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  • il y a 25 minutes
À LA UNE / Guerre à nos portes : sommes-nous prêts ?

La guerre en Ukraine a profondément bouleversé l'équilibre sécuritaire européen. Alors que le conflit s'enlise, les tensions s'étendent au-delà du champ de bataille et la Russie multiplie les démonstrations de force. Un drône militaire russe a été retrouvé au Nord-Ouest de la Pologne, un mois après l'attaque de trois drônes explosifs déjouée à l'aéroport de Leipzig en Allemagne. Les pays européens renforcent leur coopération militaire et accélèrent leur réarmement. La France entend prendre toute sa part dans cette évolution, en défendant une Europe capable d'assumer seule sa protection. Face à une Russie qui combine puissance militaire, cyberattaques et opération de déstabilisation, les européens doivent repenser leur manière de se défendre et prévenir une extension du conflit. Jusqu'où les européens sont-ils prêts à aller pour se défendre ?

Invités :
- Thomas Gassilloud, député « Ensemble Pour la République » de la 10e circonscription du Rhône,
- Christine Dugoin-Clément, chercheure pour l'observatoire IA et la chaire risques de Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
- Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

Chronique :

« Quoi de neuf ? » : le retour des gilets jaunes, vraiment ? par Nicolas Domenach

LA QUESTION QUI FÂCHE / Logement : les Français d'abord ?

Lors de son discours de rentrée prononcé à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a défini le logement comme étant l'une de ses priorités. Une mesure emblématique fait polémique : le Rassemblement National souhaite réserver en priorité les logements sociaux aux citoyens français. Il s'agit d'une « lubie xénophobe » selon Emmanuelle Cosse, la Présidente de l'Union sociale pour l'habitat. Alors que 15% des logements sociaux sont occupés par des étrangers, cette « priorité nationale » dans l'attribution des HLM est-elle constitutionnelle ? Faut-il abroger la loi SRU comme le propose la Présidente du RN ?

Invités :
- Emmanuelle Cosse, Présidente de l'Union sociale pour l'habitat,
- Frédéric Falcon, député « Rassemblement National » de l'Aude,
- John-Christopher Rolland, constitutionnaliste, maître de conférences à l'université Paris Nanterre.

« Bourbon express » par Marco Paumier.

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News
Transcription
00:00:06Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:28Je suis très heureuse de vous retrouver pour une deuxième saison.
00:00:31Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:37Laissez-moi vous présenter mes nouveaux partenaires de jeu ce soir.
00:00:41Nicolas Domenac, bonsoir, et Elsa Mondingava, bonsoir Elsa.
00:00:46Et merci à tous les deux d'être là.
00:00:48A la une de cette première émission de la saison, la guerre se rapproche-t-elle de nous ?
00:00:52C'est ce que suggèrent les événements de ces dernières 48 heures.
00:00:55Il y a d'abord eu cette attaque de drones russes sur un train ukrainien qui reliait Kiev à Varsovie.
00:01:00Un autre drone a lui été abattu la nuit dernière en Lituanie,
00:01:04tandis que des fusées éclairantes ont visé ce matin un hélicoptère danois.
00:01:10Provocations ? Test de nos défenses ? Ou engrenages dangereux ?
00:01:14On pose la question ce soir dans la première partie de Chaque Voix Compte.
00:01:18Nicolas Domenac.
00:01:19D'abord, bienvenue à bord, cher Nicolas.
00:01:22Et vous, vous vous posez une autre question ce soir ?
00:01:24Eh bien, est-ce qu'il faut craindre, en tout cas au pouvoir ?
00:01:27On craint un retour des gilets jaunes, comme en 2018,
00:01:32avec un pouvoir qui avait été très menacé à l'époque.
00:01:35Est-ce qu'à cause de la hausse du pétrole, tout pourrait recommencer ou pas ?
00:01:39Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, là, c'est la question qui fâche.
00:01:43En quoi la priorité nationale pourrait-elle atténuer la crise actuelle du logement ?
00:01:48C'est la question qu'on posera à nos trois invités de la deuxième partie.
00:01:52On en débattra tout à l'heure.
00:01:53Et vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:01:58Vous vous souvenez, hein ? C'est le QR code qui est là.
00:02:00Vous le flashez et c'est Elsa qui se charge de nous transmettre en direct
00:02:04toutes vos questions ou vos remarques.
00:02:07Et puis, bien sûr, Bourbon Express,
00:02:08tout ce qui s'est passé aujourd'hui à l'Assemblée nationale avec Marco Pommier,
00:02:12ce sera tout à l'heure.
00:02:13Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:15Installez-vous confortablement.
00:02:16Chaque Voix Compte, c'est reparti.
00:02:26Des avions de chasse de l'OTAN ont donc abattu ce matin un drone au-dessus de la Lituanie.
00:02:32Il provenait très probablement de Russie.
00:02:36La Russie qui semble pousser la guerre toujours plus près des frontières de l'Europe.
00:02:41Comment répondre aux attaques sans justement déclencher cette guerre ?
00:02:45L'OTAN semble ce soir marcher sur un fil.
00:02:48Katia Gilder.
00:02:55Une frappe russe à deux kilomètres seulement de la frontière polonaise.
00:03:00La cible, ce train de voyageurs qui assurait la liaison entre Kiev et Varsovie,
00:03:05avec à son bord 206 passagers.
00:03:08Pas de victimes, mais l'attaque est survenue peu après le passage sur cette même ligne
00:03:13de personnalité occidentale, l'ancien directeur de la CIA, David Petrus,
00:03:18ou encore l'ex-premier ministre britannique, Boris Johnson.
00:03:22C'est exactement le type d'attaque aléatoire et insensé que les Ukrainiens subissent chaque jour.
00:03:27La Pologne, membre de l'OTAN, prise pour cible.
00:03:31Depuis le début de la guerre en Ukraine,
00:03:33Varsovie subit des incursions répétées des drones russes.
00:03:37Mais cette fois, la menace est claire.
00:03:40Les Russes ne font pas que frapper à la porte.
00:03:43Ils sont dans la maison.
00:03:44La Pologne, mais aussi l'Allemagne.
00:03:47Le 4 août dernier, une tentative d'attaque a été déjouée à l'aéroport de Leipzig.
00:03:52Un drone chargé d'explosifs s'est approché d'un avion de transport ukrainien avant d'être neutralisé.
00:03:58Dernier épisode en date.
00:03:59Ce mardi, le Danemark accuse la Russie d'avoir tiré deux fusées éclairantes
00:04:04contre un hélicoptère militaire au-dessus de la mer Baltique.
00:04:07Face à la menace, l'OTAN montre les muscles.
00:04:10La nuit dernière, deux avions de chasse alliés ont abattu un drone
00:04:14qui a pénétré dans l'espace aérien de la Lituanie depuis le Bélarus.
00:04:18– Et pour en parler avec nous ce soir, Général Dominique Trinquant, bonsoir.
00:04:23– Bonsoir.
00:04:23– Ex-chef de la mission militaire française auprès de l'ONU,
00:04:26merci d'être là aux côtés de Christine Dugouin-Clément, bonsoir.
00:04:29– Bonsoir.
00:04:30– Vous êtes chercheur en géopolitique à la chaire risque de Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
00:04:33merci d'avoir accepté notre invitation.
00:04:36Et bonsoir Thomas Gassiou, député ensemble pour la République du Rhône,
00:04:39membre et ex-président de la Commission défense à l'Assemblée nationale.
00:04:42Merci également d'être là.
00:04:43Dominique Trinquant, trois incidents en trois jours.
00:04:47Quand vous regardez cette accumulation, qu'est-ce que vous voyez ?
00:04:49Une Russie qui nous provoque, une Russie qui teste nos défenses
00:04:52ou une Russie qui prend le risque de l'affrontement ?
00:04:56– Non, bien sûr, une Russie qui provoque.
00:04:59J'entendais que la guerre était à nos portes, elle n'est pas à nos portes,
00:05:03elle est chez nous, soyons clairs.
00:05:05– Juste comme le ministre polonais.
00:05:06– L'information, la désinformation, voire des attentats à l'intérieur.
00:05:10Alors on parle de la psyche, vous savez qu'aujourd'hui, il ne faut pas être parano,
00:05:13mais un rail qui est mis sur un train, sur des voies et qui fait des rails à un train,
00:05:21on va chercher un petit peu ce qui se passe.
00:05:24Des transformateurs qui ont brûlé dans la région de Bourges,
00:05:27comme par hasard, et l'industrie militaire.
00:05:30Donc voilà, il est chez nous.
00:05:32Maintenant, il est vrai que les Russes testent les défenses.
00:05:38Alors avec deux incidents, l'incident du train, on est à 2 km ou à 800 m.
00:05:43Donc M. Peskov dit, ben oui, on est en Ukraine, c'est la guerre.
00:05:47Il n'a pas tort, c'est la guerre, il faut se rappeler.
00:05:50– Quand même tout près de la Pologne.
00:05:50– Oui, mais on n'est pas en Pologne.
00:05:53La Lituanie, comme vous le savez, les pays baltes n'ont pas de défense antiaérienne,
00:05:58donc il y a des pays européens qui à tour de rôle, c'était la France cet été,
00:06:01maintenant c'est l'Espagne, je crois.
00:06:03– C'est l'Italie cette nuit qui a intercepté le drone en Lituanie.
00:06:05– Ou l'Italie, mais pardon, je l'ai confondu entre deux pays.
00:06:08Donc, et c'est eux qui interviennent.
00:06:09Moi, ce que je note, c'est qu'il y a quelques temps,
00:06:12on parlait des drones et on disait, il ne se passe rien.
00:06:14Là, chaque fois, les drones sont abattus.
00:06:16Il y a eu un drone en Roumanie, naval, abattu,
00:06:19en Bulgarie, abattu, en Lituanie, abattu.
00:06:21Maintenant, la question est de savoir, effectivement,
00:06:23si ce sont des drones, parce que là, il était dans le ciel de l'OTAN,
00:06:27donc est-ce que c'est un drone qui s'est perdu
00:06:29parce que la navigation n'était pas bonne,
00:06:31ou est-ce que c'est vraiment, on a poussé jusqu'au bout ?
00:06:34Mais en tout cas, ce que je note,
00:06:35c'est que l'OTAN a changé ses règles d'engagement,
00:06:38réagit beaucoup plus vite
00:06:39et détruit à chaque fois les drones, pour l'instant.
00:06:41– On va revenir sur ces règles d'engagement de l'OTAN,
00:06:43mais Christine Dugoin-Clément, vous,
00:06:45si c'est une stratégie,
00:06:47qu'est-ce que Vladimir Poutine cherche à obtenir ?
00:06:50Juste nous intimider ?
00:06:51– Je pense qu'il y a plusieurs choses
00:06:53et qu'il faut bien voir un effet secondaire
00:06:56des frappes qui sont menées dans la profondeur en Ukraine
00:06:58et qui, quelque part, importent au cœur de la Russie
00:07:01et au plus près de la vie des Russes.
00:07:03Un conflit qui est, alors, Peskov, vous le disiez,
00:07:06général, parle de guerre, c'est fort bien
00:07:08puisqu'on était jusqu'à opération spéciale,
00:07:09donc on a quand même changé le vocable.
00:07:11– La sémantique a changé.
00:07:12– Alors, ça fait quelques temps, mais néanmoins,
00:07:15ce que l'on voit, c'est que les frappes
00:07:17qui, alors, non seulement ont un impact physique,
00:07:20mais ont impacté aussi la capacité de livrer du carburant,
00:07:23vous avez énormément de files d'attente,
00:07:25donc il y a quelque chose de beaucoup plus palpable
00:07:27dans ce conflit et vous êtes sur un régime autoritaire
00:07:30qui n'a donc que pour solution de survie et de s'asseoir,
00:07:33d'aller dans une course et de pousser encore un petit peu plus loin
00:07:36là où il est et comment il se positionne
00:07:38pour faire une démonstration de force.
00:07:40Donc là, c'est ce que l'on voit.
00:07:42Quelque part, on est effectivement dans une forme d'intimidation
00:07:45où on va un petit peu fléchir les muscles en disant
00:07:47« Attention, là, quand on est sur les lignes de voie ferrée,
00:07:50juste alors qu'on a eu différentes autorités,
00:07:53alors on peut toujours jouer,
00:07:54maintenant croire à la parole de M. Peskov
00:07:57n'engage ceux qui veulent vraiment prendre des vessies pour des lanternes.
00:08:00Il a été plusieurs fois pris en défaut.
00:08:03Donc on est vraiment dans cette approche-là
00:08:04et il y a aussi quelque chose qui me semble important de noter,
00:08:07c'est que la guerre en Ukraine a changé de visage
00:08:09dans une certaine mesure.
00:08:10La Russie, maintenant, est beaucoup plus jusqu'au boutiste
00:08:12dans les infrastructures qu'elle va viser
00:08:14et tout ce qui va être du domaine civil.
00:08:17On est dans quelque chose de…
00:08:19On a poussé l'approche de destruction, y compris dans l'Ouest,
00:08:22beaucoup plus fortement que préalablement.
00:08:25Et ça, c'est une petite modification dans le visage de la guerre,
00:08:28petite modification qui se paye à un prix humain très élevé.
00:08:31– Oui, je crois que la Russie est très encouragée
00:08:35par la réaction de M. Trump.
00:08:36Je rappelle que la réaction de M. Trump après les frappes sur le train,
00:08:40ça a été que M. Zelensky arrête de frapper
00:08:42les sites de raffinage de gasoil en Russie.
