- il y a 17 heures
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés depuis 1967, dénonce la complicité des États et des entreprises dans le génocide en cours à Gaza, devant une foule de personnes réunies ce dimanche 14 septembre à la Fête de l’Humanité. Avec Pierre Barbancey, grand reporter.
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NewsTranscription
00:00Merci à vous toutes et à vous tous d'être ici pour accueillir Francesca Albanese
00:05dont je me demande si c'est la peine vraiment de vous la présenter.
00:10Francesca est rapporteure spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme
00:15dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967
00:19et Francesca fait vivre par sa voix, par ses rapports dont nous allons parler maintenant,
00:25le droit international et tenter de faire respecter le droit international.
00:31Par ses rapports, par son activité, Francesca Albanese gêne visiblement beaucoup de monde.
00:38Vous savez qu'elle a été d'abord nommée rapporteure spécial de l'ONU en mars 2022 pour 3 ans
00:45et un poste qui a été renouvelé pour 3 ans donc jusqu'en 2028.
00:50Mais entre temps, Francesca a publié un rapport sur l'anatomie d'un génocide, c'était en mars 2024,
00:59et depuis, le mot génocide est maintenant sur toutes les bouches, même si on a tenté de nous faire taire
01:06sur ce mot-là.
01:07Oui, c'est un véritable génocide qui est en cours dans la bande de Gaza.
01:18Le congrès américain veut prendre des sanctions contre Francesca Albanese.
01:23Israël est intervenue pour empêcher qu'elle soit nommée à nouveau rapporteure spécial pour les droits de l'homme dans
01:29les territoires palestiniens occupés.
01:31Et pourtant, et heureusement, Francesca est encore là et aujourd'hui à la fête de l'humanité.
01:36Elle va nous dire ce qu'il en est exactement.
01:50Alors, Francesca a d'abord ce rapport sur l'anatomie d'un génocide.
01:55Comment est-ce qu'il a commencé à naître ?
01:59Comment est-ce que les différents rapports que vous avez pu avoir par des gens qui sont sur le terrain,
02:04puisque je rappelle qu'Israël empêche Francesca Albanese de se rendre sur place,
02:10et que vous savez que pour se rendre dans les territoires palestiniens, il faut passer malheureusement par Israël,
02:15en tout cas tant qu'il n'y aura pas un État de Palestine qui sera créé.
02:20Et donc, Francesca, ce rapport sur le génocide à Gaza, comment est-ce qu'il a vu le jour ?
02:26Et quelles ont été les preuves qui ont été amenées pour bâtir ce rapport ?
02:31Tout d'abord, bonjour à toutes et tous.
02:34C'est vraiment un grand honneur d'être ici parmi vous, malgré le temps.
02:38Mais bon, on a besoin aussi d'un peu qui nous donne le sens de réalité.
02:45On peut se réunir, même si les conditions autour de nous ne sont pas parfaites.
02:51Là, votre présence nous dit qu'on n'est pas seuls.
02:57Les Palestiniens ne sont pas seuls.
02:59Les gens qui sont attaqués à cause de leur défense, des Palestiniens...
03:09En fait, de la demande de rien que de la justice et rien que du respect pour le droit international
03:17de base,
03:19on se retrouve sous faux croisés.
03:25Alors, tout d'abord, mon rapport sur le génocide, le premier rapport qui s'appelle « Anatomie d'un génocide
03:34»
03:34a été suivi, six mois après, par un autre rapport sur le génocide qui s'appelle « Génocide comme effacement
03:44colonial ».
03:46Comment je suis arrivée à dire ça, que c'était un génocide ?
03:50Tout d'abord, en curant mon ignorance sur ce qu'est un génocide.
03:56Parce qu'au début, je n'étais pas convaincue.
03:57J'ai dit, il y avait d'autres collègues à moi qui disaient « C'est un génocide, ça va
04:03être un génocide ».
04:04Il y avait les Palestiniens sur le terrain, les Palestiniens de Gaza,
04:10qui, franchement, ont quand même développé une courasse.
04:13Ils ont vécu déjà des guerres, le 2008, le 2012, le 2014, le 2021, le 2022.
04:23Et ils savaient que ce n'était pas une guerre comme les autres.
04:26Ils l'ont dit dès le début, mais surtout parmi le déclenchement de la prise de mesures féroces,
04:37tout à fait illégales, même le dire, couper l'eau, couper l'électricité, couper l'accès à la nourriture,
04:44c'est quelque chose de criminel.
04:46En tant que tel, c'est déjà de le dire, c'est dangereux.
04:50Et moi, comme je pense à la plupart des Occidentaux, et des Occidentaux blancs,
05:02j'avais du mal, j'avais du mal à penser d'utiliser ce mot envers Israël.
05:10Et finalement, ça m'a pris quelques semaines.
05:12Et je dis, j'ai dû, pendant ces deux semaines, curer, soigner mon ignorance.
05:19Alors je dis, il y a de l'espoir.
05:20Si j'ai soigné moi-même, même les autres, même les politiciens peuvent apprendre,
05:26et spécialement après deux ans.
05:27Parce que, vous voyez, c'est pas que le génocide, c'est, comme on dit de façon courante,
05:38le génocide, c'est difficile à prouver.
05:40Mais bien sûr, parce qu'en 2025, ça devrait être impossible,
05:46avec toutes les normes qu'on a, avec l'ordre global,
05:51les mécanismes de prévention, de veille,
05:53on devrait pas arriver à avoir un génocide.
