- il y a 14 heures
Le jeudi 1ᵉʳ octobre s'est déroulé le deuxième débat de la primaire social-démocrate. Que retenir des interventions de Jerôme Guedj, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal ? On fait le point avec Cyprien Caddeo et Rachel Garrat-Valcarcel de la rubrique politique.
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NewsTranscription
00:02Primaire socialiste, deuxième round. Jeudi 1er octobre a eu lieu un nouveau débat entre
00:06Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Jérôme Gage, Séguène Royal et Emmanuel Morel pour déterminer le
00:12candidat du pôle social-démocrate à la présidentielle. C'était diffusé sur France 2 et France Inter avec
00:17pour thématique la mobilisation lycéenne, le budget, le pouvoir d'achat et à nouveau la
00:22Palestine et le rapport à la France insoumise. Ce débat vous ne l'avez peut-être pas regardé
00:26parce que vous avez une vie, mais vous êtes un peu curieux quand même. Vous êtes au bon endroit sur
00:30la chaîne de l'UMA et avec moi pour cette vidéo, Rachel Gara-Valcarcel, journaliste Polistique.
00:34Salut Rachel. Salut. Alors on va essayer de résumer les grands enseignements de ce débat,
00:38mais j'avais une première question pour amorcer notre discussion. En tout, il y a trois débats
00:42qui sont prévus et on comprend que dans cette primaire, il y a un enjeu d'occupation de l'espace
00:45médiatique. C'est aussi ça le relâme primaire. À la lumière de ce débat-là, est-ce que c'était
00:49bien
00:49utile d'en faire un deuxième et d'en prévoir un troisième ou est-ce que ça commence un peu
00:53déjà
00:53à tourner en rond ? Je dirais que ça commence à tourner un peu en rond. Après, je trouve que
01:00ce n'est pas inutile d'avoir deux débats dans le sens où il y a quand même le deuxième
01:04arrive
01:04quand même beaucoup en réponse au premier quand même et ce n'est pas totalement inutile
01:08puisque dans cette campagne, au fond, il n'y a que les débats qui existent. Ce n'est pas que
01:13des
01:13candidats. Il y en a un, peut-être deux, qui sont capables de faire des grandes matinées
01:19à la radio, mais pas plus. Il n'y a pas vraiment d'événement de campagne.
01:23Il y a eu une tentative de meeting de Ségolène Royal.
01:26Oui, et plutôt ratée. Parce que ce n'est pas une campagne de meeting, c'est une toute
01:30petite campagne. Donc, les socialistes sont obligés de faire ça. Et puis, on le voit bien,
01:39c'est des débats qui font des audiences honnêtes. 1 700 000 ou 800 000 en moyenne
01:47sur France 2, jeudi soir sans compter la radio. Ce n'est pas une bonne audience
01:52pour France 2, mais c'est une audience tout à fait correcte pour un débat politique
01:55sur France 2. Et on voit bien que ça leur fait des pics d'inscription pour la primaire.
02:03Donc, elles sont utiles pour eux. Après, c'est vrai que ce n'est pas certain que pour les électeurs
02:09ce soit beaucoup plus clair dans le sens où c'est assez étonnant, mais les candidats
02:14ne s'en saisissent pas vraiment pour faire vraiment des propositions. Ils font beaucoup
02:18de commentaires. Et il y en a toujours dans un débat, même à la veille d'une élection
02:22présidentielle. Mais je trouve qu'à quelques exceptions près, on va y revenir, il y a
02:26assez peu de propositions qui sont mises sur la table.