00:08:46Donc d'agresser l'Ukraine devient agresseur.
00:08:50Et là, annonce, on verra ce qui se passe,
00:08:55d'arrêter les frappes, j'attends de voir ce que va faire la Russie.
00:08:59Mais c'est vrai que la Russie est sous pression économique.
00:09:03Je rappelle qu'il y a des élections…
00:09:05Alors évidemment, tous les opposants ont été éliminés.
00:09:07– Le 18 septembre, des législatives.
00:09:09– Voilà, c'est cette semaine.
00:09:10Donc il y a des élections en Russie pour la Douma.
00:09:13Donc là aussi, le président Poutine veut montrer
00:09:15qu'il est l'homme fort et qu'il est capable de continuer.
00:09:19Le président Poutine est allé trop loin pour ne pas aller plus loin,
00:09:22comme l'a dit l'ambassadeur Lévy.
00:09:24– Alors, on a eu plusieurs déclarations dans ce sens aussi.
00:09:27Marc Roteux, le secrétaire général de l'OTAN, a dit
00:09:29« Cette frappe russe sur un train ukrainien
00:09:31démontre à quel point Vladimir Poutine est désespéré ».
00:09:35Vous y voyez du désespoir, Thomas Gassiou ?
00:09:37– Je pense que ça fait 4 ans et demi
00:09:39que la Russie a déclenché la guerre en Ukraine.
00:09:41Et au bout de 4 ans et demi,
00:09:42elle ne maîtrise toujours pas l'intégralité du Donbass.
00:09:44Donc elle est face à une impasse opérative en Ukraine.
00:09:47Et avec quand même, même si c'est un régime autoritaire,
00:09:49une forme de pression qui augmente à l'intérieur même de la Russie,
00:09:52notamment sur l'approvisionnement en hydrocarbures.
00:09:54Donc aujourd'hui, la Russie, elle change un peu de stratégie.
00:09:57Non seulement, elle accroît une forme de stratégie de la terreur
00:10:00sur le territoire ukrainien,
00:10:01en visant délibérément des infrastructures civiles.
00:10:03Elle cherche à isoler l'Ikraine.
00:10:05Et à mon avis, cette frappe sur le train s'inscrit dans cette stratégie
00:10:08en disant aux responsables occidentaux
00:10:10« Attention, si vous prenez le train,
00:10:11vous risquez d'être la cible de nos frappes ».
00:10:14Et on a été plusieurs à prendre ce train
00:10:17qui est quasiment la seule voie pour aller à Kiev.
00:10:20Et puis, elle accroît les menaces hybrides sur les Européens
00:10:23pour produire un effet psychologique
00:10:25et nous dissuader d'une certaine manière,
00:10:28nous faire hésiter au soutien qu'on peut apporter en Ukraine.
00:10:31Et donc oui, c'est bien face à une impasse aujourd'hui
00:10:34que la Russie se trouve.
00:10:35Et donc, elle cherche des nouveaux moyens d'action.
00:10:37C'est irresponsable, a dit aujourd'hui aussi Ursula von der Leyen,
00:10:40la présidente de la Commission européenne,
00:10:42en parlant de ses frappes.
00:10:45Mais moi, je retiens aussi ce soir
00:10:46les mots de la chef de la diplomatie européenne, Kaya Kalas.
00:10:49« Vladimir Poutine est un tyran par excellence.
00:10:52Il ne s'arrêtera pas, à moins qu'on l'arrête ».
00:10:57Qu'est-ce qu'elle entend par « à moins qu'on l'arrête » ?
00:10:59Enfin, ça va jusqu'où, à moins qu'on l'arrête ?
00:11:02Alors, à mon avis, par un ensemble de mesures.
00:11:06Alors, Madame Kalas est d'origine balte,
00:11:09donc elle a une expérience de grand voisinage
00:11:12de la Russie et historique.
00:11:14Ils ont... Comment ?
00:11:16D'occupation.
00:11:17Oui, oui, non, mais...
00:11:18Alors, moi, je parlais depuis l'indépendance
00:11:22et, effectivement, de la période soviétique.
00:11:25Néanmoins, ils ont une approche
00:11:27qui est éminemment pragmatique et tout à fait réaliste.
00:11:30Et on le voit à chaque fois qu'il y a une réaction
00:11:33qui est estimée comme étant un signe de faiblesse
00:11:36ou d'attentisme.
00:11:37Eh bien, c'est un peu la théorie des petits pas.
00:11:39Et on va continuer à avancer.
00:11:40D'où la nécessité d'avoir une réponse forte.
00:11:42Alors, l'interception des drones efficace en est une.
00:11:44Le discours qui a été mené par la Pologne
00:11:49est extrêmement fort.
00:11:50Alors, peut-être un petit peu paroxystique,
00:11:52dans une certaine mesure,
00:11:53quand il dit qu'on pourrait commettre des dommages, etc.
00:11:56Oui, alors, la Russie pourrait aussi commettre des dommages
00:11:58si on était dans ce volet-là, bien évidemment.
00:12:00Mais là, on est obligé d'avoir une réponse qui est éminemment forte.
00:12:04Une question se pose aussi, c'est quel est le soutien
00:12:06que l'on apporte à l'Ukraine, notamment pour arriver à avoir
00:12:09une couverture aérienne ?
00:12:12Une question peut-être sur l'utilisation des drones.
00:12:15On a l'impression que c'est le nouvel outil militaire général.
00:12:19Est-ce que, pourquoi on utilise ces drones ?
00:12:21C'est moins cher, ça fait moins de dégâts,
00:12:23c'est pour envoyer plutôt un message.
00:12:25Pourquoi maintenant, on utilise ces drones partout ?
00:12:27Alors, il n'y a que la guerre qui apprend la guerre.
00:12:30Et donc, les Ukrainiens, comme les Russes,
00:12:32apprennent très vite la guerre parce qu'ils font la guerre.
00:12:34Et donc, les drones, il y a eu une accélération absolument considérable
00:12:38dans l'utilisation des drones qui, au départ, vous savez,
00:12:41faisaient un bruit de je ne sais plus quoi,
00:12:45on disait de tondeuse.
00:12:47Et puis, transporter une petite charge.
00:12:50Les derniers drones russes ont des moteurs à réaction,
00:12:54transportent des charges beaucoup plus importantes
00:12:56et sont beaucoup plus précis.
00:12:57et indépendants des systèmes GPS, etc.
00:13:00Donc, il y a une accélération là-dedans.
00:13:02Et vous avez raison, ça coûte beaucoup moins cher,
00:13:04même si c'est avec des frappes.
00:13:07Mais comme on en fabrique énormément, par milliers,
00:13:10vous arrivez à saturer un espace aérien.
00:13:13Et à ce moment-là, ces drones, d'abord, font plus de dégâts,
00:13:17mais aussi saturent l'espace aérien,
00:13:19ce qui permet à quelques missiles
00:13:21qui, eux, ont des charges considérables
00:13:23de frapper de façon plus efficace
00:13:25parce que le système anti-aérien ont été...
00:13:27Parce que les drones ont fait diversion d'une certaine façon.
00:13:29Voilà, ils ont saturé l'espace aérien.
00:13:31Et donc, c'est la difficulté de la défense anti-aérienne
00:13:34d'arriver à intercepter,
00:13:36de séparer le drone de...
00:13:38Juste un point sur ce que disait Mme Callas.
00:13:42Oui.
00:13:42Je vais reprendre des paroles de M. Peskov.
00:13:44C'est la guerre.
00:13:46Et vous savez que la semaine dernière,
00:13:48le président Zelensky était en Moldavie
00:13:50et qu'un drone russe est venu en Moldavie
00:13:53et passait pas loin de son avion.
00:13:55Bon, il n'y a pas eu de danger pour lui
00:13:56puisqu'il n'était pas dedans, mais enfin, quand même.
00:13:58Voilà.
00:13:59Et donc, menace sur M. Zelensky.
00:14:01Donc, il faut se souvenir que, dès le premier jour,
00:14:03il a été menacé par des commandos
00:14:05qui étaient infiltrés.
00:14:07Et moi, je dis depuis 4 ans et demi,
00:14:09pourquoi on ne fait pas la même chose avec M. Poutine ?
00:14:12On se bat avec les mains dans le dos.
00:14:14C'est la guerre.
00:14:15Si vous me permettez,
00:14:16pour l'instant, c'est la guerre,
00:14:17vous dites, mais pas en France, je veux dire.
00:14:19On a le sentiment que c'est loin.
00:14:21Et même, c'est une question qu'on peut se poser,
00:14:23enfin, que je vous pose.
00:14:24Est-ce que vous pensez que ça va mettre le grappin,
00:14:27si je veux dire,
00:14:27ou intervenir dans la campagne présidentielle,
00:14:29comme ça avait été le cas dans la prochaine première,
00:14:32dans la récente élection présidentielle,
00:14:34je veux dire, et influer ?
00:14:35Parce que, pour l'instant, on s'en tient comme ça.
00:14:37Mais on a l'impression que ça peut débarouler chez nous
00:14:39très brutalement.
00:14:41Alors, là, on est dans le cadre des menaces hybrides
00:14:43sur ce qui s'est passé.
00:14:44C'est-à-dire une menace qui n'est pas vraie,
00:14:48qui ne dépasse pas vraiment le seuil de la conflictualité
00:14:51et qu'on peut difficilement attribuer.
00:14:53Le but, c'est d'infliger un effet psychologique à l'adversaire
00:14:57sans totalement assumer cette menace
00:14:59et donc en lui posant des difficultés pour répondre.
00:15:02Et donc, finalement, la Russie a moindre coût,
00:15:03met un peu la zizanie chez les Européens.
00:15:06Les forces à s'équiper, donc à dépenser des coûts,
00:15:10et espère ainsi nous dissuader les opinions publiques,
00:15:13de dire, écoutez, il faut que vos gouvernements
00:15:14arrêtent de soutenir l'Ukraine,
00:15:16sinon vous allez avoir des problèmes d'une certaine manière.
00:15:19Et la Russie le fait à dessein,
00:15:22notamment pendant les périodes électorales.
00:15:23On l'a vu récemment en Allemagne.
00:15:25On a une agence aujourd'hui en France qui s'appelle Viginum
00:15:27qui est chargée de documenter,
00:15:29de caractériser les attaques informationnelles
00:15:31qui font partie des menaces hybrides.
00:15:33Bien entendu, lors des dernières élections municipales,
00:15:35lors des dernières élections législatives,
00:15:37il y a eu des attaques informationnelles tout à fait massives,
00:15:40organisées, qu'on a pu attribuer à la Russie,
00:15:42qui ont été faites pour désorganiser le débat politique local,
00:15:47polariser les positions et bien entendu pousser
00:15:51ceux qui ont plutôt des apportances avec la Russie.
00:15:54Donc oui, on est vraiment aujourd'hui
00:15:56dans cette ère des menaces hybrides.
00:15:58On a une guerre massive d'attrition
00:16:00et c'est pour ça qu'on utilise les drones,
00:16:01que sont utilisés les drones en Ukraine,
00:16:04dont l'objectif est de porter des coûts très importants
00:16:07sur le champ cinétique, j'allais dire,
00:16:09mais cette guerre d'attrition conventionnelle
00:16:11est complétée par l'ensemble de ces menaces hybrides,
00:16:14notamment adressées à ceux qui soutiennent l'Ukraine.
00:16:17Comment la France se prépare concrètement
00:16:19à cette menace qui s'approche ?
00:16:21Pour le savoir, il fallait aujourd'hui, Elsa,
00:16:23être du côté d'Orange, dans le Vaucluse,
00:16:26sur la base aérienne 115,
00:16:27où s'est rendu Emmanuel Macron, là, il y a quelques heures.
00:16:30Exactement, Adeline, c'était ce matin,
00:16:32Emmanuel Macron qui passe en revue les troupes
00:16:35et ce ne sont pas n'importe quelles troupes,
00:16:37ce sont la première promotion du service national.
00:16:40Alors le service national, c'est quoi ?
00:16:42C'est un engagement militaire, ça concerne les jeunes
00:16:45entre 18 et 25 ans, c'est sur la base du volontariat,
00:16:49c'est important, ça dure 10 mois,
00:16:51payer 800 euros brut par mois,
00:16:53et ça s'effectue sur le territoire national uniquement.
00:16:57Pourquoi ce service national ?
00:16:59Renforcer le lien armée-nation,
00:17:01renforcer la résilience de notre pays,
00:17:04le chef de l'État, il adore ce mot,
00:17:05c'est la capacité à résister au choc du monde.
00:17:09Le service national, aujourd'hui, c'est 3 000 volontaires,
00:17:12l'objectif, c'est 10 000 en 2030.
00:17:15On attendait aujourd'hui, ça peut paraître anecdotique,
00:17:17mais c'était quand même un petit suspense,
00:17:19le nom de cette première promotion,
00:17:21ce sera Henri Fertet.
00:17:23Oui, la promotion Henri Fertet.
00:17:24Exactement, chaque promotion aura le nom
00:17:26d'un compagnon de la libération.
00:17:28Henri Fertet, c'est lui, lycéen de Besançon,
00:17:30entré en résistance pendant la Seconde Guerre mondiale,
00:17:33arrêté, fusillé en 1943,
00:17:35à seulement 16 ans.
00:17:36C'est un nom qui est quand même très, très lourd de sens
00:17:38pour la promotion.