05:57Mais un génocide, c'est très clair.
05:59Et en fait, ça a été annoncé en tant que génocide.
06:02Le génocide est la destruction intentionnelle d'un groupe,
06:08en tant que tel, totalement ou partiellement.
06:12C'est ce que le gouvernement israélien a annoncé le 8 octobre 2023.
06:21Et comme on dit en général, les juristes, on peut pas se limiter à évoquer le génocide.
06:31Il faut aussi regarder la pratique, il faut aussi regarder le contexte et la capacité d'infliger un génocide.
06:37Bon, après quelques semaines, quand les morts étaient déjà 12 000 morts,
06:49c'était déjà plus de morts qu'on a fait à Sebrinitza,
06:52donc une destruction totale dans l'utilisation scientifique de ce qui est maintenant,
06:59s'avère comme la famine, la famine, les premiers morts pour manque de nourriture
07:08ont été enregistrés et reportés le mois de décembre 2023.
07:11Et là, j'ai commencé à dire, à évoquer la crainte qu'Israël puisse commettre un génocide.
07:18J'ai commencé à documenter ce qu'Israël a fait.
07:21Les actes de tuerie, les actes de l'infliction de souffrance physique et mentale
07:29et la création des mesures calculées pour détruire.
07:34Tout ça, Israël l'a fait.
07:36J'ai fait le maximum pour documenter ce que je pouvais.
07:40C'est vrai, c'est vrai.
07:41Je n'ai pas pu me rendre sur place,
07:44comme d'ailleurs tous les autres investigateurs de la Courte pénale internationale,
07:49la Commission d'enquête.
07:50Israël n'a laissé rentrer personne qui ne soit fonctionnelle
07:55à garder ce que j'ai appelé le camouflage humanitaire.
08:00Israël a perpétré un génocide en le vendant au monde
08:04comme une entreprise militaire pour se défaire des terroristes,
08:07mais de l'intention telle qu'elle était présentée,
08:10de détruire le Hamas,
08:12qui ce n'est pas un objectif militaire.
08:13Il faut faire gaffe.
08:14Détruire l'ennemi, ce n'est même pas un objectif militaire.
08:18C'est détruire militairement l'ennemi.
08:20Tu ne peux pas invoquer la mort de n'importe qui.
08:23Israël a utilisé ça pour détruire les civils.
08:26Israël admet aujourd'hui
08:28que 85% des morts sont civiles.
08:34Ce n'est pas moi,
08:35ce n'est pas les juges internationaux,
08:37ce n'est pas les commissions d'enquête,
08:39ça, c'est l'armée israélienne qui le disent.
08:41Alors, le problème,
08:42ce n'est pas comment je suis arrivée à dire
08:44que c'était un génocide.
08:46C'est comment on ne l'a pas arrêté.
08:48Parce que déjà, avant mon rapport,
08:50la Cour pénale, la Cour de justice internationale,
08:53le 24 janvier 2024,
08:57avait dit qu'il y avait le risque de génocide.
09:00Déjà, ça faisait déclencher l'obligation des Etats,
09:18et inclut l'Etat français,
09:20de prévenir le génocide.
09:22Ça signifie arrêter de donner des armes,
09:25d'acheter des armes,
09:26en total, ou des composantes.
09:34Et arrêter les relations économiques.
09:38Alors, vous voyez,
09:39on est dans un Etat, aujourd'hui,
09:41que j'apprécie beaucoup,
09:42qui est en train d'organiser
09:45des conférences internationales et tout,
09:49pour reconnaître l'Etat de Palestine.
09:52Et je ne dis pas que ce n'est pas important,
09:54je dis qu'on doit le faire vite,
09:55on n'a pas besoin d'organiser des conférences
09:57dans trois mois,
09:58pour reconnaître l'Etat palestinien.
10:08Comme je le fais toujours,
10:11et je fais appel aux journalistes,
10:15et de demander aux autorités françaises,
10:18qu'elles êtes en train de faire
10:19pour prévenir le génocide.
10:23Qu'est-ce que vous avez fait ?
10:25Parce que c'est de ça qu'on va mesurer
10:27la responsabilité de tout gouvernement,
10:30y inclut le mien,
10:32et tout Etat,
10:33qui n'a pas seulement rien fait
10:35pour empêcher des actes de génocide,
10:37mais qui ont donné les moyens économiques,
10:40militaires, diplomatiques,
10:42et politiques,
10:43pour continuer le massacre du peuple palestinien.
10:57Alors, ce rapport, en fait,
10:59tout le monde se pose quand même la question,
11:00le rapport peut servir à quoi ?
11:02Qui peut utiliser ce rapport aujourd'hui
11:04sur la question du génocide ?
11:06Alors, moi, je savais dès le début de mon mandat,
11:09et en fait, je dis toujours aux gens qui m'accusent,
11:12allez lire la lettre
11:15avec laquelle j'ai offert mon temps,
11:18ma disponibilité pour me mettre au service
11:21gratuitement des Nations Unies
11:23pour être l'expert technique
11:25qui moniteur et analyse
11:28ce qui se passe en Palestine
11:30selon le droit international.
