- il y a 10 heures
Benyamin Netanyahou, s’est rendu pour la troisième fois à la Maison Blanche, lundi 7 juillet, afin de discuter avec Donald Trump de l’avenir de la bande de Gaza. Si les deux chefs d’État ont affirmé que les négociations avec le Hamas vont dans le bon sens, le premier ministre israélien continue d’assumer ouvertement le génocide et ferme la porte à la mise en place d’un État palestinien. Nos journalistes Sarah Nedjar et Christophe Deroubaix font le point.
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NewsTranscription
00:00Cette nuit à Washington, en tout cas, Benyamin Netanyahou a été reçu par Donald Trump,
00:05troisième rencontre en moins de six mois, on le disait,
00:07et la première depuis la guerre de 12 jours menée par Israël et contre l'Iran,
00:11avec pour la première fois, on le rappelle, une première aide directe des États-Unis dans ce conflit-là.
00:17Et cette rencontre, elle intervient dans un contexte de guerre prolongée à Gaza,
00:21d'où les tentatives de cesser le feu piétine,
00:24alors que des négociations indirectes reprenaient à Doha la veille entre Israël et le Hamas.
00:31Donc pour en parler, on l'a dit, on est avec Pierre Barbancé,
00:35je te représente spécialiste du Moyen-Orient pour l'Huma.
00:40Est-ce que tu peux nous dire déjà ce qui ressort de cette discussion ce matin ?
00:43Qu'est-ce que tu en as retenu ?
00:46D'abord, on ne sait pas exactement grand-chose de ce qui s'est dit,
00:50parce que Donald Trump a organisé un dîner en l'honneur de son grand ami Benjamin Netanyahou,
00:58c'est-à-dire qu'entre les spectacles habituels qu'il nous donne à la Maison-Blanche,
01:07assis sur son siège avec son invité à côté, soit qu'il a double, soit qu'il engueule,
01:12cette fois-ci c'était une espèce de repas où il y a quelques banalités qui ont été dites,
01:17ce qui ne signifie pas que les deux hommes ne se sont rien dit,
01:20ils ne sont pas en train de régler dans les coulisses quelques affaires du Moyen-Orient.
01:25Ce qu'on sait néanmoins, c'est qu'il y avait trois questions majeures en réalité à leur menu.
01:32La première c'était, comme tu l'as dit, le cesser le feu à Gaza.
01:37La deuxième c'était la question de l'Iran, puisque après la fameuse guerre des douze jours,
01:44un cesser le feu a été établi, mais c'est un cesser le feu assez étrange, assez bizarre,
01:49parce que c'est un cesser le feu qui est plutôt oral,
01:52et donc il n'y a strictement rien d'écrit, il n'y a aucun mécanisme de mise en œuvre
01:56ni de surveillance.
01:59Et la troisième qui tient particulièrement à cœur aux deux hommes,
02:01c'est cette normalisation, ce qu'ils appellent les accords d'Abraham,
02:05c'est-à-dire la normalisation des pays arabes avec Israël,
02:08et notamment la question centrale qui est celle de l'Arabie saoudite.
02:11Donc on sait qu'ils ont discuté de ces trois questions-là.
02:15Alors quand tu dis le cesser le feu, les négociations sur le cesser le feu piétinent,
02:20il faut quand même préciser qu'il y avait un cesser le feu qui était en cours,
02:25et que le 18 mars dernier, Benyamin Netanyahou a décidé de violer, tout simplement.
02:32Et donc depuis le 18 mars, en fait, il a fait reprendre cette guerre à Gaza,
02:38donc peut-être on va y revenir dans le cadre de la discussion-là,
02:42parce que pourquoi est-ce qu'il vient à cesser le feu ?
02:44Pourquoi est-ce qu'il revient à des tables de négociation ?
02:46Qu'est-ce qu'il veut obtenir ou ne pas obtenir ?
02:48En fait, c'est toute la question, et ces questions-là,
02:51imbriquées dans celles que je viens d'énoncer, qui concernent l'ensemble du Moïse d'Orient.