00:17:39On écoute les explications du chef de l'État.
00:17:42Votre époque n'est pas la sienne.
00:17:44Votre mission ne sera pas la sienne.
00:17:47Mais le choix qu'il fit,
00:17:49celui de servir la France
00:17:52et de défendre sa liberté,
00:17:55fait écho à votre engagement.
00:17:58Il parle de liberté, d'engagement, de servir,
00:18:01ce n'est pas un vocabulaire trop martial.
00:18:03On sait qu'Emmanuel Macron, certains l'accusent d'être vatanguère.
00:18:06Il a donc pesé les mots.
00:18:08Ce service national, Elsa,
00:18:09ce n'était pas ce qu'Emmanuel Macron avait prévu au départ.
00:18:12On le rappelle.
00:18:13Tout à fait.
00:18:13La promesse de 2017,
00:18:15c'était un service militaire obligatoire et universel d'un mois.
00:18:18Puis il y a eu tout le feuilleton autour du SNU,
00:18:21le service national universel.
00:18:23Trop compliqué, trop cher,
00:18:24ce sera finalement ce service national,
00:18:27mieux adapté selon l'Élysée aux risques actuels.
00:18:29Le chef de l'État va le mettre à son bilan en matière de défense.
00:18:33Il imitera aussi la question du budget.
00:18:35Regardez la courbe.
00:18:37Elle parle d'elle-même.
00:18:37Le président de la République pourra dire
00:18:39qu'il a augmenté considérablement les moyens alloués aux armées.
00:18:43Un budget qui a doublé en 10 ans.
00:18:45Thomas Gassiou, est-ce que ça veut dire que ça y est,
00:18:47on est au niveau de la menace ?
00:18:49Malheureusement, on ne sera jamais au niveau.
00:18:52Il faudra mettre plus d'argent encore.
00:18:54On essaie, si vous voulez,
00:18:55nous, quand on définit le budget de la défense nationale
00:18:57à la commission de la défense,
00:18:58quand on y travaille dessus,
00:19:00on essaie d'estimer quel est le juste niveau d'assurance
00:19:03dont a besoin la nation pour se défendre
00:19:05par rapport à une menace qu'on peut envisager.
00:19:08On ne veut pas être dans une fuite en avant des moyens militaires
00:19:10parce qu'on a d'autres priorités à financer,
00:19:13y compris certaines qui concourent à notre souveraineté,
00:19:15ne serait-ce que pour notre souveraineté financière,
00:19:18pour nos forces de sécurité intérieure, etc.
00:19:22Et pour autant, on doit faire une analyse lucide de la menace
00:19:25et dire comment on se prépare face à ça.
00:19:26Pour y répondre, la France, depuis les années 60,
00:19:29elle a la dissuasion nucléaire.
00:19:30Donc c'est quand même, il faut le rappeler toujours,
00:19:32c'est la clé de voûte de notre système de défense,
00:19:34c'est d'être en mesure de causer des dommages inacceptables
00:19:36à qui compte s'en prendrait à nos intérêts vitaux.
00:19:39Et en complément de cette dissuasion,
00:19:41on a des forces conventionnelles
00:19:43pour mener des opérations limitées
00:19:44ou pour s'engager si toutefois on était attaqué.
00:19:48Et donc cette loi de programmation militaire,
00:19:49à la fois elle a conforté la crédibilité de notre dissuasion
00:19:52et elle augmente également les capacités de nos forces conventionnelles.
00:19:55Et c'est tout le sujet qui est en cours,
00:19:56c'est quel est le bon dimensionnement de nos forces conventionnelles.
00:19:59Elles étaient dimensionnées jusqu'à là
00:20:00pour mener des opérations un peu limitées et choisies.
00:20:03On redécouvre les guerres d'attrition
00:20:04et donc on a besoin de regagner en muscle.
00:20:06Et vous parliez de la dissuasion nucléaire.
00:20:08Dans son discours du 2 mars,
00:20:09Emmanuel Macron avait lancé le concept de dissuasion nucléaire avancée.
00:20:13Et ça sert aussi à ça ?
00:20:16À convaincre Vladimir Poutine que s'il veut la guerre,
00:20:20on est prêt à la faire ?
00:20:20Ça sert surtout à associer les Européens de façon très claire.
00:20:25Comme vous le savez, la dissuasion nucléaire,
00:20:28il n'y a que la France qui dispose de cet outil en Europe.
00:20:32Il n'y a que la France.
00:20:33Et donc, les trois quarts des pays européens
00:20:34comptaient sur les Etats-Unis, en fait.
00:20:36Et les Etats-Unis,
00:20:38beaucoup de pays commencent à se poser des questions
00:20:40sur la réalité de la défense américaine vis-à-vis des Européens.
00:20:45Et donc, cette dévance avancée.
00:20:47D'ailleurs, le dernier pays qui a annoncé qu'il rejoignait ça,
00:20:51c'est symptomatique.
00:20:52C'est la Finlande.
00:20:53Et la Finlande, c'était un pays neutre jusqu'à pas longtemps.
00:20:56La réussite de M. Poutine,
00:20:58c'est d'avoir transformé un pays neutre en un pays de l'OTAN
00:21:00et que ces pays de l'OTAN changent sa constitution.
00:21:03Vient se mettre sous notre parapluie.
00:21:04Oui, et changent sa constitution
00:21:06pour accepter ce travail sur le nucléaire.
00:21:11Donc, c'est quand même...
00:21:12Christine Dugouin-Clément,
00:21:13le Crémin a réagi cet après-midi
00:21:15à cette histoire de dissuasion nucléaire avancée
00:21:17en disant que c'était imprudent.
00:21:19Oui, alors c'est un petit peu un discours
00:21:22qu'on connaît depuis longtemps.
00:21:23C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a quelque chose
00:21:25qui les dérange,
00:21:25c'est inconscient, imprudent, une provocation, dangereux.
00:21:29Enfin, vous allez avoir tout le spectre de la sémantique
00:21:31en fonction du moment et de l'interlocuteur que vous écoutez
00:21:34parce qu'il y a un petit jeu de passage de balles.
00:21:36C'est assez intéressant quand on parle d'un pays
00:21:37qui a mis en alerte ses forces tactiques
00:21:39après une semaine de lancement d'opérations spéciales,
00:21:41toujours pas une guerre.
00:21:42Donc là aussi, dans le discours,
00:21:43on peut entrer un petit peu là-dedans,
00:21:45mais le Kremlin, depuis même avant le début
00:21:49de l'invasion massive de l'Ukraine,
00:21:52utilise ce qu'on appelle de la heavy metal diplomatie.
00:21:54C'est un concept qui a été déployé,
00:21:55notamment par Margale Eouti,
00:21:57qui est d'inviter le fait militaire
00:22:00et la menace militaire dans le discours diplomatique,
00:22:03si vous voulez, pour jouer de la dissuasion.
00:22:05Alors, ça va être des iscanders
00:22:06avec une capacité d'emport de tête nucléaire,
00:22:08par exemple,
00:22:09que l'on va mettre dans l'esclave de Kaliningrad
00:22:13en expliquant que vous pouvez toucher
00:22:15les capitales européennes en quelques secondes,
00:22:17repris par tout l'appareil d'État,
00:22:18Soloviev, etc.
00:22:20Donc, si vous voulez, on est dans ce principe-là.
00:22:21Et à chaque fois, quelque chose est gênant.
00:22:23Soit on va réagiter la marotte nucléaire côté russe,
00:22:27soit on va agiter la problématique.
00:22:31Alors, c'était la co-béligérance.
00:22:32Il y a un temps, on vous a beaucoup parlé de co-béligérance.
00:22:35À l'heure actuelle, rappelons que s'il y a bien un pays
00:22:36qui est co-béligérant, à l'heure actuelle,
00:22:38c'est la Corée du Nord,
00:22:39puisque vous avez des militaires coréens
00:22:42sur la ligne de front.
00:22:43Donc là, on a une vraie co-béligérance,
00:22:45ce qui n'est pas le cas ailleurs.
00:22:46Ça, c'est un point d'ailleurs sur lequel je voudrais rebondir.
00:22:49Vous avez parlé des budgets, de la défense
00:22:50et l'attention que connaissent les finances russes.
00:22:55Il faut voir aussi que pour la production des drones,
00:22:57alors que l'on parle des Guéranes 5
00:22:58qui ont été évoqués par le général,
00:23:00qui sont plus puissants, plus précis et plus lourdement armés,
00:23:03on a des problèmes de fabrication de ces drones.
00:23:05Ce qui fait que vous allez avoir différents canaux
00:23:08qui viennent aspirer des forces vives,
00:23:11notamment sur le continent africain.
00:23:12Alors, soit pour avoir des mercenaires
00:23:14qui vont aller sur la ligne de front
00:23:15et qui sont payés comme tels,
00:23:17soit pour avoir des gens à qui on promet différentes choses,
00:23:20un avenir, un emploi, peu importe,
00:23:21et qui se retrouvent étrangement à Rostov sur le don.
00:23:24En règle générale, on leur dit que c'est la Pologne
00:23:26et finalement, ils arrivent en Biélorussie
00:23:27et puis à partir de là, il y a des contrats
00:23:29qui se font amener plus ou moins de force.
00:23:30L'espérance de vie est en dessous d'un moment.
00:23:32Cher à canon.
00:23:33Oui, parce que c'est en règle générale
00:23:34ceux qu'on va lancer dans toutes les opérations
00:23:37particulièrement coûteuses de manière humaine.
00:23:38Mais on a aussi toute une opération
00:23:40qui va cibler beaucoup plus les jeunes femmes,
00:23:42notamment pour les envoyer dans la zone d'Alabouga,
00:23:44fabriquer quoi ? Des drones.
00:23:46Parce qu'à un moment, vous avez besoin de main-d'oeuvre.
00:23:48Or, il se trouve que malgré les déclarations du Kremlin
00:23:50qui vous disent que l'appareil militaire,
00:23:52le complexe militaro-industriel,
00:23:54tourne 24h sur 24 et 7 jours sur 7,
00:23:56il se trouve que les hommes qui étaient sur,
00:23:59qui étaient globalement ceux que vous alliez retrouver
00:24:01sur les lignes d'assemblage,
00:24:02on les a aussi retrouvés sur la ligne de front
00:24:04et que la démographie russe,
00:24:07démocratie, n'en parlons pas,
00:24:07mais la démographie russe,
00:24:09est quand même en berne
00:24:10et que le Kremlin avait essayé de la relancer.
00:24:12Et donc, c'est les femmes qui viennent assembler des drones ?
00:24:15Oui, et à qui on va vendre des contrats
00:24:18plus ou moins mensongers, quelque part,
00:24:20et qui se retrouvent à avoir cette main-d'oeuvre.
00:24:24Et là, il y a tout un trafic qui se met en place
00:24:27et tout un écosystème,
00:24:29notamment sur le continent africain.
00:24:30Thomas Gassi.
00:24:31Peut-être pour venir sur le service national
00:24:32et juste essayer de donner quelques éléments d'analyse
00:24:36sur la manière dont ça s'intègre
00:24:37dans notre architecture de défense nationale
00:24:39avec nos forces conventionnelles,
00:24:41et y compris notre dissuasion.
00:24:42Je pense qu'il y a trois points clés
00:24:44que recherche le service national.
00:24:45Le premier, c'est de retrouver de la puissance
00:24:47au travers de la masse conventionnelle.
00:24:49Ces jeunes qui vont faire un an de service national,
00:24:51ils ont vocation derrière,
00:24:52s'ils le souhaitent, à s'engager dans la réserve
00:24:54ou dans les forces actives,
00:24:55à redonner du muscle, d'une certaine manière,
00:24:58aux armées.
00:24:59Je rappelle qu'en Ukraine,
00:25:00on a des centaines de milliers de soldats
00:25:03qui sont engagés.
00:25:05On avait jusqu'à présent une armée,
00:25:06nous, dimensionnée pour faire des opérations extérieures
00:25:09et donc on a besoin de retrouver cette masse,
00:25:11ce muscle.
00:25:11Donc ça, c'est le premier mot, la puissance.
00:25:13Le deuxième point, ça a été dit,
00:25:15il faut non seulement être puissant,
00:25:16mais il faut être résilient.
00:25:17Il faut aussi avoir la capacité de supporter des coups
00:25:19à l'heure des menaces hybrides,
00:25:21puisque parfois, un adversaire peut nous attaquer
00:25:23sous le seuil de la conflictualité.
00:25:25Et donc, il faut qu'on sache,
00:25:26à la fois moralement,
00:25:27nous organiser pour faire face
00:25:29à ces menaces hybrides.
00:25:30Et la résilience, pour moi,
00:25:31c'est au moins aussi important que la puissance.
00:25:33Et puis, le dernier point,
00:25:35qui est important au travers du service national,
00:25:36c'est la détermination.
00:25:38Ce qui fait la différence souvent,
00:25:40ce qui fait l'issue d'un conflit,
00:25:41c'est tout autant la volonté
00:25:44qui est portée par la nation qui s'engage
00:25:46que les capacités intrinsèques
00:25:47qu'elles ont en tant que telles.
00:25:48Et le service national,
00:25:50c'est pour le pays l'occasion de dire,
00:25:51écoutez, nous, on est viscéralement attachés
00:25:53à notre liberté
00:25:54et on est prêts à engager jusqu'à notre jeunesse
00:25:58s'il faut défendre cette liberté.
