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  • il y a 13 heures
Un rassemblement politique inédit en faveur des Kurdes s'est tenu mardi 15 octobre à Paris, regroupant sur un même plateau des élus PCF, EELV, FI, PS, LT, Génération(s), DVG, UDI et LR, autours d'une question : "Quels moyens mettre en oeuvre pour faire cesser cette offensive contre nos alliés."
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a tenu à exprimer toute la solidarité de la ville capitale.
Une soirée co-organisée par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F), le groupe d’Étude sur la question kurde à l’Assemblée Nationale et la Représentation du Rojava en France.
Un rassemblement qui avait pour objectif de "construire avec des intellectuels, des journalistes, des juristes, des associatifs et des politiques français, une volonté politique pour encourager la France à agir afin de stopper l’opération d’invasion turque qui massacre la population civile de la région du nord de la Syrie".

Avec
Anne Hidalgo, maire de Paris
Esther BENBASSA, sénatrice EELV de Paris
Eric COQUEREL, député LFI de Seine-Saint-Denis
Rémi FERAUD, sénateur PS de Paris
Jean-Christophe LAGARDE, président du groupe UDI-Agir à l'Assemblée nationale
Jean-Paul LECOQ, député PCF de Seine-Maritime
François PUPPONI, député LT du Val-d'Oise
Bruno RETAILLEAU, président du groupe LR du Sénat, sénateur de Vendée)
Yekbun EKSEN, représentant du Conseil Démocratique Kurde en France (CDKF)
Khaled ISSA, représentant en France du Rojava

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Transcription
00:00Ce conflit nous concerne directement.
00:03Il nous concerne directement parce que les Kurdes sont ceux qui nous ont défendus,
00:10qui se sont battus, qui sont morts des femmes, des hommes,
00:15qui sont morts pour nous, pour notre liberté, loin d'ici, face à Daesh.
00:23Ce qui se passe là-bas nous concerne directement.
00:25Ce qui se passe là-bas peut et va réveiller le terrorisme djihadiste islamique
00:35et nous concernera tôt ou tard.
00:38Ce qui se passe là-bas va entraîner des mouvements de population extrêmement importants à nouveau
00:44qui d'abord vont déstabiliser à nouveau le Kurdistan irakien
00:48et ensuite vont déstabiliser sans doute l'Europe et d'autres territoires.
00:54Donc il faut agir. Bien sûr qu'il y a des moyens de pression face à la Turquie
00:59et il faut absolument tous les exercer.
01:02Que l'Europe parle d'une voix, que la France soit vraiment en première ligne pour défendre ses positions,
01:09ça me paraît extrêmement important.
01:11Nous, la ville de Paris, nous continuerons à soutenir aussi l'action humanitaire
01:16à travers les ONG qui interviennent évidemment en Syrie,
01:23mais celles qui interviennent aussi en accueil des populations déplacées et des réfugiés dans le Kurdistan irakien.
01:29On est en contact permanent avec le Front.
01:32Et le Front, aujourd'hui, ils attendent des réponses claires et nettes.
01:35Ils attendent aujourd'hui des réactions.
01:37Parce que sur place, quand vous tenez une arme et que vous savez que l'ennemi est prêt à en
01:42découdre,
01:43savoir qu'ici, des gens les soutiennent, ça, ça va leur donner du courage, ça, ça va leur donner de
01:49la force,
01:49ça, ça peut permettre de faire pencher la balance.
01:52La France et l'Europe sont d'une tièdeur, croyant qu'on peut, par la diplomatie très mielleuse, régler ce
02:02problème.
02:03Mais je crois que ce n'est pas possible.
02:06La France doit rappeler son ambassadeur, suspendre les visas des ressortissants turcs,
02:12parce qu'ils ont besoin d'un visa pour rentrer en France.
02:16La première chose que nous avons constatée, c'est qu'à partir du moment où nos alliés sont attaqués,
02:21ce n'est pas le moment de demander aux forces spéciales françaises de rentrer.
02:24Je suis désolé, on a appris qu'il y avait des forces spéciales en France, là-bas, sur place.
02:28Je ne vois pas pourquoi c'est en ce moment qu'il faut demander aux forces spéciales de rentrer.
02:32Je crois que, comme vous le savez, elles ont été attaquées, on dit qu'il y a eu blessés, peut
02:37-être même morts.
02:38Les Turcs savent ce qu'ils ont fait, ils savent vous cibler, ils savent vous repérer.
02:42Et à partir de là, nous, nous devons être très clairs.
02:44Les forces françaises doivent rester là-bas, puisqu'elles y sont,
02:47pour tant que faire se peut, au moins défendre le lieu dans lequel elles sont
02:51et prévenir les Turcs qu'à partir du moment où ils sont attaqués, il y a des représailles.
02:55Quand on se demande qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce que nous pourrions faire aujourd'hui,
02:59c'est vrai que ça commence par dénoncer ce qu'il ne faut pas faire
03:04ou ce qui n'a pas été fait et qui nous conduit à la situation actuelle.
