00:00Alors sur les investissements, avant d'aller chercher de l'argent, on cherche des professeurs.
00:043 024 professeurs qui vont être mobilisés dans les lycées qui manquent de bras, en l'occurrence 400 lycées en
00:11orange identifiés, 114 en rouge.
00:14Écoutez ce que dit de ces professeurs qui seront mobilisés la semaine prochaine. Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.
00:21À chaque étape, des problèmes énormes sont soulevés. D'où sortent ces 3 000 remplaçants ? Qu'est-ce que
00:26c'est que cette histoire ?
00:27Il y avait donc 3 000 remplaçants qu'on n'avait pas affectés. Et quand on lui pose la question,
00:32il fait une réponse qui est tout à fait étrange.
00:34On n'avait pas le bon logiciel. Enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:38Donc on sent, moi j'en suis convaincu, la manière avec laquelle l'enseignement public a été traité est un
00:46plan délibéré.
00:47C'est-à-dire que dans ce domaine comme dans les autres, il s'agissait de créer le marché du
00:52savoir.
00:53– Je vous entendrai évidemment l'un et l'autre sur ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
00:56Peut-être que pour la première fois, vous serez d'accord avec lui.
00:58Mais ce qu'il dit aujourd'hui, la question qu'il s'oppose, il n'est pas le seul à
01:03se la poser, Bruno Jeudy.
01:04– Ça c'est sûr, il n'est pas le seul à se la poser et on se l'est
01:08posé autour de la table.
01:09En fait, sur la première partie de ce que dit Jean-Luc Mélenchon, moi je suis assez d'accord.
01:13C'est vrai que sortir comme ça de son chapeau 3024 postes, alors que lui-même a expliqué à la
01:19rentrée,
01:19je parle de M. Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale, a expliqué lors de sa conférence de presse de la
01:25fin de la rentrée
01:26que les équipes pédagogiques seraient au complet à la rentrée.
01:29On s'aperçoit quand même qu'un mois et demi plus tard, elles ne l'étaient pas.
01:32Que de surcroît, le logiciel et le miracle de l'intelligence artificielle, finalement,
01:38a l'air de mieux fonctionner que les hauts fonctionnaires de la rue de Grenelle.
01:42puisque grâce à l'IA, on a trouvé 3000, donc c'est un nom, TZR, voilà.
01:51Bon, on s'interroge et surtout, on doute un peu de la parole ministérielle.
01:57En tous les cas, on attend de voir si ces enseignants remplaçants seront devant des élèves,
02:03je dirais plutôt à la rentrée après les vacances de la Toussaint, si c'est le cas.
02:08Nous, on a eu un avant-goût hier avec Thierry Arnault.
02:10Oui, absolument, on a entendu Linda qui expliquait qu'elle avait été recrutée
02:14parmi ses 3000 et quelques remplaçants, qu'on lui demandait d'aller enseigner pour 3 jours
02:20dans un lieu qui se trouvait à 60 km de chez elle, donc 120 km aller-retour, expliquait-elle,
02:26et pour aller enseigner une matière qui n'était pas celle pour laquelle elle avait été formée.
02:31Donc ça en dit quand même un peu long pour le bricolage.
02:34Mais je trouve que cette question qu'on se pose ce soir, elle est parfaitement illustrative
02:39de la difficulté dans laquelle se trouve le gouvernement pour répondre aux demandes des étudiants,
02:44parce qu'il faut trouver des profs remplaçants.
02:49Donc soit le gouvernement continue à dire il n'y en a pas, et dans ce cas-là, il ne
02:53répond pas aux demandes des étudiants,
02:54soit il dit on voit la 3000, et dans ce cas-là, personne ne comprend pourquoi ce vivier n'a
03:00pas utilisé plus tôt.
03:01Si on veut être vraiment précis pour nos téléspectateurs, c'est que quand on regarde sur les remplacements de longue
03:09durée,
03:10il n'y avait pas de problème, globalement il n'y a pas de problème.
03:12En fait les problèmes c'est pour les remplacements de courte durée.
