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  • il y a 20 heures
Frédérique Dumas, députée "Libertés et Territoires" des Hauts de Seine, a quitté en 2018 le groupe la République en marche qui vient de perdre la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le groupe LaREM est passé de 314 députés en 2017 à 288 aujourd'hui.
"Au delà de son éloignement des promesses de campagne du mouvement, LaRem est un groupe très autoritaire qui ne traite pas bien les députés humainement", souligne la parlementaire. Entretien.

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Transcription
00:00bonjour madame frédérique dumas bonjour vous êtes député liberté territoire des hautes seines et
00:07vous avez quitté en 2018 le groupe la république en marche qui vient de perdre sa majorité absolue
00:13à l'assemblée nationale le groupe la république en marche est passé de 314 députés en 2017 à 288
00:20aujourd'hui alors comment expliquez vous cet affaiblissement permanent du groupe majoritaire
00:24était-ce inéluctable après inéluctable oui dans la mesure où c'est très compliqué d'être au sein de
00:32cette majorité pour deux raisons soit différentes soit complémentaires mais d'abord parce qu'on peut
00:38avoir le sentiment que depuis des mois on s'éloigne des promesses évidemment de campagne et puis un
00:46autre aspect qui a été marqué par ce combat c'est aussi parce que à l'intérieur même du groupe
00:52certains
00:54même s'ils sont d'accord par exemple avec la politique menée tous ne sont pas contre la
00:57politique menée se sentent pas à l'aise dans le groupe lui-même voyez parce que le groupe est
01:01extrêmement autoritaire et ne traite pas obligatoirement très bien les gens humainement donc je voulais juste
01:07vous dire par exemple quand on parlait de perdre la majorité absolue sincèrement sur un plan purement
01:12juridique oui mais mais une grosse partie de ce groupe de toute façon a dit et répété être contre
01:19la politique de ce gouvernement mais toujours fidèle à l'emmanuel Macron c'est particulier comme approche
01:24parce que évidemment que tout est décidé par le président mais il continue à dire qu'ils sont
01:29fidèles au président pour les trois quarts d'entre eux donc c'est pas une réelle voilà tout le monde
01:34parle de fractures ça va pas aller très très loin je pense alors mardi dernier un neuvième groupe a
01:40été créé à l'assemblée nationale baptisé écologie démocratie solidarité un groupe qui se veut indépendant ni dans
01:48la majorité ni dans l'opposition si je reprends ces termes mais qui déclare qu'il est impossible
01:53d'être entendu au sein du groupe la république en marche alors quel regard portez vous sur sur ce
01:59discours et sur le fait qu'il n'y ait jamais eu autant de groupes à l'assemblée 9 c
02:05'est un record
02:058 c'était déjà un record sous la cinquième république cela traduit-il un malaise des députés
02:11oui mais moi moi ce que je trouve particulier c'est que effectivement c'est de dire nous partons
02:18parce que nous sommes pas entendus au sein de la majorité au sein du groupe de la majorité qui est
02:23autoritaire et c'est la raison de notre départ pour certains parce qu'il y en a d'autres qui
02:29sont
02:29partis s'ils n'étaient pas d'accord avec la majorité ce qui est un petit peu un petit peu
02:32différent mais
02:33même en partant il reste à l'intérieur pas à l'intérieur mais sincèrement le groupe de la
02:39majorité est autoritaire parce qu'il a des instructions de l'exécutif donc de
02:44vouloir à chaque fois de l'exécutif et de l'Elysée du gouvernement et de l'Elysée
02:49donc à chaque fois de dire ils sont pas sympas à l'intérieur du groupe c'est
02:54une chose mais ils ont des instructions qui sont données plus haut donc c'est je
02:59pense un peu illusoire de se dire ça va changer quand on sera dans un autre groupe
03:03alors en revanche où je les comprends sincèrement et je pense que j'aurais fait