11:32Je dis, je ne l'ai pas dit comme ça,
11:35mais je le sentais comme ça dans mon corps,
11:36même les pierres aux Nations Unies,
11:40soit à Genève, soit à New York,
11:42connaissent la tragédie, l'injustice,
11:45l'illégalité que les Palestiniens
11:48expérimentent le jour par jour
11:51avant même que l'État d'Israël soit créé.
11:56Alors, ce n'est pas question de...
11:58Bon, je respecte beaucoup
12:00mon engagement avec les États,
12:03mais dès le début, je savais que je devais écrire
12:06des rapports qui pouvaient être lus par les gens,
12:14par les journalistes,
12:15et alors il fallait aussi s'engager davantage
12:20avec les médias,
12:22que c'est quelque chose que j'ai fait.
12:23Je n'ai jamais eu un account Twitter,
12:27par exemple, Instagram,
12:28avant que j'utilisais,
12:30et avant de devenir un relatrice spécial,
12:33je l'ai fait parce que je voulais communiquer
12:38les développements que je voyais sur le terrain
12:40et l'analyse légale,
12:43mais surtout, c'est-à-dire,
12:44je l'ai fait aussi pour les gens,
12:45parce que les gens doivent comprendre
12:47c'est quoi la Palestine,
12:49parce qu'on est souvent dans la chronique
12:52de ce que se passe le jour par jour,
12:55on oublie, on oublie que c'est une question
12:58qui est marquée par une injustice d'un siècle,
13:04dès que la colonisation britannique,
13:06tout d'abord, a commencé,
13:08parce que les Britanniques avaient des obligations
13:11et des limites imposées par le droit international
13:14tel qu'elle était il y a 100 ans,
13:17et ils l'ont violée,
13:18ils sont les premiers à violer le droit
13:20à l'autodétermination des Palestiniens sur place.
13:23Alors, comme ce que je fais dans ma vie,
13:26avant d'être relatrice spéciale,
13:28c'était de travailler pour les Nations Unies,
13:29un club parmi un roi,
13:31et de faire de la recherche académique,
13:35j'ai décidé aussi d'essayer d'amener
13:40cette connaissance historique, bien sûr,
13:43dans les limites de mon mandat,
13:45qui est de regarder ce qui se passe
13:47dans les territoires qu'Israël a occupé depuis 1967,
13:53mais en disant, ça n'a pas commencé en 1967,
13:56c'était déjà des années et des années
13:59que les Palestiniens vivaient dans des camps de réfugiés,
14:02sous occupation militaire,
14:04même les Palestiniens avec la citoyenneté israélienne
14:08dans Israël,
14:09et même si je ne peux pas documenter
14:11les violations qui se sont passées avant 1967,
14:15comme ça, quand même, je les connais
14:17et j'essaie de donner un sens.
14:18C'est pour ça que mon travail,
14:20c'est toujours de donner un cadre de référence
14:23pour faire comprendre le système.
14:25Et aujourd'hui, c'est plus nécessaire qu'auparavant
14:29parce que la Palestine est en train de nous révéler
14:33avec un sacrifice immense, existentiel,
14:38le monde d'abrutis de lequel on vit.
14:56Et dans tout ça, je n'ai même pas répondu à cette question,
14:59mais je vais faire vite.
15:01Pour qui j'écris ces rapports ?
15:03Bien sûr, pour les États,
15:05pour la France, pour l'Italie, pour l'Allemagne,
15:10pour les États-Unis, pour le sud du monde,
15:13mais surtout parce qu'on doit se...
15:15Pour nous tous et toutes,
15:16parce qu'on est devant...
15:19On est dans un moment de transition.
15:22On a encore un peu de temps
15:23pour faire valoir les droits,
15:26les droits humains,
15:27qui sont à toutes et tous,
15:29et pour sauver et sauvegarder
15:31le peu d'humanité qui encore nous reste.
15:34parce qu'après ce génocide,
15:37on ne pourra pas dire,
15:39si on n'arrive pas à l'arrêter,
15:41et si on n'arrive pas à s'assurer
15:43que ce soit le dernier génocide de l'histoire,
15:46et que ce soit le dernier crime
15:48qu'Israël est en mesure de commettre
15:51contre les Palestiniens,
15:52on aura vraiment perdu,
15:54et ce n'est pas de la rhétorique,
15:56on aura perdu ce qu'il reste de notre humanité.
16:16Tous les regards sont évidemment braqués sur Gaza.
16:20Alors on parle officiellement de 65 000 morts,
16:23mais on sait qu'en réalité,
16:25il y en a beaucoup plus,
16:26non seulement sous les décombres,
16:28ou même des corps qu'on n'a jamais retrouvés,
16:30qu'on ne retrouvera peut-être jamais,
16:33on parle de 150 000,
16:34peut-être 200 000 morts,
16:36et dans le même temps,
16:37mais vous avez aussi fait un rapport auparavant
16:40sur ce qui se passe en Cisjordanie,
16:43où là aussi,
16:45on assiste,
16:45dans le même temps où à Gaza,
16:46il y a ce génocide qui est en cours,
16:48on assiste à des opérations militaires
16:52quasiment quotidiennes en Cisjordanie,
16:54l'occupation se poursuit Jérusalem-Est-Cisjordanie,
16:57les colons attaquent les villages palestiniens régulièrement,
17:02alors est-ce qu'il y a un plan,
17:05est-ce qu'il y a une cohérence,
17:06et un plan d'ensemble de la part d'Israël,
17:09entre Gaza et la Cisjordanie,
17:10sur le but à atteindre ?