03:10Ce qu'il ne faut pas faire, c'est intégrer, tel que cela a été fait par nos dirigeants même,
03:17le sentiment d'impuissance.
03:19Et on voit, et la presse parfois les relèterait complaisamment,
03:24tous les articles sur la marge de manœuvre étroite,
03:27« Que peut faire l'Europe ? » Rien ou presque rien.
03:31Tout cela, ce sont des discours qui sont extrêmement entendus par Erdogan
03:36et dont il faut sortir si nous voulons agir.
03:39Il n'y a pas, comme le disait Marek Alter, un million de personnes dans la rue.
03:43Mais il y a largement plus d'un million de personnes
03:45qui, aujourd'hui, sont extrêmement sensibilisées à l'enjeu du Rojava,
03:52de l'agression militaire turque.
03:54Et il y a beaucoup de parlementaires sur l'ensemble des bancs de l'Assemblée et du Sénat
04:00qui le poussent à agir.
04:01Que le gouvernement écoute et suive les encouragements des parlementaires.
04:07Moi, je fais partie de ceux qui demandent non seulement la suspension,
04:10mais l'exclusion de l'OTAN, de la Turquie.
04:13Et pas seulement par l'agression, mais c'est le moment.
04:15C'est le moment et c'est la première des sanctions.
04:17Et je vous ferai observer que, quand on connaît un peu la chose militaire
04:20et le fonctionnement de l'OTAN,
04:21s'ils étaient suspendus immédiatement de l'OTAN,
04:24comment procéderait-il au bombardement ?
04:26Parce que pour bombarder, il faut pouvoir observer.
04:29Et que la Turquie n'a pas de moyens d'observation indépendants.
04:32Et donc, pour pouvoir bombarder aujourd'hui,
04:33ils ont besoin des renseignements que seuls l'OTAN,
04:35et notamment les Américains, peuvent leur fournir.
04:37Il faut que la France et les Européens sortent des paroles.
04:41On déplore, on regrette, on dénonce, on condamne,
04:44tout ça est très bien.
04:44Mais il y a des gens qui meurent,
04:46sous les bombes, sous les balles de M. Erdogan,
04:48de l'armée turque et de ses complices,
04:49qui sont en réalité des gens d'Al-Qaïda.
04:52Voilà la réalité.
04:53Et donc, il faut maintenant agir.
04:54Et agir, ça veut dire, par exemple,
04:56que la France doit saisir le Conseil de sécurité de l'ONU
04:59pour demander l'interdiction à l'aviation turque
05:02du survol de la Syrie,
05:04et qu'on le fasse appliquer.
05:05On a su le faire contre d'autres puissances,
05:07et on ne le fait pas là,
05:08contre la Turquie,
05:09sous prétexte que ce sont nos alliés,
05:10ce qui n'est qu'une fiction.
05:12Ils ne sont plus nos alliés depuis longtemps,
05:13notamment dans la guerre contre Daesh.
05:15Moi, je suis intervenu cet après-midi
05:17à l'Assemblée nationale,
05:18parce qu'à un moment donné,
05:19y compris la France,
05:20elle peut quitter l'automne.
05:21Y compris la France,
05:22elle peut dire,
05:24on voit bien ce qui se passe,
05:26et on n'ose pas,
05:27on s'auto-censure vis-à-vis des Nations Unies.
05:30On s'auto-censure dans la réaction
05:32à avoir face à Erdogan.
05:35Mais tout simplement parce que,
05:37dans l'OTAN,
05:38Jean-Christophe l'a dit,
05:40les uns et les autres se retrouvent.
05:43Et ça, ça empêche d'agir librement.
05:45Et puis l'OTAN,
05:46c'est les Américains aussi.
05:48Et puis l'OTAN,
05:48c'est aussi Trump
05:51qui maîtrise.
05:53Et là, ça pousse le sujet.
05:54On ne peut pas dire d'un côté,
05:55c'est un fou,
05:57on ne sait pas ce qu'il décide,
05:58il change d'avis du jour au lendemain.
06:00Et de l'autre côté,
06:02rester dans une institution
06:03qui, à tout moment,
06:05peut faire basculer les choses.
06:06À tout moment.
06:08Et donc, il y a urgence,
06:09et ça fait un paquet d'années
06:11que les communistes disent
06:12que cet appareil date d'une autre époque.
06:16L'OTAN n'a plus aucune raison
06:18d'exister aujourd'hui.
06:19Une autre organisation doit s'imposer.
06:22Le multilatéralisme,
06:23l'ONU doit s'imposer.
06:25Les peuples du monde
06:26doivent s'imposer
06:27aux grandes puissances.
06:28À l'Assemblée nationale,
06:29cet après-midi,
06:31un grand nombre de groupes
06:32sont intervenus
06:33pour condamner l'intervention turque,
06:35pour en appeler au gouvernement
06:37pour qu'ils prennent des décisions,
06:38des décisions courageuses.