02:55On parle du viol du cesser le feu, mais on en a fait notamment des sujets à l'UMA.
02:59Le cesser le feu n'avait pas été strictement respecté aussi.
03:03Il y avait des journalistes qui restaient visés pendant ce cesser le feu.
03:08En tout cas, c'est le titre qui a fait la une de la presse
03:12au moment où le cesser le feu est officiellement brisé par Israël dans la bande de Gaza.
03:17Mais il n'avait pas été scrupuleusement respecté,
03:20et notamment sur l'acheminement d'aides humanitaires.
03:23Tu nous parles des accords d'Abraham.
03:25Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est, un peu pour le chat,
03:29qui n'en aurait jamais entendu parler rapidement,
03:32pour qu'on comprenne bien l'importance de ces accords ?
03:36Alors, les accords d'Abraham, c'est une chose qui a été mise en place,
03:41inventée en quelque sorte lors du premier mandat de Donald Trump,
03:44avec son beau-fils Jared Kouchter,
03:47puisque Donald Trump est aussi travaillé sa famille,
03:50comme dans n'importe quelle République bananière,
03:52au frais de l'État.
03:55L'idée première de Donald Trump là-dedans,
03:59c'était, en même temps où il permettait une annexion des territoires palestiniens par Israël,
04:03c'était de faire en sorte de stabiliser, d'une certaine manière,
04:07ou de pacifier la région moyenne orientale,
04:11en faisant en sorte que les pays arabes reconnaissent Israël.
04:15Ce qu'ont fait un certain nombre de pays,
04:17c'est-à-dire aujourd'hui c'est le Maroc, le Soudan, le Bahreïn,
04:22les Émirats arabes unis, qui ont reconnu Israël,
04:25mais la question centrale pour les États-Unis, évidemment,
04:29c'est l'Arabie saoudite, l'Arabie saoudite qui est le grand pays sunni de la région,
04:32le pays de monarchie pétrolière et pays où on trouve les grands monuments religieux de l'islam sunnite en Arabie
04:43saoudite.
04:43Donc toute la question est celle-là.
04:46Donc les accords d'Abraham sont très importants pour les États-Unis,
04:49mais elles le seront aussi pour Israël.
04:51Donc tout ce qui est fait depuis maintenant plusieurs années,
04:55et spécialement depuis la guerre menée à Gaza après le 7 octobre 2023,
05:00relève aussi de cette question-là, puisqu'il s'agit pour les États-Unis
05:04de faire en sorte qu'il n'y ait plus quasiment aucun pays qui se dresse contre ses volontés régionales.
05:10Et donc Israël s'est un peu mis à disposition de cet enjeu régional américain,
05:17dans ses propres buts, qui est, avec Benjamin Netanyahou et son gouvernement d'extrême droite,
05:22de mettre la main sur l'ensemble des territoires palestiniens.
05:25Et c'est aussi une des choses qu'on a pu remarquer dans une des rares déclarations
05:30qu'a faites Benjamin Netanyahou lors de ce dîner dont on parle hier soir
05:36entre Donald Trump et Netanyahou.
05:38Donc ça a été cette question de l'État de Palestine.
05:42Et Netanyahou en gros a dit qu'il n'y aura pas d'État de Palestine réellement souverain,
05:49puisqu'il a réaffirmé qu'Israël gardera la main sur la sécurité,
05:53sur les questions sécuritaires, et notamment dans la bande de Gaza.
05:57L'une des questions justement les plus brûlantes pour la recherche de cet accord,
06:05c'était notamment les otages.
06:08Alors, dans la presse, je te pose une petite question, on va dire sémantique.
06:13Dans la presse, on parle d'échanges entre des otages israéliens
06:18et de prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes.
06:24Alors, à Luma, on a une façon un peu...
06:27On a un vocabulaire particulier, on ne parle pas de frappe,
06:31on parle de bombardement.
06:33Non, non, non, on parle de frappe aussi.
06:35Non, non, on parle de frappe aussi.
06:37Oui, oui.
06:38Ah ben, en tout cas, moi, quand je fais mes vidéos,
06:40on dit que bombardement plutôt que frappe, etc.