17:12Bien sûr,
17:13mais elle a toujours été.
17:14En fait,
17:15moi je rappelle souvent
17:17aux gens qui souffrent d'amnésie,
17:21et pour lesquels tout a commencé,
17:24ce jour tragique, horrible,
17:27pour nous tous et toutes,
17:28qui était le 7 octobre,
17:31parce qu'il n'y a jamais,
17:32jamais rien à célébrer
17:34quand il y a des vies qui se perdent,
17:36des dévitués,
17:37de la souffrance,
17:38comme ça,
17:39mais ça n'a pas commencé le 7 octobre,
17:41moi je dis toujours,
17:42preuve de ça,
17:43dans les 16 mois,
17:46où j'étais relatrice spéciale
17:48des Nations Unies,
17:49jusqu'au 6 octobre,
17:51460 Palestiniens
17:53avaient été tués,
17:55la plupart en Cisjordanie,
17:58où le gouvernement,
17:59qui est encore au pouvoir en Israël,
18:02le mois de février 2023,
18:06avait passé,
18:09avait signé un accord,
18:11qui garantissait,
18:14qui avançait l'annexion,
18:16l'annexion,
18:17est comme un crime,
18:22le crime d'agression,
18:23envers un autre état,
18:24envers un autre peuple,
18:26même si l'état n'est pas reconnu,
18:27le peuple palestinien,
18:28a le droit à l'autodétermination,
18:30qu'on reconnaît,
18:31qu'on ne reconnaît pas l'état,
18:32ça ne change rien,
18:34juste pour ceux-là,
18:35qui n'ont pas compris,
18:36et là,
18:40on a tout laissé faire à Israël,
18:46envers les Palestiniens,
18:48on a laissé les colons avancer,
18:52et on me demande aujourd'hui,
18:54est-ce que tu as encore de la confiance
18:56dans le processus de paix ?
18:58Quel processus et quelle paix ?
19:00Parce que le processus
19:05dont on parle,
19:07tandis que votre état et mon état
19:11parlaient de solutions à deux états,
19:15solutions à deux états,
19:16solutions à deux états,
19:18et dès que les Palestiniens
19:20avaient renoncé
19:21aux seuls moyens
19:22que les peuples primés ont
19:24pour se protéger,
19:26qui est la résistance armée,
19:27les Palestiniens ont renoncé
19:29à la résistance armée
19:31au nom d'un cœur,
19:33un grand sacrifice,
19:34accepté d'avoir un état
19:36dans le 22%
19:37qui restait de leur terre,
19:41de leur Palestine historique.
19:43Ils ont dit, d'accord,
19:44un état n'importe,
19:46ça suffit de terminer
19:49l'occupation brutale,
19:50parce que l'occupation brutale
19:51signifie aussi colonisation.
19:53Alors, le processus de paix
19:55a commencé,
19:56il y avait à peu près
19:5980, 90 colonies
20:02dans la Cisjordanie,
20:04Gaza et Jérusalem Est.
20:07Pendant le, ceci dit,
20:09processus de paix,
20:10les colonies sont devenues 300.
20:13300.
20:14C'était qui,
20:15c'était qui le gardien
20:16du processus de paix ?
20:17Les Palestiniens
20:18ou bien la communauté internationale
20:20qui s'est limitée
20:22à donner de l'argent
20:24à l'autorité palestinienne
20:26afin que mettent en oeuvre
20:29les accords d'Oslo
20:31qui avaient une finalité,
20:33une finalité,
20:34garantir l'espoir
20:37d'un minimum d'autonomie
20:39pour le peuple palestinien,
20:41jamais l'indépendance,
20:43sans mettre en péril
20:45la sécurité de l'État d'Israël,
20:48mais pas la sécurité
20:49de l'État d'Israël
20:50en Israël,
20:52Israël,
20:53dans les,
20:54disons,
20:55ce qui s'était constitué
20:57dans la Palestine historique
20:58de 1949.
21:00Non,
21:01la sécurité des colonies,
21:03parce que c'est ça.
21:04Est-ce que vous avez jamais vu
21:06un policier,
21:08un membre du service
21:09de sécurité
21:10de l'autorité palestinienne
21:12protégée
21:13un des villages palestiniennes,
21:15un des gens
21:17qui sont un des palestiniennes,
21:18qui sont toujours attaqués ?
21:19Non,
21:20c'est pour ça,
21:20c'était l'idée de l'État,
21:22c'était une idée
21:23qui servait
21:25à tout le monde
21:26pour laisser Israël
21:28faire ce qu'il voulait.
21:30Et c'est ça,
21:30la leçon
21:31de ce processus,
21:32de ce,
21:32ceci dit,
21:34processus de paix.
21:35Alors,
21:35aujourd'hui,
21:36la réalité est la suivante.
21:38La Cisjordanie
21:40souffre
21:40le même destin
21:43de Gaza
21:44avec un niveau
21:46de crime différent
21:47et je vous explique
21:48pourquoi,
21:49parce qu'il y a
21:50800 000 colons
21:52qui habitent
21:54la Cisjordanie.
21:55On ne peut pas
21:56la bombarder
21:57avec 80 000
22:01tonnes
22:02de bombes.