03:14Tous les trois jours dont on parlait à l'instant.
03:15Tous les trois jours dont vous parlez Thierry, parce que c'est vraiment là, c'est-à-dire en gros,
03:19les remplacements de 15 jours, 3 semaines.
03:21C'est ceux-là qui sont vraiment la difficulté à l'éducation nationale, les autres non.
03:25Mais justement, alors là pour le coup, sur les cours, c'est ça la difficulté.
03:29Écoutez ce que nous disait Linda, donc hier, cette professeure qui justement a été contactée pour ses remplaçons,
03:35parce que franchement c'est assez édifiant quand même.
03:40J'ai été contactée pour me proposer une discipline qui n'est pas celle pour laquelle j'ai passé le
03:48concours.
03:49Vous avez rappelé que j'étais enseignante de lettres modernes.
03:52Je suis appelée pour enseigner les lettres anglais.
03:57Et je suis mobilisée pour trois jours à 120 kilomètres aller-retour de chez moi.
04:02Et lorsqu'on conteste, parce qu'évidemment j'ai contesté auprès de ma DPE,
04:09on m'explique que si je n'accepte pas mon affectation, je vais me faire taper sur les doigts
04:14et je risque évidemment des sanctions pour un abandon de poste.
04:20J'ai deux solutions, me présenter ou me mettre en arrêt maladie.
04:24Et je ne suis pas malade, donc je vais me présenter.
04:27Mais vous vous rendez compte, je suis affectée pour trois jours.
04:31Quel est l'investissement que je vais donner aux élèves ?
04:34C'est quand même hallucinant.
04:35C'est comme si on vous demandait d'aller donner des cours demain, Bruno, jeudi.
04:40Je ne suis pas prof quand même.
04:41Non, mais non.
04:42Non, mais d'une matière que vous ne maîtrisez pas.
04:44Dans mon entourage, je connais des gens qui sont enseignants d'Allemands.
04:48On leur demande de donner des cours d'histoire sur des cours remplacements.
04:51Absolument, ça existe déjà quand même.
04:53Il faut quand même l'indiquer.
04:55Parce qu'aujourd'hui, c'est quand même le vrai problème de l'éducation nationale.
04:58Là, ce qui est plutôt plus fort, c'est que manifestement,
05:02elle était là, elle a passé le concours.
05:04Elle n'enseignait pas depuis la rentrée.
05:06Et donc là, elle est couvre.
05:07Après, c'est un exemple parmi tant d'autres.
05:10Mais bon, première réaction que l'on recueille.
05:12Et voilà sur quoi nous tombons.
05:13C'est quand même assez impressionnant.
05:14Mais revenons à Jean-Luc Mélenchon.
05:16Franchement, l'un et l'autre, vous auriez pu dire la même chose que lui aujourd'hui.
05:20Sur ses professeurs.
05:21Oui, bien sûr.
05:22C'est-à-dire que là, on nous dit qu'on a trouvé un logiciel qui est arrivé.
05:25Miracle à mettre en adéquation l'endroit où vivaient les professeurs et les lycées dans lesquels il manquait du monde.
05:30Alors visiblement, ça ne fonctionne pas puisque cette dame est obligée d'aller à 60 kilomètres de chez elle.
05:35Après, maintenant, il me semble que c'est prévu dans le statut des TZR, justement, cette mobilité géographique.
05:40Ils ont aussi des indemnités de déplacement.
05:42Et c'est aussi dans le cadre de leur fonction, de leur mission.
05:44Ils ont aussi cette mission de continuité du service public, cette mission de service.
05:48Et moi, je me souviens que, par exemple, dans la crise Covid, la réserve sanitaire avait donné énormément de journées
05:54lors de cette grande mobilisation.
05:56Donc là, je crois qu'on est dans une situation exceptionnelle.
05:58Et dans une situation exceptionnelle, il faut peut-être effectivement donner un peu plus avec effectivement une prise en compte.
06:03Mais donc, du coup, le gouvernement a raison de les mobiliser.
06:06Du logement, du déplacement.