06:44Tu as dit une personne de ça, mais pas tout le monde.
06:47Oui, oui.
06:47Bon, est-ce que tu peux nous expliquer déjà ces prisonniers palestiniens
06:52dont on parle peu ?
06:56Les conditions de détention, les conditions d'emprisonnement, etc.
07:00Un peu parce qu'on voit très bien qu'ils sont les otages à libérer,
07:05on voit peut-être moins la contrepartie de cet accord.
07:10Oui, non, la question, c'est sur le mot,
07:12parce qu'effectivement, on parle d'otages israéliens,
07:15on parle de prisonniers palestiniens.
07:17Donc, ça crée déjà une espèce de différence.
07:22Alors, effectivement, il y a des Israéliens civils
07:25qui ont été capturés lors de l'attaque du 7 octobre,
07:28on parle Hamas et notre groupe palestinien,
07:31et qui sont donc aujourd'hui retenus à Gaza,
07:33mais il y a aussi des soldats israéliens.
07:36Donc, eux-mêmes sont directement des prisonniers.
07:39Et de l'autre côté, côté des Palestiniens,
07:43il y a effectivement des combattants palestiniens
07:45qui sont emprisonnés en Israël,
07:49mais il y a aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup de civils palestiniens,
07:53et donc on n'utilise jamais le mot otage.
07:55Donc voilà, la difficulté, elle est plutôt sur ça.
08:00Pierre, on peut peut-être préciser que nombre de civils palestiniens
08:04n'ont pas eu de procès.
08:07Voilà, alors, exactement.
08:10Aujourd'hui, il y a presque 10 000 prisonniers politiques palestiniens,
08:14et plusieurs milliers d'entre eux sont retenus
08:17dans le cadre de ce qu'on appelle la détention administrative.
08:20La détention administrative, c'était quelque chose
08:23qui avait été mis en place d'ailleurs par le colonisateur britannique,
08:28qui les Britanniques l'ont aussi utilisé en Irlande,
08:30qui permet à l'occupant d'arrêter quelqu'un,
08:36sans aucun motif,
08:37de préparer un dossier qui est secret,
08:40donc même les avocats de celui ou celle qui est arrêté
08:42ne sont pas tenus au courant,
08:44une détention qui peut durer 6 mois
08:46et être renouvelable éternellement.
08:49Et donc, il n'y a pas de procès,
08:51il n'y a pas de raison d'enfermement,
08:53ce qui est une espèce de torture aussi psychologique,
08:56parce que le prisonnier en question,
08:58qui est dans le cadre de la détention administrative,
09:01ne sait absolument pas à quel moment il pourrait sortir.
09:05C'est-à-dire qu'un prisonnier jugé, par exemple,
09:07même s'il prend 10 ans de prison,
09:08il sait qu'au bout de 9 ans,
09:11il ne lui restera plus qu'un an à tirer,
09:12ou 9 ans et demi, il ne lui restera plus que 6 mois à tirer.
09:15Un prisonnier en détention administrative
09:17peut très bien penser qu'il va rester des années et des années
09:20sans aucun horizon pour lui.
09:24Donc on en est là.
09:25Et les conditions de détention ont toujours été très dures
09:30pour les prisonniers palestiniens,
09:31mais les conditions pour les Israéliens retenus à Gaza
09:35sont aussi très difficiles.
09:38Ils sont retenus dans des souterrains.
09:42Évidemment que les déplacements sont quasiment impossibles.
09:45Ils peuvent être tués à tout moment,
09:47et par leurs géoliers palestiniens.
09:50Mais ils peuvent aussi,
09:51et c'est arrivé plusieurs fois depuis le mois d'octobre,
09:55qu'ils soient tués eux-mêmes directement,
09:57soit par les bombardements israéliens,
09:58soit quand certains ont réussi à s'échapper,
10:01ils n'ont pas réussi à se signaler,
10:03ils ont été abattus par l'armée israélienne elle-même.
10:04Donc les conditions sont très difficiles.