22:04On ne peut pas
22:04le faire
22:05parce que sinon,
22:06on va détruire aussi
22:07toute l'infrastructure,
22:08les maisons des colons
22:10et ce n'est pas
22:11ce qu'Israël veut.
22:12Alors,
22:13il y a un projet
22:14unique
22:15qui est une partie,
22:17à mon avis,
22:18à l'avis de quelqu'un d'autre
22:19qui étudie
22:21ce qu'Israël
22:23et les Etats-Unis
22:24à travers Israël
22:26sont en train
22:27de faire
22:27dans le monde arabe
22:29et dans la région
22:30où on devrait
22:31soigner plus
22:32parce qu'ils sont
22:33nos voisins.
22:34Je ne veux même pas dire
22:35nos frères et nos sœurs
22:36parce que chez les Européens,
22:38si on est blanc,
22:39on a du mal
22:40à appeler
22:40les autres frères et sœurs.
22:42Mais
22:52ils sont
22:53au moins
22:54nos voisins
22:55et on devrait
22:56s'en occuper
22:57un peu plus.
22:59Mais dans le dessin
23:00du grand Israël,
23:02il y a
23:03le nettoyage
23:04qui est beaucoup plus
23:05élargi
23:06de la Palestine,
23:07vous comprenez.
23:08Mais bon,
23:09il y a
23:09le nettoyage
23:10ethnique
23:11des Palestiniens
23:12et ce n'est pas seulement
23:13parce que c'est la terre biblique,
23:15parce que les Palestiniens
23:16sont le seul peuple
23:19qui encore résiste
23:20et ne se laisse pas
23:22subjuguer.
23:23C'est ça la vérité.
23:26Applaudissements.
23:30Applaudissements.
23:32Applaudissements.
23:34Applaudissements.
23:35Applaudissements.
23:36Applaudissements.
23:37Applaudissements.
23:38Applaudissements.
23:39Alors, hier, dans un débat que nous avions eu au village du monde,
23:42il y avait plusieurs représentants des partis communistes de la région du Moyen-Orient
23:46et effectivement avait été pointé cette idée que le projet israélien, cette guerre, ce que Gilbert
23:53Ashkar, qui est un chercheur franco-libanais, appelle la première guerre conjointe américano-israélienne
23:59où le projet israélien, en fait, s'emboîte avec le projet américain dans la région
24:04et donc avec la création de ce grand Israël et avoir un certain nombre d'États qui soient
24:08complètement à la botte des projets qui sont en cours.
24:11Mais vous avez dit tout à l'heure que non seulement les États, les États occidentaux,
24:16les États européens, les États-Unis évidemment, la principale alliée d'Israël, ne font
24:22rien pour arrêter le génocide, mais en plus on peut considérer même qu'ils aident
24:26à ce génocide, notamment par les livraisons d'armes, mais aussi, et ça a été l'objet
24:30d'un second rapport que vous avez publié au mois de juillet, sur les entreprises et leur
24:37comportement dans le cadre du projet israélien.
24:41Donc, qu'est-ce qu'il en est exactement ?
24:44Mais c'est quoi, ça ?
24:45C'est la sous-nous centrale.
24:47D'accord.
24:47Alors, tout d'abord, je suis en train d'écrire un autre rapport.
24:53Je dis toujours, à chaque rapport, je dis ça va être une bombe, la dernière, et jusqu'à
24:59quand il y a la prochaine bombe.
25:00En fait, je suis en train d'écrire un rapport sur la complicité des États.
25:05Non, parce que je ne pense pas que ce génocide a été simplement ignoré.
25:10Non.
25:19Enfin, vous voyez, je ne pense pas que ce n'est même pas juste de dire que les autres génocides
25:26ont été ignorés. Parce que même au Rwanda, on avait une obligation de prévenir, d'intervenir.
25:32Et en Bosnie aussi. Ce qu'on a fait, c'est que quand les choses commencent à devenir un
25:38peu tendues, nous, on s'en va. Mais à la limite, il y a des implications politiques aussi
25:48pour le manque de courage. Mais en Palestine, il y a quelque chose de différent qui se passe
25:53et c'est nécessaire. C'est nécessaire que nous comprenons ce qui se passe. Parce que
26:01je dis, les 450 millions d'Européens, à cause de la politique désastreuse que l'Union
26:09européenne et les États membres sont en train de faire, se voient complices, je le dis
26:16dans un sens pas strictement juridique, mais on est moralement complices de ce qui se passe
26:21en Palestine. Alors, vous devez attendre un autre mois pour lire mes impressions, mon
26:32analyse des faits et des, disons, un peu l'analyse juridique de ce type de complicité
26:39ou comme participation, ou de toutes les façons, il y a un manque total de respect du droit
26:44international. Parce qu'il y a aussi des États qui font, qui annoncent des mesures,
26:50et après ils oublient de les mettre en place, de les mettre en œuvre, appeler, il y a des
26:55États qui arrêtent les commerces mais continuent à vendre les armes. Il y a des gens qui arrêtent
27:02de vendre des armes mais achètent les armes chez Israël. D'abord, je ne suis pas convaincue,
27:08mais je le jette comme un doute et j'espère qu'il y aura des historiens et des autres
27:13experts plus qualifiés que moi d'explorer tout ça. Mais si vous lisez, il y a un bouquin
27:20vraiment révolutionnaire qui a été publié l'année dernière, c'est révolutionnaire
27:26donc ce n'est pas parce que c'est nouveau ce qu'il dit seulement, mais parce que c'est
27:30écrit avec une clarté que même quelqu'un de 8 ans peut l'apprécier.