03:08la même chose que si j'étais dans la majorité que je voulais toujours continuer à accompagner
03:13Emmanuel Macron j'aurais peut-être aussi fait comme eux c'est-à-dire été dans ce groupe
03:18parce que à un moment donné je suis désolée c'est l'assemblée de l'assemblée à un moment donné
03:25c'est aussi un confort psychologique de se retrouver avec des gens avec qui vous allez pouvoir vous sentir bien
03:33et de ne pas être toujours sous cette pression autoritaire et je trouve que c'est
03:37de ce côté là ils ont raison de faire ce qu'ils pourront toujours continuer à
03:43accompagner le président si ils veulent mais ils seront un peu dans une ambiance différente donc
03:50c'est pas anormal qu'ils aient une envie de se retrouver les uns et les autres ensemble
03:55ce sont les raisons qui vous ont donné qui vous ont poussé à prendre cette décision politique et
04:01personnelle en 2018 quand vous avez quitté la REM vous avez dit avoir l'impression de sortir de prison
04:08Ah oui mais alors moi j'allais dire j'ai pris des décisions beaucoup plus drastiques qu'eux
04:13moi je ne suis pas partie en pensant que j'étais dedans tout en étant dehors
04:18moi je suis partie en évoquant le Titanic en disant effectivement qu'on a les droits dans l'iceberg
04:24et d'ailleurs je crois vraiment que je n'avais pas tort à ce titre là
04:27j'ai aussi dit un peu plus tard qu'on avait le sentiment après être dans le Titanic d'être
04:32dans Matrix
04:33parce que je pense qu'il y a une matrice effectivement et que toutes les décisions sont
04:38prises comme par quatre personnes comme je l'ai dit à plusieurs reprises le président de la République
04:42le secrétaire général de l'Élysée le premier ministre et le directeur de cabinet du premier ministre
04:46mais même j'allais dire 80% des décisions d'arbitrage sont pris par le secrétaire général de l'Élysée
04:53qui est dans son bureau et qui ne rend compte à personne donc face à cette matrice qui a été
04:57comme on l'a vu jusque j'allais dire à la crise, tout ce qu'on dit aujourd'hui qu
05:04'il faut faire
05:04c'est le contraire de ce que la matrice avait demandé
05:07par exemple on a eu Bruno Le Maire hier qui nous expliquait qu'avec grande éloquence
05:13puisqu'il était très fier de cet accord trouvé avec l'Allemagne
05:18alors quand on perd le communiqué, il y a un peu de tout mais son contraire dedans
05:21mais au-delà de ça il nous expliquait que le leçon qu'il avait appris c'était qu'il fallait
05:27absolument investir et ensuite faire éventuellement des économies pour des marges de manoeuvre
05:34qu'on ne pouvait pas à la fois appuyer sur l'accélérateur et le frein
05:37et que c'était la grande leçon effectivement de cette crise
05:41or depuis trois ans, moi ce que j'ai dénoncé c'est que bien sûr qu'on doit peut-être
05:45réformer le pays
05:46mais on ne peut pas réformer le pays en coupant, en faisant des rabots budgétaires
05:50ce qui empêche justement cette transformation, il faut d'abord investir et ensuite effectivement
05:54trouver des marges de manoeuvre. J'ai m'étais appuyée sur la Cour des comptes
05:57qui n'avait pas arrêté de dire les rabots budgétaires ça ne permet pas de transformer
06:01donc depuis trois ans il y avait cette espèce de matrice
06:05on fusionne, on coupe, on l'a vu pour l'hôpital
06:09avec l'aveu du président de la République qui dit effectivement j'ai fait une erreur de stratégie
06:13moi je ne pense pas que ce soit une erreur de stratégie, c'est une erreur de fou
06:17et qui dit lui-même je me suis trompée et au niveau de l'ampleur et au niveau du timing
06:22c'est-à-dire ce que j'ai proposé c'était quelque chose qu'il aurait fallu faire il y
06:25a dix ans
06:26c'est un aveu absolument horrible
06:27puisqu'on a eu un président pas pour qu'il nous propose une politique il y a dix ans
06:33donc moi je suis partie parce que la différence de ce groupe qui croit encore
