35– Pas de réponse,
27:36pas de plan concret.
27:37Et puis encore une fois,
27:39pourquoi on était
27:40dans cette situation
27:41à cet instanté ?
27:43Ça fait des années
27:44qu'on dit
27:45que les sapeurs-pompiers
27:47alertent sur le manque
27:47de moyens.
27:48Ça fait des années.
27:49Déjà après l'incendie,
27:50c'est l'Andiras 2022.
27:53Déjà,
27:53on en parlait.
27:55On disait,
27:56tout le monde alertait
27:57sur le fait
27:57qu'on manquait
27:58de Canadair,
27:58on manquait d'équipe.
28:00Il y avait des problèmes
28:01dans les roulements
28:01au niveau des sapeurs-pompiers
28:02sur le terrain.
28:04Et quelles réponses
28:05ont été apportées
28:06à ça ?
28:06Aucune.
28:09Et du coup,
28:09ça se traduit par quoi ?
28:10Ça se traduit concrètement
28:11sur le terrain
28:12par du ras-le-bol.
28:13Nos confrères de Libé
28:14en reportage
28:15l'ont bien remarqué,
28:16quand Bayrou est arrivé
28:17avec son congoire
28:18et Bruno Retailleau,
28:19ils se sont fait huer.
28:21– Ouais.
28:21– Mais parce que c'est normal.
28:23Déjà,
28:23les gens ont vécu
28:24un traumatisme énorme.
28:25Et puis en plus,
28:26ils se retrouvent
28:27avec François Bayrou
28:27et Bruno Retailleau
28:29sur place
28:30pour,
28:31j'allais dire,
28:31donner des leçons,
28:32non, mais il y a un côté,
28:34tu vois aussi,
28:34la démarche,
28:35elle pose question.
28:37– En plus,
28:38il est venu en Falcon,
28:38c'est ça que tu disais.
28:39– Oui, oui.
28:40– En jet privé.
28:41– Mais les gens,
28:42oui,
28:42ils se sont fait huer,
28:43c'est pas étonnant.
28:43Les gens,
28:44ils sont en colère là-bas.
28:45et ont expression
28:49aussi largement utilisés,
28:50mais le sentiment d'abandon
28:52qui est réel,
28:54surtout après une catastrophe
28:56comme celle-là,
28:57on sait comment ça se manifeste,
28:59ensuite, politiquement.
29:02Juste en dessous,
29:03dans les Pyrénées-Orientales,
29:04il y a déjà du Rassemblement national
29:05partout.
29:06Dans l'Aude,
29:07les dernières élections
29:08ont aussi été très pénibles
29:11de ce point de vue-là,
29:12alors que c'est une terre...
29:16C'est là d'où est partie
29:18la grande révolte
29:20des vignerons en 1907.
29:21Enfin, je ne vais pas vous faire
29:22des cours d'histoire
29:23que je serais bien incapable
29:24de faire d'ailleurs,
29:25mais c'est pas...
29:26Historiquement,
29:27l'Aude,
29:27c'est pas une terre de droite.
29:28Mais le Rassemblement national,
29:30là-bas,
29:30il prospère sur les friches de vignes,
29:34en particulier.
29:35Pas que,
29:35mais une autre question
29:37pour l'avenir de ce point-là,
29:38c'est que c'est une région...
29:39Les deux piliers de l'économie
29:41ou de ce qu'il en reste là-bas,
29:42c'est, un, la vigne,
29:43deux, le tourisme.
29:44Qui va aller faire du tourisme
29:46dans des zones entièrement cramées,
29:48comme ça ?
29:50Cet incendie-là,
29:51il s'est étalé
29:54entre l'abbaye de Lagrace
29:55et l'abbaye de Font-Froide,
29:56qui sont deux joyaux
29:58que j'invite tout le monde
30:00à y aller,
30:01parce que c'est vraiment formidable.
30:03C'est le pays Qatar, etc.
30:05Mais ça risque aussi
30:07de fléchir de ce côté-là
30:09si les gens,
30:10un, se disent
30:11c'est quand même
30:12beaucoup moins joli
30:13depuis que ça a cramé,
30:14et deux,
30:15si on y va,
30:16est-ce qu'on ne va pas
30:17mourir de chaleur
30:17ou mourir de soif
30:18parce qu'il n'y a plus d'eau là-bas ?
30:20Donc ça aussi,
30:21il va falloir le penser.
30:22Sous-titrage Société Radio-Canada

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