27:38Alors, je le recommande surtout aux politiciens. Mais bon...
27:50Pas les politiciens français parce qu'ils sont bien cultivés, bien soignés, je suis
27:55sûre qu'ils l'ont déjà lu. Je ne veux insulter personne.
27:57Perse, un peu d'ironie quand même. Et non, mais c'est le bouquin Laboratoire Palestine
28:07et ça porte sur cette réflexion, c'est en réaction au propos que ça c'est la première
28:13guerre qui voit les États-Unis et Israël co-impliqués. Non, ce n'est pas vrai.
28:18ça c'est la première... Et je vous laisse lire le bouquin. Mais ça c'est la première...
28:26ça c'est le premier génocide où les États-Unis sont complètement ouvertement à côté
28:35d'Israël, pas seulement dans la conception, dans l'exécution du génocide. Il y a aussi
28:42des soldats américains qui se sont déplacés. Il y a la politique américaine, il y a l'administration
28:50américaine qui dit que les Palestiniens doivent émigrer volontairement. Il y a toujours quelqu'un
28:59qui fait du sarcasme mieux que moi. Parce qu'il n'y a rien de volontaire dans ce qui va
29:06être
29:06le futur des gens à Gaza. Mais avant de dire ça, ça m'a coûté vraiment beaucoup
29:13en termes de recherche, de fatigue et aussi de vie privée, franchement. Parce qu'à cause
29:20de ce rapport, j'ai été sanctionnée par les Nations Unies et je vous assure, c'est
29:23pas du tout une promenade de santé. Qu'est-ce que j'ai dit ?
29:29Par les États-Unis, pas par les Nations Unies. Non, clairement, clairement. Par les États-Unis.
29:40C'était ironique. Non, non, non. Ça, c'était vraiment freudien. C'était pas intentionnel.
29:55J'étais pas encore sanctionnée par les Nations Unies. Je vous assure. Et c'est là que
30:00mon soutien, vous voyez bien, que les Nations Unies se sont bien portées contre les États-Unis
30:06qui ont sanctionné la première personne des Nations Unies. Vous voulez aller, non ? Moi
30:11non. Mais ça va. De toutes les façons, les Nations Unies m'ont sanctionnée pour un rapport
30:16que j'ai créé qui dit que... C'est sympa. Ils ont compris. Mais bon. Mais bon.
30:28Moi, j'ai créé un rapport qui a comme titre de l'économie de l'occupation à l'économie du
30:35génocide.
30:37Et c'est une enquête qui m'a amenée à collecter une base de données qui concerne presque
30:46mille entreprises. En fait, mille entités privées. Parce qu'en fait, il y a bien sûr
30:52les entreprises dans le milieu des armements, des services de surveillance qui sont de la
30:59construction civile, ceux-là qui bâtissent les trains, les autoroutes, les routes, ceux-là
31:08qui bâtissent, qui permettent de bâtir des réseaux hydriques, de l'énergie et tout.
31:18Et il y a les entreprises qui soutiennent le tourisme et tout ça. Et les universités
31:25et les banques et les fonds-pension. Il y a de tout. En fait, je dis, sans le secteur privé,
31:31Israël n'aurait jamais, jamais, jamais pu soutenir l'économie de l'occupation qui
31:38est constituée par deux piliers essentiels. Le premier, c'est le dépeuplement. Israël
31:45a utilisé les armes, les services de ségrégation et de surveillance et les entreprises comme
31:50Caterpillar, Volvo, Hyundai, leurs machines pour faire de la place et déplacer les
31:57Palestiniens. Et les ségréguer et surveiller. Ça, c'est le premier pilier. Une fois que les
32:04Palestiniens ont été déplacés, après, les entreprises de construction et toutes les
32:10autres que j'ai mentionnées ont bâti les colonies et aidé la connexion des colonies et tout ce qui
32:17était nécessaire pour exploiter les ressources, l'eau, la terre, les minières des Palestiniens,
32:25les transférer, les mettre dans ce réseau qui, qui collègue en fait, qui lit les colonies
32:32à Israël. Nous, on a cette fiction dans notre tête, quelqu'un parmi nous, qu'il y a un
32:40Israël bien et un Israël mauvais dès qu'on passe la ligne verte. Mais regardez, les colonies
32:47sont un crime d'Israël. L'appropriation de ressources palestiniennes, ça s'appelle
32:52« pillage » en anglais, comment on dit ? « Piège ». Ok, « Piège ». Merci.
33:00Et ça, c'est un crime qui est commis par l'État d'Israël. La ségrégation raciale, parce que c
33:07'est
33:07raciale. La seule chose qu'ils ont, les pauvres palestiniens, c'est qu'ils ne sont pas juifs.
33:12juifs et juifs. Alors, pour ne pas être Israélien juif ou juif, les faits, les condamnent
33:17à ce destin. Mais bon, tout ça a été finalisé à la substitution. Alors, il y a eu le dépeuplement
33:25et la substitution avec les colonies qui servent à absorber, par exemple, le 10% des besoins
33:35habitatifs, non, des besoins de maisons dans le territoire palestinien occupé. Il y a le
33:4310% des Israéliens qui habitent dans les colonies. Alors, vous voyez, on ne peut pas dire
33:50qu'on ne doit pas commercialiser ceux qui viennent des colonies. Non, ce n'est plus suffisant.