06:39que ce sont le méchant premier ministre, le méchant technocrac, le méchant entourage
06:46qui empêchent Emmanuel Macron de faire ce qu'en quoi il croit et ils ont cru
06:52je pense que tout est évidemment décidé à ce niveau-là
06:55donc moi c'est pour ça que je n'ai même pas cherché
06:59on ne m'a pas demandé, je ne me cache pas, mais je n'ai pas cherché à aller dans
07:02ce groupe
07:02parce que pour moi ce groupe est un groupe qui va continuer à part quelques-uns
07:07et ça donnera l'immusion effectivement qu'il n'y accompagne pas la majorité
07:10et moi je vais vous dire autre chose
07:12c'est que je pense que la plupart des députés en marche
07:16tant qu'ils n'auront pas le sentiment qu'il y a une alternative
07:19ils ne décrocheront jamais
07:21et que quand on dit oh là là tout va éclairter
07:24c'est la fracture
07:26moi je trouve que c'est une mise en scène assez amusante
07:28parce qu'il n'y a aucune fracture
07:29et ils sont tous convaincus que le président sera réuni en 2022
07:33et donc on est à la fois dedans, dehors
07:35mais il n'y a très peu
07:38on a été très peu à vraiment prendre notre indépendance au sens profonditaire
07:43c'est-à-dire effectivement de voter pour quand on avait envie
07:46ou contre quand on est en vie
07:48mais pour des raisons de fond et de conviction
07:49et pas des arrangements
07:51Alors vous avez également dénoncé un désaccord profond sur la méthode
07:57sur le manque de débat démocratique
08:01mais également sur un problème d'exemplarité
08:04L'exemplarité, comme peuvent le dire certains
08:08on ne peut pas être infaillible
08:09ok, personne n'est infaillible
08:10mais au moins quand il se passe quelque chose
08:13on doit le réparer, j'allais dire au mieux
08:15voire au glamène de ce qui a été causé
08:18parce que le manque d'exemplarité empêche effectivement la confiance
08:22et je pense qu'aujourd'hui on a ce problème évidemment de défiance
08:26pas uniquement lié à l'exemplarité
08:28mais quand je suis partie, je suis partie le 17 septembre
08:31c'était après évidemment ce qu'on a appelé l'affaire Benalla
08:35pour moi l'affaire Benalla au moment où elle arrive
08:38je suis dans le coup majoritaire
08:41je suis surprise, on attend des explications
08:43et puis j'allais vous dire quand même le président nous parle
08:46pour rappeler cet épisode face à nous
08:50même s'il a été, tout le monde s'en est rappelé
08:52quand il a dit venez me chercher
08:53mais au-delà de ça, il dit cette phrase formidable
08:54il dit j'assume
08:56et moi je vous dis à ce moment-là
08:57je suis presque, je suis très contente
08:59parce que je me dis
09:00c'est très rare un président qui dit j'assume
09:02excusez-moi, ni Jacques Chirac
09:04ni Nicolas Sarkozy ne disent j'assume par exemple
09:07et donc il y a très peu de politiques qui assument
09:09parce que assumer ça veut dire
09:12être responsable des conséquences de ses actes
09:15et sincèrement
09:16moi j'ai encore entendu Christophe Castaner
09:18par exemple dire pendant les Gilets jaunes
09:21quand il y avait des choses qui ne se passaient pas bien
09:24souvent il disait
09:25je ne suis pas responsable puisque je ne savais pas
09:27un chef d'entreprise par exemple
09:28même quand il n'est pas au courant il est responsable
09:30si quelque chose se passe quand il n'était pas là
09:32il a une responsabilité pénale
09:33et je trouve que je m'étais dit
09:35tiens enfin un président qui dit j'assume
09:36et ce que j'ai compris
09:38mais je n'ai pas mis longtemps à le comprendre
09:40même quelques jours après
09:41il y avait cette phrase
09:43c'est une tempête dans un verre d'eau
09:45alors je me suis dit
09:47ça veut dire quoi assumer
09:48si on estime que c'est une tempête dans un verre d'eau
09:50c'est qu'on n'assume pas grand chose
09:51et ensuite je me suis rendu compte
09:53que pour assumer il aurait fallu
09:54qu'il se sépare d'un certain nombre de personnes
09:57notamment par exemple
09:58Ismaël Hénelien