00:26:00Et pas uniquement, entre guillemets,
00:26:02nos valeureux soldats professionnels.
00:26:03C'est toute la nation qui s'engagera
00:26:04si un jour notre liberté est attaquée.
00:26:06Dominique Trinquant,
00:26:07on en a déjà parlé ensemble sur ce plateau,
00:26:09de ce changement de mentalité.
00:26:11Et on en avait parlé notamment
00:26:12au moment des propos du chef des armées,
00:26:15du général qui parlait de nos enfants
00:26:18qui mourraient pour la patrie.
00:26:21Est-ce que, depuis,
00:26:23ça a fait son chemin dans nos esprits ?
00:26:25On a beaucoup parlé de l'Allemagne cet été
00:26:27avec les budgets qu'elle débloque
00:26:29pour sa défense,
00:26:30qui veut faire de la Bundeswehr
00:26:31la première armée européenne.
00:26:33Est-ce que des changements de mentalité
00:26:35sont en cours en Europe ?
00:26:36Est-ce que nous, on est en retard
00:26:38sur ces changements de mentalité en France ?
00:26:39Non, on n'est pas en retard.
00:26:41Et moi, je vais vous dire,
00:26:42je suis frappé.
00:26:42Je fais souvent des conférences,
00:26:44signer des livres, etc.
00:26:46Je suis frappé par le volontarisme des jeunes.
00:26:49C'est la génération des baby-boomers
00:26:52qui sont, pardonnez-moi,
00:26:54j'en fais partie des losers.
00:26:57Nous, on va bénéficier de la vie, etc.
00:27:00Et je vois beaucoup, beaucoup de jeunes
00:27:02qui, au contraire, sont extrêmement volontaires.
00:27:04Je voudrais rajouter un point quand même.
00:27:06Il ne faut pas ignorer non plus
00:27:08notre situation démographique.
00:27:11En 2035, la France ne pourra plus recruter
00:27:14autant de soldats qu'elle a recrutés aujourd'hui.
00:27:16Tout simplement parce que notre démographie s'effondre.
00:27:19Et donc, le service national volontaire,
00:27:21c'est une façon aussi, progressivement,
00:27:23de monter en charge avec des jeunes
00:27:25pour rejoindre l'armée,
00:27:27comme l'a dit Thomas Gassiou,
00:27:29soit en réserve, soit dans l'armée d'actifs.
00:27:32Mais c'est une façon...
00:27:33On n'est pas isolés sur le continent européen.
00:27:35Tous les pays européens ont ce problème-là.
00:27:38Et le problème, il faut le voir aujourd'hui.
00:27:40Parce qu'en 2035, ça sera trop tard.
00:27:43Mais 10 000, ça ne reste quand même pas beaucoup.
00:27:45Pardon ?
00:27:4610 000, c'est peu, je veux dire,
00:27:49par rapport à l'ampleur des filles.
00:27:51Pardonnez-moi, mais c'est cumulatif.
00:27:53C'est tous les ans.
00:27:54Oui.
00:27:54Et les réserves, combien de temps on reste dans la réserve ?
00:27:5715 ans.
00:27:58Bon, vous multipliez tout ça,
00:27:59vous vous apercevez que vous arrivez à plus de 100 000.
00:28:02Et donc, avec plus de 100 000,
00:28:03vous atteignez les effectifs...
00:28:05Oui, mais dans 15 ans.
00:28:06Oui, c'est ça.
00:28:07Là, on parle...
00:28:08On dit que la guerre est à nos portes.
00:28:10Certains disent qu'elle est même déjà dans la maison.
00:28:13Vous voulez, on est en année électorale ?
00:28:15Commençons par avoir des budgets.
00:28:17Parce que, vous savez, le service national universel,
00:28:19dont on parlait tout à l'heure,
00:28:20qui n'était pas militaire,
00:28:21qui était national universel,
00:28:23il était chargé, normalement,
00:28:24d'enrôler 700 000 jeunes par an.
00:28:28Ça a été donné à l'éducation nationale
00:28:30qui n'était pas intéressée par le sujet.
00:28:33Et les militaires répondaient,
00:28:34nous, ce n'est pas notre budget,
00:28:35on ne s'en occupe pas.
00:28:36Aujourd'hui, on a donné ça aux militaires,
00:28:38avec le budget militaire,
00:28:40avec des effectifs bien inférieurs, bien sûr.
00:28:42Mais parce que 700 000 jeunes pour un an,
00:28:46financièrement, on n'est pas capable de le faire.
00:28:49C'est aussi simple que ça.
00:28:50Je vous rappelle également qu'on n'est pas dans la situation de l'Ukraine.
00:28:53C'est-à-dire que l'ambition française en matière de défense,
00:28:56aujourd'hui, ce n'est pas à nouveau de recréer des grands bataillons.
00:28:59Pourquoi ?
00:29:00Parce que, un, on a la dissuasion,
00:29:01qui est notre arme ultime,
00:29:02qui protège nos militaires vitaux.
00:29:05Deux, on est membre d'une alliance puissante,
00:29:07qui est l'OTAN et de l'Union européenne,
00:29:09avec l'article 42-7,
00:29:09qui est tout au moins puissant que l'article 5 de l'OTAN.
00:29:13Et trois, on a un positionnement
00:29:15qui est assez loin de la frontière russe.
00:29:17Donc, notre stratégie, aujourd'hui,
00:29:19face à un conflit major à l'Est,
00:29:21c'est de contribuer à une force internationale
00:29:24qui serait en mesure de s'opposer à une volonté russe,
00:29:27et pas d'être seule en mesure de faire face à la Russie.
00:29:30Question téléspectateurs, Elsa.
00:29:31Oui, question de Nicolas, ce soir.
00:29:33Je pense que c'est une question
00:29:33qu'il y a énormément de gens qui se posent.
00:29:35Pensez-vous qu'un jour, la guerre peut arriver en France,
00:29:38avec Vladimir Poutine en Russie ?
00:29:40En fait, tout dépend de ce qu'on appelle la guerre.
00:29:42On n'est plus dans la stratégie
00:29:43où les troupes russes sont à une étape
00:29:45de tour de France, de Strasbourg.
00:29:47Aujourd'hui, on a une Union européenne
00:29:49qui s'est consolidée,
00:29:50qui s'est élargie des capacités plus importantes.
00:29:53Et je ne pense pas que l'ambition de Vladimir Poutine,
00:29:56c'est de faire déferler ses chars sur Paris.
00:29:59Mais on saurait, dans ce cas-là,
00:30:01l'accueillir convenablement,
00:30:02je vous le rassure, et se défendre.
00:30:05Par contre, on est davantage dans une menace hybride
00:30:07où des actions sous le seuil de la conflictualité
00:30:11peuvent être engagées pour, encore une fois,
00:30:14semer le trouble à l'intérieur des sociétés
00:30:17et nous dissuader d'agir et de défendre nos intérêts.
00:30:20Donc, nos forces morales, notre Union nationale,
00:30:23notre capacité à avoir une volonté,
00:30:25à montrer qu'on est viscéralement attaché
00:30:26à notre liberté,
00:30:27c'est tout au moins aussi important
00:30:29que la capacité conventionnelle de nos forces armées
00:30:31à faire face à une menace extérieure.
00:30:33Mais si on revient à l'escalade de ces derniers jours,
00:30:35quand un drone entre dans l'espace aérien
00:30:37d'un pays de l'OTAN,
00:30:38qu'est-ce que les Russes apprennent de notre réaction ?
00:30:42Est-ce qu'au fond, chaque incident,
00:30:44ce n'est pas aussi une manière pour les Russes
00:30:45de cartographier la défense de l'OTAN ?
00:30:47Vous avez parfaitement raison, tout à fait.
00:30:50Alors, j'ai dit que les règles d'engagement avaient changé
00:30:51et que maintenant, à chaque fois,
00:30:53les drones sont abattus.
00:30:55Bien.
00:30:56Moi, je dis des drones ou des missiles
00:30:59qui traversent l'Ukraine en direction de l'OTAN,
00:31:01vous avez la capacité de les détruire en Ukraine
00:31:04sans être obligés d'aller en Ukraine.
00:31:06Avec les radars et les systèmes aériens,
00:31:08c'est une possibilité.
00:31:13Et donc, je dis plutôt que d'attendre en permanence
00:31:16que nous réagissions par rapport à ce que fait Poutine,
00:31:20agissons.
00:31:21Et on verra comment Poutine va réagir.
00:31:22Sauf que l'OTAN répond à des règles d'engagement
00:31:24qui sont bien précises,
00:31:25les articles 4 et 5.
00:31:29Qui décide que la ligne rouge est franchie ?
00:31:31Non, mais justement, si vous voulez,
00:31:33l'article 4 et 5, ce n'est pas des règles d'engagement,
00:31:36ce sont des articles qui permettent de...
00:31:40Quand il y a eu les réunions, par exemple,
00:31:42de l'OTAN à Ankara,
00:31:45et même c'est le travail de l'État-major tout le temps,
00:31:47ils ne se posent pas la question de l'article 4 ou 5.
00:31:49Ils se posent d'abord la question de
00:31:51qu'est-ce que je fais face à ces drones qui pénètrent ?
00:31:55Et la réaction, souvenez-vous,
00:31:57il y a 6 mois, tout le monde disait
00:31:59il y a des drones et puis il ne se passe rien.
00:32:01Maintenant, il y a des drones et ils sont abattus.
00:32:03Bon, première étape, je dis moi que l'autre étape
00:32:06pourrait être de les détruire
00:32:07avant qu'ils rentrent dans l'espace aérien de l'OTAN
00:32:11parce qu'ils menacent l'OTAN.
00:32:13C'est ce qu'on appelle la défense de l'Avent.
00:32:15La défense de l'Avent, c'est un concept qui existe.
00:32:17– Et donc abattre un drone dans le ciel aérien
00:32:20de son pays d'origine, c'est un acte de guerre, non ?
00:32:22– En Ukraine, ce n'est pas un acte de guerre.
00:32:25– Si c'est en Russie ?
00:32:25– Comment ?
00:32:26– Je n'ai pas parlé de la Russie.
00:32:27J'ai dit abattre ce qui est dans le ciel ukrainien
00:32:31et qui menace, parce que le drone ça va vite,
00:32:36donc entre le moment où il va franchir la ligne
00:32:38et où il n'a pas franchi la ligne,
00:32:39vous ne réfléchissez pas, vous l'abattez avant.
00:32:41C'est beaucoup plus simple.
00:32:41Mais si vous voulez, on joue à se faire peur, là.
00:32:44On joue à se faire peur.
00:32:45– On joue.
00:32:45– Est-ce que vous croyez que Poutine
00:32:47va rentrer en guerre contre nous ?
00:32:48À part la guerre hybride, à part la guerre hybride, oui.
00:32:52Mais sinon, ça fait 4 ans qu'il n'a pas réussi
00:32:54à vaincre l'Ukraine.
00:32:56– Alors, Christine Névoin-Clément, je vous vois…
00:32:58– Oui, alors si vous voulez, à l'heure actuelle,
00:33:01les projections qui permettraient potentiellement
00:33:04à la Russie d'occuper ne serait-ce que la totalité
00:33:06du territoire ukrainien, on est à plus de 10 ans.
00:33:09Si on se fie aux évolutions de gains de territoire
00:33:13qui sont du grignotage, précisons d'ailleurs
00:33:15que là, les Ukrainiens ont regagné du territoire
00:33:16dans la zone de Liman, mine de rien,
00:33:18ce qui est quand même un signal un petit peu positif.
00:33:21Bien évidemment, la Russie, elle joue à tester les limites
00:33:23à chaque fois, mais elle le fait depuis bien avant cela.
00:33:26Et on pourrait remonter à 2008, on pourrait remonter à 2014,
00:33:29on pourrait remonter à 2007, où à chaque fois,
00:33:31on marche sur la ligne rouge pour ne pas vous dire
00:33:33qu'on fait 3 pas de tcha-tcha-tcha
00:33:34histoire de voir ce que ça donne.
00:33:35Et en fonction, on se réajuste.
00:33:38Là, à l'heure actuelle, militairement,
00:33:40mais sous le contrôle
00:33:42du général, mais on a un point,
00:33:44ce qu'on appelle un point de fixation en Ukraine,
00:33:46on devrait rentrer, la Russie devrait rentrer en guerre
00:33:48complète et totale avec
00:33:50l'Union européenne ou un des pays de l'Union européenne
00:33:51ou de l'OTAN, on aurait un petit peu du mal à être sur des fixations
00:33:55différentes.
00:33:55Rappelons quand même la nécessité d'avoir du soutien
00:33:58coréen, plus de mercenaires, on estime qu'on a à peu près
00:34:00un peu moins de 30 000 personnes, c'est un peu plus
00:34:01de 28 000 combattants étrangers.
00:34:03Et au-delà de ça, et je finirai sur ce point,
00:34:06par contre, ce à quoi joue
00:34:08la Russie dans cette espèce
00:34:09d'approche de tester des limites
00:34:11et d'essayer de renverser un petit peu
00:34:13le plateau des règles internationales et du droit
00:34:15international en expliquant que
00:34:17finalement, l'ordre du monde est inversé,
00:34:19que les démocraties, que les unions
00:34:21type Union européenne ou OTAN dysfonctionnent,
00:34:23c'est en jouant sur cette ligne
00:34:25et potentiellement ce qui est craint de faire une morsure
00:34:27dans un pays qu'il n'y ait pas de réaction.