33:56C'était même pas suffisant le siècle passé. Mais maintenant, c'est beaucoup plus grave
34:00parce qu'on le sait. On le sait que cette économie sert l'économie de l'État, de l'État
34:05israélien. Et même, ce n'est même pas suffisant, vous voyez, parce qu'il y a tout un
34:09tissu qui est servi à normaliser l'illégalité de l'occupation. Les universités, les partenariats
34:17entre les universités européennes et israéliennes, nécessitent d'être coupés. Et pas seulement...
34:38Et pas seulement parce que les universités israéliennes, comme nous le disent des centaines
34:49et des centaines d'académiques israéliens, eux-mêmes, il y a les universitaires israéliens,
35:01il y a l'Academia for equality, il y a les israéliens contre l'apartheid, qui depuis tout
35:09le temps, du sein d'Israël, demandent le boycottage des universités. Pourquoi ? Pas seulement
35:16parce que les universités ont été des éléments de normalisation, de légitimation de l'occupation
35:23et de l'apartheid. On donnait soit le secteur, disons les sciences humaines, les moyens de raconter
35:31une autre histoire, de faire croire qu'Israël est vraiment l'État démocratique que nous
35:36amons ici dans cette partie du monde vraiment démocratique, aimons croire. Mais aussi, et
35:43ça, c'est la partie plus grave. Les universités sont une cellule de construction de tous les
35:52éléments qui font de l'apartheid le système efficace, militarisé, exploitatif qu'il y a.
35:59En fait, les universités israéliennes, surtout les secteurs scientifiques, n'est pas possible
36:09de le séparer de ce qui est l'industrie militaire. Pas seulement parce que beaucoup de soldats,
36:15après avoir passé trois ans dans le territoire palestinien occupé, se recyclent dans la recherche
36:24scientifique, mais parce que c'est l'université israélienne qui perfectionne toute cette science
36:30et après la vende aussi à l'étranger. Vous voyez, les drones, les services de surveillance
36:35ont été expérimentés dans le laboratoire palestine sur les palestiniens et maintenant
36:41sont vendus à tous les États en les aidant à devenir le plus répressifs possible. Et vous voyez
36:47quel est l'impact sur nous tous et toutes. Et le dernier argument, c'est que ces entreprises
37:03savent très bien qu'en s'impliquant dans le territoire palestinien occupé, ils s'engagent
37:16dans la commission des crimes et ils doivent observer un code de conduite qui s'appelle
37:27due diligence. Ils doivent faire la due diligence. Ils doivent s'assurer que leurs activités
37:34commerciales ne contribuent pas, ne sont pas directement connectées, ne contribuent pas et ne causent
37:43pas un impact négatif sur les droits humains dans les territoires où ils opèrent. Les standards
37:54sont en fait, c'est très bas ce qu'on demande aux entreprises. Déjà, l'idée qui s'implique
38:01dans quelque chose que la Courte de justice internationale a reconnu comme structurellement,
38:07illégalement, illégal, comme le tout de l'occupation, et la Courte a demandé que l'occupation,
38:12la seule chose vraiment légale qu'Israël peut faire dans le territoire palestinien, c'est
38:18de dégager. C'est d'enlever...
38:22Applaudissements
38:25Applaudissements
38:32Applaudissements
38:35Applaudissements
38:38Applaudissements
38:39Applaudissements
38:39Non, la Courte de justice...
38:41Applaudissements
38:42Comme ce n'est pas moi qui le dis, la Courte de justice internationale devrait être très contente
38:48d'avoir ce soutien populaire parce que ça, c'est la chose qui fait applaudir le plus les gens.
38:53Quand j'ai dit, la Courte a dit, dégager, c'est mon terme synthétique.
38:59Ce qu'ils ont dit, en tant que juriste, je veux aussi élaborer, ils ont dit, les colonies doivent être
39:06démantelées,
39:08les troupes doivent être retirées, quelque chose qui avait été dit déjà en 1967, mais après on l'a oublié,
39:14et le contrôle sur les ressources naturelles des Palestiniens et l'exploitation, dont l'exploitation doit s'arrêter.
39:22Et en plus, tout ce qui a été forcé à migrer, non, à migrer, non, ceux qui ont été displaced...
39:34OK, vous avez compris ? Un peu d'anglais fait pas mal.
39:38Ils doivent rentrer et Israël doit aussi offrir des formes de réparation pour toutes les violations qu'il a commis
39:48envers les Palestiniens.
40:01En fait, vous voyez, je me suis trompée, c'est pas que la seule chose qu'Israël doit faire, c
40:05'est de dégager, dégager et offrir des réparations pour tout ce qu'il a fait.
40:10Alors, maintenant, la question est la suivante. Et je le demande toujours aux rares journalistes qui prennent le temps de
40:22m'interviewer.
40:23Je dis, est-ce que vous pouvez demander à votre gouvernement, je le ferai si votre gouvernement prenait le temps
40:29de me parler au lieu de m'insulter, mais bon, et de me défamer.
40:35Mais la question a posée au gouvernement français. Qu'est-ce que vous êtes en train de faire pour vous
40:44conformer à l'advisory opinion, à l'avis de la Courte de justice internationale qui dit qu'Israël doit dégager
40:51?