09:59puisque on a vu après
10:00avec les enquêtes Mediapart
10:01qu'Ismaël Hénelien
10:03avait effectivement lui-même
10:05il m'a dit
10:06utiliser des images
10:07qu'il n'avait pas le droit d'utiliser
10:08dans la préfecture de police
10:10et qu'il les avait en plus mis sur les réseaux sociaux
10:12or en tout cas il a dit lui-même
10:14qu'il avait ces images en main
10:15alors la raison pour laquelle a été licencié
10:17l'objet juridique
10:18du licenciement d'Alexandre Benalla
10:20c'est la détention de ces images
10:21pourquoi effectivement
10:22Ismaël Hénelien reste
10:23jusqu'à ce que Mediapart
10:26dévoile l'affaire
10:27donc moi je me suis dit
10:31c'est terrible
10:32parce que finalement ce j'assume
10:34n'est pas un j'assume je suis responsable
10:36c'est un j'assume dont comme je suis responsable
10:39puisque personne ne peut venir me chercher
10:40je protège mon entourage
10:42puisque je remonte tout sur moi
10:45et effectivement quand je suis partie
10:47j'ai pointé ça
10:47j'ai pointé évidemment
10:50aussi ce qui se passait avec Françoise Nyssen
10:52soit disant c'est pas grave
10:54mais si
10:54ne pas respecter la réglementation
10:58du patrimoine
10:59et puis aussi certaines choses
11:01qui n'avaient pas été déclarées
11:03j'estime que
11:04bon c'est pas du pénal d'accord
11:06mais c'est quand même pas quelque chose
11:08pour la ministre de la culture
11:09c'est quand même particulier
11:11rappelez-vous
11:12il y avait effectivement
11:13la nomination
11:14j'ai rien évidemment
11:15contrôlé personnellement
11:16mais l'acte en soi
11:17de l'écrivain
11:19donc
11:20Philippe Dessin
11:21comme conçu
11:22à Los Angeles
11:23tout ça pendant l'été
11:24en gros il y avait tout d'un coup
11:27tout ce à quoi j'avais cru
11:28je vous cache pas
11:29peut-être on va me dire
11:30que je suis naïve
11:30mais moi je pensais
11:32vous savez quand Emmanuel Macron
11:35arrive comme président
11:37et qu'il traverse
11:38la cour du Louvre
11:39pour certains
11:40c'était déjà
11:42le fait de penser
11:43qu'il se prenait
11:44pour Jupiter
11:46mais on avait pas encore
11:47prononcé ce mot-là
11:48et moi je m'étais dit
11:49pourquoi on peut lire tout
11:50de manière évidemment
11:52chacun en fonction
11:53de ce à quoi on croit
11:54je m'étais dit
11:55quelqu'un qui va être
11:57exemplaire
11:59ok il peut pas
12:00s'approcher trop
12:00des journalistes
12:01mais pas parce qu'il veut
12:02pas parler à la presse
12:03mais parce que
12:04parce qu'il veut garder
12:05une forme d'exemplarité
12:06j'allais dire
12:08un peu à la Jospin
12:09quand on trouvait
12:09que Jospin était
12:10trop psychorigide
12:12un peu trop protestant
12:13mais je me dis
12:13c'est pas plus mal
12:14et en fait
12:15tout ça c'était faux
12:17c'est pas du tout
12:18ce qui se passe
12:18évidemment
12:20et je sais pas
12:21si vous vous rappelez
12:21mais quand les Gilets jaunes
12:22ont commencé
12:24la répression
12:25quand même
12:25était assez dure
12:27et Emmanuel Macron
12:29a prononcé
12:29ces phrases
12:30concernant
12:31Alexandre Benalla
12:32en disant
12:32qu'il fallait
12:34être indulgent
12:35avec Alexandre Benalla
12:36donc comment on peut
12:37être indulgent
12:37avec Alexandre Benalla
12:40et puis ne plus l'être
12:41par ailleurs
12:42avec des personnes
12:43qui lui exprimaient
12:44une souffrance profonde
12:46même si après
12:46il y a eu des récupérations
12:47et des instrumentalisations
12:49mais voilà
12:50donc voilà
12:51effectivement c'est un sujet
12:53quand même
12:54d'une manière plus générale
12:56est-ce que vous trouvez
12:56que l'équilibre des pouvoirs
12:58est insuffisant
12:59avec un gouvernement
13:00trop fort
13:01vis-à-vis du Parlement
13:02oui bien sûr
13:03si on est honnête
13:04vraiment
13:05il y a deux choses
13:06il y a la séparation
13:07des pouvoirs
13:07donc le législatif
13:09le judiciaire
13:11et l'exécutif
13:12et le gouvernement
13:13mais déjà
13:14quand on a dit ça