10:06Mais celle des Palestiniens aujourd'hui s'est considérablement aggravée.
10:10Il y a des centres qui ont été construits
10:12dont on a pu faire la comparaison avec le centre de Guantanamo,
10:17monté par les Américains
10:19après les attentats du World Trade Center en 2001.
10:23On sait que les cas de torture sont légion.
10:25On sait que des prisonniers ont été amputés
10:27tellement leurs membres étaient retenus et attachés.
10:32les conditions, j'ai pu moi-même recueillir,
10:36y compris en Cisjordanie, quand j'étais en reportage,
10:39j'ai pu recueillir des témoignages de prisonniers
10:42qui parlaient de comment le volume de nourriture a été diminué,
10:47comment on donnait une part de nourriture
10:48pour 5, 6, 7 ou 8 prisonniers,
10:51comment ils étaient regroupés dans des cellules,
10:54enfin des conditions qui sont dénoncées,
10:57y compris par le droit international aujourd'hui.
10:59On a parlé du coup des accords d'Abraham,
11:01on a parlé du mot otage,
11:05on a parlé des prisonniers,
11:06de leurs conditions de détention.
11:07Maintenant, j'aimerais que tu nous parles, s'il te plaît,
11:09de ces négociations qui se tiennent en ce moment à Doha.
11:12C'est des négociations indirectes.
11:14Alors déjà, qu'est-ce que ça veut dire
11:15que des négociations indirectes ?
11:18Entre Israël et le Hamas,
11:20les deux entités demandent des conditions
11:24pour organiser ce cessez-le-feu.
11:26Et quelles sont-elles ?
11:27Et pourquoi, pour l'instant, Israël les qualifie d'inacceptables ?
11:35Alors, il faut bien comprendre que les Américains,
11:38comme on l'a dit tout à l'heure,
11:39ont un certain nombre d'intérêts dans la région.
11:42Et aujourd'hui, pour avancer sur son projet régional,
11:45Donald Trump a besoin de se gagner l'ensemble des pays arabes
11:51et notamment l'Arabie Saoudite.
11:54Pour se gagner l'Arabie Saoudite,
11:56il faut faire un pas vers les Palestiniens
11:59puisque l'Arabie Saoudite dit aujourd'hui
12:01que la condition sine qua non
12:03de toute normalisation avec Israël
12:05est la création d'un État de Palestine.
12:08On n'en est évidemment pas là,
12:10mais on en est encore moins là
12:11d'un État de la création d'un État de Palestine.
12:14Si la guerre se poursuit à Gaza.
12:16Donc la première étape, c'est un cessez-le-feu.
12:19Il paraît évident aujourd'hui
12:20que les Américains poussent vers ce cessez-le-feu.
12:24Benyamin Netanyahou, de son côté,
12:26peut difficilement dire non à Donald Trump,
12:29mais il a aussi affaire à une coalition gouvernementale,
12:33la sienne,
12:34qui dépend beaucoup de l'extrême droite israélienne
12:36et notamment de ses deux ministres
12:39Itamar Ben-Gvir et Bezal El Smotrich,
12:42qui, eux, poussent pour que la guerre se poursuive
12:45jusqu'à ce qu'ils appellent
12:46l'éradication totale du Hamas,
12:49voire même l'expulsion de l'ensemble des Palestiniens
12:52de la bande de Gaza
12:52et donc une réoccupation ou une annexion
12:55pure et simple de la bande de Gaza
12:57par Israël.
12:59Donc Benyamin Netanyahou, lui,
13:01est obligé de tenir un petit peu
13:04les deux côtés,
13:05c'est-à-dire avancer
13:06ou laisser entendre qu'il avance vers un cessez-le-feu,
13:09qu'il participe à des discussions
13:11pour un cessez-le-feu
13:12avec les Palestiniens,
13:14ça c'est pour contenter Donald Trump,
13:17et de l'autre,
13:18donner des gages aussi à l'extrême droite
13:21en montrant qu'il avance très lentement,
13:24qu'il n'est pas prêt à céder
13:26et qu'il va faire le maximum
13:27pour contraindre le Hamas,
13:29voire à continuer la guerre
13:30et à éliminer le Hamas.