02:28On va évidemment essayer de venir dans le détail de ce qui s'est joué hier. Alors, on va
02:33commencer peut-être par le... Comme tu l'as dit, c'est un peu un match revanche du premier
02:36débat. Donc, il y a des enjeux spécifiques aux candidats. En parlant de Raphaël Glucksmann,
02:41bien sûr, qui est le favori toujours à date de cette primaire, celui qui, dans les sondages
02:45aussi, est le plus haut quand tous les candidats sont... Chaque candidat de la primaire sont
02:49testés. Exactement. En gros, ils sont tous à peu près à 3 %, sauf Glucksmann qui est
02:52à 10. Entre 10 et 13. Voilà. Si je résume. Il avait pris pas mal de coups lors du premier
02:58débat. Tout le monde avait dit que ce n'était pas celui qui était ressorti le plus fort du
03:02premier débat. Est-ce que ça a changé la donne hier fort ? Je ne crois pas. En fait, moi,
03:09je trouve que dans ce débat, on a quand même beaucoup plus clairement vu un duel entre les
03:14deux favoris, en tout cas les deux qui sont considérés comme les favoris Raphaël Glucksmann
03:18et Olivier Faure. Dans le sens où on a un Olivier Faure qui avait eu quelques bonnes séquences
03:25dans le premier débat, mais pas assez. On sait très bien qu'il est a priori loin derrière
03:32Raphaël Glucksmann. Donc, il a besoin d'une campagne de challenger qu'il n'a pas pour l'instant.
03:36Et ses soutiens le reconnaissent d'ailleurs plus tôt. Hier, il a été beaucoup plus
03:41offensif, beaucoup plus sur les propositions contrairement aux autres et en particulier
03:47Raphaël Glucksmann qui est très souvent dans la répétition de grands principes. Hier,
03:55notamment sur l'école, condamner les violences. L'école, c'est notre ADN. Tout ça.
04:00Bon, personne n'est en désaccord globalement avec ça. Ça m'a fait penser à la parole
04:05à des propos consensuels qu'on a pu voir sur Instagram d'un très bon imitateur entre
04:08Attal et Glucksmann. J'ai l'impression d'avoir vu ça hier soir, honnêtement. Il y a assez
04:14peu de choses. Et puis, il était tendu aussi. J'ai senti qu'il était tendu. Après, il faut
04:21dire que les deux favoris de cette primaire, ce n'est pas non plus des monstres de charisme.
04:24Il faut quand même le dire. Vous avez Emmanuel Morel et Jérôme Guedj, qui sont un peu
04:28les deux petits candidats de cette primaire, qui, eux, sont beaucoup plus à l'aise. Il
04:32y a un côté très tribun chez les deux. Il y a, on dirait...
04:34Et qui ont moins à perdre, par ailleurs.
04:35Rien à perdre. Jérôme Guedj a vraiment, comment dire, le body language d'un avocat,
04:40je trouve. C'est assez frappant. Mais voilà, entre Faure et Glucksmann, ça a beaucoup
04:45plus cogné cette fois-ci. Aussi parce que Faure a essayé de remettre sur la table
04:54la question du génocide à Gaza, qui n'était visiblement pas prévue au programme.
04:58Et c'est lui qui l'a imposé. J'ai trouvé que c'était un petit peu forcé dans le
05:03sens où, pour le coup, sur cette question, on se doute bien que Raphaël Glucksmann,
05:06il n'a pas fondamentalement changé d'avis entre les deux débats.
05:08Oui, c'est ça.
05:10Et néanmoins, après chacun sera juge, mais je trouve qu'il a beaucoup plus réussi
05:18à énerver Raphaël Glucksmann que l'inverse. Et sur ça, et sur la question
05:23des LFI, on y reviendra sans doute. Néanmoins, et je ne suis pas sûr que ce soit
05:29qu'un mauvais point pour Raphaël Glucksmann, il n'avait en gros vraiment
05:33qu'une proposition hier soir. Il y en avait d'autres, mais il y en a une vraiment
05:37majeure. C'est sa proposition de baisse de la CSG sur les petits salaires
05:42pour augmenter le salaire net, compensé par une taxe sur les très gros
05:48héritages. Il a fait l'unanimité contre lui là-dessus, parce que c'est vrai
05:53que c'est une proposition qui ressemble beaucoup aux recettes de la Macronie.
05:57C'est en partie injuste, parce que ce n'est pas totalement ça non plus,
06:00même si c'est vrai que ça y ressemble.
06:01Oui, c'est le levier des cotisations pour augmenter les salaires.
06:03Alors, la CSG n'est pas une cotisation pour le coup. Là-dessus, il a raison.