13:15on n'a même pas parlé
13:16de l'Elysée
13:16qui est complètement à côté
13:17et qui a un pouvoir
13:19démesuré
13:19et on l'a vu
13:21puisque à chaque fois
13:22que quelqu'un était amené
13:23à être interrogé
13:24par une commission d'enquête
13:26souvent l'Elysée
13:26utilisait
13:28et d'ailleurs
13:28c'était répété en boucle
13:29la séparation des pouvoirs
13:31et j'ai jamais vraiment compris
13:32ce que ça voulait dire
13:33parce que
13:35il n'y a pas de séparation
13:37des pouvoirs
13:37il y a effectivement
13:38une espèce d'immunité
13:39totale
13:40de l'Elysée
13:41donc effectivement
13:42aller chercher personne
13:42à cet endroit-là
13:43donc ça c'est un vrai sujet
13:45et ensuite
13:45sur la séparation des pouvoirs
13:46entre nous
13:47si on est honnête
13:49les députés
13:50n'ont évidemment
13:51pas de pouvoir
13:55tout le pouvoir
13:55qu'on a
13:56il nous est concédé
13:57quand effectivement
13:57on a envie
13:58de nous en donner un peu
13:59donc vous imaginez
14:00qu'il n'y a pas envie
14:02et puis après
14:02on nous a dit aussi
14:03alors vous n'avez pas
14:03le pouvoir de faire la loi
14:04comme ça
14:05finalement
14:06c'est nous
14:07qui la faisons
14:08l'exécutif
14:09et le parlement
14:11est une courroie de transmission
14:13parce que c'est la réalité
14:14c'est une courroie de transmission
14:15d'ailleurs même
14:16dans la manière
14:17dont les ministres
14:21parlent
14:22mais de l'autre côté
14:23on devait être
14:23un outil de contrôle
14:24il n'y a absolument
14:25aucun moyen
14:26de contrôler
14:27l'action du gouvernement
14:28et donc en gros
14:30il y a évidemment
14:31un affaiblissement
14:33important
14:33de la fameuse
14:35séparation des pouvoirs
14:36en plus
14:36moi je ne dis pas
14:37qu'il y a un pouvoir
14:38qui est
14:41je veux dire
14:41qu'il y a un pouvoir
14:42sain
14:43par essence
14:44aucun ne l'est
14:44ce qui rend
14:45les choses saines
14:46c'est le fait
14:47d'avoir des gardes-fous
14:47et des contre-pouvoirs
14:49c'est que chaque pouvoir
14:49doit être contrôlé
14:52pas obligatoirement
14:52d'ailleurs
14:53par un autre pouvoir
14:54mais par plein
14:55de gardes-fous
14:57qui vont
14:58et ce n'est pas
14:59honteux d'ailleurs
15:00parce que souvent
15:01les gens disent
15:01mais je suis quelqu'un
15:03de bien
15:03oui mais ce n'est pas
15:04le problème
15:04on a besoin
15:06on a besoin
15:07de contre-pouvoirs
15:08chacun
15:08parce qu'on peut oublier
15:10un certain nombre de choses
15:11et ensuite
15:11ça rassure
15:12ça rassure effectivement
15:14les autres
15:14s'il y a des contre-pouvoirs
15:16sinon c'est la suspension
15:17permanente
15:18alors vous
15:19vous avez également
15:20dénoncé
15:21l'incapacité
15:22de la République en marche
15:22de s'élargir
15:24pardon
15:24à d'autres sensibilités
15:26et à entendre
15:27de bonnes propositions
15:28qui pourraient venir
15:30de l'opposition
15:31écoutez ça a été
15:32dès le mois
15:33je veux dire
15:34dès qu'on est arrivés
15:35au Parlement
15:37dès qu'on a été élus
15:37au mois de juillet
15:39notamment
15:39je me souviens
15:40moi la première fois
15:41que j'ai voté
15:42j'allais dire
15:42contre les instructions
15:44c'était sur
15:45le verrou de Bercy
15:46le verrou fiscal
15:48avec la possibilité
15:49pour Bercy
15:50de poursuivre
15:52ou pas
15:52de retirer
15:53un dossier de la justice
15:54pour pouvoir aller négocier
15:56avec ceux qui n'ont pas
15:58effectivement respecté
15:59leur devoir fiscal
16:02ce qui faisait d'ailleurs
16:03que les gros
16:04pouvaient toujours négocier
16:04et les petits
16:05en revanche
16:05se retrouvaient devant la justice
16:07et qui était un peu aberrant
16:08à niveau européen
16:09il n'y avait pas beaucoup
16:11de pays européens
16:11qui avaient ce genre
16:12de dispositif
16:13il y avait un groupe
16:15à l'Assemblée
16:15dès le départ
16:16qui s'appelait
16:16les constructifs
16:17et ce groupe
16:18avait toujours dit
16:19c'était l'UDI Agir