13:31Voilà.
13:32Donc c'est une position un peu compliquée,
13:34mais c'est comme ça que ça se passe.
13:36Et donc il y a des propositions
13:37qui ont été faites,
13:38qui ont surtout émané d'ailleurs
13:39des États-Unis au départ,
13:42qui prévoient,
13:43là c'est dans les discussions
13:45qui a eu lieu en ce moment,
13:46qui prévoient un cessez-le-feu
13:48de 60 jours
13:49pendant lesquels
13:50une dizaine d'otages israéliens
13:54vivants seraient libérés,
13:56et d'autres,
13:56puisque vous savez qu'il y a aussi
13:57des dépouilles à récupérer,
14:00qui seraient aussi échangées,
14:02en échange d'un certain nombre
14:05de prisonniers palestiniens
14:06dont on ne connaît pas exactement le nom,
14:08ni non plus lesquels.
14:11Parce que vous savez
14:11qu'il y a des prisonniers palestiniens
14:13qui sont enfermés
14:15depuis plus de 30 ans pour certains.
14:17Certains ont été condamnés
14:19à plusieurs fois
14:19de la peine à vie,
14:23comme par exemple Marwan Barghouti,
14:26l'un des responsables du Fatah,
14:27ou comme le responsable
14:29du Front Populaire
14:30de Libération de la Palestine.
14:31Ça, on ne sait pas très très bien.
14:33Mais tout ça se produit
14:35dans un contexte
14:35qui est que la guerre se poursuit,
14:38que les frappes
14:39ou les bombardements israéliens
14:41ont lieu tous les jours,
14:43et qu'a été mis en place
14:44alors que Benémi, Netanyahou et Israël
14:46ont utilisé l'arme
14:48de l'aide humanitaire
14:49comme une arme de guerre,
14:50en privant les palestiniens
14:52de toute aide humanitaire,
14:53en empêchant les camions,
14:56notamment d'alimentation
14:58et d'eau,
14:59mais pas seulement,
15:00parce qu'il faut aussi le matériel
15:02pour que ces populations palestiniennes
15:04puissent s'abriter,
15:05puisque dans le sens,
15:06quasiment toutes les maisons
15:08sont détruites à Gaza aujourd'hui,
15:11et se poser la question
15:12de qui fait cette distribution
15:13d'aide alimentaire.
15:15Les Américains et les Israéliens
15:17ont passé outre
15:20les Nations Unies
15:21et ont mis en place
15:22via une fondation
15:23qu'on appelle
15:24la Gaza Humanitarian Foundation,
15:26la fondation humanitaire
15:28pour Gaza,
15:29cette distribution
15:31qui a été largement
15:32financée par les Américains
15:34et aidée par les Israéliens
15:37avec tous les incidents
15:39que l'on peut voir,
15:40puisque les Gazaouis,
15:41pour aller jusqu'à
15:42ces centres de distribution,
15:44seront obligés
15:45de parcourir
15:45pas mal de kilomètres
15:47pour certains
15:47et de passer dans des zones
15:48tenues par l'armée israélienne,
15:50ce qui occasionne
15:51des dizaines de morts
15:53chaque jour.
15:54J'ai une question justement
15:55par rapport à ça.
15:56Puisque le GHF
15:58est tenu conjointement,
15:59il me semble,
15:59par les Etats-Unis,
16:00mais aussi par Israël,
16:02d'où le fait
16:04que les Palestiniens
16:05pour récupérer l'aide humanitaire
16:06doivent passer
16:07par des zones
16:10contrôlées
16:10par l'armée israélienne,
16:12on sait également
16:14que les Palestiniens
16:15sont pris pour cible
16:15au moment de la récupération
16:17de la farine,
16:18de la nourriture
16:19et de l'aide humanitaire.
16:21Est-ce que c'est en partie
16:23pour ça
16:23que parmi les conditions
16:25à ces négociations,
16:26il y a le retour
16:28de l'aide humanitaire
16:28des ONG ?