06:40Les réponses des ministres
06:41ne sont pas à la hauteur
06:42des attentes du peuple français
06:44et des attentes
06:45de la communauté internationale.
06:47Et j'espère que,
06:48les heures venant,
06:49le gouvernement,
06:51le président de la République
06:51vont prendre la mesure
06:53des attentes du peuple français
06:54parce que le peuple français,
06:56c'est ce qu'il doit aussi
06:57à l'engagement du peuple kurde
07:00pour sa liberté.
07:01Et on leur doit bien ça.
07:03Oui.
07:04La première mesure à prendre,
07:05c'est de sortir le PKK
07:07de la liste
07:08des organisations terroristes.
07:10On ne peut plus,
07:11on ne peut plus continuer
07:13à demander aux Kurdes
07:15hypocrisieux du PKK
07:16en Irak, en Syrie,
07:19de faire notre travail
07:20et de considérer qu'en fait,
07:21ces gens-là sont des terroristes.
07:23Arrêtons l'hypocrisie.
07:24Il faut arrêter aussi
07:25que lorsqu'un militaire turc
07:27vient en France
07:28et qu'il demande à la France
07:30pour faire le ménage
07:31un peu avant son passage,
07:32de faire des interpellations
07:34souvent abusives
07:35des militants kurdes
07:36dans notre pays.
07:37C'est ça qui se passe régulièrement.
07:39La police française,
07:41régulièrement,
07:42interpelle des militants kurdes,
07:44les incarcères,
07:45font des carnets abusifs
07:46pour les relâcher
07:47uniquement pour faire plaisir
07:49aux Turcs
07:49qui arrivent en France.
07:50Si on décide que le PKK
07:52ne fait plus partie
07:52de l'organisation terroriste,
07:53si on arrête
07:54de donner raison aux Turcs
07:56et qu'on arrête
07:56de pourchasser
07:57les Kurdes
07:58dans notre pays,
08:00ça sera déjà
08:00des messages forts
08:01que l'on donnera aux Turcs.
08:02Et puis,
08:02il y a une troisième
08:04mesure qu'il faut prendre vite.
08:05Nous devons connaître
08:07la vérité,
08:08nous la connaissons,
08:09mais la vérité judiciaire
08:11sur la mort de Rochebile,
08:13de Sakina
08:14et de leurs premiers camarades.
08:15La France doit enfin dire
08:17qui était les commanditaires
08:19de ces droits de Sakina
08:20au cœur de Paris.
08:23Cette agression
08:24est non seulement
08:25moralement injustifiable,
08:27elle est politiquement
08:29irresponsable,
08:30injustifiable,
08:31parce que ce qui est en train
08:32de se dérouler,
08:33n'en doutons pas,
08:33et vous n'en doutez pas,
08:36c'est un projet
08:37d'épuration ethnique.
08:40Avec son cortège
08:42d'horreurs,
08:44de crimes de guerre,
08:46de crimes
08:47contre l'humanité.
08:49Mais c'est aussi
08:52une agression
08:53qui est politiquement
08:54absolument irresponsable,
08:56parce qu'on est en train
08:57de ressusciter Daesh,
08:59de lui donner les conditions
09:00d'une résurgence,
09:02parce qu'on est en train,
09:04sans doute,
09:05de créer les conditions
09:06de la dispersion,
09:06de djihadistes
09:08qui ont lutté
09:09là-bas ou ici
09:11contre nos peuples.
09:12J'ai demandé
09:13il y a quelques jours
09:13que la France
09:15rappelle son ambassadeur.
09:17C'est si peu de choses.
09:18Et c'est déjà un signe.
09:20C'est déjà un signe.
09:22J'ai depuis longtemps
09:23demandé
09:24que l'Europe
09:25arrête de payer
09:28cesse
09:29les pourparlers
09:29d'adhésion
09:30de la Turquie
09:31à l'Union européenne.
09:33De qui se moque-t-on ?
09:34L'Europe est en capacité
09:35de faire,
09:35l'Europe est en capacité
09:37d'agir,
09:38notamment sur la question,
09:39bien entendu,
09:39des sanctions économiques
09:41qui peuvent être immédiates,
09:43qui doivent être massives,
09:45car c'est évidemment
09:45une des seules choses
09:47que le gouvernement
09:48d'Erdogan
09:49peut entendre.
09:50On demande à la population
09:52de se mobiliser.
09:53Alors maintenant,
09:54c'est les élus
09:55de peuple,
09:56la population,
09:57lorsqu'elle demande
09:59encore davantage
10:02une pression sur la Turquie
10:04pour que la Turquie
10:05arrête cette agression,
10:07cette invasion
10:08sur notre territoire
10:09et elle explique
10:10le danger
10:11qui peut entraîner.
10:12Ça conforte déjà
10:13les autorités
10:14dans leur position
10:15actuelle
10:16et ça aide aussi
10:17à développer
10:18et encourage
10:20le gouvernement
10:20pour qu'il puisse
10:24encore davantage
10:25d'avoir des mesures
10:27à prendre
10:28contre Erdogan.

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