00:34:29Donc le fait d'avoir une réaction qui soit ferme
00:34:31pourrait avoir une dissuasion sur une morsure dans des pays baltes
00:34:33par exemple, ce qui est énormément craint
00:34:35que ce soit par les Estoniens,
00:34:37Lituaniens ou Lettons.
00:34:38Et un autre point qui est un petit peu
00:34:41un point d'intérêt, c'est l'île de Svalbard
00:34:44qui fait partie
00:34:45de l'Union européenne,
00:34:47mais qui est une île dans le Grand Nord
00:34:48où se trouvent beaucoup de chercheurs,
00:34:50enfin avec une population un petit peu limitée.
00:34:52Qu'est-ce qu'on ferait s'il y avait
00:34:54une morsure territoriale ?
00:34:55C'est là-bas qu'il faut regarder alors.
00:34:56Il y avait une question téléspectateurs sur ce point précis Elsa ?
00:34:58Oui, très rapidement, en cas de conflit direct avec la Russie,
00:35:01quel pays européen serait prêt aujourd'hui
00:35:03à subir les pertes humaines
00:35:04comparables à celles de l'Ukraine ?
00:35:06Je crois qu'on est à peu près à 2 millions.
00:35:08Est-ce qu'il y a un pays qui serait prêt à ça ?
00:35:10Quand je disais que ce qui fait la différence,
00:35:12l'infié, c'est la volonté,
00:35:13c'est qu'on a beau avoir toutes les armes du monde,
00:35:15une guerre, malheureusement, ça fait des morts.
00:35:18Et effectivement, il faudra puiser à ce moment-là
00:35:20dans notre volonté, dans notre détermination
00:35:24pour soutenir l'effort de guerre.
00:35:25Mais je voudrais soutenir, enfin, juste avancer deux points pour terminer.
00:35:29Le premier, c'est que nous sommes dans un monde en compétition.
00:35:32Et en fait, je partage sur ce que disait ma voisine.
00:35:34En fait, moi, depuis que je suis député, ça fait 10 ans.
00:35:36Ça fait 10 ans qu'on sait que, même bien avant la guerre en Ukraine,
00:35:39qu'il y a des bombardiers stratégiques runes qui viennent nous tester,
00:35:42qu'il y a des sous-marins qui viennent au large de Toulon.
00:35:44Et en permanence, on est dans un rapport de force.
00:35:47Et les jours où vous n'êtes plus dans ce rapport de force,
00:35:49vous perdez beaucoup.
00:35:50Et nous le sommes aussi avec d'autres pays.
00:35:52Régulièrement, on fait passer une frégate dans le golfe de Taïwan.
00:35:55C'est aussi pour montrer une forme de détermination.
00:36:00Et le deuxième point que je voulais indiquer,
00:36:03qui m'est sorti de l'esprit, mais j'y reviendrai.
00:36:08Mais je ne l'ai plus en tête.
00:36:09C'est sûr, c'est qu'il va y avoir un bûcher.
00:36:10Il va y avoir un bûcher.
00:36:20C'est un comportement conventionnel jusqu'à chez nous.
00:36:22C'est une prise de gage territoriale de la Russie
00:36:24qui nous ferait dire, finalement,
00:36:26si un bout de la Lituanie, de l'Etonie, est prise par la Russie,
00:36:28ce n'est pas très grave.
00:36:29Et nous, on dirait, ça ne vaut pas le coup d'y aller pour 10 km².
00:36:32Et c'est là où le test de souveraineté s'appliquerait pour l'Union européenne.
00:36:35Et là, si on baisse le drapeau, on perd toute notre créabilité
00:36:38et on risque de perdre beaucoup plus.
00:36:40Merci à tous les trois d'être venus ce soir en parler sur le plateau de Chaque Voix Compte.
00:36:44On aura évidemment l'occasion de reparler,
00:36:46notamment du budget de la Défense, par exemple.
00:36:48Merci en tout cas, merci sincèrement à tous les trois.
00:36:50Dans un instant, c'est la question qui fâche.
00:36:52On va parler du logement et des propositions du Rassemblement national
00:36:55avec nos trois prochains invités.
00:36:57Mais avant cela, un nouveau rendez-vous dans Chaque Voix Compte.
00:36:59Ça s'appelle Quoi de neuf ?
00:37:01C'est pas Quoi de neuf, docteur ?
00:37:10C'est Quoi de neuf, Nicolas Domenac.
00:37:13Nicolas, on va parler du retour des gilets jaunes.
00:37:16Parce qu'il y a la hausse des prix du pétrole qui affiche ce soir
00:37:20un prix qui n'avait plus été atteint en France depuis 2022.
00:37:22Il y a l'inflation des prix de l'alimentaire.
00:37:24Il y a les menaces sur les retraites.
00:37:26Et donc, voici que surgit le fantôme des gilets jaunes.
00:37:30C'était il y a huit ans.
00:37:32Le pouvoir s'en inquiète, Nicolas.
00:37:35Est-ce qu'il faut redouter un mouvement social automne, peut-être violent ?
00:37:42En tout cas, certains le souhaitent, ouvertement.
00:37:44Oui, oui, oui.
00:37:45Un tel Fabien Roussel qu'on a vu à la fête de l'humanité,
00:37:48amégrit, affûté, tranchant comme une guillotine
00:37:52et qui a employé des mots très forts, très violents.
00:37:57Il a fait rouge.
00:38:00Écoutez comment il a parlé.
00:38:02Je vous propose de faire la révolution, maintenant, dans la rue, avant les urnes,
00:38:10parce que c'est maintenant que l'on souffre et c'est maintenant que l'on doit agir.
00:38:14Mais, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que la fin est proche
00:38:21pour tous ceux qui nous font les poches.
00:38:24La fin est proche pour tous ceux qui nous font les poches.
00:38:27C'était un appel vraiment insurrectionnel, disons-le clairement.
00:38:31Il ne faut pas attendre les élections.
00:38:32Il faut aller prendre la rue, donc prendre le pouvoir.
00:38:35Alors certes, il ne pèse que 2%, Fabien Roussel, dans les intentions de vote.
00:38:38Mais quand même, ça dit bien quelque chose d'une radicalisation d'une partie de l'opinion.
00:38:44En tout cas, à gauche, ça ne fait pas de doute.
00:38:46Et ça inquiète le pouvoir parce qu'au fond, on a encore en tête, là-haut,
00:38:51et d'ailleurs un peu partout, le mouvement spontané de 2018.
00:38:55L'hiver, ça avait commencé en automne, mais ça avait duré tout l'hiver,
00:38:58qui avait rassemblé beaucoup de protestataires sur les ronds-points,
00:39:03dans les rues des capitales, mais aussi des villes moyennes
00:39:06pour protester contre la hausse des taxes sur l'essence.
00:39:10Une protestation qui avait pris de l'ampleur,
00:39:12au point même que j'ai des souvenirs d'un pouvoir élyséen
00:39:15qui avait craint qu'au fond, les manifestants rentrent dans l'Elysée.
00:39:19Enfin bon, bref, on a tout ça dans la tête, là-haut.
00:39:22Et c'est pourquoi vous entendrez, vous avez entendu,
00:39:25et on va entendre encore Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
00:39:27et le Premier ministre Sébastien Lecornu, répéter encore et encore
00:39:31qu'il y aura de la justice sociale et que les plus pauvres
00:39:33ne seront pas oubliés dans les mesures qu'ils vont tenter de prendre.
00:39:36Mais seront-ils crus ?
00:39:38Eh, c'est une excellente question.
00:39:40La réponse spontanée serait non.
00:39:43Parce que d'abord, il n'y a plus d'argent dans les caisses.
00:39:44Ensuite, ils n'ont pas de pouvoir, ils n'ont pas la main
00:39:48sur ce qui se passe à l'étranger,
00:39:53sur la guerre entre l'Iran et Donald Trump.
00:39:56Pour autant, il y a une loi politique qui voudrait
00:39:59qu'avant l'élection présidentielle, il n'y ait pas de mouvement social.
00:40:05Les lois politiques, c'est fait pour être renversé,
00:40:07pour être changé, etc.
00:40:08Donc ça pourrait changer.
00:40:09Mais on a bien écouté, on a bien entendu.
00:40:12On a entendu Jean-Luc Mélenchon dire qu'il fallait compter
00:40:16sur la victoire à l'élection présidentielle.
00:40:20Et puis on a entendu aussi les responsables du Rassemblement national
00:40:23dire, tenez bon, il n'y en a plus que pour 7 mois.
00:40:26Oui, c'est-à-dire, eux, ils disent,
00:40:27votre colère ne l'exprimez pas dans la rue,
00:40:28exprimez-la dans les urnes.
00:40:30Exactement.
00:40:30Donc attendez un peu, on va prendre le pouvoir.
00:40:33Pour l'instant, ça ne sert à rien de renverser ce pouvoir
00:40:35qu'il y en a si peu.
00:40:36Cela étant, même ceux-là qui demandent à ce qu'on attende 7 mois,
00:40:39ils sont inquiets parce qu'ils sentent que cette opinion-là
00:40:44qui est anxieuse, qui est en colère parfois,
00:40:48vraiment, il suffirait d'une étincelle,
00:40:50d'un mégot de mépris pour que ça bolle,
00:40:54que ça s'enflamme et que ça tourne très très mal.
00:40:56En tout cas, quand on voit les affiches,
00:40:57ils ont appris à se servir de l'intelligence artificielle.
00:41:00Oui.
00:41:01Depuis 8 ans.
00:41:02Merci Nicolas.
00:41:03On passe à la question qui fâche.
00:41:13Réservez les HLM aux Français.
00:41:16La proposition de Marine Le Pen suscite depuis dimanche
00:41:19une certaine levée de boucliers.
00:41:20Et nous allons en débattre ce soir avec vous, Frédéric Falcon.
00:41:23Bonsoir.
00:41:24Bonsoir.
00:41:24Député RN de l'Aude.
00:41:26Vous avez été nommé hier coordinateur du pôle logement
00:41:29de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
00:41:31On a beaucoup de questions à vous poser.
00:41:32Merci d'être là.
00:41:33Emmanuel Coz, bonsoir.
00:41:34Bonsoir.
00:41:35Vous présidez l'Union sociale pour l'habitat.
00:41:37Vous êtes ex-ministre écologiste du logement.
00:41:40Merci de votre présence.
00:41:41Et bonsoir John-Christopher Rodin.
00:41:42Bonsoir.
00:41:43Maître de conférence en droit public à l'Université de Nanterre, toujours ?
00:41:46Toujours.
00:41:47Mais je ne bougerai plus.
00:41:48Merci d'être là, John-Christopher.
00:41:49C'est Stéphanie Despierre qui vous pose la question qui fâche ce soir.
00:41:55La question qui fâche surgit lors du discours de rentrée de Marine Le Pen dimanche à Hénin-Beaumont.
00:42:0240 minutes, un seul thème, le logement, priorité de sa campagne et le retour d'une vieille idée du RN,
00:42:09la priorité nationale.
00:42:10Avec nous, les Français, quelle que soit leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence, quelle
00:42:18que soit leur région ou leur condition sociale, seront prioritaires chez eux.
00:42:24Aujourd'hui, pour candidater à un logement social, il faut être français ou étranger en situation régulière, donc avec un
00:42:31titre de séjour valide.
00:42:33Ce sont les revenus qui déterminent ensuite l'attribution d'un HLM.
00:42:36Alors, qui sont les locataires des logements sociaux ?
00:42:40Selon l'Union sociale pour l'habitat, 15% sont étrangers.
00:42:44Et la grande majorité, 85% sont français.
00:42:48Malgré ces chiffres, le RN persiste, priorité aux Français.
00:42:52Vous avez deux aides-soignantes qui gagnent le même salaire, qui sont dans la même situation, dans la même zone
00:42:58géographique.
00:42:59L'une est française, l'autre est étrangère.
00:43:02La française aura accès au logement social en priorité.
00:43:05Même système pour le logement étudiant, le RN veut également réserver les APL, les allocations logements, aux Français, uniquement.
00:43:13Mais il y a un problème, et non des moindres.
00:43:16Toutes ces mesures sont contraires à la Constitution, car elles ne respectent pas le principe d'égalité devant la loi.
00:43:22Ces propositions ont donc provoqué une levée de boucliers dans la classe politique et les organismes HLM.
00:43:28Alors, la question qui fâche ce soir la voici.
00:43:31En matière de logement, les Français, prioritaires ?
00:43:35Frédéric Falcon, on va reprendre donc un cas concret ce soir, avec deux familles dans la même situation,
00:43:40qui ont les mêmes revenus, le même nombre d'enfants, la même ancienneté sur le dépôt de dossiers et la
00:43:45demande de logement social.
00:43:46Donc l'une est française, l'autre est étrangère, en situation régulière.
00:43:51Votre proposition, si vous êtes au pouvoir, c'est donc d'attribuer ce logement social à la famille française.
00:43:56Oui, alors si vous me permettez, je vais quand même donner quelques éléments de contexte,
00:43:59parce qu'on a eu le discours de Marine Le Pen dimanche dernier,
00:44:01qui a affirmé effectivement le principe de priorité nationale,
00:44:05et ça a déchaîné tout un tas de réactions depuis 48 heures, alors qu'il n'y a rien de
00:44:09nouveau.
00:44:09La priorité nationale était inscrite dans notre programme depuis des années, voire des décennies.