16:30Alors, pas seulement.
16:33Pas seulement.
16:34Il n'y a aucune raison
16:35pour qu'une organisation
16:36du type
16:37Gaza Humanitarian Foundation
16:42fasse ce type d'aide.
16:44D'autant plus
16:44que cette fondation,
16:47elle emploie elle-même
16:48des milices privées
16:51pour sa propre sécurité,
16:53alors que les Nations Unies
16:55et les organismes
16:57des Nations Unies
16:58ont toute l'expérience
16:59nécessaire et le savoir-faire
17:01pour faire cette distribution d'aide.
17:03Et d'ailleurs,
17:03un certain nombre de pays,
17:04y compris la France,
17:05demandent que ce soit
17:06les Nations Unies
17:07qui fournissent cette aide.
17:08Donc, si les États-Unis
17:11et Israël veulent
17:12que ce soit un organisme
17:13du type GHF,
17:15c'est uniquement
17:15pour pouvoir avoir la main
17:18sur cette distribution-là,
17:20pouvoir la faire cesser
17:21quand ils le veulent,
17:22pouvoir déterminer
17:24le volume qui est fait
17:25et pouvoir contrôler
17:26l'ensemble des choses.
17:28Donc, dans les conditions
17:29que le Hamas a mises
17:31dans le cadre
17:31de ces négociations
17:32qui ont lieu actuellement,
17:34il y a deux choses principales.
17:36La première,
17:37c'est cette aide,
17:38justement,
17:38que cette aide-là
17:39soit donnée à l'ONU
17:43et non plus à GHF.
17:44Et la deuxième,
17:45c'est que le Hamas
17:46voudrait qu'Israël s'engage
17:47à ce que,
17:48dans le cadre des négociations
17:50qui doivent avoir lieu
17:51pendant les 60 jours
17:52du cessez-le-feu,
17:53si les négociations
17:54pour la fin de la guerre
17:55n'aboutissent pas,
17:57Israël ne reprenne pas la guerre.
17:59Or, Netanyahou estime
18:01que c'est inacceptable.
18:02Donc, vous voyez,
18:03il donne des gages là
18:05à son extrême droite
18:06en se donnant
18:07la possibilité
18:08de reprendre la guerre.
18:09Et malheureusement,
18:11malheureusement,
18:11à deux reprises
18:12depuis octobre 2023,
18:15il y a eu déjà
18:16deux cessez-le-feu,
18:17deux cessez-le-feu
18:18qu'il a lui-même violés.
18:20Donc,
18:20si les garanties
18:21ne sont pas données
18:22pour que,
18:23un,
18:23le cessez-le-feu
18:24puisse être vraiment établi,
18:26deux,
18:26que ce cessez-le-feu
18:27serve
18:27et à la libération
18:29et à la libération
18:29des Israéliens
18:29toujours retenus
18:30et aux prisonniers
18:31palestiniens,
18:32mais également
18:32à s'acheminer
18:34vers enfin la fin
18:35de la guerre,
18:35parce que c'est ce que
18:36veulent les populations
18:37et en particulier
18:38la population
18:39Gazaouie,
18:40on risque de se retrouver
18:41encore d'ici quelques semaines
18:43dans la même posture.
18:45Parce que,
18:45pendant ce temps-là,
18:47évidemment,
18:48les pressions vont être faites
18:49sur,
18:49notamment,
18:50l'Arabie saoudite
18:51pour que l'Arabie saoudite
18:52s'engage formellement
18:54dans la normalisation
18:55avec Israël.
18:56Donc,
18:56il y a une espèce
18:57de bras de fer
18:57qui va commencer
18:58à s'engager
18:59et dont le prix
19:00va peut-être être payé
19:02par la population
19:03palestinienne.
19:04J'ai vu,
19:04là,
19:04sur le chat,
19:05quelqu'un a raison,
19:06a dit
19:07plutôt génocide
19:08que guerre.
