00:01Et bonjour Maud Coffleur, de Valeurs Actuelles, bonjour Maud, on vous retrouve avec plaisir pour votre rubrique drôle d'époque.
00:10Maud, la semaine dernière vous nous parliez des blocus et de ces messages militants qui remplacent et qui abîment les
00:15revendications des lycéens.
00:17Vous avez voulu les voir d'encore plus près et ça ne s'est pas passé exactement comme prévu.
00:23C'est-à-dire que s'il y a bien un truc que je regrette de ne pas avoir appris
00:25en école de journalisme, c'est la self-défense.
00:27Je pense que ça devrait vraiment devenir une matière prioritaire pour tout journaliste qui veut faire du terrain.
00:32Apprendre à se défendre physiquement et verbalement parce qu'avant de vous faire taper dessus, il se peut que vous
00:36ayez droit au sang piternel, pas de quartier pour les fachos.
00:40Ce qui me rassure c'est que dans fachos, ils incluent aussi bien BFM que Valeurs Actuelles, c'est plutôt
00:43vaste.
00:44Et là il faut être capable de répondre sans s'énerver, d'expliquer par exemple que tous les journalistes ont
00:49le droit d'exercer leur métier sur la voie publique,
00:51que non, on ne peut pas agresser la presse au prétexte qu'elle déforme leur conception du monde ou qu
00:57'elle heurte leur sensibilité, c'est pas très Charlie.
00:59Tout ça pour vous dire que c'est devenu compliqué d'exercer ce métier sur le terrain.
01:03En dix jours, une consoeur de Marianne et deux confrères de BFM ont été agressés par des jeunes.
01:08Plus de 80% des journalistes couvrant des manifestations ont déjà été agressés par des participants.
01:13Mais il paraît que cette violence est légitime.
01:15Alors si la France Insoumise le dit, prenons les coups sans gémir, au fond ça leur fait bien plaisir.
01:19Vous êtes donc allé devant un lycée à Paris dans le 13ème arrondissement où des lycéens vous ont demandé de
01:24partir, mais ils n'étaient pas les seuls.
01:26Oui, ce qui s'est passé c'est que des jeunes ont compris que je travaillais pour Valeurs Actuelles en
01:29regardant les réseaux sociaux et en constatant que seule valeur couvrait leur blocus.
01:33Je précise juste que mon job c'était littéralement de filmer et de poster avec un commentaire explicatif.
01:39Je les ai même invités à vérifier par eux-mêmes ce qu'ils ont fait, avant de m'expliquer qu
01:42'ils refusaient d'apparaître sur des vidéos d'extrême droite.
01:45Alors je cherche encore les définitions de vidéos d'extrême droite.
01:48Bref, ils m'ont d'abord demandé de partir, ce que j'ai évidemment refusé de faire, et pendant dix
01:52minutes on a débattu.
01:53Alors je ne vous cache pas que leur rhétorique se limitait essentiellement à des insultes, mais globalement on arrivait à
01:57discuter jusqu'au moment où un petit nerveux est arrivé.
02:01Il m'a demandé de façon un peu moins diplomate de quitter les lieux.
02:04L'une de ses camarades a même exigé qu'on ne me lâche pas, je la cite.
02:06Et ce sont des membres de la CGT qui sont venus m'interpeller et me mettre hors d'état de
02:11nuire.
02:11Autrement dit, ils ont ameuté une vingtaine de jeunes qui se sont soudain transformés en antifa, capuche sur la tête,
02:17cache-coup sur le nez.
02:19Et toute cette belle jeunesse s'est mise à hurler le seul slogan qu'ils connaissent, Siamo tutti antifascisti.
02:25Un fascisme qu'ils connaissent sur le bout des doigts visiblement et qu'ils exercent à la perfection, sans le
02:29savoir sans doute.
02:30Mais vous savez Jacques, c'est fascinant cet effet de groupe.
02:33Et le courage avec lequel ces deux syndicalistes de 50-60 ans m'ont poussé au sens propre en me
02:38disant
02:38on va te suivre jusqu'à ce que tu disparaisses.
02:41Non vraiment la démocratie se porte bien, la liberté de la presse aussi.
02:43Tout ça est très rassurant.
02:45Mais alors d'où vient cette violence selon vous ?
02:48Il y a deux choses à mon sens qui ont fini par s'additionner.
02:50Et la dernière fois, je vous parlais de la France Insoumise qui instrumentalise la déshérence sociale,
02:56la crise sociale, la colère citoyenne tout en expliquant que les médias sont contre le peuple.
03:01En fait ils ont fabriqué une espèce de concentré de crispation.
03:04On n'a pas attendu que Jean-Luc Mélenchon fasse commerce de cette défiance envers les journalistes
03:09pour que cette violence explose.
03:10Mais pire, aujourd'hui, elle se normalise cette violence.
03:13Ces jeunes dont je vous parle sont tellement persuadés de lutter contre le fascisme
03:17avec des mots clés dans tous les sens qu'ils en font un combat permanent
03:20et faciles à mener, surtout à 20 contre 1.
03:23Vous avez un parti politique qui légitime la violence.
03:25En 2022, j'avais été frappée par un antifat à Marseille.
03:29Je couvrais un déplacement de Zemmour.
03:30D'ailleurs c'est Sud Radio qui m'a donné la parole pour la première fois sur ce sujet.
03:33Merci.
03:34Alice Coffin avait déclaré le lendemain que frapper une journaliste était légitime
03:38si elle était d'extrême droite.
03:39Donc vous voulez dire que c'est toujours dans le même sens, toujours poussé par les mêmes.
03:43Autrement dit, l'extrême gauche tape là où elle veut, y compris sur les journalistes.
03:48Et ils ne seront jamais inquiétés pour ça puisque c'est au nom de ce fameux antifascisme.
03:53Vous avez tout résumé.
03:54Je vois venir ceux qui me répondront que la violence envers les journalistes existe aussi
03:57du côté des forces de l'ordre par exemple.
03:59Alors j'aimerais bien que ces gens fassent un peu de terrain pour une fois
04:02et viennent voir comment se comportent la plupart de ces journalistes.
04:05Pas tous.
04:05Oui il y a des bavures, oui il y a des erreurs, je m'en suis pris des balayettes en
04:09plein assaut
04:09mais il y a aussi beaucoup d'imposteurs qui ne respectent aucune règle, qui se croient au-dessus des lois
04:15et qui, on l'a vu hier, se comportent même comme des racailles en faisant volontairement chuter des policiers.
04:21En tout cas, c'est important de le répéter, vive le reportage, vive le journalisme et vive le parlons vrai.
04:25Et j'ajouterais, vive la démocratie.
04:27Merci Maude Koffler de Valeurs Actuelles.
04:30C'est un pilier fondamental de la démocratie que de pouvoir débattre et de débattre avec tout le monde.
04:35Merci à vous Maude Koffler.
04:37Merci Jacques.
04:37On vous retrouve bien sûr en podcast et sur sudradio.fr.