00:44:13Donc effectivement, c'est bien qu'on se voit ce soir,
00:44:16comme ça je vais pouvoir un petit peu recadrer les choses,
00:44:18parce que j'entends tout n'importe quoi depuis 48 heures,
00:44:21et vous expliquer un peu les contours de cette priorité nationale
00:44:24qu'on entend appliquer dans les attributions de logements sociaux,
00:44:27dans les nouvelles attributions de logements sociaux,
00:44:28parce qu'il est entendu qu'on ne touche pas aux beaux existants.
00:44:31Il n'y a pas de rétroactivité.
00:44:33Donc les familles qui sont aujourd'hui dans des logements sociaux,
00:44:36il n'y a pas de sujet.
00:44:36Donc ça va concerner les dossiers qui sont déposés en ce moment.
00:44:41Lors des libérations de logements et les constructions de nouveaux logements sociaux.
00:44:43Vous savez que tous les ans, on construit,
00:44:45Madame Coste pourra peut-être en dire un mot,
00:44:47entre 90 000 et 100 000 logements sociaux par an,
00:44:49et il est question d'appliquer la priorité nationale
00:44:51dans les attributions de ces nouveaux logements.
00:44:54Donc c'est à la fois sur les libérations actuelles
00:44:56et sur les nouveaux logements sociaux qui sont amenés à être construits.
00:44:59Donc, si je reprends l'exemple de mes deux familles
00:45:01qui ont les mêmes critères et qui répondent aux mêmes critères
00:45:04d'attribution de revenus et de nombre d'enfants,
00:45:07vous attribuez le logement social à la famille française
00:45:10et pas à la famille étrangère en situation régulière.
00:45:12Tout à fait, sauf qu'il n'y a pas d'exclusivité,
00:45:13c'est-à-dire que la famille française sera prioritaire,
00:45:16mais ce n'est pas une exclusivité.
00:45:17C'est-à-dire que s'il n'y a pas de demande,
00:45:19si la famille étrangère fait une demande dans une ville donnée,
00:45:23sur une résidence donnée, et qu'il n'y a pas de dossier français,
00:45:27elle aura tout à fait le droit d'accéder au logement social.
00:45:29Et à ce moment-là, on reprend, si vous voulez,
00:45:31la liste prioritaire des attributions.
00:45:33Si je résume, s'il n'y a pas de français dans la file d'attente,
00:45:35le logement social sera attribué à la famille étrangère.
00:45:38Les attributions reprennent leur cours normal,
00:45:40c'est-à-dire qu'on ne touche pas aux critères d'attribution actuels,
00:45:43on ajoute simplement, en premier lieu,
00:45:45un critère de nationalité.
00:45:48Emmanuel Coste ?
00:45:48Oui ?
00:45:50Je ne serais pas d'accord.
00:45:51Non, je ne serais pas d'accord,
00:45:53et en même temps, vous venez de le dire,
00:45:55c'est finalement ce que vous répétez depuis des décennies,
00:45:57c'est la mise en œuvre de la préférence nationale.
00:46:00Je pense qu'en fait, ce n'est pas comprendre
00:46:01ce qu'est le logement social.
00:46:03Le logement social, en France, il est fait depuis plus d'un siècle
00:46:06pour répondre aux besoins de logement,
00:46:08de toutes les personnes qui n'arrivent pas à se loger sur le marché.
00:46:10Et aujourd'hui, elles sont trop nombreuses
00:46:12et ça pose des questions sur la crise du logement et tout ça.
00:46:15Mais on n'a jamais regardé la question de la nationalité.
00:46:18Vous l'avez dit, c'est soit les Français,
00:46:20soit les étrangers qui ont des titres de séjour réguliers,
00:46:23mais c'est comme ça qu'on a logé toute la classe ouvrière.
00:46:26Et quand la classe ouvrière était notamment étrangère,
00:46:29on l'a logée dans le parc social
00:46:30et aujourd'hui, c'est une partie de nos retraités locataires.
00:46:33Quand on a deux aides-soignantes
00:46:34et on ne regarde pas leur nationalité,
00:46:36on regarde le degré d'urgence d'un dossier par rapport à un autre.
00:46:38Ce qui fait crise aujourd'hui,
00:46:40c'est qu'on n'a déjà pas assez construit de logements sociaux
00:46:43et qu'on a connu et on connaît une crise du logement très forte.
00:46:46Et ensuite, que par ailleurs,
00:46:49l'accès à un logement en général,
00:46:51dans le logement privé, en locatif ou en accession,
00:46:53est complètement bouché.
00:46:55Et ça explique que notamment,
00:46:56on a une augmentation de la demande HLM,
00:46:58donc le nombre de demandeurs HLM,
00:47:00de 50% en 8 ans.
00:47:02C'est inédit.
00:47:03Ça fait des années que je le dénonce,
00:47:04ça fait des années que j'essaie d'obtenir des changements de politique
00:47:07avec les divers gouvernements qui sont succédés.
00:47:09Mais sincèrement, aujourd'hui,
00:47:11utiliser le logement social pour en fait nourrir
00:47:14le principe de la préférence nationale,
00:47:16je l'ai dit hier, je le redis,
00:47:17je pense que c'est une lubie xénophobe
00:47:19et en plus, ça ne répond rien à la crise au logement.
00:47:22Il y a une bataille de chiffres aussi
00:47:23qui est engagée autour de ce sujet.
00:47:25Est-ce que Emmanuel Coste, les étrangers,
00:47:26sont favorisés dans l'entrée dans un logement social ?
00:47:29Non, ils ne le sont pas.
00:47:30On a donné beaucoup de chiffres
00:47:31car on a été beaucoup sollicités par vos confrères
00:47:33et donc c'est des chiffres que nous avons
00:47:36et que nous travaillons avec l'État.
00:47:39Ils rentrent moins dans le logement social
00:47:41que les ménages français.
00:47:43Et par contre,
00:47:43et c'est en fait des chiffres que l'on connaît depuis longtemps,
00:47:47il y a une part de 16% d'étrangers dans le parc social
00:47:50et qui s'explique notamment par rapport à leur revenu.
00:47:54Et ça, c'est l'INSEE qui l'écrit
00:47:55et notamment par rapport à une fragilité de revenu.
00:47:58Il y a une proportion de bas revenu
00:48:00chez les étrangers en situation irrégulière
00:48:01qui est plus importante que dans la population nationale.
00:48:05Et par ailleurs, dans le logement social,
00:48:06nous logeons majoritairement des classes, je dirais, modestes
00:48:09avec notamment des personnes qui ont des faibles revenus.
00:48:12Roderick Falcon ?
00:48:13Oui, alors nous, on reprend les chiffres de l'USH.
00:48:15Effectivement, vous avez raison, Madame Mankos,
00:48:16il y a 15% d'étrangers dans le parc social aujourd'hui
00:48:19mais ils sont surreprésentés
00:48:20parce qu'ils représentent 8 à 9% de la population française globale.
00:48:24Donc, il y a une surreprésentation.
00:48:26Pour les raisons que vous avez expliquées,
00:48:27vous avez tout à fait raison.
00:48:28Mais quel est le problème, en fait ?
00:48:29Non, mais pour les raisons que vous avez expliquées,
00:48:31c'est effectivement la structure de l'immigration en France,
00:48:33des flux migratoires qui sont largement paupérisés
00:48:36et qui viennent engorger les listes d'attribution.
00:48:39Donc, de toute façon, il y a déjà un premier point,
00:48:41c'est-à-dire que si nous arrivons aux responsabilités,
00:48:42on va stopper le flux migratoire.
00:48:44Donc, il n'y aura plus ce souci d'engorgement à la porte.
00:48:47Ah, vous pensez que les étrangers qui viennent en France,
00:48:50si on leur dit, vous n'aurez pas de logement social,
00:48:52ils sont paupérisés aujourd'hui.
00:48:53Ils sont peut-être paupérisés, mais moi, je vais vous dire,
00:48:55nous, on loge aujourd'hui, on voit,
00:48:56on loge à peu près 11 millions de personnes.
00:48:58Une grande partie de nos locataires sont des actifs.
00:49:01Des actifs, en effet, plutôt pauvres.
00:49:02Et ça pose la question du salariat
00:49:04et du fait qu'aujourd'hui, il y a un cinquième des salariés
00:49:06qui sont au SMIC et qui ont des salaires, en fait, bas.
00:49:09Mais je vais vous dire, ça ne dérange personne.
00:49:12Et je pense que c'est heureux que beaucoup d'étrangers
00:49:15soient aujourd'hui des travailleurs dits essentiels,
00:49:17qui sont reconnus comme prioritaires par la loi,
00:49:20pour travailler dans les hôpitaux, les aides-soignantes,
00:49:22les aides-ménagères.
00:49:24Eh bien, c'est notre clientèle, oui.
00:49:25Ce sont nos locataires HLM.
00:49:27Beaucoup sont étrangers,
00:49:28beaucoup sont d'origine étrangère
00:49:29et sont, en fait, français.
00:49:31Et beaucoup sont français.
00:49:32Et moi, je vais vous dire aujourd'hui
00:49:33ce sur quoi je combats, c'est deux choses.
00:49:35Le fait qu'il n'y a pas assez de logement social à proposer
00:49:38et le fait que nos locataires s'appauvrissent.
00:49:41Et ça, c'est un autre débat.
00:49:42C'est qu'on a une paupérisation de nos locataires
00:49:45et notamment de nos locataires actifs
00:49:48qui, même en travaillant à temps plein,
00:49:49sont dans des niveaux de...
00:49:50Arrivent pas à payer le loyer.
00:49:51Non, ils arrivent à payer leur loyer.
00:49:52Ils les payent.
00:49:53On a très peu d'impayés.
00:49:54Simplement, ils ont des revenus très bas.
00:49:56Moi, j'ai beaucoup de locataires,
00:49:57on a regardé les études,
00:49:58qui gagnent le SMIC en début de carrière
00:50:00et qui terminent avec le SMIC toute leur vie,
00:50:02qui n'ont pas d'évolution salariale.
00:50:04Et aujourd'hui, se pose là plutôt la question
00:50:06d'avoir des salaires qui permettent de se loger
00:50:08dans le logement social ou ailleurs, d'ailleurs.
00:50:10Jean-Christopher Hollande, la question sous-jacente,
00:50:13et c'est pour ça que vous êtes là,
00:50:16est-ce qu'on peut vraiment le faire ?
00:50:17Si demain, Marine Le Pen arrive au pouvoir,
00:50:19est-ce qu'elle peut faire voter une loi
00:50:21qui dit simplement, à situation égale,
00:50:23le français sera prioritaire ?
00:50:25Alors, tout dépend comment c'est fait.
00:50:28Si une loi vient, si vous voulez,
00:50:30intégrer la priorité nationale,
00:50:31notamment dans le logement,
00:50:32elle est contraire d'emblée à la Constitution,
00:50:35à mesure où, effectivement, il y a un principe,
00:50:36d'abord, globalement, de non-discrimination.
00:50:39Les personnes qui contribuent,
00:50:40d'ailleurs, je tiens à dire que même les non-actifs
00:50:42contribuent, ils doivent consommer,
00:50:43donc ils payent de la TVA.
00:50:45Ça, c'est la première chose.
00:50:46C'est aussi l'égalité devant les charges publiques.
00:50:48Et enfin, il y a un problème plus grave,
00:50:49à mon sens, parce qu'on pourrait toujours
00:50:51bricoler par un référendum,
00:50:52il faudrait réviser pour pouvoir faire
00:50:54ce type de référendum.
00:50:55C'est assez aléatoire.
00:50:56Et ensuite, il y a deux plans.
00:50:57Il y a le plan européen,
00:50:58le plan de la Convention européenne des droits de l'homme,
00:51:00car je rappelle que le juge qui juge,
00:51:03si vous voulez, de la conformité des lois
00:51:05aux conventions européennes,
00:51:06donc le traité sur l'Union européenne
00:51:07et la CEDH qui prohibe toute discrimination,
00:51:11il peut écarter une loi contraire.
00:51:13Donc, c'est de deux choses l'une, en fait.
00:51:14Soit on force et on arrive à une sorte de guérilla judiciaire.
00:51:17Je ne crois pas que les Français
00:51:18aient vraiment intérêt à ça.
00:51:20Et deuxièmement, il faut quand même,
00:51:22parce que c'est un contexte global,
00:51:23le logement, et je ne sais pas si ça va compléter
00:51:25ce que disait Mme Koss,
00:51:26c'est que c'est le nerf de la guerre.
00:51:28C'est-à-dire que plus vous êtes loin de votre travail,
00:51:30plus vous vous logez loin, plus c'est compliqué.
00:51:32On a perdu, je crois, une pièce par logement
00:51:34depuis 25 ans.
00:51:36Enfin, c'est tous les 25 ans, on perd.
00:51:37Et donc, si vous voulez, c'est compliqué.
00:51:39Je ne crois pas que ce soit en séparant, finalement,
00:51:42la nationalité de la non-nationalité,
00:51:44que ça règle le problème systémique du logement en France.
00:51:46D'abord, comment franchissez-vous les obstacles
00:51:49dont vient de parler de Jean-Christophe Roland ?
00:51:50Que ce soit la Constitution...
00:51:53Je vais répondre, parce que ça a été tranché chez nous.
00:51:55Il n'y a pas de sujet.
00:51:56Nous considérons que lorsqu'on est étranger
00:51:59et qu'on arrive en France, on doit être solvable.
00:52:00On ne doit pas être une charge pour la société.