19:09Bon,
19:09c'est une guerre génocidaire
19:11et je crois
19:12que le mot
19:13qui a été compliqué
19:14à être utilisé
19:15rapidement
19:16alors que,
19:17dès le mois de décembre
19:182023,
19:19l'Afrique du Sud
19:20a porté la question
19:22devant la Cour internationale
19:23de justice,
19:24cette question,
19:25maintenant,
19:26du génocide
19:29semble quasiment admise
19:30au regard
19:31de la définition
19:32de l'ONU.
19:34Donc,
19:34qu'on ne pense pas
19:35que génocide
19:35signifie
19:36éradiquer totalement
19:38à 100%
19:38toute une population,
19:40mais c'est la volonté
19:42de l'attaquer,
19:43c'est la volonté
19:43d'en détruire une partie,
19:45non seulement physiquement,
19:46mais aussi de détruire
19:47l'existence même,
19:48y compris dans
19:49ses aspects culturels
19:50et culturels.
19:52Et c'est bien
19:52ce qui se passe aujourd'hui
19:53dans la bande de Gaza
19:54avec la destruction
19:55de l'ensemble des universités,
19:57les écoles
19:57qui sont touchées,
19:59des lieux
20:01de mémoires
20:02de la bande de Gaza
20:03qui sont détruites.
20:04Donc,
20:04c'est bien ça
20:05qui se passe.
20:05Donc,
20:05je trouve qu'il y a
20:06quelque chose
20:07d'intéressant
20:08sur le fait
20:08qu'enfin,
20:09les choses
20:10commencent
20:10à être admises
20:12et maintenant,
20:12il va falloir
20:13aller beaucoup plus loin
20:14dans le respect
20:15du droit international.
20:16Mais ce respect
20:17du droit international,
20:18il doit être le fait
20:20des pays eux-mêmes.
20:21Parce que la Cour internationale
20:22de justice
20:23qui a demandé à Israël
20:24dans le cadre
20:25du risque
20:27de génocide,
20:28ce qu'on dit
20:28les juges
20:29de la Cour internationale
20:29de justice.
20:30On demandait aux pays,
20:32on demandait à Israël
20:33de prendre un certain
20:34nombre de mesures
20:34qu'Israël n'a pas prises,
20:36mais la Cour internationale
20:38de justice
20:38ne dispose pas
20:39de forces de police
20:40pour faire appliquer
20:41ce qu'elle décide.
20:42Donc,
20:43ce sont aux pays eux-mêmes
20:44d'appliquer
20:45ce que demande
20:45la Cour internationale
20:46de justice.
20:47Et que ce soit
20:48la Cour internationale
20:49de justice
20:49ou la Cour pénale
20:50internationale
20:51qui,
20:51je le rappelle,
20:52a émis des mandats
20:53d'arrêt
20:53contre Benjamin Netanyahou,
20:55contre son ancien
20:56ministre de la Défense
20:57Johan Galante
20:57et contre les dirigeants
20:58du Hamas
20:59qui, eux,
20:59depuis, ont été
21:00éliminés
21:01et sont morts.
21:03Or,
21:03il se trouve que la France
21:04a d'abord dit
21:05qu'elle n'appliquerait pas
21:07ce mandat d'arrêt
21:07contre Benjamin Netanyahou.
21:09Et il y a deux reprises
21:10et visiblement,
21:11encore cette fois-ci,
21:12quand Benjamin Netanyahou
21:14a quitté dimanche soir
21:15Tel Aviv
21:16pour se rendre
21:17à Washington,
21:18il a emprunté
21:19un couloir aérien
21:20qui passait
21:21par l'espace aérien
21:23français.
21:24Et la France
21:25a autorisé
21:27ce survol
21:28de la France
21:28malgré le mandat
21:29d'arrêt international.
21:30– Malgré le mandat d'arrêt international.
21:31– En toute inégalité.
21:32Donc ça, c'est profondément,
21:33je trouve,
21:35insupportable.
21:35Comment demander
21:36que le droit international
21:37soit respecté
21:38si soi-même,
21:39on ne le respecte pas.