06:07C'est une contribution, c'est un petit peu technique. Malgré tout, c'est quand même
06:10quelque chose qui finance la protection sociale. Et surtout, il se perd un peu
06:17et d'ailleurs, Ford souligne ça. Il dit, mais c'est la même proposition
06:20que celle du Parti socialiste. Non, ce n'est pas la même proposition
06:23que celle qui est dans le projet socialiste, qui est une proposition
06:26de modulation de la CSG, d'une CSG progressive, qui est un truc
06:30que les socialistes proposent depuis vraiment très longtemps.
06:32Mais ça reste la même assiette. Ça se rapproche un peu plus,
06:35même si ce n'est pas totalement ça de ce que propose le groupe socialiste.
06:38Il faut suivre, puisque les candidats, le groupe et le Parti
06:41ne proposent pas la même chose.
06:43Je parle d'ailleurs du projet du Parti. Tu parles bien des propositions
06:46établies par Cléry-Dale.
06:47Exactement.
06:49Néanmoins, il s'est retrouvé au centre, attaqué par les quatre autres,
06:55ce qui montre bien que c'est quand même le grand favori de cette campagne.
06:58Il ne faut jamais abdicter le luxe d'être une cible.
07:01Et pour le coup, là, c'était une cible.
07:03Après, voilà, ça reste... Je ne le trouve pas très spontané, en fait,
07:06dans les débats à Raphaël Glucksmann. Donc, c'est difficile pour lui de répondre.
07:10On a l'impression que c'est très récité.
07:12On va savoir que ce n'est pas sa force, cet exercice-là.
07:17Non, mais le problème, c'est qu'il n'est pas très bon dans les interviews télé,
07:20pas très bon dans les discours, pas très bon dans les débats.
07:22Ça va peut-être commencer à faire beaucoup, effectivement,
07:24pour mener une campagne présidentielle.
07:27Ce que disent ces soutiens, et pour le coup, ils le disent tous,
07:29donc c'est vraiment un spin qui a été diffusé auprès des médias,
07:33c'est qu'il s'améliore.
07:34Vous l'avez dit la semaine dernière, avec Emilio la semaine dernière,
07:38c'est vraiment la marque que ce n'est pas si bien que ça.
07:41Oui, il y a un argument aussi, je ne suis pas un politique professionnel,
07:45aussi qui a été souvent dit.
07:46Bon, rappelons quand même qu'il est maintenant élu depuis...
07:48Sept ans.
07:49Oui, sept ans, pardon. C'est 2019.
07:52J'avais une question aussi sur le...
07:54Parce que là, pour le coup, quelque chose qui était nouveau dans ce débat,
07:56c'était la réaction à l'actualité, forcément, l'actualité sociale
07:59avec le mouvement lycéen qui agite la France.
08:03Ça a permis de donner à voir les positions des différents candidats
08:08de l'espace socialiste sur ces mouvements lycéens,
08:10parce que ce n'était pas forcément l'espace le plus audible.
08:12On a beaucoup plus entendu la France insoumise, par exemple,
08:15sur la question lycéenne.
08:18Concrètement, qu'est-ce que pensent les différents candidats
08:21à la candidature du PS de ce mouvement lycéen ?
08:24Moi, j'ai été très frappé.
08:26Je n'étais pas la seule, en en discutant avec certains collègues du service
08:30qui regardaient aussi hier soir le débat.
08:32C'est que sur toute la séquence qui était réservée à parler du mouvement lycéen,
08:37la grande majorité, un peu poussée aussi par les modérateurs du débat,
08:43était sur la question des violences.
08:45En fait, c'était vraiment est-ce que vous condamnez les violences ?
08:48Et je trouve qu'une partie des candidats s'est quand même fait piéger là-dessus.
08:51C'est-à-dire, à trop vouloir montrer qu'on est la gauche responsable,
08:55on en oublie de dire, au fait, c'est légitime.
08:57Alors, tous sont globalement en soutien du mouvement des lycéens,
09:02en trouvant que c'est quand même positif que des élèves, des lycéens, des jeunes
09:06se révoltent pour de meilleures conditions d'éducation.