16:20même si Agir
16:22n'était pas
16:23peut-être constitué
16:24totalement à ce moment-là
16:24mais c'était un groupe
16:25qui avait dit
16:25nous ne sommes pas
16:26dans la majorité
16:27nous ne sommes pas
16:27dans l'opposition
16:28mais effectivement
16:30nous regarderons
16:30avec bienveillance
16:31les choses
16:31la première chose
16:32à faire
16:32c'est d'aller
16:33quand même travailler
16:33avec ce groupe
16:35et c'était effectivement
16:36un amendement
16:37UDI
16:37qui avait été dégocé
16:38par mon collègue
16:39Charles de Poisson
16:40qui est dans
16:40l'Union de l'Union
16:41aujourd'hui
16:41et on avait
16:43instruction de voter contre
16:44et à minuit et demi
16:45le conseiller politique
16:49du président
16:49Stéphane s'est tourné
16:50et il est arrivé
16:52un peu les cheveux décoiffus
16:53en disant
16:53voilà
16:55le président est appelé
16:56de tous les côtés
16:57il paraît
16:57qu'il vous traite n'importe quoi
16:58et je lui dis
16:59mais tout va bien
17:00le monde ne va pas s'écrouler
17:01on est juste en train
17:02de
17:03et donc voilà
17:04ça a commencé déjà là
17:05vous voyez
17:05c'était quand même
17:06un peu compliqué
17:08on vient de demander
17:10de ne pas voter
17:11en plus
17:11il y avait 10 abstentions
17:13et 10 votes
17:15pour ou contre
17:16parce que je ne me souviens plus
17:17comment était pris l'amendement
17:18mais en tout cas
17:18il y avait 20 votes
17:19sur les 314
17:20qui étaient un petit peu différents
17:23et tout d'un coup
17:24on doit présenter ça
17:24comme une fronte
17:26voilà
17:27mais pourtant
17:28les parlementaires
17:30de La République En Marche
17:32doivent avoir
17:33une certaine cohérence
17:34et soutenir le gouvernement
17:35non ?
17:36oui mais alors
17:37vous savez
17:37moi je vais vous dire une chose
17:38moi je suis quelqu'un de responsable
17:39je ne suis pas
17:40quelqu'un qui dit
17:41je suis dans une majorité
17:42et je fais ce que je veux
17:43au sens
17:44j'allais dire irresponsable du terme
17:46on était bien sûr
17:47tous
17:48quand je dis
17:49il n'y avait pas de fronte
17:50c'est que
17:50ce n'était pas irresponsable
17:52de faire ça
17:52c'était sincèrement
17:54le verrou fiscal
17:54un an après
17:55La République En Marche
17:56a proposé
17:57de faire quelque chose avec
17:59on n'allait pas faire
18:00quelque chose contre le gouvernement
18:01on allait peut-être le faire
18:02un peu plus tôt
18:02c'était
18:04pour moi c'était
18:06je ne dis pas que c'est un sujet
18:07de société
18:08comme la bioéthique
18:09mais en gros
18:09pour moi
18:10ce n'était pas possible
18:12que je dise
18:13que je voulais qu'on conserve
18:14le verrou de Bercy
18:15même si on disait
18:16que c'était un an après
18:17je veux dire
18:19on était en phase
18:21avec nos convictions
18:21et en phase
18:22avec ce que proposait
18:24effectivement la majorité
18:26sauf qu'elles venaient
18:26le proposer plus tard
18:27vous l'avez vu
18:28sur les problèmes de handicap
18:29aussi souvent
18:30les propositions de loi
18:31qui étaient présentées
18:32par l'opposition
18:32alors qu'elles étaient en phase
18:34avec ce que la majorité
18:35voulait faire
18:36parce qu'elles le faisaient
18:37et que c'était l'opposition
18:38et que la majorité
18:39voulait le faire
18:40un an après
18:41on devait voter contre
18:42vous imaginez bien
18:43que pour moi
18:44c'est absolument impossible
18:45de voter
18:47contre quelque chose
18:48de fondamental
18:49pour qu'on nous explique
18:50qu'il fallait mieux
18:50et qu'il fallait le voter
18:51un an après
18:52donc moi je n'appelle pas ça
18:53être irresponsable
18:54et ne pas respecter
18:55la majorité
18:55c'est juste être
18:56je veux dire
18:58respecter nos électeurs
18:59c'est minimum
19:00l'exclusion de la députée
19:02La République En Marche
19:03Martine Bonner
19:04après son vote
19:05contre la stratégie
19:06de déconfinement
19:07du gouvernement
19:08vous a-t-elle choqué ?