00:52:02On ne doit pas être une charge pour le système social français.
00:52:04Et on intègre le logement social dans la politique sociale
00:52:07au sens large, si vous voulez.
00:52:08Donc, pour nous, si vous arrivez en France,
00:52:11que vous êtes régulier,
00:52:12enfin, qu'il n'y a pas de difficultés avec...
00:52:14Vous n'êtes pas en situation régulière,
00:52:16vous devez être capable de subvenir à vos besoins,
00:52:18comme c'est le cas dans de nombreux pays.
00:52:19Comme c'est le cas au Canada, aux États-Unis,
00:52:20dans un certain nombre de pays anglo-saxons.
00:52:22Si vous n'êtes pas capable de subvenir à vos besoins,
00:52:23au bout d'un certain temps, on est désolé,
00:52:25mais on vous raccompagne à la frontière
00:52:26et personne n'est choqué par cela.
00:52:27Donc, ça, c'est une question de philosophie politique.
00:52:31Si je vous dis, effectivement,
00:52:31il y a un clivage politique qui est énorme
00:52:34entre nous et la gauche,
00:52:35et je ne suis pas du tout surpris par la réaction de l'USH.
00:52:38Pour revenir sur ce qui est de la constitutionnalité de cela,
00:52:42on sait très bien qu'en l'état actuel des choses,
00:52:44ce n'est pas possible.
00:52:45On n'arrête pas de le dire.
00:52:45Et donc, ce concept de priorité nationale
00:52:48sera intégré dans un référendum,
00:52:49dans un projet de loi qui sera proposé à un référendum,
00:52:51après le second tour de la présidentielle,
00:52:53si Marine Le Pen est élue.
00:52:54Donc, ce sont les Français qui trancheront
00:52:56et qui imposeront la priorité nationale.
00:52:58Ils y sont favorables, je crois,
00:53:0070-77%, y compris à gauche,
00:53:02y compris chez les filles.
00:53:03Vous voyez, ce n'est pas forcément
00:53:04une lubie du Rassemblement national.
00:53:06Ce sont les Français qui trancheront
00:53:08et ça s'imposera que ça plaise
00:53:09à l'USH, à la gauche
00:53:11ou aux bailleurs sociaux, tout simplement.
00:53:13Vous êtes député,
00:53:15donc vous allez de temps en temps
00:53:16dans des EHPAD, dans des hôpitaux.
00:53:18Vous voyez, qui s'occupe de nos anciens ?
00:53:21Laissez-moi terminer ma question.
00:53:22Qui s'occupe des malades ?
00:53:23Donc, si vous ne les logez plus,
00:53:26si vous ne les accueillez plus,
00:53:27qui va s'en occuper ?
00:53:29Le mythe du besoin de l'immigration continue
00:53:32parce qu'il y a des métiers en tension.
00:53:34Il faut en finir avec ça.
00:53:35On a 6 millions de chômeurs.
00:53:37Effectivement, il y a des métiers
00:53:37qui n'attirent pas
00:53:38parce qu'ils sont sans doute mal valorisés,
00:53:40mal payés ou autres.
00:53:41Mais on a un stock de 6 millions de chômeurs
00:53:42dans ce pays.
00:53:42Qu'est-ce qu'on fait ?
00:53:43Alors, on continue à accueillir
00:53:44500 000 entrants par an
00:53:45qui ne sont souvent pas qualifiés,
00:53:47qui ne sont souvent pas en activité.
00:53:49Dans 80% des cas,
00:53:51vous prenez les chiffres,
00:53:52il n'y a pas d'activité.
00:53:53Dans le flux qui arrive
00:53:54de 500 000 nouveaux entrants,
00:53:56on ne va jamais s'en sortir.
00:53:57Donc, on va continuer
00:53:58à entretenir des gens au chômage
00:53:59et puis, en parallèle,
00:54:00on va faire venir une immigration
00:54:02qui est ce qu'elle est,
00:54:04qui n'est pas toujours qualifiée.
00:54:05Encore une fois,
00:54:05on ne peut pas en vouloir aux étrangers
00:54:06de vouloir venir en France.
00:54:08Ils vivent dans des pays compliqués,
00:54:10ils veulent améliorer leur vie,
00:54:11ce n'est pas le sujet.
00:54:12On n'est pas en train de vous faire
00:54:13un discours anti-étranger
00:54:14ou anti-immigré, tout simplement.
00:54:15On dit simplement
00:54:16qu'on n'a plus les moyens
00:54:17de supporter cette charge
00:54:19qu'est l'immigration
00:54:19et qui embolise également
00:54:21les listes d'attente.
00:54:22Donc, vous assumez de dire
00:54:23qu'on n'est pas là
00:54:24dans une politique du logement,
00:54:26on est dans une politique
00:54:26de l'immigration
00:54:27qu'on applique au logement.
00:54:28Les deux sont liés.
00:54:29Après, on ne peut pas réduire
00:54:30notre programme politique,
00:54:31notre programme en matière de logement,
00:54:32uniquement la priorité nationale
00:54:33dans les HLM.
00:54:34C'est beaucoup plus vaste,
00:54:35on pourrait en parler.
00:54:41Il y a deux ans,
00:54:42vous la défendiez
00:54:43à l'Assemblée nationale,
00:54:44vous défendiez la loi SRU,
00:54:45vous disiez
00:54:46nous le souhaitons...
00:54:48Il n'est pas vrai le contraindu ?
00:54:49J'ai adoré cette polémique
00:54:50parce qu'en général,
00:54:51on coupe,
00:54:51on disait simplement
00:54:52qu'on était favorables
00:54:54à la loi SRU
00:54:55pour pouvoir loger
00:54:56les Français
00:54:57dans le cadre
00:54:57de l'instauration
00:54:58de la préférence nationale.
00:55:00Voilà, tout simplement.
00:55:00C'est écrit dans les PV
00:55:01de l'Assemblée nationale
00:55:02en 2024,
00:55:03vous disiez
00:55:04nous ne souhaitons
00:55:05aucunement revenir
00:55:06sur la loi SRU.
00:55:07On a déposé depuis
00:55:08une proposition de loi
00:55:09de M. Alizio,
00:55:10de mon collègue,
00:55:12qui assouplissait justement
00:55:13cela pour les communes
00:55:14parce qu'il y a
00:55:15un certain nombre
00:55:15de communes
00:55:16qui font des efforts
00:55:16et qui se prennent
00:55:17des amendes.
00:55:17Ce n'est plus supportable
00:55:18là où il n'y a plus
00:55:18de foncier.
00:55:19Et depuis,
00:55:20plutôt que de créer
00:55:21une usine à gaz,
00:55:22on a arbitré
00:55:22avec Marine Le Pen
00:55:23pour la suppression
00:55:24pure et simple
00:55:25de la loi SRU.
00:55:25Ça ne veut pas dire
00:55:25qu'on ne construit
00:55:26plus de logements sociaux,
00:55:27c'est-à-dire qu'on ne dispense
00:55:28plus d'amendes
00:55:29aux communes
00:55:30qui ne peuvent pas
00:55:30respecter le quota.
00:55:31S'il n'y a pas de contraintes,
00:55:33il n'y aura pas de construction.
00:55:34Mais ça fait partie,
00:55:35si vous voulez,
00:55:35d'une philosophie qu'on a.
00:55:36On en a assez
00:55:37tabassé tout le monde.
00:55:37On en a assez des contraintes,
00:55:39on en a assez des normes.
00:55:39Le pays est par terre.
00:55:40Donc à un moment donné,
00:55:41on peut peut-être
00:55:41essayer autre chose
00:55:42que du socialisme
00:55:43pure et dur.
00:55:44La loi SRU,
00:55:45elle a quand même permis
00:55:45de construire un petit peu
00:55:46de logements
00:55:46depuis sa création.
00:55:47Il y a toujours
00:55:48autant de demandeurs.
00:55:49Ça n'a pas résorbé le flux.
00:55:51Mais imaginez
00:55:51s'il y avait un million
00:55:52de logements en moins
00:55:52parce que c'est ça,
00:55:53un million de logements sociaux
00:55:54construits grâce à la loi SRU.
00:55:55De toute façon,
00:55:56la gauche veut du tout social.
00:55:57Donc nous,
00:55:57on n'oppose pas du tout
00:55:58le logement social
00:55:59au parc privé.
00:56:00Mais le logement social
00:56:01ne va pas pouvoir pallier
00:56:02à la pénurie de logements
00:56:03qui aujourd'hui,
00:56:04ce n'est pas possible.
00:56:05On n'oppose pas l'un et l'autre.
00:56:06On dit simplement
00:56:07qu'il faut arrêter
00:56:07de tabasser des petites communes
00:56:08comme chez moi dans l'autre
00:56:09qui ont doublé des fois
00:56:10en 10 ans,
00:56:11qui font des efforts,
00:56:12leurs quotas
00:56:13qui sont passés de 4 à 8%
00:56:14comme la commune de Cijent
00:56:15et qui continuent
00:56:16à payer des amendes.
00:56:18Et ils n'ont plus de fonciers.
00:56:19Ils vont faire comment ?
00:56:20Ils vont payer jusqu'à
00:56:20vita aeternam une amende.
00:56:21Ce n'est plus possible.
00:56:23Cette loi,
00:56:23elle a 25 ans.
00:56:24Elle a été réaménagée
00:56:26en 2021
00:56:27et d'ailleurs avec des votes
00:56:28à l'unanimité
00:56:28dans les deux chambres.
00:56:29Donc je pense qu'il est
00:56:30quand même important de le dire
00:56:31avec beaucoup d'ajustements
00:56:32sur des communes
00:56:33qui sont les plus loin
00:56:35de leurs objectifs.
00:56:36Elle a en effet permis
00:56:37de construire à peu près
00:56:38un million de logements
00:56:39sur les 2,5 millions
00:56:40qu'on a construits
00:56:40dans la période.
00:56:42Cette loi,
00:56:42c'est un rééquilibrage territorial.
00:56:44Cette loi,
00:56:44elle part du principe
00:56:45qu'il faut justement
00:56:47rééquilibrer territorialement
00:56:47l'offre de logements abordables
00:56:49et qu'il faut en avoir
00:56:50dans l'ensemble des territoires.
00:56:51Il y a des communes
00:56:52en effet qui ne jouent pas le jeu
00:56:53qui veulent rester
00:56:54avec des logements
00:56:55qui ne sont plus du tout abordables.
00:56:57Et dans ce cas,
00:56:58elle paye une amende ?
00:56:58Et elle paye des amendes
00:57:00et il y a un certain nombre
00:57:01de sanctions.
00:57:02Mais malgré tout,
00:57:03la question,
00:57:04c'est le rééquilibrage territorial
00:57:05et surtout,
00:57:06où est-ce qu'on construit
00:57:07du logement abordable aujourd'hui ?
00:57:08Et je le redis,
00:57:09quand on construit
00:57:10des logements sociaux
00:57:10dans le cadre des communes SRU,
00:57:12on ne construit pas
00:57:12que du logement social
00:57:13parce que très souvent,
00:57:14c'est des opérations mixtes
00:57:15comme on les appelle.
00:57:16On met du logement social
00:57:17et du logement privé.
00:57:19Par ailleurs,
00:57:19je voudrais quand même
00:57:20dire quelque chose.
00:57:20Tout à l'heure,
00:57:21vous avez parlé d'étrangers
00:57:21qui n'étaient pas capables
00:57:22de subvenir à leurs besoins.
00:57:25Moi, je représente
00:57:26le mouvement HLM.
00:57:27Il n'est pas de gauche
00:57:27ou de droite.
00:57:28Il représente les valeurs
00:57:29du mouvement HLM
00:57:30depuis un siècle.
00:57:31Et la question de notre...
00:57:32Ce qui nous réunit,
00:57:34c'est de loger
00:57:34les gens qui ont des besoins.
00:57:36Et pour tout vous dire,
00:57:37aujourd'hui,
00:57:37on a des tas de locataires
00:57:39qui subviennent à leurs besoins.
00:57:40Mais ils vivent
00:57:40dans des conditions pas bonnes
00:57:42parce qu'ils sont
00:57:43dans des niveaux de pauvreté
00:57:44comme plus de 14%
00:57:45de la population française.
00:57:46Et je ne sais pas
00:57:47dans quelle situation
00:57:48ils seraient
00:57:48si le logement social
00:57:49n'était pas là
00:57:50pour les accueillir
00:57:51et donc avoir des loyers réduits.
00:57:53Je pense qu'il faut quand même
00:57:54avoir ça aujourd'hui en tête.
00:57:55Et la question,
00:57:56elle est vraiment là.
00:57:57Comment on répond
00:57:58aux besoins en logement
00:57:59abordables ?
00:58:00Et si on n'a plus la loi SRU,
00:58:01moi, je le dis tout de suite,
00:58:02on ne pourra pas construire
00:58:04dans l'ensemble des territoires
00:58:05et on va reconstituer
00:58:06des vrais guettos de riches
00:58:07et des vrais guettos de pauvres.
00:58:09Et je ne suis pas sûre
00:58:10que ce projet-là
00:58:11soit un bon projet
00:58:12pour la société.
00:58:12On voit que Marine Le Pen
00:58:14a fait sa rentrée justement
00:58:15sur cette question
00:58:16de la priorité nationale.
00:58:17Là, vous l'appliquez au logement.
00:58:18Est-ce que vous comptez
00:58:19l'appliquer à d'autres choses ?