09:10Mais en ayant passé de longues minutes chacun à dire,
09:15oui, les violences, ce n'est pas bien.
09:16Je trouve que le seul qui s'en est bien sorti sur cette séquence,
09:19pour le coup, c'est Olivier Faure, qui, oui, a condamné les violences,
09:23mais a tout de suite dit, pardon, mais il a sorti sa formule,
09:26oui, quand on regarde la lune, le fou regarde le doigt.
09:31Je n'ai plus la formule en tête.
09:33Il dit, il est tout de suite passé sur le fond des problèmes des lycéens,
09:38en mettant sur la table une petite proposition,
09:40qui n'est pas plus de 19 élèves par classe,
09:42qui a été reprise après par Raphaël Glucksmann.
09:46Mais voilà, il a fallu quand même attendre un bon quart d'heure
09:50avant qu'on ait cette proposition-là et cette intervention,
09:54ce qu'ils disent, oui, bien sûr, il y a un problème,
09:57mais ce n'est pas ça le vrai sujet de la contestation des lycéens.
10:01– Et l'intervention de Céline Royal aussi, qui est assez étonnante, je trouve,
10:04parce qu'elle veut être un peu la candidate qui représente les enfants,
10:07la jeunesse, un peu sa DA, on va dire.
10:12Et par ailleurs, elle a quand même dit quelque chose de l'ordre de,
10:14en fait, rentrez chez vous, vous n'allez rien gagner face à ce gouvernement.
10:17Alors il y a un truc très fataliste, un peu, qui est étonnant,
10:21de la part d'une candidate qui veut incarner ça.
10:23– Oui, oui, complètement.
10:24Après, pour le coup, je ne sais pas s'il y a vraiment un gagnant dans ce débat,
10:28même si j'ai trouvé forme bien meilleure que la dernière fois,
10:31je suis sûr qu'il y a une perdante dans ce débat, c'est Céline Royal.
10:35La dernière fois, ça avait déjà été difficile,
10:37puisqu'il y avait une séquence que moi, je juge problématique,
10:39quand elle, ce n'est pas exactement ce qu'elle dit,
10:42mais voilà, sur le monde aux Juifs de se désolidariser,
10:46en quelque sorte, ce n'est pas exactement ses mots,
10:48mais voilà, je trouve que malgré tout, ça reste problématique.
10:51Mais ça avait été sauvé par quelques bonnes séquences,
10:55notamment sur le génocide, sur aussi sa leçon de politique
10:58qu'elle donne à Rolf Le Guxman à la fin sur les alliances.
11:00Là, franchement, je ne vois pas bien ce qu'il y a à ressortir
11:03du débat de Céline Royal,
11:04qui est extrêmement hétérodoxe, pour le coup, sur les propositions,
11:09notamment sur les propositions sur le pouvoir d'achat.
11:13Ce n'est pas tout à fait la seule,
11:14mais c'est celle qui met vraiment le paquet sur pas d'aides ciblées,
11:20elle veut des aides très globales,
11:21de diminution des taxes.
11:24Elle n'a pas de problème avec les SUV, par exemple,
11:26c'est la vie privée des gens.
11:27Oui, enfin, d'accord, mais c'est un peu limité comme argument.
11:32Et puis, elle s'est vraiment, mais alors, embourbée sur la Russie,
11:36en insistant sur le fait qu'il fallait négocier avec Poutine, etc.
11:40Les autres ont eu beau lui dire que non,
11:43limite à se moquer d'elle, d'ailleurs, à un moment donné,
11:45ça a frisé un peu ça, parce qu'elle est revenue sur sa proposition
11:48de si elle avait été présidente en 2022,
11:51elle aurait envoyé des casques bleus sur la frontière,
11:53il n'y aurait pas eu de guerre.
11:54Bon, d'accord, mais la Russie est membre du Conseil de sécurité
11:58avec un droit de veto et n'aurait pas donné ça d'un corps
12:01à l'envoi de casques bleus.
12:02Elle dit, oui, mais tout ce travail, on peut tout faire.
12:06Bon, ça a été vraiment très compliqué, ce débat,
12:08pour Ségolène Royal, sur l'éducation, mais sur le reste aussi.