19:10alors en fait
19:11c'est ni le problème
19:12d'être choquée ou pas
19:12parce que en fait
19:13franchement
19:14je m'y attendais
19:15on s'y attendait tous
19:16je veux dire
19:16du fait de la manière
19:17dont fonctionne
19:18La République En Marche
19:20parce qu'elle fonctionne
19:21à l'ancienne
19:21après nous avoir dit
19:22que c'était le nouveau
19:23à l'ancienne c'est quoi ?
19:24on vous explique
19:25que si vous votez
19:26contre le budget
19:27ou contre la confiance
19:29c'est un acte
19:31d'ailleurs
19:31je ne sais plus comment
19:32Cher Ferrand
19:33l'avait évoqué
19:36en gros
19:37vous signez
19:38votre arrêt de mort
19:39et vous signez
19:39votre exposition
19:40donc à partir du moment
19:41où
19:42c'était pas censé
19:43être un vote de confiance
19:44la stratégie
19:45de déconfinement
19:45mais elle a été présentée
19:46comme ça
19:47et d'ailleurs
19:47Samislas Guérini
19:48est monté lui-même
19:49à la tribune
19:49pour dire
19:50c'est un unicode de confiance
19:51alors je vous rappelle
19:53une chose
19:53qui était absolument impressionnante
19:54c'est qu'on vote
19:56une loi d'urgence
19:57pour effectivement
19:59on donne le pouvoir
20:00au gouvernement
20:01passer par des ordonnances
20:03donc il nous explique
20:04qu'ils n'ont pas le temps
20:05de passer par la loi
20:05et de venir le pouvoir
20:06et que donc
20:07on ne peut pas faire autrement
20:08et alors que la stratégie
20:09de déconfinement
20:10il n'avait pas besoin
20:11de passer par la loi
20:12et de demander un vote
20:13là comme par hasard
20:15il est demandé
20:15de voter
20:18justement pour jouer
20:19la confiance
20:20d'ailleurs le premier ministre
20:22ayant dit
20:22que ceux qui soit disant
20:24voteraient contre
20:24seraient ceux
20:25et ça voudrait dire
20:26qui votent contre
20:27le déconfinement
20:27moi je n'ai pas voulu
20:29être enfermée
20:30dans ce piège-là
20:32j'ai dit
20:32non je suis pour le déconfinement
20:33mais j'ai le droit
20:34d'être contre
20:34les modalités
20:36de déconfinement
20:37notamment
20:39par rapport
20:39à ce qui a été censuré
20:40par le conseil constitutionnel
20:42donc en fait
20:43à partir du moment
20:44où Sadislas Guérini
20:45lui-même
20:45le président de Marge
20:46dit que c'est un mini vote
20:47de confiance
20:48voter contre
20:49c'était voter son exclusion
20:51mais ça
20:52c'est pour les initiés
20:54c'est à dire
20:54que c'est un code
20:56à l'ancienne
20:57et je pense que
20:59c'est absolument
21:00pas perceptible
21:01par les citoyens
21:03qui ne comprennent pas
21:04cette absurdité
21:05qui ont le sentiment
21:06qu'une personne
21:07se fait exclure
21:08parce qu'elle était
21:09d'accord ou pas d'accord
21:10ils s'enferment même
21:11dans leur propre
21:12contradiction
21:13il suffisait de dire
21:14d'abord
21:14il n'y avait pas besoin
21:15d'avoir de vote
21:16ils venaient nous présenter
21:16la stratégie
21:18normalement
21:18il ne devait pas y avoir
21:19de vote
21:19ils ont voulu forcer le vote
21:21pour piéger les gens
21:22après
21:23voilà
21:23mais tout ça
21:24c'est quand même pas
21:25de la
21:25on ne peut pas être
21:26que ce soit le monde
21:26de demain
21:28merci beaucoup
21:29madame
21:30madame Dumas
21:31et on
21:32on continuera à suivre
21:32vos travaux
21:33à l'Assemblée nationale
21:34et à bientôt
21:35ok
21:36merci beaucoup à vous
21:37au revoir
21:41merci à vous
21:44merci à vous

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