00:007h10, Jacques Cardoze.
00:028h19, c'est votre rendez-vous porte-monnaie d'une certaine façon,
00:06même si évidemment c'est beaucoup plus large que cela,
00:09puisqu'on parle dans Parlons Cash de la chute de la commande publique
00:12qui est considérable en Occitanie.
00:14Les professionnels du bâtiment tirent la sonnette d'alarme.
00:17On vous retrouve Clara Piernay.
00:19Clara, la fédération régionale des travaux publics d'Occitanie s'alarme.
00:24Elle représente 34 000 emplois, 2300 entreprises
00:28et elle dit que la situation se dégrade très sérieusement.
00:31Alors qu'est-ce qui se passe exactement ?
00:32Sur les 7 premiers mois de 2026, l'activité a chuté de 7,4%
00:37par rapport à la même période l'an dernier
00:39et les nouvelles commandes s'effondrent, moins 25% en volume.
00:44Ce qui inquiète surtout cette fédération, c'est que la commande publique,
00:47c'est-à-dire les appels d'offres lancés par les collectivités,
00:49a reculé de 26% sur les 8 premiers mois de l'année.
00:53Ce sont les communes et les intercommunalités qui freinent le plus.
00:56Oui, alors quand les mairies n'investissent plus,
00:59les conséquences sont immédiates sur le terrain.
01:01Oui, ça commence déjà à se voir.
01:03Des entreprises recourent au chômage partiel.
01:05Il y a moins d'intérimaires et des recrutements sont gelés.
01:08Les routes, les infrastructures se dégradent également.
01:11Aujourd'hui, près d'une route nationale sur cinq est en mauvais état.
01:15La France était première mondiale pour la qualité de ses routes en 2012.
01:19Elle est aujourd'hui 18e.
01:21Et la fédération a décidé d'interpeller directement les élus locaux.
01:25C'est ce que l'on va voir avec notre invité, Frédéric Charmasson.
01:28Bonjour Frédéric Charmasson.
01:31Bonjour.
01:32Vous êtes président de la fédération régionale des travaux publics d'Occitanie.
01:36On le disait tout à l'heure, vous représentez 34 000 emplois, 2300 entreprises.
01:40Comment expliquez-vous de tels chiffres ?
01:43Alors, nous avons une difficulté majeure où nous sommes habitués habituellement avec les élections municipales
01:52qui amènent une baisse d'activité.
01:55Aujourd'hui, notre problème majeur, c'est qu'on a un contexte national,
02:00et notamment puisqu'il y a une discussion sur le PLF, le projet de loi de finances,
02:04où les communes, les intercommunalités, l'ensemble des collectivités locales,
02:10sont en attente de leur subvention d'État, je dirais.
02:16Et aujourd'hui, elles arrêtent tous les investissements, elles bloquent les investissements.
02:21Et derrière, nous, on n'a plus de visibilité.
02:25Alors justement, vous allez leur envoyer une lettre à ces maires et aux intercommunalités.
02:30Qu'est-ce que vous leur dites exactement ?
02:32On dit qu'on représente déjà l'activité des entreprises locales à 100%.
02:39Nous sommes des PME, des filiales de groupe, des entreprises locales,
02:42avec de la main d'oeuvre locale.
02:44Et nous avons une activité qui dépend de la commande publique, à 70%.
02:48Donc quand la commande publique s'arrête, nous avons l'ensemble des entreprises à l'arrêt.
02:53Et aujourd'hui, il faut au moins faire un minimum pour passer ce cap-là,
02:58et que nos entreprises résistent à ce passage difficile.
03:02Nous sommes, vous l'avez évoqué tout à l'heure, je pense qu'à partir de janvier,
03:07nous avons 50% de nos salariés dans la cour.
03:09Et ça, ce n'est pas acceptable.
03:1150% de salariés potentiellement en moins à partir de janvier, c'est considérable.
03:17Justement, quelles sont les conséquences directes ?
03:20Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quand le BTP ne va pas,
03:23forcément, c'est tous ceux qui dépendent de ce secteur-là.
03:28Et je pense évidemment aux artisans qui vont souffrir.
03:32Exactement.
03:33Et en plus, ce qu'on appelle les emplois indirects,
03:35puisqu'effectivement, nous, nous travaillons avec beaucoup d'artisans,
03:37avec beaucoup d'entreprises locales, de locations et autres,
03:41de matériel, de loueurs.
03:42Et on appelle ça les emplois indirects.
03:45A chaque investissement d'un million d'euros par les collectivités,
03:50c'est 10 emplois directs et indirects.
03:53Aujourd'hui, notre activité, vous l'avez dit,
03:55c'est 4 milliards ou 5 milliards pour l'Occitanie.
03:59Si on réduit de 20%, vous pouvez faire le calcul.
04:02Alors, nous avons déjà adapté nos entreprises,
04:04puisque nous sommes habitués à nous adapter à des hauts et des bas.
04:07Mais là, nous avons un frein de l'investissement par la crainte,
04:10je dirais, des collectivités.
04:12Que l'on comprend, parce que nous avons rencontré les élus,
04:15et ils sont en attente, effectivement, de ce qui va se passer au niveau national.
04:18Mais nous, on ne pourra pas résister,
04:20on ne pourra pas attendre ces 6 mois, 1 an, à savoir ce qui va se passer.
04:25Nous avons besoin de visibilité.
04:27Oui, et la conséquence pour le public, et on en terminera par cela,
04:31c'est Frédéric Charmasson, c'est la dégradation des infrastructures.
04:35J'ai envie de dire, voilà, ce matin, ceux qui nous écoutent peuvent se dire,
04:39je comprends mieux pourquoi le réseau routier national,
04:42se dégrade, les routes départementales, parce que c'est cela.
04:46Ce sont des infrastructures que vous pouvez,
04:49que vous devriez pouvoir, et que vous êtes prêts à pouvoir les solidifier,
04:53les reconstruire, les remettre en état.
04:55Mais s'il n'y a pas de commande, ce ne sera pas possible.
04:58Exactement. Nous sommes à la disposition des citoyens, quelque part,
05:01et l'aménagement du territoire, puisque nous réalisons et entretenons les infrastructures.
05:07Et aujourd'hui, vous l'avez dit tout à l'heure dans votre petit message,
05:10on est passé de 1er à 18e.
05:12On le voit aujourd'hui, tous les jours, dans les routes.
05:16Alors, dans les territoires ruraux, c'est encore pire, on va dire.
05:19Et aujourd'hui, si on n'investit pas, c'est ce qu'on appelle créer de la dette grise.
05:24Dans cet entretien, c'est comme votre voiture,
05:27si vous ne l'entrenez pas, vous ne faites pas l'évidence ou autre,
05:29dans quelques mois, ça va vous coûter la réparation,
05:32le double, le triple ou autre.
05:34Donc, déjà, il y a le confort de l'usager,
05:38qui est finalement en difficulté,
05:40et derrière, en plus, l'investissement que vous ne faites pas aujourd'hui,
05:43il sera le double ou le triple dans quelques années.
05:45Merci Frédéric Charmasson de nous avoir éclairé sur la situation du BTP
05:50et ses conséquences en Occitanie.
05:51Vous êtes président de la Fédération régionale des travaux publics d'Occitanie.