12:10Oui.
12:11Tu parlais tout à l'heure du fait qu'il y avait assez peu de propositions,
12:15mais il y en avait quand même dans ce débat-là,
12:16notamment sur une grande partie qui était consacrée
12:18à la question économique au sens large,
12:20puisqu'évidemment, il y a le débat budgétaire
12:22qui va bientôt se présenter à l'Assemblée,
12:24et qui a été présentée par le gouvernement.
12:27La copie PLF a été présentée le 1er octobre.
12:30Donc forcément, ça a parlé budget
12:31et ça a parlé aussi de pouvoir d'achat,
12:33qui était déjà aussi un thème du premier débat.
12:37Est-ce que là, par exemple, on a des mesures ?
12:39Parce que c'est la fameuse question qu'on posait déjà
12:41lors du premier débrief que tu posais avec Emilio,
12:44Mêlé, notre collègue.
12:45C'était, est-ce que le PS est capable d'avoir des mesures
12:48un peu emblématiques, comme ça,
12:49qui permettent d'incarner une campagne ?
12:51Est-ce que ce deuxième débat a permis de faire sortir
12:53d'autres mesures que celles déjà abordées dans le premier ?
12:55Et est-ce qu'il y a des marqueurs, quoi ?
12:57Des marqueurs forts ?
12:58Je pense qu'il y a dû y avoir plus de propositions.
13:02On ne les a pas comptées, mais je pense qu'en sortant du débat,
13:05j'ai eu l'impression qu'il y avait plus de propositions.
13:07Je n'ai pas trouvé la martingale, d'une certaine manière.
13:13Pour ne rien vous cacher, avant-hier, à l'Assemblée nationale,
13:15j'ai croisé Emmanuel Morel, qui nous a trouvés durs
13:17dans notre premier débrief.
13:19On le salue, si on le regarde.
13:21En disant, j'ai quand même ma proposition
13:22d'un emprunt populaire à 300 milliards d'euros pour investir.
13:29C'est vrai que ce n'est pas mal.
13:30Après, est-ce que vraiment c'est quelque chose
13:33qui drive le vote dans une campagne ?
13:35C'est une question qui se pose.
13:37Surtout que cette proposition, du coup,
13:38elle a été reprise par Olivier Faure pendant le débat.
13:41Le fameux emprunt citoyen, c'est ça ?
13:43Il appelle ça comme ça.
13:43Oui, c'est ça, exactement.
13:46Un grand emprunt, c'est le mot que je cherchais.
13:50Là encore, on retombe sur un duel très fort-Gluxman,
13:54avec d'un côté Gluxman qui dit « je baisse la CSG sur les petits salaires,
13:59compensé par une taxe sur les gros héritages,
14:03pour donner du pouvoir d'achat aux gens ».
14:06Fort, lui, il est sur l'augmentation du SMIC.
14:09Là-dessus, ils sont tous d'accord.
14:10Fort, mais aussi une conférence salariale.
14:15Et visiblement, il est aussi pour, de ce que j'ai compris,
14:19une indexation des salaires jusqu'au salaire médian.
14:23Louis Morel, par exemple, il est pour l'indexation des salaires tout court.
14:27Fort, visiblement, c'est jusqu'au salaire médian.
14:30Et en fait, il y a une différence vraiment philosophique
14:33entre Fort et Gluxman.
14:37Fort, il dit « mais en fait, il n'y a pas de raison
14:39que pour augmenter les salaires, il fasse faire appel à l'État ».
14:42En fait, ce sont les patrons qui doivent augmenter les salaires.
14:46Gluxman dit « mais non, pas du tout, c'est les gros héritages,
14:49c'est les rentiers qui vont payer pour le travail, tout ça ».
14:54Tout ce que lui ont dit les quatre autres,
14:56c'est que cette manne des héritages,
14:58parce qu'effectivement, il y a une manne,
14:59là, il y a 9000 milliards d'euros
15:02qui vont changer de main d'ici 15 ans.
15:04– Le magot de la génération du baby-boom.