00:58:20Ça pourrait être
00:58:21dans d'autres choses en tension,
00:58:23des places en crèche ?
00:58:24Est-ce que vous comptez
00:58:25permettre, préférer
00:58:26d'attribuer à des Français
00:58:28tout ce qui est en tension
00:58:29aujourd'hui en France
00:58:30ou vous l'appliquez uniquement
00:58:31au logement ?
00:58:31En étant la priorité nationale
00:58:32qui existe déjà
00:58:33dans le droit français
00:58:33pour voter pour des concours
00:58:35la fonction publique au logement.
00:58:36Pour le moment,
00:58:37il n'est pas prévu
00:58:38de l'élargir à d'autres domaines.
00:58:40Voilà.
00:58:41Préférence nationale
00:58:42pour l'instant
00:58:43uniquement pour le logement.
00:58:45On n'a pas fini d'en parler ?
00:58:46Pas le parc privé
00:58:47qui n'est bien sûr
00:58:48pas concerné.
00:58:49Et le logement étudiant.
00:58:49Vous avez ajouté quelque chose
00:58:50John Christopher ?
00:58:51Oui, alors loin de moi
00:58:51l'idée de vous poser une question
00:58:52c'est absolument pas mon rôle
00:58:53mais vous parliez de référendum
00:58:54c'est quelque chose
00:58:55que j'ai oublié d'indiquer
00:58:56tout à l'heure
00:58:56mais pour l'instant
00:58:57le périmètre de l'article 11
00:58:58n'autorise pas
00:58:59des questions
00:58:59qui concernent
00:59:00notamment des discriminations
00:59:02au sens distinguer
00:59:03des personnes
00:59:04tout comme pour le voile
00:59:04etc.
00:59:05C'est quand même une question
00:59:07désolé mais
00:59:07comment vous contreriez ?
00:59:08Non mais c'est une réponse
00:59:10une question qui est assez classique
00:59:11et il faut intégrer
00:59:13la dimension économique
00:59:14et sociale
00:59:15du projet de loi
00:59:16c'est ça
00:59:16c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:59:17l'immigration peut être une charge
00:59:19et c'est un coût
00:59:21pour les finances publiques
00:59:21on n'a plus les moyens
00:59:22de supporter cela
00:59:22et ça rentrerait dans ce cadre-là.
00:59:24Et la CEDH
00:59:25et l'Union Européenne ?
00:59:25CEDH et l'Union Européenne
00:59:26c'est une autre histoire.
00:59:28dont on n'a plus le temps
00:59:29de parler.
00:59:30Merci en tout cas
00:59:31à tous les trois.
00:59:31Tout de suite
00:59:32c'est Bourbon Express
00:59:32restez là
00:59:33c'est le journal
00:59:34de l'Assemblée Nationale
00:59:35avec Marco Pommier.
00:59:41Mais oui
00:59:42mais il m'avait manqué aussi.
00:59:43Bonsoir Marco.
00:59:44Vous m'avez manqué Adeline.
00:59:45Comment ça va Marco ?
00:59:45Ça va et vous ?
00:59:46Bon ça y est
00:59:46j'ai vos feuilles.
00:59:47C'est le retour
00:59:48de Bourbon Express.
00:59:50Forte présence policière
00:59:51autour de l'Assemblée Nationale.
00:59:52Alors bon
00:59:53c'est souvent qu'il y a la police
00:59:54autour de l'Assemblée Nationale
00:59:54mais ils étaient très très
00:59:56très nombreux aujourd'hui.
00:59:57Oui là il ne s'agissait pas
00:59:58de gendarmes protégeant
00:59:59l'Assemblée
00:59:59mais de policiers en colère.
01:00:01Plusieurs milliers
01:00:02se sont mobilisés
01:00:03dans toute la France
01:00:04aujourd'hui
01:00:04à l'appel du syndicat
01:00:05Alliance à Paris.
01:00:07Vous le voyez
01:00:07ils sont partis
01:00:08des Champs-Elysées.
01:00:09Ils sont arrivés
01:00:10devant l'Assemblée
01:00:10vers midi.
01:00:12Un cortège
01:00:13sous une pluie
01:00:14de confettis bleus.
01:00:15Vous allez les voir.
01:00:16On les voit
01:00:17qu'on sert de siffler aussi
01:00:18contre Emmanuel Macron
01:00:19et Sébastien Lecornu
01:00:20devant le Palais Bourbon
01:00:22de nombreux députés
01:00:23du RN.
01:00:25Éric Ciotti
01:00:25était aussi présent.
01:00:27On va le voir
01:00:28Éric Ciotti
01:00:28à l'image.
01:00:29Le voilà
01:00:30tout comme Laurent Wauquiez
01:00:31le patron de la droite
01:00:32à l'Assemblée.
01:00:33Tous venus soutenir
01:00:35les policiers
01:00:35et leurs revendications.
01:00:37On demande une amélioration
01:00:39des conditions de travail.
01:00:40On ne demande pas
01:00:40un miracle.
01:00:41On demande juste
01:00:42de pouvoir travailler
01:00:43dans des conditions sereines
01:00:44et pas dans des conditions déplorables.
01:00:45Et on demande
01:00:46une augmentation
01:00:47de la prime de risque.
01:00:48Aujourd'hui,
01:00:48être flic
01:00:49c'est plus que risqué
01:00:50c'est dangereux
01:00:50en service
01:00:51mais hors service.
01:00:52Donc servir en tout temps
01:00:53et en tout lieu
01:00:54c'est bien.
01:00:54Encore faut-il
01:00:55avoir la considération
01:00:56derrière tout ça.
01:00:57Et ensuite
01:00:58les représentants
01:00:59du syndicat Alliance
01:01:00ont été reçus
01:01:01dans l'après-midi
01:01:01par le ministre
01:01:03de l'Intérieur
01:01:03Laurent Nunez.
01:01:04À leur sortie
01:01:05ils ont constaté
01:01:06je cite
01:01:06une ouverture d'esprit
01:01:08et une prise de conscience
01:01:09de la part du ministre
01:01:10avec à la clé
01:01:11peut-être des moyens
01:01:12supplémentaires
01:01:12dans le prochain budget.
01:01:14Alors justement
01:01:16parlons du budget
01:01:172027.
01:01:18Ça nous a manqué
01:01:19ce petit projet
01:01:19de loi de finances.
01:01:20Parce que bon
01:01:21Sébastien Lecornu
01:01:22n'a pas encore dévoilé
01:01:23sa copie.
01:01:23C'est un peu le suspense
01:01:24de la fin de l'été.
01:01:26LFI de son côté
01:01:27annonce déjà la couleur.
01:01:28Ce sera la couleur
01:01:29de la censure.
01:01:29Censure quoi qu'il arrive
01:01:30à lancer Mathilde Panot
01:01:32ce matin
01:01:32chez nos confrères
01:01:33de France Info
01:01:34la présidente du groupe LFI
01:01:35à l'Assemblée
01:01:36qui refuse de participer
01:01:38aux consultations
01:01:39lancées par le Premier ministre.
01:01:40Nous n'avons rien à discuter
01:01:42rien à négocier
01:01:44avec ce gouvernement
01:01:44sur la manière
01:01:45dont il ferait les poches
01:01:46à la fois des retraités
01:01:48des étudiants
01:01:48des malades.
01:01:50Rendez-vous compte
01:01:50du scandale
01:01:51d'annoncer
01:01:52qu'ils veulent prendre
01:01:536 milliards
01:01:53sur les retraités
01:01:54et qu'ils annoncent
01:01:55en même temps
01:01:56qu'ils renoncent
01:01:57à la surtaxe exceptionnelle
01:01:58sur les grandes entreprises
01:02:00qui a eu cours
01:02:01seulement pendant deux ans
01:02:02et qui rapportaient
01:02:028 milliards d'euros
01:02:04par an
01:02:05à l'État.
01:02:06Alors soyons précis
01:02:07non, le gouvernement
01:02:08ne renonce pas totalement
01:02:10à la surtaxe
01:02:11sur les grandes entreprises
01:02:12il envisage
01:02:13de la réduire.
01:02:14En revanche
01:02:14c'est vrai
01:02:15si vous êtes retraité
01:02:16vous êtes directement
01:02:17concerné.
01:02:18Sébastien Lecornu
01:02:19envisage
01:02:19de vous faire contribuer
01:02:21en désindexant
01:02:22les pensions
01:02:23les plus élevées
01:02:24et en réduisant
01:02:24l'abattement fiscal
01:02:25des retraités imposables.
01:02:27Derrière ces pistes
01:02:28un objectif
01:02:29trouver
01:02:3030 milliards d'euros
01:02:31d'économies
01:02:31en 2027
01:02:32un sacré casse-tête
01:02:33budgétaire et politique
01:02:35qui s'annonce
01:02:35pour Sébastien Lecornu.
01:02:36On termine avec
01:02:37la campagne présidentielle
01:02:38et cette attaque
01:02:39du Rassemblement National
01:02:40contre Edouard Philippe
01:02:42rebaptisé
01:02:42Edouard Leflémar.
01:02:44Oui moqué
01:02:44par votre parti
01:02:45Frédéric Falcon
01:02:46l'ancien Premier ministre
01:02:47moqué
01:02:47sur sa capacité
01:02:48de travail
01:02:49tout est parti
01:02:50d'une petite phrase
01:02:51du candidat Horizon
01:02:52prononcée
01:02:53dans un podcast
01:02:54la semaine dernière.
01:02:55Moi j'adorerais
01:02:56un système
01:02:56dans lequel
01:02:57le président
01:02:58est élu en mai
01:02:58et il prend ses fonctions
01:02:59en septembre
01:03:00et entre mai et septembre
01:03:02il a le temps
01:03:02un de se reposer
01:03:05de décompresser
01:03:06après une élection
01:03:06présidentielle
01:03:07qui est hyper usante
01:03:08hyper fatigante
01:03:09je ne dis pas
01:03:10qu'il doit prendre
01:03:10trois mois de vacances
01:03:11mais franchement
01:03:12une semaine
01:03:13ça ne fait pas de mal
01:03:14deux semaines
01:03:14ça ne fait pas de mal
01:03:15avant de repartir.
01:03:16Une séquence
01:03:17utilisée par le
01:03:18Rassemblement National
01:03:19pour en faire
01:03:20notamment une chanson
01:03:21parodique
01:03:21générée par
01:03:22l'intelligence artificielle
01:03:23on écoute.
01:03:38une chanson publiée
01:03:39hier par le député
01:03:41Eren Guillaume Bigot
01:03:42alors cette vidéo
01:03:43elle a été repartagée
01:03:44plus de 900 fois
01:03:45sur X
01:03:46c'est un petit buzz
01:03:47quand même
01:03:48alors l'équipe
01:03:48d'Edouard Philippe
01:03:49a décidé
01:03:50de ne pas laisser passer
01:03:51le candidat
01:03:52a dénoncé
01:03:53une petite phrase
01:03:54sortie de son contexte
01:03:56découpé
01:03:56une minute de raisonnement
01:03:58pour conserver
01:03:59quelques secondes
01:04:00qui lui font dire
01:04:01l'inverse de sa conclusion
01:04:02drôle de conception
01:04:03du débat public
01:04:05bon Frédéric Falcon
01:04:06est-ce que vous n'avez pas
01:04:07trop caricaturé
01:04:08au RN
01:04:08la séquence d'Edouard Philippe
01:04:10à la limite de la fake news
01:04:11parce qu'Edouard Philippe
01:04:11il n'a pas dit
01:04:12qu'il partait en vacances
01:04:13pendant trois mois
01:04:13s'il était élu
01:04:14président de la République
01:04:15en mai
01:04:15ça reste assez potache
01:04:17on est dans une campagne
01:04:17présidentielle
01:04:18qui est assez animée
01:04:19nous-mêmes
01:04:19on subit pas mal d'attaques
01:04:20pas mal de fake news
01:04:21j'ai envie de vous dire
01:04:22cette bonne guerre
01:04:23là il n'y a pas d'atteinte
01:04:24à l'intégrité d'Edouard Philippe
01:04:25ça reste assez bon enfant
01:04:27si j'ose dire
01:04:28mais si vous me demandez
01:04:29mon avis
01:04:29il y a une forme
01:04:29de baladurisation
01:04:31de la campagne
01:04:32d'Edouard Philippe
01:04:33qui font des bons coups d'espoir
01:04:34et qui est en train
01:04:35de fondre au soleil
01:04:36tout simplement
01:04:36et je ne vois pas
01:04:38de méchanceté
01:04:38je ne vois pas
01:04:39ça reste de l'ordre
01:04:41du second degré
01:04:43merci
01:04:43merci à tous les trois
01:04:44d'être venus ce soir
01:04:45sur le plateau
01:04:45de Chaque Voix Compte
01:04:46merci Elsa
01:04:47et merci Nicolas
01:04:48et merci à vous
01:04:49d'avoir suivi
01:04:50cette première de la saison
01:04:51on sera là demain
01:04:52évidemment en direct
01:04:53à 19h30
01:04:54cette émission est rediffusée
01:04:55tout à l'heure
01:04:55à 23h30
01:04:56et vous la retrouvez
01:04:57à tout moment
01:04:58sur les plateformes
01:04:59sur notre chaîne YouTube
01:05:01et puis sur la 8
01:05:02bien sûr
01:05:02demain à 19h30
01:05:03passez une excellente soirée
01:05:04et à demain
01:05:05à 19h30
01:05:10Musique
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