40:52Parce que je vous assure, pas beaucoup, pas beaucoup. Si la réponse à une conférence pour déclarer la reconnaissance de
41:00l'État palestinien, je dis quand même, vous n'avez pas bien compris, ça dit quoi ? Le droit international.
41:10Le dernier point. Et dans les derniers deux ans, dans les derniers deux ans, le manque d'action, le manque
41:21d'action de la part des entreprises qui doivent être menées en justice,
41:25ceux-là qui ont profité, surtout dans les dernières années, ils devaient eux aussi dégager. Ils ne l'ont pas
41:31fait, ils sont restés impliqués dans l'occupation.
41:35Ils ont continué à profiter de l'occupation. Moi, j'ai nommé 48 entreprises, mais c'est rien. Il faut
41:43voir ce que les organisations comme Who Profits, Don't Bind to the Occupation, le BDS, voyez les investigations que ces
41:53organisations mènent.
41:54Il y a beaucoup d'entreprises aussi françaises qui sont impliquées dans tout ça. Et il faut quand même, vous
42:06avez le pouvoir de choisir quand même de ne pas soutenir ces entreprises.
42:10Nos grands-pères et grand-mères voyageaient sans utiliser Airbnb et Booking.com et le tourisme mondial n'était pas
42:24en crise.
42:25Est-ce qu'on peut faire ce sacrifice de ne pas utiliser ces entreprises ? Parce que c'est ça
42:31la capacité de la citoyenneté mondiale aujourd'hui, le vote à travers la consommation.
42:37On est des consommateurs avant d'être des citoyens globales. Désolée.
42:43Parce qu'on va devoir conclure. Je pense que c'est une belle conclusion. Il faut agir maintenant concrètement.
42:50Eh oui, j'ai anticipé un peu la réponse. Il faut agir concrètement. D'abord, ça reste l'obligation des
42:57Etats.
42:58Le fait que les Etats n'ont pas fait assez ne signifie pas qu'on les pardonne. Non. Les Etats,
43:04les gens qui sont au pouvoir, sont nos représentants, au moins dans les démocraties, ceci dit, sont nos représentants.
43:12Et des civil servants doivent être plus civils que servants.
43:16Alors, c'est à toutes et tous d'agir pour faire en mesure que ce massacre s'arrête. Il n
43:27'y a pas beaucoup de choses qu'on peut faire, sauf si les Etats prennent des contre-mesures,
43:35qui signifient pas d'armes, pas de commerce et pas de soutien politique et démocratique durant la recherche, tout ça,
43:44avec un Etat qui s'est rendu responsable de crimes de guerre, crimes contre l'humanité, à savoir l'apartheid
43:50et de génocide.
43:51Et l'autre chose...
43:57C'est important.
43:58Alors, moi, je le dis toujours à tous et toutes.
44:02Il y a des problèmes dans chaque Etat qui sont à nous, à chaque Etat.
44:07Mais maintenant, on doit mettre tout ce qu'on peut, toute la chagrin, toute la haine envers l'Etat pour
44:15d'autres problématiques à un moment à côté.
44:17C'est le moment de... Surtout pour reconnaître aussi que le sacrifice que les Palestiniens sont en train de payer
44:28ne soit pas en vain.
44:29C'est le moment d'agir dans la façon la plus pacifique, la plus pacifique et la moins violente de
44:37tout.
44:37Mais je sais que chacun de vous est porteur et porteuse de chagrin et de rage.
44:43Mais ce n'est pas le moment. Ce n'est pas le moment parce que c'est un moment de
44:46transition et ils ont besoin d'un faux pas pour dire que le mouvement de solidarité avec la Palestine est
44:55un mouvement violent.
44:56S'il vous plaît, des mots que vous utilisez aux actions, soyez porteurs d'amour parce que l'amour, c
45:05'est finalement ce que les Palestiniens nous ont donné même dans le moment le pire de leur vie.
45:18Et le dernier message que j'ai pour un groupe spécifique de citoyens et citoyennes français,
45:32et c'est pour les communautés juives dans ce pays.
45:38S'il vous plaît, on a besoin de vous.
45:40Et je le dis aux communautés juives dans mon pays.
45:44Pourquoi ?
45:45Pourquoi ?
45:46Dès qu'on demande dans les écoles un moment de silence pour les enfants tués à Gaza, vous devez crier
45:54au danger, au péril.
45:56Il n'y a pas de danger, pas de péril en demandant la fin d'un génocide, d'un massacre.
46:01On a besoin de vous, les juifs et les juifs d'Europe.
46:19Moi, je ne porte aucun jugement, aucun jugement, et je voudrais que chacun de vous vraiment essaie de comprendre ça.
46:29Je n'ai aucun jugement pour l'amour que les juifs et les juifs portent envers l'État d'Israël,
46:36aucun.
46:36Ce n'est pas le moment de le mettre en discussion.
46:38Mais les juifs et les juifs européens sont d'abord européens.
46:43Ils doivent se sentir protégés dans ce pays, dans ces pays, et doivent être avec nous dans la lutte pour
46:50la légalité.
46:52Merci. On ne peut pas s'arrêter maintenant, mais on s'arrête maintenant. Voilà. Merci beaucoup.
47:07Merci Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l'ONU pour les droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis
47:161967.
47:18Merci Francesca pour ces témoignages à la fête de l'humanité.
47:21Merci.