06:07Non, mais il aurait dû les mobiliser plus tôt, surtout ça qui est assez effarant.
06:10C'est-à-dire que du jour au lendemain, on arrive à trouver 3000 professeurs remplaçants,
06:13alors qu'on a des élèves qui sont sans professeurs depuis des semaines, voire des mois.
06:16Donc, c'est quand même assez effarant.
06:17D'accord, avec cela ?
06:18Alors, moi, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il dit que ça laisse sous-entendre
06:22que ce serait volontaire, délibéré de la part de l'État,
06:24que ce serait une stratégie d'empêcher l'éducation.
06:29C'est la partie complotiste.
06:29Non, mais c'est important de dire qu'il dit régulation du marché de l'enseignement.
06:34Donc, je ne suis pas d'accord avec lui quand il dit ça.
06:37Après, je partage l'interrogation qui peut être celle des Françaises et des Français sur ces 3000 enseignants.
06:42Je n'en sais pas plus.
06:43Et hélas, pour vous, je ne suis pas porte-parole du gouvernement, donc je ne sais pas.
06:47Et oui, comme citoyen, ça m'interroge.
06:49Mais vous comprenez que ces lycéens continuent à se mobiliser et qu'une nouvelle journée de mobilisation soit prévue mardi
06:56?
06:56Je comprends qu'ils continuent à se mobiliser s'ils ont le sentiment de ne pas avoir été assez entendus.
07:01Nous, on l'a dit de manière...
07:02Vous soutenez ce mouvement ?
07:03Mais on soutient la démocratie lycéenne et le fait que des jeunes puissent s'exprimer et être pas contents.
07:10Vous l'avez assez dit depuis tout à l'heure, je représente une famille politique qui est là depuis une
07:15dizaine d'années.
07:15Moi, je veux bien entendre les critiques, le fait qu'on n'a pas été aussi loin.
07:18Si ça se fait dans le calme et que le dialogue est ouvert, c'est une très bonne chose.
07:23Il y a une plateforme que le gouvernement a mise en place.
07:25Et puis, j'y reviens, Gabriel Attal a lancé cet après-midi, lui aussi, une grande consultation.
07:29Ça va ouvrir dans quelques jours.
07:31Ça fait beaucoup de consultations.
07:32Non, mais justement, là, pour participer à la construction de son programme électoral,
07:37puisque vous l'avez dit, il est candidat à l'élection présidentielle.
07:39Il a annoncé des grands principes.
07:42Mais moi, je pense qu'il faut dialoguer avec la jeunesse.
07:44Si ça se fait dans le calme, que ceux qui veulent aller accéder peuvent accéder et qu'il y a
07:49un respect mutuel, tant mieux.
07:52Après, il faudra rattraper les cours.
07:53Il y a quand même aussi une majorité de gens qui veulent accéder à leurs cours.
07:57Donc, il faut que ça se fasse dans le respect.
07:58Il y a quand même un sujet.
07:59C'est que, un, les étudiants n'arrivent pas non plus, les lycéens, à mettre sur la table les réclamations
08:05qu'ils feraient qu'ils pourraient arrêter.
08:07Il faut savoir arrêter une grève, disait Maurice Torres.
08:09C'est exactement ça.
08:10C'est-à-dire, à partir de ce moment-là, nous serons satisfaits.
08:12Mais il y a autre chose du côté du gouvernement.
08:13Il y a une erreur stratégique majeure.
08:15C'est que, là, ils donnent raison au mouvement étudiant en disant qu'on avait besoin d'être un petit
08:19peu secoués pour trouver 3000 professeurs.
08:21Il y a quand même quelque chose d'assez lunaire qui est de dire,
08:23« Bah oui, tiens, ils étaient juste ici.
08:24Regardez, ça nous a pris 24 heures.
08:25On les a trouvés. »
08:26Ça, il y a quand même quelque chose, comment dire, dans la stratégie, dans la gestion de crise du côté
08:31du gouvernement que je ne comprends pas du tout.
08:33Et certains disent que ce n'est pas la première fois.
08:35Qu'est-ce que c'est ça ?