15:07– Exactement, la grande transmission, on appelle ça.
15:11C'est-à-dire que comment on finance les services publics,
15:14la transition écologique, la réindustrialisation.
15:19Voilà, c'est quand même, si on utilise cette manne-là
15:22pour « augmenter artificiellement les salaires »,
15:25ça pose question.
15:27Et ce que disent les foristes, c'est, en fait,
15:29il a renoncé au rapport de force avec les patrons,
15:32d'une certaine manière.
15:34Au fond, vous ne voulez pas augmenter les salaires,
15:35ok, on le prend sur nous, quoi, en fait.
15:37– C'est une même de contournement du refus patronal.
15:40– Ce que dit « force », c'est la solution de facilité.
15:44Ce n'est pas totalement faux.
15:45Même si, comment dire, il y a une question qui se pose,
15:48pour le coup, Gluxman l'a posé,
15:49sur comment on finance la protection sociale
15:52alors que les travailleurs sont de plus en plus pauvres.
15:54Ça, c'est une vraie question qui se pose.
15:57Et puis, par ailleurs, la progressivité de la CSG,
16:00ça, c'est une proposition qui est assez régulière dans le débat,
16:03notamment des socialistes, on l'a dit.
16:05Et pour le coup, là, on ne change pas l'assiette.
16:06Juste, on fait payer plus fort les gros salaires
16:08et moins fort les petits salaires.
16:10– Autre sujet qui a été abordé,
16:12mais peut-être qu'on ne va pas y revenir,
16:13parce qu'il y a eu encore une fois une passe d'armes
16:15autour du mot « génocide »,
16:16qui a opposé notamment Olivier Faure à Raphaël Gluxman.
16:19– Très véhémente, cette personne-là.
16:20– Et Jérôme Gèlge.
16:21– Et Jérôme Gèlge.
16:23– C'était à peu près le même schéma que au précédent débat.
16:27– En gros, oui.
16:28– Et donc, il y a encore eu un sujet qui s'est reposé,
16:30c'est celui, évidemment, du rapport à la France insoumise.
16:34Je crois que c'est les mots d'Olivier Faure qui disent
16:35« On n'est pas obligé qu'à chaque débat,
16:37le vainqueur par coutumas, ce soit Jean-Luc Mélenchon ».
16:40Alors, je te pose la question, est-ce que c'est le cas ?
16:42– Je ne dirais pas juste que c'est le vainqueur par coutumas,
16:44mais effectivement, en fait, ils en ont reparlé d'une certaine manière.
16:50Et évidemment, l'issue n'est pas différente.
16:56La semaine dernière, j'avais trouvé que c'était Olivier Faure
16:59qui était très dur là-dessus.
17:02Là, cette fois-ci, j'ai trouvé que c'était plutôt du côté de Gluxman,
17:05que c'était beaucoup plus dur.
17:09Mais, en fait, Faure a, je ne sais pas si c'était très habile,
17:12mais en tout cas, un tout petit peu détourné la question en disant
17:15« Mais si demain, il y a un second tour Mélenchon-Le Pen,
17:19qu'est-ce que vous faites ? »
17:20« Moi, c'est clair, je vote Mélenchon parce que je suis de gauche,
17:23parce que c'est mon camp. »
17:25Eh bien, ça, Gluxman et Guedj, ils n'ont pas été capables de le dire, par exemple.
17:30Alors, leur défense, c'est de dire
17:32« Mais tu vois bien que donc, tu prêches la défaite,
17:35puisque nous, on est là pour éviter cette perspective. »
17:40Et là, je trouve que Morel, pour le coup,
17:42Emmanuel Morel leur a pas mal répondu.
17:43Pardon, mais tu nous dis, Raphaël, qu'on a l'esprit de défaite.
17:49Mais enfin, tu as l'air humilé par la question de l'alliance aux législatives.
17:52Pardon, mais si on gagne la présidentielle,
17:54la question de l'alliance aux législatives,
17:56elle sera moins problématique,
17:57puisque c'est nous qui mènerons la danse, en fait.
17:59– Bien sûr, le rapport de France serait favorable.