21:41Deuxièmement,
21:41il y a des mesures
21:42qui peuvent être prises
21:42contre Israël
21:43aujourd'hui directement,
21:45notamment avec la suspension
21:47de l'accord de libre-échange
21:48entre l'Union européenne
21:50et Israël,
21:51puisqu'Israël
21:51ne respecte pas
21:52le chapitre 2
21:53de ces accords
21:54sur le respect
21:55des droits humains.
21:56Or,
21:57l'Union européenne
21:58est en train
21:59de tergiverser
22:00et rien n'est fait,
22:01alors que
22:02quasiment le même jour,
22:03ils ont été capables
22:04de décider
22:04d'un train
22:05de sanctions
22:06contre la Russie
22:07à cause de la guerre
22:08que la Russie
22:09mène contre l'Ukraine.
22:10Donc,
22:10il y a un deux poids,
22:11deux mesures
22:12qui non seulement
22:13est insupportable
22:13et incompréhensible,
22:14mais qui est très dangereux
22:15pour la suite,
22:16puisque s'il y a
22:17deux poids,
22:17deux mesures,
22:18c'est-à-dire que le droit international
22:19est à géométrie variable,
22:20et donc,
22:21un certain nombre de pays
22:22pourront estimer
22:23qu'ils peuvent s'affranchir
22:25du droit international
22:26par la suite.
22:27Enfin,
22:28je termine,
22:29il y a aussi en Israël
22:30des forces
22:31qui se battent
22:33contre Benyamin Netanyahou,
22:35contre l'extrême droite,
22:36qui veulent le retour
22:37des Israéliens
22:38capturés de Gaza,
22:39et qui veulent aussi
22:40l'arrêt de la guerre,
22:41et certains autres
22:42qui veulent aussi
22:43la création
22:43d'un État de Palestine.
22:46Ceux-là
22:46sont aujourd'hui
22:47pourchassés,
22:48notamment les députés
22:50communistes israéliens,
22:51que ce soit
22:52Offert-Cassif,
22:53ou que ce soit
22:54Ayman O'Day,
22:55qui sont
22:56la vindicte
22:57de la Knesset,
22:58et qui voudraient
22:59essayer de les empêcher
23:00de siéger définitivement
23:02au Parlement
23:03et faire entendre
23:04une autre voix
23:04que la voix guerrière
23:06de Benyamin Netanyahou
23:07et de l'extrême droite.
23:08Je pense qu'il faut
23:09qu'on porte attention
23:11à ce mouvement-là,
23:13parce qu'il est très important
23:14et qui montre
23:15que tous les Israéliens
23:16ne sont pas derrière
23:17Benyamin Netanyahou.
23:18Juste un petit mot
23:19avec les articles
23:20que tu viens de montrer.
23:21Ça montre la duplicité
23:23des choses.
23:23Pendant que Benyamin Netanyahou
23:25va rencontrer
23:26Donald Trump
23:26à Washington
23:27et dîne avec lui,
23:28pendant que des négociations
23:29indirectes,
23:30indirectes ça veut dire
23:31que le Hamas
23:32est dans une pièce
23:33et la délégation israélienne
23:34est dans une autre pièce,
23:35pendant qu'il y a
23:36des négociations indirectes
23:37sur un possible
23:38de cesser le feu à Gaza.
23:39Il y a le ministre israélien
23:40de la Défense
23:41qui annonce
23:42qu'il va mettre
23:42en branle la construction
23:43de ce qu'il appelle
23:45un village humanitaire,
23:46c'est-à-dire un vaste camp
23:47pour contenir
23:48plus de 600 000 personnes
23:50d'excite la presse israélienne
23:52jusqu'à peut-être un million,
23:54puisque le ministre
23:54l'a déclaré hier,
23:56dans lesquels
23:56les Gazaouis
23:57qui rentreraient là-dedans
23:58ne pourraient pas sortir
23:59et les autres
23:59seront priés
24:00d'aller partir.
24:01Et donc,
24:02pendant les soi-disant discussions,
24:04il y a une volonté
24:04de mettre en place
24:05un plan qui vise
24:06à faire fuir
24:08les Palestiniens de Gaza
24:09et vider la bande de Gaza
24:11de toute sa population.