18:01– Et là, pour le coup, j'ai trouvé qu'il avait marqué un bon point
18:04contre Raphaël Glucksmann.
18:06Effectivement, en fait, si vous êtes obnubilé par l'alliance
18:08sur les législatives, c'est que vous pensez
18:10que la présidentielle, vous n'allez pas la gagner.
18:12– Tout à fait. Et d'ailleurs, ça pose aussi la...
18:14Parce que pour l'instant, le camp de Glucksmann n'a pas fait
18:16la démonstration de sur quelle majorité il s'appuierait.
18:20Parce que refuser les voix de la France insoumise,
18:23enfin l'alliance et les sièges de la France insoumise,
18:25ça veut dire, pour l'instant, dans l'état du NFP,
18:28tout ce qu'il en reste, ça veut dire s'amputer
18:30de 70 sièges, un truc comme ça, avec qui il ferait une majorité,
18:35ça, on ne sait toujours pas.
18:36– Alors pour le coup, la question a été un tout petit peu moins
18:39là-dessus dans le débat de jeudi soir.
18:44Mais il y a un truc qui a...
18:45Ça reste quand même, au fond, une des grandes questions
18:48de cette primaire. Parce que quand on discute
18:50avec des soutiens de Raphaël Glucksmann,
18:52là aussi, c'est un spin, parce que vraiment,
18:54chaque soutien nous répète vraiment la même phrase.
18:56C'est « mais donnez-moi une proposition de droite
18:58de Raphaël Glucksmann ».
19:00Et quand on lit son pré-projet qu'il avait publié
19:04en juin de 2025, on ne peut pas dire que c'est un projet de droite,
19:09c'est un projet de centre-gauche très classique.
19:12La question, c'est comment compte-t-il l'appliquer
19:15s'il décide de ne pas faire alliance à gauche ?
19:19C'est ça, la grande question.
19:21Et on n'a pas de réponse.
19:22En tout cas, ils ne veulent pas répondre à cette question-là.
19:25Et le fait qu'ils soient rejoints par certains anciens macronistes
19:30augmente la suspicion.
19:32Ça n'arrange rien.
19:33Il y a des très proches de Raphaël Glucksmann
19:37qui aimeraient bien qu'on les voit moins.
19:39Parce qu'effectivement, ça ne fait que participer
19:42à son image de centriste.
19:46Tout à fait. Je rappelle qu'il y aura un troisième débat
19:49qui aura lieu dimanche soir sur BFM TV.
19:52Voilà, qui sera le dernier cette fois.
19:54Qui sera le dernier parce que la limite des inscriptions,
19:56c'est le 5 octobre.
19:57Et ensuite, rappelle-nous les dates des deux tours.
19:59Premier tour, le 9 et le 10.
20:02Deuxième tour, une semaine après.
20:04Donc ça doit donner le 16-17 octobre.
20:08S'il y a un second tour,
20:09moi je pense que c'est quand même un peu la question qui se pose.
20:12Tu penses que ça peut être plié dès le premier ?
20:15Il y en a qui le pensent et qui le souhaitent
20:18chez Raphaël Glucksmann.
20:20Moi, j'ai tendance à penser à cette heure, toujours,
20:25que s'il ne gagne pas au premier tour,
20:27c'est déjà, je ne dirais pas un échec,
20:29parce que je ne le vois pas perdre cette primaire,
20:31mais c'est déjà un petit accro.
20:35Je pense qu'il a besoin que ce soit net et sans bavure,
20:36parce que clairement, ce n'est pas dans cette campagne
20:38qu'on se dit, ah, il est un bon tournable.
20:40Donc premier verdict, le 11 octobre,
20:42du coup, on aura les résultats.
20:43Le 10, puisque c'est le vendredi et le samedi,
20:45on aura les résultats dès le samedi soir.
20:47D'accord.
20:48Merci beaucoup, Rachel, de nous avoir éclairci sur ce débat
20:51et d'avoir permis de faire un récap à ceux qui ne l'auraient pas vu.
20:54On se retrouve évidemment à bientôt sur la chaîne de l'Humanité.
20:57Salut.
20:58Salut.